Coffee Prince « Café des Princes ».
Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi
Création de Lex Lina
O0o0o0o0o0o0o0o0o0o
Chapitre 21
Américano
I keep on fallin' in and out of love with You
I never loved someone the way that I love You
Alicia Keys - Fallin'
xoxo
Alors qu'ils viennent de déjeuner, Jasper et Angela prennent le temps de flâner dans une rue commerçante. Leur destination étant un magasin de disques vintage situé au bas de la rue, ils avancent tranquillement. Et ça, le jeune homme n'y est pas habitué.
Alice papillonnait d'un magasin à l'autre, dépensant des fortunes et usant d'une énergie qui pourrait en achever plus d'un alors qu'Angela est ce qu'on pourrait qualifier de calme. Ils ont humé des fleurs, rient avec des enfants, mangé des glaces… Choses invraisemblables et normales qui sont totalement hors des principes de son ex petite amie.
Une fois chez le disquaire, le jeune homme est d'autant plus surpris quand la jeune femme ne le presse pas pour repartir. Au bout d'une demi-heure, il finit par lui demander doucement, craignant sa colère. « Ça va ? Tu ne t'embêtes pas trop ? ».
Angela retire le casque de ses oreilles et sourit. « Tu rigoles ? Ce magasin est magique. Il y a tellement de merveilles ! Regardes ce que j'ai déjà pris. J'ai suivi tes conseils et j'adore ce groupe.». Une pile de CD est sagement posée à côté d'elle. Elle pose sa main sur son avant-bras. « Si tu cherchais à m'impressionner… Tu as tiré les bonnes cartes. ».
Jasper, les joues rougies comme un gamin, sort un cd de sa poche. « C'est pour toi. Je l'ai fini plus tôt… Enfin, il me manquait une chanson et comme ils l'ont ici, le proprio a été assez sympa pour la graver avec les autres. ».
La jeune femme manque de sauter sur place. « Oh mon dieu ! Ma patronne va être ravie ! Si tu savais comme elle est stressée en ce moment avec cette expo ! GÉNIAL ! ». Elle finit par lui sauter dans les bras et l'embrasse.
Surpris, il met quelques secondes avant de resserrer ses bras contre elle. « Tout le plaisir est pour moi. ». Il l'entraine par le bras. « Allons-nous promener encore un peu. Je veux profiter de toi avant que tu ne retournes te faire exploiter et que je sois obligé de me terrer durant des heures dans mon studio… ».
Sombrement sa phrase continue dans son esprit. '…ou que je sois obligé de vendre mon âme à Alice, quoi qu'elle nous réserve.'.
xoxo
Les yeux verts d'Edward suivent le curseur de sa souris. Cela fait bien dix minutes qu'il cherche à se concentrer sur les tableaux et les lignes de comptes de son tableur mais son esprit est bien incapable de se concentrer sur les chiffres qui défilent. Son regard ne fait qu'aller et venir entre l'écran et les moindres faits et gestes de Bee.
Les sourires qu'il offre aux clients, ses chamailleries avec James et Emmett, sa manière de repousser subtilement les avances de Seth et sa complicité évidente avec Billy. Il n'y a rien à redire, Bee fait partie intégrante de la petite famille que forme les princes. Et bien qu'il tente, à tout prix, de se convaincre du contraire, le petit voyou fait aussi clairement parti de sa vie.
Et cela, Edward n'avait jamais réalisé à quel point. Rien n'est pareil depuis qu'il ne lui adresse plus la parole. Puis, la soirée d'hier étant le pompon pour lui faire comprendre combien son propre comportement était d'une stupidité affligeante. Maintenant, Bee l'évite comme la peste et passe son temps libre avec d'autres personnes que lui…
Non, on ne dira rien sur sa relation avec Jasper… Ni sur le fait que je rêve d'enfermer mon cuisinier dans la chambre froide du café… Non, car je suis bien au-dessus de tout ça.
Ses yeux dérivent encore vers son employé. Bee prépare les plats à emporter. Il installe machinalement les différentes préparations de Seth dans les petites caissettes composant les bento dont les clients raffolent. Edward baisse l'écran de son ordinateur portable et se frotte les yeux en soupirant. Puis, ses mains, posées à plat sur la table, l'aide à se soulever avant que ses pas ne le dirigent vers celui qui le perturbe tant. Sa voix se fait nonchalante, cachant bien ses sentiments. « Tu t'en sors ? ».
Bee lève à peine sa tête et marmonne. « Oui. ».
Edward le suit dans ses mouvements, l'aidant en plaçant les caissettes déjà pleines dans les réceptacles noirs et brillants. « Pourquoi n'es-tu pas à la livraison ? ».
Faisant toujours mine de ne pas remarquer sa présence, son employé lui tourne le dos. « Emmett m'a demandé de le remplacer ce midi. Donc, je termine cela et je pars ensuite faire ma tournée. ». Il prend le temps de contourner Edward et celui-ci remarque que son tablier n'est pas correctement attaché.
Pris d'une habitude qu'il ne réalise même pas lui-même, Edward se précipite sur Bee et passe ses mains autour de sa taille pour renouer les lanières.
xoxo
Ce geste simple, exécuté des dizaines de fois par son patron, perturbe la jeune femme au plus haut point. Edward est derrière elle, penché au point que Bella ressente son souffle dans le creux de son cou, faisant onduler légèrement le tissu de sa chemise. Elle le laisse faire, se décalant doucement pour lui faire face et lui offrir un meilleur accès.
« Bee, tu sens bon. Enfin… Je veux dire… Non, rien. ». Edward est tout à sa tâche et s'applique à faire un nœud plus solide au niveau de son estomac. Il marmonne. « Putain, tu es un mec… Comment se fait-il que tu ais la taille aussi fine ? Faut que tu t'épaississes ou que tu prennes du poids. ».
Il termine en tentant de replacer correctement sa chemise et c'est le moment que Bella saisit pour l'interrompre. Elle place ses mains rapidement sur les siennes et les retirent aussitôt afin qu'il ne la touche plus, comme s'il risquait de la bruler. Elle murmure. « C'est bon. Je vais le faire. ».
Edward se redresse. Son visage marque la stupeur qu'il ressent quand elle le rejette. Il recule de quelques pas avant de faire le tour de la table comme pour mettre de la distance entre eux. Avant qu'il ne puisse s'en aller, Emmett déboule et les interpelle. « Patron ! Bee ! BEE ! Je l'ai eu ! Je l'ai eu ! ». Il montre fièrement la petite carte indiquant qu'il est apte à conduire un deux roues.
Edward se tourne et observe la scène. Emmett saisit aisément Bella dans ses bras et la fait virevolter avant de la balloter sur son épaule comme une poupée de chiffon. Elle est plutôt pale quand elle finit par toucher le sol. Tout sourire, elle rigole avec lui. « Lâche-moi maintenant et… Ne penses même pas à toucher ma moto. ».
Il commence à la supplier comme un enfant, la gardant fermement enserrée dans ses bras.
Possédé par une once de jalousie car elle refusait son contact juste avant, Edward se poste près d'eux. Il dégage l'épaule d'Emmett et l'écarte subrepticement de la jeune femme. « Génial. Alors racontes comment ça s'est passé. ». Edward entraine Emmett sur la terrasse afin d'obtenir un rapport détaillé de sa matinée.
Bella reste bouche bée, ayant eu à peine le temps de comprendre ce qui vient de se passer surtout que tout le monde sait qu'obtenir le permis moto est aussi peu contrariant que passer celui pour la voiture. Même un mec comme Emmett, sans vouloir le vexer, peut y arriver, c'est pour dire. Sans chercher à en comprendre plus, elle essuie ses mains sur son tablier et recommence à travailler sur ses bento. Quoi qu'Edward ai en tête, elle est bien décidée à lui laisser l'espace qu'il désire plus que tout.
xoxo
Carlisle observe la femme assise en face de lui, les yeux emplis de suspicion. Lorsque son assistante pose le plateau de café et biscuits sur la petite table attenant à son bureau, il comprend qu'elle s'est encore invitée et qu'elle a dû user de son pouvoir de séduction pour passer la sécurité et son assistante. Sa voix est ironique quand il se sert une tasse. « Fais comme chez toi. ».
Après quelques minutes d'un silence inconfortable, il finit par déclarer. « Tu es toujours aussi imprévisible. C'est une visite à laquelle je ne m'attendais point. ».
Jane sourit et lisse la jupe de son tailleur. « Ça doit bien faire 20 ans… ». Le regardant attentivement, elle continue. « Tu n'as pas changé. Toujours aussi séduisant. ». Elle croise ses jambes et le regard de Carlisle suit le moindre de ses mouvements. « Est-ce qu'Esmée sait que je suis là ? ».
Il se redresse sur son fauteuil. « Je n'ai rien à lui caché. Alors oui, elle est au courant de tout. ».
Jane se lève et fait quelques pas vers la baie vitrée. Le bureau, surplombant les jardins de l'hôpital, offre une vue imprenable sur cette partie de la ville. « J'ai envie de revenir aux États Unis. L'Europe n'a plus rien à m'offrir. ». Elle avance maintenant vers le bureau, se postant juste à côté de son ancien amant. « Puis que veux-tu ? Jasper me manque. ».
Carlisle rit doucement, ne croyant pas un instant la couleuvre dramatique qu'elle tente de lui faire avaler. Il lui rappelle. « Pourtant l'an dernier, tu étais à Chicago. Pourquoi ne pas avoir pris de ses nouvelles ? ».
Ses jambes se croisent, la fente de sa jupe dévoilant un peu plus ses cuisses. « Tu me connais… Je suis tellement passionnée que j'ai toujours mille choses à faire. On peut rattraper le temps perdu. ».
Par son comportement, Carlisle serait bien incapable de dire si elle parle encore de son fils ou de ce qu'il y a eu entre eux. Il a sa réponse quand Jane tente de lui caresser le visage. Mais la main de Carlisle agrippe fermement son poignet. « Sachant que ce n'est pas pour ton fils que tu es là, craches ton venin afin que tu retournes rapidement dans le trou où tu te terrais durant toutes ces années. ».
Le regard de Jane se plisse et, sa lèvre supérieure se retrousse dans un rictus mauvais. Le chirurgien n'est plus aussi malléable qu'auparavant et la séduction dont elle est capable ne fonctionne plus. Cela n'est point grave car elle bénéficie d'autres atouts dans sa manche afin de lui soutirer le soutien financier dont elle a grandement besoin.
xoxo
Bella est au téléphone avec Jasper car quitte à être de corvée de vaisselle, autant le faire en bonne compagnie. Elle est ravie surtout que celui-ci boit une tasse du café qu'elle a torréfiée elle-même et qu'il adore ça.
Avec son portable calé entre son épaule et son oreille, la jeune femme sourit. « Vraiment tu aimes ? Ce n'est pas juste pour me faire plaisir, hein ? ».
Edward entre dans la cuisine mais son employée est tellement absorbée par sa conversation qu'elle ne s'en rend pas compte. Le flirt amical auquel Jasper se livre à chacune de leurs discussions est assez divertissant pour qu'elle oublie qu'elle passe une bonne partie de ses journées avec les mains dans de l'eau additionnée de liquide vaisselle. Déposant une assiette dans l'égouttoir, elle murmure. « Tu es adorable. Ouais, c'est promis, tu en auras encore… Enfin, si tu me promets que… ».
BAM !
Le plateau qu'Edward pose violemment sur le plan de travail la fait sursauter. Sa main trempée rattrape son téléphone de justesse avant qu'il ne tombe dans l'évier. Son regard paniqué évite tout de même l'endroit où se situe son patron, surtout quand il lui demande. « Où est Seth ? ».
Bella répond d'une petite voix. « Hum… Il est avec Emmett. La livraison est arrivée bien plus tôt que prévu. ».
Il prend deux tasses et les pose sur le plateau avant de croiser les bras. « Et ? ».
« Il m'a demandé de le remplacer à la vaisselle, pendant qu'il aide à décharger les sacs. ». Elle s'écarte et détourne sa tête, comprenant que premièrement le fait qu'elle soit au téléphone ne l'empêche absolument pas de lui parler et qu'en plus cela l'exaspère au possible. « Jasper, on se capte tard, ok ?! ». Souriant quand Jasper insinue directement que son frère doit faire des siennes de l'autre côté du 'fil'. « Je te rappelle à la fin de mon service ok ? Et tu me parleras de ce rencard idéal. D'acc', à plus tard. ».
James entre à son tour dans la cuisine. Remarquant l'ambiance tendue comme un string de collégienne, il soupire et prend appui contre l'évier. Du bout de son index, il soulève une tasse. « Alors j'ai ma cliente préférée qui hurle comme une dingue que sa tasse est sale… Donc, la tête de qui va finir sur un plateau pour contenter la demoiselle ? ».
Edward saisit la petite porcelaine et l'inspecte. « Qu'est ce qui s'est passé ? Est-ce que c'est vrai ? ».
James ferme les yeux et soupire une nouvelle fois. « J'en sais rien. Elle dit que sa tasse est dégueu mais moi tout ce que je sais c'est qu'elle me pète les noix. Je me suis excusé au moins sept fois et elle continue à me bassiner. ».
Edward avance vers l'évier regardant directement la jeune femme qui reste obstinément les yeux rivés vers ses mains appuyées contre l'égouttoir. Ses phalanges blanchissent sous la pression qu'elle exerce en serrant ses poings. Il se penche vers elle et demande. « Et qui était chargé de vérifier la vaisselle ce matin ? ».
Un frisson glacial lui parcoure le corps. Oh fuck… Ses journées sont tellement chargées qu'elle en oublie certaines choses à faire. Étant royalement en tort, Bella ne tente même pas de se justifier ou de calmer le jeu. Elle soupire. « C'est moi. ».
Son patron repose la tasse, manquant de la briser. « C'est ce qui arrive quand on passe son temps au téléphone ! ».
Elle se tourne vers James. « Ca n'arrivera plus. Je suis désolée. ».
Mais cela horripile d'autant plus Edward car elle l'ignore totalement. « Je veux que tu rattrapes tout ton retard. J'en ai assez de tes excuses. Si tu te concentrais plus sur ton boulot que sur ta vie sentimentale, tu n'aurais pas autant de problèmes. ».
James pose sa main sur son bras. Il hoche la tête pour lui indiquer silencieusement que là, dans sa relation employeur-employé, Edward dépasse les bornes.
Ce dernier passe sa main dans ses cheveux avant de sortir de la pièce, grommelant un « Putain ! » bien senti.
James prend une grande inspiration, ravi d'avoir calmé le jeu, avant de porter son attention sur Bella. Il est persuadé que si une plante était dans la cuisine, elle aurait déjà été complètement rabougrie rien que par la tension ambiante. Purée, il est flippant quand sa colère prend le dessus. « Je pense surtout qu'elle m'en veut encore pour le coup du sandwich au saumon. Mes oreilles en sifflent encore. ». Il passe son bras autour des épaules de son amie pour la réconforter. « Mais surtout, pourquoi est-ce qu'elle s'obstine à revenir si le café lui déplait autant ? ».
Pfffiou… Je me pose la même question.
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« Ouh ! Vu que tu chuchotes, je suppose qu'Edward est avec toi ? ». Jasper finit sa tasse de café sur la terrasse et commence à jouer avec Aro. « Pas de problème surtout que je ne taffe pas ce soir. À plus Bella. ».
Alice passe son portail et le suit quand il retourne dans la maison. Elle renifle l'air ambiant. « Ca sent super bon. Est-ce que je peux avoir une tasse ? ».
Poliment, il lui prépare un mug, se demandant intérieurement si la jeune femme ne manquerait pas de s'étouffer si elle apprenait d'où vient le café.
Elle s'assoit confortablement sur le canapé, tandis qu'il reste debout, appuyé contre un mur. Alice boit une gorgée, appréciant l'arôme. « Je pense que je dois t'avouer mes projets. Je vais surement partir à New York avec Edward. ». Jasper manque de faire tomber sa tasse par terre. Elle lui offre un petit sourire. « C'est une bonne opportunité. J'ai ce boulot qui va me plaire et le fait qu'Edward soit là sera la cerise sur mon gâteau. C'est ce qu'il nous faut… De nouvelles possibilités, un nouveau départ. Tu ne penses pas que c'est une bonne idée ? ».
Jasper reste abasourdi. Comment ne s'est-il jamais rendu compte qu'elle fût si manipulatrice ? « Je vois… Tu ne peux pas faire une chose pareille. Tu sais bien qu'Edward est amoureux de quelqu'un d'autre et… ». Ses yeux se posent sur sa tasse mais non, il lui faut quelque chose de bien plus corsé qu'un simple café, aussi délicieux que peut être celui de Bella. « Et ce n'est vraiment pas bien de le manipuler ainsi. ».
Alice se lève et s'approche doucement de lui. « Tout de suite les grands mots… Tu me fais passer pour une fille sans cœur. ». Sa main glisse le long d'un meuble avec nonchalance. « Tu me connais. Je change souvent d'avis… C'est un peu à cause de toi que j'en viens à une telle extrémité. ».
Ses coudes le décollent du mur et il se poste en face d'elle. « De quel droit ? Comment peux-tu dire que c'est de ma faute ? ».
La jeune femme plisse ses yeux et entreprend de toucher son torse, glissant son doigt le long des courbes et déliés cachés sous son t-shirt. « Bella. Il n'y a qu'elle qui compte dorénavant. J'ai bien compris que ce n'est pas qu'une simple amitié entre vous. ».
Jasper ferme les yeux un bref instant. Cette conversation l'exaspère déjà. « Et alors ? Combien de fois faut-il que je te le dise ? Il n'y a rien entre elle et moi ! C'est une amie formidable. Même si je reconnais qu'au début on a failli… Enfin, on était très attiré l'un vers l'autre mais tu te trompes. Puis, qu'est-ce que tu veux ? Que puis-je faire pour que tu ne perturbe en rien la chance que peut avoir mon petit frère ? Merde, arrêtes de te servir de lui. ».
Le regard d'Alice se fait plus farouche. « Alors pourquoi ? Hein ! Pourquoi est-ce que tu sembles avoir tiré un trait sur notre relation ? Pourquoi est-ce que tu n'es plus comme avant ? ».
Il lève ses mains, cherchant les mots pour lui faire comprendre. « Ça ne se commande pas. J'ai tout simplement tiré un trait sur mon passé, Alice. Ça fait peut être cliché mais c'est le cas. ».
Profondément outrée, la jeune femme semble à la limite de taper du pied. « Si ce n'est pas Bella, qu'est ce qui nous empêche d'être ensemble ou que je tente ma chance avec Edward hein ? ». Elle sourit, narquoise, sachant qu'il serait prêt à reconsidérer cela si elle ne perturbe la chance que peut avoir le couple. Malgré toutes ces années et les soupçons d'infidélité d'Alice et d'Edward, Jasper s'en veut encore d'avoir laissé son petit frère tout seul quand il a appris qu'il avait été adopté. Bien plus qu'il n'a regretté le fait d'avoir abandonné sa petite amie. Enfin, Jasper prend cela du bon côté depuis qu'il a rencontré Bella car avant cela c'était la déprime la plus affligeante.
Aro gratte à la porte et son interruption est la bienvenue. Jasper s'écarte de son ex petite amie et avance pour ouvrir à son chien. Il finit par avouer. « J'ai rencontré quelqu'un. Et le fait que je compte la revoir sérieusement est principalement la raison pour laquelle il n'y a aucune chance possible entre nous, Alice. Bella n'est en rien concernée là-dedans. ».
Bon, à part le fait qu'elle m'a largement poussé dans les bras d'Angela et que maintenant je ne pense qu'à y retourner… Méchante, méchante Bella.
Restant plantée là, comme une idiote, Alice finit par se lever et se dirige vers la porte. « Je n'ai plus envie de parler, tout d'un coup. Tu sais où me trouver si tu veux m'empêcher de partir sinon… On t'enverra une carte postale de New York. ». Alice lance un simple « Bye ! » par-dessus son épaule avant de traverser le jardin.
Jasper reste immobile avant de fermer la porte derrière elle, maudissant presque le jour où il l'a rencontrée.
xoxo
La porte du bureau est à la limite de sortir de ses gonds quand Edward la referme.
Putain mais calmes toi Edward !
Il passe ses doigts dans ses cheveux déjà emmêlés et s'affale sur son fauteuil. Il baisse sa tête, les bras posés sur ses genoux avant de contrôler sa respiration.
Son téléphone le distrait quand l'appareil se met à sonner. Distraitement, Edward regarde l'écran et sourit devant le nom inscrit dessus. « Salut maman. Hum… Quoi ? Comment ça qu'est-ce que je fais ce soir ? ». Il ne manquait plus que cela, sa mère vient de lui arranger un rencard. « Qui c'est cette fois ? ». Ses yeux s'écarquillent. « Sérieux ? Comment est-ce que tu as réussi une chose pareille ? OK. OK dix-neuf heures. Ouais, à l'endroit habituel. Oui je t'aime aussi. ».
Bien qu'Edward soit un peu vexé que sa mère se sente obligée de constamment lui tenir la main même quand il s'agit de trouver une petite amie, le jeune homme reconnait qu'elle vient de jouer un coup de maitre. Zafrina Karichi. Une des plus jolies filles de son lycée. Métisse amazone aux yeux violets aussi impressionnants qu'Elizabeth Taylor, promise à un brillant avenir dans la communication et s'il faut l'avouer une véritable tigresse au pieu.
Il n'a pas eu de nouvelles d'elle depuis qu'il lui a promis de la rappeler, il y a quatre ou cinq ans de cela… et là, elle tombe à point nommé. Rien de mieux qu'une sublime sud-américaine pour vous remettre les idées en place.
xoxo
Le lendemain, Edward arrive au café avec une femme à son bras. Bella observe la scène du haut de la terrasse de l'étage. Elle se penche, à la limite de se fracasser le crane cinq mètres plus bas, et contemple le couple qui avance bras dessus, bras dessous. Ils semblent parfaits ensemble Cools, élancés, transpirant la thune à plein nez et dotés de ce petit air qui dit 'je viens d'avoir trois orgasmes et sans piles madame, monsieur'. Maintenant, elle comprend pourquoi est-ce qu'il arrive avec près de cinq heures de retard à son boulot.
James reconnait la fille qui se détache, à peine, de son patron et court les rejoindre afin de l'embrasser. C'est une profusion d'éclats de rire, de baisers et d'humour apparemment…
Oui, c'est le moment où la jalousie arrive avec son 38 tonnes et se gare dans la place réservée à son attention… Non, Bella ! Tu es bien au-dessus de ça. Oh c'est bon, si je ne peux pas être jalouse, qu'est-ce qu'il me reste, hein ?
Ils entrent dans le café et Edward s'empresse de la présenter à l'équipe. Bella prend son temps pour descendre les marches de l'escalier. On est rarement pressé d'aller sur l'échafaud, faut bien l'avouer… Quand elle finit par arriver en bas, Edward fait visiter les lieux à son amie.
Il faut reconnaitre qu'il a du gout. Physiquement, elle serait capable de donner du fil à retordre à Rosalie. Là où sa sœur est une beauté typiquement américaine, blonde et sophistiquée, cette fille est la quintessence de l'exotisme. La peau mate, des cheveux sombres qui cascadent et soulignent la cambrure de son dos, un regard bleu… non ses pupilles semblent mauves. Peut-on dire des yeux mauves ? Passons…. et un corps svelte enveloppé dans une robe turquoise, en une matière si fluide qu'elle semble prête à glisser au sol. Elle est toute droite sortie d'une pub Maybelline ou d'un temple Maya dédié à sa gloire. Quand elle se tourne vers l'escalier, sa robe et ses cheveux effectuent le même mouvement. Ouah l'effet Mariah Carey, avec le vent qui souffle toujours dans ses cheveux au bon moment…
Ah la jalousie est toujours là. Check !
Bella est à la limite d'éclater de rire quand elle se souvient de ce moment où elle se tapait le cul par terre, les larmes aux yeux, quand Rosalie s'est plaint du fait qu'Herbal essences faisait de la publicité mensongère. Le point G ne se situe pas sur la tête bien que les actrices jouissent comme des dingues durant les publicités. Depuis ce jour, Charlie ne leur a acheté que du Head & Shoulders à l'eucalyptus enfin jusqu'au moment où leur mère a mis un sérieux véto, ne supportant plus que ses filles sentent l'antitussif…Tu parles d'un orgasme…
Les regards sont tournés vers elle et Bella tousse, essayant, tant bien que mal, de se reprendre avant que tout le monde ne considère qu'elle est complètement frappée, à s'esclaffer toute seule. Elle lève sa main et agite le bout de ses doigts en l'air. « Je vais bien… Je vais bien. ». Se forçant à paraitre mec au possible, elle exécute une copie du fameux sourire en coin des frères Cullen. « Heu… Salut. ».
Edward pose sa main sur le bas du dos de son amie et fait les présentations. « Tiens voilà celui qui manquait. Je te présente Bee… ». Bella hoche la tête en hésitant alors que la fameuse Zafrina franchit l'espace entre eux. Il continue. « …et Bee, voici… ».
Contrairement à son apparence un peu hautaine, la femme attrape la main de la serveuse rapidement et lui serre amicalement. « Zafrina. ».
Edward reste le doigt en l'air, surpris de sa vélocité. « Hum ouais, voilà. C'est donc Zafrina. ».
La jolie métisse continue à serrer la main de Bella, tout en l'inspectant des pieds à la tête. « Mais tu peux m'appeler Za. ».
Bella est carrément gênée au point de se dire qu'une fouille rectale serait moins intrusive que le comportement de la petite amie d'Edward, surtout que cette dernière retient sa main en otage. « Salut… Za, donc. ».
Edward explique. « Zafrina revient de New York où elle était rédac gastronomique pour Vogue. Maintenant, elle tient un des blogs culinaires les plus connus du web et nous fait le plaisir de venir faire une chronique sur le concept du café des princes…. ».
Réussissant enfin à récupérer sa main, Bella sourit, comprenant clairement qu'en tant que simple serveuse, elle est carrément hors compétition. Là, ça ne sert à rien d'être jalouse. Sincèrement épatée, elle siffle avant de répondre. « Ouahou… La femme parfaite quoi. ».
Zafrina passe sa langue sur ses dents parfaitement alignées, ne la quittant pas des yeux. « Merci.».
Quelques secondes passent et les deux sont surprises par la voix d'Edward. « J'ai embauché Bee au moment de mon arrivée. Il fait un peu de tout ici. Livraison, service et barista. ».
Quelqu'un les interpelle. Seuls Bella et Edward se tournent car Zafrina continue à la regarder. Bella, n'en pouvant plus, s'excuse pour aller voir ce que veut son collègue, quiconque soit-il. Mais la déesse bleue l'interrompt. « Dis-moi… On sort ce soir avec Edward, est-ce que tu veux venir ? On pourrait apprendre à se connaitre. ».
Click ! Un moment polaroid. C'est exactement le nom que l'on pourrait donner à cet instant. Le visage de Bella marque sa surprise au point qu'elle hésite à se pencher pour ramasser sa mâchoire surement tombée à terre, tandis qu'Edward manque de s'étouffer avec sa propre salive. Il se mord la lèvre. « Quoi ? ».
Zafrina sourit. « Ouais, ça serait sympa. ». Elle se tourne vers Bella. « Tu vas adorer. La musique est cool et leurs cocktails sont fabuleux. ».
Il faudrait qu'on examine sa notion de 'sympa' là non ? Mais bon, si elle fait un premier pas pour être amies, qui suis-je pour refuser ? « Sérieusement ? ». Bella bloque ses mains sous ses aisselles, perplexe. « Fabuleux hein ? Hum… Je ne sais pas... ». Elle se tourne vers Edward qui semble prêt à vomir ses tripes sur les stilettos de sa future ex petite amie. « Ça va être sympa hein patron ? ». Vu sa tête, elle s'empêche de rire pour éviter d'être virée encore une fois cette semaine.
Edward l'observe, essayant de ne pas montrer sa surprise mais le choc est trop grand pour le cacher. Bella finit par répondre. « Hum... Pourquoi pas. Mais, il faut que je vois avec les autres car généralement on sort tous ensemble. ».
Zafrina tape dans ses mains. « C'est cool. Tu sais, c'est incroyable. Tu ressembles trop à un de mes ex. ».
Bella lève un sourcil. « Je ne suis pas sûre que ça soit un compliment ?! ».
La jeune femme rectifie en lui lançant un clin d'oeil. « Détrompes toi. ».
Edward se poste devant son employé. « Za ? On continue la visite car Bee doit retourner travailler. ».
Bella acquiesce, réprimant un sourire, et effectue une petite courbette. « Ouais, je dois aller hum… là-bas. ». Elle montre James et Seth, qui discutent devant la cuisine et s'empresse de les rejoindre.
La voix de Zafrina l'interpelle. « N'oublies pas ce soir ! ». La serveuse lève la main pour montrer qu'elle a entendu et entre dans la cuisine.
James est déjà reparti mais Seth l'accueille en l'attrapant par les épaules. « Alors ça va ? Tu vas te remettre de cette déception ? On nage en plein vaudeville. ».
Bella hausse les épaules, cherchant quelque chose pour combler un petit creux. « Normalement, j'aurais dû être en train de fantasmer à l'idée de la lobotomiser avec une petite cuillère mais putain, elle semble trop sympa pour ça. Qu'est-ce qu'il me reste si je n'ai même pas l'occasion de passer pour une psychopathe en cherchant à lui mettre des bâtons dans les roues ? ». Elle remarque les gaufres toutes chaudes préparées par le cuisinier et en saisit une qu'elle commence à avaler goulument, la suivante déjà dans son autre main. La bouche pleine, elle rigole. « Tiens, je vais compenser avec de la nourriture. ».
Seth soupire, posant une main compatissante à plat sur sa petite tête. « Comme si tu avais besoin de cela pour t'empiffrer. ». Il l'embrasse sur le front, comme il le fait régulièrement depuis qu'ils se connaissent plus intimement.
James revient dans la pièce et les regarde. « Vous deux… Vous êtes toujours en train de vous câliner… Gardez-en pour moi ! Oh passons. Il parait qu'on sort ce soir ? Ça vous dit qu'on mange tous ensemble avant ? Puis, je me ferais bien un italien, ou peut-être un indien…». N'attendant même pas une réponse de leur part, il retourne en salle.
Seth réprime un frisson. « Dis-moi, il parlait du restau, n'est-ce pas ? ». Il se tourne vers la jeune femme qui se fait surprendre en train d'approcher le plateau de gaufres. Le cuisinier tape sur sa main avant qu'elle ne vide le plateau. « N'y penses même pas. ».
Faisant mine qu'elle contemplait le plan de travail, elle répond. « Aïe ! Avec James, il vaut mieux ne pas savoir. Et, pour en revenir à Zafrina. Elle m'a l'air vraiment cool. ».
« Tant qu'elle en a l'air et pas la chanson, hein ? ». Le cuisinier pose un baiser sur son front, soulignant qu'il est toujours là si besoin.
xoxo
Quelques heures plus tard, la situation est surréaliste. Edward est là dans ce club, entouré de certains de ses amis et de ses collègues, et il ne s'est jamais senti aussi seul. Et pour couronner le tout, il semble que Zafrina porte une attention particulière à la seule personne que lui cherche à oublier.
Comme si j'avais besoin de ça.
Il contemple la jeune femme. Elle est à demi tournée vers lui, racontant une anecdote sur sa relation tumultueuse avec une quelconque célébrité. « Mais, il fallait voir son cadeau… Il m'a offert un châle en dentelle. Sérieusement ? Je me suis demandé un instant s'il comptait m'emmener faire un bingo avec sa grand-mère. ».
Elle débite une histoire insipide sur un de ses ex alors que j'envisage de sortir avec elle… c'est d'une finesse.
Mais oui... C'est exactement ce dont il a besoin. Une femme avec toutes les qualités et les défauts qui vont avec.
Mais oui encore... Edward est certain qu'il peut trouver une complémentarité avec Zafrina aussi forte que celle qu'il partageait avec Bee.
Mais oui toujours… Il va réussir à sortir ce gamin de sa tête.
Irrémédiablement attiré, il se penche un peu et, après le profil parfait de sa future petite amie, il remarque celui du jeune homme en question. Il semble soucieux, voire presque malade.
Écoutant sagement la jolie fille à ses côtés, Bee passe sa main dans sa frange et demande. « Mais pourquoi es-tu restée avec lui s'il te déplaisait autant ? ».
Zafrina sourit. « Le profit, chéri. Il avait besoin d'une jolie poupée à son bras et j'avais besoin de contacts. Mon dieu, ne me dis pas que tu es choqué ? ».
Bee hausse les épaules et grimace. « Ce manque de sentiment… Je trouve ça flippant. ».
Edward soupire, les yeux fixés sur les glaçons qui se cognent dans son verre. « Ici, les relations tiennent plus de Wall Street que de Disney. Reste loin de ces filles si tu veux garder ta pureté. ».
Le serveur se penche un peu plus pour observer son patron. « Il ne faut pas croire. Je ne suis pas forcément un ange. ». Edward reste fixé sur ses lèvres qu'il mord nerveusement.
Putain, arrêtes ça Cullen !
Zafrina pose sa main sur son genou. « J'aimerais bien découvrir quels sont tes pêchés. ».
Cette phrase est tellement pleine de sous-entendus qu'Edward se demande ce qui la retient avant qu'elle ne lui saute dessus… En tout cas, ce n'est pas la décence. D'ailleurs, il lui fait froidement comprendre. Vu que Zafrina vient d'effectuer un bond de deux mètres sur la banquette où ils sont installés, Edward sait que ses propres chances sont compromises. James serait là, qu'il lui crierait qu'il peut se la poser sur l'oreille en rentrant. Mais Za n'est pas dans le genre à bouder longtemps.
La serveuse à leur disposition pour la soirée, revient avec une commande. En parfait gentleman ou par déformation professionnelle, Bee se lève pour l'aider et distribue les verres. Quand il se tourne pour se rassoir, sa place est légèrement décalée. Il s'assoit entre son patron et sa petite amie qui semblent en froid. « Okayy… ».
Edward sait que son employé ne supportera pas longtemps cette situation. Et effectivement, Bee se lève et déclare d'une voix un peu trop forte qu'il va tenter de retrouver James et les autres princes, qui sont en train d'expérimenter les différents cocktails fournis par l'établissement, avant d'aller pisser et de foutre la viande dans son torchon.
Ce mec est vraiment un curieux mélange entre un petit minet et un charretier. Et bien qu'il ne puisse l'avouer que sous la torture, il faut reconnaitre qu'Edward adore ça.
Après avoir fini son verre, Zafrina reporte son attention sur Edward et l'invite à danser, ce que le jeune homme accepte allègrement. Tout sauf rester assis là.
Une fois sur la piste et au bout de plusieurs chansons, le moral d'Edward finit par remonter. Tout n'est peut-être pas perdu. Za danse réellement, sans la provocation habituelle des autres femmes avec qui cela dérape souvent en préliminaires indécents quand elles se frottent à lui.
xoxo
Bella se demande si avec tout le curaçao qu'elle a bu, son urine sera verte demain matin ou est-ce que sa gueule de bois sera aussi carabinée que son esprit emplit d'alcool laisse supposer.
Arrivée devant les toilettes, elle respire un grand coup avant de franchir la porte réservée aux hommes. Oh ben, c'est plutôt propre… Elle ouvre la première porte. Ah non pas là…. La seconde porte n'est pas mieux. Oh ! Est-ce que c'est bien ce que je crois ? Merde les mecs sont des porcs…. Le troisième essai est le bon. La jeune femme entre, fait ses affaires et ressort rapidement, sachant dorénavant qu'une certaine Lauren est venue là et qu'un nombre conséquent de mecs lui sont passés dessus. Si ce qui est griffonné sur les WC est vrai, cette fille a passé le cap de la fille facile pour devenir une ONG à part entière.
Souriant encore des conneries que débite son cerveau, qui baigne dans les eaux turquoises de son cocktail, elle vérifie son allure dans le miroir qui surplombe les lavabos avant de se laver les mains, de les plonger dans l'eau tiède puis de les passer sur son visage. Ses doigts insistent sur le contour de ses yeux, pour en effacer la fatigue et finissent dans sa frange. « Allez, Bee, encore quelques minutes et tu peux rentrer te coucher dans ton pieu adoré. ».
À peine a-t-elle le temps de finir de se lamenter que Bella entend un bruit derrière elle. Au moment où elle se tourne, quelqu'un la repousse contre le lavabo. Le geste n'est pas violent mais assez brusque pour la surprendre surtout lorsque ses mains sont bloquées par celles de celui qui vient d'arriver. Immédiatement dessaoulée, et prête à contre attaquer, Bella lève les yeux pour jauger le responsable d'une telle situation et croise le regard améthyste de Zafrina.
Le sourire narquois de la belle colombienne susurre. « Et qu'est-ce que nous avons là ? ». Son haleine est plus chaude qu'un désinfectant de base et, elle appuie son corps svelte tout contre Bella.
« Hum… Za… Zafrina ? Qu'est-ce que tu fais ? ». Bella tente de la contourner mais Zafrina suit ses mouvements, ses hanches contre les siennes. « Je pense que tu dois confondre… Edward n'est pas… Hum… Il n'est pas là. ».
La jeune femme lève un sourcil, passant le bout de ses doigts le long de la mâchoire de Bella. « Nan. Tu es exactement la personne que je voulais. ». Se penchant un peu plus, elle lui murmure à l'oreille. « Laisses toi faire Bee. Je t'assure, tu ne le regretteras pas. ». Sa main invite Bella à descendre le zip de sa robe pailletée.
Bella ne sait pas comment se dépêtrer d'une telle situation. « Zafrina ! Quelqu'un peut entrer ! Non, attends ! Stop ! STOP ! ». Son teint prend une couleur plus qu'écarlate. Voilà que sa vie semble prendre un tournant inattendu, carrément 'L Word' même. « Je ne sais pas quoi dire… Hum… ». Elle bafouille. « Je… Je suis désolée. J'espère que tu ne m'en voudras pas mais je n'aime pas trop les femmes… Enfin…Je ne veux pas dire que je suis gay mais… non point que je puisse avoir quoi que ce soit contre les homos mais… ». Elle passe une main agitée dans sa frange et lève un œil vers Zafrina. « Désolée, la nervosité à tendance à provoquer, chez moi, une certaine diarrhée verbale…. Pour résumer, je suis complètement pris par mon travail, ce qui fait que je n'aurais absolument pas le temps de te dédier la place que tu mérites. Puis… Je pense qu'Edward serait plus que ravi d'avoir une chance avec toi… Enfin, tu vois ce que je veux dire… ».
Zafrina soupire. « Edward ? Sérieusement ?! Bon, je comprends. Puis, je savais dès le départ que c'était une mauvaise idée. Je voulais juste une confirmation. ».
Bella reste surprise. « Tu le savais ? Une confirmation ? ». OK, continues à répéter ses phrases histoire qu'elle te prenne vraiment pour une demeurée… « Je ne comprends pas. ».
La jeune femme hoche la tête. « Ouais c'est assez clair. Cette relation avec Edward. La jalousie ne donne rien de bon. ».
Bee acquiesce. « Je suis désolée. J'ai pourtant fait ce que j'ai pu pour éviter cela. ».
Zafrina ricane. « Je ne parle pas de toi. Mais d'Edward. Il me semble que c'est toi la cible de son attention. C'est toi qu'il aime. ».
Bella reste éberluée. « Pardon ? ».
« Ne fais pas comme si tu ne le savais pas. Ce mec est complètement accro et je crois qu'il est le seul à ne pas être au courant. ». La jeune femme repose sa main contre le visage de Bella et admire ses traits. « Tu lui ressembles tellement, c'est incroyable. ».
Ne voulant pas pousser mémé dans les orties, Bella demande doucement. « Est-ce quelqu'un que tu as aimé ? ».
Le visage de la déesse bleue prend un air si triste que Bella se retient de la prendre dans ses bras. « Nahuel… Oui. C'est le seul qui ait déjà fait battre mon cœur de garce New Yorkaise. ».
Maintenant, elles ne font que se regarder dans le reflet du grand miroir. Peut-être que ne pas se voir directement permet de se livrer un peu plus à la confidence car Zafrina ne semble pas dans le genre à se confier devant un bol de glace. « Et pourquoi n'êtes-vous plus ensemble ? ».
C'est la bonne question car le corps collé à elle, se détache pour se poster au niveau du lavabo situé juste à côté. « Il est reparti vivre au Chili lorsque sa sœur est tombée malade. Et tu sais ce qu'on dit sur les relations longues distances… ».
Bella sait qu'elle va encore passer pour une fillette mais elle ne compte pas s'empêcher de donner son avis. « Je me suis déjà fait une idée là-dessus. Ce n'est pas les kilomètres qui vous séparent. Ce sont le doute et la confiance voire même des gens trop faibles pour accepter un tel défi. ».
Les yeux violets qui l'observaient tranquillement prennent tout de suite un ton plus dur… Limite glacial. Là, c'est sûr, on n'est pas prêtes de manger une Ben & Jerry's ensemble…
Zafrina se penche vers elle au point que son nez effleure sa joue, dépose une carte dans sa main et pose un baiser en évitant ses lèvres de justesse. « Si un jour tu changes d'avis… N'oublie pas mon numéro. ». Elle lui fait un dernier clin d'œil et sort rejoindre les autres... Ou se jeter sous un bus, Bella n'en a que faire pour l'instant.
« Mais….QUOI ? ». Bella reste bouche bée encore un instant avant de se demander si elle doit jeter le papier qu'elle tient dans ses mains avant de sortir à son tour des toilettes. Elle soupire et passe la porte, se promettant que jamais plus elle ne boira un cocktail de sa vie.
Oui bon, pour ce soir… Mais c'est l'intention qui compte non ?
Quelques clients qui ont assistés à la sortie de la plantureuse Zafrina puis à la sienne, sifflent et lui tapent dans le dos, exprimant leur admiration qu'un petit gars puisse se taper une bombe pareille dans les toilettes du club.
Ayant mis quelques secondes avant de comprendre où ils voulaient en venir, Bella finit par jouer le jeu, essayant d'être discrète au possible, vu qu'il serait plus contraignant de réfuter l'idée qu'ils ont tous en tête que d'accepter un tel délire. Mais elle perd vite son entrain quand Edward revient du comptoir et demande ce qu'il se passe. Un de ses amis lui rapporte la nouvelle.
Edward a encore la tête penchée vers le mec qui lui parle à l'oreille quand son regard croise celui de Bella. Il semble furieux et ne la quitte toujours pas des yeux lorsqu'il porte la bouteille de bière mexicaine à ses lèvres.
Bella est gênée mais affronte tout de même son regard.
Il ne faudrait pas qu'il croit que je compte lui piquer la future Madame Cullen. Merde, je n'ai rien à me reprocher.
Son patron la regarde encore. Son regard est froid et pourtant il sourit quand quelqu'un s'adresse à lui. La jeune femme se décide enfin à avancer vers lui et elle tente de s'expliquer. « Il ne s'est rien passé. ». Elle n'a même pas besoin de lever la voix tant ils sont près l'un de l'autre.
Edward boit une nouvelle gorgée. « Ouais, c'est ça. C'est drôle vu qu'il te reste du rouge à lèvres, là. ». Il lui montre le coin de sa bouche où Zafrina a apposé ses lèvres quelques minutes plus tôt, ôtant toute crédibilité à sa tentative d'excuse. Le jeune homme soupire en regardant son employé qui tente d'effacer les traces sur sa joue et lui offre aussi une tape sur l'épaule en le félicitant, comme l'ont fait ceux qui les entourent. « OK, tu as gagné. ».
Bella relève la tête, sa joue rougit par les frottements qu'elle y a exercés. « Ah oui ? J'ai gagné quoi ? ».
Le jeune homme grommelle. « Zafrina. ».
Hochant la tête, elle ne comprend pas où il veut en venir. « Hein ? Et c'est quoi cette nouvelle connerie ? Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse !? ».
« Tu sais ce que je veux dire. Elle te veut toi. ». Clairement frustré tant par la situation que par cette conversation, Edward finit le reste de sa bière rapidement et songe déjà à la suivante.
Bella sourit tristement. « Tu ne comprendras donc jamais Cullen. ». Hochant la tête de gauche à droite, à plusieurs reprises, elle préfère retrouver les autres princes avant d'assener un coup de karaté tranchant sur la tête de son patron afin de lui faire rentrer son amour dans le crane.
xoxo
Edward avance un peu plus dans le club. Il repère la table où sont assis la plupart de ses amis mais il ne ressent aucunement l'envie de les rejoindre. Zafrina lui fait signe du comptoir et il est content de l'échappatoire qu'elle lui offre même si elle est la dernière personne qu'il a… Quoi ? Pourquoi ?
Elle lève la main, l'incitant à s'assoir sur la chaise haute située à côté d'elle. Après avoir reçu leur commande auprès du barman, ils restent ainsi, plusieurs minutes, silencieux à observer la foule autour d'eux. La jeune femme montre du menton l'endroit où est situé Bee. Bien qu'Edward fasse tout pour éviter de regarder dans cette direction, elle l'y oblige en quelques mots. « Moi qui pensais que j'aurais une chance avec lui ? ».
La main d'Edward est à la limite de lâcher son verre. « Hein ? ».
La métisse continue, faisant de petits morceaux de sa serviette. « Je n'arrive pas à le déchiffrer. Est-ce que je lui plais ? Il est difficile à comprendre tant il est différents de ceux qu'on connait. Sa gentillesse, son honnêteté… Ce mec se ferait bouffer tout cru en moins de deux jours. ».
Contenant une certaine colère, Edward fait glisser son doigt sur la marque d'eau laissée par son verre sur le comptoir. « Je ne suis pas sûr. Enfin, je veux dire… Je ne connais pas ses gouts. ».
Zafrina sourit. « Oh ! Si ça, ce n'est pas un joli mensonge… C'est dingue… Tu l'aimes tellement que ça pique les yeux. C'est dommage car je le trouve vraiment craquant. ».
Edward manque de s'étouffer avec la vodka qu'il sirote. « P…Pardon ? ». Il pose son verre afin de la contredire. « Attends là ! Je ne suis pas… Nous… Je ne sais même pas de quoi tu parles. ».
Accoudée au comptoir lumineux, elle pose sa tête sur sa main manucurée. « Tu sais, j'ai toujours rêvé d'avoir la possibilité d'être un jour dans les bras du grand Edward Cullen. Tu es un mythe pour toutes les nanas qu'on connait. ». Son autre main caresse doucement l'avant-bras de son ami.
Prêt à tout pour changer de conversation, Edward sourit, même si le cœur n'y est pas vraiment. « Je ne sais pas ce qui te retient. ».
Zafrina continue, rêveuse. « On pariait sur celle qui parviendrait à détenir ton cœur… à percer cette cuirasse que tu as forgé autour de ton caractère. Déjà qu'à cause d'Alice les chances étaient réduites… Moi qui pensais qu'on aurait plein de petits Cullen avec des yeux vairons et une tignasse rousse ingérable sur la tête… ». Son regard violet suit celui d'Edward et elle constate avec dépit, qu'effectivement, il ne parvient absolument pas à ôter son attention de Bee. Pourtant, il essaie farouchement. « Mais maintenant, il est clair que c'est impossible. Quelqu'un a déjà la clef du coffre comme on dit. ».
Tout aussi vainement, il tente encore de faire comme s'il ne comprenait pas. « Qui te dis qu'il n'y a pas plusieurs clés ? ».
« Edward… Je pense que je ne pourrais jamais te faire confiance. N'oublies pas que tu sortais avec Senna quand nous avons couché ensemble dans les vestiaires du terrain de baseball. Et quand tu étais avec Vicky, on l'a fait dans l'arrière cours du dunkin donuts où elle travaillait… Et pour Sarah… »
« OK ! OK ! J'ai compris. Mais la confiance ça se regagne non ? ».
« Peut-être…. Si tu es toujours aussi performant. Non, je plaisante. Il te faut une relation passionnée et fusionnelle. Que les trois points vitaux d'un couple soient réunis. Que ce soit ici et là. ». Elle montre sa tête et son entrejambe. « Ou là. ». Son doigt se porte sur son cœur.
Vu la taille de son sourire, Edward semble confiant. « Putain, dans ce cas… Je suis sûr qu'il est possible pour nous de… ».
Elle ricane amèrement. « De quoi Edward ? Que tu vives auprès de moi en te demandant si c'était vraiment la chose à faire ? Que tu passes ton temps à te demander ce qu'il fait et avec qui ? Ou qu'au bout de cinq ans tu ais envie de m'étrangler à la moindre parole prononcée ? ». Elle lui prend la main et enlace leurs doigts, comme ils le faisaient étant enfants. « Une sainte trinité. C'est la première fois que cela te tombe dessus, pas vrai ? Et je sais que ça peut être effrayant, mais… ».
Il l'interrompt. « Tu te trompes. Ce n'est pas possible. Je ne pense pas que... ».
L'index de Zafrina se pose sur ses lèvres. « Ton problème est là. Arrêtes de penser. Tu as toujours recherché la facilité. Et ça dans tous les domaines. Prends des risques putain. ». Elle retire son doigt et lui caresse la joue. « Il n'a pas voulu de moi mais qui te dis qu'il dira non à la prochaine personne ? ».
La jeune femme lève son regard vers une des boules à facettes accrochées au plafond, se demandant encore comment le convaincre. « Edward, quand on était au lycée, tu étais amoureux de quiconque pouvait être capitaine des cheerleaders. Après ça, tu as trouvé le moyen de t'amouracher de la petite amie de ton frère. Ce que tu traines comme un fardeau maintenant… ». Elle fait une mine contrite, genre 'je préfère encore bouffer un cageot de citrons plutôt que de me rappeler cette période' puis continue. « Puis, tu t'es mis à tester toutes les filles à la mode qui passaient par là…. Est-ce que tu vois où je veux en venir ? Ce n'était que des relations qui étaient déjà condamnées dès le départ ! Alors combien de temps comptes tu me faire croire que tu sais ce qu'il t'arrive avec Bee ? ».
Edward prend en compte ses propos. « Et si ça finit mal ? Je n'ai pas assez d'amis pour me permettre d'en perdre un autre. ».
Elle le force à la regarder, en appuyant sur son menton. « Parce que là tu peux dire que votre amitié est au beau fixe ? Merde, sans mauvais jeu de mot, tu es une tapette. ». Elle saisit son verre de mezcal et boit cul sec. « Achètes toi une paire de couilles et prends le contrôle de ta vie. Et si votre histoire n'est pas faite pour durer… Regarde cette bande d'idiots là. ». Leurs regards se tournent vers leurs amis qui, hilares et passablement ivres, s'entassent les uns sur les autres dans le coin VIP. Zafrina prend la tranche d'orange coincée dans son verre et grimace quand sa langue rencontre l'acidité du fruit. « Ils donneraient n'importe quoi pour avoir la chance de connaitre un amour comme le tien. ». Dans un dernier frisson, elle prend sa pochette dorée et se lève. « Allez, je rentre chez moi. J'ai un superbe article à écrire et un avion à prendre. ».
Edward est surpris. « Tu pars ? Où ça ? Ce n'était pas prévu. ».
La jeune femme sourit tristement et avoue. « Ce gamin est une perle. En moins d'une heure, il m'a fait réaliser que je perdais mon temps à courir après un succès dont je n'ai strictement rien à faire. Tu diras à Esmée que je suis désolée mais, je dois aller au Chili pour que mon cœur se remette à battre».
Il reste pensif un moment, avant de faire signe au barman afin qu'il lui serve la même chose que Zafrina. « Oh Putain ça arrache ! ». Le barman lui tend une serviette en souriant.
Edward s'essuie la bouche ou plutôt ce qui doit en rester vu la brulure au 50ème degré que l'alcool vient de lui infligé et se tourne vers le dernier endroit où il a aperçu Bee.
Ce dernier n'est pas très loin car il se rapproche du comptoir, tout sourire. Apparemment ce serait dû aux singeries de James vu qu'il lui fait de grands signes. Edward se passe la main sur le visage et fait quelques pas afin d'être sûr qu'ils se retrouvent l'un en face de l'autre.
Les yeux écarquillés, Bee se mord la lèvre quand il se retourne et se retrouve nez à nez avec son patron. Il bafouille, prêt à s'enfuir. « Hum… Pardon… Oh… Patron… Je t'assure que c'est un malentendu. Jamais je n'aurais fait quoi que ce soit avec ta copine. Enfin, voilà. ». N'ayant aucune réaction, bonne ou mauvaise, il montre le bar de la main. « Je dois aller là-bas… hum… Excuses moi. ».
Mais Edward le retient par le bras avant qu'il n'ait le temps de le contourner et l'entraine vers l'endroit où il était assis. « Je sais. Za m'a tout raconté. ». Il laisse échapper un rire nerveux. « Elle ne se remet toujours pas du fait que tu l'ais recalée. ».
Bee soupire de manière évasive. « Comme si tu ne savais pas pourquoi. ».
Cette réponse fait écho dans l'esprit déjà vaporeux d'Edward. La musique est assourdissante, d'autant plus qu'elle est lourdement accompagnée par le sang qui tambourine dans ses tympans. « Putain de mezcal.. ». Maintenant qu'il est de nouveau assis, son visage est à la même hauteur que celui de Bee, qui a préféré rester debout, en attendant de pouvoir passer commande.
Ses yeux verts restent captivés par les petites taches de rousseur éparpillées sur le haut de ses pommettes et la longueur de ses cils quand ils s'effleurent l'espace d'un instant. Sa température augmente et sa respiration se fait plus brutale, comme s'il se préparait à plonger sa tête sous l'eau ou à faire une crise de panique.
Il semble pourtant que le monde continue de tourner sans lui au moment où il remarque que Bee offre un large sourire au barman quand celui-ci lui prépare sa commande mais se crispe dès qu'il voit l'état d'Edward. Il demande, inquiet. « Ça va ? ». Leurs regards se croisent et restent verrouillés l'un à l'autre.
Ne le regarde pas dans les yeux… Il baisse son regard et reste fixé sur les lèvres de Bee. Si ça ce n'est pas une mauvaise idée… Edward passe sa langue sur les siennes, subitement devenues sèches et serre les dents. « Désolé. Non. Non, je ne peux pas. C'est trop me demander. ». Il se lève et prend la direction de la sortie sans demander son reste.
xoxo
Le moment où la commande de Bella est posée sur le zinc, sort la jeune femme de sa torpeur.
Qu'est ce qui vient de se passer ? Je crois bien que je viens de rater un putain d'épisode…
Elle tente de se remémorer le moment où son esprit a dû certainement faire un black-out tant la scène parait surréaliste. Elle revoit Edward qui semblait prêt à s'évanouir. Pour je ne sais quelle obscure raison… Puis, il l'a regardée comme si il venait de trouver la foi. Pitié non pas ça ! C'était juste avant qu'elle ne remarque que sa mâchoire semblait prête à se briser tant il était tendu. Puis pouf ! , il a filé.
Saisissant le plateau, la jeune femme regarde une dernière fois vers la sortie mais non, il semble bien parti. Elle grommelle. « OK… Ce mec est de plus en plus étrange. ».
xoxo
Le lendemain, il est déjà tard quand le café ferme.
Edward est avec Seth dans la réserve faisant la liste des courses. Billy nettoie le comptoir alors que Bella et Emmett passe la serpillère, en courant comme des furieux entre les tables. James pendant ce temps est juché sur un des tabourets du comptoir, les jambes croisées tandis qu'il ouvre le courrier de la journée.
Quand ils finissent par ranger leurs balais et leurs seaux, Bella est rappelée par son patron afin qu'elle fasse quelques tâches supplémentaires. Il semblerait qu'il n'ait toujours pas digérer la plainte de la cliente au sujet de la tasse sale.
Seth les invite à les rejoindre dans le restaurant où ils ont leurs habitudes afin de venir fêter le permis d'Emmett. Et la cuite d'hier soir c'était pour quoi alors ? Ces mecs ont autant de raisons de boire que Google n'a de journées mondiales.
Emmett soupire et, sans même s'en rendre compte laisse échapper le côté féminin de Bee. « Combien de temps le patron va lui faire payer cette petite faute ? Elle va en baver et même si elle est forte, tout le monde a ses limites. ».
Passant entre ses doigts le coupe-papier argenté, James répond, surpris. « Elle ? Je sais qu'il est efféminé mais tout de même. ». Il soupire « D'ailleurs c'est vraiment dommage qu'il ne soit pas une femme. Edward n'acceptera jamais cette situation».
Billy soupire. « Mais qu'est-ce que cela change ? Que Bee soit un homme ou une femme ? L'important c'est l'amour qu'ils se portent non ? ».
James prend une enveloppe plus épaisse que les autres. « Vous ne comprenez pas. C'est une histoire de convenance. Edward a été élevé ainsi. Tu peux être le pire des débauchés tant que devant les autres bourgeois du country club tu montres ta famille 'ultrabrite'. Donc rien qu'à l'idée de ne pas entrer dans le moule… ».
Il ouvre l'enveloppe sans vraiment la regarder jusqu'à ce que le logo imprimé sur le courrier attire son regard. L'IRS. Ca ne sent jamais la rose quand ceux-là t'écrivent. Ses yeux parcourent rapidement le document et ils s'écarquillent à mesure que sa lecture avance. « Billy ! L'IRS dit qu'il y a une couille dans le contrat de Bee. Il semblerait que son numéro d'assurance n'est pas correct. ». Il sourit. « Eux aussi pensent que Bee est une poulette. ».
Billy s'essuie les mains dans un chiffon avant de prendre ses lunettes dans sa poche. Son visage se plisse quand il tente de lire les petits caractères. Sa bouche marmonne quelque chose d'incompréhensible avant qu'il ne repose les feuillets sur le tas de papiers déjà accumulés. Il dit d'une voix lasse. « Je ne vois aucun problème. ».
James bondit presque sur sa chaise. « Mais, ils disent que Bee est une fille. ». Emmett passe sa main sur son visage, comprenant que l'affaire vient d'être dévoilée.
Billy fait toujours comme si rien n'était. « Oui et alors ? ». Il décroche sa veste et se dirige vers la sortie où Seth les attend déjà. Ce dernier balance sa tête de gauche à droite, soupirant devant la délicatesse de son oncle.
Si ce n'est pas une façon abrupte de dire la vérité…
James ne se remet toujours pas. Il se tourne vers Emmett pour avoir confirmation. « Donc, Bee est vraiment une fille ? Ça ne choque personne d'autre que moi ? ».
Alors qu'il s'apprêtait à appeler Rosalie, Emmett lui fait signe de baisser d'un ton. Edward et Bee ne sont pas loin. « Ben oui mais moi aussi, au départ, j'ai cru que Bella était un mec ! Je l'avais même défiée. ».
Billy ricane. « Ouais et si je me souviens bien, elle t'a mis une sacrée raclée. ».
Emmett essaie d'entrainer son ami mais James lui frappe l'arrière de la tête. « Mais qu'est ce qui ne va pas chez vous ? ».
Il se frotte. « J'y suis pour rien moi ! Puis… C'est à elle de le dire. Enfin, c'est ce que je pense. ».
James répond sèchement. « Oh ben voilà que tu penses maintenant ! Qui t'a demandé de faire une chose pareille ? Je vais appeler mon contact pour être sûr que ça soit en première page du 'Times' ! ».
Le grand serveur reste penaud, passant son poids d'un pied à l'autre. « C'est censé être un secret… ».
Billy les interpelle. « Vous parlez de quoi là ? De l'intelligence du grand nigaud ou de Bee ? Oh puis merde, hein ! Allez, on y va. J'ai déjà faim. ».
James reste silencieux. Son cerveau ne veut vraiment pas assimiler l'information. « Mais, ça ne vous fait ni chaud ni froid ? ».
Emmett l'attrape par la taille et le soulève afin qu'ils quittent le café ensemble. Son collègue est tellement pétrifié qu'il reste droit, les mains sur les hanches, même sous le bras du gaillard qui le transporte… On pourrait croire qu'il déplace un mannequin de vitrine.
Seth retourne dans le café. « Attends ! Attends ! ». Il saisit la lettre qu'il enfonce dans sa poche. « On est jamais trop prudent. ».
Quelques instants plus tard, James pose sa bière sur la table. Emmett sursaute presque tant le geste est brutal. « Vous me décevez, tous autant que vous êtes. Comment avez-vous pu dissimuler une chose pareille ? Vous rendez vous compte de ce que peut vivre Edward ? ».
Billy soupire. « Ce sont leurs affaires. Nous n'avons pas à nous en mêler. ».
Seth joue avec son couteau. « Puis, est-ce que c'est si sérieux entre eux ? ».
Toujours aussi ignorant, Emmett déclare. « Moi, je ne savais même pas qu'ils étaient amoureux. C'est difficile à croire quand tu vois comment le patron peut être méchant avec Bee. ».
Billy saisit son verre, faisant tinter les glaçons qui baignent dans son whisky. « Edward aime souffrir et il a cette manière perverse de la faire souffrir aussi. ».
James lui tient tête, voulant défendre son ami. « Et elle ? Pourquoi est-ce qu'elle joue un tel jeu ? ».
Seth monte aussi au créneau. « Jamais elle n'a caché son intérêt pour lui. Puis, elle doit entretenir sa famille. C'est normal qu'elle fasse tout pour garder son boulot. Sa place n'est pas facile non plus. ».
James saisit son téléphone et recherche le numéro d'Edward. « Dans ce cas, elle aurait dû lui dire la vérité après avoir eu le job ! Puis Seth… venant de toi qui passe ton temps à lui courir après…. ». Quand Emmett tente de le calmer, cela ne fait qu'envenimer les choses. « Et toi aussi ! Tu ne disais rien ! ».
Billy lui demande. « Si tu apprécies un tant soit peu Bella, laisses lui le temps de lui dire la vérité. ».
Il arrête de pianoter et lève la tête, restant suspicieux. « Et pourquoi ferais-je cela ? ».
Le vieux gérant soupire. « Bien qu'on sache parfaitement qu'il l'aime, on sait déjà que le petit Cullen va mal le prendre alors il serait bon de ne pas en rajouter. ».
Le serveur pose son téléphone sur la table et soupire. « Pas faux. Bien qu'il soit adorable… Edward va en faire une maladie. Le week-end, je lui laisse ces deux jours avant de tout balancer. ».
xoxo
Pendant ce temps, Edward montre à Bee ce qu'il lui reste à faire. Ils notent le contenu des sacs emplis de grains de café. Et le patron est souvent obligé de demander à plusieurs reprises les quantités observées tant son esprit est ailleurs. Les propos de Zafrina ne cessent de lui revenir.
Est-ce que je supporterais de le voir avec quelqu'un d'autre ?
Ses paupières le piquent vu qu'il se refuse à fermer les yeux. Aucun des mouvements de Bee ne lui échappe. Même lorsque celui-ci prépare la peinture pour l'affichage sur le grand tableau des menus, Edward ne remarque que la grâce avec laquelle son employé exécute sa tâche.
Que chacun reste à sa place… Putain non… Non, je ne peux même pas imaginer une telle situation.
Edward se rend compte que tout le monde est parti avant de se tourner vers le gamin. Sur la pointe des pieds, Bee dessine arabesques et lettres manuscrites sur le haut tableau en graphite noir, servant de carte de menu général, si absorbé par sa tâche qu'il ne se rend pas compte de l'arrivée de son patron près de lui.
Réfléchis Cullen… Qu'est-ce que je dois faire ? Zafrina a peut-être raison, il serait temps que je tente de vivre quelque chose de véritable.
Ses pas sont lents et mesurés tout le contraire de son esprit frénétique. Ses deux mains saisissent le visage en cœur de la personne qui l'attire tant et sans plus tenter de réfléchir à ses actes et à leurs conséquences, il l'embrasse. Doucement d'abord, posant juste ses lèvres sur celle de Bee. Puis, plus passionnément, l'incitant du bout de sa langue à approfondir leur baiser.
xoxo
Malgré la surprise, la jeune femme répond à son baiser avec la même fougue. N'ayant plus de souffle et, bien qu'elle soit à la limite de l'euphorie, Bella demande. « Pourquoi ? ». Elle lève ses mains pour s'expliquer. « Ce n'est pas que je me plains mais, qu'est-ce que tu fais ? ».
Les joues rougies et les pupilles dilatées, Edward sourit, passant sa main dans ses cheveux. « J'ai décidé de vivre l'instant présent et de prendre un risque au moins une fois dans ma vie. ». Leurs lèvres se rencontrent encore, ne s'interrompant qu'au moment où l'un des deux risque de s'évanouir par manque d'oxygène.
Edward finit par s'écarter de Bella mais, elle l'attire vers elle afin de poser un nouveau baiser sur ses lèvres entrouvertes.
Cette fois, il est bien plus décidé quand il s'éloigne. Son index et son pouce prennent l'arête de son nez en otage, comme toujours lorsqu'il est nerveux. « Oh Putain. Putain… Est-ce que… Ne penses-tu pas que c'est dingue ? ». Ses cheveux sont un peu plus ébouriffés à mesure qu'il passe ses mains dedans. Il revient vers elle et lui prend le pinceau des mains. Leurs nez se frôlent et il murmure. « Juste une fois… Je ne le dirais qu'une seule fois alors écoute attentivement. ». Bella lève de grands yeux brillants. Toute son attention est tournée vers lui. « Je me fiche que tu sois un mec ou qui que ce soit d'autre… J'ai beau essayer mais, je n'arrive pas à me passer de toi. Je ne veux pas rater cette chance et puis merde, on n'a rien à perdre. ».
Alors que oui, Bella a tout à perdre mais elle préfère ne pas y penser tant ce moment est merveilleux. Elle se jette dans ses bras et Edward ne refuse absolument pas son étreinte.
Aucun des deux ne dit rien et au bout d'un moment, il finit par lui rendre son pinceau. Le jeune homme se déplace à peine, s'appuyant contre le comptoir afin qu'elle ait la place de continuer à écrire le menu.
Le pinceau reste suspendu en l'air, et Edward ne parvient pas à contenir son sourire franc et lumineux. Sans dire un mot, elle le regarde une première fois, puis une seconde. Bella éclate de rire. « Arrêtes de sourire comme ça ! ».
Il reste les bras croisés. « Désolé. Je ne peux pas. ».
Elle attrape un des pans de sa chemise, l'attirant vers elle à nouveau. Même là, il ne parvient pas à s'empêcher de sourire encore au point de cogner ses dents contre les siennes. Bella se frotte douloureusement la lèvre et soupire essayant d'être un minimum menaçante. « Continues comme ça et je vais trouver une bonne raison d'effacer ce sourire de ton visage. ».
Edward passe une main lentement dans son dos. « Ouhh des menaces ? Je suis pressé de subir ça. ».
Joyeusement outrée, la jeune femme marque le visage de son employeur de la pointe de son pinceau, laissant une trainée de peinture blanche sous ses yeux, comme un indien.
Pourquoi même comme ça il est incroyablement mignon ?
« Comment Billy peut-il laisser un mec pareil gérer son café ? Je ne comprends toujours pas. ».
Edward sourit et répond avec franchise. « Peut-être est-ce dû à la qualité de ses princes… ».
Xoxo
I was wondering maybe… Could I make you my baby
If we do the unthinkable would it make us look crazy… If you ask me I'm ready
Alicia Keys - Unthinkable
à bientôt !
:3
