Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.
Les vacances idéales de Peter Burke
Chapitre 21)Affronter l'étage et le reste
Une fois revenu dans le salon Neal retourna se blottir sur le canapé et ferma les yeux, espérant pouvoir s'endormir.
Le sommeil n'était pas un échappatoire qui lui était familier, mais s'il pouvait le délivrer pour un temps de l'angoisse qui le taraudait depuis quelques minutes, il l'accueillerait avec plaisir.
Peter soupira et posa la main sur son épaule.
- Neal, tu ne vas pas t'endormir ici. Je vais t'aider à monter dans ta chambre.
Neal soupira et rouvrit les yeux à regret, il tourna la tête vers l'escalier et fit la grimace. Ce n'était pas une échelle comme dans la cabane, mais il lui semblait très long et raide en cet instant précis.
Les médicaments commençaient à ne plus faire effet, la douleur revenait en force dans son corps, ce qui ne le poussait guère à vouloir monter à l'étage.
- Je crois que je vais rester ici. Par contre je n'ai rien contre une couverture... répondit il.
Peter échangea un regard avec Elizabeth.
- Neal, laisse donc Peter t'aider. Tu seras mieux dans un lit pour dormir.
- Je n'aurai rien contre, avoua Neal, mais je ne me sens pas le courage de monter toutes ces marches.
Cette fois le regard qu'échangèrent Peter et Elizabeth étaient vraiment alarmé. Pour que Neal en arrive à préférer rester dormir sur un canapé, fut il aussi confortable que celui mis à leur disposition, c'était qu'il devait être vraiment fatigué ou endolori.
- Je vais t'aider à monter. Affirma Peter d'un ton calme mais qui n'admettait aucun refus.
- Et moi, je vais te préparer tes médicaments et de quoi refaire ton bandage. Ajouta Elizabeth. Je vous rejoins dans un moment.
Peter tendit la main pour aider Neal à se relever.
Le jeune homme fixa cette main tendue vers lui, un peu hésitant.
Ce n'était pas la première fois que Peter lui tendait la main, mais il savait également ce qui suivait parfois ce geste.
Peter voulait l'aider, mais il ne lui faisait pas confiance pour autant et c'était ce qui faisait le plus souffrir Neal.
Cela le faisait souffrir, mais il ne pouvait pas en vouloir vraiment à Peter, l'agent avait de bonnes raisons de se méfier de lui. Il avait tellement de secrets, tellement de choses à cacher, certaines pas des plus honnêtes.
Parfois Neal avait la tentation de tout lui dire, mais il savait que s'il cédait à cette impulsion Peter se détournerait de lui et le renverrait directement en prison.
C'était ce qu'il redoutait le plus, voir Peter le rejeter.
Même s'il se jouait parfois de l'agent du FBI il tenait à conserver la relation qu'ils avaient noué. Peter était sans doute l'unique personne en qui Neal savait pouvoir placer sa confiance.
Il prit la main tendue et se leva.
Peter glissa avec prudence un bras dans son dos afin de le soutenir.
Ils se dirigèrent avec lenteur vers l'escalier. Neal marqua une pause devant les marches.
Peter l'encouragea aussitôt.
- Je suis certain que tu peux y arriver. On se lance ?
- Oui. Murmura Neal en prenant une profonde inspiration.
Il détestait se sentir en position de faiblesse et il détestait par dessus tout que Peter en soit témoin. Il fit donc de son mieux pour tenir bon jusqu'à la chambre.
Le lit était de bois sombre, recouvert d'un quilt orné de motifs en croix dans des tons de bleu, de vert, de et de jaune sur fond blanc. Le travail en était soigné, c'était visiblement du fait main et Neal ne put s'empêcher de sourire malgré sa fatigue.
- Vous avez le même ? Demanda t'il.
- Non, le notre est dans les tons de rouge sur fond blanc, avec des motifs anneaux de mariage.
Neal sourit à cette mention.
- Excellent choix Peter. Elizabeth a du être ravie.
- Elle ne l'a pas encore vu. Précisa Peter. Je veux lui en faire la surprise. J'aimerai bien lui en offrir un comme cela.
Il vit aussitôt les yeux de Neal luire d'intérêt et leva la main.
- Je t'arrête tout de suite ! Je ne veux pas que tu ailles embêter les gens qui nous louent cet endroit.
- Je me disais juste que tu pourrais leur demander où ils se le sont procurés, ou mieux encore, s'ils peuvent te le vendre. Affirma Neal en s'asseyant dans un fauteuil et en fermant les yeux.
Peter se rapprocha de lui, aussitôt inquiet.
- Neal, ça va ?
- Oui, juste un peu de fatigue. Répondit Neal d'une voix lasse. Je crois que je vais me mettre au lit sans attendre que vous partiez.
Peter soupira, il n'aimait pas voir son consultant si mal en point. C'était inhabituel et dérangeant. Neal était si plein de vie d'ordinaire, toujours en mouvement, faisant comme si rien ne l'atteignait. Elizabeth et lui feraient mieux d'annuler ce repas et de rester veiller sur lui.
Comme s'il percevait ses pensées le jeune homme rouvrit les yeux.
- Non Peter, je t'interdis d'annuler. Vous avez vraiment mérité cette soirée et je tiens à ce que vous l'ayez.
- Elizabeth va se faire du soucis pour toi... et moi aussi. Dit Peter d'un ton préoccupé.
- Je vous assure que vous n'avez aucune raison, je vais dormir tranquillement, demain ça ira mieux. Il n'y a vraiment aucune raison pour que vous annuliez.
- Tout de même... je suis censé veiller sur toi.
- Peter, tu es censé me surveiller, ce n'est pas tout à fait la même chose. Corrigea Neal doucement.
Une ombre traversa le regard de Peter, il se détourna pour masquer la peine que venaient de lui causer les mots de Neal.
Même si ce que disait le jeune homme était la vérité Peter ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il ne faisait pas tout cela uniquement parce que Neal était le criminel dont il avait la charge.
Il préféra sortir avant de dire quelque chose qui finirait par les blesser tous deux.
Neal n'osa pas le retenir ni prononcer un seul mot, qu'aurait il pu dire ? Il savait très bien ce que pouvait ressentir Peter. Il ressentait si souvent la même chose... chaque fois que l'agent prononçait une phrase blessante, même sans le vouloir, sans l'avoir prémédité.
Il sentit des larmes lui piquer les yeux et les referma pour les réprimer.
Il ne voulait pas pleurer... pas tant que le couple serait sur l'île. Il voulait que les Burke passent une bonne soirée, sans penser à lui et le seul moyen pour cela était de les convaincre qu'il n'allait pas si mal que cela, qu'il tiendrait le coup et serait sage en leur absence.
Il réussit à ravaler ses larmes juste avant qu'Elizabeth n'entre.
La femme ne fut pourtant pas dupe, elle voyait bien ce qu'il en était. Elle garda cependant le silence, pour ne pas le mettre mal à l'aise.
Elle déposa ce qu'elle apportait sur une table et se rapprocha de lui.
- Prends l'anti douleur, je vais chercher Peter pour les soins. Lui dit elle doucement.
- Je crois que je pourrai m'en sortir seul. Peter n'a sans doute pas envie de devoir s'occuper de moi encore une fois. Murmura Neal en prenant le verre d'eau et la plaquette de comprimés.
- Et tu l'avales vraiment. Précisa Elizabeth en se dirigeant vers la porte, visiblement décidée à ne pas tenir compte de ses propos.
Elle ne sortit pas immédiatement, voulant s'assurer qu'il prenait bien son médicament.
Neal soupira et mit le comprimé dans sa bouche, but une gorgée d'eau puis déglutit.
- Voilà, je l'ai pris. Est-ce qu'en échange on peut éviter de déranger Peter ? Questionna t'il.
Elizabeth secoua la tête en signe de refus et sortit.
Elle n'avait pas vu Peter en montant, mais il devait être quelque part à l'étage puisqu'il n'était pas redescendu.
Elle ne tarda pas à le découvrir dans le petit salon bibliothèque qui se trouvait à gauche de la salle de bains.
Il se tenait debout près de la fenêtre, semblant regarder au dehors, mais la façon dont il se tenait appris à Elizabeth qu'il n'en était rien.
- Chéri ? Appela t'elle doucement.
Peter se tourna lentement vers elle, le visage portant une expression blessée.
- Que se passe t'il ? Demanda Elizabeth alarmée par cet air qu'elle ne lui voyait pas souvent.
- Il ne voit en moi qu'un gardien. Répondit Peter.
Elizabeth réalisa immédiatement la situation et se rapprocha de lui pour l'enlacer et l'embrasser avec tendresse.
- Tu sais bien que ce n'est pas vrai. Lui dit elle fermement. Neal voit en toi bien plus qu'un agent affecté à sa surveillance. C'est lui qui a fait appel à toi pour cet arrangement.
- Les choses ont changé. Murmura Peter. Maintenant il ne croit plus en moi.
Elizabeth l'obligea à lui faire face.
- Peter, c'est de Neal que tu es en train de parler. Il est intelligent, il sait qu'il peut compter sur toi. Je ne sais pas ce qu'il a bien pu dire ou faire qui puisse te faire penser qu'il doute de toi, mais je veux croire que c'est un malentendu.
- Non El' ce n'est pas un malentendu, je l'ai clairement entendu dire que je suis censé le surveiller, que ce n'est pas la même chose qu'être censé veiller sur lui.
La tristesse serra le cœur d'Elizabeth. Son mari semblait vraiment affecté par la chose et Neal... Neal devait lui aussi bien souffrir pour en arriver à prononcer des mots pareils.
- Il a peur chéri, tu t'es montré si dur avec lui depuis deux jours. Il essaie de se protéger. Fit elle valoir.
- Se protéger de moi... ajouta Peter avec amertume.
- Tu sais pourquoi. Dit Elizabeth à regret.
Elle n'aimait pas remuer le couteau dans la plaie de la sorte, mais elle n'avait hélas pas d'autre choix, son mari devait admettre qu'il avait une grande part de responsabilité.
Peter hocha la tête, toujours peiné par l'état des choses.
- Ce n'est pas ce que je voulais. Dit il en se passant la main sur les yeux. Je me suis laissé dépasser par les événements et je ne sais plus comment rattraper tout cela.
Elizabeth avait conscience que cela demandait un gros effort à Peter de lui avouer cela, il n'aimait pas reconnaître ses torts même s'il savait le faire lorsque cela était nécessaire.
Elle savait aussi qu'il était tout à fait à même de se faire pardonner.
- Je crois que tu vas devoir lui faire une surprise à ton tour. Une bonne surprise.
- Qu'est-ce que je pourrai bien trouver pour le surprendre par ici ? Demanda Peter. Il est clair qu'il déteste le Vermont.
- Je ne crois pas qu'il déteste vraiment le Vermont, il n'est pas aussi nature que toi, c'est tout. Corrigea Elizabeth.
- Oui, il aime le luxe et le confort. Maugréa Peter. Ce n'est pas vraiment ce que l'on trouve par ici.
- Je crois que j'ai une idée. Sourit Elizabeth.
Elle se rapprocha de la bibliothèque et y prit une brochure qui y traînait.
Les yeux de Peter s'arrondirent en prenant connaissance du document.
- Tu n'es pas sérieuse !
- Crois tu ? Répondit Elizabeth avec malice. Nous pourrions faire un détour en rentrant et y passer une nuit. Je suis certaine que cela lui plaira.
- Un détour qui va nous rallonger d'un jour ou deux et qui va nous coûter cher. Grogna Peter.
- Moins cher qu'une accusation de maltraitance je dirai. Commenta Elizabeth.
A suivre
