Chapitre 21 : Enfin démasquée
J'ai peur qu'on me haïsse...En réalité, j'ai toujours eu peur de ça...C'est peut-être pour cette raison que les gens me terrifient, parce que je sais qu'ils ne vont pas m'aimer.
A cause de Pénélope...Par sa faute, j'ai dû m'éloigner de James et ses amis mais aussi j'ai embarrassé Rogue. Ce dernier me pardonnera difficilement si je lui reparle un jour et les garçons finiront par sentir ma peur et en profiter comme tous les autres...
Je n'ose plus retourner dans le dortoir. J'ai passé la nuit dans la salle secrète avec le povrebine tellement je me sentais mal. Le mépris que Pénélope m'a jeté à la figure m'a terrorisée. Je me sens fébrile, faible et en danger. J'ai honte de moi car je n'ai pas su éviter ce genre de scène aux gens que j'apprécie désormais et parce qu'elle avait raison... Non, elle a tort... C'est elle qui a tort, si tu dis qu'elle a raison, elle gagne le combat et te détruit complètement.
Je dois devenir plus forte.
Je dois devenir plus distante.
Je dois devenir plus froide.
Mais je me sens tellement mal... J'aimerais que James soit là et pose une nouvelle fois sa main sur mon épaule pour me réconforter, que Sirius me tape le dos pour me faire signe d'avancer sans crainte, que Remus m'écoute attentivement en me souriant, que Peter me parle sans aucun mépris ni dédain, juste parce qu'il aime bien me parler. Je me sens... Je me sentais bien avec eux, mieux qu'avec les filles où je craignais toujours qu'elles me rejettent une nouvelle fois, que Pénélope arrive et détruise tous mes efforts.
Pourquoi personne ne voit qu'elle est odieuse ? Soit ils sont aveugles et ne se rendent compte de rien, soit c'est bien vu d'isoler une fille volontairement ? Non... Il doit bien y avoir des gens qui ne sont pas d'accord... Des gens qui veulent m'aider.
Pourquoi m'aider ? Par pitié ?
Pour quelle raison James et ses amis m'aident ? Parce que je leur ai rendu un service ? Non, ils tentaient déjà de me parler avant... Parce que je les ai avertis que James était assommé l'autre jour ? Peut être, mais après ce soir-là, il m'avait semblé plus cruel qu'avant.
Je n'arrive pas à être distante sur mon propre cas, à prendre le recul nécessaire pour voir la vérité. Pour cela il faudrait que je renie mes convictions, mon avis sur moi-même et les autres... Et penser que, peut-être, ce qui m'arrive est tout à fait normal.
Je sens mes joues s'affaisser et mes lèvres trembler. Je prends de longues inspirations puis sort ma baguette de ma poche, j'ai un reniflement entre le mépris et le défaitisme : qu'est-ce que ça fait que je me fasse cela ou pas ? Pour une fois que je décide moi-même quand souffrir... Ce n'est vraiment pas un mal.
Deux minutes plus tard je repose ma tête sur mon bras droit replié, fixant le gauche, les larmes coulant sur mes joues suites à mes pensées obscures et aussi par la douleur : cette fois, j'y suis allée un peu plus fort. Lentement, le sommeil m'envahit à nouveau bien que nous soyons le matin et je ferme doucement mes paupières : la nuit n'a pas été assez confortable assise sur cette chaise, j'ai encore besoin de repos...J'ai besoin de beaucoup de repos. Un sentiment étrange m'envahit, comme si je venais de mentir...Bizarre.
Mon grand-père me dit de faire mes devoirs avec Dolohov, mais il lui manque un ingrédient. Heureusement, j'ai une tête de chat fraîchement décapité dans mon sac et je la lui donne. Il m'en remercie sans me regarder, jetant l'ingrédient dans sa tasse de thé tandis que le professeur Opieka arrive et me prend contre son torse pour m'emmener plus loin malgré ma gêne et mes plaintes. Je frappe contre son buste, embarrassée par notre proximité et il finit par me relâcher violemment et se met à cogner sa tête contre le mur. Plutôt que d'avoir pitié, je me rends compte qu'il fait comme le rat dont James m'a parlé, je me tourne vers celui-ci pour lui montrer mais il est trop occupé à caresser les cheveux bouclés de Pénélope tandis que Black et elles s'embrassent à pleine bouche. Je suis offusquée par un tel comportement, et aussi blessée qu'ils s'occupent d'elle et non de moi. J'ai envie de pleurer. Je décide alors de récupérer Opieka, à moitié mort, pour le montrer à Remus et Peter.
Je me retrouve donc devant un examinateur de BUSE pour un oral :
-Voici Opieka, spécimen fort original de la race humaine, je me met à répéter comme une leçon apprise par coeur. Point positif : il attire la gent féminine, moi mise à part. Point négatif : Il est attiré par moi et non par la gent féminine en général. Résultat : un meurtre.*
Toutes les personnes dans la salle se lèvent et m'applaudissent quand soudain Pénélope dit que j'ai triché. Tout le monde se tait et l'angoisse m'envahit : c'est faux...Je n'ai pas triché ! Je ne veux pas être éliminée ! Considèrent-ils la recherche de James sur le rat comme de la triche vu que c'est moi qui en parle ? Comment me défendre alors ? L'examinateur tape du poing sur sa table en bois, le bruit me fait sursauter et je commence à paniquer quand un grand bruit surgit derrière moi et que de la lumière envahit la pièce, me faisant particulièrement mal aux yeux.
Pourquoi je me suis endormie ? L'examinateur va me punir et me mettre un T à la demande de Trafter !
Je relève lourdement la tête, ne me rendant pas immédiatement compte que je suis en position de faiblesse si la personne qui vient d'arriver me veut du mal...
Lorsque je distingue les cheveux ébouriffés de James, j'ai un sourire, comprenant enfin que ce n'était qu'un rêve : je ne suis pas devant un examinateur, personne ne pense que j'ai triché -je pense que ce cauchemar devait être issu du harcèlement moral des professeurs au sujet des examens-...Et mon cousin et Sirius ne tripotent pas Pénélope. Etrangement, cette pensée me soulage bien plus que celle me disant qu'Opieka n'est pas mort.
-Tu fais quoi ici ? On t'y a enfermée ? me demande James avec empressement.
-C'est ma salle, je réponds calmement. Personne ne s'en approche.
Qui voudrait y venir ? C'est sale et moche. Qu'est-ce qu'il fait là d'ailleurs ? Bizarrement, je suis contente de le voir au réveil.
Je suis encore à moitié dans les nimbes on dirait...
-James, est-ce que..., commence la voix de Peter qui surgit dans l'encadrement de la porte, à bout de souffle.
James répond mais j'ai du mal à écouter, toujours trop engourdie. Je remarque juste qu'il rougit et ça me fait sourire. Suis-je heureuse qu'il ait honte ou est-ce juste parce que je le vois dans cette position, lui qui est si imbu de sa personne ?
-Qu'est-ce que vous faites là ? je finis par demander, gênée lorsque Sirius Black et Remus arrivent, tentant de me recoiffer rapidement.
-Personne ne t'a vue depuis hier, on s'inquiétait, me dit Remus, les joues rouges.
Ces paroles me réchauffent le coeur au point que j'ai envie de le serrer dans mes bras, surtout James qui est arrivé le premier...Bon, j'ai toujours envie de les serrer dans mes bras : j'aimerais bien avoir des câlins de garçons dans les moments difficiles, mais là, c'est plus en guise de remerciement. Pourquoi Remus rougit ?...Non, Rebbeca ! Pas de scénarios hâtifs ! Tu vas encore être déçue ou te rendre ridicule.
-Surtout James qui a complètement paniqué, fait Peter sur un ton joyeux.
Je ne peux m'empêcher de sourire : ils ne s'inquiéteraient pas pour moi s'il ne m'appréciait pas un minimum...non ? C'est assez merveilleux comme sensation. Je murmure un léger merci en tentant d'y mettre tous mes sentiments afin qu'ils comprennent ce que je ressens, passant une main dans mes cheveux, encore gênée d'avoir été trouvée dans une telle situation. Je n'arrive toujours pas à quitter mon état niais à moitié endormi.
James semble mécontent...Il a honte qu'on raconte qu'il s'est inquiété pour moi ? Agréable...
-Tu le tiens d'où ce povrebine ? me demande-t-il avec une légèreté dans laquelle je décèle une note de mépris.
-Il vivait ici...Quand je viens, je le met en cage pour pas qu'il me dévore, c'est to-, je tente d'expliquer avant de me mettre à bâiller à m'en décrocher la mâchoire.
Je jette un regard à Sirius et Remus qui observent la salle, me gênant un peu plus...C'est un peu comme s'ils fouillaient ma chambre...Sans les affiches et les vêtements sales.
-Rebbeca ! Tu saignes ! s'écrie Peter.
-Hein ? je réponds avec les trois autres garçons.
Je ne ressens pourtant aucune douleur. Je me jette un coup d'oeil mais ce n'est que lorsque Sirius se met à fixer mon avant-bras que je comprends. Je rabaisse rapidement ma manche par réflexe mais le mal est fait. Le sang s'est étalé... Le jour où il ne fallait pas... Devant les personnes qu'il ne fallait pas.
-Fais voir, demande Remus en s'approchant dangereusement de moi.
-Ce n'est rien, je me suis blessée en attaquant le povrebine...J'ai cassé la cage et j'ai du la réparer...Je ne me suis pas rendue compte que je saignais, je réponds avec vitesse, le suppliant intérieurement de rester loin de moi.
Pour une fois que je ne voulais pas qu'ils me voient, qu'ils se préoccupent de moi.
-Bon sang, Rebbeca ! Il faut que tu fasses soigner ça ! Tu as peut être une infection si ça vient du povrebine ! déclare James énervé, ce qui me met encore plus de mauvaise humeur.
-Je n'ai rien ! Je t'assure... Pas la peine de t'en faire pour ça, je marmonne en vitesse.
J'ai l'impression qu'à chaque mot, mes poumons se vident et mon coeur cesse de battre. J'ai peur, je ne veux pas qu'ils me voient, je veux quelqu'un pour qu'ils me laissent seule !
-Tu n'en sais rien, surtout que tu es restée dans cette salle et que l'infection peut provenir de n'importe où et..., commence mon cousin avant de s'arrêter brusquement dans sa tirade, m'observant comme si mon visage avait totalement changé. Tu as pleuré ?
J'ouvre grands les yeux, j'ai envie de lui mettre une baffe, qu'il se taise... Pourquoi l'a-t-il dit à voix haute ? Pourquoi l'a-t-il remarqué ?
D'un agile mouvement des épaules, je me dégage de sa poigne -quand a-t-il mis sa main sur mon poignet ?- et m'éloigne du groupe de garçons, jetant des coups d'oeil au cas où quelqu'un d'autre arriverait...Ou si je pourrais fuir.
-C'est quelqu'un qui t'a fait du mal ? Demande Sirius, en fronçant les sourcils.
-...
Oui, on me fait du mal, mais c'est moi qui ai fait ça ! Pitié ! Essayez de comprendre !
-Réponds ! Si tu ne dis rien, personne n'agira lorsque quelqu'un s'en prendra à toi ! Continue-t-il.
-...Je...
Vous ne pourrez pas saisir le sens de ce geste ! Vous me considérerez comme une folle !
-Si tu ne dénonces personne, les gens vont croire que tu t'es fait..., s'énerve Sirius, ce qui me fait de plus en plus peur, puis il s'arrête soudainement.
Ce brusque silence me terrifie encore plus que les cris. Je vois Remus bouger et s'approcher de moi et me prendre par les épaules, frôlant par moment mes cheveux de ses doigts.
-Rebbeca, demande-t-il faiblement comme si les autres ne pouvaient pas nous entendre. C'est toi...n'est-ce pas ?
Non...Tu ne comprends pas...Ce n'est pas moi ! C'est eux ! Pénélope, les Serdaigle de sixième année, les humiliations...Je suis la cause mais pas la raison de ces entailles !
-C'est toi qui as fait ça ? Tu t'es mutilée...?
Comprenez-moi !
Je me rends compte que ma bouche reste close, mes lèvres refusent de s'ouvrir ne serait-ce que pour m'aider à respirer, aucun son ne veut sortir de ma gorge. Mes yeux commencent à me piquer mais je garde la main sur ma manche.
J'ai tellement peur. Et un autre sentiment angoissant m'envahit...Je n'arrive pas à saisir ce que c'est.
-Rebbeca...S'il te plaît...
-LA FERME ! je finis par hurler, me sentant au bord des larmes.
Tous les garçons se figent sous la surprise. Ils vont rire ? S'énerver ?
J'ai peur... Mais enfin je comprends quelque chose : je veux savoir ce qu'ils pensent de ça, du fait que je me mutile. Même après des années de rejet, j'espère qu'on m'acceptera bien que je fasse quelque chose d'aussi laid.
Cependant, je continue de crier, inquiète que cette curiosité malsaine ne m'apporte que du malheur, n'arrivant plus à me contrôler. Ils vont me juger sur quelque chose qui m'appartient...
- Lâchez-moi, ça ne vous concerne pas ! C'est mon corps, j'en fais ce que je veux ! Je m'écrie d'une voix un peu trop aiguë.
Remus ouvre la bouche mais je lui hurle de se taire à chaque fois...à moins d'adorer se faire crier dessus par une fille comme moi, il va finir par me haïr.
-Reb...
-NON !
-S'il te plaît écou...
- TAIS-TOI !
Alors que le préfet allait faire une troisième tentative, James s'approche violemment de moi, saisit mon bras intact puis me traîne vers la sortie. Je tente de rester dans la pièce en appuyant de toutes mes forces sur mes jambes mais Sirius empoigne mon épaule gauche et, à deux contre une, ils arrivent à me faire sortir.
Zut.
-Vous m'emmenez où ? je demande, inquiète.
Ils ne se sont même pas échangés un regard et pourtant ils agissent de concert comme si ils en avaient parlé pendant des heures, préparé chaque geste, chaque pas.
-A l'infirmerie, pour te soigner, répond Sirius sur un ton qui montre bien qu'il n'acceptera aucune réponse et encore moins de refus.
James ne montre aucune expression mis à part de l'énervement...Il est d'accord ? Ils se sont envoyés des messages télépathiques ? Mais ça n'existe pas !
-Lâchez-moi ! Je n'ai pas besoin de soins...
-Si, réponds ferment mon cousin.
-Qu'est-ce que tu en sais !? je continue de piailler. Tu ne sais rien du...
-Je sais que tu es triste ! hurle-t-il, s'arrêtant brusquement dans le couloir pour se retourner vers moi en plantant son regard dans le mien. Et c'est pour ça que tu te fais du mal... Mais ça ne sert à rien ! Et il faut soi...
Il se tait brusquement, me fixant comme s'il venait de commettre un crime horrible avant de jeter des coups d'oeil paniqués à ses amis qui haussent les épaules.
Je le fixe moi aussi, de la terreur dans le regard probablement... Mais surtout des larmes coulant sur mes joues.
Je suis triste. Ce n'est pas moi qui l'imagine, ce n'est pas de l'auto-apitoiement, je ne suis pas folle, je ne suis pas hautaine et méprisante... je suis juste triste. Depuis tout ce temps. Et quelqu'un l'a remarqué.
Le fait qu'il l'ait dit m'a sauvée en même temps qu'il m'a condamnée.
Il l'a clairement dit, personne ne peut le nier maintenant, on ne peut pas effacer les paroles du passé.
Je rentre encore plus ma tête entre mes épaules : quelqu'un a finalement vu mon état de détresse, il a vu que j'allais mal... Enfin ! Après tant d'années, on se rend finalement compte que je suis malheureuse. Enfin quelqu'un m'entend, quelqu'un sait... N'ignore plus l'évidence.
Quelqu'un a finalement pensé à ce que je pouvais ressentir. Ressentir face à toute cette violence, cette cruauté, cette haine.
Et les larmes continuent de couler. La main de Sirius se fait plus insistante sur mon épaule, comme pour me demander de me remettre de mes émotions puis James passe un bras autour de moi et me serre contre lui. Je ne sais pas si je suis heureuse ou pas. On vient de mettre un mot sur mes sentiments, ce qui les rend justifiables mais aussi indéniables, je ne peux plus me leurrer moi-même, me dire que je peux ignorer ça, faire la forte que je n'ai jamais été.
Cependant, en cet instant... Je vais mieux. J'ai une étrange sensation de légèreté presque terrifiante, comme si James avait déballé mon sac pour moi. Comme s'il avait soulevé le poids sur mes épaules. Je me dis que je peux enfin me reposer sur d'autres personnes... Mes problèmes sont toujours là et me semblent toujours aussi insurmontables mais le soutien que je reçois en cet instant a comme regonflé mon courage épuisé par ces années.
La gratitude naît en moi mais je ne me sens pas redevable, ce n'est pas un poids... Juste une preuve de mon soulagement.
La chaleur du corps de James me met légèrement mal à l'aise, l'air que je souffle est le même que celui que je respire, m'étouffant légèrement, la laine me pique un peu le visage et son odeur est plus marquée que celles que j'ai l'habitude de sentir, la transpiration probablement... C'est assez bizarre mais je finis par m'y habituer. Et malgré tout cela, je veux rester dans cette position, avec la main de Black sur mon épaule... Ca me calme.
Je respire lentement puis déclare :
-Fneu fheuh pfas ahé ha vfa...Fi fouflé.
C'est dur de parler contre un pull-over. Je me sens un peu ridicule tandis que les garçons rigolent et que je m'éloigne du buste de mon cousin afin de répéter ma phrase.
-Je ne veux pas allez à l'infirmerie. S'il vous plaît. J'aimerai que ça reste...Secret, je marmonne en sortant mon mouchoir brodé pour essuyer mes larmes.
-Bon sang, tu comprends qu'on ne..., commence Sirius avant que je ne l'interrompe, décidant d'utiliser une autre tactique que les hurlements puérils.
-Je n'ai jamais rien dit à qui que ce soit pour vos secrets ! Je vous ai même aidés parfois !
-Mais...
-Je n'ai rien dit aux professeurs à propos de la fiole alors que j'aurais dû, j'ai emprunté des tas de livres pour vous, je n'ai jamais dit à personne que les absences de Remus n'étaient pas dues à sa mère ! Alors vous pouvez le faire aussi !
Tiens ? J'ai l'impression qu'ils sont terrifiés. Enfin ils ne me considèrent plus comme une pauvre petite chose faible et inoffensive. Je viens de leur montrer que j'ai de quoi les faire chanter... Bien que je ne le ferais jamais. Par peur qu'ils se vengent. Et je ne suis pas ce genre de personne.
-Qu'est-ce que tu sais au sujet des absences de Remus exactement ? souffle Sirius tandis que le concerné devient pâle comme un linge.
-Ben... Qu'il ne va pas voir sa mère. Rien de plus. Pourquoi ?
Les garçons se jettent un regard rapide et Sirius fait un signe négatif de la tête.
-C'est privé. Extrêmement privé. Bon, on accepte de ne pas t'emmener à l'infirmerie si tu me jures que tu ne dis rien à personne à ce sujet.
-C'est bon, j'avais compris ça avant que tu me le demandes, je réplique.
Je ne suis pas peu fière de cette réponse qui est...un gros mensonge : je ne savais pas que c'était si important à leurs yeux.
-Mais vous non plus vous ne parlez de personne de... mon bras.
Ils acquiescent et je soupire de soulagement. Bon, le marché est clairement à mon désavantage mais je ne veux pas aller à l'infirmerie : des gens risqueraient de voir ce que j'ai et ça fera le tour de l'école.
-Ah, et je ne veux plus que tu nous espionnes, c'est compris ? continue mon cousin.
Il se fiche de moi ?
Les nerfs à fleur de peau suite aux différentes crises de larmes, ma timidité s'inhibe encore un peu plus et je me mets à râler sur James, augmentant le ton à chaque mot.
-Je ne vous espionne pas ! Faudrait que tu dégonfles un peu ta tête et que tu cesses de croire que tout le monde veut tout savoir de ta vie ! Bon sang ! Vous n'avez juste pas été discret DU TOUT ! Tu comprends ça ? Les absences de Lupin étaient trop étranges et il était évident que son excuse ne tenait pas donc j'ai vérifié, c'est tout ! Par contre, toi, je m'en fous royalement de ta vie ! Et tu n'as pas à me donner d'ordre !
Ce n'est pas très vrai mais là, je suis en colère. Je vais me faire passer pour une schizophrène mais... Cinq ans que je retiens tout ça en moi, pas de chance, ça tombe sur lui.
-Pas à te donner d'ordre ? Alors que tu fréquentes des types comme Rogue ou Dolohov ? Tu te fous de moi ? Ils cherchent tous les deux à découvrir ce que fait Remus juste pour nous faire renvoyer, nous quatre !
-Ha ! Encore une fois il faut que le sujet revienne à ta petite personne ! Arrête d'être aussi nombriliste, le monde ne tourne pas autour de toi ! Et tente un peu de les connaître, ces « types » ! Ils sont bien mieux que ce que tu racontes !
-Non mais tu as vu comment ils traitent les sorciers qui sont issus de familles moldues ?
-Et toi tu n'essaies pas de leur expliquer que ça fait souffrir des gens, non, TOI, tu leur imposes ton point de vue, tu penses qu'il n'y a que du noir ou du blanc !
-Tu peux parler pour toi ! grogne-t-il avec haine.
-Et c'est pour ça qu'ils sont parfois odieux : ce n'est pas contre Mary ou Lily, non, c'est pour montrer qu'ils te haïssent, toi et tes manières !
-N'importe quoi...
-Si..., j'inspire profondément, récupérant mon calme aussi brusquement que je l'avais perdu, mes joues toujours cramoisies de honte d'avoir autant hurlé. Si tu les laissais, si tu ne les agressais pas... Rogue, par exemple, pourrait voir les choses autrement. Il n'assimilerait plus la tolérance à ton comportement et... Ca fera un allié de moins pour ceux qui sont racistes.
Fiou, ça m'a donné chaud cette crise !
Je me sens gênée, honteuse, bête, puérile d'avoir crié autant, de les avoir critiqués et presque insulté alors que ce sont les seuls à avoir compris mon problème.
Mais je ne pleure plus.
Je me sens même beaucoup mieux.
