Chapitre 20 : une escapade seule, pour oublier...

Je dérivais sur le cours d'une rivière. Je me sentais légère.

Je sentis l'eau se rafraichir peu à peu et une ombre se glissa au-dessus de moi. Elle n'était pas inquiétante. Je rouvris les yeux lorsque je sentis que les flots ne me ballotaient plus. J'étais de nouveau dans mon antre, et les deux jeunes gens que j'avais déjà rencontré (cf chapitre 8) me fixaient avec inquiétude.

« -Vous... »

La jeune femme sourit, soulagée.

« -Appelle-nous Azel, pour mon frère et, pour moi, c'est Ankaa. »

J'adorais leurs prénoms. Je me relevais doucement, aidée par Azel. Ankaa portait maintenant les cheveux au carré, et seule une longue et fine tresse brune, à l'arrière de sa tête, cascadait jusqu'à ses genoux. Ils me souriaient tendrement et je sentis un lien fusionnel passer d'eux à moi. De quelque manière que ce soit, nous étions liés.

« -Heureusement que ton petit ventre va bien. »

Je passais outre la remarque d'Ankaa et m'attardais sur ma venue ici.

« -Comment se fait-il que... »

« -C'est à cause du choc émotionnel que Voldemort t'a transmis que tu es là. Étant donné que tu as une magie instinctive, tu perçois de façon exponentielle ce que ressente les autres. »

J'acquiesçai. Azel prit le relais :

« Vois-tu... Si tu es revenue ici maintenant, c'est aussi pour contrôler ta magie. Bien que ton esprit ait besoin de cette « mise à distance », il est temps pour toi de combler la prophétie et de remplir ton rôle auprès du sauveur. »

« Et quel est ce rôle ? »

« N'as-tu pas entendu nos paroles lorsque Sirius t'as offert la pierre prophète ? »

« Oh... Ça... »

La prophétie me revint en tête plus clairement que je ne l'aurais cru :

« Aider le garçon d'or te montreras ta voie.

Pour cela, échapper au passé tu devras.

Une magie d'instinct te guidera,

Et, du royaume animal, la reine tu seras.

Seule parmi les tiens à pouvoir les comprendre,

Les animaux te suivront.

Soit leur guide, sage et raisonnable,

Fais les bons choix,

Et récompense tu auras.

Soit tyran sans âme,

Guidée par tes envies les plus viles

Et ton nom disparaîtra… »

Ankaa me ramena à la « réalité ». Elle m'agrippa gentiment la main et me rapprocha du gigantesque cerisier. Elle apposa ma main sur le tronc. Il était bien moins doux que la première fois, et, surprise, j'ôtais ma main blessée.

« Que... »

« Ton coeur est emplit d'une douleur, d'un manque et d'une détresse terrible. Le cerisier, qui renferme tes émotions, se meurt... Tu es ici pour rectifier ce terrible changement en toi. Tu te perd, ce qu'il faut absolument éviter. Nous sommes là pour t'aider. »

A l'écoute de ses paroles, j'eus l'impression d'avoir trouvé une amie et une confidente. Je fondis en larmes dans ses bras. Je sentis bien vite deux autres bras resserrer l'étreinte. Je me mis à hurler tout ce que j'avais sur le coeur. Et un mot revenait vraiment : « Sirius » Je hurlais mon manque de lui. Son corps et son rire me manquaient. Ces idioties, je les oubliais peu à peu... J'étais terrifiée...

Une fois la crise calmée, Ankaa et Azel m'expliquèrent le fonctionnement de leur monde. Le temps se déroulait beaucoup plus vite ici. A savoir, bien que j'ai été dans mon « moi » pendant près de vingt quatre heures, seulement une heure s'était écoulée pour Voldemort, qui me tenait, inconsciente, dans ses bras. Ils me dirent aussi que je ne ressentirais, ni le besoin de sommeil, ni celui de me nourrir. Ils conclurent en disant :

« Il te reste trois jours dans ton monde pour sauver ton frère et le reste du monde sorcier. Si d'ici là, tu ne maîtrise pas ta magie instinctive et ne la fais pas évoluer... Nous ne pourrons plus t'aider. »

« Très bien. Qu'attendons-nous pour commencer ? »

Ils se sourirent.


Draco n'avait plus de nouvelles de son père, Severus vivait comme un moine et il lui semblait de plus en plus sentir l'enfant en lui. Bientôt, il ne pourrait, de façon définitive, plus avorter (il ne le supporterait pas moralement.). Les seuls points à le rattacher encore à la vie étaient les nouvelles régulières que Severus lui donnait (via hiboux...) à propos d'Hermione et Sirius. Celle-ci était régulièrement torturée par Bellatrix et ne semblait pas en bonne voie pour survivre. Quant à Sirius... Severus avait beau temporiser les sorts, il allait de plus en plus mal. Nous étions alors en plein hiver, et les choses s'annonçaient bien mal pour l'ordre du Phénix...


Près de 30 jours étaient passés. Je maîtrisais maintenant la métamorphose animale, je savais aussi étendre mes sens, en privilégier un... J'avais appris des sorts plus complexes, et mes deux professeurs avaient rajouté l'Avada seul, en cas d'extrêêêême nécessité. J'étais d'autant plus restreinte, que tuer allait à l'encontre de ma magie d'instinct. Je me devais d'être en parfaite adéquation avec le monde animal et la nature. Quoi de plus anormal que le meurtre ? Aussi, il fallait à tout prix que je ne donne pas la mort de ma main, sinon, je m'éloignerai bien trop de mon rôle prophétique... Azel et Ankaa m'avaient aussi inculqué le combat en corps à corps, celui avec des armes plus ou moins trouvées. Ils me simulaient des combats, m'obligeant à piocher grandement dans la zone « instinct de survie » de mon cerveau pour éviter de finir en nourriture à poissons... Au soir du 30ème jour, Azel m'annonça :

« On va pouvoir passer au choses sérieuses. Nous allons essayer de te guider sur ta voie du « moi » »

Je dus émettre quelque chose du genre « gnéh ? »

« Je m'explique, la première étape constituera à trouver ton 'totem' animal, ou l'animal qui te guideras tout au long de ta vie. Chez les sorciers, il s'agit du patronus. Cependant la forme de bouclier est fantomatique comparée à celle que tu dois d'acquérir. »

« Et sinon, d'autres réjouissances ? »

Un sourire flotta sur ses lèvres.

« Bien sûr ! »

Il continua sur sa lancée avec des tonnes de choses diplomatiques à apprendre sur les animaux, les rois actuels et patati et patata... En gros, après l'étape du totem, je n'avais plus que de la paperasserie à régler avant de devenir la reine de la jungle...

Malheureusement, si bien souvent la parie théorie est très simple, la pratique fait plus mal. Une folle équipée m'attendait, mais l'espoir d'oublier un peu ma vie physique me fit me plonger dans ces études improvisées. Le retour à la réalité allait être d'autant plus dur...


Rasta : J'espère que ça vous plaît, je sais combien c'est chi*nt le fait de publier chaque chap avec pas mal d'écart et, croyez-moi , ça me fait autant chier que vous... D'autant que j'ai deux autres fics en préparation avec, accessoirement, un BAC à la fin de l'année... Ô Bonheur ultime... =.="