Bonjour à tous !

Après cette grande absence, je vais commencer par répondre aux Reviews :

Helado-Hime : Tout les Blacks sauf quelques rares exceptions, ont le nom d'une constellation. James s'imagine des trucs ? (rire). Ce n'est pas faux...En même temps, il n'a pas tout à fait tord de penser ainsi ! Lily...Eh bien, tu auras la réponse dans quelques chapitres !

Liily01 : Oui ! (rire). Sirius a perdu sa petite culotte. Tu pensais qu'il avait comprit ? As-tu seulement vu juste ? Merci, merci...Dur dur les concours...

Destruczic : Oui, je sais...Je pense que personne ne pouvait se doutait du pouvoir de la petite culotte (rire). Mais oui, heureusement que Sirius l'avait toujours et qu'il s'en est servi avec brio (rire). Je m'excuse encore pour l'attente. En tout cas, contente que ce chapitre t'as plus !

Dedellia : Ne t'en fais pas, je suis heureuse n'est en moins que tu es pris le temps de laisser un petit commentaire. Merci. Sirius est intelligent, c'est vrai. Mais il reste un adolescent dont les hormones ne l'aide pas à être lucide (rire). S'il avait comprit direct, ça n'aurait pas était drôle. Torturons-le encore un peu, c'est tellement bon ! (rire). Un peu d'action, ça change des autres chapitres. Y en aura encore des comme ça ! (rire). Si Lily avait été là, ça ne se saurai sûrement pas passé comme ça aussi ! Mais elle aurai été super inquiète.

17Harry : Oui, même si Orphen est atteinte d'un puissant sortilège de magie noire, le Dragruche ne s'est pas laissé avoir. Si personne ne sait (ou très peu le savent) qu'elle est une fille, c'est un peu pareil pour son amnésie. C'est pour cela qu'elle n'a rien dit de ce genre à Sirius...Surtout lui...Contente que ce chapitre t'es plus !


Plus d'un mois...Oui, je sais, ça fait long et vous m'en voyez désolée. Bien que je ne suis pas sortie de ma phase « concours ». La publication va être ralentie et gardera ce rythme pour une durée indéterminée...J'espère que vous ne m'en voudrai pas trop pour cela, mais le boulot est prioritaire sur les loisirs...

Je suis vraiment très contente que le chapitre du « Dragruche » vous est plu ! Vraiment ! Je m'étais beaucoup amusé à l'écrire et Aya a fait une correction du tonnerre, comme d'habitude !

J'attends vos réactions avec grande impatiente et curiosité pour ce chapitre ci. Même si nous sommes en Mai, dans l'histoire, nous fêtons Noël ! Pleins de rebondissement, notamment, des fragments de souvenirs d'Orphen et autres vous attendent dans ce chapitre ! Je vous souhaite donc une bonne lecture et vous dit : « A la prochaine ».


21

NOËL

Plus qu'une semaine. Une toute petite semaine et c'était Noël. Les décorations, branches de houx, de gui et autres parures rouge et verte accrochées un peu partout dans le château, faisaient rêver plus d'un élèves. Tout Hogwarts était en effervescence. Enfin, presque tous...

En effet, quelques jours plus tôt, James avait reçu, à sa plus grande surprise, une lettre de ses parents lui expliquant qu'ils devraient s'absenter pendant la période de Noël et qui leurs demandaient, à lui et Sirius, de bien vouloir rester à Hogwarts. En seize ans de vie, le jeune homme à lunettes n'avait jamais passé un seul Noël sans ses parents. James ne comprenant pas, s'était mis très en colère. Pourquoi avaient-ils décidés cela à quelques jours des vacances? Sirius avait tenté de l'apaiser, arguant qu'il devait y avoir une très bonne raison à cela et qu'il ne devait pas s'en faire. Mais malgré les paroles rassurante de son presque frère, James doutait... Il avait comme un mauvais pressentiment.

Peter qui avait été témoin de la scène, bien que n'étant pas aussi aisé que ses amis, leur avait proposé de venir passer Noël chez lui. Les deux jeunes hommes avaient poliment refusé, connaissant les difficultés de la famille Pettigrow, ils ne voulaient pas être un poids pour leur ami. La pleine lune tombant le jour de Noël, Remus ne leur proposa rien, ils savaient tous qu'en raison de sa lycanthropie, le préfet ne passerait pas les fêtes de fin d'année chez lui... ni au château d'ailleurs et ce malgré leurs protestations...

— Et toi, Orha ? Où passes-tu Noël ?

La demoiselle sortit la tête de son bol et plongea son regard dans celui, ambré, de Lupin. Elle avala difficilement sa gorgée de chocolat chaud. Elle n'y avait même pas songé. Bien que la réponse fût toute trouvée : seule, son regard s'assombrit et elle se mordit la lèvre inférieure. Devant le mutisme de son camarade, Lupin déchanta. Mince, avait-il touché un point sensible ? Regrettant d'avoir posé la question, il chercha de l'aide dans le regard de ses amis. Peter se triturait les doigts, mal à l'aise, alors que Sirius soupirait discrètement tout en se passant une main dans les cheveux. James, qui était assis à côté d'elle, posa une main sur son épaule.

— Nous serons là, Sirius et moi... Tu ne passeras pas les fêtes, seul. Enfin... Si tu acceptes notre présence, bien sûr...

Cross tourna la tête vers James. Ils se fixèrent un instant, Potter affichait, malgré ses états d'âmes, un merveilleux sourire. Puis elle se tourna vers Sirius, qui les regardait avec alternance, son presque frère et elle, avant de planter son regard gris dans le sien.

— Ça ne me dérange pas, si c'est ce que tu veux savoir, dit-il simplement avant de reporter son attention sur son petit-déjeuner.

Orha baissa les yeux vers sa boisson chaude qui fumait encore et fronça les sourcils, ils étaient un groupe d'amis, un groupe de quatre dont elle ne faisait pas partie. Dont elle ne ferait jamais partie, ce qu'elle ne voulait pas d'ailleurs. La jeune fille replaça une mèche invisible derrière son oreille - les Maraudeurs se concertèrent du regard sans qu'elle le remarque, surpris d'un tel geste de sa part - et soupira.

— Ça m'est égal. Faites ce que vous voulez. Je ne veux pas être un boulet à traîner ou pire : être pris en pitié...

Son ton était sombre et amer. Elle ne semblait pas se rendre compte de son attitude. Dans un silence d'or, la demoiselle se leva et prit la direction de la sortie, laissant les quatre jeunes hommes sidérés.

— C'était quoi ça ? S'étonna Sirius qui n'en revenait pas.

— C'est mauvais, si tu veux mon avis, tenta Remus, inquiet, j'imagine que Noël n'est pas une très bonne période pour lui...

— Je vais aller le voir ! S'exclama Peter en se relevant subitement.

James l'agrippa par l'épaule et le força à se rasseoir.

— Personne ne va nulle part, déclara-t-il. Laissons-le un peu seul...

— Je suis désolé, c'est de ma faute, s'excusa Remus, mal à l'aise, en se massant la nuque.

— Personne ne pouvait savoir que c'était un sujet sensible pour Orha. Ne t'excuses pas, vieux, le réconforta Sirius.

— Il faut dire qu'Orha est une énigme à part entière ! Intervint Peter avec un petit sourire.

— Faut croire... souffla James avant de mordre dans un toast.


La jeune fille marchait d'un pas lent, déambulant sans but dans le château. Depuis la question de Remus, elle ne se sentait pas très bien, un pincement au cœur et une folle envie de pleurer lui enserraient la poitrine et ceux, sans même savoir pourquoi. Oui, pourquoi cette sensation ? Qu'avait-il bien pu lui arriver pour que Noël lui face tant de mal ? Pour la première fois, depuis son réveil, Orphen maudit son amnésie.

Devait-elle aller voir Dumbledore ? Cross secoua frénétiquement la tête. Non, ce n'était pas une bonne idée. Que pourrait-il lui dire ? Lui-même ignorait tout d'elle. La jeune fille soupira longuement en prenant la direction de la tour Gryffondor.

Orphen se stoppa dans sa réflexion sans réponse, lorsqu'elle arriva à quelques mètres de l'entrée de la Salle Commune. Il était là. Dos à elle, mais elle le reconnut sans peine. Regulus Black faisait les cent pas devant le tableau, sous le regard attentif de la Grosse Dame, qui lui assurait vainement «qu'il n'est pas ici ». Orha fronça les sourcils. Qui attendait-il ? Son frère peut-être, pourtant n'étaient-ils pas censés se détester ? L'adolescent, inconscient de la présence de la Gryffondor, souffla son exaspération en se passant une main dans les cheveux, puis fit demi-tour et se stoppa net en s'apercevant enfin qu'il n'était pas seul. Une foule d'émotion traversa son visage avant que celui-ci ne retrouve son masque lisse et hautain, si typiquement Serpentard. Il leva un sourcil dédaigneux et s'avança d'un pas souple, dans sa direction. Arrivé à sa hauteur, il allait la dépasser par la droite, mais la route lui fût barrée par Orphen qui s'était décalé à gauche. Il fronça les sourcils et jeta un regard noir au Gryffondor, qui sursauta et se mordit la lèvre inférieur, gêné.

— Pas que t'as compagnie me dérange, ricana-t-il, un sourire en coin, mais je souhaiterai passer…

Cross sursauta face au ton froid et cynique du jeune homme, elle déglutit difficilement en s'apercevant qu'il avait fait glisser sa baguette hors de sa manche, prêt à lui lancer un sort. Aussi, levant les mains en signe d'apaisement, elle déclara calmement :

— Je ne veux pas me battre avec toi.

Regulus leva un sourcil pas convaincu, avant de vérifier les alentours d'un rapide coup d'œil, un Serpentard ne faisait jamais long feu sur le territoire des Gryffondors, ça Regulus le savait parfaitement, c'est pourquoi il garda sa baguette levée.

— Je n'y tiens pas non plus, mais je ne suis pas assez idiot pour faire confiance à un Gryffondor…

Orha leva les yeux au ciel devant tant de méfiance, en même temps elle pouvait le comprendre, elle-même n'était pas à l'aise en présence de Serpentard, comme Rosier et Avery par exemple, pourtant face au cadet Black elle n'éprouvait pas la moindre nervosité.

— Si tu cherches ton frère, il est encore dans la Grande Salle.

— Et qui te dit que je recherche mon frère ?

— Je doute que tu ne côtoies beaucoup de Gryffondor… Mais on peut demander confirmation à la Grosse Dame, si tu préfères ?

Regulus entrouvrit légèrement la bouche, puis la referma avant de déglutir. Un mince sourire étira ses lèvres et il abaissa légèrement sa baguette.

— D'accord, j'avoue, je souhaitais m'entretenir avec mon frère, ce n'est pas interdit, non ?

Orha secoua la tête, un sourire amusé aux lèvres.

— Je n'ai jamais dit le contraire… Si tu veux je peux lui dire que tu es passé ? Proposa-t-elle

— C'est aimable de ta part mais je préférerai que tu n'en fasses rien… avoua-t-il en se passant la main dans les cheveux, puis il fronça les sourcils et fixa son vis-à-vis quelques secondes avant d'ajouter : Cependant, si tu pouvais glisser ceci- il sortit de sa poche un petit paquet enveloppé et lui tendit- sous le sapin de ta Maison, je t'en serais gré…

Orha prit le paquet et fronça les sourcils, suspicieuse.

— Il n'est pas piégé… déclara le Serpentard en levant les yeux au ciel. C'est juste un cadeau de Noël, il n'y a pas de quoi fouetter un hippogriffe ! S'agaça-t-il en croisant les bras.

Orha eut bien du mal à ne pas rire. Il était assez comique de voir le jeune Serpentard perdre patience, c'était dans ces rares moments que la ressemblance avec Black était la plus frappante. Elle toussa pour reprendre contenance, évitant de croiser le regard gris et agacé du cinquième année.

— Tu peux compter sur moi, je poserai ton cadeau sous le sapin… Et je n'en dirai rien à Black.

— Merci, Souffla-t-il en hochant la tête courtoisement.

Orha se surprit à lui rendre la pareille et le laissa finalement partir. Elle resta quelques minutes dans le couloir, le regard vague, puis gagna finalement l'entrée de la Salle Commune, elle donna le mot de passe à la Grosse Dame et s'engouffra dans le passage, son regard se posa alors sur le petit paquet qu'elle tenait toujours en main, et la curiosité la piqua soudain. Que pouvait-il contenir ?


Le jour du départ des élèves arriva bien vite. Les Maraudeurs avaient pris soin d'éviter le sujet « Noël » lorsqu'Orphen se trouvait à proximité. Les quatre jeunes hommes étaient, actuellement, sur le quai, mêlés à la foule d'élèves surexcités, pour les « au revoir ».

— Passez… de… bonnes… fêtes ! Souffla difficilement Peter.

En effet, il tentait de hisser sa malle dans le wagon, dos contre celle-ci, même si pour son plus grand malheur celle-ci n'était pas très coopérative. Il se morigéna de ne pas avoir accepté l'aide de James, qui avait ri en le voyant lutter contre ce vil bagage, James s'était finalement retourné, saluant les joueurs de l'équipe de Gryffondor qui passaient à proximité, pendant que Sirius aidait Lupin, dont les effets de la prochaine pleine lune se faisait déjà ressentir, à ranger sa malle. Peter reprit son souffle et allait pousser une fois de plus quand il se figea subitement. A quelques mètres de lui à peine, s'avançait Rosalyn Johnson. La jolie Poufsouffle de quatrième année, qui était accompagnée de sa meilleure amie – même si Peter ne la remarqua pas – croisa son regard et le blondinet déglutit tout en s'empourprant, répondant au timide signe de main de la demoiselle, oubliant tout ce qui l'entourait, jusqu'à ce qu'une imposante masse ne le bouscule et lui fasse embrasser le sol. Sa malle avait glissé du wagon pour lui tomber dessus.

— Peter ! S'exclama Remus en se précipitant vers lui.

— Eh, Wormy, ça va t'as rien ? Lui demanda Sirius qui soulevait l'énorme valise aidé par son presque frère.

— Merveilleusement bien... déclara-t-il, béat, en acceptant la main que Lupin lui offrait.

Pettigrow avait un grand sourire, digne d'un parfait idiot. Rosalyn, qui s'était arrêtée et regardait la scène inquiète, fut soulagée qu'il ne se soit pas blessé et après un discret signe de la tête, elle disparut dans la foule. Peter soupira d'extase la tête penchée sur le côté, sous le regard ahuri des autres Maraudeurs, qui s'étaient tournés vers la demoiselle. Ils reportèrent leurs attentions sur le blondinet et Sirius lui mit une tape sur l'épaule.

— On dirait que notre bon vieux Peter a une touche ! S'exclama-t-il joyeusement. Eh, Peter... Peter ? Dit-il en agitant sa main devant le blondinet, qui ne réagissait pas.

— Laisses-le, Sirius ! Lui demanda Remus, en étouffant un petit rire.

James plissa les yeux quelques secondes et se retourna vers ses amis, les yeux agrandit de détresse. Black haussa un sourcil.

— Dites-moi les gars... Je n'ai pas une expression aussi débile, sur mon si magnifique et parfait visage, quand je regarde Lily, hein ?... Si ?

Remus éclata de rire suivit rapidement par Sirius, leurs attitudes fit redescendre Peter sur Terre, qui se perdit dans la conversation. Black s'appuya sur l'épaule de son presque frère.

— Désolé, Prangs... Mais oui, tu as ce genre de sourire idiot. Mais je te rassure, ça te donne un charme d'enfer ! Se moqua Sirius.

— Paddy...

Remus se plaça entre les deux adolescents et posa une main apaisante sur l'épaule de James, empêchant par ce simple geste qu'il ne sorte de ses gongs et s'en prenne à l'idiot qui le taquinait, puis ils aidèrent Peter à hisser sa malle dans le compartiment avant de se saluer, finalement, en se prenant dans les bras et se mettant des tapes amicales dans le dos. La sonnerie annonçant le départ imminent de l'Hogwarts Express retentit alors, forçant James et Sirius à descendre du train, Peter les salua une dernière fois avant de s'installer sur la banquette. Remus, qui avait suivi ses amis à la porte du wagon, retint par le bras Sirius, avant que celui-ci ne rejoigne le quai. Black se retourna vivement et leva un sourcil interrogateur en voyant le préfet sortir un livre de sous sa cape.

— Sirius, prends ça.

— Qu'est-ce que c'est ? Demanda Black en regardant un vieux livre tout poussiéreux.

— Ce que tu m'as demandé. J'ai eu du mal à me le procurer, quand tu auras finit tes recherches, ramènes-le dans la Réserve.

— Tu l'as piqué dans la Réserve ? S'étonna Sirius en planquant le volume sous a cape.

— Je ne sais pas pourquoi tu veux des informations sur les Dragruches, mais tu avais un regard tellement suppliant, que je n'ai pas pu résister à l'envie de t'aider, expliqua Remus dans un haussement d'épaules. Sur ce, vieux, passez de bonnes fêtes.

Lupin regagna le compartiment sous le regard intrigué de Peter alors que Sirius retournait sur le quai. James, qui l'attendait en tapant du pied, lui demanda pourquoi il avait été aussi long. Black se mit à rire tout en haussant les épaules en guise de réponse. Les deux Gryffondors restèrent sur le quai jusqu'au départ de l'Hogwarts Express.

— Et dire qu'on aurait dû partir avec eux...

— Tu ne vas pas remettre ça ? Prangs, tes parents ont sûrement une bonne raison et je soutiens mon hypothèse. Allez viens, on rentre.

— Ouais... Allons voir ce que fait Orphen ?


La veille de Noël arriva finalement, peu d'élèves étaient restés au château pour les vacances et cela s'en ressentait, la table des Serpentards était déserte et seule une petite poignée d'élèves occupait les tables restantes. Il devait y avoir moins qu'une quarantaine de collégiens dans toute l'école. Néanmoins, la Grande Salle avait été décorée comme il se devait pour les fêtes de fin d'année. Un immense sapin se dressait fièrement, ses ornements enchantés le sublimant, derrière la table des professeurs et de la neige tombait doucement du plafond enchanté. Une agréable odeur de dinde farcie et de Christmas pudding embaumaient la pièce.

Sirius, qui avait rempli son assiette de pomme de terre au four, de légumes et de dinde farcie aux marrons, observait par alternance James et Orha assit en face de lui et s'amusait de la situation. Les deux adolescents avaient posés leurs têtes dans la paume de leurs mains gauche et tous deux semblaient jouer avec leur nourriture. D'un même mouvement, ils soupirèrent de lassitude. Potter et Cross se jetèrent une œillade rapide, avant de se replonger mutuellement dans leurs assiettes.

— Vous ne mangez pas ?

— Pas faim, soupira James, comment pourrais-je avoir faim ? Ils n'ont pas voulu de moi pour Noël ! S'outra-t-il en se redressant.

— Prangs... Je t'en prie... Pas ce soir...

— Désolé... Mais ça m'énerve !

James planta furieusement sa fourchette dans un plat de la table et attrapa plusieurs patates qu'il fourra rageusement dans sa bouche. Orphen, écœurée par les manières de troll de son camarade, tourna la tête pour éviter d'avoir un haut le cœur. La jeune fille n'avait pas faim et était très tenté de sortir de table.

— Orha, tu passes la soirée avec nous ? Demanda Black en attrapant son verre de jus de citrouille.

— Je ne sais pas… Peut-être...

— Non, pas la soirée... Tu passes la nuit entière avec nous ! Décréta-t-il, tout sourire

Cross tourna la tête vers Sirius, surprise, et se sentit blêmir. Si les garçons faisaient nuit blanche, pour fêter l'occasion… Son secret risquait fort d'être découvert… Et déjà trop de personne l'avaient vu sous sa véritable apparence, elle ne pouvait pas prendre ce risque.

— Sans façon, alors... déclara-t-elle sèchement, en attrapant le pichet de jus de citrouille pour remplir son verre.

Black leva les yeux au ciel et se tourna vers son presque frère, qui déprimait dans son coin en jouant avec ses choux de Bruxelles, pour lui demander de l'aide afin de la convaincre d'accepter. Profitant de l'inattention de ses camarades, elle versa le contenu de sa fiole de potion antidouleur, qu'elle but d'une traite avant de se lever et de tenter de se sauver. Mais c'était mal connaître les deux Maraudeurs.


Les trois Gryffondors s'étaient finalement installés dans les canapés de velours rouge de leur Salle Commune. Orha avait bien tentée de leur fausser compagnie, mais les deux Maraudeurs étaient malins et avaient une endurance à toute épreuve… Ils n'avaient eu aucune difficulté à la rattraper et à la traîner à leur suite, malgré ses protestations. Depuis, les trois camarades de chambre lézardaient sur les causeuses, James s'était installé d'autorité à côté d'Orphen alors que Sirius s'était affalé de tout son long sur un autre canapé. Ils restèrent plusieurs minutes sans parler, ni bouger, perdu dans la contemplation des flammes ou dans leurs pensées. Black, qui commençait à se lasser du silence pencha sa tête en arrière sur l'accoudoir et jeta un œil à ses amis.

— Bon on attend quoi ? S'impatienta-t-il.

— Le Déluge, ironisa James en croisant les bras.

L'aîné des Black leva les yeux au ciel, tout en se redressant, puis tourna la tête vers le sapin de leur salon. Il y avait quelques cadeaux qui attendaient sagement que l'on vienne les ouvrir. Un grand sourire illumina son visage.

— Et si on ouvrait nos cadeaux ? Proposa-t-il.

— C'n'est pas encore Noël, rouspéta Potter.

— On s'en tape, non ?

Ni une, ni deux, Sirius se leva et alla vers le sapin. Il regarda les paquets un à un et de temps en temps, posait un cadeau sur le côté. Après quelques minutes, sous le regard exaspéré de James, le jeune homme posa la pile de présents près du canapé de ses deux amis. Orphen sembla sortir de sa léthargie et s'intéressa aux paquets colorés. Elle observa en silence les garçons les déballer.

James reçu un kit de nécessaire à balai de la part de Peter. Un livre sur les évolutions futur des balais de la part de Remus. De la cire pour entretenir le bois et un cure pied pour l'entretien des sabots de la part de Sirius, qu'il frappa derrière la tête en guise de remerciement. Black ricana alors que la demoiselle penchait la tête sur le côté, ne comprenant pas l'allusion. Le jeune homme ouvrit le dernier paquet qui venait de ses parents. C'était une vieille montre en or, héritage familiale qui se transmettait de génération en génération. Ses yeux chocolat s'adoucirent, son père n'avait pas oublié la promesse de lui donner cet objet quand James en aurait l'âge.

Sirius reçu de la part de Peter un nouvel objet de chez Zonko, un parfum repousse-fille. Le jeune homme ne put se retenir de pouffer de rire en le déballant, sacré Peter ! Remus lui avait ouvert un livre sur les motos moldu, sujet qui fascinait le jeune homme au plus haut point, même si à la base s'était surtout pour faire enrager sa très chère mère. Il reçut de la part de James un collier magique anti puce. Il explosa de rire et remercia son presque frère en lui signalant qu'il allait lui être très utile. Orha fronça les sourcils, perplexe, ces cadeaux n'avaient pas de sens… A moins que Black n'est un chien ? Elle secoua doucement la tête, peu convaincu de sa théorie. Riant toujours, Black attrapa le dernier paquet de sa pile et son rire mourut lorsqu'il reconnut la fine et gracieuse écriture avec laquelle son prénom avait été tracé. Il le contempla longuement, attirant l'attention de ses deux camarades, qui s'échangèrent un coup d'œil curieux. Orha reconnut aussitôt le paquet de Regulus et attendit avec impatience que Black se décide à l'ouvrir. Ce qu'il fit quelques secondes plus tard. Le brun déchira le papier cadeau et découvrit un coffret en bois, joliment ciselé, il cligna des yeux plusieurs fois lorsqu'il trouva à l'intérieur une clé en argent, le genre de vieille clé ouvragée que son oncle Alphard adorait collectionner. Sirius se mordit la lèvre et fronça les sourcils, avant de prendre religieusement l'objet et de l'admirer sous toute les coutures. Orha et James l'observèrent faire un instant, sans prononcer un mot, puis constatant l'air perplexe de son presque frère, James prit la parole.

— Ça va, Paddy ? Tu sais qui t'as envoyé ça ?

— Ouais... Ça va ! C'est un cadeau de ma cousine préférée, Andromeda.

— Étrange présent… Commenta James en se frottant le menton. J'espère au moins que tu sais à quoi cette clé va pouvoir te servir ?

Black haussa les épaules, et s'exclama joyeusement pour changer de sujet :

— Bon, à ton tour, Orha !

La jeune fille cligna des yeux en se désignant de son index.

— Moi ? J'ai eu des cadeaux ? S'étonna-t-elle.

— Évidemment ! S'exclama Potter en roulant des yeux.

Il lui posa deux paquets sur les jambes. Dans le premier, elle découvrit une jolie plume ébène, qu'elle avait vu à « Scribenpenne » lors de la sortie à Pré-au-Lard. Un sourire se dessina sur ses lèvres, c'était signé Peter. Remus en bon mordu de lecture qu'il était, lui offrit, à elle aussi, un livre. Orphen se retint de rire en voyant qu'il traiter sur les constellations et accessoirement sur les cycles lunaires. Lui passait-il indirectement un message ? Elle l'ignorait. James, qui avait un grand sourire plaqué sur le visage, lui tendit un paquet enrubanné qu'il, avoua-t-il, avait emballé lui-même et sans magie. La jeune fille pouffa de rire en voyant le résultat catastrophique mais un sourire illumina ses traits en découvrant une peluche à l'effigie d'un porc-épic. Orha se retint de rire et le remercia chaleureusement. Sirius s'assit alors à côté d'elle et lui tendit un paquet de Patacitrouilles.

— Orha va grossir, si tu lui files ça à chaque fois... Sans compter que ce n'est pas un cadeau, et que tu n'as même pas prit la peine de le lui emballer ! Se vexa James.

— Eh, il adore ça ! Pas vrai, Orha ? Se défendit Black

— C'est vrai... Merci.

Black se racla la gorge et rajouta qu'il n'avait pas terminé. Il sortit sa baguette et prononça une incantation que la demoiselle ne connaissait pas, un bouquet d'iris blanc apparut dans sa main libre et il le tendit à Orphen.

— Il y en avait à l'infirmerie quand tu étais blessé. Je me suis dit que tu devais les aimer...

Les yeux chocolat de Potter s'écarquillèrent alors que la jeune fille remerciait Sirius, qui lui tendit le bouquet avec un grand sourire. Elle huma les fleurs, et se pétrifia subitement, toutes couleurs désertant son visage.


Orha se retrouva plongée dans le noir, le silence oppressant fut brisé par le rire d'une enfant, éclat cristallin dans les ténèbres ambiante, qui s'éclaircirent lentement. Des images défilèrent sous ses yeux, jusqu'à stopper sur l'image d'un salon aux couleurs chaleureuses. Orha plissa les paupières pour tenter d'éclaircir la scène, mais elle resta désespérément trouble. Elle aperçut pourtant la silhouette d'une fillette tournoyant dans une petite robe rose pâle, riant aux éclats. Cette enfant dansait devant un grand sapin, et Orha sursauta en découvrant son propre visage sur le corps de l'enfant, qui s'était finalement laissé tomber sur le tapis moelleux.

— Orphen ?

La jeune fille, comme son double plus jeune, tourna la tête vers la voix. Toujours cette voix. Grave, mais rassurante, celle d'un homme qui comptait énormément. L'homme s'approcha de l'enfant qui lui sourit et lui tendit les bras. Il se pencha, puis souleva l'enfant comme si elle ne pesait rien et la fit tournoyer dans les airs, lui arrachant un nouvel éclat de rire. Orphen regarda la scène se jouer sous ses yeux le cœur étrangement lourd, puis elle chercha à voir le visage de cet homme, mais à chaque fois qu'elle s'en approchait sa vision se brouillait. Pourquoi ? Pourquoi ne pouvait-elle même pas coller un visage à cet inconnu ?

— C'est l'heure ! Déclara l'homme en reposant l'enfant au sol.

Tout redevint noir autours d'elle, cela dura quelques secondes ou peut être des heures, elle n'aurait su le dire avec certitude, mais la neige se mit soudainement à tomber, le froid mordant la fit trembler, comme si tout ceci était réel. Le décor d'un cimetière se dessina alors, et elle vit la petite fille et l'homme s'approcher d'une tombe, qu'ils décorèrent d'un énorme bouquet d'iris blanc. Cross s'approcha de la stèle et essaya de lire l'épitaphe gravé dans le marbre, plissant les yeux, les écritures sur la tombe restèrent illisible, pourtant, elle en était persuadée, deux personnes reposaient sous cette dalle de marbre gris.

— Pourquoi Noël est-il synonyme de deuil dans notre famille ?... Stupide guerre... maudit l'homme d'une voix amère.

L'enfant se blottit contre lui et laissa couler ses larmes, il posa une main réconfortante sur sa tête avant de s'accroupir pour la serrer dans ses bras, en lui promettant qu'il serait toujours là pour elle, qu'il la protégerait.

La scène se fondit à nouveau dans les ténèbres. Cette fois, le décor s'implanta doucement. Orha entendit une bourrasque de vent, avant de se sentir violemment ballotter par les courants. Elle était au cœur d'un tourbillon, dans une pièce au carrelage noir. Deux silhouettes, les vents lui brouillant une nouvelle fois la vue, bloquaient l'entrée en se battant. Des éclairs lumineux fusaient de part et autres, puis l'une des silhouettes s'effondra. Cross sursauta quand elle s'entendit hurler un « non » déchirant, avant qu'un éclair vert n'illumine la pièce et que le second corps ne tombe. Elle reconnut, elle ne sait comment, l'homme à la voix grave qui gisait proche, très proche d'elle, son visage tourné dans sa direction. Elle se mordit violemment la lèvre en constatant qu'il lui était toujours impossible de distinguer ses traits, comme si le corps était derrière une vitre recouverte de buée. Elle tendit alors la main vers l'homme, se sentant chuter, elle hurla à sans rompre les cordes vocales.

— PA...


Ses yeux se rouvrirent subitement faisant sursauter les deux jeunes hommes à ses côtés. Ses lèvres tremblaient comme le reste de son corps, des larmes, qu'elle ne put contrôler, ne mirent pas longtemps avant de ravager son visage, elle porta ses mains à ses lèvres. C'était quoi toutes ces images ? Des souvenirs ? Ses souvenirs ? Se recroquevillant sur elle-même, secouée de spasmes, Orha éclata en sanglots, oubliant la présence de ses camarades de dortoir.

Les deux Gryffondors se concertèrent un instant. James fut le premier à réagir, il enlaça doucement son camarade et l'attira à lui.

— Orphen... On est là... Ça va aller... tenta-t-il, incertain.

— Mort... Ils sont... tous... mort... bégaya-t-elle entre plusieurs sanglots.

Sirius lança un regard inquiet à James qui en fit de même. Black s'apprêtait à poser une main sur la tête de Cross quand un rire strident retendit derrière lui. Il fronça les sourcils et fit volte-face, cette voix était reconnaissable entre mille, pour son plus grand malheur. Veronica Fletcher, ravi d'avoir attiré l'attention de Black, balaya sa longue chevelure du revers de la main et ne manqua pas de se moquer de l'état d'Orha, le traitant de minable et de faible. Black contracta la mâchoire, se leva d'un coup et poussa méchamment la jeune fille contre le mur. Celle-ci semblait satisfaite du comportement du jeune homme, au vu de son sourire radieux.

James observa la scène du canapé puis tourna nonchalamment la tête vers la fenêtre. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il vit que le soleil allait se coucher. Il jeta un œil à son presque frère, qui semblait gérer la situation avec la peste de service. Si la nuit tombait, cela signifiait que les élèves de sa maison n'allaient pas tarder à remonter dans la Salle Commune pour fêter convenablement Noël. Il était hors de question d'afficher en spectacle Cross. Il l'aida à se relever.

— Allez Orphen, je t'en prie, ne restons pas là...

James jeta un dernier coup d'œil à Sirius qui venait d'écraser son point contre le mur. De toute évidence, Fletcher le provoquait. Le brun à lunettes se mordit la lèvre et entraîna avec difficulté Orha à sa suite, le portant à moitié. Poussant énergiquement la porte de leur dortoir avec son pied et la refermant de la même façon, il obligea son camarade à s'asseoir sur son lit. Orphen tremblait toujours autant et semblait inconsolable au plus grand dam de James, qui se passa une main dans les cheveux ne sachant que faire. Alors, il se mit à genoux devant elle et la serra de nouveau dans ses bras avec force.

— Je suis là, Orphen... Personne ne te fera de mal... Tout va bien, tenta-il de la rassurer.

Le jeune homme se liquéfia sur place quand de longs cheveux vinrent lui chatouiller le visage. Doucement, il se recula et écarquilla les yeux fixant sa camarade de chambre puis détourna sa tête vers la fenêtre.

— Oh par Merlin...

Il se tourna instinctivement vers la porte. Sirius pouvait débouler à tout moment. La panique s'insinua en lui, le prenant au dépourvu, il ne savait que faire. Alors il lâcha brièvement Orphen et lui attrapa les jambes qu'il bascula sur le matelas, avant de l'y rejoindre, se calant contre la tête de lit et l'attirant à lui. Toujours en larmes, la jeune fille ne se rendit compte de rien et se blottit automatiquement contre lui, recherchant chaleur et réconfort. D'un coup de baguette, James ferma les rideaux avant de reporter son attention sur Orha. Il resserra son étreinte tout en lui caressant les cheveux.

— Je suis tout seul... Complètement seul... articula faiblement la demoiselle en s'accrochant à son torse.

— Non... Tu n'es pas seule. On est là, tous avec toi. Je suis là, moi... Je t'en prie... Cesses tes pleures, sèches tes larmes... Je vais finir par pleurer avec toi sinon...

James posa un baiser sur la tête d'Orphen. Elle continuait d'hoqueter et le jeune homme pria Merlin pour que Sirius ne rentre pas dans la chambre maintenant. Potter se disait que finalement l'intervention de Fletcher, même si Merlin savait à quel point cette fille était une plaie, avait un timing parfait. Il regretta que Lily ne soit pas là... Il ne savait pas comment consoler une fille. Le Gryffondor fit cependant de son mieux.

Les minutes défilèrent, longues et se ressemblant toute, jusqu'à ce qu'un détail ne l'interpelle. Il pencha la tête sur le côté et un doux sourire vint étirer ses lèvres, toujours blottit contre son torse, Orphen avait fini par s'endormir, épuisée. Il lui écarta quelques mèches et se défit précautionneusement de son étreinte, sortit du lit et la borda, il caressa la tempe de l'endormie pour atténuer ses tremblements – enfant, sa mère le rassurait et l'endormait ainsi – puis referma les rideaux. Potter lança quelques sorts de protections avant de se laisser tomber dans son propre lit. Il s'allongea et soupira longuement, subitement épuisé. Ils avaient eu chaud et il le pensa plus encore, lorsque Sirius ouvrit la porte avec brusquerie, le bouquet d'iris dans la main, et l'humeur fracassante.

James s'étonna de le voir se calmer instantanément, quand son regard se posa sur le lit à baldaquin d'Orha. Black se retourna vers lui.

— Comment va-t-il ? Demanda-t-il avec une pointe d'inquiétude dans la voix.

— Ça a été dur... Mais ça ira, souffla Potter en toute honnêteté.

Sirius se laissa tomber sur le lit de son ami et soupira longuement tout en se passant une main dans les cheveux.

— C'est de ma faute...

— Je confirme : tu es un bel idiot ! Trancha James. Puis il mit une tape derrière la tête de son presque frère. Paddy, comment tu aurais pu savoir que les iris auraient un tel impact sur lui ? Arrêtes de dramatiser, tu veux !

— Le jour où tu feras, involontairement, pleurer quelqu'un que tu apprécies, fais-moi signe, je suis sûr que tu te sentiras aussi coupable et mal, que je le suis en ce moment !

Black se releva d'un coup et partit s'emmitoufler dans son lit. Par la barbe de Merlin, quel Noël...