Auteur : Maknatuna
Personnages/couples : Dean x Castiel
Rating : M
Spoilers : Aucun.
Traductrice : Marple-Juice.
Nombre de mots dans la version française : /
Notes : Suite à plusieurs péripéties, j'ai perdu foi en cette fanfiction alors que j'en étais à la moitié de la traduction.
Aucune correction ou vérification n'a été effectuée et aucun pdf ne sera fait.
Mon implication vis-à-vis de cette fanfiction s'arrête là.
Laissez une review si vous le désirez. Elles seront traduites et envoyées à l'auteur.
Chapitre 21
« Où sont-ils ? » Gunda était furieuse. Elle était inquiète et faisait les cent pas dans la pièce. L'éclipse de soleil approchait et elle ne pouvait se calmer.
« Calme-toi, il devrait être là d'une minute à l'autre. » Gunter frottait son front, essayant d'apaiser son mal de tête.
« Je ne le peux pas, il aurait déjà dû être là ! » S'écria Gunda, sa voix se brisant.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » Gunter se leva de sa chaise. « Le festin ne commencera pas sans eux, alors pourquoi es-tu si nerveuse ? »
Gunda tourna sur elle-même et fixa son frère, son visage montrant de la peur. « Tu ne comprends pas, Gunter. »
« Alors explique-toi mieux et peut-être comprendrais-je ce qu'il se passe ! » Gunter perdit patience et tapa du poing sur la table. « J'en ai assez de tes mystères et de tes secrets. Si tu as besoin de mon aide, tu devrais le dire clairement, » il baissa la voix, se sentant mal à l'aise après avoir crié sur sa sœur.
« Et si quelque chose était arrivé à leur bateau et qu'il ne pourrait pas venir ? » Gunda croisa les doigts et posa son menton sur eux.
« Je suis certain qu'ils vont bien. » Gunter posa une main rassurante sur l'épaule de la femme. « Tu devrais te détendre. Une future épouse ne devrait pas être fatiguée ou nerveuse. Il faut que tu sois superbe et heureuse. Je vais te laisser et je te conseille de faire ce que je t'ai dit. » Gunter embrassa son front et quitta sa chambre.
Le regard de Gunda s'attarda sur la porte close. Elle était effrayée. Jamais de sa vie elle ne s'était sentie aussi apeurée et en détresse. Elle savait ce qui lui arriverait si elle échouait. Et ce ne serait pas une partie de plaisir. Elle était la quatrième prêtresse, toutes les autres avaient échoué et Gunda ne voulait pas être la suivante, sachant ce qui arriverait en cas d'échec.
Elle prit son collier de perles dans ses doigts et tira dessus de frustration. Le fil se cassa et les billes blanches roulèrent sur le sol.
« Ça ne peut pas m'arriver, pas à moi ! » Répéta-t-elle comme un mantra en agrippant les draps de velours de son lit.
Le battement d'ailes et le tapotement à sa fenêtre détourna son attention. Un corbeau noir donnait des coups de bec sur le verre couleur ivoire acheté à Byzance.
« Va-t'en, stupide créature ! Éloigne-toi de moi ! » Cria Gunda en direction de l'oiseau.
Le corbeau l'observa calmement de ses yeux sages. L'oiseau battit des ailes rapidement et coassa affreusement trois fois avant de s'envoler.
Gunda frissonna. Ce n'était pas bon signe.
Des cris retentirent de l'extérieur et elle s'arracha à ses pensées. Gunda courut à la fenêtre et regarda la mer. Elle vit sept embarcations qui approchaient lentement.
« Gunter ! » Fit-elle en appelant son frère et se précipita hors de sa chambre.
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« N'est-ce pas majestueux ? » Demanda Dean alors qu'il regardait, émerveillé, le château.
Ils ne purent détourner le regard de l'imposante construction. Castiel était fasciné par le dragon rouge qui trônait sur le toit de la citadelle.
Leur guide, un pêcheur expérimenté aux mains calleuses, rit. « Je ne sais pas ce qui vous amène à cette île, mais ce n'est sans doute pas les affaires, mais je vais vous donner un conseil. Restez éloignés de la maîtresse de l'île. Personne n'est chanceux après l'avoir rencontrée.
Castiel et Sami se regardèrent. Dean grogna. « Ce sont des racontars, » dit-il d'un air détacha.
« Oui, ce sont des racontars, » dit le pêcheur. « Saviez-vous que trois bateaux Normands sont disparu après avoir fait escale sur cette île ? » Il plissa les yeux à cause du soleil.
« Comment le sais-tu ? Ivar a dit que vous quittez rarement votre île, » dit le Berserk sans quitter les murs du palais des yeux.
« Oh, nous savons beaucoup de choses. Nous ne quittons pas notre île, mais cela ne veut pas dire que nous ne savons pas ce qu'il se passe autour de nous, » répondit le pêcheur avec assurance.
« Qu'importe, » marmonna Dean. « J'imagine que nous le découvrirons. »
Pendant ce temps, toutes les embarcations avaient atteint la rive. Malgré l'invitation de Dean, les pêcheurs refusèrent catégoriquement de rester. Ils firent leurs adieux et se hâtèrent de naviguer vers leur île.
« Allons-y, mes amis ! » S'exclama Dean avec joie avant de marcher dans la neige épaisse en direction du château. Comme toujours, les Vikings suivirent leur chef.
« Je parie que Gunda a tué son époux pour obtenir cet endroit, » murmura Sami à Castiel tandis qu'il observait le château et ses environs.
« Mais c'était déjà à elle, pourquoi aurait-elle fait ça ? » Demanda Castiel naïvement.
« Oh, tu ne connais pas les femmes, mon frère. » Rit Sami, ce qui fit se retourner Dean.
« Qu'est-ce qui est amusant ? » Demanda-t-il, curieux.
« Oh, rien. Je lui racontais comment Ottar s'était saoulé et qu'il s'était mis à courir nu devant chez lui, » dit Sami sur le même ton.
Le Berserk rit et hocha la tête. « Oui, je m'en souviens. C'était très drôle. »
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Comme ils l'avaient constaté, le Château du Dragon était un petit bijou. Pour entrer dans le château, il fallait passer par la barbacane. La barbacane était haute de deux mètres et faite en grès. Les gardes se tenaient sur les remparts, faisant leur ronde dans les parapets.
La porte en acier reliait la barbacane à la cour. Qui était divisée en deux. La partie possédant un mur d'enceinte plus petit contenait les étables, un puits et d'autres petits bâtiments. Le plus grand mur abritait le bâtiment principal et une petite chapelle, que Lord Robert avait fait construire lui-même. Étant croyant, il aimait y prier.
Les courtines du château étaient aussi hautes que la barbacane, et reliait quatre tours de six mètres de haut postée aux quatre coins et faites de grès et de calcaire. Il y avait des meurtrières dans les murs d'où les archers pouvaient tirer sur les intrus.
Mais la partie principale du château était un donjon de six mètres. Il était fait en silex et avait des fenêtres voûtées. Le donjon était l'endroit le plus sûr et renforcé de tout le château. Sur le toit du donjon, le dragon rouge était installé, terrifiant les ennemis de sa figure.
Alors que les Vikings s'approchaient de la barbacane, le pont-levis descendit lentement. Les chaînes massives en acier grincèrent et craquèrent.
Sur le passage se tenaient Gunda, Gunter, et les nombres de la ville accompagnés d'une douzaine de gardes. Gunda portait une robe écarlate avec une ceinture d'or. Sa robe rouge ressemblait à une flaque de sang sur la neige immaculée.
Elle semblait détendue et tranquille. Elle s'avança pour aller à la rencontre de son futur époux, tendant les mains vers Dean. « Vous êtes enfin arrivé, » murmura-t-elle lorsque leurs mains se joignirent.
« Notre navire a sombré et nous avons reçu l'aide des insulaires. Je suis navré des tracas que nous avons pu vous causer. » Le Viking la serra dans ses bras. « Grâce aux Dieux, nous avons surmonté les dangers et les obstacles pour arriver à destination. » Il embrassa sa main.
Gunter s'avança pour saluer son futur beau-frère. « Il fait bon de te voir, Dean le Berserk, » fit-il avec affection. « Je vous en prie, suivez-nous. » Gunter leur fit signe vers le château.
Avant qu'ils ne passent les portes, Gunda se pencha vers son frère et murmura dans son oreille : « Gunter, amène nos invités dans le hall. Je dois faire quelque chose d'important. Ils peuvent manger et boire autant qu'ils le voudront, mais ne touche pas à la nourriture ou à la boisson. Et ne pose aucune question jusqu'à ce que je revienne. »
Le Jarl danois s'arrêta, confus. Le ton mystérieux de sa sœur le rendit suspicieux, mais il se tourna rapidement et conduisit ses invités vers le château.
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Alors qu'ils pénétraient dans la cour, de la musique enjouée et des salutations joyeuses résonnèrent de tous côtés. Les gens jetaient des pétales de fleurs au-dessus de leurs têtes et couvraient leur chemin de branches d'oliviers. Les Vikings furent émerveillés de l'accueil et ils regardaient partout.
Il fut difficile de garder un œil sur Dean vu que beaucoup de monde dansait, sautait, et allaient de tous côtés. Il y avait des dresseurs d'animaux qui tenaient les chaînes de pumas, d'ours dangereux et féroces, de petits singes intelligents et d'autres animaux sauvages venus de contrées exotiques.
Castiel sauta sur le côté lorsqu'un serpent surgit d'un panier ouvert devant un charmeur qui jouait de la flûte.
Sami saisit instinctivement son épée tandis qu'il observait le grand serpent brun. « Nous devrions parler à Gunter et lui expliquer ce qu'il se passe. Bon sang, je déteste ces choses, » grogna Sami.
« Penses-tu qu'il nous croira ? Je ne le crois pas. Je pense que ça le rendra fou de rage, croyant que nous insultons sa sœur. » Castiel secoua la tête en signe de négation.
« Eh bien, nous devrions essayer et voir ce qu'il en pense. »
Un petit groupe de cracheurs de feu croisa leur chemin et la procession s'arrêta. La fumée et les flammes brouillèrent leur vision. L'audience cria et applaudit, en liesse. Les musiciens, les acteurs et les farceurs en plus de la population rendaient leur avancée pratiquement impossible.
Le vent froid souffla, apportant avec lui des nuages noirs dans le ciel. Les torches dans les mains des fakirs s'éteignirent.
« Gunter, » l'interpella Sami, essayant de se faire entendre avec les cris et les rires bruyants.
Gunter s'arrêta et se retourna. « Oui, que se passe-t-il ? » Demanda-t-il aimablement.
« Nous devons discuter. » Dirent Sami et Castiel en même temps.
« Oui, bien entendus, mais entrons d'abord. Nous parlerons une fois attablés. »
La foule se massait contre eux de tous côtés et les Vikings furent poussés vers la tour principale. Gunter les conduisit dans le grand hall, où une table immense couverte de nourriture appétissante les attendait. Alors que les Vikings entraient dans le hall, la lourde porte se referma derrière eux.
« Oui, que se passe-t-il ? Que puis-je faire pour vous ? » Demanda Gunter alors qu'il avançait vers la table.
Sami le regarda intensément, fronçant les sourcils. « C'est à propos de votre sœur. »
Gunter s'arrêta brusquement et le regarda d'un air confus. « Gunda ? Qu'est-ce qu'elle a ? »
Sami déglutit nerveusement avant de répondre. « Elle compte sacrifier Dean. C'est une prêtresse de la déesse Hel. »
Gunter fixa Sami comme s'il était fou. Après un silence tendu, il éclata de rire. « Eh bien, c'est la plaisanterie la plus étrange qu'il m'ait été donnée d'entendre. »
Tout à coup, Castiel perdit souffle et pâlit. « Où sont Dean et Gunda ? »
Sami regarda autour de lui et jura en constatant l'absence de Dean dans le hall.
Gunter s'arrêta de rire, devenu tout à coup mortellement sérieux. « Que se passe-t-il ? »
« Nous vous l'avons dit. Gunda est prêtresse d'Hel et elle va sacrifier Dean en son honneur avant que l'éclipse de soleil ne se termine. Nous devons les trouver. » Sami dégaina son épée. « Vikings, souvenez-vous de ce que Ulvhat nous a dit. Ne touchez à rien ! » Hurla-t-il.
Gunter était visiblement stupéfait et n'avait aucune idée de ce qu'il était en train de se produire.
Castiel eut pitié de lui et essaya d'expliquer. « Votre sœur veut notre mort pour que nous ne puissions nous opposer à ses desseins. Elle a empoisonné la nourriture et les boissons. Notre sorcier nous en a avertis avant notre départ. »
Le visage de Gunter rougit de rage. « Je jure par Odin et Thor que si c'est une blague, je ne permettrai pas que vous insultiez ma sœur ! » Siffla-t-il.
« Très bien, et que ferez-vous si nous avons raison ? » Demanda sévèrement Sami.
« Alors je la tuerai moi-même, » répondit Gunter sans détourner les yeux de Sami.
« Sami, regarde, » fit tout à coup l'un des Vikings. Il tenait un gros rat.
« Nous pouvons prouver nos dires, » dit Sami à Gunter et il porta le rat à la table. Il prit un petit morceau de fromage et le donna au rat. Le rongeur commença à mâcher. Après quelques bouchées, il couina et commença à se convulser. Quelques secondes plus tard, le rat était mort.
Sami fixa Gunter, qui ouvrait et refermait la bouche, incapable de dire le moindre mot. Sami déposa le rat au sol. « Vikings, suivez-moi, nous devons trouver notre Jarl ! » Cria-t-il et alla aux portes. Ses quarante compagnons et un Gunter encore sous le choc le suivirent.
Mais ils découvrirent que les portes en bois avaient été barricadées de l'autre côté.
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« Où allons-nous, Gunda ? » Dean était surpris alors que Gunda continuait de le tirer par la main, l'attirant vers le forêt.
« Viens, Dean. Je veux vous montrer un endroit spécial, » dit-elle en souriant alors qu'ils passaient par les portes du château.
« J'ai oublié d'en parler à mes hommes. » La voix de Dean semblait inquiète.
« Gunter est avec eux. S'ils ont besoin de quelque chose, il s'en occupera, » lui assura la jeune femme.
Ils tournèrent à gauche et marchèrent vers une forêt de trembles. Dean ne remarqua pas le sourire victorieux sur le visage de Gunda lorsque les nuages noirs assombrirent le ciel et que le soleil disparut. La terre tomba dans les ténèbres.
Ils s'apprêtèrent à entrer dans le bois lorsque, sortie de nulle part, une mendiante apparut. Elle se planta sur leur chemin avec détermination.
« Ma Lady, je n'ai pas mangé depuis des jours, donnez-moi quelques pièces pour que je puisse acheter du pain pour mes enfants, » supplia-t-elle Gunda.
« Hors de mon chemin, gueuse ! » fit Gunda de dégoût, essayant de passer.
La mendiante tomba à genoux et attrapa les pans de la robe de Gunda. « Soyez miséricordieuse, » supplia-t-elle. « Je ne demande rien pour moi. Mes enfants meurent de faim. »
Gunda lui donna des coups de pieds et retira la robe de ses mains. « Comment oses-tu ? Ne sais-tu pas qui je suis ? » Cria-t-elle de rage.
Mais la femme ne l'écoutait pas. Elle se colla et entourant les jambes de Dean de ses bras. « Mon Lord, je vois que votre cœur est généreux, je vous en prie, aidez mes enfants. » Elle pleura misérablement.
Dean eut le cœur lourd. Il se pencha et l'aida à se mettre sur ses pieds. « Que puis-je te donner, pauvre femme ? Mon bateau a coulé et tout ce que je possède est dans les profondeurs, » dit-il avec inquiétude.
« Ne l'écoutez pas, mon Lord, venez avec moi. » Gunda tira sur la manche de Dean.
La mendiante baissa la tête et murmura : « Ne t'inquiète pas, Dean. Je n'ai pas besoin de ton argent. » Elle sourit mystérieusement avant de s'éloigner.
« Quelle femme singulière, » marmonna le Viking alors qu'il suivait Gunda, qui courrait presque vers les bois.
« Gunda, attendez, » appela-t-il alors qu'elle entrait dans les bois.
Il fit quatre colonnes blanches. Quelques marches menaient à un bassin en marbre, qui se trouvait au milieu des colonnes. Le bassin était rempli d'une substance rouge irréelle qui ressemblait à du sang.
« Gunda, où êtes-vous ? Qu'est-ce que nous… » Dean cria tout à coup de douleur et prit sa tête entre ses mains. « Que… » Il recommença mais ne put terminer alors qu'une vague de douleur plus intense se fracassait contre lui.
Il hurla et tomba à genoux. Il avait l'impression que sa tête était en feu. Son sang bouillait, ses os faisaient mal, et ses muscles étaient tendus au point de se déchirer. Le corps tout entier de Dean trembla et se contracta. Il ouvrit la bouche dans un cri silencieux. Puis il commença à tousser et à vomir. Une masse verte épaisse sortit comme un ruisseau de sa bouche.
Tout à coup, le tonnerre secoua la terre. Un vent furieux hurla dans les arbres. La surface du bassin bouillit et remua.
Dean réussit enfin à inspirer. Il se leva lentement et regarda autour de lui. Il secoua la tête et plissa les yeux. « Où suis-je ? » Murmura-t-il, perplexe.
Un cri le surprit et il réussit à peine à sauter sur le côté pour éviter le coup. Il se retourna rapidement et vit Gunda, qui tenait un lourd bâton.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Où suis-je et qu'est-ce que tu veux de moi ? » Cria Dean aussi fort qu'il le pouvait.
« Meurs, bâtard ! » Cria-t-elle en l'attaquant de nouveau, essayant désespérément de le jeter dans le bassin.
« Où est Castiel ? Qu'est-ce que tu lui as fait, chienne ? » Grogna Dean en agrippant ses poignets.
« Il est mort, tout comme tous tes amis, » rit elle hystériquement. Le délire et la folie se lisaient dans ses yeux noirs.
« Tu mens, » riposta Dean.
La réponse de Gunda fut étouffée par un grondement de tonnerre. Le bâton tomba de ses mains. Elle cria et donna un coup de pied dans l'entrejambe du Viking. Dean cria sous la douleur et se plia, mais il réussit à la frapper au visage. Gunda tomba au sol, inconsciente.
Un tremblement de terre secoua la terre. La forêt fut remplie de sons effrayants. Les oiseaux et les animaux hurlaient, couinaient et criaient partout autour. Le bassin frémit une fois de plus. Dean dégaina son épée et cria :
« Caaaaaaaaaaaaaaaas ! »
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Les Vikings tentaient de casser la porte lorsque Cas gémit de douleur et agrippa son bras gauche.
« Que se passe-t-il, Castiel ? » Sami arrêta de s'occuper de la porte et regarda son frère juré.
« Je crois que c'est encore le signe, » marmonna le Saxon alors qu'il relevait rapidement sa manche. Son bras était couvert de sang.
« Dean est en danger… » Castiel pâlit et il saisit le manche de son épée de ses doigts tremblants. Comme pour prouver ses dires, un cri désespéré s'éleva des bois :
« Caaaaaaaaaaaaaaaas ! »
Castiel haleta et, sans vraiment réfléchir, il courut à la fenêtre. Il brisa le verre et regarda en direction des bois.
« Qu'est-ce que vous faites ? » Demanda Gunter, n'en croyant pas ses yeux.
« J'essaye de sauver mon Jarl, » dit simplement Castiel.
« Vous allez mourir, Castiel ! Les murs de ce château sont trop hauts ! » S'exclama Gunter.
« C'est sans doute mieux comme ça, » rit amèrement Castiel.
Sami s'avança vers la fenêtre, mais Castiel l'arrêta. « Non, Sami. Ne fais pas ça. »
Sami hocha la tête d'un air entendu. « Puisse Freyja te protéger, Castiel, » dit-il, sa voix se brisant.
Castiel fit un signe de la tête et sauta.
« Cela fait combien de temps ? » Demanda Gunter d'une voix rauque.
« Que voulez-vous dire ? » Sami sortit de son étonnement.
« Cela fait combien de temps qu'il aime Dean ? » Expliqua Gunter.
« Pas mal de temps. »
« Et Dean ? »
« Aussi. Il l'a aimé jusqu'à ce que votre sœur n'embrouille son esprit. » Sami sourit amèrement.
« Je suis désolé. Si seulement je l'avais su. » La voix de Gunter était emplie de regrets.
Des bruits de pas retentirent de l'autre côté de la porte et quelqu'un retira les barricades de la porte. Des guerriers armés se précipitèrent dans la salle.
« Pensez-vous que nous ne découvririons pas les sales plans de votre maîtresse ? » Rugit Sami. « Vikings, chargez ! » Ordonna-t-il et attaqua avec fureur. Gunter fut le premier à le suivre. Avec un cri de guerre, il attaqua les intrus. Les Vikings, qui étaient furieux avec tout ce qu'ils s'était passé, retournèrent la table et chargèrent les hommes de Gunda.
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Le cœur de Castiel essayait d'exploser alors qu'il s'était rué dans le vide. Il avait sauté d'une hauteur de six mètres et il n'était pas certain d'y survivre lorsqu'il heurterait le sol. Son dernier espoir était que la neige épaisse amortirait sa chute. Le Saxon pria Freyja. « Je t'en prie, aide-moi. Je t'en supplie ! »
La collision avec le sol fut terrible et il crut que tous ses os étaient brisés. Il s'était enfoncé dans une épaisse couche de neige et suffoquait. Petit à petit, Castiel sentit qu'il pouvait bouger ses mains et ses jambes, puis il se mit à sortir de la couverture de neige. Il était hors du château.
Il frotta sa cheville et boitilla vers les bois.
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Dean attendit une réponse, tendant l'oreille. Le seul son qu'il entendit fut une sorte de bruit d'eau derrière lui. Il se retourna. Le Berserk sentit ses cheveux se hérisser. Six créatures, mi-homme mi-serpent, l'observaient du bassin. Elles se tenaient sur leurs queues de serpent. Des yeux rouges le regardèrent férocement. Leurs torses étaient couverts d'épaisses écailles noires. Les créatures n'avaient ni nez ni oreilles. Des trous qui leurs servaient d'oreilles s'écoulait une sorte de liquide sombre. Chaque créature portait une dague affutée.
Dean fut trop surpris pour bouger jusqu'à ce qu'un gémissement attire son attention. Il tourna la tête et vit Gunda qui s'était assise et massait ses tempes.
« Gundaaaa… » Siffla l'une des créatures en nageant vers le bord du bassin.
Gunda, surprise, ouvrit les yeux. Immédiatement, elle fut saisie d'une peur sans nom.
« Tu as échoué… » La langue fourchue de la créature darda hors de sa bouche.
« Non… Non… Non, je vous l'ai apporté… » protesta faiblement Gunda.
« Tu devais le jeter dans le bassin. » sifflèrent en cœur les autres créatures alors qu'elles s'avançaient.
Avant que Gunda puisse répondre, la main de la première créature s'étendit incroyablement et agrippa la femme par les cheveux. De son autre main, elle saisit sa robe. La main dans ses cheveux tira d'un coup sec. Le cri de Gunda fut assourdissant. Dean se sentit nauséeux lorsqu'il vit le cuir chevelu arraché dans la main de la créature. Les autres créatures nagèrent hors du bassin vers Gunda, qui se débattait. Elles l'encerclèrent. Ce que Dean vit, il n'aurait pu l'imaginer même dans ses pires cauchemars.
Les créatures tinrent les mains et les jambes de Gunda tandis que l'une d'elle brisait et broyait chacun de ses os. La voix de Gunda était rauque à force de crier. Des chairs ensanglantées et des veines étaient visibles sur son crâne. Sa robe rouge, mise en lambeaux, tomba au sol tandis que son corps nu et torturé se tortillait sous les griffes de ses bourreaux.
Dean ne pensa pas que cela pourrait être pire jusqu'à ce qu'une main griffue n'ouvre le ventre de Gunda, en retirant ses boyaux. Le souffle de Gunda resta coincé dans sa gorge alors que son corps était à l'agonie. Les créatures la laissèrent tomber au sol et fixèrent leur regard sur Dean.
Le Berserk fit deux pas en arrière. « N'osez même pas, fils de serpents, ou quoi que vous soyez ! » Grogna-t-il d'une voix basse et menaçante.
Il sectionna une grande partie de la queue qui essaya de le frapper. La créature cria et attaqua. Dean sauta immédiatement sur le côté, se retourna, et enfonça son épée dans la gorge de la créature. Elle tomba au sol, se tortillant et crachant du sang. La seconde créature fut décapitée par l'épée de Dean, bien que le monstre réussit à frapper Dean au bras.
Les quatre autres monstres encerclèrent le Berserk. Dean agrippa son épée fermement. « Approchez, qu'est-ce que vous attendez ! » Rugit-il alors qu'il levait son épée.
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Castiel haletait et était à bout de souffle lorsqu'il arriva aux colonnes de marbre. Il avait entendu des cris, des sifflements, et le bruit du métal alors qu'il était entré dans les bois, mais il ne comprit réellement ce que c'était que lorsqu'il vit la vue qui s'offrait à lui. Il remarqua la silhouette de Dean, qui était entourée de monstres incroyables. Le Viking était couvert de sang et il avait du mal à tenir sur ses pieds. Trois créatures étaient toujours en vie. Trois autres gisaient à terre.
« Dean ! » Cria Castiel alors qu'il courrait pour rejoindre son amant.
« Cas, tu es en vie… » Le Viking s'arrêta l'espace d'une seconde et sourit de bonheur. Ce fut suffisant pour que l'une des créatures le frappe dans le ventre.
« Non ! » Cria Castiel qui franchit la distance les séparant d'un saut.
Il ne sut trop comment il porta des coups de tous côtés. Le Saxon était rapide et furieux. Il semblait que même les armées d'Hel ne pourraient l'arrêter. Les monstres tentèrent désespérément de le réduire en pièces, mais leurs écailles jouèrent en la faveur de Castiel.
La dernière créature, la poitrine ouverte et le cœur arraché, tomba au sol et Castiel, couvert de leur sang de la tête aux pieds, planta son épée dans le sol.
Il tomba à genoux près du corps de Dean. Le Viking avait beaucoup de blessures et de coups. Il semblait qu'aucune partie de son corps n'avait été épargnée.
« Dean, tiens bon, Dean… » Castiel le tint dans ses bras. « Je vais te sortir de là, je te le jure ! Ne me fais pas ça, tu m'entends, Dean ? » Il embrassa les joues de Dean, son front, ses paupières et ses lèvres.
Dean gloussa et du sang s'écoula du coin de sa bouche.
« Ne parle pas, je t'en prie, » la voix de Castiel se brisa et il ne put empêcher les larmes de couler sur ses joues.
« Cas… Je suis… Tellement désolé pour… tout, » dit Dean d'une voix rauque en tapotant la poitrine du Saxon.
« Ce n'était pas de ta faute, Dean, ça ne l'était pas, » murmura Castiel en les berçant tous deux dans ses bras.
« Cas, je me meurs, » dit Dean calmement. « Je peux mourir en paix maintenant que je sais que tu m'as pardonné. »
Castiel reprit. « N'ose même pas, Dean, tu m'entends ? N'ose même pas me quitter, ou je le jure par mon Dieu ou tes Dieux et des Déesses, et tous les Dieux ici-bas que je te trouverai et que je te botterai les fesses ! » La voix du Saxon se brisa et il sanglota.
« Cas, tu peux faire quelque chose pour moi ? » Murmura Dean. Il lui était difficile de parler.
« Tout ce que tu voudras, Dean. » Castiel étouffa un autre sanglot.
« Chante-moi la chanson que ta mère a chanté à ton père avant qu'il n'aille vers sa dernière bataille. » Le Viking ferma les yeux.
Le Saxon gémit amèrement. Il ferma les yeux avec force et commença d'une voix tremblante :
« Ferme les yeux, et suis le chemin de tes rêves,
Libère ton esprit de tes tracas et repose-toi,
La nuit a tout juste commencé, le temps est ce qu'il reste,
Dors dans mes bras, repose ta tête contre ma poitrine… »
Dean sourit. « Je t'aime, » dit-il et ses doigts caressèrent doucement les lèvres de Castiel.
« Je t'aime aussi, Dean, » gémit Castiel.
La main du Viking retomba et sa tête roula sur le côté.
« Dean ? Dean ? Non, non, noooooooooooooooon ! » Cria Castiel.
Son cri s'éleva vers le ciel. Le tonnerre gronda, les éclairs lacérèrent le ciel, et des trombes d'eau s'abattirent, noyant tout sur son passage.
