Merci aux différents moteurs de recherches sur le net et les sites spécialisés dans la traduction.

Merci à vous, toutes, bonne lecture.

20

(Edward)

Je n'ai rien compris, je me suis levé, je suis allé dans la cuisine, puis dans l'entrée. La porte était entrouverte, je m'avance d'en l'allée, je vois rien. Je marche, m'avançant de quelques pas. Le parfum des pivoines me parvient. Je regarde autour de moi. Rien. Personne. Alors que je m'apprête à faire demi-tour, je vois quelque chose au sol. Je m'approche de la boîte aux lettres. Le courrier est éparpillé au sol.

Je tends la main, le ramasse et retiens mon geste. Tout près, légèrement cacher par les plantes, se trouve une compresse. Je la ramasse et la porte à mon nez. Je m'en éloigne immédiatement. Du chloroforme. Merde. Je me redresse, pivotant sur moi-même. Je regarde dans la rue, je ne sais pas si elle a disparu il y a 10 minutes ou il y a 2h.

Je cours dans la maison, prends mon téléphone et compose le numéro de mon père.

- Papa, appelle le FBI, il a enlevé Bella, il a enlevé Bella.

Je ne me souviens de rien d'autre, je ne sais pas comment je me suis habillé, je ne sais pas depuis quand je suis dans cette pièce. Je sais juste que ma femme a disparu depuis 48h.

Je regarde l'agent et l'écoute parler de nous, comme si nous étions des personnages de fiction. Après l'avoir écouter, captant ses paroles, je lui demande :

- donc vous nous dites que quel que soit l'opération que nous mettrons en place pour récupérer ma femme, il pourrait prendre ça pour un acte de bravoure et réagir contre nous.

- oui et aux vues de votre ancienne relation, il pourrait très bien avoir tué votre femme et votre enfant. Par pur plaisir, ou pour vous sauver.

Il parle avec froideur, il ne peut pas parler de ma vie comme ça, il ne peut pas y mettre si peu de sentiment.

- mais vous nous avez dit qu'un psychopathe ne ressent pas d'amour et est incapable de se lier émotionnellement à d'autres individus.

- oui monsieur Masen, mais il faut savoir que si une personne ressent de l'amour pour lui, le psychopathe ne fait que les feindre. Dans le cas de James, il fait une fixation sur vous et pour lui, si vous ne l'aimez plus c'est à cause de votre épouse. Donc elle est coupable de lui avoir enlevée son bien.

- mais, le coupa Charlie, vous avez dit qu'il peut ressentir du plaisir durant des activités sexuelles, même si ces relations ne sont que superficielles, que c'est la manière la plus plausible qu'a le psychopathe de s'attacher à l'objet de son désir.

- oui monsieur Swan.

- alors je ne comprends pas, vu qu'ils n'ont jamais eu ce genre de relation.

Il tourne la tête vers chacun d'entre nous, il est vraiment largué. Je lui dois la vérité, sa fille est en danger, son futur petit-fils ou fille aussi. Je le lui dois car il est de ma famille et je l'aime comme tel.

- Charlie, il faut que vous sachiez quelque chose.

- oui mon grand.

- James a profité de moi, quand nous étions en cure.

- il t'a . . .

- je croyais que c'était un cauchemar, un mauvais rêve, mais le jour où il m'a agressé, il m'a avoué son geste.

Je baisse la tête, honteux que l'ensemble des personnes dans la pièce soient informés de mon plus mauvais souvenir. J'ai les deux mains à plat sur la table des recherches. Ma mère s'est approché de moi et pose sa main sur la mienne. Je ne peux retenir plus longtemps mes larmes, je ne comprends pas comment j'ai pu me tromper à ce point sur cette personne.

- monsieur Masen, si je peux me permettre, 1% de la population est reconnu psychopathe, il y a autour de nous chaque jours des milliers de personnes qui jouent avec nous pour recevoir les lauriers de la gloire ou la reconnaissance de ses pairs, mais tous ne passent pas à l'acte, vous ne pouviez pas deviner qu'elle était sa véritable personnalité.

- que je sois ou non coupable, que je l'ai reconnu ou non, ma femme est sur le point d'accoucher, peut-être la telle déjà fait, je ne sais pas si elle est en vie, je ne sais pas si notre enfant est en vie et surtout je ne souhaite pas être réconforté ou analysé, je veux que vous retrouviez ma famille.

Je propulse mes bras en avant, renversant la table et tout ce qui s'y trouve. Je renverse chaises et dossiers, les tasses, sucre et biscuits s'envolent pour s'écraser au sol. Je n'ai le temps de rien faire d'autre, Emmett est sur moi et Jasper à mon visage entre ses mains et tente de m'apaiser avec des mots simples mais emplis de sagesse.

- tout détruire n'arrangera rien ! Tu m'entends ! Edward, Bella est comme une sœur, je l'aime, comme nous tous ici. Tu entends, il faut que tu gardes espoirs, pour elle et pour ton enfant.

- monsieur Masen, je m'excuse si j'ai été maladroit, je ne juge en rien ni vos choix, ni ce que vous avez vécu, je tente simplement de comprendre la personnalité de James Nomads.

Je regarde l'agent droit dans les yeux. Il ne cille pas. Il est honnête. Je souffle, reprenant une apparence calme, mais le feu coule dans mes veines. Le reste des personnes dans la pièce aident à remettre la pièce en état, je questionne l'agent qui à causer ma fureur.

- de quoi avez-vous besoin ?

- vous souvenez vous de quelques choses d'étrange, un courrier, un cadeau qui ne vous était pas destinés, que vous avez pris pour une erreur des services des postes.

- moi, je me souviens de quelque chose, le coupe-Rosalie.

- oui madame Cullen.

- je faisais du shopping avec Bella quand une jeune femme est venue nous voir, elle cherchait une boutique, elle avait chaud, soif et paraissait épuiser. Elle a parlé de sa grossesse, 8 mois. La jeune femme avait du ventre et Bella lui a parlé de son propre cas. Elle a bu un verre, et est partie.

- qu'est-ce qui vous a troublé ?

- elle ne m'a pas adressé une seule fois la parole, elle ne regardait que Bella, comme si elle prenait note de tout ce qu'elle lui disait. Oh je ne suis pas narcissique au point de me sentir irrésistible, mais elle semblait stressée, inquiète serait le bon mot.

- Cameron, va avec madame Cullen dans la salle de réunion et essaye d'obtenir les vidéos du centre commercial. Madame Cullen avait vous la possibilité de nous aider, pour un portrait-robot, je ne sais pas le temps que ça nous prendra mais si vous reconnaissez cette femme, on pourra se lancer sur une nouvelle piste.

- je ferais tout pour ma belle-sœur.

Rosalie et l'agent quittent le bureau et se rendent dans la pièce adjacente. Emmett regarde sa femme sortir et s'appuie contre le mur, regardant au travers de la vitre qui sépare les deux pièces. Il ne la quittera pas des yeux, tant qu'il estimera qu'elle est potentiellement en danger. Ce qui est arrivé à ma femme est en train de rendre fous les hommes de ma famille. Charlie me sort de mes pensées en reprenant la parole.

- alors l'amour qu'il a pour mon gendre n'est que feinte, pourquoi s'en prend-il à Bella dans ce cas-là.

- il estime qu'elle lui a volé son bien, et c'est la raison qui l'a poussé à tuer toutes ces jeunes femmes. Il a un sens de la propriété qui est très développé.

- Tanya a été la première, pourquoi les journaux n'ont pas mis en avant sa disparition, demandai-je.

- son corps n'a jamais été retrouvé, et son meurtre n'est qu'une supposition. Sans corps, pas de preuve. Pas de preuve, pas crime.

- mais si vous dites qu'il s'en est pris à mes ex, ou à toute femme m'ayant approché, il peut y en avoir des dizaines.

- j'ai lu le rapport de mes confrères. L'année dernière vous et votre épouse avaient été agressés par cet homme. C'est ce qu'il a conduit en centre d'isolement pour personnes atteintes de troubles de la personnalité.

- rien de nouveau, ou voulez-vous en venir ?

- nous avons appris qu'un jeune infirmier du nom de Riley, avait un comportement douteux quand il était en présence de notre suspect. Nous pensons qu'il a aidé Nomads à s'échapper.

- il est mort le jour de son évasion.

- oui. Nous avons fait des recherches sur vous et sur lui. Nous avons découvert que lors de votre internat 4 femmes ont disparu.

- Tanya, Maria, Victoria mais je ne vois pas qui est la 4ème femme.

- la grand-mère de Nomads.

- madame Nomads ? Mais elle est morte dans son sommeil.

- nous avons inhumé son corps, le médecin légiste a découvert qu'elle avait eu la nuque brisée.

- je ne comprends pas. Papa, tu m'as dit qu'il était suspecté, pas qu'il avait été reconnu coupable.

- si je peux me permettre, intervint un autre agent, j'ai donné les infos à votre père, et dans le cadre de l'enquête, il était tenu de ce taire.

Je regarde mon paternel, il ne détourne pas le regard. Je suis partagé entre colère et incompréhension. Mais je me contente d'écouter l'agent. La dernière fois où j'ai laissé ma colère prendre le dessus, j'ai failli mourir.

- des lettres ont été découvertes au domicile du suspect. Sa grand-mère l'accusait du meurtre de ses parents.

- mais ils ont fait une overdose.

- n'avez-vous rien remarqué de suspect à cette époque.

- non, j'étais paumé, mal dans ma peau et James était le seul à . . .

- oui Edward ?

- quand il a parlé de la mort de ses parents, il était heureux, il jubilait. Je pensais que vu ce qu'ils lui avaient fait subir sa réaction été normale, mais maintenant, avec du recul, je pense qu'il était satisfait.

- monsieur Masen, nous avons fait le profil de Nomads, nous avons mis en place son modus operandi, sa manière de procéder.

Emmett revient parmi nous, quittant pour la première fois sa femme des yeux.

- vous appelez quoi, un modus operandi ?

- on parle de modus operandi, quand on cherche le mode de fonctionnement typique d'un criminel et ses façons d'agir.

- c'est ce que vous utilisez pour le profilage ?

- oui monsieur Cullen, pour aider à déterminer des indices concernant la psychologie du coupable. On parle parfois de « signature du coupable ». Mais ceux sont 2 choses différentes.

- comment ça ?

- la signature ne changera pas, alors que son mode d'opération peut évoluer, s'améliorer. Il est très rare que la signature change.

Mon frère regarde l'agent, il se pose milles questions, l'officier le comprend et le devance.

- Chaque tueur en série possède des caractéristiques qui peuvent permettre de le confondre. L'étude des crimes de tueur en série est le domaine du profilage criminel et permet de découvrir le portrait psychologique du meurtrier.

Em' acquiesce et continus à fixer son interlocuteur. Celui-ci poursuit.

- Le mode opératoire et la signature des tueurs sont deux éléments distincts, comme je vous les précédemment expliquais. Le mode opératoire est la méthode utilisée par le tueur pour agresser ses victimes, sa manière de les isoler et de les approcher. La signature est un geste compulsif, quelque chose que le tueur ne peut s'empêcher de faire et qui est spontané.

- comment une personne peut devenir . . . comme ça, demandai-je.

- Edward, tu n'aurais rien pu faire.

- je le sais Esmé, je veux simplement savoir pourquoi ?

- un tueur en série est très individualiste, mais aucun tueur n'est pareil à un autre. Il existe plusieurs particularités. Le besoin de contrôler, de suivre une méthodologie précise, c'est ce qui leur procure de l'excitation. Mais pour d'autre, c'est de réaliser un fantasme, toujours en respectant son besoin de maitrise de l'acte.

- sur quelles motivations ?

- elles peuvent être sexuelles ou pas.

- tous les tueurs en série recherchent la même chose ?

- non, pour une minorité, ceux atteints de troubles mentaux, schizophrénie, psychotiques compulsifs . . .

- un psychopathe sadique !

- oui, ces tueurs tuent de manière impulsive et leurs actes peuvent se répercuter et se poursuivre sur des années, avec de longues périodes d'inactivités.

- excusez-moi, le coupe mon frère, mais j'ai besoin de savoir comment un mec devient comme ça, il a eu une enfance pourrie, mais tous les enfants qui ont été victimes d'abus sexuels ne tournent pas tueurs en série.

- oui, c'est vrai Emmett, vous me permettez de vous appeler par votre prénom.

- pas de problème.

- Un tueur en série ne se différencie pas au niveau physique et social. Il peut avoir une vie sociale des plus classiques.

- ok.

- bien, il a été constaté qu'une majorité de tueurs en série ont vécu dans l'enfance des sévices sexuels, des violences physiques ou morales, mais comme vous l'avez-vous-même souligné, tous les enfants battus ou abusés ne deviennent pas des tueurs en série.

- j'avais compris, merci. Mais du point de vue d'un enfant qui est reconnu comme psychopathe ?

- connaissez-vous la définition précise qui est attribuée à la psychopathie ?

- j'avoue que non, souffle Em'.

- il est dit qu'un psychopathe est antisocial. Il n'éprouve aucune honte, ou culpabilité, pas de remords dans ses actions, même lorsqu'il blesse un individu. Il ne s'excuse donc pas et ne rejette jamais ses fautes sur les autres, il n'en éprouve pas le besoin, car pas d'émotion dans ce sens-là.

- c'est tout James, dis-je, insensible, impulsifs, indélicats.

- oui Edward.

- qu'est-ce qu'il cherche l'autre barjot ? Le coupe mon frangin.

- les récompenses, la reconnaissance, quels qu'en soient les risques ou les effets. Il n'a pas la possibilité de comprendre les émotions humaines, il ne peut que les intellectualisés.

- donc il peut commettre des actes d'une grande cruauté ou agressivité, sans sourcilier.

- oui, pour lui, tout ce qui l'entoure, n'est qu'un objet de plus qu'il possède, ou va posséder.

- vous dites, repris-je, vous dites qu'il a besoin de reconnaissance.

- oui, il peut prendre de gros risques, agir sans prendre conscience d'un danger potentiel dans ses actes. Il n'a aucune réaction émotionnelle devant la menace d'être blessé ou tué.

- pourquoi une recherche de reconnaissance de ses pairs, demande-Charlie, vu qu'il est le roi du mensonge et de la manipulation, il pourrait inventer, sans avoir à se salir les mains.

- l'orgueil, le sentiment de supériorité. Il faut savoir également, qu'un tueur reconnu psychopathe, les tueurs de cette trempe, ont un taux de récidive deux fois plus élevés et un niveau de violence trois fois plus supérieure à la normale, si on peut parler de normalité.

- donc pour résumer, dis-je, il est certain d'être supérieur à nous, il déteste ma femme et la seule chose qu'il attend c'est que je revienne vers lui, mais dans tous les cas, ma femme et mon enfant sont morts ou vont l'être.

Tout le monde dans la pièce me regarde. Un silence lourd de sous-entendu flotte dans l'air. Je prends mes clefs de voiture, et je sors, il est hors de questions que je reste là sans rien faire.

- Edward, attendez.

Je ne compte pas attendre une minute de plus, hors de question. Je saute derrière le volant, je ne peux faire qu'une chose, retourner chez nous et attendre qu'il me contact, je suis sûr qu'il le fera.

(Bella)

Je suis étendue au sol, je ne sens plus mes mains qui sont emprisonnées dans mon dos. Mon visage est collé contre le sol, chaque fois que je prends une inspiration, j'avale une épaisse poussière. Je tente de tourner un peu la tête, si je continus à respirer cette merde, je vais me mettre à tousser et je ne veux surtout pas qu'il se ramène ici.

A force de me tortiller, j'arrive à me mettre en position assise. Je fais le tour de la pièce des yeux. Les murs sont recouverts d'étagères vides, recouvertes elles d'une épaisse couche de poussière visible même de ma place. Il y de large fenêtre tout en haut de chaque murs et courant sur toute la longueur du mur qui me fait face, je ne vois pas de porte de sortie, il y a bien une forme y ressemblant mais il fait sombre dans ce coin-là, et j'ai peur de ce qui pourrait roder autour.

Je vois un paquet posé contre le mur du fond, un tas de toile. Je tends les jambes en avant et me tire avec les talons, faisant glisser mes fesses sur le sol. Je répète ce geste jusqu'à atteindre l'objet aperçu. Je me mets sur le dos, relevant les jambes en l'air, et tente de faire passer mes mains en dessous de mes fesses, pour qu'elles soient devant, mais mon ventre me gêne. J'abandonne l'opération et reprends une position identique à celle de départ, les cheveux en vrac et le souffle court en prime.

Je me place dos à la chute de tissus, pour que mes mains soient aux mêmes niveaux. Je tire dessus, je voir s'il n'y a pas quelque chose d'utile dedans. Je me mets à genoux, maintenant toujours dans les mains le morceau de textile. Je me relève péniblement, déroulant complètement mon fardeau. Mais rien. Je fais le tour de la pièce doucement, laissant à mes jambes le temps d'être réalimentées en sang. Picotements, fourmillements, quelques crampes, mais rien de grave dans l'ensemble.

J'ai beau réfléchir à ce qui vient de m'arriver, je ne comprends pas bien. J'étais devant la maison, je prenais le courrier dans la boîte aux lettres, puis . . . un coton contre ma bouche, une réaction naturelle mais bête, j'ai pris une bouffée d'air et j'ai sombré.

Je ne sais pas depuis quand je suis là, je sais juste que c'est James mon agresseur. Comment je le sais ? Il m'a transporté à l'arrière d'une camionnette, et je l'entendais parler avec une femme. La voix de sa complice ne m'était pas complètement inconnue, mais je suis encore incapable de mettre un nom ou un visage dessus.

Mon pied bute contre quelque chose. Je baisse la tête, et je pousse un cri, je ne peux même pas me couvrir la bouche, j'n'ai pas accès à mes mains. Il y a un seau devant moi, et dans ce seau, du sang, des chiffons qui en sont imbibés et ce qui ressemble à des cheveux.

Je ne peux retenir la nausée qui m'arrive en bouche et me vide sans retenu, je ne peux plus supporter certaines odeurs et certains visuels, ai-je envie de dire.

Je retourne dans le coin que j'occupais, à l'opposé de ma trouvaille. Je m'assois rudement à terre, ne pouvant me retenir et me cogne violemment la tête contre le mur.

- merde.

Je retiens un cri de douleur, préférant la grossièreté. Je pose doucement mon crâne contre la paroi en ciment. Je repense à mon amour, à sa surprise, en trouvant la maison vide. Je pense à nous deux, mon petit mec et moi, bloqués ici, sans savoir ce qui nous attend. Je pense à notre mariage, celui de son père et moi. Je me demande comment on peut avoir tant d'amour et tant de haine dans une même vie. Je me laisse aller et pleure, silencieuse.

Je ne sais pas le temps qui s'écoule, je sais que la porte qui permet de sortir de mon enfer vient de s'ouvrir. Je ne l'avais pas cherché, même si j'avais compris où elle se situait. Mais maintenant que la lumière filtre par elle, je peux voir un peu mieux où je me trouve. Un ancien entrepôt, ou un ancien atelier. Le plafond est couvert de structure métallique à une très grande hauteur et impossible d'accès pour moi. Il y pend des câbles électriques.

Je ne me lève pas, je ne tente pas de montrer que j'ai repris connaissance, et laisse mon visiteur se montrer.

J'entends deux voix, un homme, James, parle rudement à une autre personne. Une frêle silhouette rentre à l'intérieur de mon cachot. C'est une femme. Elle a de longs cheveux bruns, identiques aux miens. Elle marche avec difficulté. Je ne vois pas son visage, car elle a le visage baissé.

- pour vous, me dit-elle en me tendant un verre d'eau et un morceau de pain.

J'ose lever les yeux franchement vers elle. Cette voix ne m'est vraiment pas inconnue, je regarde sa propriétaire et retiens une exclamation de stupeur et de colère mêlées.

- vous ? Mais, comment ?

- je m'appelle Bree Tanner, je suis la compagne de James.

- mais pourquoi ? Dans votre état et dans le mien, vous devriez plutôt m'aider, pensez à nos enfants.

Elle détourne la tête vers la porte et regarde ensuite en direction du seau contenant, ma macabre découverte.

- je n'ai plus besoin de penser à mon bébé.

Je suis son regard, mon esprit est à l'arrêt. Je ne pensais pas que dans ce seau, il y avait un être de chair. Mon dieu. Mon dieu. Mais comment peut-elle réagir avec autant de désinvolture.

Elle pose près de moi le verre et le pain.

- j'ai soif, dis-je.

Elle se tourne vers moi, alors qu'elle repartait.

- je vous en prie, que voulez-vous que je fasse dans mon état, je suis à 8 mois passé, j'arrive à peine à marcher, je vous en prie détacher moi les mains.

Elle s'approche, prend le verre et le porte à mes lèvres.

- je n'ai pas le droit.

- s'il vous plait, je ne vous ferez pas d'ennui, je veux juste pouvoir protéger mon ventre, je vous en prie.

Elle se redresse, et sors de la pièce. Alors que je m'apprête à l'insulter, elle revient avec un couteau. Elle me le glisse dans le dos. Je sens mes liens lâcher et enfin le sang circule.

Elle ferme son canif de poche, le regardant dans sa main ouverte. Elle s'accroupit une nouvelle fois près de moi et me dit.

- gardez-le, vous en aurez besoin, comme moi.

Elle s'en va, laissant planer le doute sur ce que je pouvais comprendre. Mais elle n'a pas besoin de me faire de photos, le bas de sa robe est couverte de plasma sanguin. Elle a mis fin à sa grossesse. Pour qu'une mère en vienne à une telle extrémité, c'est qu'elle ne doit pas croire en son avenir et en celui de son enfant.

Je me masse les poignets, puis je glisse mon unique arme dans mon soutien-gorge. Je laisse les minutes coulaient sur moi, puis ma curiosité devient la plus forte. Je me lève et je vais vers le seau. Mon métier me permet de savoir ce qui a causé la mort d'une personne. S'il y a vraiment un enfant dans ce container, je veux qu'il puisse reposer humblement et pas tordu comme un vulgaire déchet.

Je prends plusieurs respirations, voulant y prendre de la force et le courage qui me permettraient de rendre hommage à ce pauvre petit être.

Je m'accroupis près du contenant. Je lève le chiffon, et découvre de beaux cheveux blonds et fins. Je sanglote en imaginant le joli poupon à qui ils appartiennent.

Je lève le tissu, regardant à l'intérieur.

- oh, mon, dieu.

(Edward)

Alors que je rentre dans la villa, la sonnerie d'un téléphone se fait entendre, je reconnais la musique car c'est celle de la chanson préféré de James, « Janie's got a gun, d'Aerosmith », c'est la sonnerie de son cellulaire. Je ne sais pas pourquoi cette sonnerie se fait entendre. La sonnerie continue, « mais où est ce foutu téléphone ». Je cherche dans l'entrée, puis le salon.

Alors, je le vois. Il est posé sur la table de la cuisine. Je m'en approche, je le regarde, il n'y a aucun numéro qui s'affiche. Je décroche.

- oui.

- Edward.

- où sont ma femme et mon enfant.

- pour le savoir, il va falloir que je te rappelle. Je vais d'abord m'occuper d'elle, de ta petite Bella. Quand a ton môme il est toujours au chaud.

- ne la touches pas, je te jure que je te ferais la peau.

- Eddie, nous allons jouer ?

- vas te faire foutre.

- mais je ne te demande que ça.

- ta gueule, espèce de . . .

- pchhhhht, baisse d'un ton, tu n'as pas les cartes en mains.

- t'es qu'un fils de pute, j't'ai jamais rien fait, pourquoi tu t'en prends à nous.

- écoutes, mon ami.

- ça n'existe plus entre nous, il n'y a jamais eu d'amitié, t'es un tueur, tu as tué tes parents, ta grand-mère et même ses filles, tu me dégouttes.

- j'ai fait ça pour nous et aujourd'hui aussi.

Il garde le silence un instant et reprend.

- tu veux ta salope et ton môme ?

- oui !

- alors restes près de ce téléphone.

- laisses-moi lui parler.

- elle dort, ne la réveillons pas.

- je te hais James, je te hais comme jamais je n'ai haïs quelqu'un.

- la haine est un sentiment très proche de l'amour. Tu es à moi, Edward, je t'ai tout donné, tu ne peux pas m'échapper.

- laisse ma famille tranquille.

- . . .

- JAMMMMMMES !

J'ai hurlé son nom, dans l'espoir qu'il ne coupe pas, qu'il me parle. S'il était avec moi, c'est qu'il lui foutait la paix à elle. Je lâche le combiné qui rebondit sur la table.

Et dire qu'il y a seulement 8 jours, nous étions ensemble, nous nous disions notre amour devant tous les membres de nos familles. Comme un mauvais présage, j'ai l'impression d'entendre la chanson de notre union.

Je perçois alors le « nothing else matters » de Metallica et je ne peux me retenir de pleurer. C'est le slow sur lequel nous nous sommes dit oui, Bella et moi. Je tombe au sol, la tête entre mes mains, glissant sur le carrelage froid de la cuisine.

Comment vais-je vivre sans elle, sans notre enfant. J'avais une famille, mais maintenant, je n'ai plus rien.

Alors je revis tous ces instants de bonheurs, si courts. Et les paroles prennent corps en moi, je revois Bella avançait vers moi, vers l'autel. Les invités sourires sur le choix que la mariée a fait pour sa musique nuptiale et applaudir sa tenue.

Mais pour nous, à cet instant, seules les paroles comptaient, elles prenaient sens à chaque pas qu'elle faisait vers moi.

So close no matter how far
Couldnt be much more from the heart
Forever trusting who we are
And nothing else matters

Si proche, peu importe la distance
Ca ne pourrait l'être plus du cœur
Ayant confiance en qui nous sommes pour toujours
Et rien d'autre ne compte

Je me souviens du rire d'Angela et des ricanements de mon frère. Et toujours Bella qui approche un peu plus de moi. Elle me sourit, elle chante les paroles, et je fonds devant son attitude. Elle est heureuse et détendue, c'est le moins que l'on puisse dire.

Never opened myself this way
Life is ours, we live it our way
All these words I dont just say
And nothing else matters

Je ne me suis jamais ouvert de cette façon
La vie est la nôtre, nous vivons comme nous voulons
Tous ces mots que je ne dis simplement pas
Et rien d'autre ne compte

Charlie est au bras de sa fille ainée, plus qu'elle ne l'est au sien. Elle suit le rythme de la musique et je ris, elle est rock ma femme. Son père est rouge comme une pivoine, il n'aime pas être le centre d'attention et Bella en rajoute. Qui pourrait croire qu'elle est venue pour se marier. Et sa tenue, mon dieu, elle est sublime.

Trust I seek and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And nothing else matters

La confiance que je cherche et trouve en toi
Est tous les jours quelque chose de nouveau pour nous
Nous ouvrant l'esprit pour une vue différente
Et rien d'autre ne compte.

Je la regarde, elle me regarde et nous écoutons simplement le reste de notre chanson, elle a été écrite pour nous. Elle est belle dans sa robe, elle est enceinte et cela ne gâche en rien l'image qu'elle me donne d'elle. Je ris, faisant grincer des dents du prêtre, mais je m'attendais vraiment, à ce qu'elle se mette à faire un solo de guitare façon « air band ».

Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know

Je ne me suis jamais soucié de ce qu'ils font.
Jamais soucié de ce qu'ils savent.
Mais je sais.

Je regarde ma femme me tendre la main quand elle arrive à ma hauteur. Elle est magnifique. Sa robe coupe empire, met en avant sa généreuse poitrine de futur maman et son ventre est souligné par le tombant de l'étoffe en soie. Je pose une main sur sa joue et l'embrasse, je n'entends pas les commentaires du prêtre. Je pose mon autre main sur son ventre. Un coup, je jurerai que j'ai reçu un coup. Elle me sourit une nouvelle fois.

So close no matter how far
Couldnt be much more from the heart
Forever trusting who we are
And nothing else matters

Si proche, peu importe la distance
Ca ne pourrait l'être plus du cœur
Ayant confiance en qui nous sommes pour toujours
Et rien d'autre ne compte

Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know

Je ne me suis jamais soucié de ce qu'ils font
Jamais soucié de ce qu'ils savent
Mais je sais

Je la regarde, et même si je sais que je suis affalé sur le sol de la cuisine, une part de mon esprit est dans le passé, revivant le bonheur éteint, comme s'il était présent.

Never opened myself this way
Life is ours, we live it our way
All these words I dont just say
And nothing else matters

Que je ne me suis jamais ouvert de cette façon
La vie est la nôtre, nous vivons comme nous voulons
Tous ces mots que je ne dis simplement pas
Et rien d'autre ne compte

Elle sert ma main dans la sienne, c'est le passé essayai-je de me résonner. Je suis en train de me laisser aller sur le sol gelé.

Trust I seek and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And nothing else matters

La confiance que je cherche et trouve en toi
Est tous les jours quelque chose de nouveau pour nous
Nous ouvrant l'esprit pour une vue différente
Et rien d'autre ne compte.

Never cared for what they say
Never cared for games they play
Never cared for what they do
Never cared for what they know
And I know

Je ne me suis jamais soucié de ce qu'ils disent
Jamais soucié des jeux auxquels ils jouent
Je ne me suis jamais soucié de ce qu'ils font
Jamais soucié de ce qu'ils savent
Et je sais

L'image de ma femme est de plus en plus forte, comme la lumière au bout du couloir.

So close no matter how far
Couldnt be much more from the heart
Forever trusting who we are
No nothing else matters

Si proche, peu importe la distance
Ca ne pourrait l'être plus du cœur
Ayant confiance en qui nous sommes pour toujours
Et rien d'autre ne compte

Je nous revois. Nous nous tournons d'un bloc vers le prêtre qui nous regarde avec une légère moue dubitative. La cérémonie est courte, nous ne voulons pas de fioriture. Arrive le moment magique.

- oui, murmure-t-elle avec émotion.

- oui, je le veux.

- je vous déclare mari et femme.

Et contre toute attente, l'homme d'église nous surprend.

« Vous pouvez embrasser le marié »

Elle ne se le fait pas dire deux fois et me saute au cou.

- Je t'aime monsieur Masen.

- Je t'aime madame Masen.

Une pluie de riz nous dégringole sur la tête, et une foule d'applaudissement l'accompagne. Je prends la main de ma femme et nous remontons l'allée de la petite église de Forks en courant, sous les acclamations de nos familles et de nos amis.

Je perds lentement conscience, toujours étendu au sol, en pleurs, je n'ai plus rien, il m'a tout volé. Je fonds dans une douce torpeur, retrouvant en rêve celle que j'aime et qui est par ma faute peut être déjà morte.

(James)

Je le regarde, il est étendu au sol. Il est à bout. Je m'amuse comme un petit fou. Je tends le bras vers mon cellulaire et compose le numéro du portable que je lui ai laissé.

Le téléphone sonne et je le vois se relever. Il attrape l'appareil.

- allo.

- Eddie, es-tu prêt ? Tu te souviens de notre première sortie en ville. La boîte de nuit.

- oui et alors.

- il y a une cabine juste en face, je t'y attends dans 15 minutes.

- pourquoi je devrais y aller.

- tu tiens à ta « famille » ?

- ne leur fais pas de mal.

- il ne te reste plus que 12 minutes mon grand.

Je ris, il raccroche. Je le vois se lever. Il attrape ses clefs de voiture et sors dehors.

Le jeu a commencé.

(Edward)

Je tourne dans la ville, le pied au plancher. Je déboule face à la boite, l'arrière de la voiture glisse sur le côté, je manque de peu de perdre le contrôle. Je sors en courant, claquant ma portière. La sonnerie de la cabine me parvient. Je décroche.

- Edward, tu en as mis du temps, un peu plus et j'aurais dû faire du mal à ta petite poupée.

- mais merde, qu'est-ce que tu veux ?

- regarde autour de toi, tu trouveras ta prochaine destination.

Il raccroche. Je cherche dans la cabine, il y a des graffitis, je lis les mots, mon œil est attiré par l'une des inscriptions.

« Mon cœur bat en toi. Bella »

Je ne comprends pas. Je réfléchis. Pourquoi les mots de ma femme et je dois comprendre quoi ? Où je me trouvais quand elle me les a dits. Près de la « Space Needle ». Comment il peut savoir ce qu'elle m'a dit. Je regarde en dessous, 15 minutes, sommet.

Je remonte en voiture et me rends sur place. Je gare mon véhicule, et monte au sommet de la tour. Je trouve une enveloppe à mon nom scotché sur la vitre.

« Tu ne me trouveras pas »

Je regarde la carte et la tourne, il y a rien qui indique la suite de son jeu. Je regarde dans les moindres recoins. Je suis désemparé. Le téléphone sonne.

- oui.

- Edward, tu as fait vite.

- viens-en au fait.

- tu ne t'amuses pas.

- non, dis-moi où je dois te rejoindre.

- vas voir à quoi ressemble ton ancien immeuble.

Il raccroche. Je regarde le portable. J'ai envie de le jeter. Je redescends. Je remonte une nouvelle fois en voiture. Je tourne à gauche et remonte dans notre ancienne rue.

Je ne vois rien de particulier en arrivant devant mon but. Je sors, et me place devant la porte d'entrée. Une nouvelle enveloppe.

« Là, où de petites abeilles faisaient leur travail »

Encore une énigme. Le téléphone sonne une nouvelle fois.

- alors, mon petit Edward, tu as trouvé ma petite citation.

- oui, et je dois comprendre quoi ?

- c'est la dernière fois que je t'appelle. Saches simplement que tu trouveras la ruche, celle où les abeilles travaillaient durement. Cherches la dernière manufacture de la vile et tu me trouveras. Moi, et ta famille.

Il a raccroché.