Non, vous ne rêvez pas, je me suis enfin décidée à publier ! (A 4h45 du matin, oui oui oui, tout va bien) Avant que vous ne lisiez, je tenais à m'excuser pour cet énorme et honteux retard. J'ai été confrontée à deux gros problèmes : un manque de temps (dû aux cours et aux activités extra-scolaires) et une petite panne d'inspiration (qui m'empêchait d'écrire correctement et de lier les quelques idées que j'avais en tête). Mais ce chapitre est finalement arrivé !
Alors je vous souhaite une bonne lecture, et on se retrouve en bas, j'ai deux/trois trucs à vous dire :)
Le soleil qui passe par ma fenêtre ouverte et qui me chatouille me tire du sommeil dans lequel j'étais plongée. Mes yeux s'ouvrent difficilement. Allongée sur le dos, je sens la chaleur que diffuse le corps de Gale, étendu à mes côtés. Les évènements de la veille me reviennent en mémoire. Katniss a gagné les soixante quatorzièmes Hunger Games. Et Peeta aussi. Ils l'ont fait à deux. Après ça, Gale et moi, nous avons fait autre chose ensemble.
Je prends soudainement conscience de ma nudité. Mes jambes et le bas de mon ventre sont recouverts par mon drap, mais ma poitrine reste visible, totalement exposée. J'attrape donc prestement le bord du tissu, afin de le remonter sur moi pour me couvrir entièrement. La voix amusée de Gale me parvient alors.
- Tu sais, ça ne sert à rien de les cacher, j'ai eu toute la nuit pour les voir.
Je me sens rougir, gênée d'avoir été surprise en plein excès de pudeur.
- Allez, viens là, me dit-il doucement.
Je me colle un peu plus contre lui, au creux de son bras gauche. Il me caresse distraitement les cheveux, passant ses doigts dans mes mèches blondes. Délicatement, je dépose un baiser sur ses côtes, aussi léger qu'un papillon. Je le sens resserrer sa prise sur moi, et j'imagine qu'il est en train de sourire.
Je ne regrette absolument pas ce qu'il s'est passé cette nuit. J'aurais, certes, pu attendre d'être mariée avant de passer à l'acte et de perdre ma virginité, comme le veut la tradition de la Ville. Mais je me sentais prête. Hier, et avec ce garçon. Gale Hawthorne … Je n'en reviens pas de la vitesse à laquelle je me suis attachée à lui. Il y a encore quelques semaines, nous nous adressions à peine la parole.
Soudain, Gale se redresse légèrement pour m'embrasser. Je lui rends son baiser avec force, les paupières closes. J'ai conscience de son corps nu, tendu contre le mien, alors qu'il me caresse les épaules, les bras, le ventre, les jambes … J'ouvre lentement les yeux et mon regard capte la grande photo de ma mère et moi, encadrée et posée sur ma table de nuit. Oh mon dieu.
- Mes parents !, je m'exclame en me détachant brusquement de Gale.
Il me fixe avec un air incrédule.
- Quoi ? On est là, tous les deux, et toi, tu penses à tes parents ?
- Non, non, ce n'est pas ça. Mais je viens de réaliser que nous sommes chez eux. Et je ne préfère même pas imaginer la tête de mon père si jamais il te trouve dans mon lit. Il t'apprécie, mais quand même …
Il déglutit.
- Oh oh … Exact, je n'avais pas pensé à ça.
- Mon dieu, mais comment est-ce que je vais faire ?
- Madge, calme-toi s'il te plait.
Me voyant fébrile, il m'attrape doucement la main et pose rapidement sa bouche sur la mienne, comme pour m'apaiser. Je respire un grand coup.
- Bon, je reprends. Je descends voir où sont mes parents. Toi, pendant ce temps là, tu t'habilles. Si je peux, je te fais sortir par la porte d'entrée. Sinon, tu passeras par la fenêtre, à condition que mon père ne soit pas dehors. Ca marche ?
- Ca marche, répond-t-il, un sourire légèrement moqueur sur les lèvres.
Je ne relève pas et me mets debout. Je sens le regard de Gale sur les courbes de mon corps et je me hâte de trouver une robe dans mon armoire et de l'enfiler. Je sors discrètement sur le palier et je tends l'oreille. Pas un bruit. Sur la pointe des pieds, je descends les escaliers. Visiblement, mes parents ne sont pas là. Soulagement. Je me rends dans la cuisine et mon regard est attiré par la table, où trône un impressionnant et copieux petit déjeuner ainsi qu'un mot de ma mère.
« Ma chérie,
Ton père est parti tôt à la mairie pour des réunions afin d'organiser les fêtes pour le retour de Katniss et Peeta, et je le rejoins. Nous en avons pour la matinée. Profite bien de ton petit déjeuner. A ce midi,
Maman.
PS : quand tu invites un garçon à la maison, veille à ce que ses chaussures ne trainent pas dans le couloir … Tu as eu de la chance que je rentre avant ton père cette nuit. »
J'ai vraiment de gros problèmes avec la discrétion.
- Gale ?, je l'appelle. Tu peux descendre, il n'y a personne.
En un rien de temps, il me rejoint à la cuisine. Habillé, évidemment.
- Wahou, je n'ai jamais vu une table aussi chargée …, lâche-t-il.
C'est vrai qu'entre le pain, la brioche, les cookies et autres pâtisseries de la boulangerie Mellark, les confitures, les jus de fruits, le thé, le café, le lait et les fruits, on ne sait plus où donner de la tête. Moi-même, j'ai rarement eu autant de choix pour un seul et même repas.
- C'est jour de fête ! Allez, assieds toi, je lui propose.
Il s'installe face à moi, toujours impressionné par la quantité de nourriture qui s'étale sous ses yeux. Il goûte à tout, savourant chaque bouchée, appréciant chaque nouvelle saveur qu'il ne connaissait pas, le tout avec une admiration de petit garçon. Je le trouve adorable. Une fois le repas terminé, je range sommairement la table avec son aide, et nous nous apprêtons à remonter. Mais, en passant devant le salon, j'ai soudain une idée.
- Attends, Gale, viens, dis-je en l'entrainant dans la pièce.
- Qu'est-ce que …
- Tu vas voir.
Je lui désigne un fauteuil, l'invitant à s'assoir, tandis que je prends place face au piano.
- Tu m'avais dit que tu n'avais jamais vu personne en jouer, il y a quelques semaines.
- Ca me semble tellement loin …
Je hoche la tête. Je comprends ce qu'il veut dire. Depuis que Katniss et Peeta sont partis, c'est comme si le temps s'étirait, jouant avec nos nerfs, face à l'inconnue du futur. Mais maintenant, tout ça est fini.
- En tout cas, je t'avais promis de te montrer un jour. Et, petit veinard, ce jour est arrivé.
Gale m'adresse un sourire, prêt à écouter. Je feuillette un moment dans mes cahiers de partitions du Monde d'avant, aux feuilles abimées et jaunies par le temps. Après réflexion, j'opte finalement pour « Italian aria », de Jeremy Sams. Je souffle un instant, avant de commencer à jouer. Délicatement, mes doigts dansent sur les touches du piano, suivant la douce mélodie. Je me laisse porter par la musique de ce morceau, qui se termine trop vite à mon goût. Je tourne la tête vers mon petit ami, inquiète de son jugement.
- Alors ?
Il me dévisage, avec un air insondable.
- Est-ce que tu peux jouer autre chose ?
C'est la seule chose qu'il me dit. Impossible de savoir s'il a aimé ou non. Anxieuse, je choisis un autre feuillet, toujours du Monde d'avant, et tombe sur l'un de mes morceaux préférés, appelé « Watermark ». Je m'éclaircis la gorge avant de me lancer. Do. Mi. Fa. Sol. Fa. Mi. Do. La. Ré. Mi. Fa. La. Je joue machinalement ces notes que je connais par cœur, suivant le rythme doux de la musique. Quand le morceau s'achève, je pivote sur ma chaise et j'attends le verdict de Gale. Il me fixe, le regard brillant.
- Princesse …
- Oui ?
- C'était tout bonnement magnifique.
Je lui adresse un franc sourire. En une demie seconde, il est debout à mes côtés et s'empare de mes lèvres. Il m'embrasse avec insistance, alors que je passe délicatement mes mains sous sa chemise, caressant du bout des doigts son corps que j'ai à nouveau envie de découvrir. Il comprend immédiatement le message, sans que je n'ai besoin de formuler la moindre demande. Il me soulève et me porte jusqu'au canapé. En riant nerveusement, je lui fais signe que non et lui indique l'étage d'un signe de tête.
- C'est vrai que si tes parents rentrent, ça peut devenir vraiment gênant, me dit-il malicieusement.
Et en embrassant à de multiples reprises mes joues, mon front, mon nez, ma bouche, il nous emmène jusqu'à ma chambre. Jusqu'à mon lit. J'offre mon cou à ses lèvres avides, tandis que mes doigts se crispent sur la peau brûlante de ses bras nus. Je me presse pour lui ôter sa chemise, puis son pantalon, quitte à m'y casser les ongles. Et en un rien de temps, nous sommes de nouveau liés.
Par cette chose si spéciale, cette absence de peur, ce bien être partagé et ce désir de l'autre. C'est un sentiment incroyable, je n'ai jamais connu ça avant. A l'unisson, nous ressentons le même plaisir alors que nos mouvements respectifs s'accordent parfaitement, comme une chorégraphie bien travaillée. Sa peau sur ma peau, ses jambes contre mes jambes, sa bouche unie à ma bouche. Comme un assemblage parfait. Et d'une voix rauque, il répète mon prénom, en écho au sien que je murmure. Unis dans notre étreinte, nous oublions le reste, abandonnant le monde, ne pensant qu'à l'autre.
Pendant les jours qui suivent, nous profitons des longs moments que mes parents passent la mairie. Nous nous donnons l'un à l'autre de nombreuses fois, entremêlant nos doigts et nos jambes, partageant des regards et des rires. Nous parlons de la vie comme si elle était merveilleuse, comme si les Jeux n'existaient pas, comme si le Capitole ne nous dominait pas. Optimisme démesuré. Bonne humeur inébranlable. Nous sommes positifs. Mais surtout niais. Soudainement simplets. Déconnectés de toute réalité. Je n'en reviens pas d'être comme ça. Et, surtout, je n'en reviens pas que Gale le soit aussi.
Avec lui, j'ai le sentiment d'être aimée. Il ne me le dit pas. Je n'ai pas l'impression que ce soit son genre, de s'épancher en grandes déclarations. Mais sa présence et son sourire me suffisent. Il est avec moi. Il fait toujours preuve d'une grande douceur, de beaucoup de délicatesse. Il me regarde les yeux pétillants. Et c'est déjà beaucoup. Je n'en demande pas plus, pour l'instant. Dans l'attente des présentations de Katniss et Peeta comme vainqueurs des jeux, nous vivons presque en autarcie, ne voyant quasiment que nos familles respectives, qui comprennent bien ce qu'il se passe entre nous deux.
Mais le rythme de vie imposé par les Hunger Games dans le district se remet rapidement – trop rapidement à mon goût – en place. Un soir, quelques jours après la fin des jeux, nous sommes convoqués sur la Grand Place, pour la traditionnelle cérémonie de victoire. Nous nous y rendons ensemble, main dans la main. Je soutiens avec force les regards haineux de Monica et Elie, leur adressant même un sourire victorieux. Ce n'est pas dans mes habitudes d'avoir ce genre d'attitude, mais je n'en peux plus de ces deux pestes. Nous nous asseyons à même le sol, à côté de Sean et de son groupe d'amis. Le jeune homme m'accueille avec sa bonne humeur habituelle.
Nous discutons un peu de Peeta. Nous avons appris il y a quelques jours que sa blessure à la jambe n'était pas guérissable, et qu'il avait dû être amputé. Dans un premier temps, la nouvelle nous a horrifiés. Mais, en y réfléchissant bien, c'est toujours préférable à la mort. Le Capitole lui a installé une prothèse particulièrement performante. Cela ne remplace pas une vraie jambe, mais au moins, Peeta peut garder une certaine mobilité.
L'écran s'allume peu après que Gale et moi ne nous soyons installés, et la diffusion commence. Caesar Flickerman, toutes dents - légèrement teintées de bleu - devant, salue la foule. Son sourire est si triomphant qu'on dirait que c'est lui qui a gagné les Hunger Games. Il rappelle, si besoin est, que cette année, pour la toute première fois de l'histoire des Jeux, deux tributs d'un même district ont gagné. Il harangue le public avec force, tout en présentant les deux équipes de préparation qui défilent sur scène avant de s'installer. Six personnages hauts en couleurs paradent fièrement, dans le pur esprit du Capitole.
Suit ensuite Effie Trinket. Elle est tellement … Effie Trinket. Vêtue en jaune et violet, elle s'agite et semble sur le point de défaillir de bonheur. Bien plus dignes, bien plus sobres, Portia et Cinna, respectivement stylistes de Peeta et Katniss, arrivent sur scène bras dessus, bras dessous. Leur démarche est aérienne, ils respirent la classe. Si l'on en croit les applaudissements dans la salle lors de leur passage, ils sont très aimés au Capitole. Mais l'excitation monte encore d'un cran au moment de l'entrée d'Haymitch Abernathy. Le vieil ivrogne du district 12 a le droit à son moment de gloire. Aujourd'hui, il est bien plus qu'un ancien gagnant alcoolique. Il est le premier mentor dont deux tributs sont revenus vivants la même année.
- Et maintenant cher public, rugit Caesar en détachant bien chacun de ses mots, veuillez accueillir comme il se doit les deux grands gagnants des soixante quatorzièmes Hunger Games … Katniss Everdeen et Peeta Mellark !
Sur le plateau, et sur la grande place, tout le monde se lève, crie, tape dans ses mains. La fierté d'un district pour ses deux représentants. Magnifique. Deux plateformes s'élèvent, hissant nos amis sur la scène. Ils sont beaux. Tout simplement. Soignés, lavés, maquillés, coiffés, bien habillés. Et si bien coordonnés. « Les amants maudits du district 12 » …
Peeta porte un pantalon noir et une chemise dorée. Il s'appuie sur une canne très fine. Katniss est, elle, vêtue d'une adorable robe de la même couleur, sans manches, quelque peu enfantine. Ses cheveux sont retenus par un petit serre-tête. Je ne sais pas si c'est le maquillage qui fait ça, mais les traits de son visage sont particulièrement doux. Elle semble apaisée. Etrange pour quelqu'un qui vient de passer des semaines dans une arène, à tuer d'autres jeunes.
- Maman, maman, regarde comme Katniss est belle !, s'écrie une petite fille à notre droite.
J'échange un sourire avec Gale.
- Elle a l'air d'aller bien, je lui glisse doucement.
- En effet, ça me rassure un peu.
Quand les regards de Katniss et Peeta se croisent, on a l'impression que ni l'un, ni l'autre n'a plus conscience de ce qui les entoure. Le sourire du jeune homme est franc, teinté de fierté et d'admiration. Katniss, elle, le fixe, comme si elle cherchait du soutien, qu'elle va finalement trouver en se jetant dans ses bras. La foule rugit de plaisir alors que les deux vainqueurs s'embrassent, prolongeant longuement leur étreinte, et ce malgré une tentative d'intervention de Caesar Flickerman.
Finalement, c'est Haymitch Abernathy qui parvient à les séparer et à les installer sur le sofa rouge qui leur est réservé. Katniss se love dans les bras de Peeta. Adorable. Le public semble du même avis, puisqu'un « Ahh » d'attendrissement général se fait entendre. Jusqu'au bout du bout, ils auront réussi à se faire aimer, ces deux là.
Trois heures durant, un résumé des Hunger Games est diffusé. Et comme chaque année, c'est horrible de revoir ces combats, ces blessures, ces morts. Sauf que, pour une fois, l'issue est bien plus joyeuse pour le District douze. Durant le visionnage, Caesar y va parfois de son petit commentaire, posant quelques questions aux tributs gagnants. La plupart du temps, c'est Peeta qui se charge des réponses, Katniss semblant trop bouleversée. La soirée s'achève sur la remise de la couronne du vainqueur – une pour deux – par le président Snow.
Le lendemain, c'est le même cérémonial, pour la diffusion de l'interview finale. Tous les habitants du Douze se retrouvent sur la Grand Place, avec la même idée en tête : après ça, ce sera fini. Katniss et Peeta vont rentrer. Cette fois, l'interview n'est pas filmée face à une foule en délire. Le cadre est plus intimiste - si l'on peut vraiment considérer qu'on a encore de l'intimité quand on est retransmis à travers tout le pays. Caesar, qui joue comme toujours le rôle de l'interviewer, Katniss et Peeta sont installés dans un grand salon, coloré de rouge et de blanc.
Katniss, magnifique dans sa petite robe blanche, est à nouveau logée au plus près de Peeta, dans le creux de ses bras. Leur présentation est un peu plus soft que d'habitude, étant donné que Caesar n'a pas besoin de jouer avec le public. Pourtant, il n'en demeure pas moins sympathique et ne perd pas son côté comique. Comme lors de la première interview, Peeta et lui nous livrent un vrai numéro humoristique. Les questions s'enchainent avec fluidité. C'est Peeta qui y répond le plus souvent, mais Katniss fait parfois une intervention, sur des sujets banals, comme le goût des écureuils. Mais Caesar – et le Capitole derrière lui - ne se contente pas de la nourriture. Il va évidemment chercher plus loin …
- Eh bien Peeta, nous savons depuis votre séjour dans la grotte que, pour toi, ça a été le coup de foudre à l'âge de, quoi, cinq ans ?
- Dès que j'ai posé les yeux sur elle, sourit Peeta.
Non loin de nous, Sean et ses amis applaudissent en riant, et en criant des plaisanteries sur « Peeta, cet amoureux transi », ce qui me fait sourire.
- Mais pour toi Katniss, reprend Caesar, ce n'était pas joué d'avance. Je crois qu'une des choses que le public a adoré, c'est d'assister à l'éclosion de tes sentiments. A quel moment as-tu réalisé que tu étais amoureuse de lui ?
Le visage de mon amie vire au cramoisi.
- Oh, c'est une question difficile, commence-t-elle avec un rire gêné, en baissant les yeux.
Caesar Flickerman lui vient en aide, heureusement pour elle.
- Moi, en tout cas, je sais quand ça m'a frappé. La nuit où tu as crié son prénom, dans cet arbre.
Un vague d'approbation parcourt la Grand Place. Je pense que nous sommes tous plus ou moins d'accord avec ça. Seul Gale pousse un grognement agacé. Je lui lance un regard interrogateur, mais il me fait signe de me concentrer sur l'écran.
- Oui, je crois que ça a du être à ce moment-là, répond maladroitement Katniss. Avant, j'essayais de ne pas trop réfléchir à mes sentiments parce que, honnêtement, je ne savais pas où j'en étais. Et puis, cela ne faisait qu'empirer les choses si je m'inquiétais pour lui. Mais là, dans cet arbre, tout a changé.
Le regard que pose Peeta sur Katniss à ce moment là, plein d'espoir et de joie, me donne envie de sourire jusqu'à la fin des temps.
- Pourquoi, à ton avis ?, continue Caesar.
- Parce que … Peut-être parce que, pour la première fois, j'avais une chance de le garder, lâche Katniss dans un murmure.
Et alors que Caesar sort un mouchoir pour éponger ses larmes d'émotion, autour de nous, tout le monde semble attendri. Tout le monde, sauf Gale. Il a l'air dur, comme s'il était en pleine Moisson.
- Qu'est ce que tu as Gale ?, je lui demande doucement.
- Rien.
Son ton est froid, acerbe. Mon visage doit quelque peu se décomposer devant tant de sécheresse, car il s'adoucit aussitôt et me serre dans ses bras.
- Rien, répète-t-il avec plus de gentillesse dans la voix. Je suis juste concentré.
Je reste pourtant un peu septique. Parfois, j'ai l'impression qu'il y a deux Gale, bien distincts. Je reporte toutefois mon attention sur l'interview. Peeta pose délicatement son front sur la tempe de Katniss.
- Alors, maintenant que tu m'as, que vas-tu faire de moi ?, lui chuchote-t-il, assez fort cependant pour que les caméras puissent l'enregistrer.
Katniss lui fait face, et plante son regard dans le sien.
- Te mettre à l'abri quelque part où il ne t'arrivera plus rien.
C'est encore plus adorable que tous les romans d'amour que j'ai pu lire. Car c'est réel. Caesar reprend le fil de l'interview, abordant un aspect plus concret des Hunger Games : les blessures. Quand il en vient à parler de la jambe artificielle de Peeta, Katniss semble abasourdie. Visiblement, personne ne lui avait parlé de ce petit changement. Pendant un instant, j'ai l'impression que mon amie va éclater en sanglot, ce qui pourtant ne lui ressemble pas. Elle choisit de se serrer un peu plus contre Peeta, comme s'il était une bouée de sauvetage. Elle reste silencieuse jusqu'à ce que Caesar ne l'interpelle.
- Katniss, je sais que tu viens d'avoir un choc, mais il faut que je sache. A l'instant où tu as sorti ces baies, qu'est ce qui t'est passé par la tête ?
La jeune fille prend son temps avant de donner sa réponse, faisant grimper d'un cran la tension sur la place. C'est assez étranger de constater comme, cette année, tout le monde dans le district est ainsi pris par les Jeux, y compris les interviews. D'ordinaire, les habitants du Douze regardent ces émissions sans vraiment les voir, car ils ne se sentent pas concernés.
- Je ne sais pas. Je crois que … Je ne supportais pas l'idée … De vivre sans lui, balbutie finalement Katniss.
- Peeta ? Quelque chose à ajouter ?
- Non. Je crois que c'est valable pour nous deux.
- Voilà donc qui termine en beauté ces soixante quatorzièmes Hunger Games !
Caesar Flickerman salue une dernière fois les gagnants, remercie le Capitole et le Président Snow, et la diffusion s'arrête. C'est terminé. Les Hunger Games sont terminés pour cette année. Demain, Katniss et Peeta seront rentrés. Et avant la fête qui aura lieu pour les accueillir, un grand repas est prévu ce soir à l'Hôtel de Ville, pour les membres du conseil de mairie, et la famille et les amis des deux vainqueurs. Quand il s'agit de gagnants des Hunger Games, le Capitole est toujours très généreux.
L'ambiance est bon enfant – après tout, nous sommes tous réunis pour fêter la même chose. Des représentants du Capitole sont présents, ainsi que des équipes de télévision. Nous avons le déplaisir de croiser Camélia, cette journaliste qui avait voulu lancer une histoire sur Gale et moi, respectivement dans les rôles du cousin et de la meilleure amie de Katniss. Ses cheveux décorés d'un motif fleuri et sa peau teintée en rose me donnent toujours autant la nausée. Son regard passe de Gale à moi avant de s'arrêter un instant sur nos mains entrelacées, et elle pousse un petit cri d'excitation, bien trop strident à mon gout.
- Oh mes choux, vous êtes a-do-ra-bles de continuer à jouer le jeu jusqu'au bout de cette manière.
L'expression de Gale se fait immédiatement méprisante, et il ouvre la bouche pour répliquer.
- C'est que nous prenons notre rôle très au sérieux …, j'intervins précipitamment, avant qu'il n'ait le temps d'agresser la journaliste.
Celle-ci éclate d'un rire crispant, alors que Gale lève les yeux au ciel. Il a saisi que je disais cela pour couper court au plus vite à la discussion, car il n'ajoute rien.
- Je comprends, c'est le pouvoir de la caméra ça …, répond-elle d'un air très sérieux en me tapotant la joue. Vous avez envie de profiter un peu de la lumière qui enveloppe Katniss et Peeta, c'est tout à fait normal.
- Allons-nous en avant que je ne l'assassine, me murmure Gale au creux de l'oreille.
Nous prenons prestement congé. Mais je ne suis même pas sûre que Camélia ne le remarque, car elle continue à déblatérer des absurdités. Toute seule.
- Elle est folle …, je lâche.
- A lier, complète Gale, désabusé.
Nous nous asseyons dans un coin, pour prendre un verre et manger un morceau. Gale parait léger, heureux. Il me sourit sans cesse, comme depuis la victoire de Katniss et Peeta – si on met de côté ses quelques instants d'exaspération durant les interviews. Sae Boui Boui se joint à nous pour discuter un moment. Elle raconte à Gale les nouvelles histoires de la Plaque. C'est vrai que ces derniers temps, il n'a fait qu'y passer en coup de vent.
- Euh, excusez-moi ?, nous interrompt Sean en se plantant devant nous.
Nous levons tous trois la tête vers lui.
- Je peux vous emprunter Madge un instant ? Pour danser ?, ajoute-t-il devant nos regards interrogatifs.
J'adresse un clin d'œil à Gale et Sae, et me lève pour rejoindre mon camarade de classe sur la piste. Un air de musique traditionnelle du district 12 est joué par un groupe de musiciens, envoyés spécialement par le Capitole. Au début de la soirée, ils ont tenté de ne proposer que des morceaux de chez eux. Mais, voyant que les habitants du Douze les ignoraient totalement, ils se sont sentis obligés de se rabattre sur nos chansons. Les mains posées sur les épaules de Sean, je danse lentement, au rythme de la musique.
- Alors, impatient de retrouver Peeta ?, je lui demande, rhétoriquement.
- Tu t'en doutes ! Mais le problème, c'est que maintenant que c'est un vainqueur des Hunger Games, il risque de tous nous snober …, ajoute-t-il d'un air faussement inquiet.
J'éclate de rire. Ce n'est tellement pas le genre de Peeta.
- Enfin toi, mademoiselle la fille du maire, tu as de la chance, il devrait toujours daigner t'accorder un peu d'intérêt, me taquine-t-il.
- C'est ça, moque-toi !, je réplique, le faisant s'esclaffer à son tour.
Nous continuons à danser en discutant, jusqu'à la fin de la chanson. Gale se matérialise alors soudainement à nos côtés.
- Je peux te récupérer, Princesse ?, me demande-t-il en me tendant la main.
Je salue Sean en souriant et joins mes doigts à ceux de Gale. Je pense d'abord que nous allons retourner nous assoir, mais il enlace ma taille et m'attire contre lui. Je passe mes bras autour de son cou, dépose ma tête contre son torse et me laisse bercer par ses mouvements, guidés par l'air lent de la musique. Nous dansons ainsi pendant un long moment, paisiblement, comme si personne n'existait autour de nous. Parfois, il joue avec une de mes mèches de cheveux, embrasse doucement mon front.
Alors qu'un nouveau morceau commence, j'aperçois ma mère, assise à la table principale. Elle observe l'assemblée en souriant. Elle a l'air d'aller bien, il y avait longtemps que je ne l'avais pas vue autant en forme. Sa robe verte met merveilleusement ses yeux en valeur. Physiquement, je tiens beaucoup de ma mère – les cheveux blonds, le teint clair, la petite taille. Mais je n'ai pas hérité de ses magnifiques yeux verts, qui sont très rares dans le district 12. Je lui envie parfois, tant ils sont beaux.
- Excuse-moi, mais je vais aller voir un peu ma mère, dis-je à Gale en la désignant d'un mouvement de tête, quand la chanson se termine.
- Je t'en prie, me répond-il avant de m'embrasser délicatement sur la joue et de se diriger vers sa petite sœur, qui danse toute seule de l'autre côté de la pièce.
Je le regarde s'éloigner avec un sourire – probablement niais – et m'en vais rejoindre ma mère.
- Ma chérie, tu passes une bonne soirée ?, me demande-t-elle.
- Très bien maman, merci. Et toi ?
- Egalement. C'est agréable de faire la fête quand on a vraiment quelque chose à fêter.
Je hoche la tête. Je comprends ce qu'elle veut dire. Les rares banquets et fêtes auxquelles j'ai participé n'étaient que des commémorations à la gloire du Capitole. Pas vraiment quelque chose qui nous enthousiasmait.
- Et avec Gale, continue-t-elle, tout va bien ?
- Extrêmement bien.
- Parfait alors, je suis contente pour toi.
Je sens pourtant qu'elle ne me dit pas tout.
- Mais ?, je lui demande, pour l'encourager à continuer.
- Excuse-moi d'insister là-dessus, mais es-tu sûre que le retour de Katniss ne va rien changer entre vous ?
Je déglutis. Je ne m'attendais pas vraiment à cette question. Pas maintenant, alors que tout va bien entre nous … Mais, en y réfléchissant bien, il n'y a pas vraiment de « bon moment » pour poser ce genre de questions.
- Madge ?, s'enquit ma mère.
Je sors brutalement de mes pensées. Je m'éclaircis la gorge avant de répondre.
- Je pense que ça ira. Que rien ne changera. Du moins, je l'espère. Il me l'a promis, il y a quelques temps.
- Il te l'a promis ?
- Enfin, il ne me l'a pas exactement « promis », comme une promesse inviolable. Mais quand Monica et Elie … – tu vois de qui je parle ?
Ma mère hoche la tête.
- Et bien, elles se sont moquées de moi, en disant que sitôt le retour de Katniss, Gale me laisserait seule, pour aller avec elle.
- Et ?
- Il m'a répondu que c'était idiot, que ça n'arriverait pas. Parce qu'il m'appréciait, qu'il aimait passer du temps avec moi et …
Je m'interromps en réalisant quelle autre raison pousserait Gale à ne pas retourner vers Katniss.
- Et ?, répète ma mère.
- Et parce que Katniss était avec Peeta.
Un silence suit ma réponse. Je me rends compte de ce que cela signifie. Ma mère aussi. Elle semble pourtant se reprendre.
- Ca ne veut rien dire ça. Il t'a aussi dit qu'il t'appréciait. Et je pense qu'il te l'a suffisamment montré, non ?, ajoute-t-elle avec un clin d'œil.
Elle veut me remonter le moral, mais je sens bien que quelque chose cloche. Elle n'a pas l'air totalement convaincue par ce qu'elle dit. Comme si ce qu'elle redoutait pour moi était en train de se produire.
- Madge, on rentre ?
Gale nous a rejointes. Je dois avoir l'air d'hésiter, car ma mère m'encourage du regard. Je me lève et l'enlace pour lui dire au revoir.
- N'oublie pas ce que je t'ai dit ma chérie, me chuchote-t-elle, il t'apprécie.
Je lui adresse un petit sourire, glisse ma main dans celle du jeune homme, et marche à sa suite. Nous saluons les convives encore présents, principalement des représentants du Capitole et des membres du conseil de mairie et leurs familles respectives. Sur la route qui mène vers chez moi, je suis plutôt silencieuse.
- Ca va Princesse ?, me demande Gale alors que nous arrivons devant ma maison.
Je réponds par l'affirmative d'un hochement de tête.
- Tu n'as pas l'air dans ton assiette.
- Je suis juste fatiguée, la soirée m'a épuisée.
- D'accord, je vais rentrer alors.
- Non, dis-je précipitamment, sans trop savoir pourquoi.
Je lui adresse un petit sourire.
- Tu peux rester dormir ici ce soir, j'ajoute.
- Dormir ?
- Dormir, je répète.
Il me fait signe qu'il a compris le message. Nous allons dormir, littéralement. Je ne suis pas vraiment d'humeur à autre chose. Nous montons rapidement. J'enfile une robe de nuit légère, à très fines bretelles, alors que Gale se contente d'ôter son pantalon et sa chemise. Nous nous glissons en même temps dans mon lit, et je me love au creux de ses bras, ce qu'il accueille d'un sourire appréciateur. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je suis endormie.
Pourtant, je dors mal, perturbée par de mauvais rêves. Je me réveille souvent, pour retomber aussi vite dans les bras de Morphée. Et alors que le jour commence à poindre, je m'éveille à nouveau, sans toutefois me rendormir immédiatement. Car, toujours dans un demi-sommeil, je perçois du mouvement juste à côté de moi. Gale.
Très précautionneusement, le jeune homme ramène derrière mon oreille les mèches de cheveux qui s'étalent sur mes joues. Je reste immobile, faisant mine de dormir, alors que, du bout de ses doigts, il entreprend de tracer un à un les traits de mon visage, s'attardant sur ma bouche. Puis, tout à coup, plus rien. Je sens qu'il se lève et qu'il quitte le lit. Lentement, discrètement, j'ouvre un œil, et constate qu'il se tient debout, près de la fenêtre. Il observe l'aube, l'air pensif. Le soleil qui se lève éclaire partiellement son visage, alors qu'il regarde au loin. Il semble perdu, indécis.
- Gale ?, je l'appelle doucement.
Il tourne la tête vers moi, surpris que je sois réveillée. Il m'adresse un petit sourire, mais détourne aussitôt le regard, le portant à nouveau vers l'extérieur. Je me redresse, prenant appui sur mon coude et couvrant mon corps sous la couverture.
- Gale, tu viens ?, j'insiste.
Encore une fois, il ne pose que très brièvement les yeux sur moi avant de fixer l'horizon, sans un mot. Je lâche un soufflement agacé, vexée d'être ainsi ignorée, et me retourne un peu brusquement pour me rallonger, faisant grincer le lit. Comprenant sans doute que son comportement m'a froissée, il m'y rejoint bien vite, s'allongeant derrière moi, contre mon dos. Je sens, immédiatement, la chaleur de son corps se propager en moi. Délicatement, il pose sa main sur mon bas ventre, qu'il entreprend de caresser avec beaucoup de douceur, comme pour m'apaiser. Ses lèvres se posent sur mon épaule nue, et remontent jusque dans mon cou. Je frissonne, mais change de sens, afin de me trouver face à lui.
Je plante mon regard dans le sien, et j'y lis du désir. Un désir que je partage. Je doute, je ne sais pas quoi penser de ses sentiments, ni du retour de Katniss. Mais une chose est sûre : Gale Hawthorne m'attire, inexorablement. Alors, tandis qu'il me débarrasse de ma robe de nuit, je me laisse aller. Je le laisse m'étreindre, je le laisse m'embrasser, je le laisse me caresser. Et je lui rends chaque étreinte, chaque baiser, chaque caresse.
Très vite, il se fait plus entreprenant. Mais son attitude est différente de celle qu'il adopte habituellement. Elle est loin, la douceur de notre première fois ensemble … Aujourd'hui, il est rapide, empressé. Presque brusque. Ca me déstabilise un peu. Pourtant, je ne dis rien, et je me calque sur son rythme. Le plaisir monte en moi, par vagues successives, alors que Gale multiplie, toujours aussi vite, les coups de reins et les embrassades. Pendant un moment, je ne pense plus au retour de Katniss, mais uniquement à mon petit ami, et à son dos brulant sous mes doigts. Je suis heureuse.
Quand Gale s'arrête, après un ultime baiser, nous tombons allongés, au plus près l'un de l'autre, essoufflés. Durant quelques minutes, il ne dit rien, se contentant de maintenir fermement ma main au creux de la sienne, en faisant doucement de petits cercles avec son pouce sur ma paume. Je contemple le plafond de ma chambre, songeuse. Mes doutes au sujet de Katniss sont revenus aussi vite qu'ils étaient partis. Et, alors que je m'apprête à en parler à Gale, il me devance et prend la parole.
- Tu en penses quoi toi, de cette histoire entre Katniss et Peeta Mellark ?
Je reste bouche bée, et je n'ose même pas le regarder. Pourquoi aborde-t-il ce sujet maintenant ?
- Je te l'ai déjà dit, je sais que Peeta l'aime beaucoup … Et ce depuis longtemps. Cette histoire qu'il a raconté dans la grotte, à propos de la chanson quand nous étions petits, ce n'était pas du pipeau. Ca fait des années qu'il l'aime.
- Et elle ?
Là, c'est plus compliqué. Katniss Everdeen est loin d'être facile à comprendre.
- Tu sais comment elle est. Et tu l'as vue agir avec lui pendant les Jeux. Tu as entendu ce qu'elle a déclaré lors de l'interview.
- Oui, qu'elle ne supportait pas de vivre sans lui et qu'elle voulait le mettre à l'abri quelque part où il ne lui arriverait rien …, raille-t-il d'un ton acerbe.
Sa manière de répondre me fait tiquer. Je me redresse, et il en fait de même.
- Gale, pourquoi est-ce que ça t'énerve autant ?
Et alors que je pose cette question, je connais déjà la réponse. Pas celle qu'il me donnera. Mais la vraie réponse. Comme si on me mettait soudainement sous les yeux tout ce que je n'avais pas voulu voir avant.
- Ca ne m'énerve pas.
- Ne me mens pas Gale. Je le vois à ta manière d'en parler. Et j'ai remarqué comment tu réagissais à chaque fois que Katniss manifestait de l'intérêt pour Peeta.
- Je ne réagissais pas à …
- Si, je le coupe. Je pensais d'abord que c'était parce que tu étais protecteur vis-à-vis de Katniss, comme le ferait un grand frère …
- Oui, c'est ça que …
- Laisse-moi finir Gale, s'il te plait. Je le pensais, ou du moins, je tentais de m'en persuader. Car au fond de moi, je sais depuis le début que tu aimes Katniss. Qu'elle n'est pas juste « une petite sœur » pour toi. Malgré tout, tu t'es rapproché de moi pendant son absence. Bien trop près de moi. Je ne sais pas ce que tu cherchais en agissant ainsi, et je ne sais pas si tu l'as trouvé. Mais j'ai besoin que tu sois honnête avec moi. Est-ce que son retour va changer quelque chose entre toi et moi ?
Il déglutit. Je sais déjà que les mots qu'il va prononcer vont me faire souffrir.
- Oui, je pense …, dit-il doucement.
Bingo. J'ai l'impression que mon cœur est en train de se briser.
- J'aurais du m'en douter.
- Ce n'est pas que je ne t'aime pas Madge, crois-moi. C'est juste que Katniss …
Il ne termine pas sa phrase, cherchant ses mots. Mon cœur n'est pas seulement brisé. C'est plutôt comme si quelqu'un l'avait jeté sur le sol, et s'amusait maintenant à écraser consciencieusement tous les morceaux, pour le réduire en poussière. Je préfère abréger moi-même les souffrances.
- C'est bon Gale, n'en dis pas plus.
Je me penche pour attraper ma robe de nuit, qui git au pied de mon lit. Je l'enfile prestement. Je ne veux pas rester une seconde de plus nue sous le regard de Gale. Il me contemple, l'air profondément désolé et triste. Il ne l'est pourtant pas autant que moi. Je sens que les larmes commencent à me monter aux yeux, alors que je faisais tout pour éviter que cela arrive. Pour tenter de me donner une contenance, je prends à nouveau la parole.
- Tu sais, c'est plutôt drôle quand on y pense.
Le jeune homme me fixe avec une lueur d'incompréhension dans le regard.
- Tu m'avais plus ou moins promis que tu ne me laisserais pas seule quand Katniss rentrerait. Et en fait, tu as tenu ta promesse. Tu m'as laissée avant même son retour.
Ma tentative de rester forte et digne est un échec total, puisqu'inévitablement, je commence à pleurer. Gale ne semble pas savoir quoi faire, et se contente de me caresser doucement la main, comme pour me consoler. Je ne le repousse pas, je n'en ai pas la force. J'attends juste que mes larmes arrêtent de couler. Quand c'est finalement le cas, j'essuie mon visage et je souffle un grand coup, avant de m'adresser à nouveau à Gale.
- Par contre, avant que toute cette mascarade ne se finisse, j'ai une faveur à te demander.
- Bien sûr Madge, tout ce que tu veux, me répond-t-il immédiatement.
Non Gale, pas tout ce que je veux …
- Aujourd'hui, faisons comme si tout allait bien entre nous, comme si nous étions toujours ensemble. Je n'ai pas le cœur à expliquer à mes parents pourquoi c'est terminé, pas maintenant, au milieu de toute cette agitation.
- Je comprends.
- Même si, connaissant ma mère, elle va comprendre à la seconde où elle nous verra à deux que c'est fini.
- Le célèbre sixième sens de Madeline Undersee, lâche Gale avec un sourire.
Je lui assène un regard froid, signifiant clairement que je ne suis pas d'humeur pour ça.
- Rentre chez toi maintenant Gale. S'il te plait.
- Je viens te chercher avant d'aller à la Gare ?
Je hoche simplement la tête, en contenant mes larmes comme je peux. Il s'en rend compte, car il se lève immédiatement. Il s'approche de moi, et pose ses lèvres sur mon front, pendant un moment qui me semble interminable.
- A tout à l'heure.
Il se dirige vers la porte, et prend une dernière fois la parole, juste avant d'en franchir le seuil :
- Et Madge … Je suis vraiment désolé de te faire souffrir ainsi. Je tenais beaucoup à toi, et c'est encore le cas. Je n'ai pas menti sur ça.
La porte qui claque masque le bruit de mes pleurs qui reprennent de plus belle. Je reste un moment prostrée dans mon lit, avant de me reprendre et d'aller dans la salle de bain. Je passe un long moment à me laver, comme si je voulais effacer toutes les fois où Gale a touché ma peau. Je sèche mes longs cheveux blonds, les laissant négligemment pendre sur mes épaules. Avec la lumière du soleil qui pénètre dans la pièce, ils semblent briller, d'un éclat absent de mes yeux. J'enfile une robe d'un bleu cérulé et je descends dans la cuisine. Mes parents y sont déjà attablés.
- Ma chérie, tu es magnifique, cette couleur te va à ravir !, me lance mon père en guise de bonjour.
Je lui adresse un sourire. Durant tout le petit déjeuner, je tente de faire bonne figure. Heureusement pour moi, mes parents filent bien vite pour se rendre à la Gare, où ils sont attendus pour l'accueil de nos deux gagnants. Le moment où Gale vient me chercher arrive trop vite à mon goût. Le chemin entre ma maison et la station de train se fait dans le silence. Le jeune homme respecte mon envie de ne pas parler, même si je vois bien qu'il aimerait m'expliquer ce qu'il ressent.
Alors que nous commençons à croiser des gens, il me tend la main, histoire de jouer le jeu jusqu'au bout, comme dirait Camélia. Je la saisis, un peu à contrecœur. Nous arrivons finalement à la Gare, où nous tombons nez à nez avec une Prim surexcitée, qui nous saute tour à tour dans les bras. Un coup d'œil autour de nous et je remarque que ma mère se tient à quelques mètre de Gale et moi. Elle nous contemple de son perçant regard vert, et semble désolée. Elle a compris. Contenant de nouvelles larmes, je lui adresse un sourire triste, avant de porter mon attention sur le véhicule qui entre en gare.
Des murmures excités parcourent la foule, qui regroupe population du district douze et équipes de télévision du Capitole. Juste devant la porte du train, une estrade a été dressée pour permettre à tout le monde de voir correctement Katniss et Peeta. Ils se font désirer, faisant monter l'excitation. Et quand ils sortent finalement de la rame, le quai explose de joie. Et moi-même, je me sens tout à coup un peu plus légère. Je comprends que je dois relativiser. Au moins, mes amis sont en vie, et tout se termine bien pour eux.
Et, alors que Katniss et Peeta, en signe de victoire, lèvent leurs mains entrelacées, je détache mes doigts de ceux de Gale, me forçant à lâcher prise. Je savais que ce serait dur. Mais ça ne rend pas les choses plus faciles.
Et voilà donc comme s'achève cette première partie de "Pendant ce temps là" ... Ne me détestez pas, ne me lancez pas de tomates pourries ! *part se cacher en courant*. Mais vous vous doutiez que ça allait finir comme ça. Depuis le début, je suis le livre original, alors il était évident que Gale allait délaisser Madge au retour de Katniss ... Vous étiez d'ailleurs plusieurs à avoir spéculé que c'était ce qu'il se passerait :)
Je ne suis pas à 100% satisfaite de ce chapitre. Comme je vous l'ai dit au début, j'ai eu quelques problèmes pour faire le lien entre mes différentes idées et les quelques scènes que j'avais imaginées ... Et il y a probablement beaucoup de fautes d'orthographe, de répétition etc. Mais il est tard, j'ai du mal à me relire ^^ J'espère malgré tout que cela vous plait.
J'attends avec impatience d'avoir vos avis, non seulement sur ce chapitre, mais également sur la fiction dans son ensemble. C'est peut-être beaucoup demandé vu mon retard de publication, mais ça me ferait vraiment plaisir si chaque lecteur (bon, je rêve un peu ^^) pouvait me dire ce qu'il avait pensé de mon "travail", avec critiques positives/négatives, histoire que je fasse mieux par la suite.
Car OUI, je prévois toujours d'écrire une seconde partie ! Comme je vous l'ai déjà dit, elle se déroulera durant les seconds jeux de Katniss et Peeta. Par contre, ce ne sera pas pour tout de suite. Je vais tacher d'écrire quelques chapitres avant de publier, histoire de prendre de l'avance et de me donner de l'air, pour ne pas vous faire attendre 6 mois entre chaque chapitre :') Mais restez connectés, elle sera postée à la suite de la première partie !
Merci pour vos reviews précédentes, auxquelles je pense avoir répondu, ainsi qu'aux non-inscrits : Marion15, La, Océane, LittleSunshine et les autres ... Coeur sur vous :)
J'attends vos reviews les enfants. Merci d'être resté fidèles et de m'avoir harcelée de mp pour que je publie la suite 3
Je vous embrasse.
Estelle
