On arrive au bout des vignettes... m'en reste très peu en stock, à peine 3 je crois. Je sais, il reste tellement à dire sur eux que vous êtes un peu voire beaucoup déçus que ça s'arrête. Mais cet arrêt ne sera pas définitif. Il faudra juste que je retrouve le temps d'en écrire.

En tout cas, on a encore 6 semaines (1 vignette tous les 15 jours)

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Tu n'aurais jamais dû

Manoir Malefoy, 5 décembre 1998

Le bruit que fit la main de Claudia Zabini sur la joue de son fils résonna dans la pièce alors que chacun fixait cette femme si belle au visage déformé par la rage.

Blaise, lui, regardait sa mère, le cœur battant et avec une forte envie de vomir mêlée à celle de pleurer. Il était surpris de la voir là, se dresser de toute sa stature devant lui. Surpris qu'elle ait osé le frapper, elle qui n'avait jamais levé la main sur lui durant son enfance sauf pour quelques fessées méritées.

Sa mère le haïssait. C'était pourquoi elle le regardait avec autant de rage. Ses yeux sombres brillaient de colère et ses lèvres étaient pincées. Son corps était tendu comme un arc. Ses poings serrés témoignaient de sa hargne. Blaise comprit que sa maman n'aurait pas hésité à lui mettre un coup plutôt qu'une simple gifle.

– Comment as-tu osé ? cria-t-elle soudain, sa voix charriant des glaçons. Et toi ? fit-elle en pointant le doigt vers Drago, planté non loin. Comment avez-vous pu ? !

Son souffle était court, sa mâchoire crispée. Elle se retenait de jurer ou de frapper.

– Un mot, Blaise ? Un misérable mot ? !

Blaise baissa les yeux, piteux.

– Comment as-tu pu me faire ça ? Je suis ta mère, Blaise Commode Zabini ! Ta mère ! Je pensais avoir le droit à autre chose qu'un mot m'annonçant que tu quittais la maison pour habiter avec ton petit ami !

La voix de Mrs Zabini avait dangereusement augmenté de plusieurs octaves.

– Quelle a été ma réaction quand j'ai eu ta lettre entre les mains ? Quelle a été ma réaction, à ton avis, quand je me suis rendue compte que tu étais parti ?

– Je...

– Tu ne sais pas, hein ? Tu ne sais pas, parce que tu n'as pas d'enfant, Blaise. Je t'ai élevé seule à la mort de ton père. Je t'ai tout donné et c'est ainsi que je suis remerciée ? Par ce mot ?

Elle lui jeta au visage sa lettre.

– Je pensais avoir un peu plus de considération que ça. Je pensais que tu aurais les couilles de me dire que tu aimais les hommes ! Mais non, tu as préféré fuir. Pourquoi ? Par peur ?

– Tu m'as dit que les hommes et les femmes étaient faits pour être ensemble. Pas deux hommes ou deux femmes, bredouilla Blaise.

– Tu avais sept ans, Blaise ! Pas dix-huit !

– C'était contre nature quand j'en avais sept, se défendit Blaise. Tu n'aurais pas changé de point de vue. Tu n'as pas changé...

Une nouvelle gifle le fit taire alors qu'un goût de sang apparut dans sa bouche.

– Je ne t'autorise pas à dire une telle chose !

– Pourtant c'est vrai.

– Dois-je t'en donner une autre ? menaça Claudia. Tu n'es qu'un fils indigne, Blaise. Tu ne sais pas quelle a été ma douleur quand je me suis rendue compte que tu étais parti ! Sans aucune explications ! Je ne pensais pas mériter ça.

Ses yeux s'humidifièrent et des larmes coulèrent sur ses joues.

– Quatre mois dans un taudis ? Comment tu as pu... Lorsque Narcissa m'a appelée pour me dire que tu étais ici, j'étais soulagée mais aussi en colère. Je suis ta mère, Blaise. Celle qui t'a mis au monde. Tu as toujours été mon bébé, ma lumière, mon ange. Personne n'avait le droit de te toucher, de te faire du mal. Comment aurais-je pu savoir que toi et Drago...

Blaise sentit comme une boule dans la gorge et une main venir se glisser dans la sienne. Les doigts étaient froids mais ils lui firent tellement de bien.

– Tu aurais dû m'en parler, chéri.

Elle s'approcha. Son fils restas stoïque. Il connaissait sa mère. Avec cet air, elle ne le frapperait pas. Pourtant, malgré cela, il doutait.

Des bras s'enroulèrent autour de sa taille et sa maman le serra contre elle.

– Tu es mon bébé, Blaise. Tu es mon enfant et je t'aime. Peu m'importe qui tu aimes, tu seras toujours mon fils.

Blaise lâcha la main de Drago et étreignit sa mère, soulagé qu'elle ne le rejette pas, qu'elle soit juste en colère contre lui parce qu'il était parti sans prévenir.

– Je suis désolé maman.

– Je sais mon cœur. Je sais. Et tu le seras encore longtemps, je ferais en sorte que ce soit le cas.

Elle s'éloigna de son fils.

– Quant à toi, jeune homme, dit-elle en toisant Drago de toute sa taille.

Blaise vit son amant se montrer droit et fier mais n'en menait intérieurement pas large.

– J'espère que tu traites bien mon bébé. Parce que si ce n'est pas le cas, je prendrais personnellement plaisir à te faire tellement souffrir que tu me supplieras de t'achever. Compris ?

Drago hocha la tête. Dans la foulée, il fut attiré dans les bras de Claudia, de même que Blaise.

– Il va falloir que je me fasse à l'idée que je n'aurais jamais de petits-enfants ni même de belle-fille à critiquer. Mais au moins, j'ai un beau gendre.

– Maman, soupira Blaise en s'écartant tout en tirant sur la main de Drago qui recula à son tour.

– Tu n'aurais jamais dû me cacher cette information, mon cher fils unique et adoré. Tu vas donc en payer le prix fort et ce pendant très longtemps.

Claudia Zabini gratifia son grand bébé d'un baiser sur le front.


FIN

À dans 15 jours