Merci à tous pour vos reviews et pour le temps que vous passez à me lire.

Bonne lecture


Chapitre 21 : Comment la discorde s'installe

Dans le Poudlard Express, je m'isole dans un compartiment.

De toute façon, le Trio d'Or n'est pas encore arrivé. Et j'ai moyennement envie de partager le trajet avec les amis de Drago. Depuis hier soir, je ressasse la scène de l'Épouvantard, et j'ai du mal à regarder Drago dans les yeux.

Je pousse un profond soupir.

Pour penser à autre chose et cesser de ressembler à une Poufsouffle, je concentre mon esprit sur le rôle que je dois tenir cette année.

D'une part, je dois prouver mon indéfectible loyauté à Saint Potter et toute sa clique. Bon, après la scène d'hier soir, je pense que ça ne sera pas trop un problème. C'était pathétique de bons sentiments. J'ai pleuré comme une madeleine contre Severus, puis, je me suis réfugiée avec Sirius dans sa chambre, où on s'est fait un gros câlin pour me calmer.

Et je suis rentrée au Manoir Malfoy. Sans avoir l'air trop chamboulée.

D'autre part, je ne dois pas trop me faire remarquer par les pro-Ministère. Ce qui implique un soutien de l'ombre, discret mais efficace. Car mon objectif premier, soyons sérieux deux minutes, c'est quand même de faire ouvrir les yeux au Ministère, et de leur faire admettre que Tommy est revenu, et qu'il serait temps de mettre au point une stratégie de défense efficace, s'il vous plaît. S'il ne vous plaît pas non plus, d'ailleurs.

Fort bien.

Et pour tout ça, je ne dispose que de mon intellect sur-développé, si si si.

Soudain, la porte de mon compartiment s'ouvre.

Une jeune fille blonde, à l'air un peu paumé, me demande si elle peut s'asseoir là, s'il me plaît, parce qu'il n'y a plus de place ailleurs, d'une voix éthérée.

J'acquiesce évasivement, trop occupée par mon intellect sur-développé.

Elle s'installe et sort un Magazine dont j'ignorais l'existence, le Chicaneur.

Quelques instants plus tard, Ginny entre, suivie de Harry et Neville.

Elle salue la fille en face de moi chaleureusement. Apparemment, la blonde s'appelle Luna. Puis elle me salue moi, d'un air un peu gêné. L'épisode d'hier est encore bien présent dans l'esprit de Ginny et Harry. Neville ne semble se rendre compte de rien, et se place à côté de moi.

Luna fixe Harry pendant de longues secondes avec un air un peu fou. Le Survivant prend une jolie couleur carmin, puis la blonde finit par dire

- Tu es Harry Potter.

Non, c'est John F. Kennedy.

- Je sais, répond Harry qui visiblement ne sais pas si il doit rire.

- Et toi, je ne sais pas qui tu es, continue-t-elle imperturbable en direction de Neville.

- Moi, je ne suis personne, répond-il.

- C'est faux, je fais d'une voix douce. Tu es Neville Londubat. C'est déjà être quelqu'un.

- Et toi, tu es qui ? Fait-elle avec un air un peu fêlé.

- Je suis Maya Malfoy.

- Je vois.

Et elle se replonge dans la lecture de son magazine, qu'elle tient désormais à l'envers.

Je me mords méchamment les joues pour ne pas éclater de rire, et Harry semble toujours hésiter entre le rire franc et le ricanement.

Pour briser le silence, Neville s'exclame :

- Devinez ce que j'ai eu pour mon anniversaire !

Je ne sais pas mais je sens que je vais bientôt le savoir. Intuition féminine dirons-nous.

Il sort fièrement de son sac une plante.

- Ok, je fais d'une voix un peu lasse. C'est un cactus, qui a chopé une maladie vénérienne.

En effet, le cactus est d'un gris maladif et couvert de pustules à la place des épines.

- Mais, non, réplique Neville en levant les yeux au ciel. C'est un Mimbulus Mimbletonia.

- Ce qui explique tout, je sarcastise.

(Sarcastise. Du verbe sarcastiser. Qui a donné l'adjectif sarcastique. Tout le monde sait ça enfin.)

- C'est une plante très très rare, explique Neville tout fier. Je ne sais même pas si il y en a une dans les serres de Poudlard. J'ai hâte de la montrer au Professeur Chourave.

- Et moi j'ai hâte d'en faire des ingrédients pour potions. Le professeur Snape sera ravi.

Et je lui décoche un sourire ultrabright.

Une nouvelle fois, il lève les yeux au ciel.

- L'été ne t'a pas arrangé Maya, conclut-il gravement. C'est mon Oncle Algie qui me l'a déniché en Assyrie. Je vais voir si je peux la reproduire.

- Et elle fait quelque chose de spécial ? Demande Harry par politesse.

- Oh, oui plein de choses ! Elle possède un système de défense étonnant.

Neville tend son crapaud à Harry qui ne semble pas du tout ravi de tenir un batracien entre ses mains, prend une plume dans son sac et pique dans le cactus.

Un liquide puant, verdâtre, visqueux et épais se répand dans tout le compartiment.

J'en suis recouverte de la tête aux pieds.

Je lance un regard furieux vers Neville.

À ce moment précis, comme si la chance avait définitivement quitté chaque personne se trouvant dans la pièce, la porte du wagon s'ouvre sur une jeune fille très jolie.

Elle semble surprise et embarrassée. Et à la tête que tire Harry, lui aussi.

Ils prennent tout les deux une très belle couleur cerise en plein soleil.

- Bonjour, bégaye Cho Chang (car vous avez bien deviné qu'il s'agissait d'elle). J'arrive peut-être au mauvais moment ?

- Ah, euh, salut, fait Harry très brillamment.

- Et bien, je voulais juste te dire bonjour … alors, au revoir.

Elle ferme précipitamment la porte avant de devenir aussi rouge que l'emblème de Griffondor.

Ginny soupire, et lance un récurvite.

- Désolé, fait Neville d'une petite voix. Je ne savais pas que ce serait aussi … violent.

- Ce n'est pas grave Neville, le rassure Harry.

Mais mon regard meurtrier n'a pas l'air de le tranquilliser. Loin de là.

Une heure plus tard, Hermione et Ron reviennent.

Ron s'affale dans le canapé en face de moi, attrape une chocogrenouille et l'englouti aussi sec.

- Devine qui est le Préfet de Serpentard ? Fait Ron d'une voix fatiguée à Harry.

- Drago ! Je lance joyeusement. Lucius est râââvi !

- Tu m'étonnes, continue Ron de sa voix plate.

- Et la Préfète cette bourrique de Pansy Parkinson, grogne Hermione.

- Eh ! Je fais. Pansy n'est pas une bourrique. Elle est juste … un peu vache avec toi.

- Si tu veux Maya.

Ron et Hermione commence à se chamailler sur le fait que non-Ron-tu-ne-peux-pas-abuser-de-ta-position-pour-donner-des-punitions-aux-Serpentards, et tout le monde les regarde d'un air blasé.

Ron et Hermione qui se disputent, rien de très nouveau sous le toit du Poudlard Express.

Ostensiblement ennuyé par ses deux meilleurs amis, Harry demande à Luna Je-ne-sais-quel-nom-de-famille, si elle peut lui prêter son magazine.

- Il y a des trucs bien dedans, demande Ron la bouche pleine de Patacitrouille.

- Bien sûr que non, fait Hermione d'un ton sec. Le Chicaneur est une vraie poubelle, tout le monde sait ça.

- Excuse-moi, fait Luna en perdant son air rêveur, mais mon père en est le directeur.

- Ah, euh, bafouille Hermione qui vire au rose vif. En fait, il y a des choses intéressantes... Je veux dire que c'est …

- Tu t'enfonces Hermione, je fais d'une voix ennuyée.

Elle ferme vivement la bouche, et Luna récupère son magazine.

La porte du compartiment s'ouvre, et Drago entre.

Ron et Ginny lui jette un regard furieux, Neville tente de ne pas croiser ses yeux, Luna ne lève même pas le nez de son bouquin.

Dray s'assoit à côté de moi.

- Qu'est-ce que tu veux, demande Ginny agressive.

- Poli, Weasley, sinon je serais obligé de te donner une retenue, réplique Drago pour ne pas détendre l'atmosphère.

- J'aimerai bien voir ça, fait Harry d'un ton de défi.

- Tu vois Potter, contrairement à toi, j'ai été nommé Préfet. Cela veut dire que contrairement à toi, j'ai le pouvoir de distribuer des punitions.

- C'est ça, rétorque Harry, mais toi, contrairement à moi, tu es un crétin alors sors d'ici et fiche nous la paix.

- Ce n'est pas que je n'aime pas échanger des civilités avec toi, Potter, mais au départ, j'étais venu pour parler à Maya.

- Pourquoi ? Je fais surprise

Il me fixe un long moment.

- Mais quoi ? Je finis par m'impatienter. J'ai quelque chose sur le visage ?

- Tu es bizarre depuis hier soir, qu'est-ce qui se passe ?

- Comment ça bizarre ? Je réponds.

J'étais pourtant sûre que personne n'avait remarqué mon trouble hier en rentrant. Je ne suis pas allée manger, prétextant que j'avais déjà mangé, pour ne croiser personne.

- Tsss, Maya, si Père s'est laissé prendre au piège, pas moi. Tu es rentrée aussi perturbée que si tu avais croisé un Détraqueur, tu n'es pas venue manger, et tu m'évites. Ça te semble être un bon résumé ?

Je triture mes mains, et me mordille les lèvres.

Les autres personnes du compartiments ont l'air très mal à l'aise, à par Neville qui ne comprend pas trop ce qui se passe, et Luna qui continue de lire le Chicaneur.

- Ok, fait Drago en remarquant le malaise général. Ici, tout le monde à l'air de savoir ce qui se passe, et tu ne veux pas me le dire ?

Il commence à s'énerver, vexé d'être mis à l'écart d'un sujet qui me concerne.

- On peut en parler plus tard ? Je fais d'une petite voix. Quand il y aura moins de monde ?

- N'espère même pas que j'oublie, fait-il en plissant les yeux. Ce soir, je te veux dans la Salle Commune de Serpentard pour m'expliquer en long en large et en travers ce qui te préoccupe.

Un silence gênant plombe l'atmosphère.

Avec un sourire ironique, Drago se tourne vers Harry. Je ne lui en veux pas trop, il veut se venger de ne pas savoir.

- Dis-moi Potter, ça fait quoi d'être deuxième derrière Weasley ?

- Ferme-la Malfoy, réplique Hermione d'un ton sec.

- Tiens, on dirait que j'ai touché un point sensible, commente Dray comme si il était à un match de boxe. En tout cas, fais attention Potter, parce que je vais te suivre à la trace, comme un chien, et si jamais tu fais un pas de travers...

Et avant de se prendre un sortilège, il sort du compartiment.

Je hausse un sourcil, croisant le regard de Harry et Hermione.

Luna et Neville n'étant pas dans la confidence, je ne peux pas leur expliquer les paroles de Drago, à propos du chien.

Certes Drago sait que Sirius et moi sommes ensemble, depuis la fin de l'année dernière. Mais il n'est pas censé savoir que Sirius est un animagus et qu'il se transforme en chien.

Sauf que cette information fait partie de la liste des choses-à-divulguer-au-Seigneur-des-Ténèbres-alias-Tommy. Et que Tommy l'a dit à Lucius qui a l'a dit à Drago.

Ce qui en soit n'est pas bien méchant, mais je vois déjà Harry et Hermione se faire des films dans leur petites caboches. Ron, bien évidemment, n'a rien remarqué.

Harry va s'en doute s'imaginer que Voldemort à déjà trouvé l'emplacement du QG de l'Ordre. Ou je ne sais quoi encore.

Sur le quai de Pré-Au-Lard, je remarque une silhouette sèche qui alpague les premières années.

- Oh, non, je gémit, pas elle.

- Quoi ? Fait Harry alerté, qu'est-ce qui se passe ?

- Hagrid n'est pas là, j'explique plaintivement. C'est Gobe-Planche qui récupère les nouveaux. Je déteste cette prof !

- Il est où Hagrid alors ? Fait Ron.

Je hausse les épaules, faignant de n'en savoir pas plus.

Alors qu'en fait, je sais parfaitement où est Hagrid : dans les montagnes, au pays des géants.

Ça fait assez contes de fée, dit comme ça.

Il était une fois, au pays des géants, un demi-géant qui devait les convaincre de ne pas rallier Voldemort. Mais sa mission fut compromise par d'autres personnes, des méchants Mangemorts, qui venaient voir eux aussi les géants. Et la mission du demi-géant et de son amie, dura, dura, dura...

Bon. il n'y a pas encore de " et ils vécurent heureux et eurent beaucoup de petits demi-géants ", mais l'Ordre va bien finir par avoir des nouvelles de Hagrid et Madame Maxime.

Nous arrivons devant une rangée de diligence, attelées à des espèces de chevaux noirs faméliques ailés à écailles et aux yeux blancs. Si cette description fait peur, c'est parce que les bestioles en question sont flippantes.

Harry semble étonné de voir ces animaux (si tant est qu'on peut qualifier ça d'animaux), et ouvre la bouche pour dire quelque chose quand il est coupé par Ron.

- Où est Coq ? Demande le rouquin.

- C'est cette fille, Luna, qui l'a, répond Harry sans détacher ses yeux des créatures.

Je suis presque sûre de savoir de quoi il s'agit, mais toute la question est justement, qu'est-ce que c'est que ces trucs ?

Hermione arrive furieuse que Drago ait pu être odieux avec un première année, et que cette fois c'en est trop elle va le signaler. Elle est furibarde et de la fumée sort presque de son nez, tel un taureau qui aurait aperçu le petit Chaperon Rouge.

Ginny arrive avec Pattenrond, et la petite bande est presque au complet. Il ne manque plus que Luna et le microscopique hibou de Ron, Coquecigrue.

Harry se tourne vers Ron et pose la question fatidique.

- Qu'est-ce que c'est que ces choses ?

Ron semble à côté de la plaque.

- Quelles choses ?

- Ces chevaux...

Luna arrive avec Coquecigrue qui piaille tout ce qu'il sait.

- Qu'est ce que tu disais Harry ? Fait Ron en récupérant son hibou.

- Je disais, qu'est-ce que c'est que ces espèces de chevaux ? Répète Harry tandis qu'on se dirige tous vers une diligence vide.

- Quels chevaux ? Fait Ron ahuri.

Et c'est là que ça me revient. J'ai déjà vu ces trucs dans un livre pour enfant de Drago : Les animaux magiques de Grande Bretagne.

Ou quelque chose comme ça.

Si je me souviens bien, il s'agit de Sombrero. Non, c'est pas ça. Des animaux aussi flippants ne peuvent pas avoir le même nom qu'un chapeau mexicain ridicule.

Sombral.

Voilà, c'est ça.

- Ceux qui tirent la diligence ! S'énerve Harry

Il n'y a rien Harry, répond Ron complètement paumé.

- Ne vous énervez pas, je fais avec un sourire. Il y a effectivement des animaux qui tirent les Diligences, et je crois savoir pourquoi tu peux soudainement les voir Harry.

Toutes les têtes se tournent vers moi, sauf Luna, qui est encore dans la lune.

- Ce sont des Sombrals. Si je me souviens bien ce que j'ai lu à ce sujet, on ne peut les voir que si on a vu quelqu'un mourir.

L'atmosphère se glace immédiatement. Le teint de Harry devient un peu vert, et les autres évitent de le regarder dans les yeux. C'est Luna qui rompt le silence.

- Moi aussi je les vois, dit-elle de sa voix chantante.

Ce qui n'a pas l'air de rassurer grand monde.

- À votre avis, commence Ron pour rompre le silence, il est où Hagrid ?

- Aucune idée, fait Hermione. Et toi Maya ?

- Euh, moi non plus, je dis d'un ton qui veut dire je-sais-tout-et-je-ne-vous-le-dirais-pas-ici.

- Si tu sais quelque chose, commence Ron

Mais il est interrompu par le pieds d'Hermione lui écrasant consciencieusement les extrémités plantaires.

- Moi, je serais contente si il n'est plus là, fait Luna. Ce n'est pas un très bon prof.

- Bien sûr que si, répondent en cœur Harry Ron et Ginny.

- Nous à Serdaigle, on trouve que ses cours sont une plaisanterie.

- Et bien, vous devez avoir un sens de l'humour particulièrement déplorable, bougonne Ron avec mauvaise humeur.

Je soupire.

- Ce n'est pas que je n'aime pas le professeur Gobe-Planche, je fais d'une voix lasse, mais en vérité, je la déteste.

- Tu n'as eu en tout et pour tout que quelques cours avec elle, fait Hermione d'un ton sentencieux. Comme peux-tu dire si tu aimes une prof en si peu de temps ?

- Et bien, parce qu'elle m'a pris en grippe dès le premier cours. Souviens-toi de l'histoire avec la licorne. Je lui avais dit que je ne voulais pas l'approcher. Si je dis quelque chose c'est qu'il y a une bonne raison !

- Mais elle ne pouvait pas savoir que tu était de très mauvaise humeur, fait Hermione.

- Si, vu que je m'étais disputée avec elle quelques minutes avant le début du cours. Et que ça m'a valu quelques points en moins.

Vaincue dans son raisonnement, Hermione fait la moue.

Arrivés à la table des Griffondors, Ron, Harry et Hermione se tournent vers la table des Professeurs. Mais ils n'y trouvent nulle trace d'Hagrid.

- Il n'est pas là, dit inutilement Harry dépité.

- Non, il n'est pas là, je soupire.

Le Trio d'Or me fixe avec attention.

- Il est encore en mission, et d'après ce que je sais, il ne rentrera pas avant quelques jours, voire quelques semaines.

- Elle consiste en quoi cette mission, demande Hermione trop curieuse pour (pas) changer.

Mais je ne lui réponds pas, car d'autres personnes s'assoient à côté de nous.

Hermione continue de fixer la table des Prof, pendant que les garçons entament une discussion avec les deux pipelettes de Griffondor, Parvati et Lavande.

- Qui c'est ça ? Demande Hermione après quelques secondes d'observation intense.

- C'est cette bonne femme, répond Harry surpris. Dolores Ombrage ! Elle était au tribunal ! Elle travaille avec Fudge !

- Joli Cardigan, fait Ron en regardant l'horrible truc rose qui lui sert de gilet.

- Elle travaille avec Fudge ? Répète Hermione circonspecte. Qu'est-ce qu'elle fait ici alors.

Je l'observe à la dérobée, et j'aperçois ses yeux s'éclairer.

Décidément, cette fille comprend tout trop vite pour son bien.

- Je crois que tu as compris, je ricane.

- Compris quoi ? Demandent en cœur Ron et Harry qui eux n'ont rien compris.

- Que le Ministère veut mettre son nez dans les affaires de Poudlard, chuchote Hermione sur un ton de comploteurs.

- Hein ?

Ron dans toute sa splendeur.

- Ron, ne te fais pas plus bête que tu ne l'es déjà, je dis.

Avant qu'il n'ait compris si c'était un compliment ou un reproche, je continue.

- Poudlard est une école privée. Normalement, le Ministère ne doit pas trop y mettre son nez. Et comme la scolarisation des jeunes sorciers n'est pas obligatoire, il ne doit même pas pouvoir mettre son grain de sel dans le programme des cours.

- B'alors, fait Ron, qu'est-ce qu'elle fait là cette bonne femme ?

- Cette bonne femme, comme tu dis, est notre nouvelle professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

- Quoi ? S'exclame Harry.

Il s'attire quelques regards interloqués. Nous baissons encore de volume.

- Dumbledore n'arrivait pas à trouver un professeur cette année. Le Ministère devait faire pression sur les potentiels candidats. Mais si à une certaine date, le Directeur de Poudlard n'a pas constitué tout son Staff, le Ministère prend le relais et propose quelqu'un. Que le-dit Directeur sera obligé de prendre.

- Du coup, le Ministère a déjà un pieds à l'intérieur de Poudlard, conclut Hermione.

- C'est ça. Il s'agit d'une situation totalement nouvelle. Il n'est pas dit que grâce à ça, le Ministère n'arrive pas à destituer Dumbledore.

- Ce serait affreux ! Se récrie Harry. Plus personne ne serait là pour dire haut et fort que Voldemort est de retour !

Nous interrompons notre discussion car voici MacGonagall qui arrive avec le Choixpeau magique.

Celui-ci entame sa chanson, qui dure, et dure.

Et comme l'année dernière, le Choixpeau finit sa chanson par une recommandation.

Le pauvre aussi, il doit s'ennuyer toute l'année à préparer son futur texte.

Sauf quand il doit aider Harry Potter à vaincre un Basilic, mais il faut bien avouer que des situations comme celle-là, il n'y en a pas tous les quatre matins.

Le repas commence (enfin ! Selon Ronald Weasley).

Ron et Hermione sont encore en train se chamailler, et Harry et moi tenons la chandelle.

Du coup j'essaye de faire naître une conversation, à propos du Quidditch par exemple.

- Oui, cette année, les matchs vont reprendre, fait Harry avec un grand sourire. En plus, on doit trouver un nouveau gardien, et …

Il est interrompu par Dumbledore qui se lève afin de faire son petit discours de bienvenu.

- À présent que nous sommes tous occupés à digérer un autre de nos somptueux festins, je vous demande de m'accorder quelques instants d'attention afin que je puisse vous donner les traditionnelles recommandations de début d'année. Les nouveaux élèves doivent savoir que la forêt située dans le parc est interdite d'accès. Il ne serait d'ailleurs pas inutile que quelque uns de nos plus anciens élèves s'en souviennent aussi.

Son regard se pose successivement sur le Trio d'Or, et sur les jumeaux Weasley.

- Monsieur Rusard m'a demandé de vous rappeler pour la quatre sent soixante-douze fois selon lui, que l'usage de la magie n'est pas autorisée dans les couloirs entre les heures de cours et que beaucoup d'autres choses sont également interdites. La liste complète se trouve sur la porte de son bureau.

Je la sens très drôle cette liste. Interdiction d'apporter des Bombabouses, des frisbees à dents, des pétards, un peu comme dans les écoles et collèges moldus où la listes de choses interdites s'allongent avec le temps. Interdiction d'emporter sa gameboy, son téléphone portable, ses billes sinon on peut se les faire voler, ses cartes Panini sinon on peut se les faire voler, ses Pogs sinon on peut se les faire voler... j'en passe et des meilleures. (Les meilleures étant les pokemons bien sûr)

- Nous auront cette année deux nouveaux enseignants. Je suis particulièrement heureux d'accueillir cette année encore le professeur Gobe-Planche qui assurera les cours de Soins aux Créatures Magiques, et très content de vous présenter le professeur Ombrage qui enseignera la Défense Contre les Forces du Mal.

Il y a quelques applaudissements polis. Moi, j'applaudis pas. Je suis pas contente. Gobe-Planche et Ombrage en même temps ! Une coincée du cul et une lèche-botte de Fudge. C'est inadmissible.

- Les essais pour la constitution des équipes de Quidditch de chacune des maisons auront lieu le …

Mais il est interrompu par le bonbon mal sucé à côté de lui qui fait un petit hum hum.

Ce serait presque choupi si elle n'avait pas une tête de mouche à merde écrasée.

Dumbledore s'arrête, étonné aux premiers abords, puis il se rassoit comme si cette intervention était prévue de longue date, pas du tout impolie et qu'elle s'annonçait intéressante.

Intéressante ? Mais quelle erreur !

Avec une voix suraiguë et un minaudement (sisisi, c'est quand quelqu'un minaude. Je suis à moi toute seule l'Académie Française ! J'invente des mots!) de petite fille surjouée, elle semble endormir d'un coup toute la Grande Salle.

- Je dois dire que c'est un grand plaisir de revenir à Poudlard.

Elle sourit de toutes ses dents et on voit presque ses dents de sagesse.

- Et de voir tous ces joyeux petits visages levés vers moi.

Je m'étouffe avec ma langue en essayant de ne pas éclater de rire. Elle nous a pris pour des élèves de maternelle ou quoi ?

- J'ai hâte de vous connaître tous et je suis sûre que nous deviendrons très vite de très bons amis !

Ok, là ce n'est plus de la bêtise, elle est complètement perchée. Quelqu'un lui a dit que le cannabis c'est illégal ?

Elle se reracle la gorge. Donnez-lui une pastille contre la toux et qu'elle se taise !

Mais quand elle reprend son discours, elle n'a plus trop le ton d'une petite fille, mais plutôt d'une mauvaise série où le texte est rabâché par cœur.

- Le Ministère de la Magie a toujours accordé une importance primordiale à l'éducation des jeunes sorcières et des jeunes sorciers.

Ben fallait ouvrir une école publique alors. Je ne vois pas trop où elle veut en venir pour le moment.

- Les quelques dons que vous avez pu recevoir à votre naissance ne se révéleraient pas d'une très grande utilité si une instruction attentive ne se chargeait de les cultiver et de les affiner. L'ancien savoir dont la communauté sorcière est l'unique dépositaire doit être transmis aux nouvelles générations si nous ne voulons pas qu'il se perde à jamais. Le trésor de la connaissance magique amassé par nos ancêtres doit être conservé, enrichi, bonifié, par ceux qui sont appelés à la noble mission de l'enseignement.

À la tête de Sev', je peux dire que lui ne trouve rien de noble dans cette mission.

En tout cas ce discours est aussi chiant qu'un cours du professeur Binns. Et je pèse mes mots.

Et ça dure.

- Chaque Directeur et Directrice de Poudlard a apporté quelque chose de nouveau en accomplissant la lourde tâche de gouverner cette école historique et c'est ainsi qu'il doit en être car l'absence de progrès signifie la stagnation puis le déclin.

C'est mon attention qui décline grognasse.

- Mais le progrès pour le progrès ne doit pas être encouragé pour autant, car nos traditions éprouvées par le temps n'ont nul besoin d'être modifiées. Un équilibre entre l'ancien et le nouveau, entre la pérennité et le changement, entre la tradition et l'innovation...

Tu peux pas aller plus vite, passer aux conclusions, dire que Poudlard est mal gérée et que c'est pour ça que t'es ici. Comme ça on pourra aller dormir.

- … car certains changements seront pour le mieux alors que d'autres, à l'épreuve du temps, apparaîtront comme des erreurs de jugements. De même, certaines coutumes anciennes seront conservées à juste titre et tandis que d'autres, usées et démodées, devront être abandonnées.

Bah voilà ! Bon maintenant faut conclure et déduire que Dumbledore doit s'en aller et c'est bon c'est fini !

- Aussi, n'hésitons pas à entrer dans une ère nouvelle d'ouverture, d'efficacité, de responsabilités, avec la volonté de préserver ce qui doit être préservé, d'améliorer ce qui doit être amélioré, et de tailler dans le vif chaque fois que nous serons confrontés à des pratiques dont l'interdiction s'impose.

Dumbledore remercie Ombrage pour ce discours éclairant.

Hermione fulmine.

- Ça pour être éclairant, c'était éclairant !

- Tu ne vas pas me dire que ça t'a captivée, non ? Murmure Ron blasé. C'est le discours le plus ennuyeux que j'ai jamais entendu. Et pourtant j'ai été élevé avec Percy.

- C'était éclairant, pas captivant, je réplique.

- Très révélateur, appuie Hermione.

Les deux garçons nous regardent avec des yeux de merlans frits.

- Moi ça m'a donné l'impression d'une sauce insipide. Que des lieux communs.

- C'est justement avec des lieux communs qu'on cache des ingrédients dans la sauce, je souris.

- Par exemple, commence Hermione, " le progrès pour le progrès ne doit pas être encouragé ", " certains changements apparaîtront comme des erreurs de jugement ". À la fin, elle a clairement annoncé le renvoi prochain de Dumbledore.

- Hein ? S'exclame Harry et Ron.

- " Tailler dans le vif chaque fois que nous serons confrontés à des pratiques dont l'interdiction s'impose. " ça veut juste dire que le Ministère veut reprendre la main à Poudlard et que pour ça Dumbledore doit partir.

- Mais comment tu fais pour deviner des trucs pareils ? Demande Ron abasourdi.

Je lève les yeux au ciel, manquant de dire qu'elle se sert de son cerveau c'est tout.

- Ron, n'oublie pas que nous devons nous occuper des Premières Années, rappelle Hermione à Ron.

- Ah, oui, c'est vrai, fait-il dépité.

Je monte avec Harry vers la Tour de Griffondor.

- C'est moi, ou tu es encore plus regardé et pointé du doigt que l'année dernière ? Je demande d'un ton joyeux.

- Non, ce n'est pas une hallucination. Apparemment, la Gazette du Sorcier a rencontré un certain écho.

- Ne t'en fais pas, ça va finir par se calmer. Sauf bien sûr si l'autre barba-papa commence à trop la ramener.

- Tu ne me rassures pas du tout, répond Harry d'une voix lugubre.

- Oh, mince, j'allais oublié ! Je m'exclame. J'ai dit à Drago que je passerai un peu de temps avec lui à Serpentard. Désolée de te lâcher subitement. À plus tard !

Quand j'arrive devant la tapisserie glauque qui garde l'entrée de la Salle Commune de Serpentard, je m'aperçois que je n'en connais pas encore le mot de passe.

Heureusement, Adrian Pucey arrive à ce moment et m'ouvre.

- Merci, je lui fais avec un clin d'œil.

À l'intérieur, je retrouve Drago, assis sur son fauteuil préféré. Je m'installe en face de lui, en essayant de me donner une contenance.

- Tu ne trompes personne tu sais, me fait Drago avec son petit air supérieur typiquement Malfoyen.

- Si, justement. Il n'y a que toi que je n'arrive pas à tromper.

- La flatterie n'arrivera pas à me faire oublier que tu me caches quelque chose.

- Je ne te cache rien ! Je me défends.

- Tu n'es pas crédible.

Je me tais, et mon regard vagabonde gaiement dans la pièce.

Tout est tellement intéressant !

Tenez, à quelques pas de moi, juste au dessus de la cheminée, il y a quelques marques noires de brûlures. Elles ont quelque chose de totalement fascinant, vous ne trouvez pas ?

Bon, vous ne semblez pas de cet avis, et Drago non plus d'ailleurs. Il me ramène à la réalité en un raclement de gorge.

- Alors, fait-il. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

Je triture pas très cordialement mes doigts, je prends une grande inspiration et je me lance.

- J'ai croisé pour la première fois le chemin d'un Épouvantard. Et ça m'a fait un drôle d'effet.

- Oui j'imagine, ce n'est pas très agréable de se retrouver face à face avec sa plus grande peur. C'était quoi ? La forme qu'a pris l'Épouvantard ?

- Disons que ça a vaguement un lien avec toi.

Mon petit frère a l'air surpris.

- Comment ça un lien avec moi ?

- C'est du passé maintenant. Tu es rassuré, je ne te cache rien de très important et je vais donc m'en aller me coucher.

- Maya ! Tu en as trop dit ou pas assez. Tu ne peux pas partir comme ça !

- Bien sûr que si, je peux. Et c'est même ce que je vais faire.

Je lui plante un bisou sur la joue et me dépêche de sortir des cachots.

Le lendemain en me levant, je remarque que Harry a l'air tout bonnement furieux. Et je ne suis pas la seule.

- Qu'est-ce qui t'arrive Harry ? Demande Hermione.

Mais lorsque Harry ouvre la bouche pour répondre, Hermione le coupe par une exclamation.

- Oh, mon dieu ! Ils dépassent vraiment les bornes !

Je ne capte rien du tout, la tête dans le pâté pour changer, et je tente difficilement de me concentrer pour apercevoir ce qui met Hermione dans cet état.

Ça a l'air d'être une affiche, que Miss Préfète-Parfaite s'empresse d'arracher.

- Keskispass ? J'articule laborieusement

- Je n'ai pas compris ce que tu disais, mais je pense savoir ce que tu veux, répond Hermione. Ce sont Fred et Georges. Ils ont posé une annonce pour trouver des cobayes pour leurs expériences.

Ah. Bof, pas très intéressant tout ça. Moi je veux savoir ce qui met Harry en colère.

- Pourquoi... Harry... colère, j'arrive à énoncer.

Il me jette un regard surpris.

- Tu arrives à parler à peine sortie du lit maintenant ? C'est nouveau.

Il laisse un blanc.

Pour clore le suspens intense, c'est Ron qui finit par répondre.

- Seamus prétend que Harry ment au sujet de Tu-Sais-Qui.

- Oui, Lavande pense la même chose.

À ce moment, nous arrivons à la table du petit déjeuner, et je me hâte de boire un grand bol de café. Ce qui rend la connexion haut débit entre mes sens et mon cerveau.

- Et là dessus, vous avez bavardé aimablement pour savoir si j'étais oui ou non un petit crétin qui cherche à faire parler de lui ? Demande Harry aigrement.

- Pas du tout, répond doucement Hermione pour calmer le jeu. En fait, je lu ai dit qu'elle ferait bien de la fermer une bonne fois pour toute. Et ce ne serait pas mal si tu arrêtais de nous sauter à la gorge à tout propos Harry. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, Ron, Maya et moi sommes de ton côté.

Il y a un silence.

- Désolé, fait Harry penaud.

- Ça explique pourquoi quand je suis rentrée de chez Serpentard, vous étiez déjà toutes au lit, je dis.

- Vous vous souvenez de ce qu'a dit Dumbledore le jour du festin de fin d'année ?

Harry et Ron soupirent dans un ensemble parfait.

- A propos de Vous-Savez-Qui. Il a dit, je cite, que son " aptitude à semer la discorde et la haine est considérable. Nous ne pourrons le combattre qu'en montrant une détermination tout aussi puissante, fondée sur l'amitié et la confiance... ".

- Le Choixpeau a dit un truc similaire en début d'année dernière, je réponds. Je crois que c'était " Ce qui a l'air d'une division / Ne doit pas vous déchirer / Et c'est à l'unisson / Que vous réussirez. ". Vous croyez qu'ils se copient l'un l'autre ?

Hermione lève les yeux au ciel.

- Comment vous faites pour vous souvenir des trucs comme ça ? Demande Ron la bouche pleine de toast.

- Moi, j'écoute, réplique Hermione avec une grimace de dégoût.

- Moi aussi, mais je serais bien incapable de réciter exactement ce qui a été dit, fait Harry volant au secours de Ron.

- Il se trouve, poursuit Hermione, que nous sommes précisément dans la situation dont parlait Dumbledore. Il y a deux mois seulement que Vous-Savez-Qui est de retour et nous commençons déjà à nous diviser. L'avertissement du Choixpeau magique était le même : restez ensemble, soyez unis...

Moi je dis qu'ils préparent au moins leur discours et autres chansons ensemble. Ça ne peut pas être une coïncidence.

- Si ça veut dire qu'on doit devenir amis avec les Serpentards, dit Ron, on peut toujours rêver.

- Je ne vois pas où est le problème, je rétorque froidement.

À ce moment, une grande fille noire avec de longues tresses se rue sur Harry.

- Salut Angelina, dit Harry surpris de la voir se précipiter ainsi.

- Salut. Passé de bonnes vacances ? Dit-elle à toute allure.

Et sans attendre la réponse, elle continue tout aussi vite.

- J'ai été nommée capitaine de l'équipe de Quidditch de Griffondor.

- Ça c'est une bonne nouvelle, répond Harry tout sourire.

- Maintenant qu'Olivier est parti, nous avons besoin d'un nouveau gardien.

- C'est qui Olivier ? Je demande.

Je pensais être discrète en demandant ça à Ron, mais, visiblement, pas assez parce qu'Angelina me fixe comme si j'avais six yeux. Puis elle reprend son monologue hâtif.

- On fera des essais vendredi à cinq heure et je veux que l'équipe soit au complet, d'accord ? Comme ça on cherchera quelqu'un avec qui tout le monde peut s'entendre.

- Ok, dit Harry

Angelina lui sourit et part en direction des jumeaux Weasley. Sûrement pour leur dire exactement la même chose.

Les hiboux arrivent et Hermione se plonge dans la lecture de la Gazette.

Les emplois du temps arrivent et ne contentent pas grand monde.

- On a Histoire de la Magie, double cours de Potion, Divination et Défense contre les Forces du Mal. Tout ça aujourd'hui, gémit Ron.

- Heureusement que je n'ai pas Divination, je fais dans un souffle. Et que je suis amie avec Sev'. Mais c'est vrai que vous, vous allez morfler.

- Merci de nous remonter le moral.

Je mords dans une biscotte et m'étouffe avec une miette.

Quand mes quintes de toux se calment, je demande.

- Vous savez ce que vous voulez faire après Poudlard ?

Le Trio d'Or me jette un triple regard interloqué. Je passe un peu du coq à l'âne. Je vous avez dit que c'était le bordel dans ma tête.

- Moi, je pensais que ce serait super d'être Auror, dit Ron d'un ton faussement dégagé.

- Oui, sûrement, fait Harry avec chaleur.

- Enfin, c'est l'élite. Il faut être vraiment bon. Et toi Hermione ?

- Je ne sais pas, j'aimerais faire quelque chose de vraiment utile.

- Auror, c'est utile, intervient Harry.

- Oui, mais il n'y a pas que ça. Par exemple, j'aimerais bien développer la S.A.L.E.

Je sens le fou rire poindre du côté de Harry et Ron qui tentent tant bien que mal de ne pas se regarder.

- Tu pourrais faire du Droit Magique. Il y a une spécialité Droit des Créatures Magiques je crois, je dis à Hermione.

- Pourquoi pas, fait-elle songeuse.

Je rejoins mon frère pour aller en cours de potion, et du coin de l'œil je vois Cho Chang aborder Harry, qui devient rouge pivoine.

Comme à l'habitude, je prends place aux côtés de Drago dans l'humide et sombre cachot qui fait office de Salle de Cours.

- Taisez-vous ! Intime Sev' en entrant dans la classe.

Ordre parfaitement inutile, car il n'y a pas un seul bruit.

Il ferme la porte du cachot avec fracas.

Il n'est pas de bonne humeur ce matin. Chouette, des points en moins pour Griffondor.

Sans ironie bien sûr.

- Avant de commencer le cours d'aujourd'hui, commence Sev' de sa voix la plus sèche, je crois utile de vous rappeler qu'en juin prochain, vous aurez à passer un examen important au cours duquel vous devrez apporter la preuve de vos connaissances en matière de composition et d'utilisation des potions magiques.

Les B.U.S.E's. Je sens qu'on va nous faire ce genre de discours un sacré paquet de fois cette année.

- Malgré le crétinisme congénital qui caractérise indubitablement une partie de cette classe …

Comprenez, les Griffondors.

- … il serait souhaitable que vous arrachiez une mention " Acceptable " lors de votre épreuve de BUSE, si vous ne voulez pas subir mon … mécontentement.

Un regard circulaire intimidant. Parfaitement au point son numéro de méchant-prof-qui-veut-quand-même-que-vous-réussissiez.

Et pour débuter cette année en beauté, il nous fait préparer un Philtre de Paix. Une des potions les plus difficiles du programme de Cinquième Année.

Drago est très concentré. Il sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur, contrairement à moi. Sev' ne l'humiliera jamais en public, mais il ne se prive pas pour lui mettre de mauvaises notes. Alors que moi, c'est l'inverse. Il critique, mais il est moins partial quand au résultat.

En plus pour les BUSEs Dray veut se surpasser et avoir un Optimal. Ce qu'il arrivera très certainement à faire, si il ne se met pas trop la pression.

Pour une fois, Drago et moi avons besoin de presque tout le temps imparti pour finir la potion.

Dix minutes avant la fin du cours, Severus annonce

- Une légère vapeur argentée doit s'élever de votre chaudron désormais.

Je regarde autour de moi et sans surprise, je constate que peu d'élèves sont parvenus au résultat escompté.

Drago et moi, bien sûr, Hermione aussi naturellement, Théo et Blaise ne s'en sortent pas trop mal, ainsi que Dean et Parvati.

Mais les autres se sont lamentablement ramassés.

La potion d'Harry émet une fumée gris foncée, celle de Ron des étincelles vertes et une odeur de soufre. Seamus tente de rallumer le feu sous sont chaudron. La potion de Neville est très certainement la pire, puisqu'elle semble être solide. Un comble pour un philtre.

Sev' parcours la classe, s'arrêtant devant le chaudron d'Hermione, mais ne trouvant rien à redire, il s'éloigne.

Devant la table de Harry, un rictus apparaît sur ses lèvres. Il a trouvé une victime !

- Potter, lance-t-il d'une voix froide. Qu'est-ce que c'est que ça exactement ?

Harry n'en mène pas large, mais en bon Griffondor, il tient tête contre vents et marées. Là en l'occurrence, c'est une tempête de sarcasmes qui va s'abattre sur lui dans quelques instants.

- Un Philtre de Paix, répond Harry en essayant de paraître calme.

- Dites-moi Potter, reprend Severus. Savez-vous lire ?

Drago éclate de rire le plus discrètement possible. En fait, tous les Serpentards sont ouvertement en train de se moquer du pauvre Harry.

- Oui, répond Harry.

- Dans ce cas, voudriez-vous me lire à haute voix la troisième ligne des instructions, Potter ?

Harry lève la tête vers le tableau.

- Ajouter la poudre de Pierre de Lune, tourner trois fois dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, laisser frémir pendant sept minutes, puis ajouter deux gouttes de sirop d'Ellébore.

Il devient subitement blanc.

- Est-ce que vous avez fait ? Demande Sev' en connaissant pertinemment la réponse.

- Non, répond Harry, j'ai oublié l'Ellébore.

- Je le sais bien Potter, ce qui signifie que cette lamentable mixture ne sert strictement à rien. Evanesco !

Le chaudron se vide instantanément.

Mais, ça signifie que Harry n'aura pas de note ?

Sev' n'a pas le droit de faire ça ! Infliger un zéro à un élève parce qu'il a oublié un ingrédient ! Sa potion ne valait pas un 18 mais quand même !

Je sais qu'on parle de Sev' mais quand même !

J'attends que tous les élèves soient sortis pour aborder Severus.

- Je croyais qu'on avait déjà parlé de ça ? Je fais d'une voix forte.

- Parlé de quoi ? Demande-t-il distraitement en rangeant les échantillons de potions.

- De ta manie d'humilier Harry en permanence. Il ne méritait pas un zéro ! Même Neville aura une meilleure note que lui alors que sa potion était pire !

- Ça lui mettra peut-être du plomb dans la tête, répond Sev' en continuant de ranger sa Salle de Classe. Il lira mieux les instructions la prochaine fois.

- Sev' ! Je tempête. Tu te voile la face ! Sous prétexte qu'il est le fils de James Potter, tu lui pourris la vie. C'est aussi le fils de Lily Evans, ne l'oublies pas.

Il me foudroie du regard. La dernière fois qu'on a eu cette discussion, il s'est exclamé qu'Harry aurait du être son fils à Lily et lui. Et il avait dévié la conversation sur mon couple avec Sirius.

Mais cette fois, ce sera différent.

- Tu ne peux pas lui reprocher tes propres erreurs !

- Ce ne sont pas mes erreurs que je lui reproche, mes les siennes. Il n'avait pas suivi correctement la consigne...

- Je ne te parle pas de ça et tu le sait très bien, je le coupe sèchement.

On se fusille mutuellement du regard.

- Tout ce que je te demande, c'est de le traiter comme un Griffondor comme un autre. De ne pas le réduire à ton passé. Ce gamin n'est pas James Potter et ne le sera jamais. Comme il ne sera jamais toi.

Je chope mon sac et m'en vais prendre mon déjeuner.

Quand j'arrive à table, Harry est déjà parti, et je me retrouve avec un Ron et une Hermione en pleine chamaille. Je pousse un profond soupir, et je décide que la table des Serpentards a l'air plus accueillante.

Quand je m'assois à côté de Drago et Pansy, je remarque qu'Ombrage me fixe étrangement.

Après manger, je n'ai pas cours, donc je passe mon temps dans la Salle qui change. Je pense qu'il va falloir lui donner un nom à cette pièce. Salle Changeante ? Classe Variable ? Pièce Variante ? Salle Sur Demande ?

J'aime bien la deuxième et la dernière proposition.

Je lis un livre sur la Magie Rouge, la Magie du Sang, mais c'est encore trop complexe pour mes pauvres connaissances. Je ne comprends pas la moitié des références, souvent très anciennes, et pas non plus la moitié des rituels. La Magie Rouge croise souvent la Magie Runique et c'est assez difficile à suivre quand on ne lit pas les runes. Je prends tout de même quelques notes, en espérant trouver un livre qui permette d'apprendre les runes aussi facilement que possible.

Je soupire, en voyant qu'il est presque l'heure d'aller en cours de Défense Contre les Forces du Mal. Je me concentre sur mon rôle à tenir, et j'y vais.

Je m'assois au milieu de la classe, histoire de ne pas me faire remarquer,

- Et bien bonjour, dit Ombrage quand tout le monde est assis.

Il y a quelques réponses vagues. Ce qui n'a pas l'air de satisfaire le Crapaud en face de nous.

- Voyons, voyons, ça ne va pas du tout, dit-elle d'une voix aiguë et forte comme si elle s'adressait à des élève de maternelle. J'aimerais, s'il vous plaît que vous répondiez " Bonjour Professeur Ombrage ! ". Recommençons depuis le début, si vous le voulez bien. Bonjour tout le monde !

Je sens qu'il y a quelques personnes qui ont envie de lui dire qu'on ne le veut pas bien, moi la première, mais la classe scande un " Bonjour Professeur Ombrage ".

- Voilà qui est beaucoup mieux ! Dit-elle ravie. Ce n'était pas si difficile, n'est-ce pas ? Rangez vos baguettes et sortez vos plumes, s'il vous plaît.

Je soupire. Ça risque d'être encore plus pénible que prévu si en plus si c'est un cours théorique aujourd'hui.

Ombrage tapote le tableau de sa baguette et les mots " Défense Contre les Forces du Mal : Retour aux principes de base "

- Bien, fait-elle de sa voix de petite fille. Il apparaît que votre enseignement dans cette matière a été passablement perturbé et plutôt fragmentaire. Le changement constant d'enseignants, dont beaucoup ne semblent pas avoir suivi le programme approuvé par le Ministère, …

C'est normal, il n'y a jamais eu de programme approuvé par le Ministère depuis que Dumbledore est Directeur. Jusqu'ici, le Ministre lui faisait confiance.

- ... a eu le fâcheux résultat de vous laisser loin au-dessous du niveau qu'on est en droit d'attendre au début d'une année de BUSE. Vous serez satisfaits d'apprendre que ces problèmes sont désormais résolus.

Trop bien, elle se considère elle-même comme la solution à tous ces problèmes. Mégalomanie quand tu nous tiens ...

- Cette année, en effet, nous aurons un programme de Magie Défensive centré sur la théorie et approuvé par le Ministère. Commencez par copier sur vos parchemins les phrases suivantes.

Le tableau se couvrent de craie blanche.

1) Comprendre les principes qui fondent la Défense Magique.

Mais pas l'attaque, hein. On risquerait peut-être de se retourner contre elle. Cela dit, ce serait sans doute une bonne idée.

2) Apprendre à reconnaître les situations dans lesquelles la Défense Magique se trouve légalement justifiée.

Hmmm, je ne sais pas … quand quelqu'un nous attaque ou nous lance un sortilège sans notre consentement ?

Après je dis ça, je dis rien.

3) Replacer la Défense Magique dans un contexte ouvrant sur la pratique.

Comment ça " ouvrant sur la pratique " ?

Il n'y aura pas de pratique ? Pas de Magie ?

Mais on va péter les plombs si on ne pratique pas la Magie !

- Avez-vous tous votre exemplaire de " Théorie des Stratégies de Défense Magique " de Wilbert Eskivdur ?

Il y a quelques oui timides. Mais une fois encore, ça ne semble pas convenir à Ombrage.

- Je crois qu'il va falloir recommencer, dit elle de sa petite voix aiguë qui donne mal à la tête. Lorsque je pose une question, j'aimerais que vous me répondiez " Oui Professeur Ombrage " ou bien " Non Professeur Ombrage ". Donc je reprends. Avez-vous votre Manuel ?

- Oui Professeur Ombrage, scande une nouvelle fois la classe.

Elle nous prend pour de braves petits Soldats. C'est affligeant.

- Très bien. Je voudrais maintenant que vous ouvriez ce livre à la page 5 et que vous lisiez le premier chapitre : " Principes de Bases à l'usage des Débutants ". Et il est inutile de bavarder.

Alors c'est ça le nouveau cours de Défense Contre les Forces du Mal ? De la lecture ?

L'année s'annonce palpitante. Sans ironie bien sûr, une fois encore.

Les élèves se regardent les uns les autres, puis finissent par obéir, et lire ce qui leur ait demandé.

Après deux minutes à vouloir lire ces inepties, je lève la tête et avec plus ou moins de surprise, je vois la main d'Hermione levée en l'air.

Cette fille est incroyable. Elle peut rester dans cette position des heures, sa main prolongeant son bras et son dos, dans une position extrêmement droite. Je suis presque sûre qu'elle s'entraîne dans son lit le soir quand elle tire les rideaux.

Après quelques minutes, les autres élèves, s'endormant joyeusement sur leur livre, s'intéresse à Hermione et son bras tendu. C'est plus passionnant, c'est certain.

Quand la plupart des élèves ont le nez en l'air à regarder Hermione et son bras, Ombrage ne peut plus faire semblant de ne rien remarquer et s'adresse à Hermione.

- Souhaiteriez-vous poser une question au sujet de ce chapitre ? Demande-t-elle comme si elle venait juste de la remarquer.

- Pas au sujet du chapitre, mais au sujet de vos objectifs d'apprentissage.

Le Crapaud lève les sourcils.

- Et vous vous appelez ?

- Hermione Granger.

- Et bien, Miss Granger. Il me semble que ces objectifs sont parfaitement clairs si vous prenez la peine de les lire attentivement.

- Je ne le pense pas, répond Hermione précipitamment. Rien n'est indiqué au sujet de l'utilisation des Sortilèges de Défense.

La plupart des têtes se tournent vers le tableau, pour relire ces fameux objectifs et vérifier les dires d'Hermione.

Mais Ombrage a un petit rire.

- L'utilisation des Sortilèges ? Je ne vois pas ce qui pourrait arriver dans ma classe qui nécessite de recourir à un tel Sortilège, Miss Granger. Vous ne craignez quand même pas de subir une attaque pendant mes cours.

Elle a un sourire bienveillant absolument gerbant d'hypocrisie.

- Alors, on ne fera pas de Magie ? Demande Ron incrédule.

- Lorsqu'on veut s'exprimer dans ma classe, on lève la main, Monsieur ?

- Weasley.

Et Ron lève aussitôt sa main très haut.

À ce moment, c'est le début de la fin. Personne ne s'attendait à ça, et tout le monde veut donner son avis.

Et chaque personne qui s'exprime est coupé dans son élan par Ombrage qui répète qu'il faut lever la main, mais qui ne donne la parole à personne.

- Et à quoi nous servira la théorie dans le monde réel ? Demande Harry d'un ton féroce.

- Ici, nous sommes dans une école, Monsieur Potter, répond Ombrage en levant les yeux au ciel. Pas dans le monde réel.

- Alors, nous n'allons pas nous préparer à ce qui nous attend dehors ?

- Rien ne vous attend dehors Monsieur Potter.

- Ah, vraiment ? Réplique Harry.

C'est clairement un piège de la part d'Ombrage et Harry va tomber dedans la tête la première.

- À votre avis, qui aurait l'idée saugrenue d'attaquer des enfants comme vous ? Demande Ombrage de sa voix horrible.

- Hmmmm, répond Harry en faisant semblant de réfléchir. Peut-être, disons, Lord Voldemort ?

La réaction des élèves de la classe est au-delà de mes espérances.

Ron a un haut-le-corps et devient vert, Lavande pousse un cri strident et Neville tombe purement et simplement de son tabouret.

Par contre, Ombrage n'a aucune réaction, si ce n'est une lueur d'intérêt dans le regard.

- Dix points en moins pour Griffondor, Monsieur Potter.

L'annonce a l'effet d'une douche froide. Tout le monde se tait et attend la suite, comme si le professeur allait exploser d'une seconde à l'autre.

- Et maintenant, je vais éclaircir certaines petites choses. On vous a raconté qu'un certain Mage Noir était revenu d'entre les morts.

- Il n'était pas mort, et c'est vrai il est revenu ! S'emporte Harry.

Et voilà ! C'est parti. C'était prévisible, mais si on pouvait faire une avance rapide pour ne pas entendre Harry hurler que non il n'est pas fou, ça ferait du bien à mes oreilles.

Mais comme l'avance rapide n'existe pas dans la vraie vie réelle, ben faut tout se taper.

- Monsieur Potter ! Vous avez déjà fait perdre 10 points à Griffondor, n'aggravez pas votre cas ! Souffle le Crapaud enragé. Comme je vous le disais, reprend-elle de sa voix mielleuse, on vous a raconté qu'un certain Mage Noir est à nouveau en liberté. Il s'agit d'un mensonge.

- Ce n'est PAS un mensonge ! S'exclame Harry. Je l'ai vu, je me suis battu contre lui !

- Vous aurez une retenue Monsieur Potter, déclare Ombrage d'une voix chantante. Demain soir, cinq heure, dans mon bureau.

Je pose ma tête sur ma main, en attendant que ce mauvais film se termine.

- Je le répète, continue Ombrage de son air suffisant. Il s'agit d'un mensonge. Le Ministère de la Magie peut vous garantir qu'aucun Mage Noir ne vous menace.

Comme il peut garantir que Sirius Black est le meurtrier de 13 Moldus.

- Si vous continuez à éprouver de l'inquiétude, n'hésitez pas à venir m'en parler en dehors des heures de classe. Si quelqu'un vous fait peur en vous racontant des mensonges sur le retour des Mages Noirs, j'aimerais être mise au courant.

Encouragement de la délation. Je ne suis pas sûre de vouloir faire le rapprochement avec l'ère Pétain en France et de gagner un point Godwin.

- Je suis ici pour vous aider. Je suis votre amie.

Amis avec un Crapaud en sucre rose. On aura tout vu.

- Et maintenant, veuillez reprendre votre lecture. Page 5, " Principes de base à l'usage des Débutants ".

Alors que je m'apprête à retourner lire cet ennuyeux ouvrage, Harry se lève, en ignorant les supplications d'Hermione.

Oh ! Un petit retournement de situation ! Du piment dans ce cours insipide !

- Alors selon vous, Cédric Diggory est mort de son plein gré ? Demande-t-il la voix tremblante.

Ses poings se serrent convulsivement, et on sent toute sa difficulté à évoquer cet épisode traumatisant de sa vie.

Toute la classe retient son souffle, attendant la réponse du Professeur Ombrage.

Tranquillement, elle regarder Harry avec un air mi-désolé, mi-sévère.

- La mort de Cédric Diggory a été un tragique accident, fait-elle froidement.

- C'était un meurtre, réplique Harry sur le même ton froid.

Il tremble de rage.

- Voldemort l'a tué et vous le savez très bien.

Pendant un instant, il semble qu'Ombrage va exploser et se mettre en colère. Au lieu de cela, elle pousse un petit soupir. Un de ceux qui dise, j'ai-pitié-de-vous, ou encore pardonnez-lui-il-ne-sait-pas-ce-qu'il-dit.

- Venez ici mon cher Potter.

Harry, encore tremblant de rage, s'approche du bureau, pendant qu'elle écrit un mot sur un parchemin.

- Allez donc porter ceci au professeur MacGonagall, cher Monsieur Potter, dit Ombrage en lui tendant le petit rouleau de parchemin.

Harry quitte la classe dans un silence de mort.

- Très bien, reprend Ombrage. Monsieur Potter est visiblement en pleine crise de mythomanie.

Je vois Ron devenir très rouge, mais Hermione l'empêche de parler.

- La mythomanie est une maladie que Monsieur Potter pourrait soigner, si il acceptait de consulter un psychomage. Mais je peux d'ors et déjà vous dire que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n'est pas de retour, et qu'aucun danger ne vous attend à l'extérieur de Poudlard.

Elle fait une petite pause et reprend sereinement

- Nous pouvons désormais continuer la lecture du premier chapitre de votre Manuel, page 5.

Et la lecture morne et ennuyeuse recommence.

Tout comme ce midi, je mange avec les Serpentards de Cinquième Année. Bien m'en a pris car Harry semble furax et Ron et Hermione n'ose pas trop parler. Après quelques minutes seulement de repas, et après avoir assassiné du regard les trois quart de la Grande Salle, le Trio d'Or se lève et quitte la table.

- Il paraît que Potter a hurlé comme un possédé en cours de Défense, fait Drago en se servant des pommes de terre sur le ton de la conversation.

- On a eu notre premier cours avec Ombrage, j'explique. Et tu as en partie raison, sauf que je trouve qu'il ne s'est pas trop énervé. Il n'a pas hurlé, comme tu dis.

- Pourquoi il s'est énervé ? Demande Théo la bouche pleine.

Il reçoit un coup de coude d'une Pansy écœurée par ses manières.

- Et bien, parce qu'Ombrage a dit que le Seigneur des Ténèbres n'est pas revenu. Il a démenti.

- Comment le sujet en est arrivé là ? Fait Drago étonné.

- Et bien, elle a annoncé qu'on ne ferait pas du tout de pratique de l'année, donc la classe s'est énervé et Harry a demandé qu'est-ce qu'il nous arriverait si on était attaqué par Lui. Et un énervement en entraînant un autre, il a reçu une retenue.

- Potter n'a jamais su faire profil bas, énonce Blaise. Pourtant, n'importe qui de sain d'esprit saurait que c'est justement maintenant, et dans sa position qu'il faut se faire oublier.

- Tu omets qu'Harry est un Griffondor et qu'il défend sa position et ses convictions.

- Tu aurais pu t'arrêter à " Griffondor " c'est une assez bonne définition.

- Euh, qu'est-ce que tu entends dans la partie " absence de pratique ", demande Pansy hésitante.

- Et bien, que les cours seront intensément ennuyeux et qu'on passera probablement la majeure partie de notre temps à lire le manuel.

- Tu plaisantes ? S'exclame les autres autour de moi.

- Non, du tout. Ça a scandalisé les Griffondors.

- C'est normal ! Dit Blaise. C'est scandaleux ! Comment on va faire pour les BUSEs ?

- Faudra vous entraîner en dehors des cours.

- Comment tu peux être aussi passive devant une telle situation ? En bonne Griffondor tu devrais taper du pieds, crier, faire je ne sais quoi, dit Théo avec un sourire

- Ou ne rien faire du tout et attendre de voir comment ça se développe avant d'être en retenue pour le restant de ma scolarité.

- Ça se tient.

Après manger, je remonte vite à la Salle Commune de Griffondor. Quand j'entre, Hermione est en pleine invectivation (sisisi) de Fred et George à propos de leurs tests sur les autres élèves.

Je m'assois en face de Ron et de Harry, pour admirer le spectacle de Hermione menacer Fred et George d'écrire à leur mère.

Menace qui a l'air d'être efficace, au vue de la tête horrifiée qu'ils tirent tous les deux.

- Pourquoi tu ne m'as pas soutenu ? Me demande abruptement Harry

- Comment ça ? Je demande évasivement.

- Pourquoi tu n'as pas réagi quand Ombrage a dit que Voldemort n'était pas revenu ?

- Ça me semble évident, je réponds. Tu criais déjà assez fort pour qu'en plus j'en rajoute une couche.

- Mais toi aussi tu l'as vu ! Tu aurais pu le dire ! Maintenant l'École toute entière est persuadée que je suis un dangereux mythomane. Et qu'il faut m'enfermer à Sainte Mangouste pour me faire soigner.

- Je ne vois pas en quoi que je dise que je côtoie Tom pendant mes temps libres aurait fait avancer le Schmilblick, je rétorque avec toute la mauvaise foi que j'ai en stock.

- Tu ne vois pas ? Fait Harry incrédule. Tu ne vois pas ? Mais c'est pourtant clair ! Tu es la fille de Lucius Malfoy. Si il y a quelqu'un ici qui peut faire entendre raison à tout le monde, c'est toi !

- On ne peut pas en parler dans un endroit moins fréquenté s'il te plaît, je dis plaintivement.

Quelques regards se sont déjà tournés vers nous et je commence à me sentir mal à l'aise.

Je monte dans le dortoir des garçons de Cinquième Année, avec le Trio d'Or.

Hermione insonorise la pièce et jette un Collaporta.

- Je n'ai rien dit parce que je dois faire profil bas, je dis tout de go.

- Comment ça ? Demande Ron.

- Justement parce que je suis la fille de Lucius et Narcissa Malfoy ! Si je me positionne en faveur de Harry Potter, cela met non seulement ma famille en péril, mais aussi la position d'espion de Severus. Sans parler de ma propre position.

- Tu ne comprends pas ? Si le Ministère ouvre enfin les yeux sur le retour de Voldemort, l'Ordre du Phénix ne sera plus seule à combattre ! Et Sirius pourra enfin sortir à visage découvert, sans avoir peur de retourner à Azkaban. Tu devrais aussi prendre ça en compte !

Je le fusille du regard. Il n'a pas le droit de mêler mon Siriii à cette histoire.

- Ce n'est pas tant ton silence à propos de Tu-Sais-Qui qui m'a surpris, dit Hermione d'un ton plus calme qu'Harry, mais ton silence à propos de l'absence de pratique.

- Tu voulais que je dise quoi ? Vous avez tout dit.

- Justement, il n'y a eut que toi qui n'a rien dit, rétorque Hermione. C'est quoi le message que tu envoies aux autres élèves ? Que tu es du côté d'Ombrage ?

- Le message n'est pas destiné aux élèves, mais à Ombrage elle-même, je réplique.

- Que les élèves pensent cela également, tu n'en a rien à faire ? S'offusque Hermione.

- Ce sera un dommage collatéral.

Harry a l'air véritablement furieux, Ron a les oreilles si rouges qu'on pourrait faire cuire des saucisses devant et l'air outré d'Hermione est presque comique.

Cela dit, je leur tourne le dos, ouvre la porte d'un coup de baguette et je vais me coucher.

Les prochains jours risquent d'être tendus.