Hello ! Comment allez-vous, chers gens ? Dites, depuis quelques temps, vous êtes moins nombreux à me laisser des reviews, mais par contre, le nombre de vues n'a pas baissé... Je ne vous demande pas des pavés ou quoi que ce soit, mais simplement un petit mot, ça peut faire très plaisir ^^ N'oubliez pas que les commentaires, c'est le carburant des auteurs (avec les pommes. C'est trop bon les pommes. Et le café. Beaucoup.) Et au passage, je remercie ceux qui m'en laissent régulièrement, vous êtes adorables !

Bonne lecture pour cet OS dans lequel j'ai tenté un truc auquel je pensais depuis pas mal de temps...

N'oublie pas

-Dis donc, vieux charlatan, t'es obligé de me suivre jusqu'ici ?

Pour toute réponse, Hiluluk éclata de rire, sans réellement prendre au sérieux la mine furieuse de Kureha. Celle-ci, assise sur le pont où ils discutaient régulièrement, but une lampée d'alcool sans se départir de son air vexé.

-Allons, tu ne vas pas te fâcher pour si peu ? J'ai le droit de venir de temps en temps, non ? demanda-t-il avec le grand sourire qui le caractérisait tant.

-Mouais. T'es du genre collant, quand même.

Hiluluk prit la remarque avec amusement et fit quelques pas dans la direction de Kureha. Celle-ci crut un instant qu'il allait passer devant elle, mais il n'en fut rien puisqu'il s'adossa à la rambarde du pont, juste à ses côtés.

-Tu ne peux pas t'en empêcher, hein. De toujours te ramener quand on ne t'attend plus, remarqua-t-elle en fixant un point droit devant elle sans qu'on ne sache si quelque chose l'intéressait ou si elle ne voulait pas croiser le regard de son confrère.

-C'est dans mon caractère, je n'y peux rien. Et puis, pour une fois qu'on est tranquilles, tu peux bien discuter avec ton vieil ami, non ?

-On n'a jamais été amis.

-C'est vrai.

Il n'y avait aucune amertume ou vexation dans sa voix, juste un constat. Ils n'avaient jamais été amis. Leur relation se limitait à des remarques acerbes et parfois à une gorgée d'alcool échangée. Mais il n'y avait rien de plus, et ça, aucun d'eux n'avait l'intention d'y remédier.

-N'empêche que je m'ennuie, moi, là-bas, déclara Hiluluk au bout d'un long moment. Alors j'ai bien le droit de venir te rendre visite, non ?

-C'est pas comme si tu me laissais le choix. T'es juste impossible à raisonner.

-Je suis un ancien voleur, ne l'oublie pas, rappela-t-il simplement.

-T'inquiète, ça n'a pas évolué, vieux charlatan.

Kureha but une nouvelle gorgée d'alcool pendant que Hiluluk souriait à sa remarque. Elle ne changeait pas, c'était bon à savoir. Rassurant pour l'avenir du pays. Il tourna le dos à la rivière, et déclara :

-En plus, on ne peut pas dire que je t'ai embêté beaucoup de fois depuis que je suis parti. À peine trois ou quatre visites, et c'était il y a plus de six ans, alors bon...

-Ça serait valable si tu étais encore en vie. Normalement, un mort fout la paix aux vivants, opposa Kureha en lui jetant un regard de travers.

-Ouais, mais j'aime pas faire les choses comme tout le monde. Et puis, qu'en sais-tu ? Je suis le seul mort de ta connaissance.

Curieusement, Kureha ne répondit pas immédiatement, et leva son visage vers le ciel. Elle n'y avait pas fait attention, mais il était teinté de rose, comme le jour où Chopper était parti aux côtés des pirates. Ce n'était certainement pas un hasard.

-Je te rappelle que j'ai vécu cent quarante ans. Avant qu'on ne se rencontre, j'ai vu beaucoup de gens mourir, quoi que tu en dises. Et eux ne viennent pas me rendre visite, ils me foutent la paix et me laissent continuer ma vie.

-C'est triste.

-C'est plutôt de ne pas tourner la page qui est triste, contra-t-elle.

-Tu trouves ? Se souvenir d'un mort, ce n'est pas honteux, au contraire. En revanche, s'en souvenir avec des regrets, c'est ça qui pourrait être horrible et sûrement un peu dangereux.

-Tiens donc, un expert qui me parle de danger, ironisa Kureha en étouffant un petit rire.

-Mais c'est la vérité, assura Hiluluk en se tournant vers elle. Ne penser qu'aux morts, passer son temps à espérer qu'ils reviennent, c'est un coup à devenir fou !

-Ouais, t'as pas tort. Enfin, je suis médecin, alors des timbrés qui appelaient leurs défunts, j'en ai vu défiler à la pelle, en même temps...

-C'est bien la preuve que j'ai raison.

Kureha haussa les épaules, refusant d'exprimer clairement son accord. Loin de se vexer, Hiluluk eut un grand sourire :

-Je vois que tu restes la même. C'est bien.

-Pourquoi je changerais ?

-Les gens ont beaucoup de raisons de changer. Qui sait, il a dû se passer des choses pendant mon absence, non ?

-T'as pas idée.

Elle resta sur cette réponse nébuleuse dont il ne se satisfit pas et le fit savoir :

-Que veux-tu dire ?

-Chopper.

Hiluluk fronça les sourcils, soudain inquiet.

-Il va bien ? Je ne l'ai pas vu arriver vers nous...

-Oh, il est vivant, c'est pas ça. Mais il est parti. Tu lui as fichu tes idées de piraterie dans le crâne, alors dès qu'un équipage a débarqué, il s'est précipité à l'aventure.

Kureha avait annoncé cela avec une forme de fatalisme, mais Hiluluk ne s'en formalisa pas et eut un immense sourire :

-Ah mais c'est très bien, ça ! Mon petit Chopper est devenu grand... Et tu lui as enseigné la médecine ?

-Pas le choix, personne d'autre ne voulait s'en occuper.

Le vieil homme sourit, devinant derrière l'air bourru de Kureha la tendresse qu'elle éprouvait à l'égard du renne. C'était rassurant de se dire qu'il n'avait pas été seul après sa mort, et qu'il ne l'était toujours pas. Si la doctoresse l'avait laissé partir, c'était certainement que son nouvel équipage était digne de confiance.

-Tant mieux... souffla-t-il avec soulagement.

Kureha se contenta de boire au goulot, refusant de s'attarder sur les raisons qui l'avaient poussée à adopter Chopper.

-Je te remercie, fit-il néanmoins, ne pouvant s'empêcher d'exprimer sa gratitude.

-Hm.

-T'as toujours été comme ça, toi. Incapable de dire à voix haute ce que tu peux ressentir.

Un regard mauvais lui répondit, et il sourit en tenant son chapeau d'une main.

-Inutile d'essayer de m'effrayer, je suis déjà mort. Tu ne peux rien contre moi.

-Le pire inconvénient de la mort, ça, marmonna-t-elle, obligée d'admettre qu'il avait raison.

Il ne dit rien dans un premier temps, savourant le bonheur de revoir sa collègue, avant de lever les yeux au ciel et de marmonner :

-Au fait, je vois que tu as réussi. Le pays a dû guérir, grâce à toi.

-Je m'ennuyais, fut la seule excuse qu'elle trouva, faisant encore sourire Hiluluk.

Il éclata de rire devant l'air faussement détaché qu'elle s'efforçait d'afficher, mais s'arrêta en baissant les yeux. Doucement, ses pieds disparaissaient comme un nuage de poussière. Kureha le vit aussi et marmonna :

-Ça y est, tu t'en vas enfin ?

-Fais au moins semblant d'être déçue, sinon tu vas me vexer, fit-il d'un ton boudeur.

Elle se contenta de lui asséner une claque derrière la tête, ce qui le fit rire. Une fois que ses pieds eurent totalement disparus, ce furent ses jambes qui commencèrent à s'étioler. Hiluluk reprit son sérieux, et murmura :

-Kureha... Je sais que tu as vécu cent quarante ans, je sais que tu as vu des gens mourir, je sais que maintenant que Chopper et moi sommes partis, tu risques de te sentir un peu seule...

-Tu te crois si important ? demanda-t-elle d'un ton acerbe.

Il la coupa en levant un main, rappelant que, comme plus de six ans auparavant, il n'avait plus beaucoup de temps.

-Mais n'oublie pas que je ne suis pas vraiment mort. Tant qu'il y a au moins une personne qui pense à moi, je reste vivant, à ma manière. Alors même si c'est difficile, n'oublie pas de vivre et de faire ton possible pour que ce pays reste en bonne santé. Et si tu as parfois du mal, dis-toi que je suis là, d'une certaine façon.

-Et tu crois que c'est réconfortant ?! s'écria-t-elle en pointant un doigt sur ce torse qui s'échappait doucement, laissant dans l'air une sorte de poussière dorée. Tu passes ton temps à me coller aux basques, j'en ai marre de te voir !

-Si tu me vois, c'est que tu en as besoin. Autrement, je ne t'importunerai plus. Après tout, tu as finalisé mon rêve et tu t'es occupée de mon fils, je te dois bien ça...

Ce furent ses derniers mots avant qu'il ne s'évapore complètement, laissant Kureha seule sur le pont, une bouteille dans la main et une seule larme coulant de son œil droit.

-Idiot de vieux charlatan ! s'exclama-t-elle brusquement.

Ce faisant, elle ne put s'empêcher de lever les yeux vers le dernier souvenir qu'il leur avait laissé, un étrange goût d'apaisement dans la bouche.

Au moins, elle n'était pas totalement seule...

Fin.

Le coup du vivant qui parle au mort, je rêvais de le faire depuis longtemps, et sans que je sache très bien pourquoi, ces deux-là se sont imposés. En plus, ils apparaissent pas souvent, alors voilà !

Oui, je sais qu'il est court, mais c'est pour contrebalancer avec le précédent qui était très long, et dans quelques OS, vous allez en voir un... immense. Mais bref ^^

Indice pour le prochain : un preux chevalier qui défend sa belle princesse, c'est très mignon, mais un peu cliché. Alors partons sur un simple gars un peu hargneux et méga-déterminé à sauver ce à quoi il tient...

Allez, laissez-moi une review et vous pourrez vous taper la discut' avec qui vous voudrez (Ben ouais, Hiluluk risque pas d'attirer grand-monde...)