21 – l'avion avait décollé de Russie depuis deux bonnes heures, tandis que trois heures avaient passé depuis le début de l'offensive contre la tour du groupe W et deux depuis l'enlèvement de Li Ann Helm's et des autres.

Dans l'avion le silence régnait, installé dans l'un des fauteuils Sullivan travaillait tout en déjeunant. Depuis le début du vol aucun des deux hommes n'avait pipé mot.

Depuis l'annonce faite de l'attaque de la tour, Kerenski avait tenté en vain de joindre l'un des membres de l'Intel ou de se connecter au bunker mais dans les deux cas il avait échoué. Les moyens mis en place pour cette opération étaient réellement impressionnants, car non seulement la tour n'était plus alimentée en électricité mais ils avaient réussi à brouiller les transmissions téléphoniques par le biais des portables, quant aux lignes analogiques elles étaient hors services.

Jusqu'à présent l'Intel ne s'était jamais heurtée à pareille épreuve alors aucun d'eux n'avait pensé à se doter d'un téléphone satellite.

- « John puis je vous poser une question ? »

John délaissa le dossier sir lequel il travaillait signifiant au Russe qu'il lui accordait toute son attention.

- « quel est réellement le rôle de Joy dans le groupe W ? »

- « Joy ? Drôle de question, elle est la garde du corps de Largo. »

- « mais encore ? Elle semble pouvoir intervenir pour l'embauche des vigiles et puis où va-t-elle lorsqu'elle disparaît des jours durant ? »

- « navré Kerenski mais cela ne vous concerne en rien. Joy est dépositaire d'une mission qu'elle doit mener à bien et puis vous croyez réellement que pour avoir sauvé la vie de Valence, Largo pouvait rompre le contrat liant le groupe et la famille aussi facilement. Il fallait bien que quelqu'un se substitue au groupe. »

- « et alors ? »

- « ne faites pas le naïf Kerenski cela ne vous sied guère….

- « alors soyez plus explicite. »

- « ce n'est ni le lieu ni le moment. »

- « cessez donc toutes ces cachotteries, comment saviez vous pour le colonel et ses trafics ? »

- « Joy, ceci fait partie de son travail. Trouver le point faible et la manière de faire plier ceux qui peuvent nous nuire ou se dresser contre nous. »

- « jusqu'à présent vous n'avez pas répondu à ma question. Qui est Joy ? »

- « posez lui la question. Le groupe W est bien trop important pour laisser toutes les cartes entre les mains de Largo. »

Kerenski abandonna son ordinateur et se renfonça dans son fauteuil afin de pouvoir faire le point de tout ce qu'il savait. Pris séparément les événements ne présentaient aucun intérêt mais semblait acquérir une cohérence si on les liait.

Il se souvint des paroles qu'avait proférées Diana à l'encontre de Joy, toujours dans l'ombre à veiller sur Largo.

Lors de sa première rencontre avec la garde du corps il n'avait pas bronché, elle était arrivée afin de récupérer ses affaires lorsque Sullivan avait débarqué au bord de la panique car Largo manquait à l'appel. Ce jour là elle avait retrouvé le milliardaire et son ami Suisse sur la route d'Atlantic city. Sullivan avait été très clair ce jour là quant à sa présence. Sa présence n'était pas souhaitée et le père Maurice n'avait pas à intervenir. Mais les choses étaient ce qu'elles étaient Joy ne ferait pas partie de l'entourage direct du milliardaire Sullivan en avait fait son deuil soit mais il était hors de question qu'elle s'éloigne et les portes du bunker devaient lui demeurer ouvertes pour sinon il s'arrangerait pour que le Russe quittât la tour.

Menaces et chantages c'était une langue que les deux hommes maniaient et comprenaient parfaitement, alors ils s'arrangèrent. Joy obtint son pass, mais elle en fit rarement usage. Cependant tout comme la commission Kerenski avait noté quelques détails qui lui avaient mis la puce à l'oreille.

Les pas de Joy s'étaient attachés à ceux de Largo lors des déplacements les plus sensibles, durant les premiers temps ils s'étaient lancés dans une compétition vaine et stérile puis avec le temps les rapports changèrent, un respect et une amitié avaient vu le jour mais comme les propriétaires de ses sentiments, ils étaient discrets et puis après le retour d'Anya en Russie, ils avaient franchi le pas Joy sous l'impulsion du moment invita Kerenski à un dîner au restaurant, et ainsi commença l'histoire. Au fil des jours Joy se découvrit à lui et lui livra quelques détails sur son passé et lui aussi, ils ne se jugeaient pas mais s'acceptaient.

Kerenski se secoua mentalement ce n'était pas le moment de repenser à leur histoire, il y avait le pass mais aussi ces hommes qui étaient souvent absent lorsque Joy l'était, Hector et Dryden. En poussant ses recherches il découvrit que ces hommes avaient fait partie de la famille Valence. Cela ne pouvait signifier qu'une chose Joy avait toujours des contacts avec la famille Valence. Oui mais dans quel but ? Ce que disait Sullivan était vrai on ne se défaisait pas de la mafia aussi facilement, lui-même avait haussé un sourcil en voyant avec quelle facilité ils avaient accepté la décision de Largo, se pourrait il…..

Trop de questions se posaient à lui, Joy vivaient chichement de sa seule paie de garde du corps pourtant il savait qu'elle avait hérité de parts dans la compagnie familiale de même qu'il avait appris lors de son arrivée en vérifiant les avoirs de Nério que ce dernier lui avait fait un virement de deux cent millions de dollars.

L'argent avait été viré vers un compte qui se trouvait dans un paradis fiscal. En y jetant un œil il avait été sidéré en voyant le montant total des fonds déposés.

En fait plus il cherchait plus il soulevait de questions. Quelque chose lui disait que les seuls à pouvoir y répondre étaient Joy elle-même, Sullivan et cette fouine de Cardignac.

Kerenski s'était rarement senti aussi démuni.

TOUR DU GROUPE W

L'assaut contre la tour W avait commencé depuis trois heures. Installée dans l'un des bureaux vide du premier étage, elle observait en compagnie de son expert le déroulement des événements. Pourtant depuis son retour quelques mois auparavant dans la vie de Largo elle avait pris soin de visiter en sa compagnie tous les coins et recoins de la tour et de noter tout ce qui pouvait servir.

Pourtant rien de ce qu'elle avait vu ou pu apprendre ne l'avait préparé à ce qui se passait depuis quelques heures. La tour qu'elle croyait sous leur contrôle s'était transformée en une immense souricière où les hommes de la guilde étaient pris au piège.

- « rien ne se passe comme prévu. »

- « c'est clair Mlle, comment avez-vous pu passer à côté de ce type d'installation. »

- « il n'en est fait mention nulle part ! Je ne suis pas extralucide. D'ailleurs même Walker ne nous a rien transmis.»

- « peut être mais les hommes lâchés dans les étages et qui nous traquent ne sont pas de simples vigiles mais des soldats parfaitement entraînés. Il ne s'agit pas seulement d'un ou deux hommes mais de deux unités de commandos au moins. »

- « que faisons nous ? »

- « voyons d'abord la situation sur le terrain. »

L'homme se tut et se mit à contacter les diverses équipes ayant investi la tour, pour cette opération cinquante hommes avaient été mobilisés, la guilde voulait écraser Winch et le briser. Mais la commission voulait affaiblir le groupe afin d'en prendre le contrôle, malgré son inexpérience et ses problèmes récurrents avec le conseil Largo avait su redorer l'image du groupe et ouvrir de nouvelles voies pour ses filiales.

Au fur et à mesure qu'il battait le rappel de ses équipes l'homme pâlissait, sur les cinquante lancés à l'assaut de la tour seul une dizaine répondait à l'appel.

- « bon sang Vogel comment vous y êtes vous prises pour collecter vos informations. Sur nos cinquante hommes seuls une dizaine répond encore. »

- « vous dites n'importe quoi ! Walker m'a aidé, il voyait bien que le conseil l'avait dans le collimateur depuis le retour de Joy Arden alors se débarrasser d'elle était pour lui le seul moyen de rester au groupe W. Dites vous bien qu'il ne s'est pas fait prier pour trahir, et puis je me suis arrangée pour que les difficultés de son fiston avec la justice deviennent un tantinet insurmontables. »

- « apparemment ce n'était pas suffisant, regardez attentivement : nous avons quarante cadavres un peu partout dans la tour. Arden n'est pas un surhomme pourtant où que nos hommes se soient rendus ils ont buté sur des difficultés. Nous allons devoir y aller nous même. Ashley faites comme vous voulez mais je veux les tableaux. »

Septième et dixième étage de la tour.

Brandon se trouvait au septième étage en compagnie d'Hector et d'une dizaine d'autres agents de sécurité du groupe. En plus de leurs armes de poing ils portaient chacun autour de leur cou un fusil mitrailleur qu'ils maniaient avec une grande dextérité.

Partout autour d'eux des cadavres jonchaient le sol et certains cadavres étaient ceux d'agents nouvellement recrutés.

Brandon se retourna vers Stephen. C'était un jeune homme d'une vingtaine d'année, Andrew l'avait ramassé dans une rue sombre de Londres où il tentait de vendre de la drogue et de voler les passants. Sur un coup de tête il l'avait ramené avec lui parce qu'il avait pas une tête à finir un couteau dans le dos ou en prison. C'était il y avait trois ans, il n'avait que dix sept ans à l'époque.

Contre toute attente Joy avait accepté de le garder mais à la condition express qu'il décrochât son bac et entamât des études en contrepartie elle le laisserait demeurer avec eux.

Il passa son bac mais refusa de poursuivre ses études alors Joy l'envoya se former chez Reinhardt le trafiquant d'arme et il n'avait rejoint le reste de l'équipe que depuis le retour de Mlle Arden aux USA.

- « respire un bon coup Stephen, et une fois tout cela terminé va te saouler quelque part et paie toi une partie de Jambe en l'air avec ta copine. »

- « c'est toujours comme ça ? »

- « non. D'habitude ils s'en prennent directement aux patrons. »

- « et alors pourquoi maintenant attaquer la tour. »

- « ça faut demander à Hector c'est lui le plus vieux dans la tour. »

- « alors ? »

Hector garda le silence ne sachant pas trop comment expliquer une situation tellement inextricable à quelqu'un qui ignorait tout de la Commission Adriatique.

- « ce n'est ni le lieu ni le moment des questions, toi…..toi et toi vous continuez d'assurer la sécurité du coffre, les autres avec moi, direction le dixième étage. »

Brandon ne répondit rien et emboîta le pas à Hector en compagnie des autres. Comme Hector il savait exactement ce qui se cachait derrière cette attaque, il faisait partie de la NSA dans le passé. Dans le cadre d'une mission de routine il était tombé par hasard sur une conversation entre son patron et un certain Naylor celui-ci devait faire en sorte d'occuper l'Informaticien et Sullivan.

La mission en question consistait à surveiller la Winch pharmaceutic soupçonnée de commercialiser des produits illicites. En fait lors de la descente effectuée dans les locaux de la compagnie à Montréal, ils n'avaient rien découvert si ce n'étaient des travaux de recherche concernant les diverses souches des virus de la grippe, la filiale était spécialisée dans la recherche et non dans le développement de quelconques médicaments.

Lorsqu'il avait fait son rapport et annoncé l'échec de la descente, son patron s'était contenté de hocher la tête avant de lui signifier qu'il pouvait quitter les lieux. Cette indifférence patente de son supérieur éveilla ses soupçons, il fit mine de quitter le bureau avant de se renfoncer dans un recoin et d'espionner la conversation.

- « allo, Monsieur Pierce, tout va pour le mieux, nous avons procédé comme vous nous l'avez demandé…… oui Donovan est de retour nous lui avons facilité les choses……Naylor et Joy Arden sont entre ses mains…… l'un de mes hommes a laissé filtrer l'information ce qui fait que la presse se trouvait comme par hasard sur les lieux au moment de la descente…..on m'informe à l'instant que le jet de la Winch Air vient de décoller à son bord Sullivan, Kerenski et un autre homme….

Avant qu'il ne puisse rajouter quoi que ce soit d'autre la porte de son bureau s'ouvrit brutalement sous l'impulsion de l'un de ses gorilles, ce dernier poussait devant lui Brandon.

- « je l'ai trouvé en train d'espionner votre conversation. »

- « débarrassez moi de lui. »

L'homme acquiesça d'un signe de la tête et sans douceur poussa Brandon devant lui. Ils partirent au bord de l'un des véhicules de l'agence en direction de l'autoroute avant de le jeter par-dessus le rebord de l'autoroute supérieur, il s'écrasa plusieurs mètres plus bas finissant sa course sur le capot une voiture.

Il faisait nuit, le conducteur terrorisé le poussa sur le rebord de la route et s'enfuit. Sur ce rebord de la route il perdit toute notion de temps et au lever du jour une patrouille de police le trouva et le fit transporter vers l'hôpital le plus proche.

Il n'y fut pas plus en sécurité. Ses anciens employeurs le retrouvèrent et tentèrent de le faire taire au nom d'une certaine Commission Adriatique.

Heureusement il avait eu le temps de récupérer car durant deux semaines il demeura dans le coma. Cahin-caha, il réussit à s'enfuir de l'hôpital et pendant deux mois il se terra dans les bas fond de Dallas.

De sa maison, il ne restait rien et de sa vie non plus mais bientôt Dallas devint dangereuse pour lui, il partit en direction de New York mais que faire lorsqu'on est traqué de toute part ?

Il se fit engager comme vigile dans des bars et des salles de jeux clandestins mais un jour son passé le rattrapa, l'un des hommes chargés de l'exécuter le reconnut et se lança à sa poursuite.

Heureusement pour lui il se trouvait sur le territoire des Valence ce jour là et il rencontra Hector pour la première fois.

Il leur fallut du temps pour lui faire confiance, mais finit par les convaincre. Trois jours plus tard il rencontrait Joy Arden et se faisait engager dans le département espionnage du groupe W sous le nom de Brandon Fisher. A présent il avait une nouvelle identité et un avenir à deux s'ouvrait à lui en compagnie d'une jolie jeune femme.

Au dixième étage Ashley n'en menait pas large, elle dirigeait les équipes chargées de récupérer les tableaux et autres biens entreposés dans les coffres du groupe or elle avait perdu le contact avec la première équipe depuis une heure au moins à présent. Au fur et à mesure du temps qui passait elle avait envoyé ses hommes en renfort il ne restait avec elle que six hommes. En apprenant ça son chef lui demanda d'abandonner et de rejoindre l'étage du conseil.

L'ascenseur gravissait les étages rapidement à l'intérieur Ashley ruminait ses idées noires, trahir ne lui avait posé aucun problème mais l'idée d'avoir été tenue en échec par les hommes de celle qu'elle considérait comme sa plus grande ennemie la minait.

Après s'être débarrassé des visiteurs du cinquante troisième étage Joy et Simon avaient repris leur course dans les couloir du groupe W ils ne croisèrent plus personne. En fait les vigiles qu'ils croisèrent avaient été proprement assommés par Simon et en allant vers la salle du conseil Joy les attacha afin qu'ils ne présentassent aucune menace dans les prochaines heures.

- « bon sang Joy t'es obligée d'aller si vite, ils vont pas se sauver. »

- « peut être, mais je ne sais pas ce qui se passe et nous sommes coupés de tout alors nous ne pouvons attendre aucune aide de l'extérieur. »

- « d'accord, j'ai rien dit. »

- « Brandon, ici Joy votre rapport….

Brandon : « Nous avons repris le contrôle de la tour, mes hommes sont partis en direction des groupe de secours installés au premier sous-sol, ils travaillent à leur réactivation. »

- « bien. Je suis à l'étage du conseil, si pour une raison ou une autre je venais à disparaître mettez vous à la disposition de Sullivan, il prendra les dispositions nécessaires vous concernant. »

- « dis Joy tu ne trouves pas bizarre que Largo ne nous ait pas rejoint. »

- « si, cela veut dire que j'avais raison dans mes déductions et que le traître fait parti du conseil. »

- « comment vas-tu faire alors ? »

- « je vais me rendre au conseil et tu vas me couvrir. »

- « comme ça bêtement. »

- « tu as une autre solution. A priori le traître au conseil ne doit pas savoir ce qui se passe à l'extérieur…. Si jamais il tire, tire ne réfléchis pas. »

Avant de lui tendre son arme elle activa le petit viseur qu'elle avait fixé avec dextérité.

- « avec ça tu ne risques pas de le manquer. »

La barrette qui retenait les cheveux de Joy s'était détachée depuis un long moment déjà et ses cheveux pendaient dans son dos.

- « dis Joy si on oublie ta blessure, quelqu'un qui te verrait ne penserait jamais que tu as passé les dernières heures à faire la peau à des méchants pas beaux. »

- « tu sais que tu peux être utile de temps à autres. »

- « je suis toujours utile Joy. »

- « pfffffffffff….. Bien alors ouvre moi le bureau de ta chère Alicia, j'espère qu'elle a une tenue de rechange dans son bureau.»

- « elle en a toujours une, mais sans vouloir te vexer Joy mais vous n'avez pas les mêmes formes. »

Tout en disant cela Simon reproduisait dans le vide le corps d'une femme une moue évocatrice sur le visage.

- « est ce que j'ai demandé ton avis, je t'ai juste posé une question. »

Furieuse Joy partit en direction du bureau et ouvrit violemment la porte.

- « allez Joy ne fâche pas, tu as de très jolies formes aussi, mais Alicia c'est autre chose. »

Joy ne prit pas la peine de répondre mais quelques instants plus tard reparut, elle portait toujours son pantalon noir avec des bottes à semelles compensées mais à la place du pull noir déchiré et ensanglanté elle arborait à présent un pull rouge et une veste cintrée soulignant ses hanches. Si la tenue allait l'aider à tromper le traître elle l'empêchait d'avoir son arme sur elle.

- « elle avait rien d'autre à ma taille. Je ne pourrais pas cacher une épingle sous ses fringues. »

- « arrête de te plaindre……(après un court moment de réflexion) Dis tu n'avais pas une tenue de rechange chez Largo. »

- « oui, mais avec ce qui se passait j'ai préféré déménager mes affaires. Elles sont au bunker à présent. »

- « ah ! Ok. »

Simon sembla gêné par l'évocation des dissensions qui avaient régné au sein de l'équipe ces dernières semaines.

Joy brisa la gêne qui s'installait entre eux en prenant la direction du conseil, Simon n'eut d'autre choix que de lui emboîter le pas.

- « Simon, reste juste derrière moi et surtout n'hésite pas si tu hésites nous sommes morts. »

- « ok. C'est parti. »

D'un pas vif, les deux jeunes gens partirent en direction du conseil, Joy en tête, Simon dans son sillage.

Ils furent en vue des immenses portes menant au saint des saints, le grand conseil. Sans hésitation Joy poussa les immenses portes.