Bravo à Mangas87 et dobbymcl qui ont trouvé ! Voici donc le chapitre d'Andromeda. Comme d'habitude, chaque commentaire est lentement savouré par l'auteur...


Chapitre 21 : Elle est pas solidaire – Andromeda Black

« Que vous le vouliez ou non, mère, je me marierai avec lui ! » Eut le temps de crier Andromeda avant de se reculer brusquement et que le feu ne s'éteigne.

Sa mère venait de lancer une casserole en fonte dans la cheminée et bien qu'elle soit à plusieurs kilomètres de là, la jeune femme n'avait pas pu éviter ce réflexe. Elle avait finalement coupé la communication. Sans doute avec l'eau dans le récipient.

Au moins, les choses étaient claires. Andromeda avait espéré pouvoir la raisonner un peu, au moins un instant, parce qu'elle était sa mère et qu'elle n'en avait pas d'autre, mais c'était peine perdue. Elle n'avait même pas pu parler avec Narcissa, celle-ci lui avait défendu de l'approcher et quand elle l'avait tout de même demandée, elle avait pu l'entendre crier depuis l'escalier qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec une traîtresse.

Andromeda était donc seule. Complètement seule. Et aucun membre de sa famille ne viendrait fêter son mariage. Aucun ne viendrait à la cérémonie, la voir dans sa robe de future mariée, la voir épouser Ted qu'elle aimait de tout son cœur. Il n'y aurait que la famille du jeune homme, et quelques amis. Elle n'avait même pas essayé de parler à Bellatrix, elle ne voulait plus la voir et sûrement pas à son mariage. Elle était fichue de le lui gâcher.

Elle ne s'était jamais bien entendue avec sa famille et elle se doutait un peu de la réponse que lui fournirait sa mère mais ça ne l'empêchait pas d'avoir mal. Ses parents ne comprenaient pas. Sa famille ne comprenait pas. Elle était comme orpheline. Elle n'avait pas suivi les principes familiaux. Elle n'avait pas suivi la pensée qu'on voulait lui dicter.

Toute petite déjà, elle ne comprenait pas pourquoi on faisait autant de différences entre certains sorciers et d'autres, à cause de leur naissance. Elle avait emprunté des livres à la bibliothèque et elle avait vu que c'était une pratique qui datait du Moyen-Âge. Mais qu'on appliquait encore dans sa famille. A tort et à travers. Et surtout parce qu'on était considérés comme du sang le plus pur, le plus noble, le plus méritant.

Elle s'était rapidement doutée que ses parents n'auraient pas tenu le même discours s'ils avaient été nés-moldus. Elle ne voyait pourtant aucune différence dans leur magie. Sa soif d'apprendre l'avait poussée à lire des centaines d'ouvrages et de manuels, sur tout et n'importe quoi, elle s'était cultivée, elle avait ouvert son esprit, et en arrivant à Poudlard, le choixpeau l'avait envoyée à Serdaigle, ce qui avait confirmé sa volonté de s'instruire le plus possible pour comprendre le monde. Et porter des jugements en connaissance de cause.

Ça n'avait pas plu à ses parents. Elle aurait dû suivre leurs préceptes. Suivre leur voie. Elle n'était pas allée à Serpentard, et c'était déjà un déshonneur, même si la maison d'argent et de bleu était une maison à peu près correcte à leurs yeux.

Ils avaient voulu contrôler ses amitiés, sa sœur était devenue leur espionne, et elle leur racontait ses moindres faits et gestes. Andromeda était devenue amie avec des sang-mêlés, des nés-moldus, des sang-purs, sans distinction. Elle se fichait des origines de ses amis et elle ne les demandait pas la plupart du temps, ils apprenaient à se connaître les uns les autres, un peu sur le tas, un peu comme ça, par hasard.

Ses parents en avaient été fous de rage et encore plus quand elle avait décrété qu'elle ne changerait pas d'amis quoi qu'il arrive, parce qu'elle n'en voyait aucune raison. Sa sœur avait bien essayé de lui faire regretter son geste mais elle l'avait amèrement punie. Depuis, elle n'osait plus s'approcher d'elle. Elle avait peur. Elle était sans doute la seule personne que Bellatrix craignait. Elle était aussi une des seules à la surpasser en magie, ce que la jeune fille n'appréciait pas. Andromeda s'en fichait. Elle était protégée et c'était tout ce qui comptait.

Les années avaient passées, et elle avait rencontré Ted Tonks. C'était un garçon assez discret, il appartenait à la maison Poufsouffle, comme la plupart des nés-moldus, et elle aurait presque plus ne pas le remarquer s'il ne l'avait pas bousculée par hasard dans un couloir. Il l'avait regardée de haut en bas, et quand elle s'était excusée de ne pas l'avoir vu, il s'était étonné qu'une Black ose lui adresser la parole, sans craindre son courroux.

Elle lui avait claqué qu'elle n'était pas une Black comme les autres, et surtout pas comme le reste de sa famille. Que ça n'était pas parce que son nom l'y liait qu'elle devait partager leurs pensées, et que s'il n'était pas fichu de le comprendre, alors il ne valait pas mieux qu'eux, à la discriminer. Il avait fini par rire et ils étaient devenus amis. Puis beaucoup plus que cela.

Il était gentil, doux, tendre, intelligent, et il avait beaucoup d'humour. Ensemble, ils étaient plus forts que n'importe quelle remarque qu'elle recevait à chaque vacance où elle était contrainte de revenir, plus que n'importe quel regard assassin de ses sœurs. Elle se fichait bien d'elles. Elle connaissait l'amour, elle, alors que ses sœurs n'en verraient jamais la couleur. Elle était heureuse alors que ses sœurs basaient leur vie sur les apparences, sur les masques et les artifices, sur la crainte qu'inspirait leur nom et les idéaux stupides qu'elles prônaient.

Andromeda releva la tête. Personne dans son entourage ne la comprenait. Personne ne viendrait. C'était un coup dur, quelque chose dont elle se souviendrait toute sa vie. Elle était à jamais rayée de sa famille et elle savait que son nom avait sans doute été brûlé par sa mère sur la tapisserie familiale. Mais ça n'était pas le plus important.

Elle allait se marier. Elle allait s'unir pour le restant de ses jours à Ted Tonks, l'homme de sa vie. Ils auraient une vie ensemble, un appartement, une maison, des journées, des nuits, des enfants peut-être, elle n'en savait rien. Mais elle serait bien plus épanouie que dans sa famille. Elle pouvait enfin échapper à cet enfer, à cette prison dorée.

Elle pouvait enfin respirer. Penser. Vivre tout simplement.


Prochain vers : Elle est paresseuse... Pour ce vers, j'ai choisi un personnage que nous croisons sous sa forme adolescente, bien que je l'ai vieillie un peu pour mon OS. Elle était à Gryffondor et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'était pas une vraie flèche. Sauf peut-être en divination...