Bonsoir,

Un immense merci pour votre soutien et vos gentilles reviews. Arya, JOD, Camerisier, qu'est-ce que je ferais sans vous ? ^.^ Merci beaucoup vos reviews m'ont fait chaud au coeur. Merci aussi au nouveaux lecteurs/lectrices, bien plus nombreux que la dernière fois que j'ai posté : bienvenue, j'espère que vous passerez un bon moment en me lisant.

Aujourd'hui Shanks passe des coups de téléphone, Usopp apprend une bonne nouvelle et Kaya visite des bâtiments abandonnés.

Disclaimer : L'univers de One Piece et tout ce qu'il contient est la propriété exclusive d'Eiichiro Oda et des personnes et entreprises affiliées, rien n'est à moi.

Je vous souhaite une très bonne lecture et vous retrouve en bas.


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''Partie 1 : Vies croisées''

''Chapitre 18 : Ce que je n'ai pas pu te dire : une vie de mensonges''

Ma vue se brouille. Je ne pleurerai pas. Je ne leur ferais pas ce plaisir. Et puis au fond je suis heureux. C'est fini. J'ai toujours su qu'on en arriverait là. Je suis content que ça prenne fin aussi vite. Je n'aurais pas pu supporter cette vie encore très longtemps. Plus que quatre heures et sept minutes.

13mai, 03h27

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Deux ans plus tôt

Biiip… Biiip… Biiip…Clac !

Les lampadaires de la rue jetaient à peine un filet de lumière à l'intérieur de la chambre parentale où, à demi-nu et à demi-endormi, Shanks, toujours allongé dans son lit, décrocha. S'il est un appel que ''Red Hair'' Shanks aurait aimé ne jamais recevoir c'est bien celui-là. Pour être honnête le psychiatre avait toujours su que ce jour viendrai où ses travaux commenceraient à déranger un peu trop le gouvernement. Seulement, depuis quelques mois, il avait plus ou moins relégué cet état de fait au fin fond de sa boîte crânienne, en obstruant l'accès avec quelques mauvais souvenirs et idées de cadeaux de Noël pour les gens qu'il n'aimait pas. Au fond, c'est ce que toute personne tenant à la vie aurait plus ou moins fait.

Il fût un temps où Shanks ne tenait pas à la vie, un temps où il estimait que si sa mort pouvait servir un idéal plus grand alors c'était tant mieux. Mais ce temps s'était révolu de lui même cet après-midi de mai quand il avait épousé Makino. Alors, ''Red Hair'' Shanks avait connu pour la première fois la peur de mourir. Non pas peur pour sa propre vie, mais peur de laisser quelqu'un derrière lui. Et aujourd'hui plus que jamais il y avait quelqu'un que Shanks ne pouvait pas laisser derrière lui. Luffy.

Se plaisant à penser qu'il est un bon père, Shanks aurait pu, comme tous les autres, se mentir en se disant que son fils était en pleine crise d'adolescence. Mais ce n'est en rien le cas. La vraie crise que son fils traverse elle est due et uniquement due à ses erreurs. En temps que mari, que père, mais surtout en temps qu'homme. Et aujourd'hui plus que jamais Shanks doit rester. Car il sait très bien qu'il est le dernier rempart avant la folie de ce monde.

Une folie programmé par les grands depuis trop longtemps.

Calmement, le médecin raccrocha le combiné. Le gouvernement l'ignorait mais le psychiatre possédait des espions au sein même des bureaux d'Akainu. Des hommes fidèles. Des hommes qui s'étaient empressés de le prévenir. Des hommes qui devaient à présent rassembler leurs affaires et disparaître à leur tour, partir loin, sans laisser de traces. Il ne restait plus qu'à prier pour qu'ils puissent s'éclipser sans être inquiétés avant d'être loin.

Il devrait appeler Makino. C'est sûrement son devoir en tant que mari. Mais Shanks avait toujours été un lâche quand il s'agissait de révéler la vérité à sa femme. Seize ans de mariage lui avaient permis de faire son bonheur. Mais tout s'étiolait à présent, les secrets refont surface et, au fond de lui, Shanks ne peut plus nier que Makino sait tout depuis le début. Tout du moins, elle sait que tout est faux. Et cela suffira pour fissurer une dernière fois l'image qu'elle gardera de lui après tout ça. Il n'appellera pas Makino. Il lui a trop menti. Il y a tant de choses qu'il ne lui a jamais dites. Il les gardera pour veut la protéger. S'il n'est pas trop tard. Mieux vaut qu'elle ne sache rien. Au moins s'ils viennent l'interroger, elle n'aura pas à mentir pour couvrir ses fautes.

Décrochant une nouvelle fois le téléphone, le rouquin compose rapidement un numéro appris par cœur, laisse sonner trois fois, raccroche, puis recompose le numéro. Son interlocuteur décroche instantanément.

''- Trois ans au moins depuis que je n'ai pas reçu d'appel sur ce téléphone.

- Ils vont m'arrêter.

- Tu en es sûr ?

- Mes sources sont fiables.

- Tu as prévenu Ben ?

- Tu ne me demandes même pas si j'ai prévenu ma femme ?

- Je me doute que ce n'est pas le cas.

- Je suis trop lâche pour ça.

- Sans doute… Mais dans ce cas on est deux.''

Devant le ton chargé de regrets de son interlocuteur, le psychiatre sourit. Oui, une belle bande d'idiots. Mais au moins le rouquin pouvait-il se consoler ainsi : il n'était pas celui qui avait le plus foiré dans cette histoire.

''- J'imagine que tu n'as pas beaucoup de temps ?

- Jusqu'à ce soir.

- Cela suffira pour tout mettre en place ?

- Tout est déjà en place depuis un moment, je pensais juste avoir plus de temps…

- Je suis prêt.

- Je n'ai pas le temps de tout t'expliquer mais sache juste qu'il y a quelques complications. Et quelques fouineurs.

- Des fouineurs ?

- Luffy en première ligne.

- Hahaha. Ça ne m'étonne pas, ce gamin ira loin.

- S'il survit d'ici là, il n'a aucun instinct de conservation.''

Un sourire élargit le visage du docteur. Un peu de moquerie… et peut-être aussi un peu de fierté.

''- Prends soin de lui.

- Tu peux compter sur moi… Je te dois bien ça.''

Comme d'un accord tacite et muet, les deux hommes raccrochent ensemble, coupant net la communication. Sans prendre le temps de respirer, le médecin compose derechef un second numéro. Le temps presse. Une seule journée pour tout prévoir, pour s'assurer que tout se déroulera selon le plan après son départ. Car ''Red Hair'' Shanks ne se fait aucune illusion. Ce soir il sera arrêté. Et d'ici quelques jours, il aura subit un malencontreux ''accident''. Akainu ne prendra jamais le risque de le laisser en vie, pas alors qu'il peut le détruire. Le téléphone sonne trois fois avant que la voix, rendue roque par la cigarette mais si reconnaissable, ne retentisse dans le combiné.

''- Capitaine ?''

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(Vision d'Ace)

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Il est là. Comme s'il n'était jamais parti. Comme si rien n'avait changé. Comme si nous étions tous deux restés deux enfants innocents qui mangeaient des morceaux de chorizo au bord d'un lac. Rayleigh préparait très bien le chorizo, il m'en donnait toujours un petit sachet quand il me savait sur le départ pour Northwood. C'est presque effrayant en y repensant, comme si c'était une autre vie, un autre monde.

Il n'a pas changé.

J'ai peur. J'ai envie de sauter de joie… et de pleurer. Je ne sais même plus quoi penser. J'ai peur qu'il me rejette. Je ne sais même pas comment il m'a retrouvé. Ça signifie qu'il m'a cherché. Il n'a jamais cessé de croire… il savait que j'étais en vie. Et ça me rend heureux. Un sourire bêta s'étale sur mon visage. Mais une énorme baffe servie par mon meilleur ami me ramène vite à la réalité. Ma joue est brûlante.

Je relève doucement la tête vers lui et toute colère me déserte. Il pleure. Il pleure de joie… parce qu'il m'a retrouvé ? Je reste interdit un instant avant de sentir mes avants-bras pris dans un étau et de me retrouver propulsé contre la poitrine de Sabo, qui m'enlace comme un noyé se raccroche au rocher avant de sombrer. J'ai l'impression d'être un malade en phase terminale dont on vient d'annoncer la rémission. C'est peut-être l'impression qu'il a. Je souris et l'enlace à mon tour. Son étreinte se desserre. Tant mieux car je n'aurais plus pu respirer très longtemps.

Ça fait trop longtemps que je n'avais pas ressenti ça. Cette impression de compter pour quelqu'un. D'être aimé. Il y a tant de choses que je ne lui ai jamais dites.

J'ai retrouvé mon frère. J'aimerais que ce moment dure toujours.

Pas Kidd. Lui, visiblement, il était impatient d'être présenté, une vraie star je vous jure. Un raclement de gorge me ramène vite à la réalité et, armé de mon regard le plus noir, je me tourne vers mon futur ex-colocataire.

''- Je m'en voudrais de déranger.

- Ça ne te dérange pourtant pas d'habitude.

- Oh ! Ace tu exagère tu vas donner une mauvaise image de moi à tes amis.''

Son ton innocent m'arrache un sourire.

''- Sabo, laisse-moi te présenter Marilyn.''

Maigre vengeance mais c'est toujours ça de prit. Kidd me fusille du regard et tend la main à Sabo.

''- Kidd, enchanté.

- De même Marilyn.''

Je l'adore. Nos regards se croisent et j'éclate de rire. Oui, c'est comme si rien n'avait changé. La rouquine que j'avais entrevue à l'entrée de Sabo se détache dans l'encadrement de la porte. La saisissant par la main, Sabo l'intègre à notre petit groupe.

''- Ace à mon tour de te présenter Koala.

- Ravi.''

Non. Pas ravi du tout. C'est qui celle-là ? Je suis rarement jaloux. Voir même jamais. Sauf si ça concerne Sabo. Et je déteste la proximité et l'intimité qu'il semble avoir avec cette fille. Mon regard noir ne l'y trompe pas et elle relâche le bras de mon frère. Pas trop gourde au moins.

''- J'ai rencontré Luffy.''

Celle là je ne m'y attendais pas. Je m'écarte de Sabo et le fixe dans les yeux, attendant une suite.

''- Il m'a parlé de toi. Il m'a dit que vous étiez amis. Il n'a pas vraiment d'instinct de conservation celui là non ?!''

Je reconnais son ton ironique et retiens un éclat de rire. Ce gamin est irrécupérable.

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Il s'inquiétait. C'est son ami après tout. Il n'a pas dit un mot depuis la rencontre avec Sabo. Ça lui fait plutôt étrange d'en venir à appeler ''ami'' quelqu'un qu'il a rencontré depuis une semaine. Une semaine. Usopp aurait plutôt dit qu'une éternité s'était écoulée. Il lui faut bien avouer que sa vie est devenue infiniment plus animée depuis que Luffy y est entré. Un air attristé se peint sur son visage tandis que son regard se porte sur son ami. Il sait que dans la tête de son ami résonnent encore les mots de Koala à propos de Dragon. Dans la sienne aussi. C'est tout ce qu'il sait sur son père après tout, qu'il travaillait avec Dragon. Ce qui signifie qu'il travaillait aussi avec Shanks.

''- On se fait confiance non ?''

Cette soudaine prise de parole déconcerte un instant Luffy, qui sourit.

''- Je te promets de ne jamais rien te cacher Usopp. On est amis.''

Le brun sourit à son tour, les yeux légèrement embués.

''- Je ne sais pas grand-chose à propos de mon père mais…''

Il s'arrête un instant, cherchant ses mots. Il est ému, Luffy le voit bien et s'arrête à son tour, s'adossant au mur, laissant son ami trouver la bonne façon d'aborder les choses. Les yeux vissés au sol, il débute son monologue.

''- Ton père connaissait le mien. Ils travaillaient ensemble. Je ne l'ai jamais connu tu sais, jamais vraiment. C'est bête au fond mais j'ai l'impression que toi tu peux me comprendre. Je suis content tu sais. Content que tu sois là. Je ne me suis jamais vraiment posé de questions avant ton arrivée, enfin si mais…tu vois ce que je veux dire… Enfin bref, tout ça pour dire que je suis content que tu sois là.''

Une main se pose sur son épaule et il lève la tête vers un Luffy souriant.

''- On va trouver le fin mot de l'histoire je te le promets. C'est notre enquête à nous. Inspecteur Usopp et le commandant Luffy.''

Leurs regards se croisent et tous deux éclatent de rire, incapables de garder leur sérieux devant une telle absurdité.

Les nuits paraissent de plus en plus éphémères aux deux compères qui, en ressortant dans la cour du pénitencier, remarquèrent que leur temps de sommeil était déjà révolu. Un sourire suspendu aux lèvres, leurs regards se lient un instant, lien d'une indéfectible amitié. Un moment d'éternité.

La maison est nimbée d'obscurité lorsque les deux compères passent la porte. Leurs regards dérivent de suite vers la faible lumière qui sort de la cuisine. Reconnaissant la voix de Shanks, Luffy attrape Usopp par la manche et se plaque avec lui contre le mur du salon, écoutant consciencieusement la conversation téléphonique de son père. Les mots se suivent, détaillant un discours incompréhensible pour les deux comparses jusqu'à ce qu'Usopp se crispe soudainement, attrapant le bras de son ami et l'entraînant vers la chambre. Laissant tout juste à Luffy le temps de s'asseoir sur son lit et d'allumer la lumière, il s'affala sur son sac de couchage, abandonné à peine ouvert près des sacs au moment du départ pour le pénitencier, et lâcha tout d'un coup :

''- Mon père est sorti de prison.''

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J'attrape les dossiers qui attendaient sur le bureau et les fourre en vrac dans mon sac, bien accompagnés par des vêtements, sous-vêtements et chaussures. C'est tout ce que j'ai besoin d'emmener avec moi. Je n'ai même pas besoin d'argent, ce qui ne m'empêchera pas de quitter la ville dans quelques heures avec un bon pactole en poche. Autant faire les choses bien, je vais copieusement me servir dans les caisses de la Family avant de quitter cet endroit. Autant enrager Doflamingo du mieux possible. Je n'ai pas peur de lui, aussi étrange que cela puisse paraître à certains. Je n'ai peur de personne. Je ne fuis pas, je retarde l'affrontement. Car j'ai encore beaucoup de choses à régler avant de prendre le risque de mourir. Monet a raison sur un point, je ne tiens pas à la vie. Cela ne signifie pas pour autant que je ne tiens pas à prendre celle de certaines personnes bien identifiées. Comme Vergo. Il paiera très cher ce qu'il a fait. Et pour le faire payer je dois rester en vie encore un petit moment.

Mon plan est parfait. Doflamingo va mettre plusieurs mois à se relever d'un tel coup à son commerce souterrain. Un petit cadeau d'adieu. Une manière de lui rappeler qu'il y a plus malin que lui sur cette terre, bien qu'il soit convaincu du contraire. Mais je dois partir maintenant. La phase finale de ce plan si parfait aura lieu cette nuit et d'ici quelques heures le chef de la Family recevra un appel lui annonçant la mauvaise nouvelle. Il n'aura pas de mal à comprendre qui a agit contre lui. Il faut que je sois loin à ce moment là.

J'attrape mon sac, le jette négligemment sur mon épaule et referme la porte de la pièce derrière moi. Je n'ai jamais considéré cette pièce comme ma chambre. Pour la bonne et simple raison que je n'ai jamais considéré cet endroit comme ma maison. Il fût un endroit que j'ai un jour considéré comme étant ''chez moi''. Je ne fais jamais deux fois la même erreur.

Les couloirs sont calmes, la plus part des lieutenants sont occupés à dormir ou à préparer la livraison de cette nuit. Quand aux simples subalternes, aucun d'eux n'a accès à cette partie de la résidence. Tant mieux, cela facilite ma fuite, moins de témoins à éliminer. Non que ça me pèse d'ôter la vie, au contraire, mais cela me fait perdre du temps. Et je risquerai de tâcher mes vêtement. Baby 5 détestait que je tâche mes habits.

Un jour je lui avait demandé d'où venait cette manie. Du même endroit que son nom, m'avait elle répondu. Elle était née sous X et avait passé plusieurs années dans un hôpital spécialisé. Elle était le cinquième bébé de l'année à leur être confié. Tout simplement. Une vie résumée à un chiffre. C'est là-bas qu'ils lui avaient appris la propreté. Normal pour un hôpital. Voilà pourquoi elle était si rigide envers moi et mes tâches. Je ne lui ai jamais dit mais j'appréciais de retrouver mes vêtements propres quand elle en avait fini avec eux. Il y a tant de choses que je ne lui ai jamais dites.

Perdu dans mes pensées, je ne remarque même pas que quelqu'un approche dans le couloir adjacent et me retrouve soudainement nez-à-nez avec l'homme que j'avais le moins envie de voir. Vergo. Ce dernier semble surpris en remarquant mon bagage.

''- Tu vas quelque part gamin ?

- Le patron m'a proposé d'aller avec Gladius surveiller le débarquement au port.

- Tu n'y est jamais allé ?

- Non.''

Il sourit avec bienveillance. C'est ça oui. Il semble croire à mon histoire et, malgré la haine et les envies meurtrières qu'il m'inspire, je le laisse partir.

''- Amuses-toi bien dans ce cas.''

Je dois être patient. La patience n'a jamais été mon fort mais il me faut à présent apprendre. Car plus longue sera l'attente plus belle sera la chute.

La voiture que j'ai volée dans l'après-midi m'attend à l'entrée, à l'endroit exacte où je l'ai laissée. Je jette mon sac sur le siège passager et met le contact. Pas la peine de s'attarder, je quitte rapidement la résidence et m'engage sur la route, en direction de la ville. Je ne reviendrais jamais ici. Ou plutôt si, je reviendrais. Et ce jour là ils paieront tous.

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(Vision de Kaya)

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Le jour se lève à peine sur la ville lorsque le car me dépose devant l'hôtel de ville. Tout est encore relativement calme mais je sais bien que tout cela va s'animer d'ici à ce que je sois parvenue à destination. C'est une ville de l'Ohio comme il en existe tant et ces rues entourées de maisons de briques ont un côté rassurant qui gomme instantanément la fatigue du voyage de nuit. Apercevant des marchands occupés à installer leurs stands de marché sur la place de l'hôtel de ville, je décide de me renseigner.

'' -Excusez moi, pourriez-vous m'indiquer la direction de l'asile psychiatrique je vous prie ?''

Tournant son visage vers moi, l'homme, qui doit avoir la cinquantaine, semble d'abord surprit mais enchaîne avec un grand sourire, sous le regard attentif des autres commerçants présents.

''- Vous allez être déçue madame, vous ne savez pas que cet asile est fermé ?''

Bien sûr que je le sais, je ne suis pas stupide, je me suis renseignée avant de venir. Et c'est exactement parce que je me suis renseignée que j'ai toutes les raisons de penser que cet endroit n'est pas aussi inactif que ces gens semblent le penser.

''- J'aimerai voir les bâtiments en ruines, c'est pour un dossier d'art. J'ai pensé qu'un ancien asile pourrait plaire à mon professeur. Le lien entre la folie intérieur de l'homme et celle, extérieure des bâtiments, enfin vous voyez quoi.''

Personnellement je me trouve plutôt convaincante mais il faut avouer que je n'ai pas l'habitude de mentir comme ça. L'homme me détaille du regard, mon style vestimentaire ne doit pas vraiment correspondre à ce qu'il attend d'une étudiante en arts mais il me répond quand même, ayant perdu son regard avenant du début.

''- Continuer sur la rue principale jusqu'à la sortie de la ville, ensuite c'est à droite sur le chemin des docks.''

Je le remercie poliment et m'éloigne.

''- Mais faites attention mademoiselle. Les pauvres bougres qui sont morts là-bas pourraient venir vous voir.''

Voilà qui explique cette crainte dans leurs yeux. Des fantômes. Je me retiens de lui apprendre que je travaille moi-même dans un bâtiment que tous disent hanté et me contente de le remercier pour l'avertissement.

Je ne m'étais pas trompée, avant que je sois parvenue au bout de la rue, la ville semblait déjà complètement réveillée. Des voitures déboulaient à chaque carrefour et des enfants jouaient gaiement avec leurs parents dans le parc avant les cours. Cette vision m'arrache un sourire.

Je sors de la ville sans même m'en rendre compte car les habitations s'étendent encore sur un kilomètre après la rue principale. Je repère cependant assez vite la route qui m'intéresse et m'engage sur ce qui doit être la route la plus récente de la ville tant elle est en bon état et bordé de bancs, plantes et d'une piste cyclable. Cette route semble relier la ville aux docks et au port, un chemin de balade du dimanche pour les familles. Pour les sportifs aussi comme en atteste la présence d'un cycliste, qui se rend sûrement au travail, et de deux coureuses, bien décidées à profiter de la fraîcheur matinale.

Par chance, la rue en question passe juste devant l'asile qui, malgré sa mauvaise réputation, ne semble pas rebuter les habitants. L'homme de tout à l'heure avait raison, cet endroit n'inspire pas du tout confiance. Abandonnés depuis seulement quelques mois, les bâtiments avaient conservé leur air sinistre et impressionnant. C'est là qu'il ont enfermé Ace ? J'en frissonne rien qu'à imaginer combien il a dû souffrir, enfermé entre ces murs.

L'entrée est barrée par de simples grillages et quelques décrets du gouvernement, sensés expliquer à tout à chacun de ne pas entrer. Ils ne se sont pas trop cassé la tête pour bloquer l'endroit aux curieux. Mais j'imagine que les fantômes sont plus efficaces que toutes les barrières au monde. Je n'hésite qu'un instant avant de franchir le grillage. Kaya te rends-tu compte que ce que tu fais est illégal ? Je n'ai jamais rien fait d'illégal auparavant, j'ai même toujours rendu mes devoirs en tant et en heure. Ma conscience à beau me dire que je vais m'attirer de gros ennuis, ma curiosité est plus forte.

Assez surprise lorsque la porte s'ouvre sans le moindre effort, je pénètre facilement dans le hall de l'asile. Je devine sur ma gauche les restes d'une cabine coupée du reste, sûrement destinée à une standardiste ou à un gardien. Peut-être plutôt un gardien vu l'endroit. Je retiens un rire en imaginant une secrétaire médicale comme ma mère dans un endroit pareil.

Le bâtiment est si calme que ç'en est presque angoissant et je me retrouve à sursauter au moindre bruit de vent qui s'infiltre. On voit bien que le bâtiment n'est pas abandonné depuis longtemps car l'état des pièces est resté convenable, malgré tout je ne peux m'empêcher d'avoir pitié de ceux qui y on été enfermés. Les cellules n'ont pas changé depuis le départ de leurs occupants, ce qui signifie qu'ils ont réellement vécu dans un endroit pareil. J'ai déjà été dans un asile. Il n'avait rien à voir avec celui-ci. Les gens y étaient traités au mieux possible, comme des êtres humains. Je doute que quiconque ayant œuvré à l'aménagement de cet asile ci ait un jour considéré ses pensionnaires comme des hommes. Je connaît du bétail qui a plus d'espace vital.

Je passe rapidement cette zone, je suis trop sensible. Je parviens sans peine à l'ancien bureau du directeur, vidé de toute trace de vie, comme je m'y revanche, si mes informations sont exactes, les archives elles, n'ont pas encore étés déplacées. Un article dans le journal local a annoncé il y a deux semaines qu'elles seraient déplacées à la fin du mois. Il ne reste plus qu'à les trouver.

Un bon moment s'écoule avant que je ne parvienne à destination. La salle des archives était situés au premier sous-sol, barrées par des grilles hautement plus résistantes que celles de l'entrée. Mais elles sont plus destinées à dissuader qu'à réellement empêcher d'entrer car il n'a pas été difficile de trouver une porte dérobée à l'arrière de la pièce. Par chance, l'électricité n'a pas été coupée dans cette partie de l'asile, pas encore désaffectée. Les plafonniers grésillent et une faible lumière inonde la salle des archives. Lumière insuffisante s'il en est et qui m'oblige à sortir ma lampe de poche.

Le temps me manque et je suis obligée de passer rapidement entre les rayonnages, laissant à contre cœur de côté des informations sûrement importantes pour trouver au plus vite ce qui m'intéresse. Les dossiers des patients sont gardés dans une section spéciale que je ne débusque qu'après de longues minutes de recherches. Au moins les dossiers sont-ils classés par ordre alphabétique et il ne m'est pas difficile de trouver celui que je recherche.

Portgas D. Ace

J'étale le tout sur la table la plus proche, qui servait sûrement de bureau au responsable des archives et commence à photographier le dossier. Pas le temps de tout lire. Mes photos prises et la ferme résolution que je lirais tout sur le chemin du retour, je replace le dossier dans les étagères et commence à m'éloigner lorsqu'un nom sur la tranche d'un dossier attire mon attention. Je suis toujours dans la section des patients pourtant. Plutôt étonnée je saisi le document qui porte un nom que j'ai souvent lu et relu avant d'entrer à l'unité. Le nom d'un homme qui m'a toujours fait froid dans le dos et qui, sans que le principal concerné le sache, a passé une bonne partie de sa vie au plus proche d'Ace. Un homme qui semble l'avoir suivi jusqu'en enfer. Les lettres qui se découpent sur l'avant du dossier ne laissent plus de place au doute.

Marshall D. Teach

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'' Personne ne sait quand exactement les fissures deviennent des failles, puis se muent en gouffres infranchissables. ''

- Olivier Adam

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Alors ? Bon le changement n'est pas flagrant mais ça va se voir de plus en plus dans les futurs chapitres.
Au passage qu'avez vous pensé de cette partie plus développée sur Kaya. J'en ai écris plusieurs pour les chapitres à venir et je voudrais avoir vos avis.

Le prochain chapitre sortira Vendredi 11 Novembre en fin de journée. Ce sera l'avant dernier de cette première partie et il s'intitule : On ne renonce jamais à ceux que l'on aime.

Merci encore de m'avoir lue, j'espère que ce chapitre vous a plut.
Affectueusement votre,

Hinata