Titre : Le sang des innocents

Auteur : Tabourette

Beta : ClaP74

Rating : MA

Note 1: cette histoire contient des relations homosexuelles donc toutes les personnes que cela rebute, passez votre chemin

Note 2 : Merci beaucoup à ClaP74 pour avoir merveilleusement bien corrigé ce chapitre encore une fois ! Sans elle vous n'auriez pas un texte aussi agréable à lire.

Diclaimer : les lieux et personnage de l'univers d'Harry Potter ne sont toujours pas ma propriété mais celle de leur auteur J.K Rowling. Le reste, c'est tout à moi !

Et voilà la suite ! D'après les reviews que vous avez laissé, je pense que certain(e)s d'entre vous vont être déçu par ce début de chapitre…

Mais bon, je dois bien vous frustrer un peu pour que vous profitiez encore plus quand nos beaux mâles en chaleur laissent tomber la chemise.

Une nouvelle fois, ClaP74 n'a pas pu corriger ce chapitre pour cause d'ordinateur non opérationnel. J'ai fait ce que j'ai pu pour limiter la casse mais n'étant pas la déesse suprême de l'orthographe, je ne garantis pas le résultat… N'hésitez pas à me dire si c'est vraiment trop horrible, je relirais une nouvelle fois le chapitre pour trouver les fautes oubliées.

Sinon encore et toujours, un grand MERCI à tous celles et ceux qui m'ont laissé des reviews. C'est grâce à vous et à vos commentaires formidables que j'arrive à garder un bon rythme d'écriture et à pouvoir vous donner un chapitre par semaine !

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Un son strident sortit brusquement Harry de son sommeil. Un grognement se fit entendre derrière lui et la chaleur qui l'entourait fit place à un froid qui le fit frissonner. Il se retourna et vit son professeur éteindre la sonnerie d'un mouvement de baguette avant de se rallonger dans un soupir.

Les événements de la nuit revinrent à la mémoire du gryffondor. Mais plus que son rêve, il se rappela la douceur de Snape. La tendresse dont il avait fait preuve pour le calmer. Jamais il ne s'était comporté de cette manière avec lui. Un sourire vint instinctivement aux lèvres d'Harry. Il ne comprenait pas ce qui le mettait de si bonne humeur, mais il ne s'en plaignait pas. Snape lui lança un regard étrange alors il se força à réprimer son sourire.

-Bonjour professeur.

-Bonjour Potter.

Et ils se turent. Maintenant que les civilités étaient échangées, aucun des deux hommes ne savaient trop quoi dire. Harry décida donc d'aborder directement le sujet qui expliquait sa présence dans le lit de son professeur.

-Alors, le rêve que je fais ? Il ressemble à celui de Kateline vous pensez ?

Severus continua de regarder le plafond de son lit.

-Oui, il me semble. Le point de vue est le même. Vous prenez la place de la personne qui subit la scène. Il en était de même avec mademoiselle Pengraff. Elle rêvait de votre point de vue, comme si elle se trouvait dans votre tête. L'atmosphère est également très similaire. Je ne pourrais pas vraiment vous décrire ce qui me fait dire ça, il faut le sentir pour comprendre la similitude des deux rêves.

-Vous voulez donc dire que nos deux rêves sont en lien ? Ça veut dire que le rêve que je fais est vraiment arrivé à quelqu'un ?

-S'il s'agit de la même chose que mademoiselle Pengraff, oui.

-Est-ce que ça pourrait être quelque chose qui est arrivé à Kateline.

-Comment je le saurais Potter ? Pour ça il faudrait lui demander si la scène dont vous rêvez lui est familière.

-J'irai lui demander aujourd'hui alors. Peut-être que ça nous aidera à comprendre ce qui se passe. Enfin, si c'est bon pour vous ?

Severus se tourna vers sa Source et plongea ses yeux dans les siens. Leur altercation de la dernière fois au sujet de Kateline Pengraff était toujours présente dans leurs esprits. Et Severus devait avouer qu'il appréciait que Potter demande la permission d'aller parler à la jeune femme.

Severus hocha donc la tête pour donner son accord à sa Source.

Le silence s'installa de nouveau dans la pièce avant que la sonnerie stridente se fasse de nouveau entendre. Severus poussa un grognement et l'éteignit une deuxième fois.

-Vous pouvez prendre la salle de bain en premier Potter. Il y a des serviettes dans le meuble. Les cours commencent bientôt alors ne trainez pas. Vous devez aller manger avant.

Harry était surpris du soin que portait son professeur à son alimentation. Ce n'était pas la première fois qu'il lui disait plutôt impérativement de se nourrir.

C'est en se faisant cette réflexion qu'il en comprit enfin la raison. Qu'il était bête. Il avait cru l'espace d'un instant que l'homme se souciait vraiment de son bien-être, mais il voulait surtout s'assurer que sa Source serait toujours capable de le nourrir le soir venu ainsi que les suivants.

Mais Harry devait admettre que le vampire avait raison de s'en inquiéter. La profonde fatigue qu'il avait ressentie voilà quelques jours l'avait presque empêché de nourrir le vampire. Severus ne voulait pas risquer de se retrouver dans la même situation.

Pourtant, il ne s'était jamais senti aussi fatigué depuis. Il devait même admettre qu'il se sentait dans une forme olympique ce matin, malgré la nuit perturbante qu'il avait passée. Apparemment, dormir près du vampire lui faisait le plus grand bien.

Cette réflexion le laissa pensif. Encore un point de plus qui l'empêchait de s'éloigner du vampire. En plus de devoir lui donner son sang sous peine d'imploser, il devait dormir à côté de lui pour se sentir vraiment en forme. Mais maintenant, ce point ne lui semblait pas si effrayant que la première fois qu'il y avait pensé.

Il se leva du lit avec un petit sourire, ramassa ses vêtements de la veille et se dirigea dans la salle de bain. Il entra avec hésitation dans la pièce avant de refermer la porte derrière lui. Il n'y avait jamais fait attention, mais une salle de bain était un endroit assez intime finalement.

La serviette de bain accrochée à la patère, la brosse à dents dans un pot, le rasoir et l'after-shave côte à côte sur la tablette surplombant le lavabo. Tant d'objet qui traduisait le quotidien de son professeur. Le gryffondor se sentait un peu gêné d'envahir ce territoire intime, même si c'était avec l'accord du propriétaire des lieux.

Harry prit une serviette dans le meuble que lui avait indiqué le vampire, alluma la douche et commença à se déshabiller. Ses yeux accrochèrent les marques sur son flan. Deux petites piqûres toujours visibles sur sa peau. Il passa délicatement les doigts dessus, testant le relief. Elles ne lui faisaient pas mal et elles disparaitraient bientôt. Mais étrangement, Harry n'avait pas vraiment envie qu'elles s'effacent. Ces traces étaient la marque d'un vampire sur sa Source. Il était sa possession. C'était ce qu'elles auraient pu traduire, mais le jeune homme ne le ressentait pas de cette manière. Cette marque était la trace de leur association, de leur lien.

Elle traduisait ce qu'il était maintenant, ce qu'était sa vie. Et il n'en avait pas honte.

La réalisation le percuta alors. Non, il n'avait pas honte de ce qu'il faisait avec son professeur. Il était parfois gêné, il se sentait intimidé, pudique, confus. Mais pas honteux.

Il acceptait ce qui se passait avec le vampire, il l'attendait même.

Il avait bien conscience que ce qui se passait entre eux était purement sexuel, qu'il n'y avait pas de sentiment en jeu, mais si les choses devait évoluer dans ce sens, Harry aurait suivi. Il continuerait cette relation, quel que soit l'endroit où elle devait le mener. Parce qu'il en avait envie et pas parce qu'il y était contraint.

Snape ne l'avait d'ailleurs jamais obligé à rien, ne lui avait jamais rien demandé. Il ne savait pas ce qu'attendait réellement son professeur, ce qu'il voulait, mais quoi que ce soit, il ne l'y poussait pas.

Harry le sentait bien, s'il sortait de cette salle de bain pour dire qu'il voulait que tout s'arrête, qu'il ne reviendrait jamais ici, le vampire ne le retiendrait pas. Pas parce qu'il n'en avait rien à faire de lui, mais parce qu'il voulait le laisser libre de ses choix.

Et c'était peut-être pour cela qu'Harry avait envie que les choses avancent maintenant entre eux. Qu'il soit question de sentiment et pas que de sexe. Mais les sentiments ne se commandaient pas et hormis ce qu'il venait de réaliser, il était perdu dans les siens.

Quant à ceux de son professeur, bien habile serait celui qui arriverait à les décrypter. Il ne laissait jamais rien transparaitre à travers son masque d'impassibilité.

Est-ce que la nuit qu'ils venaient de passer ici était un signe de ce qu'attendait le vampire ou était-ce seulement ce qu'il avait dit : une occasion d'en apprendre plus sur les rêves qu'il faisait ?

Harry secoua la tête et entra dans la douche. L'eau chaude qui ruissela sur son corps lui fit du bien. Il se prenait trop la tête avec tout cela. Il ne pouvait rien commander, il devait laisser les choses se faire comme elles le devaient. Peut-être que rien n'irait plus loin entre eux. Peut-être que si. Qui pouvait savoir ?

En tout cas, si les choses devaient avancer un peu plus, ce ne serait pas Harry qui allait les freiner.

Le jeune homme saisit le gel douche qui trônait dans un portoir, hésita quelques secondes et l'ouvrit. Il se lava rapidement, ne voulant pas faire patienter son professeur plus que nécessaire. Il était chez lui, il n'avait pas à s'éterniser sous sa douche.

Une fois terminé, il sortit, se coiffa rapidement de ses doigts même s'il savait son geste vain et renfila ses vêtements de la veille.

Ce geste le fit rougir en souvenir des événements de la soirée. Son abandon contre son professeur le perturbait mêressentieme plus que la jouissance qu'il avait contre sa main.

Il sortit rapidement de la pièce pour éviter de repenser de nouveau à ces détails.

La chambre était vide. Il posa soigneusement sur le lit les vêtements pliés que lui avait prêtés le vampire et se dirigea donc vers le salon pour y trouver Snape en train de rassembler des parchemins. Harry réalisa alors seulement qu'il avait vraiment court dans quelques minutes.

Il fallait qu'il aille retrouver Hermione et Ron dans la Grande Salle pour ne pas éveiller leurs soupçons. Quoique, après réflexion, il doutait que sa désertion du dortoir soit passée inaperçue aux yeux de son ami. Il fallait qu'il trouve une excuse, mais Ron n'allait probablement pas être dupe. Il commençait à sentir qu'Harry leur cachait quelque chose.

La pensée de ses amis ramena Harry à un sujet qu'il avait complètement oublié d'évoquer avec son professeur la veille. Il ne savait pas comment engager la conversation. Il ne pouvait pas se permettre de tourner autour du pot vu le temps qu'il lui restait, mais Snape n'avait jamais été très pressé de répondre à ses questions par le passé, d'autant plus si elles ne concernaient pas les cours.

Mais l'homme ne semblait pas de trop mauvaise humeur ce matin, d'autant qu'il pouvait en juger à travers l'air impassible qu'il arborait. Il prit donc son courage à deux mains et se lança.

-Professeur ?

-Oui Potter ?

Il ne lui accorda pas un regard, toujours concentré sur ses parchemins, mais ne l'envoya pas sur les roses non plus. Il continua donc.

-Je peux vous poser une question ?

-Autre que celle que vous venez d'énoncer ?

-Euh… Oui.

Harry rougit sous la moquerie. Mais cela n'avait rien de méchant. Il y décela même une pointe d'humour qui l'encouragea à poursuivre.

-C'est à propos de l'incident qui est arrivé dans le parc hier.

Cette fois-ci, son professeur se tourna vers lui et le regarda avec méfiance.

-Je voulais savoir si vous en connaissiez la raison ? Est-ce que ce sont les barrières de Poudlard qui ne fonctionnent plus ?

Si Snape était surpris qu'il connaisse l'existence de ces barrières, il n'en montra rien. Mais son visage se ferma.

-Je n'ai pas à vous répondre Potter. Vous serez informé des nouvelles dès que le professeur Dumbledore jugera bon de les rendre publiques aux élèves. Il marqua un temps d'hésitation. Ce n'est pas parce que nous entretenons une certaine relation que cela vous donne le droit d'avoir accès à des informations confidentielles.

-Si vous ne voulez rien me dire, c'est qu'il y a vraiment un problème quelque part alors ? Insista le plus jeune.

-Arrêtez donc de réfléchir Potter, ça ne vous réussit pas.

-Ah bon ? Pourtant vous me dites tout le temps que je ne réfléchis pas assez. Répliqua Harry dans un sourire.

-Comme quoi, même moi je peux me tromper.

-Comment ça ? Vous ? Vous admettez que vous pouvez vous tromper ?

-Ne me cherchez pas Potter. Allez manger.

Le regard menaçant de son professeur n'avait rien de méchant, mais Harry préféra ne pas continuer. Ils étaient tous les deux de bonne humeur et il ne préférait pas pousser les choses aux risques de gâcher le moment. D'autant plus que si le vampire ne lui avait pas directement répondu, il était peu probable qu'Harry arrive à le faire changer d'avis. Il se dirigea donc vers la porte menant à l'extérieur comme le lui ordonnait le maître des potions. Arrivé devant le battant, il s'arrêta un instant, hésita et fit demi-tour. Rapidement, il se rapprocha de son professeur, lui saisit l'arrière de la tête et posa ses lèvres sur celles de son vis-à-vis. Il s'y attarda à peine avant de s'écarter et de marcher de nouveau vers la porte dans une démarche empressée. Le jeune homme n'osa pas regarder en arrière alors qu'il sortait de la pièce, les joues en feu devant son geste. La porte se referma sur un Severus interdit.

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Harry courut dans les couloirs en direction de la Grande Salle, s'attirant quelques regards surpris sur son passage. C'est essoufflé qu'il entra dans la pièce et s'assit à côté de Ron en lançant un petit salut. Ses deux amis le regardèrent fixement alors que le brun essayait d'éviter leur regard.

-Oh, tu as réussi à te libérer pour nous honorer de ta présence Harry. C'est tellement aimable de ta part.

Harry rentra la tête dans ses épaules sous le ton froid du rouquin. Il n'osa pas le regarder et fit semblant d'être captivé par la préparation de son petit-déjeuner. Il s'attendait à une autre remarque sarcastique quand un bras vint brusquement entourer ses épaules et que Ron se pencha vers lui avec un air de conspirateur plaqué sur le visage.

-Bon, finis les conneries Harry ! Dis-nous tous ! Où tu as passé la nuit ? La compagnie était plus plaisante que celle de quatre magnifiques spécimens masculins en train de ronfler dans leur lit ? Elle s'appelle comment ? Elle est canon ?

Harry se détendit finalement devant le regard moqueur de son ami et abdiqua.

-Amplement plus plaisante, oui.

-Je le savais ! S'exclama Ron en tapant du poing que la table. Il voit quelqu'un !

-Baisse d'un ton s'il te plait Ron ! Tout le monde n'est pas obligé d'être au courant. Chuchota le brun.

-Oui, tu as raison, répondit son ami en adoptant le même volume sonore. Aller vas y, raconte tous à tonton Ron.

-C'est… Je vois effectivement quelqu'un, mais ce n'est pas ce que tu…

-Elle s'appelle comment ? Je la connais ? Elle est de quelle maison ?

-Ron si tu veux que Harry te réponde, laisse le au moins s'exprimer.

Ron tourna la tête vers Hermione assise de l'autre côté de la table avant de reporter son attention sur son ami, le visage marqué par une attente difficilement contenue.

Malgré sa réprimande, Hermione était aussi impatiente que le rouquin de découvrir l'identité de la mystérieuse personne qui accaparait son ami. Son comportement lui avait paru plus que bizarre ces derniers jours. Elle était pressée de connaitre le fin mot de l'histoire.

De son côté Harry ne savait pas du tout quoi dire. Il n'avait eu d'autre choix que de laisser croire à Ron qu'il voyait bien une fille, mais comment se sortir de ce bourbier sans avouer que cette fille était en fait leur professeur de potion ? Qu'il était donc gay, par-dessus le marché. Il savait qu'il devrait leur dire un jour, vu qu'il allait probablement passer une bonne partie du reste de ses jours avec Snape, mais la Grande Salle n'était peut-être pas le lieu adéquat. Pourtant, comment expliquer qu'il ne pouvait rien leur dire sur l'identité de la mystérieuse jeune fille. Il décida donc de raconter une partie de la vérité, la moins compromettante.

-Je ne peux pas vous dire qui c'est parce que… C'est compliqué. En fait, elle… Elle est à Serpentard…

Ses deux amis le regardèrent bouche bée.

-Serpentard ? Tu sors avec une fille de Serpentard ?

-Euh…En quelque sorte oui.

-Oh.

Il voyait bien que Ron ne savait plus quoi dire, mais il savait aussi ce qu'il en pensait. Il était totalement contre toute alliance entre Gryffondor et Serpentard, que ce soit amical ou sentimental. Mais le rouquin n'osait pas exprimer son opinion de peur de blesser son ami.

-Je sais que tu es contre tout ça Ron, mais euh… Ça ne se contrôle pas vraiment. En fait, il s'est passé certaines choses qui font que… Voilà quoi. Bafouilla Harry, peut convaincu lui-même par ses propos.

Devant l'air misérable qu'affichait le brun, Hermione décida de venir à son secours. Elle se souvenait parfaitement de la conversation plus que gênante qu'ils avaient eu il n'y a pas si longtemps que cela. Concernant cet homme, les événements de cet été qui lui étaient encore inconnus. Elle voyait bien qu'Harry ne voulait pas plus en parler maintenant qu'à l'époque, qu'il n'était pas prêt. Et s'il s'agissait vraiment de ce à quoi elle pensait, ce n'était pas l'endroit idéal pour en parler.

-Ron, tu vois bien qu'Harry ne veut pas en parler pour le moment. On connait tous ton aversion pour les Serpentard. Laisse-toi le temps d'assimiler tout ça. Et puis, ce n'est que le début, peut être que ça ne durera pas entre eux, n'est-ce pas Harry ?

Elle savait que ses paroles n'étaient pas très gentilles pour Harry, mais elle savait aussi qu'il ne leur disait pas toute la vérité. Elle lança un petit regard désolé au jeune homme pour lui faire comprendre qu'elle ne disait pas cela pour le blesser, mais pour rassurer Ron. Pourtant, Harry ne s'attarda même pas sur ce que souhaitait la jeune femme pour sa relation, préférant se raccrocher à ces paroles de secours.

-Exactement Ron ! répliqua-t-il vivement. C'est vraiment que le début, on se connait à peine. Ça ne va peut-être pas durer.

Ron regarda Harry en essayant de cacher le début de soulagement qui l'envahissait.

-Oui, je l'espère… Euh non ! Ce n'est pas ce que je veux dire Harry ! Je veux dire, euh… J'espère que ça va… marcher entre vous.

Si la situation n'était pas aussi sensible, Harry aurait ri de l'air dégouté qu'afficha son ami devant ses propres paroles.

Le Survivant profita du relâchement de tension entre eux pour changer de sujet rapidement. Il se tourna vers Hermione.

-Des nouvelles à propos de cette attaque dans le parc ?

La jeune femme secoua la tête d'un air de dépit.

-Non, aucune. Je suis allé à la bibliothèque hier soir pendant que tu étais en retenue, mais je n'ai rien trouvé de plus. On ne peut qu'attendre que Dumbledore nous donne plus d'information. S'il le fait un jour…

La conversation dévia lentement sur des sujets plus généraux et aucun des trois amis ne chercha à revenir sur la conversation sensible qu'ils venaient d'avoir.

Une fois le repas terminé, les trois amis se levèrent et se dirigèrent vers la sortie de la Grande Salle. Alors que Ron tardait à les rejoindre, interpelé par un sixième année sur son chemin, Hermione se pencha discrètement vers Harry et lui susurra :

-La personne avec qui tu étais cette nuit, il s'agit d'une Serpentard ou plutôt d'un Serpentard ?

Harry regarda brièvement son amie avant de détourner le regard. Il sentit le rouge lui monter aux joues et se maudit de ne pas savoir cacher ses émotions.

-Je … je dois retourner à la Tour pour… pour récupérer mes affaires de cours. Bafouilla seulement Harry et il en profita pour échapper au regard inquisiteur de la gryffondor.

La jeune femme le laissa partir, n'ayant pas besoin de plus d'information pour répondre à sa question.

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Rémus invita ses élèves à entrer dans la salle. Il sourit devant la bonne humeur affichée par les Gryffondor de septième année de si bon matin. Savoir qu'il ne venait pas à son cours à reculons lui suffisait toujours pour conserver sa motivation à enseigner, malgré les remarques et insultes d'autres personnes. Les Serpentard étaient les plus opposés à sa présence dans le château, mais il devait avouer avec tristesse que certaines de ses collègues ne voyaient pas non plus d'un très bon œil sa présence dans leur rang.

C'est pourquoi il accueillait avec bonheur chaque petit sourire de bonne humeur et d'encouragement qu'il pouvait recevoir. C'était les personnes qui le traitaient bien qui lui donnaient la foi en son existence même si malgré les années, il n'arrivait toujours pas à se protéger des remarques blessantes.

Il allait refermer la porte quand un pied s'interposa. Il écarta le battant et laissa entrer un Harry essoufflé.

-Désolé professeur, j'avais oublié mes affaires de cours dans la Tour.

-Pas de problème Harry, entre.

Lorsque le jeune homme lui passa devant pour rejoindre ses camarades, Rémus fronça les sourcils. Ses sens venaient de percevoir quelque chose d'inhabituel, mais il n'arrivait pas à mettre la main dessus. Il chercha quelques secondes, mais finis par secouer la tête et reporter son attention sur les élèves maintenant assis calmement à leurs places.

-Que vous êtes discipliné.

Quelques rires se firent entendre dans la salle. Voilà, c'était cela qui donnait envie à Rémus de continuer à enseigner.

-Mais c'est bien inutile, car nous allons passer directement à la pratique aujourd'hui. Pendant le cours dernier, nous avons appris les effets et conséquences du sortilège de Surdité et comment le lancer. Aujourd'hui, nous allons nous exercer ! Mettez-vous par deux et commencez. Et je peux vous dire que je vais vite démasquer ceux qui n'ont pas correctement fait leur devoir pour aujourd'hui.

Il perçut quelques grognements et repéra déjà deux Gryffondor qui ne s'étaient probablement pas exercés pour aujourd'hui. Le cours se passa sans incident majeur. Hermione fut une nouvelle fois époustouflante dans sa rapidité à maitriser un sort. Il passait de groupe en groupe, expliquant quelques subtilités du geste à adopter, encourageant, félicitant ses élèves qui donnaient tous pour réussir.

Il se dirigea vers le groupe que formaient Harry et Seamus. Il les observa quelque seconde avant d'indiquer à Harry une meilleure manière de positionner son bras. Alors qu'il se trouvait à ses côtés, la même sensation qu'au début du cours le prit. Il chercha dans sa mémoire ce qui pouvait provoquer ce sentiment quand il en réalisa brutalement la raison.

Harry ne sentait plus son odeur. Enfin si, il avait toujours son odeur propre, mais mélangée à d'autres effluves. Des effluves qu'il connaissait bien. Il sentait une odeur de gel douche très particulière qu'il n'avait sentie que chez une personne. Une personne parmi les milliers de gens qu'il avait croisés dans sa vie.

Il prit une profonde inspiration, sachant qu'elle passerait inaperçue dans le brouhaha de la classe.

Une odeur parvint à ses narines, une encore plus caractéristique.

Harry avait l'odeur de Severus sur lui.

Il savait qu'Harry avait des retenues avec lui le soir, mais les odeurs d'une personne avec qui on avait été en contact quelques heures s'estompaient normalement assez rapidement. Mais pour que celle de Severus soit toujours sur Harry il avait fallu qu'il passe un très long moment ensemble, assez proche l'un de l'autre. L'odeur du maître des potions avait envahi le corps du jeune homme. Même le gel douche que le gryffondor avait utilisé n'avait pas pu la cacher. Gel douche qu'utilisait d'ailleurs le professeur de potions

Il surprit le regard interrogateur du fils de James posé sur lui. Il se reprit rapidement et tapota maladroitement l'épaule du Gryffondor pour l'encourager à continuer avant de passer aux groupes suivants.

Il ne fallait pas qu'il se précipite dans ses réflexions, il devait encore vérifier un dernier point.

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À l'heure du déjeuner, Rémus s'assit à côté de Severus à la table des professeurs. Le maître des potions lui jeta un regard suspicieux. Lupin s'asseyait rarement à côté de lui. À vrai dire, moins il le voyait, mieux il se portait.

Mais Rémus fit comme si sa présence à côté du froid maître des potions était tout à fait normale.

Alors que l'homme sombre commença son repas, le loup-garou prit une profonde inspiration. Après avoir démêlé les différentes odeurs qui lui parvinrent, il discerna enfin celle qu'il cherchait. L'odeur d'Harry. Elle était moins forte que celle de Severus sur le Gryffondor, mais elle était présente.

Il chercha l'odeur d'autres élèves, mais de perçu rien. Rien de persistant en tout cas.

Harry avait passé un long moment en présence de Severus dans des lieux où le professeur passait beaucoup de temps. Son bureau ? Sa salle de classe ?

C'était la seule raison qui puisse expliquer que l'odeur de Severus sur Harry soit plus forte que l'inverse. Excepté le fait qu'elle ait pu s'atténuer depuis le moment qu'il avait senti Harry.

Ses appartements ?

Non, pourquoi Harry serait-il allé chez Snape ? Les appartements du professeur de potion étaient probablement les lieux les moins visités du château.

Il devait bien y avoir une explication rationnelle à ce mélange d'odeur, mais Rémus n'arrivait pas savoir laquelle. Est-ce que Severus posait problème à Harry. Devait-il s'inquiéter ?

Tant qu'il n'avait pas plus de preuves que celles apportées par son nez, il décida de ne rien demander, mais se promis de garder les yeux ouverts. Il s'était promis de protéger Harry à la hauteur de ses moyens et ce n'est pas la mort de Voldemort qui allait le faire rompre sa promesse.

Severus surprit les yeux du loup-garou posé sur lui et lui jeta un regard froid et interrogateur. Rémus s'empressa de détourner le visage et essaya de se concentrer sur son repas alors que des hypothèses toutes plus farfelues les unes que les autres traversaient son esprit.

Alors qu'il portait une sa fourchette à sa bouche, il surprit le regard de Draco posé sur lui. Quand le jeune homme remarqua que leurs regards s'étaient croisés, il détourna vivement les yeux avant de petit à petit les faire revenir sur son professeur.

Le loup-garou le regardait toujours et Draco plongea ses yeux dans les siens, malgré la distance qui les séparait.

Il avait envie d'être près de lui. Cette sensation le prit brusquement, envahissant chaque cellule de son corps et le faisant frissonner sous sa violence.

Rémus inclina la tête sur le côté d'un air interrogateur alors qu'il perçut le regard troublé de son compagnon. Il vit sa poitrine s'élever et s'abaisser dans un rythme de plus en plus rapide. Son voisin de table lui jeta un regard étrange et Draco se leva brusquement avant de se diriger d'un pas rapide vers la porte de la Grande Salle.

Rémus regarda disparaitre son compagnon avec appréhension. Que lui arrivait-il donc ?

Sans attendre plus longtemps, il posa ses couverts et se leva à son tour pour sortir dans une démarche qu'il espérait la plus détendue possible. Mais une fois dans le couloir, il ne s'embarrassa pas et se mit à courir, faisant attention aux bruits autour de lui pour ralentir quand il croisait quelqu'un.

Il suivit l'odeur de son compagnon jusqu'à la porte de son propre bureau. Draco était devant celle-ci, faisant les cent pas en se tordant les mains de nervosité.

Rémus ralentit le pas et s'approcha doucement.

-Draco ?

Le jeune homme leva le regard vers lui et Rémus plongea une nouvelle fois dans ses yeux troublés.

-Je… J'ai…

Rémus commençait vraiment à devenir inquiet face au comportement de son compagnon. Il ouvrit rapidement la porte de son bureau et Draco entra immédiatement dans la pièce sans attendre son invitation. Le loup-garou regarda rapidement autour de lui si personne ne les avait vus et pénétra à son tour dans son bureau.

Draco tournait en rond dans la pièce, son corps comme possédé par une énergie trop forte et qu'il n'arrivait pas à expulser. Il ne comprenait pas ce qui se passait, ce qu'il ressentait. Il savait juste qu'il avait envie d'être près de Lupin. Il en avait même besoin.

Il entama un nouvel aller-retour quand une main se posa avec hésitation sur son épaule et lui fit suspendre tous mouvements. L'envie en lui se fit instantanément moins pressante.

-Draco, parle moi.

-Je crois que je suis en train de devenir fou ou un truc comme ça. J'ai ce... ce feu en moi là, qui me brûle. J'ai envie… Bon sang, j'ai envie d'être près de vous ! Je n'arrive pas à me contenir !

Draco redressa presque timidement la tête suite à cet aveu qu'il n'avait pas prévu de faire et son regard croisa le visage de son professeur orné d'un énorme sourire malgré l'effort visible qu'il faisait pour le contenir.

-Ça ne me parait pas si dramatique que ça. Répondit Rémus qui finit par abandonner l'idée de cacher la joie qui venait de l'envahir. Tu es mon compagnon, c'est normal que tu ressentes quelques besoins, il ne faut pas en avoir honte. Et ne surtout pas t'inquiéter pour ça.

Draco ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, mais la referma quelques secondes plus tard.

La main sur son épaule droite glissa jusqu'à sa nuque où elle s'attarda quelques instants avant de continuer son chemin sur la gauche. Draco se retrouva enlacé par un des bras de Rémus.

-Et ça va mieux maintenant que je suis près de toi Draco ?

La voix de Rémus était douce, caressante contre son oreille.

Dans un soupir d'abdication, le Serpentard posa sa tête sur l'épaule du loup-garou et répondit.

-Oui. Oui, ça va beaucoup mieux.

Et c'était le cas. Un calme inhabituel s'était maintenant installé dans son corps, contrastant avec le besoin insoutenable qui l'avait possédé.

Il avait honte de son comportement, de la crise qu'il venait de piquer. Pourquoi son corps avait-il subitement pété un câble ? Ce n'était pas dans ses habitudes de perdre le contrôle de la sorte, mais il n'avait eu aucune emprise sur cette sensation poignante qui l'avait saisie.

Mais à présent qu'il sentait la présence du loup-garou contre lui, cela ne lui semblait plus aussi dramatique. Il avait pu retrouver la chaleur de son professeur, même si c'est avec gêne qu'il savourait ce moment.

Un doigt se posa légèrement sous son menton et le força à redresser la tête. Ses yeux plongèrent dans ceux du lycanthrope et restèrent accrochés quelques instants avant le loup-garou n'incline la tête dans sa direction.

Doucement, les lèvres chaudes de l'homme se posèrent sur les siennes.

Draco ne résista pas. Il se laissa simplement emporter par le moment. La main sous son menton migra vers son cou alors que le bras autour de ses épaules l'attira lentement contre le corps de son professeur.

Le jeune homme se tendit quand une langue vint caresser ses lèvres, parcourant leurs contours, testant leurs souplesses. Elle ne demandait rien d'autre que de le découvrir, de le savourer.

Draco entrouvrit les lèvres et la langue exploratrice s'engouffra doucement pour partir à la découverte de sa bouche.

Le baiser était calme, doux. Rémus voulait seulement profiter de l'instant, découvrir la saveur de son compagnon sans précipiter les choses. Il était attentif aux réactions du jeune homme, prêt à se stopper dès qu'il capterait le moindre signe témoignant du malaise du Serpentard.

Il sentit la langue de Draco pointer timidement vers la sienne, voulant elle aussi accompagner sa consœur dans ses mouvements lents. Elles entamèrent alors ce ballet ancestral répété par des millions de gens, mais pourtant unique.

Rémus mit petit à petit fin au baiser, écartant ses lèvres de celles de son compagnon. Les deux hommes se regardèrent quelques secondes avant que Draco ne détourne les yeux de gêne. Pourtant, il ne chercha pas à s'écarter de lui alors Rémus continuait à tenir son corps entre ses bras.

-N'ai pas honte d'exprimer ton ressenti devant moi. Dit Rémus d'une voix basse tout contre l'oreille de son compagnon. N'ai pas honte de ressentir quelque chose pour moi. N'ai pas honte de toi. Il hésita un petit moment avant d'ajouter d'une voix enrouée. N'ai pas honte de moi.

-Je n'ai pas honte de vous. De toi. Répondit Draco d'une toute petite voix et Rémus le crut.

-Mais tu as honte de toi ?

Le jeune homme hésita un petit instant.

-Parfois oui.

-Alors arrête d'avoir honte. C'est un ordre que te donne ton loup-garou.

-Je ne reçois d'ordre de personne. Répondit Draco dans un petit sourire.

-Je sais et c'est très bien comme ça.

Draco posa de nouveau sa tête sur l'épaule de l'homme.

Son loup-garou.

À suivre