Ils gardaient tous le regard fixé sur la fillette, le centre d'attention de tout le monde en cet instant, mais elle ne semblait pas plus troublée que cela ... Bien au contraire, elle semblait apprécier ça ...

- Qu'est ce vous avez fait ? Demanda Urahara, agitant son éventail devant son visage.

- Je crois bien qu'on l'a enlevée. Répéta Orihime, se frottant la nuque avec nervosité.

- Ha oui ... Murmura pensivement le blond. En effet ...

La fillette pencha la tête sur le coté, puis, de l'autre coté ... Elle ne semblait pas comprendre pourquoi elle était là, et pour tout avouer, personne ne savait vraiment pourquoi ils l'avaient emmenée ici ... Au magasin d'Urahara...

- Qu'est ce que ça veut dire "enlever" ? Demanda Nell.

- Ça veut dire qu'on avait pas le droit de le faire. Avoua Orihime, se frottant toujours la nuque.

- Ha oui ... Répéta le blond. Je vois ...

- Mais c'est grave ? Demanda Nell.

- Oui, très grave ! Avoua enfin Orihime, désespérée.

- Ho mon dieu ! S'écria soudainement Urahara. Ils l'ont enlevée ! ENLEVEE ! Mes petits enfants ont enlevé la fille d'un riche multimilliardaire ! On va tous finir en prison ! Même pas ! Ils vont sûrement nous envoyer l'armée et nous détruire !

- Je peux jouer avec elle ? Demanda tout naturellement Ururu.

- Ho, oui ! S'écria enchantée Nell. Tu veux devenir amie avec Nell et Ururu ?

La fillette les fixa avec surprise, mais elle finit par sourire.

- Oui, je veux bien ! Répondit-elle. Je m'appelle Kotori Shuiro.

Pendant cetemps, Urahara criait à Tessai de faire les bagages, qu'il fallait qu'ils quittent la Terre pour gagner le Hueco Mundo ... Bien sûr, la chose semblait exagérée au premier abord, mais la situation empira lorsqu'Ichigo, inquiet pour son ami, arriva accompagné du reste de la troupe.

- Vous avez quoi ? Répéta-t-il les yeux écarquillés.

- Ils m'ont enlevée ! Répondit la fillette a priori enchantée par cette idée.

- Tiens, il semblerait qu'un enlèvement ne soit pas prit comme une forme d'agression dans certains cas ! Lâcha intéressé Kurotsuchi. Pourrais je t'étudier un peu fillette ?

- Ca fait mal ? Demanda t elle naïvement.

- Un petit peu, mais si tu te laisse faire, je te donnerais une sucette à la fraise ! Assura le scientifique.

On éloigna tout de suite la dite fillette, pour sa protection ... Le capitaine de la douzième division s'indigna légèrement, mais lâcha prise plutôt rapidement, se concentrant sur un autre sujet à analyser : Urahara Kisuke qui semblait s'être soudainement effondré au sol, terrassé par un aveu aussi insignifiant que celui que lui avait fait les premiers adolescents arrivés ...

Orihime ne pouvait s'empêcher de rire malgré la gravité de la situation. Elle trouvait cela plutôt marrant : ils avaient eu au même moment la même idée incroyable ! Si Tatsuki ne s'était pas dirigée vers la fillette, nul doute que l'un des autres l'aurait fait ! Renji avait attrapé Pedazo dans ses bras et Uryû avait agrippé Orihime à la taille et ils s'étaient enfuis sans demanderleur reste, plantant le père de la famille Shuiro sur place !

- On saitoù elle habite ? Demanda Keigo. On a qu'à la ramener en disant qu'ils sont sortis d'un asile de fous !

- Hors de question ! S'écrièrent en même temps quatre têtes qui lui envoyèrent un flot de regardscolériques et réprobateurs.

- Vous voulez pas que je rentre chez moi ? Demanda la fillette dont il était question. Pourquoi ? J'ai fait quelque chose de mal ?

- Mais non, mais non ! Assura Orihime. Ne t'inquiète pas !

- Pourquoi vous m'avez enlevée ? Demanda t elle timidement.

- Par ce que tu es mignonne ! Répondit Orihime avec crédulité ...

La fillette accepta la réponse et repartit dès lors s'amuser avec ses deux nouvelles amies, laissant un peu souffler Orihime qui ne savait plus du tout quoi faire. La laisser repartir, c'était la faire retomber dans son destin sinistre, mais la garder lui semblait tout aussi impossible ... Non, décidément, elle ne savait pas comment agir ...

A la porte du magasin, quelqu'un frappa et Urahara se réanima, pour prendre une mine terrible en criant "c'est la police ! Ils sont là pour nous arrêter !" ... Tessai décida d'aller au front et ouvrit la porte. Si les flics tiraient, sa peau dure arrêteraitles balles ! En tout cas, quelle ne fut pas sa surprise en découvrant un homme charismatique qui n'attendit pas pour rentrer. C'était bien sûr le père de la famille Shuiro ...

Celui ci n'attendit pas une seule seconde pour reprendre la fillette, ne prêtant attention à personne, pas même à ses ravisseurs, et fit demi tour sous une multitude de regards interloqués qui semblaient se demander ce qui se passait ... Orihime se leva, constatant que l'homme n'avait aucune envie de ne serait-ce que parlementer.

- Je connais votre secret ! S'écria-t-elle avec force.

L'homme se figea, la fillette entre les mains, et se tourna lentement vers la jeune fille, lui lançant un regard froid. Il semblait vouloir la sonder et ils échangèrent tout deux un regard très lourd. L'homme finit par soupirer et voulut sans doute repartir, mais Pedazo bloquait de son corps le passage ... Bon, il ferait pas long feu, mais çapermettrait peut être à Orihime de trouver une solution ... Non, attendez, elle avait aucune envie de voir mourir son fraccion ! S'écriant soudainement, elle se jeta dans le dos de l'homme, l'agrippant en pleurant.

- Non ! Ne le tuez pas ! Il est pas méchant !

- Je n'ai aucune envie de le tuer ! Protesta l'homme en fronçant les sourcils.

- Notre Orihime déborde toujours autant d'imagination ! Constata subtilement Tatsuki.

- Je ne vous laisseraispas partir avec Kotori ! Assura Pedazo qui semblait prêt à en découdre.

Orihime lâcha l'homme et se demanda si elle devrait prendre part à la bataille qui risquait fort de se produire. Elle regarda tour à tour l'arrancar et l'homme. Finalement, il soupira une nouvelle fois et reposa la fillette qui, d'ailleurs, semblait tout aussi perdue que le reste des personnes présentes.

- Je ne peux pas vous la laisser. Lâcha-t-il froidement.

- Si, vous pouvez ! Assura Pedazo.

- Vous êtes du genre têtu, hein ?

- Je suis comme ma mère ! ...

Soupirant une nouvelle fois, l'homme secoua doucement la tête. Il se rapprocha de Pedazo, l'airmenaçant et Orihime se mit entre les deux hommes ... La position n'avait rien pour lui plaire, mais dans son état, l'arrancar ne pouvait pas se battre, il ne ferait que provoquer une crise qui pourrait lui être fatale et il était hors de question qu'il se mette en danger.

- Je crains de ne point comprendre la situation actuelle ! Avoua soudainement la voix d'Urahara, attirant l'attention de l'homme. Je me présente, Urahara Kisuke ... Gérant de ce magasin ! Il y a à peu près une heure, ces gens sont arrivés avec une fillette dans les bras ... Et ils m'ont assurés qu'ils l'avaient "sauvée", il ne m'ont pas dit de quoi ou de qui, mais quand je leur ai demandécomment, ils ont répondu "en l'enlevant, pardi" ...

Il jeta un coup d'œil à Orihime,auteur de la dite phrase et la fit légèrement rougir, puis reporta son attention sur l'homme.

- J'aimerais comprendre. Acheva le blond.

- Cela ne vous regarde en rien. Si vous voulez que j'appelle la police, je le ferais ! Menaça l'homme. Je n'aurais pas la moindre hésitation !

- Papy ! Protesta la fillette en secouant un pan de sa chemise. Ils sont pas méchants ! Ils voulaient juste me sortir du manoir ! Dit, je peux rester un peu ? Je me suis faites deux amies ! Ururu et Nell ! Elles sont là !

L'adulte fixa les deux fillettes qui penchaient la tête sur le coté, fixant l'homme avec curiosité. Une nouvelle fois, il soupira de dépit et se tourna vers Orihime et Pedazo. Il semblait en colère et, franchement, elle comprenait pourquoi, mais elle n'était pas prête de céder et son fraccionparaissait bien plus décidé qu'elle à camper sur ses positions.

Il ne voulait plus abandonner Kotori àson sinistre destin. Il voulait changer cela et Orihime était habitée par cette même volonté inébranlable ... Tatsuki, Renji et Uryû s'étaient levés et semblaient prêts à agir. Ils étaient les seuls, n'ayant pas fait part des découvertes sur la famille Shuiro, ne préférant pas attirer l'attention sur eux, c'est pourquoi tout le monde semblait aussi largué.

- Monsieur, laissez les enfants jouer un peu et prenons un verre tous ensemble. Proposa Urahara.

- Je n'ai pas de temps à perdre inutilement ! Répondit sèchement l'homme.

- Si vous l'emmenez, vous allez détruire ce qui reste en elle de pureté et d'innocence. Répliqua sèchement Pedazo.

- Cela ne te regarde absolument pas ! Riposta l'adulte sans en démordre.

- Cela le regarde plus que vous ne pouvez l'imaginer ! Avoua Orihime. Laissez-la ici !

Il les regarda tour à tour, s'énervant peu à peu. Il perdrait bientôt patience et dans ce cas là, ils allaient devoir aviser pour trouver une solution ... Voyons voir, à cette distance et avec un coup de pied bien placé, elle pouvait le paralyser sur place et ... Non, fuir ne servirait absolument à rien ... Ils ne pouvaient vraiment rien faire pour Kotori ? Même pas un tout petit quelque chose ?

- Ramenez-là cesoir ! Céda soudainement l'homme, avançant la main vers Pedazo pour l'agripper au col de sa chemise et l'attirer à lui. Si ce soir, vous ne me la ramenez pas, j'appelle la police et je donne votre signalement et celui de tous vos amis, compris?

Orihime agrippa le bras de l'homme, le secouant doucement pour lui faire lâcher prise. Elle le regarda d'un air suppliant et il sembla dérouté. Pedazo fut libéré de l'emprise de l'homme. La jeune fille regarda son fraccion qui secouait la tête.

- Pedazo, fais ce que je te dis de faire ! Ordonna-t-elle avec tristesse. Dit lui "oui" ! ...

Il la fixa, écarquillant les yeux ... Elle devait l'avoir choqué ... Et en fait, elle se surprenait elle même ... Elle ne voulait pas laisser Kotori entre les mains de sa famille, mais en l'état actuel des choses, ils ne pouvaient rien faire ! ... Rien ... Si ce n'est lui offrir une belle et agréable journée ... Lui offrir la plus belle de toutes parce qu'ils savaient quoi faire pour la rendre heureuse ... Et lorsqu'elle repartirait vers son manoir sinistre, elle partirait avec des souvenirs magiques, agréables et heureux !

- Accepte ! Lui conseilla-t-elle, caressant sa joue. C'est mieux que rien, tu ne crois pas ?

L'arrancar baissa le regard mais acquiesça d'un signe de tête. Il céda comme il avait toujours cédé à la jeune fille, obéissant sans restriction... Pauvre pauvre Pedazo qui était encore influencé par sa loyauté envers elle. Elle aurait préféré se battre, crier sa rage à son père, lui dire ses quatre vérités et au lieu de cela, il se referma et obéitpour offrir à la fillette un beau cadeau ... Un sacrifice énorme, mais il en valait sûrement la peine.

L'homme passa à coté d'eux, quittant le magasin sans rien ajouter de plus, les abandonnant pour la journée ...

L'histoire finirait encore une fois mal !


Tout le monde était présent, installés sur le bord de la rivière, regardant le spectacle qu'avait trouvé un jour par hasard Tatsuki. Tout le monde regardait ce ciel, émerveillés et admiratifs. Les liens continuaient de se faire et de se défaire, comme la fois précédente, mais leurs propres énergies semblaient influencer plus encore le cours des choses. Elles s'attiraient avec force et s'unissaientavec une telle intensité qu'une explosion avait tendance à éclairer d'avantage le ciel. Les liens prenaient alors différentes couleurs ...

Nell fit remarquer que les deux énergies de Dondochakka et Pesche avaient tendance à se rencontrer, à s'unir et à se repousser brutalement avant de recommencer sans cesse. Personne n'eut cependant envie de se moquer quant à la signification que cela pouvait avoir. On se contentait d'apprécier le spectacle et rien de plus, partageant simplement une glace qu'avait apporté Kurotsuchi ... L'heure n'était pas à la méfiance. Tout le monde mangea la crème glacée sans se demander s'il y avait dedans des microbes espions ou pas ...

Byakuya aussi s'était joint àla fête ainsi que Kenpachi (répétition« aussi »). Yachiru s'était installée aux côtés de Ururu, et Nell ne cessait de toucher ses cheveux en demandant si c'était du chewing-gum. Kotori aussi semblait intriguée, mais ne posa pas de questions, plus intéressée par les clochettes qui pendaient au bout des cheveux de Kenpachi. On crut d'abord qu'elle était impressionnée par l'homme, mais on la vit donner un coup dans une clochette et prendre la fuite pour se cacher derrière Pedazo. Elle se tournait ensuite pour voir si l'homme la suivait et recommençait ... Pedazo comprit qu'elle essayait de jouer avec l'homme, tentant de l'énerver pour qu'il lui court après ... Il se demanda si c'était une bonne idée d'énerver Kenpachi et abandonna sa réflexion de l'arrêter lorsqu'il vit Yachiru faire la même chose ou presque : elle s'amusait à donner des coups plus violents, arrachant presque la mèche de cheveux ...

Finalement, n'ytenant plus, l'homme se leva brutalement en criant, faisant frisonner tout le monde, et courut après les fillettes qui riaient d'amusement ... N'était ce pas cela qu'on appelait "le jeu du démon" ? Ururu et Nell, et même Jinta s'étaient joints à la partie, mais lorsqu'il arrivait à Kenpachi de poursuivre l'arrancar, elle se mettait souvent à pleurer ... Alors il s'arrêtait en haussant les sourcils et Yachiru en profitait pour lui piquer un grelot ...

A la fin du jeu étrange, le pauvre Kenpachi était privé de tous ses grelots et fulminait légèrement, prenant Nell dans ses bras et tentant de la réconforter malgré son air de méchant. Une bonne femme qui avait assisté au spectacle déclara àvoix haute que cet homme était indigne d'être père et ... Elle eut la plus grosse peur de sa vie en découvrant le visage décomposé de la petite Yachiru qui n'était, mais alors pas du tout d'accord avec elle ! D'ailleurs, Ururu et Nell elles mêmeprotestèrent farouchement, et Kotori dansait autour de l'adulte en lui demandant de recommencer à jouer. Jinta patientait, les bras croisés sur son torse.

Elle semblait réellement heureuse, dansant dans ce flot concentré d'énergie spirituelle, la sienne se mêlant aux autre sans se soucier de quoi que cesoit, appréciant sûrement cette chaleur qui se déversaiten elle ...

Finalement, il était temps de reprendre une glace et de se reposer un peu. Non pas que Kenpachi puisse être terrassé par quatre fillettes hautes comme trois pommes, simplement que Nell s'épuisait facilement, n'étant que dans un corps destiné à la rendre humaine. Il fallait aussi désaltérer les petites pour éviter toute insolation, et Pesche essaya même de leur faire faire une toute petite sieste, mais chaque fois qu'ellesdaignaient se coucher, une des quatre se relevait en assurant qu'elle avait dormit !

Les enfants avaient beau être d'une puissance démesurée, il semblait bien qu'ils n'en restaient pas moins des tous petits enfants dans leurs esprits ...

Dondochakka prit la relève et leur dit de se coucher. Elles assurèrent encore une fois qu'elles n'avaient pas sommeil et on compta une seconde avant de les voir toutes soudainement terrassées et vaincues par la chaleur caressante et la douceur du vent qui était idéale pour une toute petite sieste ... Le spectacle était assez amusant : Ururu et Yachiru sur le bord semblaient vouloir protéger les petits corps de Kotori et Nell tandis que Jinta s'agitait un poil plus loin et Yoruichi s'était installée sur son ventre, décidant elle aussi de faire une petite sieste.

- Nous voila tranquilles ! Souffla malgré lui Kenpachi avec satisfaction. Dites à Yachiru de se battre et elle fera un carnage ! Dites-lui de s'amuser et elle fera encore pire !

- Les enfants sont un sujet intéressant ! Affirma avec force Mayuri. Ils sont étranges et on ne cesse de découvrir certains mystères à leur sujet !

- Ha, non, tu vas pas nous saouler avec tes histoires bidons ? Répliqua le capitaine mécontent. Regarde les donc et apprécie juste le spectacle.

- Saviez vous que même un enfant malheureux sourit avec sincérité ? Demanda tout de même le second.

- Que voulez vous dire ? Demanda intrigué Pedazo.

- Les enfants sont des êtres qui ne voient que le bonheur. Leurs esprits innocents s'adaptent et acceptent ce qu'on leuroffre. Répondit avec patience le scientifique. Ils auront beau être tristes, s'il y a quelqu'un pour les regarder, ils souriront à cette personne et attendront une réponse ets'ils n'en ont pas, ils essayeront encore ... Et comment faire lorsque nous nous trouvons en face d'un enfant qui sourit ?

- On répond ?

- Oui, lorsque l'on voit quelqu'un sourire dans la rue, on ne peut s'empêcher de sourire en retour. La joie est transférée d'une personne à l'autre ... Les enfants plus que tout autre personne ! Ils possèdent une puissance qui dépasse bien souvent l'entendement ... Les enfants sont des êtres qui cherchent naturellement le bonheur et quelle que soit leur situation. Il suffit de visiter un pays en guerre où le malheur sévit sans cesse ... Les enfants ne sont pas repliés dans la terreur de mourir demain. Pour eux, demain n'est que demain ! Alors ils vivent heureux et sourient à qui le veut !

Cet homme était étrange. On avait mis Pedazo en garde, lui assurant qu'il était très dangereux et fou, mais il semblait en réalité très "sain" d'esprit. Son regard étrange et son sourire terrifiant pouvaient faire craindre à quiconque quelques instants passés en sa compagnie, mais en réalité, il n'était qu'un scientifique en quête de réponsessur des sujets importants tels que la vie ou le bonheur ... Ses autres sujets d'expérimentation n'intéressaient plus vraiment l'ex-arrancar pour la simple raison que Kurotsuchi ne semblait pas les faire de sa propre initiative ... S'il lui avait demandé quel sujet il préférait étudier, Pedazo était sûrque le capitaine lui répondrait "la vie" ...

Tout le monde se recoucha et on resta silencieux, fixant le feu d'artifice sans rien ajouter. La respiration régulière des fillettes était un nouvel instrument de musique pour cette nature indéchiffrable et si magnifique.

Pedazo ne regrettait pas d'avoir attendu si longtemps pour qu'on l'amène ici. Il appréciait tout cela avec délectation. Il savourait les derniers moments qu'il passait avec tous ses amis, parce qu'il savait qu'il ne lui restait plus que quelques heures, si ce n'était des minutes, oui ... Il savait ...

Que savait il exactement ?

Aizen allait envoyer des troupes avec brutalité et pas la petite troupe, sûrement des Espada. Maria, Clara et Rita n'avaient été là que pour analyserla situation. Sûrement que l'homme ne s'était pas attendu à un retour quelconque. Le fait que Rita ait survécu n'était sûrement que dû à la protection que lui avait accordé Uryû et la présence de la fraccion d'Ulquiorra. Un hasard qui avait permis à Aizen de savoir avec précision quelle troupe se trouvait ici ... Ce serait une attaque éclair, soudaine, et imminente ... Il se trompait peut être de jour, mais cela lui semblait évident que ce fut ce jour même. Il fallait attendre que la vigilance de la Soul Society se fasse plus faible, et que l'attaque ne se passe pas dans un délai trop éloigné de la première ...

Une force de frappe énorme qui frapperait avec rapidité pour récupérer Orihime, et si Grimmjow n'était pas là, il se ferait tuer, lui le traîtredes Arrancars, celui qui avait été dans leur armée mais qui avait brutalement changé de coté sans qu'il n'en montra le moindre signe ... Si Grimmjow était là ... Il ne savait pas comment les choses se passeraient. En tout (les)cas, Orihime ne risquait pas de se faire tuer pendant la bataille ...

- Hé, Pedazo, tu as remarqué que ton énergie spirituelle ne se lie qu'avec celle d'Orihime ? Demanda soudainement Ichigo avec une pointe de jalousie.

- Ha ? Lâcha le jeune homme enrelevant le regard. Je ne suis pas sûr, elle s'approche des autres ...

- Soit pas jaloux ! Riposta soudainement Chizuru avec moquerie. L'énergie de la princesse se lie à toutes les autres ! Regarde bien !

En effet, l'énergie vigoureuse de leur amie s'avançait sans la moindre crainte ici et là, se liant farouchement à toutes cellesqu'elle touchait, se rapprochant de certaines et renforçant leur luminosité. Elles restaient souvent soudées en un nuage que personne ne manquait de voir dans le groupe, mais quelque chose intrigua l'ex-arrancar ... L'énergie d'Orihime plus que toutes les autres, partait en tous sens une fois éloignée de la jeune fille. Elle semblait zigzaguer ici et là ... C'était comme si elle recherchait quelque chose ...

Elle recherchait sans doute l'énergie de la personne fusionnelle ... La personne fusionnelle ... N'était ce pas Ichigo ? Orihime lui avait si souvent parlé du jeune garçon qu'il s'était bien rendu compte de l'amour qu'elle lui portait ... Lorsqu'elle avait sentit l'énergie du garçon au Hueco Mundo, elle s'était emplie d'une joie immense. Lorsqu'il s'était fait battre par Ulquiorra, elle s'était emplie d'une forte crainte ... Chaque fois qu'il était tombé, elle avait faillit elle même sombrer dans le désespoir, et pourtant ... Pourtant ... Actuellement, son énergie cherchait quelqu'un d'autre ...

- De savoir que l'énergie de ma princesse s'unit à moi me comble de joie ! Avoua Chizuru. Au moins, nous somme unies dans le ciel ...

- C'est vrai que c'est un spectacle indécent ! Affirma Urahara. Ne regardez pas cette orgie les enfants !

Tout le monde se mit dès lors à commenter les effluves de leur propre énergie spirituelle. Ainsi, on se demandait pourquoi l'énergie de Mayuri semblait chercher le contact avec celle, fuyante, de Renji, pourquoi celle de Tatsuki semblait repousser certaines énergies de celle d'Orihime et surtout, pourquoi beaucoup d'effluves semblaientfuir l'énergie ravageuse de celle de Kenpachi. On nota avec humour que certaines arrivaient avec brutalité et on se rendit compte avec encore plus d'humour que l'énergie provenait habituellement d'enfants ... L'énergie de Byakuya s'avançait telle un loup solitaire parmi les autres, ne se liant pas d'elle même mais acceptant les contacts brefs, celle d'Ichigo aussi se liait à beaucoup ... La plus étrange était celle d'Uryû qui fuyait littéralement celle des shinigamis ... Celle de Keigo était sans cesse attirée et repoussée brutalement par celle de Mizuhiro.

Tout ce spectacle n'en restait pas moins agréable, et ce malgré le fait que certains semblaient bien vouloir remarquer des choses qui n'existaient pas ! Tout le monde discutait plus ou moins, tentant d'analyser quelque chose qui ne pouvait (pas) l'être, tentant de comprendre les signes qu'ils voyaient et même si Mayuri leurassurait que l'énergie spirituelle était sûrement influencée par la personnalité des personnes, personne ne l'écoutait vraiment ...

Pas même Orihime et Pedazo, qui restaient calmes dans leur coin, fixant ces explosions diverses dans le ciel. Il se demandait depuis un petit moment si elle n'était pas troublée par ce que semblait lui indiquer son énergie ...

- Quelque chose ne va pas, Dame Inoue ? Demanda le jeune homme, penchant la tête en avant.

Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas appelée ainsi et cela lui fit également un très grand bien. Il ne put s'empêcher de sourire et lorsque la jeune fille le regarda, elle sembla légèrement troublée par le spectacle qu'il offrait. Il n'avait aucun mal àcomprendre pourquoi ...

- Je ne sais pas, je suis troublée. Avoua-t-elle franchement.

- Je ne comprendspas. Vous êtes troublée, mais à quel propos ? Demanda-t-il.

- Je suis amoureuse d'Ichigo, pourquoi mon énergie ne se lit-elle pas avec la sienne ?

- D'Ichigo ? Répéta naturellement l'ex-arrancar.

Elle sembla troublée et rougit légèrement. Elle regarda en arrière pour voir si les autres les regardait, mais personne ne semblait intéressé par leur conversation. Elle sembla reprendre leshabitudes du passé, lorsqu'ils étaient encore tous les deux au Hueco Mundo, lorsqu'elle parlait de ses impressions à son fraccion, lorsqu'elle partageait ses émotions et sentiments avec lui, tout cela s'était fait si naturellement qu'elle continua.

- Je crois ... Murmura-t-elle, rougissant d'avantage.

- Vous avez changé, Dame Inoue. Déclara le garçon.

Elle parut encore plus troublée par l'aveu de son ami et ne sembla pas le comprendre.

- Avant, vous saviez ...

- Je ... Savais ? ... Comment ça ? Qu'est ce que tu veux dire ?

- Croire et savoir sont des mots bien différents ... Croire, c'est ne pas être sûr de ce que l'on dit et savoir, c'est ne pas douter ... Avant, vous saviez que vous aimiez Ichigo, mais maintenant, vous ne faites qu'y croire ... Par ce que, croire, c'est aussi "vouloir croire" ...

- ... Tu crois que je ne l'aime plus ? ...

- Je sais que vous ne l'aimez plus ... Et je sais aussi pourquoi vous ne l'aimez plus ...

Elle baissa le regard, se mordant légèrement les lèvres.

- J'ai vu vos regards. Avoua-t-il franchement. J'ai vu l'ombre qui y passait ... Je l'ai vu s'illuminer à chaque fois que votre espoir était frôlé et je l'ai vu désespéré bien des fois ... Vous me regardiez avec des regards si particuliers ... Mais ce n'était pas moi que vous regardiez ... C'était mon corps ...

Elle resta silencieuse, gardant obstinément son regard baissé sur ses mains qu'elle avait repliésur sa jupe. Il venait de lui faire mal, assurément, mais il savait aussi qu'il venait de la libérer d'un lourd poids et que, dès lors, elle pourrait choisir sans craindre la voix qu'elle prendrait ensuite ... Il prit doucement une de ses mains dans les siennes, la caressant avec affection.

- Maintenant que vous savez, vous pouvez vous soigner. Assura t il. On peut toujours oublier la personne que l'on aime. On peut en aimer une autre en forçant son cœur à le faire. Ne croyez pas que vous ne pouvez pas changer encore une fois. Vous êtes forte, Dame Inoue, bien plus forte que je ne le serais jamais ... Alors, vivez la vie quevous souhaitez et non celle que le monde veut pour vous !

- Oui, d'accord ! Dit elle souriante.

Quelqu'un les héla. C'était Yachiru qui leur faisait de grands gestes ensautant même sur place alors qu'elle n'était qu'à quelques mètres. Ils rirent et se levèrent pour la rejoindre, les autres fillettes se réveillant peu à peu.

- De quoi vous parliez ? Demanda intriguée la tête rose bonbon.

- Rien de bien important ! Assura Pedazo.

- Tu l'a demandée en mariage ? Demanda pleine d'espoir Nell. Vous allez avoir quand des enfants ? Demain ?

- Voyons Nell, les enfants ne se font pas en un jour ! Déclara Pesche avec joie. Laisse leur le temps de planter la graine !

- J'espère qu'ils seront nombreux ! Fit pleine d'espoir Ururu.

- Ouais, faites nous une tonne de garçons ! Supplia Jinta. Je veux une équipe de foot moi !

- Je n'ai pas déclaré ma flamme à Orihime ! Assura avec force Pedazo. Elle aime quelqu'un d'autre et moi aussi j'aime quelqu'un d'autre !

- Chouette, ça fera deux fois plus d'enfants ! En conclut subtilement Nell ...

- Tu aimes quelqu'un, vraiment ? Demanda soudainement Kotori.

- Oui, je sais que c'est surprenant, mais j'aime quelqu'un ... Mais pas la peine d'espérer, je ne suis pas sûr que tu le rencontres un jour.

La petite fille sembla pensive et tout le monde fit soudainement des suppositions plus ou moins loufoques sur l'amour de l'arrancar mystérieux. Kotori releva ses yeux innocents vers les liens et lâcha soudainement une exclamation de surprise.

- Je sais qui c'est ! Assura-t-elle victorieusement. Tu aimes le garçon qui t'a sauvé la dernière fois, hein ?

Pedazo resta muet, mais n'en perdit pas pour autant son sourire.

- Mon dieu, quelle perspicacité ! Remarqua Urahara. Il faut que tu me donne ton truc petite ! Je ne suis pas aussi doué !

- Il suffit de suivre la pression spirituelle ! Déclara la petite blonde en souriant, pointant le ciel. Regarde ! L'énergie rejoint celle-ci, celle du garçon de l'autre coté de la rive !


Il était là depuis un bon moment déjà, mais personne ne l'avait remarqué. Tous étaient préoccupés par leur discussion ou leurs petits jeux étranges. Ils fixaient quelques chose dans le ciel et il n'eut aucun mal à découvrir ce que c'était ... Il avait fini par s'ouvrir pour pouvoir voir la chose et s'était laissé distraire quelques instants ... Tout autant que ses adversaires ...

Grimmjow put savourer le spectacle quelques secondes avant de reporter son attention vers ses deux cibles, fixant avec intensité Orihime qui discutait avec Pedazo. Lorsqu'ils étaient repartis vers le reste du groupe, rejoignant les enfants, il avait entendu ce que la fillette rose avait dit, et la rage l'avait envahi. Il n'avait pas reprit suffisamment vite le contrôle et des bribes de son énergie s'étaient mêlées au ciel ...

Une fillette blonde qu'il ne reconnaissait pas le pointa du doigt et tous semblèrent se rendre compte de sa présence, se mettant immédiatement sur le qui vive. Naturellement, Kenpachi avait abandonné son Gigai pour se mettre devant les fillettes avec Urahara et Tessai, les autres se préparant à un combat imminent et ...

Pedazo se plaça devant Orihime ...

Stupide ... Il était vraiment stupide ! Ce mec était aussi énervant ! Il ne possédait pas de force, rien qui lui permette de se défendre, rien qui ne lui donne ne serait ce qu'un peu de force et il continuait àdéfendre sa maîtresse ! Pourquoi ... Pourquoi ?

Quelqu'un arriva soudainement à ses côtés. Tournant légèrement le visage, il vit l'air calme et décontracté de Lana.

- Qu'est ce que tu fous là ? Lui demanda-t-il, de mauvaise humeur.

- Mission : protéger la cible. Annonça-t-elle comme un automate. Combat imminent ...

- Je vois, Aizen a donc perdu patience ! Siffla-t-il de plus en plus mécontent. Tu as eu l'information quand ? Et quand comptent-ils attaquer ?

- Erreur : information non reçue. Je ressens la déchirure ...

Au même instant, la déchirure dont elle parlait se fit, grande, énorme ... Et en sortit plusieurs arrancars que Grimmjow ne connaissait absolument pas ... Des nouveaux arrancars créés sûrement pour remplacer les Espada morts lors de l'arrivée d'Ichigo au Hueco Mundo ... La bataille allait pouvoir débuter ...