Chapitre 19

Les voitures du FBI étaient présentes dans la cour du distributeur de pneus spécialisé. Le jour se levait à peine. Un équipe de techniciens cherchait la moindre trace qui pouvait corroborer la séquestration d'Hayden Perry dans ces lieux.

Le gérant était de bonne foi, il ne voulait surtout pas nuire à l'image de Porsche. Surtout pour être certain de voir sa licence renouvelée.

Il indiqua à l'agent Perotta un hangar qui servait autrefois à remiser les pneus usagés. Le lieu attendait une réfection afin d'être transformé en show-room pour l'ouverture prochaine d'un atelier de personnalisation.

Perotta entra et jeta un œil à son coéquipier du jour. Elle lui avait promis la veille de l'emmener sur le terrain si jamais elle même devait s'y rendre. Elle vit qu'il était au téléphone mais n'entendait pas sa conversation. Elle décida de s'arrêter pour l'attendre.

L'agent novice ralentit pour qu'elle ne saisisse pas ses dernière paroles.

- La réservation est pour demain. Je resterai pour quelques jours, mais je ne sais pas encore combien.

- Je vous garde la chambre pour 3 jours alors ? demanda la standardiste de l'hôtel.

- Parfait. C'est au nom de Connor Algernon. Vous voulez que j'épelle ?

La standardiste répondit que oui et il s'exécuta. Il lui fallait rester calme et courtois afin de n'éveiller aucun soupçon. Faire en sorte que personne ne se souvienne de lui.

- J'arriverai demain dans la matinée.

- Très bien, dit la femme, à demain monsieur Algernon.

Connor referma le clapet de son téléphone et se dirigea vers la jeune femme blonde.

- Alors C-Man [prononcer à l'anglaise 'simane'], on drague encore au téléphone ?

- Non, j'étais en train de régler les derniers détails de mon hébergement pour mes vacances.

- C'est vrai que t'as pris une semaine... C'est dingue ça ! Tu travailles même pas !

- Arrête, tu sais bien...

Il fut interrompu par la sonnerie de son téléphone. Avec un sourire d'excuse, il décrocha.

- Oui ?

Perrota tiqua, habituellement, il disait son nom quand il prenait une communication.

- Salut Crack. J'ai retrouvé les parents d'Hayden, fit la voix dans le téléphone.

- Je t'ai pas déjà dit un truc sur ça hier ?

- Désolé, dit Imamu. Je vais attendre devant chez eux, on sait jamais. Les deux cibles pourraient se pointer par ici.

- Il y a une seule cible. L'autre est là pour nous servir d'appui si on en a besoin.

- On se fout de la fille alors.

- Voilà, tu as tout compris. Je te laisse, j'ai du boulot là, dit-il en raccrochant.

- Un de tes amis ? demanda Perotta.

- Oui, il a flashé sur une fille mais voudrait sortir avec deux. Il faut le recadrer. Je m'en occuperai dès demain.

- Allez, viens, dit-elle en hochant la tête. On a une affaire à résoudre. Il faut prouver à Booth qu'on est aussi bons que lui et le docteur Brennan.

Quelques minutes plus tard, un technicien arriva vers eux pour leur annoncer qu'ils avaient trouvé un couloir vers la salle de climatisation du bâtiment. Tous les trois s'engagèrent dans le passage dont les murs étaient parcourus de canalisations.

Ils arrivèrent dans une pièce où l'on ne pouvait se tenir debout que dans l'embrasure de la porte. A vue de nez, les machines occupaient tout l'espace de la pièce. Elles se situaient à une cinquantaine de centimètres du sol, assez pour qu'on puisse se coucher dessous.

En se penchant, l'agent Perotta vit ce qu'elle recherchait. Des menottes étaient encore fixées sur les tuyaux qui partant de sous la machine. Haden Perry avait du être attaché là-dessous les bras en croix.

- Salut, dit Booth calmement.

- Salut, répondit Brennan.

Elle regarda le réveil pour voir qu'il n'était que 6h30. Il leur restait une demi-heure avant qu'il ne se mette à sonner. Largement le temps pour... Pour quoi en fait ? La veille, elle s'était endormie sans vraiment sans rendre compte alors qu'elle aurait souhaité parler avec son partenaire.

- Je ne vous en veux pas pour hier, vous savez, dit-elle. Nous avons eu des montées d'adrénaline et...

- Je ne veux pas d'explications scientifiques dès le matin Bones. C'est ok ?

Il ne l'avait toujours pas lâchée.

- Oui, je crois.

Ils restèrent ainsi quelques minutes, puis Brennan reprit la parole.

- J'ai fait un cauchemar cette nuit. Je vous ai vu inconscient dans la voiture, après avoir reçu le pneu en pleine tête.

- Nous allons tous les deux très bien, dit-il en attirant la tête de sa partenaire vers son épaule. On va essayer de trouver toutes les explications à cette affaire aujourd'hui.

Elle acquiesça et il reprit la parole.

- Après ça, il faudra absolument que nous parlions sérieusement.

- Je suis toujours sérieuse, répondit-elle avec un sourire.

Booth embrassa le front de Brennan et se leva pour aller à la salle de bains.

- Booth ! Merci de m'avoir tenue dans vos bras cette nuit. Je n'aurais jamais réussi à me rendormir autrement.

Il lui fit un clin d'œil couplé d'un de ses sourires ravageurs et sortit. Pas besoin de s'occuper du petit déjeuner, Jarod s'en chargeait.

Direction : la douche. Froide, la douche.