Après avoir quitté Bellamy et les autres nous avons repris la route vers le village des Natifs. Finn est toujours aussi agressif et refuse qu'on s'arrête quelques heures pour dormir. Je garde encore mon calme pour l'instant mais dans peu de temps je crois que je vais exploser. Moi aussi je veux retrouver nos amis mais si on arrive complètement crevés au village autant se trancher la gorge tout de suite parce que c'est ce qui nous attends en arrivant là-bas. Je marche donc en silence, mais quelqu'un n'est pas de cet avis. On me donne un coup de coude dans les côtes.

Qu'est-ce que tu veux, Murphy?

Je te trouve bien silencieuse, ça ne te ressemble pas.

Finn crie déjà assez pour nous deux

Pas faux. Mais toi tu fais ça avec plus de hargne.

Je laisse échapper un rire

Tu vois c'est quand même mieux, me dit-il, à te regarder on dirait que tu vas à l'abattoir

C'est pas complètement faux non plus

Ouais j'avoue. Si on s'en sort indemne, je me fais moine.

Toi? Tu te fais moine?

Peut-être à moitié moine.

On reste silencieux un moment mais une question me trote dans la tête

Pourquoi t'as pas lâché la corde? T'étais tout seul à la tenir. Toi qui veux tellement sa mort, pourquoi t'as pas lâché?

Parce que tu m'aurais laissé en vie après ça?

Sûrement pas.

T'as une partie de la réponse déjà. Jamais vous ne m'auriez laissé partir en vie.

Et l'autre partie?

J'en sais rien à vrai dire. ça ne m'est même pas venu à l'esprit. Je sais pas, peut-être que j'étais dans mon bon jour.

Tu devrais y être plus souvent. Je trouve que ça te réussit plutôt bien.

Ouais je sais.

En tout cas, je te remercie. Sans toi il serait au fond de ce fossé

Fallait bien que je me rattrape après tout ce que j'ai fait. J'ai jamais voulu blesser Raven, je te le jure.

Non mais tu voulais vraiment le tuer lui.

On se renferme de nouveau dans notre mutisme. La nuit commence à tomber et Finn n'est toujours pas décidé à s'arrêter. En plus de ça il commence à pleuvoir. Je suis très vite trempée jusqu'aux os et je suis frigorifiée. Je suis fatiguée, j'ai froid, j'ai faim et j'ai mal aux jambes. ça y est je crois que je suis à mon point de rupture.

Bon, ça suffit!

Ils se retournent tous les trois.

Je suis gelée, j'ai faim, j'ai mal aux jambes et je suis crevée! Vous faites ce que vous voulez mais moi je me trouve un abris et je dors!

Je suis d'accord avec elle, dit Jacob. On marche depuis presque vingt-quatre heures.

Faut qu'on se repose, Finn, lui dit Murphy

Très bien mais pas plus de quatre heures

Ce sera déjà ça de gagné, je lui dis. Venez, je crois avoir vu une grotte tout à l'heure.

Effectivement, vingt minutes plus tard, je retrouve la grotte. Bon c'est sombre et humide, et ça ne résoudra pas mon problème de membres gelés mais au moins on est à l'abris et on va pouvoir dormir. Je m'assois et pousse un soupir d'aise, je crois même avoir entendu mes pieds me dire merci. C'est vous dire mon degré de fatigue. Je me fais pas prier et je m'allonge pour piquer un somme. Malheureusement pour moi, mes claquements de dents m'empêchent de dormir. Si je ne me réchauffe pas rapidement je vais finir en hypothermie avec ses conneries. Puis soudain, je sens qu'on pose une veste sur moi et je sens un torse se plaquer contre mon dos et des bras s'enrouler autour de ma taille. En temps normal, j'aurais repoussé cette personne étant donné que je sais très bien que ce n'est pas Bellamy mais là je n'en n'ai pas la force. puis mine de rien, ça réchauffe.

Quatre heures plus tard, enfin je suppose puisque j'ai l'impression que ça fait que quelques minutes que je me suis endormie, je suis secouée vivement. Je grogne et on me secoue plus fort.

Continue comme ça, Finn et tu vas nous la mettre de mauvaise humeur, lui dit Murphy d'une voix ensommeillée

Rien à faire, on bouge, répond-il agressivement

Je vois que tu es toujours aussi aimable, je lui dis en essayant de me redresser mais quelque chose m'en empêche. Qu'est-ce que… ?

Je me redresse et vois un bras qui repose sur ma hanche.

J'en connais un qui sauterais sans doute au plafond s'il voyait ça, me dit Murphy avec un sourire moqueur.

J'identifie le bras comme étant celui de Jacob. Je le repousse vivement et m'éloigne le plus possible de lui

Je peux savoir ce que tu fous? je lui dit en lui criant dessus

Si je n'avais pas été là tu serais morte d'hypothermie, alors au lieu de grogner redonne-moi ma veste je me les pèle, me dit Jacob.

Qui t'as dit que j'avais besoin de toi? je lui demande en lui jetant sa veste à la figure

Je dirais tes claquements de dents.

T'aurais pu me demander avant!

Si je l'avais fait tu m'aurais envoyé balader et tu serais morte, je nous ai juste fait gagner du temps et je me suis évité une morte lente et douloureuse par ton bellâtre car c'est sans doute ce qui me serait arrivé si tu étais morte.

Je suis d'accord avec lui, dit Murphy. ça m'a aussi évité une morte lente et douloureuse

Peu importe on y va, je leur dit en me levant.

Pour le coup je suis vraiment de mauvaise humeur et je me demande ce que penserais Bellamy de tout ça. Je devrais même pas avoir à me poser cette question puisqu'il devrait être avec moi. A chaque fois qu'on a été séparé on a retrouvé l'autre dans un piteux état. Qui c'est ce qui va se passer lors de notre prochaine rencontre? Il pleut toujours autant mais il fait un peu moins froid, c'est plus supportable. On avance dans le silence et je dois dire que je suis de plus en plus tendue à l'approche du village. Je me demande bien ce qu'on va pouvoir découvrir. Est-ce qu'on arrive pas trop tard? Et si on tombe sur une armée entière on a aucune chance. Je sors mon arme de derrière mon dos et vérifie le chargeur. Il est plein évidement et je sais que j'en ai un deuxième dans ma veste mais est-ce que ce sera suffisant? Peut-être au moins pour les dissuader d'attaquer. Ce qu'il faudrait c'est qu'on arrive à trouver un arrangement. On marche pendant trois bonne heures quand on voit la statue qui indique l'entrée du village. C'est une immense sculpture de pierre. Un homme est assis sur un siège de pierre. Je crois avoir déjà vu cette statue en image dans un de nos nombreux livres d'histoire. De loin c'était la matière que je préférais j'ai toujours était fasciné par l'Histoire de cette Terre. J'ai toujours voulu foulé la Terre de nos ancêtres mais maintenant que j'y suis je me dis que j'ai peut-être un peu trop idéalisé ma vie ici. Sur l'Arche, je n'avais pas besoin de survivre, j'enfreignais quelques lois mais j'ai toujours réussi à ne pas me faire prendre. Je n'ai jamais eu à me battre pour quoique ce soit. Depuis que je suis ici je n'ai pas arrêté de me battre pour ma survie et pour celle de mes amis. Parfois je regrette la vie simple de l'Arche mais au moins ici on à un large choix de la façon dont on souhaite mourir. Surtout que les Natifs sont très imaginatifs dans ce domaine. Je suis un peu de mauvaise foi, car malgré les Natifs je ne me suis jamais sentie aussi vivante et libre de ma vie. Rien que pour ça, ça valait le coup de descendre ici. On avance jusqu'à l'entrée du village. On trouve un endroit avec une vue dégagée et on d'où l'on peut observer les Natifs sans qu'ils nous voient. Finn et Murphy regarde dans leur viseur.

J'en compte vingt-six, nous dit Finn

Et moi vingt-huit, dit Murphy

Va falloir vous mettre d'accord, je leur dit. C'est hors de question qu'on attaque sans savoir combien ils sont. Je vous rappelle qu'on est que quatre.

J'ai pas l'impression que ce sont des guerriers, me dit Jacob.

Ah oui?

Ouais ce sont des enfants et des vieillards, me dit Murphy.

Pourquoi ils confierais la garde d'une quarantaine de jeunes à des enfants et des vieillards? je demande. ça n'a pas de sens, vous êtes d'accord?

Depuis quand les Natifs ont du sens pour toi? me dit Finn

Murphy? Est ce que tu as été gardé par un gamin de douze ans pendant ton séjour chez les Natifs? je demande avec ironie

Crois-moi j'aurais préféré

Tu vois! Je pense qu'on s'est fait roulé.

La ferme, Dylan! On attendra la nuit puis on attaquera.

Attaquer! Finn ce sont des gosses! Nos potes ne sont pas là!

Et t'as été vérifié peut-être?

Non mais ça me parait évident.

Et bah pas moi!

D'accord, donc Monsieur est complètement borné et en plus de ça est devenu un agité de la gâchette. Et bien mes amis on est pas sortie de l'auberge!

Combien de munitions, il nous reste? demande Finn

C'est pas vrai, ce type est complètement félé, je dis

Finn agrippe violemment ma veste.

Lâche-moi tout de suite! je lui dis d'un ton très froid.

Il finit par me lâcher non sans me lancer un regard noir

Je crois que je te préférais en pacifiste, lui dit Murphy

On s'assoit et on se relève en attendant la nuit. Tout ça c'est du délire! Jamais ils n'auraient enfermé nos amis avec si peu de gardes pour les surveiller et connaissant leur penchant pour la torture, s'ils étaient là on entendrait sans doute des hurlements de douleur. Et là rien. Pas un seul garde, pas de cris, juste des enfants, des femmes, des hommes et des personnes âgées. Y a un truc qui tourne pas rond. Soit ils sont déjà morts, mais je refuse de penser à cette option, soit le Natif que Finn a exécuté nous a menti dans l'espoir de sauver sa peau. Mon intuition me dit que la deuxième solution est sans doute la bonne mais si c'est le cas, où sont passés nos potes? Ils sont peut-être chez le commandant dans ce cas le moindre faux pas qu'on va faire ici va les condamner à coup sûr. Jamais ils ne les laisseront partir si on fait un carnage ici. Pour ce qui est de ma part, il est hors de question que je tire sur une personne désarmée et encore moins un enfant. Peu importe que ce soit un Natif ou pas, ils sont innocents. Je ne m'abaisserais pas à commettre un meurtre de sang-froid face à une personne désarmée, ça c'est leur boulot pas le mien.

On voit les heures défilées lentement et toujours aucun garde ou aucun signe de nos amis. Je commence à perdre patience. La nuit commence doucement à tomber et Finn se lève.

Tu fais quoi? je demande

On va infiltrer leur campement discrètement. On va le fouiller de fond en comble jusqu'à trouver une trace de nos amis.

Et dans ton super plan, à quel moment on se fait tuer? Parce que là c'est ce qui nous attend.

Suivez-moi.

On se lève et on entre dans le campement. La plupart des villageois sont couchés. Finn prend un flambeau et se dirige vers un bâtiment qu'il s'avère être leur réserve.

Et maintenant, petit génie?

Il balance la torche dans la réserve qui prend rapidement feu.

T'es malade! L'hiver approche! Imagine c'est leur seul réserve pour tenir!

J'en ai rien à foutre

Et il part se cacher suivit des deux autres. Je les suis avant de me faire remarquer. Quelques secondes plus tard on entend des cris d'alerte puis une cloche sonnée. Tous les habitants se précipitent pour éteindre le feu. On fait le tour du campement en évitant les zone de lumière mais pour l'instant je ne vois aucun signe de nos amis dans l'éparage. Sans doute parce qu'ils n'y sont pas. Soudain un homme, plutôt âgé sort d'une bâtisse et crie quelque chose en nous voyant. Murphy le frappe à la tête. L'homme tombe à terre.

T'es malade! Ce type à l'âge d'être ton grand-père!

C'est pas le moment là, faut qu'on se tire! me dit-il

Je suis d'accord avec lui mais Finn est d'un autre avis. Il oblige l'homme à se lever et tire plusieurs coup de feu vers le ciel. Les habitants arrêtent de jeter de l'eau sur le feu et se regroupe les uns contre les autres. Décidément ce ne sont pas des guerriers.

Qui est le chef ici? crie Finn

Il force l'homme à se mettre à genoux et il lui pointe son flingue sur la tempe.

ça suffit, Finn! Tu te calmes! Tu n'obtiendras rien par la force! je lui dis

On parie!

Puis un homme sort du rang pour s'avancer vers nous, Murphy et Jacob pointe son arme sur lui.

Notre chef n'est pas là, je suis son porte parole, dit-il

Ils ne vous arriveras rien si vous nous rendez nos amis

Vos amis ne sont pas là!

Vous voyez, je dis. J'avais raison!

Alors vous permettrez qu'on jette un coup d'oeil, lui dit Finn

C'est pas vrai.

Finn relâche l'homme qui s'écroule par terre.

Enfermez-les! nous crie Finn.

Et comment on procède, Monsieur le génie?

Rassemblez-les au milieu du campement et encerclez-les.

T'es vraiment cinglé! Il vient de nous dire qu'ils n'étaient pas là!

Et tu les crois peut-être?

Oui j'y crois. Jamais ils les auraient enfermés avec si peu de gardes. Puis regarde autour de toi tu trouves que ça ressemble à une prison?

Ya peut-être des sous-terrain.

Y a aucun sous-terrain, nous dit le Natif.

Vous vous la fermez, lui dit Finn. Regroupez-vous au centre et je vous veux tous à genoux! Maintenant! dit-il en pointant son arme sur tout le monde.

Jacob et Murphy lui file un coup main mais moi je reste en retrait. Je refuse de participer à ça. Ils ne sont pas responsable de la disparition de nos amis. On devrait plutôt aller voir le commandant, on aurait sans doute plus de chance. Une fois tous les Natifs encerclés et mis à genoux ils les parquent comme de vulgaires animaux. Les femmes pleurent et les autres sont terrifiés. On est pas ce genre de personnes, on devrait pas faire ça. Mais Finn n'écoute rien et part fouiller de fond en comble le village. Jacob et Murphy tiennent en joue les Natifs qui chuchotent entre eux dans leur langue. Je me rapproche de l'enclos et du porte-parole. Je m'accroupi à sa hauteur pour lui parler.

Quoi qu'il se passe, ne tentez rien.

C'est une menace, me dit un jeune à côté de lui

Artigas! l'avertit le Natif

Non, j'essaye de vous éviter de vous faire tuer.

Pourtant c'est bien vous qui nous avez envahi! me dit-il avec hargne

La dernière personne qui m'a dit ça, c'est faite trancher la gorge alors me cherche pas mon garçon. Il ne vous arrivera rien mais vous devez m'écouter. Peu importe ce qui va se passer vous ne bougez pas.

Très bien, me dit le Natif.

Comment vous vous appelez?

Neikko

Moi c'est Dylan et je vais faire en sorte que vous vous en sortiez indemne

Dylan? Vous connaissez Lincoln?

Oui

Il m'a parlé de vous. Vous êtes le chef du peuple du ciel?

A temps partiel, ça m'arrive de prendre ce rôle.

Il a confiance en vous

Moi aussi j'ai confiance en lui, c'est quelqu'un de bien.

Dans ce cas vous serez sans doute désolée d'apprendre qu'il s'est fait enlevé par les Démons.

Quoi? je dis abasourdie

C'est arrivé il y a quelques jours j'ai rencontré Octavia, je l'ai sauvé.

C'est vous qu'il l'avait soigné?

Oui, Lincoln me l'a demandé

Je vous remercie pour elle.

Qu'est-ce que tu fous, Dylan? me demande Murphy

Je fais connaissance, pourquoi?

Tu fais connaissance? me demande-t-il pas sûr de comprendre

Bah oui ce sont des gentils Natifs.

Parce qu'il y des gentils et des méchants Natifs?

Oui, Lincoln est un gentil Natif et lui aussi. Il a sauvé Octavia

Et du coup ça fait de lui un gentil Natif

Ouaip

T'es vraiment cinglée comme fille.

Oui je sais mais c'est ce qui fait tout mon charme, je lui dis avec un grand sourire.

T'es cinglée.

Je me relève et reste près de Neikko et de Artigas. Je le sens s'agiter et j'ai peur qu'il fasse une connerie. J'observe Finn courir dans tous les sens et enfoncer toutes les portes des cabanes. C'est vraiment n'importe quoi. Il pourra repasser cinquante fois dans toutes les maisons nos potes ne vont pas apparaître comme par magie. Artigas s'agite et il essaye de se lever. Je pose une main sur son épaule et l'oblige à se rasseoir.

Je t'ai dit de pas bouger.

Il ne nous regarde pas, dit-il en désignant Murphy. On l'attaque par derrière et c'est bon.

T'attaques personnes et tu poses tes fesses par terre, c'est clair.

Qu'est-ce qui se passe, Princesse? me demande Jacob

Rien qui te concerne.

Tu devrais pas t'approcher d'eux.

J'ai beaucoup plus d'expérience avec les Natifs que toi. Je sais ce que je fais.

Il retourne à sa place et je jette un regard d'avertissement à Artigas.

T'as trouvé quelque chose? demande Murphy à Finn

Pas de réponse je suppose donc qu'il n'y a rien et que nos amis ne sont toujours pas apparus comme par magie. Quelle surprise!

Hey, Finn! répond-moi tout va bien?

Artigas choisi ce moment pour se lever. Neikko et moi on essaye de le faire se rasseoir mais Murphy le voit

Hey à genoux! dit en chargeant son arme. Je t'ai dit à genoux!

Murphy calme-toi c'est qu'un gamin.

Ce sont des Natifs.

C'est pas une raison.

Artigas se rassoit et Neikko le tient par l'épaule. Murphy appelle de nouveau Finn et il revient en courant. Il saute la barrière et se pointe devant Neikko en lui montrant un blouson que je reconnais très bien. C'est celui de Nathan.

Où vous les avez enfermés? demande-t-il

Comme Neikko ne répond pas il pointe son arme sur lui.

Hey, Finn! Calme-toi! lui dit Murphy

Leur vêtements sont là. Ils étaient ici! Vous les avez tué! dit-il en pointant son arme.

Les autres Natifs commencent à s'agiter.

Restez calme! Je leur dit. Il ne vous arrivera rien!

Neikko traduit ce que je viens de dire et ils se calment un peu.

Vos amis ne sont jamais venus ici, dit-il J'ai vu une certaine Octavia, elle était seule.

Il dit vrai, il lui a sauvé la vie.

C'est un peuple de charognards, dit Murphy, ils ont très bien pu récupérer leurs affaires.

Finn perd patient et attrape une femme par le bras et la couche par terre. Il pose un pied dans son dos pour la maintenir à terre et il vise sa tête.

Arrête ça, Finn! C'est du délire! je lui dit.

Dylan a raison faut qu'on s'en aille avant qu'il soit trop tard.

Finn arrête tu vas quand même pas la tuer!

Je vois dans son regard qu'il est prêt à le faire. C'est hors de question qu'il tue qui que ce soit. Je sors mon flingue et le pointe sur sa tempe.

Lâche-la Finn!

Tu comptes vraiment me tirer dessus!

Tu pars complètement en vrille là! On vient de te dire qu'ils ne sont pas là et tuer cette femme ne les fera pas revenir!

Qu'est-ce que tu proposes alors? On laisse tomber?

Bien sûr que non! On va aller voir le commandant et on va discuter avec elle mais si tu tues cette femme rien ne l'empêchera de tous les exécuter un par un. Donc soit tu la lâche de toi-même soit c'est moi qui m'en charge.

Il a un moment d'hésitation puis il la relâche. Je laisse échapper un soupir de soulagement et je baisse mon arme. Neikko la relève et la serre dans ses bras. Finn sort de l'enclos et s'en éloigne. Je le rejoins ainsi que Murphy et James.

Qu'est-ce qu'on fait maintenant? demande James

Leurs vêtements sont ici mais ça ne veut pas dire qu'ils ont été amené ici, dit Murphy

Le Natif nous a dit que nos amis étaient là, pourquoi il aurait menti? demande Finn

Tu parles du borgne? je lui dis. T'avais ton arme pointé sur lui, il a dit ce que tu voulais entendre en espérant que tu l'épargnerais.

Un borgne? demande Neikko en se levant.

Finn pointe immédiatement son arme sur lui et je me place à côté de Neikko.

Tu pourrais l'écouter au lieu de vouloir tuer tout le monde!

Le borgne s'appelle Delano, lui et ses hommes ont été chassé et vous vous êtes sa vengeance.

ça se tient comme histoire, je lui dis

Je suis d'accord avec elle, dit Murphy. Il vaut mieux qu'on s'en aille. Maintenant.

Finn et Murphy se détourne puis je me tourne vers Neikko.

Vraiment désolée, on essaye juste de retrouver les nôtres.

Allez voir le commandant. Elle en saura plus que nous.

Merci et encore désolée.

Je pars pour rejoindre les autres quand le vieillard qui a sonné l'alerte passe la barrière. Les autres Natifs s'agitent et le bruit fait se retourner Finn qui ne se pose pas trente six milles questions et tire à plusieurs reprises sur le vieillard qui s'effondre sous les balles.

Il essayait seulement de s'échapper, lui hurle Neikko.

Il faut pas qu'on traîne la nouvelle va se répandre et ils tueront nos amis. Je vais pour rejoindre les gars quand je vois Artigas se lever et passer la barrière. Finn se tourne vers lui et je saute sur le dos d'Artigas pour l'obliger à se baisser. Finn tire en rafale et je tombe avec Artigas. Je sens soudainement une violente douleur à l'épaule gauche qui me tire un cri de douleur. Je n'entends que les tire de balles, les cris des Natifs et ceux de Murphy qui essaye d'arrêter Finn. Je sens Artigas s'agiter sous moi mais je le tiens fermement de mon bras valide en m'appuyant de tout mon poids pour l'empêcher de bouger. La douleur me vrille l'épaule et j'entends le sang battre dans mes tempes ce qui obstruent tous les autres bruits autour de moi. Je me mords la lèvres jusqu'au sang pour m'éviter de crier de douleur. Je sens quelqu'un m'attraper par les épaules. Cette personne touche ma blessure et je cri de douleur. Il ou elle retire immédiatement sa main. Des larmes coulent le long de mes joues à cause de la douleur et je crois entendre une voix me dire que tout ira bien et que c'est fini. Je relâche la pression de mon bras valide sur Artigas et il s'échappe rapidement. Je reste toujours la tête contre le sol en essayant de retenir mes grognement de douleur mais c'est peine perdue. On me caresse les cheveux et on attrape mon bras valide pour m'aider à me redresser en position assise. Je tiens à peine et je suis supporter par le torse de quelqu'un je lève la tête et croise les yeux inquiets de Murphy.

Tu peux vraiment pas t'empêcher de jouer les héros, n'est-ce pas ?

Comment… comment il va? Le gamin?

Il va bien tu l'as sauvé.

Dylan! hurle une voix que je reconnais entre mille.

Bellamy!

Je le vois se précipiter sur moi et j'essaie de me relever mais mon épaule me rappelle à l'ordre et un grognement de douleur m'échappe. Il s'arrête devant moi et s'accroupit. Il prend mon visage en coupe pour me regarder dans les yeux.

Doucement elle est blessée, lui dit Murphy

Quoi? Où ça? Comment?

à l'épaule.

C'est qui l'enfoiré de Natif qui l'a blessé?

C'est pas un Natif, lui dit Murphy

C'est Finn, je lui dit. Il m'a tiré dessus

Je vois ses yeux se voiler d'incompréhension.

Pourquoi à chaque fois que je te retrouve tu es toujours dans un état pitoyable.

J'ai dit qu'on se retrouverais, j'ai pas dit dans quel état tu me retrouverais.

Un sourire s'affiche sur son visage.

Montre-moi ton épaule.

Il m'aide à retirer ma veste et Murphy me supporte toujours. Ce qui n'est pas un mal puisque je suis à deux doigts de tourner de l'oeil sous la douleur. Mon bras valide passe impeccable mais le deuxième me fait hurler de douleur à cause du frottement du tissu. Ils finissent par me la retirer.

Je crois que je vais vomir, dit Murphy

C'est si horrible que ça? je demande.

Non, dit Bellamy mais je le vois froncer les sourcils

Tu mens

Pourquoi tu dis ça?

T'as froncé les sourcils

Pardon?

Tu fronces toujours les sourcils quand tu mens.

C'est faux

C'est vrai

C'est faux

Vous avez fini tous les deux! Et oui ta plais est dégueulasse et si tu n'es pas soignée rapidement elle va s'infecter!

Depuis quand t'es expert dans ce domaine?

Pas besoin d'être un génie pour savoir ça.

Pour commencer faut qu'on te sorte de ce village ainsi que les autres.

Les autres?

Oui Clarke et Octavia sont venues avec moi.

Clarke? Mais attends, Clarke, mon amie Clarke? La fille blonde aux yeux bleus? Cette Clarke là?

Oui c'est moi, Dylan.

Et effectivement c'est bien elle qui s'avance vers moi avec un sourire triste sur le visage. J'essaie de nouveau de me lever mais Bellamy me force à rester assise.

Continue à bouger comme ça et tu vas finir par te vider de ton sang.

Ils sont combien à être revenus? Est-ce qu'ils vont bien?

Je suis désolée, Dylan, mais y a que moi

Les autres sont au campement? je demande sans trop d'espoir.

Non, Dylan

Ils sont où alors, chez le commandent?

Non, c'est pas les Natifs qui nous ont enlevé.

Quoi? Je comprends rien!

Je t'expliquerais mais on doit d'abord te soigner.

Elle examine mon épaule avec minutie mais sans la toucher. Après un premier diagnostic qui dit que je ne suis pas aux portes de la mort, elle nous dit de nous remettre en route. Bellamy m'aide à me lever puis il passe un bras sous mes genoux et un autre derrière mon dos pour me porter.

J'ai mal à l'épaule je ne suis pas impotente.

Et si pour une fois tu me laissais faire et tu la fermais.

T'as d'la chance que j'ai trop mal pour te frapper.

Cette histoire va peut-être tourner à mon avantage

Je te déteste!

Il affiche son éternel sourire en coin qui a le don de m'agacer mais aussi de me faire craquer. Je dépose un baiser sur sa joue et il me regarde d'un air tendre. Il se met en route et j'observe l'étendue des dégâts. Je vois plusieurs corps étendus sur le sol. Bordel mais il en a tué combien? Je vois les Natifs pleurer leurs morts et j'ai envie de vomir. Tout ça c'est de notre faute. On aurait pu éviter tout ça. J'aurais pu éviter tout ça. J'aurais pu empêcher Finn de causer ce massacre. Je ne peux plus supporter ce spectacle et j'enfouie mon visage dans le cou de Bellamy. Je respire son odeur rassurante pendant qu'il me chuchote des paroles rassurantes. J'entends les autres nous suivre dans un silence calme. C'est quand je commence à sombrer dans le sommeil que Clarke nous dit de nous arrêter. Je redresse la tête que j'avais gardé dans le cou de Bellamy et je mets quelques minutes à m'adapter à la lumière. Clarke se trouve devant nous.

Il faut que je m'occupe de ton épaule.

Très bien.

Bellamy me dépose au sol et Clarke lui ordonne de faire un feu. ça sent pas bon pour moi. Murphy le remplace le temps qu'il fasse le feu. Clarke sort une bouteille d'alcool de son sac, se rince les mains et imbibe un bout de tissu dont l'hygiène laisse à désirer.

ça va faire mal, me prévient-elle.

Vas-y

Elle se place derrière moi et et pose une main réconfortante près de ma nuque. J'arrive à sentir son appréhension et elle me fait stresser. J'attrape la première chose qui me vient sous la main et qui se trouve être celle de Murphy. Je croise son regard et il doit comprendre ma détresse puisqu'il me fait un signe de tête et entrelace nos doigts. Je répond à son signe de tête et il dit à Clarke d'y aller. Elle pose d'un coup le tissu sur ma plaie à vif et je hurle sous la douleur. La douleur me vrille l'épaule et j'ai l'impression qu'elle est en feu. Clarke désinfecte minutieusement mon épaule puis cesse tout d'un coup. Mon épaule me lance mais j'arrive à retrouver un semblant de respiration. J'ouvre les yeux alors que je ne m'étais pas rendu de les avoir fermer. Je croise le regard de Bellamy et je le vois bouillonner de rage. Je sais qu'il se retient de foutre une raclée à Finn. Pour une fois je ne l'en empêcherais pas.

On a un problème, me dit Clarke

Quoi? Qu'est-ce qu'il y a ?

La balle n'est pas ressortie.

ça veut dire quoi concrètement? je demande agacée

ça veut dire que si tu n'es pas opérée rapidement tu pourrais perdre l'usage de ton bras.

Impossible!

C'est mon bras d'arme, si je ne peux plus l'utiliser autant directement me jeter chez les Natifs. Si je suis incapable de me défendre je suis condamnée. Je les vois tous me regarder avec appréhension.

Combien de temps avant d'arriver au camp?

Une journée et demi à peu près, me dit Bellamy

D'ici là j'aurais perdu quel pourcentage de mes facultés?

Je sais pas…

Clarke dis-moi honnêtement combien de temps j'ai avant de perdre l'usage de mon bras!

D'ici là tu auras perdu environ 45% de tes facultés, peut-être plus.

C'est hors de question!

Dylan on a pas d'autres solution.

Bien sûr que si! Tu opères maintenant!

Quoi?

Tu m'as très bien entendu! Retire-moi cette balle maintenant!

Dylan… me dit Bellamy

Non Bell'! Je peux pas me permettre de perdre la moitié de mon bras! Je refuse d'être impotente et d'être assistée par qui que ce soit!

Je t'aiderais…

Je sais bien que tu le feras mais imagine la situation inverse. On est en guerre! Est-ce que tu accepterais de rester sagement au campement sans rien pouvoir faire!

Il baisse les yeux et il sait que j'ai raison. Lui non plus ne supporterais pas de rester les bras croisés pendant que les autres se battent.

Clarke, je lui dis, est-ce que tu es capable de le faire?

Je pense que c'est une très mauvaise idée.

A l'heure qu'il est je n'ai absolument rien à foutre de ce que tu penses. Je veux juste que tu me répondes. Es-tu, oui ou non, capable de me retirer cette balle?

Elle me regarde droit dans les yeux de façon déterminer.

Il n'y a pas d'organes vitales ou d'artères vitales. Si tu es sûre de toi, je peux le faire.

Très bien alors fais-le.

D'accord. Je vais avoir besoin d'eau, de fil et d'une aiguille et si possible d'une pince très fine.

Et où veux- tu qu'on trouve ça? lui dit Murphy

Au campement des Natifs, lui dit Octavia

T'es malade!

Non, je connais Neikko et Dylan a pris une balle pour sauver un des siens il acceptera.

Je viens avec toi, lui dit Bellamy

N'y va pas armé, je lui dis, sinon ils te tueront.

T'en fais pas, on fait vite.

Ils partent et pendant ce temps Clarke se nettoie minutieusement les mains. Je vois bien qu'elle évite le regard de Finn et il évite d'ailleurs le mien. Ce qui a le don de m'énerver un peu plus.

Combien t'en a tué? je lui demande froidement

J'ai fait ce que j'avais à faire.

Pardon!

Dylan, c'est pas le moment, me dit James

Oh si c'est le moment! Je t'ai dit à plusieurs reprises que nos amis n'étaient pas là mais t'as rien voulu entendre! T'as tué ces innocents! Il est beau le donneur de leçons! Combien de fois tu m'as traité comme une moins que rien parceque soit disant j'étais une meurtrière! T'es pire que moi Finn et tu sais quoi? J'aurais dû te tuer quand j'en ai eu l'occasion! Sans toi ils seraient tous vivants!

Il évite toujours mon regard et finit par s'éloigner du groupe. Pourvu qu'il se fasse tuer par un Natif au moins on sera débarrassé de lui.

Bellamy et Octavia revienne une demi-heure plus tard avec à ma grande surprise tout le matériel nécessaire. Clarke fait brûler la pince jusqu'à ce que le métal devient rougeoyant.

Allonge-toi sur le ventre, me dit-elle

Bellamy retire sa veste pour que je puisse m'allonger dessus. Une fois installée il se place à côté de moi et prend la place de Murphy qui s'éloigne. Il prend ma main et pose l'autre sur ma tête. Son pouce glisse le long de ma joue et je ferme les yeux pour savourer sa caresse.

Va falloir la tenir fermement. Elle ne doit pas bouger.

Bellamy tient plus fermement ma main et je sens quelqu'un me tenir les jambes. Je sens Clarke se rapprocher.

Tu es sûre de vouloir le faire? me demande-t-elle

Oui j'en suis sûre

Très bien, dans ce cas je vais commencer.

Ok.

Je serre plus fort la main de Bellamy et je plonge mon regard dans le sien.

tu restes avec moi?

Toujours.

Il dépose un baiser dans mes cheveux et il fait un signe de tête un Clarke. Elle pose une main ferme près de ma blessure et plonge la pince brûlante dans ma plaie. Un cri déchirant sort de mes lèvres je hurle à m'en casser la voix tant la douleur est forte. Je sens chacun mouvement de la pince dans ma chair et j'ai l'impression qu'on est en train de me couper un bras. Je crois entendre des voix autour de moi mais elles sont couverte par mes cris de douleurs. puis d'un coup c'est comme si on extrait une épine du pied et je sens que Clarke retire quelque chose de mon épaule. Je devine que c'est la balle puisqu'elle arrête de me charcuter l'épaule. J'ai l'impression de sentir encore le fer brûlant dans ma peau et je sens à peine qu'elle recoud la plaie.

Je vais te demander un dernier effort, Dylan. Je dois cautériser la plaie et après ce sera bon, D'accord?

Je suis incapable de parler alors je hoche la tête. Elle fait brûler la lame d'un couteau et la pose d'un coup sec sur ma plaie. Je hurle de nouveau sous la douleur et je sens une odeur de chair brûlée. Ma voix se brise et je crois bien que je finis par perdre connaissance sous la douleur. Tout est brumeux autour de moi et je sombre dans le sommeil. La seule chose que je ressens c'est la douleur cuisante de mon épaule.