Déjà, pour commencer, je tiens à vous remercier pour toutes vos reviews ! J'en suis à 309 reviews ! Ce qui m'a beaucoup motivé ! Et je suis également au 21éme chapitre, il égale donc "Sorts d'amnésies" qui était jusque là ma plus longue fic. Je suis donc assez fière de vous faire lire ce nouveau chapitre qui représente beaucoup pour moi ! Surtout que c'est une fic assez particulière qui me tenait à coeur.
J'ai vu que la plupart d'entre vous voulaient frapper James, et je le comprends parfaitement ! Mais il ne mérite même pas qu'on lève la main sur lui, tout se paie un jour ! ;)
Je réponds assez rarement aux reviews ici, mais puisque j'ai des réponses à formuler pour des personnes qui n'ont pas de compte, je vais le faire :
Lassa : Tu as émis l'idée ou plutôt la supplique que cela n'arrive pas mais dans l'éventualité où James violerait Lily et si elle tombait enceinte... Alors non, le Harry spectre ne retournerait pas dans son corps. Car Harry spectre est en fait l'âme qui habitait le corps d'Harry, mais il en est dissocié pour une mission donnée par la Magie. Donc une autre âme irait à sa place dans le corps du petit Harry. Pour qu'Harry retourne dans un corps, il faut avant tout qu'il termine sa mission et il retourna auprès de la Magie... Et après vous verrez, je ne vais pas dévoiler l'une des plus grandes intrigues de la fic quand même ? ^^
Un(e) Guest a demandé à petit frère ou une petite soeur, je pense déjà qu'Elizabeth joue un peu ce rôle, non ? ;)
Hitori, et plein d'autres ! Effectivement, c'est compromis pour James et Lily. Mais qui sait ? James a bien changé une fois ? Le tout reste à savoir s'il changera une nouvelle fois, si cela suffira et si Severus laissera partir Lily sans rien faire. Que de questions...
Encore merci à tou(te)s ! Et bonne lecture à vous ! ;)
Chapitre 21 : La promesse
Le temps lui paraissait parfois long, affreusement long. Harry naviguait entre plusieurs personnes, allant voir ça et là ce qu'il se passait, semblant essayer de vivre un peu à travers eux. Bien sûr, Severus était là, il l'entendait et pouvait lui parler. Mais Severus avait une vie, et bien qu'Harry soit heureux de ce fait, il se sentait parfois un peu mis à l'écart. Mais il comprenait, il n'était pas réellement vivant, personne ne pouvait le voir, il n'existait pas, il n'existait plus.
Aller espionner Voldemort était maintenant l'une des seules activités où il se sentait réellement utile, mais ces informations ne pouvaient être utilisées aujourd'hui. C'est donc dans un mélange de sentiment entre l'espoir de gagner cette guerre bien plus tôt et l'impuissance de voir organiser des plans qu'il ne pouvait pas contrecarrer qu'il vivait chaque instant auprès du Lord.
Aller voir son père le rendait légèrement nauséeux, il avait par moment l'impression de retrouver son exécrable cousin Dudley, du moins, avant la visite des détraqueurs qui l'a à jamais changé. Et Harry détestait ça, c'était horrible de voir son père être l'exacte copie que ce que son professeur Snape disait de lui. Il s'en souvient encore comme si c'était hier, des mots qu'il savait parfaitement vrais même à cette époque mais qu'il ne voulait pas croire, parce qu'y croire aurait voulu dire être un peu comme lui, parce qu'après tout, on les comparait sans cesse, non ?
« Votre père était un salop » avait crié Snape, et cette phrase continuait de raisonner en lui comme le glas qui sonnait sa propre fin. Parce que c'était vrai, il ne pouvait plus essayer de se dire que Snape avait menti. Il avait la vérité sous les yeux et c'en était que plus douloureux.
Harry se demandait souvent comment ses parents avaient pu finir ensemble, de ce qu'il savait, ils étaient sortis ensemble en dernière année à Poudlard. Tout ça parce que James avait changé de comportement, qu'il n'était plus l'immonde enfoiré qu'il avait été. Comment une personne comme lui peut changer aussi radicalement ? Pourquoi ? Après tout, son cousin avait bien changé en voyant comment il était réellement, mais là Harry ne comprenait pas.
Parfois, il allait voir Sirius, et là aussi il avait parfois du mal à comprendre. C'était tellement fou que Sirius déteste Severus alors que dans cet autre vie, ils avaient sûrement étaient bien plus semblable qu'ils ne le pensaient. Sirius, un adolescent rejeté par sa famille, trouvant la famille dont il a toujours rêvé dans celle de son meilleur ami, James Potter. Severus et lui avaient sûrement dû avoir une solitude et une haine de leur famille qui aurait pu les rapprocher, mais au lieu de cela, Sirius avait haï Severus avec tant de force. Comme si c'était un besoin viscéral, de quoi, Harry ne savait pas. Mais cette haine semblait si grande qu'elle se répercutait encore dans cette vie alors qu'elle ne semblait pas avoir lieu d'être.
Mais Harry voulait comprendre, il voulait absolument savoir. Comment peut-on détester quelqu'un à ce point ? Même lui ne vouait pas une haine aussi féroce à Malfoy, peut-être tout simplement parce qu'il ne l'avait jamais vraiment haït. La jalousie des Maraudeurs était pour beaucoup dans cette « haine », mais peut-on autant vouloir s'en prendre à quelqu'un par pure jalousie ? C'était de la folie. Comment peut-on vouloir gâcher ses merveilleuses années à Poudlard en faisant tout pour faire de la vie d'un autre un enfer ?
Et alors qu'il avait espéré trouver quelqu'un qu'il avait toujours pensé juste, raisonnable et la voix de la raison des Maraudeurs, Harry avait été grandement déçu par Remus. Remus l'avait pourtant avoué lui-même, il avait été incapable de se mettre en travers de ses amis par peur de les perdre. Il les avait laissés faire, ne disant rien ou bien trop peu. Pour le moment, Remus n'avait rien du brave Gryffondor défendant les opprimés que Sirius lui avait décrits ou que lui-même avait semblé voir. Pour l'instant, et bien que les mots soient durs à admettre, Remus n'est qu'un lâche. Lâcheté qui s'explique facilement par son besoin irrépressible d'avoir des amis, chose qu'il n'a jamais eue avant d'atterrir à Poudlard, mais ce besoin d'amitié est-elle une assez bonne raison pour excuser le fait qu'il ferme sans cesse les yeux sur les agissements de ses amis ? Après tout, il a excusé Sirius presque trop facilement, alors qu'il aurait pu devenir un tueur, chose qui l'aurait sans aucun doute détruit. Peut-on tout faire par amitié ou par amour ? La question se pose une nouvelle fois.
Harry essaie de se rappeler que ce ne sont encore que des enfants, mais même les enfants doivent et peuvent comprendre que des paroles peuvent blesser et même tuer. Au moins faut-il que quelqu'un veuille bien leur apprendre et qu'ils acceptent de l'entendre...
Au final, c'était étrange pour Harry de se dire que celui qu'il comprenait le mieux était Peter. Cet élève maladroit et peu sûr de lui, cherchant l'admiration et la reconnaissance dans les yeux des autres. Peter voulait qu'on le reconnaisse pour ce qu'il était, mais il n'était ni vraiment beau, ni véritablement doué pour quelque chose. Il n'était qu'un élève lambda, quelqu'un dont on ne se souci pas vraiment, quelqu'un dont on n'a pas peur ou que l'on n'admire pas. Il n'était personne, et c'est bien cela qu'il ne voulait absolument pas. Il voulait être quelqu'un, savoir que tout le monde savait qui il était, que quand son prénom était prononcé, c'était bien à lui qu'on pensait en premier !
Peter aurait peut-être pu devenir plus confiant, ne pas avoir peur de n'être qu'un garçon parmi tant d'autres parce qu'il comptait vraiment pour ses amis. Mais le problème vient bien de ses amis, ceux qui le font se sentir inférieur sans rien dire. Parce qu'ils sont plus beaux que lui, plus populaires, plus beaux-parleurs. Même Remus qui était assez timide et réservé faisait ressentir de la jalousie à Peter, Remus avec ses cicatrices avait un côté mystérieux, il avait un certain charme. Tout ce que Peter n'avait pas, ou du moins ne faisait rien pour avoir. Le jeune Gryffondor voulait exister, mais le problème c'est qu'il ne pensait même pas exister aux yeux de ses propres amis.
Harry comprenait enfin pourquoi Peter avait trahi ses parents, il avait même sûrement fait ça uniquement pour se venger de James et non de Lily. Peter avait dû en avoir assez, assez d'être la dernière brindille du balai, assez d'être celui qu'on ne voit pas. Avec Voldemort, il avait dû trouver la reconnaissance qu'il avait toujours cherchée, l'attention qu'il attendait, et cela de l'un des plus puissants hommes de ce siècle. Alors oui, Harry comprenait. Peter avait eu sa revanche, Peter avait dû jubiler de savoir que pour une fois, il avait été meilleur que James et Sirius. Peter devait certainement ressembler au Severus d'avant, dans cette autre vie, ils avaient dû être bien plus semblables qu'ils ne le pensaient, l'un était ouvertement contre les Maraudeurs et l'autre avait fait grandir sa rage et sa rancœur pendant des années avant de les trahir.
Et tous ses secrets, toutes ses découvertes, ses suppositions, ses suspicions, tout était tellement lourd à porter parfois. Harry avait déjà tellement changé les événements, peut-on être certain que Peter trahirait ses amis ? Que James finirait par changer pour que Lily sorte avec lui ? Rien n'était moins sûr. Harry savait également que le moindre changement pouvait encore affecter l'avenir et il devait être certain que Voldemort ne change pas trop ses plans pour qu'ils aient une occasion de le tuer.
Alors il écrivait, encore et toujours, dans ce petit carnet qu'il avait fait apparaître le premier jour. Il écrivait tout ce qui lui semblait important, toutes les informations qu'il avait récoltées au fil des années. Et c'est seulement après avoir écrit qu'il se sentait un peu moins inutile et impuissant. Et souvent après ça, il allait voir ce que pouvait bien faire Dumbledore, l'un des rares hommes qui commençait en secret à réunir des informations sur les attaques, couplant les indices. Ainsi, Harry n'était plus vraiment seul à se battre, et tout comme lui, Dumbledore attendait que le monde comprenne qu'ils étaient en guerre, qu'ils le veuillent ou non…
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En rentrant de Poudlard, Severus avait eu l'impression d'être entré dans la mauvaise maison. Pourtant, c'était forcement celle-ci. Outre le fait évident qu'il suivait sa mère depuis qu'ils étaient sortis de chez les Evans qui les avaient gentiment ramenés, l'odeur d'une potion antidouleur ne pouvait pas le tromper. Et le choc que son visage devait afficher fit rire Eileen, et ce fut un choc supplémentaire pour Severus. Sa mère riait rarement, elle souriait de plus en plus souvent, mais rire…
L'entrée, l'une des dernières pièces n'ayant pas subi un seul changement, avait repris des couleurs. Dans les tons clairs, le tout éclairé avec une douce lumière, cela rendait l'atmosphère tout de suite plus chaleureuse. Toute l'entrée ainsi que tout le couloir de l'étage étaient repeint, une agréable surprise pour lui qui avait doucement commencé à savoir ce que représentait réellement la phrase « rentrée à la maison ». Un endroit chaleureux et sécurisant, bien loin des souvenirs que Tobias avait laissés à sa mort. Cette maison était l'exacte opposée que ce qu'Harry avait découvert il y a sept années de cela. Severus avait appris à ne plus voir que les mauvais souvenirs dans chacune des pièces de la maison, et grâce à sa mère et tous les changements qu'elle avait opérés, cette maison ne lui rappellerait plus aucun de ses instants d'avant.
À présent, et ce depuis quelques années déjà, chaque pièce lui rappelait différents souvenirs. Sa mère fabricant une potion dans la cuisine, ou encore lui, essayant pendant des heures et dans l'urgence la plus totale de sauver une petite fille qu'il ne connaissait même pas à cet instant. Lui et Lily s'amusant dans sa chambre et profitant d'être dans une maison sorcière pour lancer des sorts à tout va. Lui s'amusant avec la baguette de sa mère pour se doucher, avant qu'Eileen ne refasse remettre de l'eau pour que cela soit tout de même plus pratique. Et dans un an, la pièce regorgeant le plus de mauvais souvenirs, leurs rappellera à tous les deux le jour où Severus aura voulu couper quelques feuilles d'une plante quelconque avant de se faire méchamment mordre le doigt par une plante carnivore, pas vraiment douloureuse mais qui ne voulait pas le lâcher et qu'il ne voulait pas couper puisqu'elle était difficile à faire pousser. Il restera une heure à la cave, le doigt rouge avec la plante bien accrochée dessus. Et quand Eileen découvrit son fils, une plante carnivore accrochée à son doigt, elle ne pourra pas s'empêcher de rire, entraînant son fils dans son hilarité. Et c'est bien ce souvenir plus que tous les autres qui effacera ceux des coups, des cris et du sang qui avaient semblés maculés l'atmosphère même de cette pièce.
- Une nouvelle table ? Fit Severus avec surprise en s'asseyant à la table de cuisine pour manger.
- Oui. Le pied de l'ancienne s'est cassé quand j'ai posé un chaudron un peu trop lourd dessus. Répondit Eileen en rougissant légèrement.
- Oh ! Elle ne devait vraiment pas être solide si tu n'as pas pu la réparer…
- Non. Elle s'est presque brisée en mille morceaux, à se demander comment elle tenait encore debout ! J'ai donc préféré en racheter une sans même essayer de la réparer, celle-ci est magique.
- C'est vrai ? Demanda Severus admiratif en regardant la table différemment.
Eileen sourit, heureuse d'avoir détourner l'attention de son fils sur la table plutôt que sur la question de pourquoi celle-ci n'avait pas tenu le coup. Elle donna donc la petite brochure vendue avec le meuble pour que son fils puisse s'amuser un peu. Une table sorcière apporte de nombreux avantages, selon la table choisie bien sûr. Plus elle est chère, plus elle a d'options. Celle d'Eileen et Severus en apporte quelques-uns sans avoir les options complètes, tout simplement parce que c'est trop cher et surtout parce qu'ils n'en auraient absolument pas l'utilité. La table pouvait changer de forme, carrée, rectangulaire, ovale ou ronde, elle s'agrandissait également, pouvant accueillir de deux à huit personnes, ce qui était amplement suffisant pour la petite cuisine d'Eileen !
- Je suis heureux que tu ais cassé l'ancienne ! Approuva Severus après s'être amusé à changer la table autant de fois qu'il le put.
Eileen se retourna, cachant son embarra et servit à la hâte le repas, mettant ainsi fin à cette conversation sur laquelle elle ne voulait pas s'éterniser.
Si Severus avait pu s'imaginer les raisons de ce changement de table, alors il aurait préféré ne jamais savoir. Il valait donc mieux pour lui qu'il ne sache pas que la table n'avait pas supporté le poids de deux personnes. Heureusement que Thomas avait eu la force de soulever sa belle, sinon la chute aurait été plus que douloureuse !
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- Severus ? Appela la petite fille en entrant dans une chambre, une peluche en forme de licorne coincée sous le bras.
- Ma petite princesse ! Que fais-tu debout à une heure aussi tardive ?
Elizabeth sembla enfin remarquer la jeune fille aux cheveux roux flamboyant qui jeta un regard attendri à Severus avant de se concentrer sur elle, l'enfant se recula légèrement en rougissant.
- Bonjour. Dit-elle poliment. Je suis désolée, je ne voulais pas déranger…
- Tu ne déranges pas. Affirma Lily avec un doux sourire, voulant rassurer la petite fille qui semblait avoir peur d'elle. Je m'appelle Lily.
- Enchantée. Moi, c'est Elizabeth.
Et plus un mot ne fut prononcé, Elizabeth habituellement si bavarde se retrouvait intimidée. Elle était encore fatiguée, bien que moins qu'habituellement et elle avait entendu Severus. Elle avait voulu le rejoindre, et pourquoi pas, qu'il lui raconte une histoire. Mais maintenant, elle ne savait plus quoi faire et continuait à reculer doucement vers la porte pour retourner dans sa chambre.
- Tu aimes les licornes ? Demanda Lily avec une voix douce et chaleureuse, avant de parler plus bas et sur le ton du secret. Tu sais que j'en ai vu une à Poudlard ? Et j'ai même eu la chance de pouvoir la caresser…
- C'est vrai ?
La petite fille semblait abasourdie, une licorne ! En vrai ! Severus lui avait assuré ne jamais en avoir vu, peut-être aperçu mais il n'en était pas sûr. Et les licornes se laissent difficilement voir et encore plus approcher.
- Oh oui ! Elle était magnifique, d'un blanc éclatant… Encore plus que ta peluche ! La lumière semblait se refléter sur elle…
Elizabeth qui s'était arrêtée nette s'approcha de nouveau des deux adolescents, elle jeta un coup d'œil à Severus pour savoir si ce que disait la jeune fille était vrai. Et quand il la regarda avec un sourire gentil en hochant doucement la tête pour confirmer ses dires, Elizabeth n'eut plus aucun doute quant à la véracité de cette histoire. Elle s'approcha donc de Lily jusqu'à s'assoir juste en face d'elle.
- Est-ce qu'elle avait une longue corne ? Demanda-t-elle.
- Au moins trente centimètres ! Savais-tu que les bébés licornes ne sont pas d'une couleur blanche mais dorée ? Ils prennent cette couleur vers l'âge de deux ans !
- Ils doivent être trop mignons !
Severus passa le restant de la soirée à entendre parler de licornes et à approuver tout ce que disait Lily quand Elizabeth se tournait vers elle pour être sûre que tout ce qu'elle entendait de si merveilleux était vrai. Après deux heures, Elizabeth en tournant la tête découvrit que Severus s'était endormi dans son fauteuil.
Lily raccompagna donc sa nouvelle amie jusqu'à sa chambre et lui promit de lui raconter demain de nouvelles histoires sur les licornes. Puis elle essaya de retrouver le salon, espérant rencontrer un des deux adultes pour l'aider à coucher Severus, ne voulant ni le réveiller ni le faire elle-même.
- Excusez-moi ! Dit-elle en entrant dans le salon après avoir frappé. Severus s'est endormi dans le fauteuil alors que je parlais avec Elizabeth, quelqu'un pourrait m'aider à le recoucher ? Demanda la jeune fille en rougissant quelque peu sous le regard interrogateur des deux adultes.
- Elizabeth s'est réveillée ? Demanda Thomas avec surprise. Pendant combien de temps ?
- Je dirai au moins deux heures, je l'ai raccompagné à sa chambre à l'instant.
Thomas regarda Eileen avec un grand sourire, heureux d'apprendre cela. C'était bien la première fois qu'Elizabeth restait éveillée aussi longtemps, et ce depuis… De trop longs mois déjà… La nouvelle potion de Severus avait l'air de fonctionner à merveille, et si l'amie de Severus n'avait pas été là pour les voir, il en aurait embrassé Eileen de joie.
- Je m'en occupe, merci. Affirma Thomas en se levant. Va donc te coucher, tu as l'air exténué…
Lily confirma d'un signe de tête, remercia l'homme et partie après avoir souhaité une bonne nuit aux deux sorciers. Il est vrai qu'elle était plus que fatiguée, la journée n'avait jamais semblé aussi longue, heureusement qu'ils étaient encore en vacances ! Et Severus avait dû l'être encore plus, il n'avait presque pas dormi depuis son retour de Poudlard, tout ça pour créer la potion de la petite Elizabeth. C'est d'ailleurs pour cette raison que Lily ne voulait absolument pas le réveiller, ne voulant pas que Severus retourne à ses chaudrons en supprimant encore plusieurs heures d'un précieux sommeil réparateur dont il commençait à manquer.
Le couple Evans était parti avec leur fille aînée à Londres pour s'occuper des derniers préparatifs quant au départ de Pétunia qui s'en allait étudier dans une grande école de dactylographie. Elle allait habiter chez une tante éloignée et ils voulaient commencer à emporter quelques affaires chez elle et régler les derniers détails de son inscription à l'école. Quand Eileen avait demandé aux parents de Lily si elle pouvait venir pour une semaine de vacances avec eux chez un très bon ami sorcier, ils n'avaient pas vu de raison de refuser cette offre et avaient donc accepté sans aucune hésitation. En plus, cela leur permettrait de s'occuper uniquement de leur fille aînée qui se sentait délaissée.
Eileen avait surtout invité Lily pour qu'elle fasse la connaissance de Thomas et Elizabeth, elle n'avait peut-être encore rien dit à son fils, mais leur relation évoluait en quelque chose de bien plus sérieux. Et Eileen étant une mère attentive, elle avait parfaitement remarqué les liens étroits, bien que sûrement encore inconscients ou tout du moins non dits, entre son fils et la jeune Lily Evans. Elle voulait donc préparer le terrain et présenter le plus tôt possible ceux qui allaient être le beau-père et la demi-sœur de Severus à celle qui serait peut-être un jour – du moins, elle l'espérait pour son fils- sa belle fille.
L'avantage de l'avoir invité, c'est qu'au moins Severus passerait un peu moins de temps dans son chaudron. Car il faut bien avouer qu'il ne fait presque que ça de son temps libre, et bien qu'Eileen soit fière de lui, elle veut aussi qu'il profite de sa jeunesse. Elizabeth semblant aller relativement mieux après une seule prise de la nouvelle potion de Severus, il allait peut-être enfin accepter de se relaxer un peu. Ce n'était pas faute d'avoir essayé, mais chaque matin, elle le retrouvait invariablement la tête dans son chaudron en rougissant honteusement quand elle le sermonnait. Elle était fière de lui, de l'homme qu'il était devenu petit à petit, mais elle voulait aussi qu'il pense à lui et profiter encore des bienfaits de l'insouciance que Tobias lui avait volée il y a bien longtemps.
Pendant qu'Eileen se faisait du souci pour son fils, Thomas était monté à l'étage pour entrer discrètement dans la chambre d'amis qui était à présent la chambre exclusive de Severus. D'un mouvement habile du poignet, il lança un sort pour faire voleter Severus et ainsi pouvoir le coucher en douceur entre ses draps. D'un second sort, il lui enleva ses vêtements pour qu'il ne lui reste plus que son boxer et lui enfila un bas de pyjama, ne sachant trop comment le jeune homme dort habituellement.
Thomas était tellement reconnaissant envers l'adolescent qu'il avait sous les yeux. Ce jeune homme qui semblait à présent si fragile entre ses draps bleu foncé. Il avait appris quelques détails de la vie d'Eileen et de Severus, avant qu'il ne débarque dans leur vie, avant même que le père de Severus ne meure comme par miracle ou bien même de la vie d'Eileen avant que Severus ne naisse.
Thomas avait souvent plaint sa fille de la lâcheté de sa mère, mais à cet instant, il se disait qu'il était sûrement préférable d'avoir été abandonné plutôt que traité comme ils l'avaient été. Ses parents lui avaient toujours appris, ainsi qu'a son frère et sa sœur, que la violence n'apportait jamais rien de bon. Thomas avait sagement écouté et avait pu observer qu'effectivement, la violence ne résolvait rien. C'est son éducation qui l'avait rendu doux et gentil, dans sa jeunesse, on l'avait pensé aussi un peu trop naïf, sûrement parce qu'il avait été réparti à Poufsouffle. Mais il ne l'était pas, il était juste comme ça, c'était dans son caractère et il était également un éternel optimiste.
- Comment peut-on battre un enfant ? Murmura douloureusement Thomas dans le silence de cette chambre, remettant une mèche de cheveux derrière l'oreille du jeune homme.
Et le pire pour Thomas, c'était bien de savoir qu'il ne connaissait pas tout ce que cet immonde salopard leur avait fait. Il avait souvent questionné Eileen à propos de son attitude qui ne laissait que peu de place au doute, au début, elle refusait le moindre contact physique, puis quand elle acceptait au moins une accolade, elle tressaillait de peur. Thomas n'avait pas mis bien longtemps avant de découvrir le pourquoi de cette attitude, il y avait été en douceur mais n'avait pas abandonné ses demandes d'explications. Et Eileen s'était mise un jour à lui parler, petit à petit, avec de longs intervalles entre deux conversations où elle ne voulait absolument pas en parler, absolument pas y penser. Mais déjà, le peu qu'il avait appris, souvent entrecoupé par les larmes douloureuses d'Eileen, avait suffi à le rendre fou de colère. Heureusement que Tobias Snape était mort, sinon, il aurait bien été capable de le tuer de ses propres mains.
Comment peut-on frapper une femme aussi douce et gentille qu'Eileen ? Qu'avait donc fait Severus pour mériter le même traitement ? Thomas savait bien évidemment qu'il ne fallait aucune raison particulière à un monstre pour agir comme tel, mais il ne pouvait s'empêcher de se poser la question.
Eileen était la meilleure chose qu'il lui soit arrivé dans la vie. Il l'avait compris dès l'instant où il avait pris contact avec elle. Elle avait semblé tout de suite si impliquée dans la maladie de sa fille, si touchée par ce qui lui arrivait. Et la chose la plus étrange pour lui, c'est qu'Eileen contrairement à toutes les personnes qui le connaissaient même personnellement, lui avait demandé comment il allait. Cela faisait bien longtemps que personne ne l'avait fait. Ils s'inquiétaient tous de l'état de santé d'Elizabeth, ce qui était parfaitement justifié, mais personne jusqu'ici n'avait pensé à lui demander comment il gérait ça. Et quand Eileen lui avait demandé, il n'avait même pas su quoi répondre, tout simplement parce qu'il ne s'était jamais posé la question lui-même. C'est alors qu'Eileen l'avait invité à venir chez elle pour en parler plus en détail, cela avait été évidemment mille fois mieux que de lui parler par la cheminette. Thomas était donc tombé amoureux au premier regard, sans même qu'il ne se l'avoue lui-même avant bien longtemps…
Et il y avait eu Severus… Ce jeune homme ayant un regard sur la vie bien trop mature pour son âge, un Serdaigle qui n'avait pas volé sa place dans cette prestigieuse maison. Severus, le garçon qui avait sauvé sa fille d'une mort certaine en repoussant la mort un peu plus à chaque nouvelle potion. Il lui était tellement reconnaissant, il ferait tout pour ce jeune homme qui fera sans aucun doute de grandes choses, puisque cette potion en est déjà une.
Thomas ne savait absolument pas comment il pourrait aider Severus en retour. Mais il fit une promesse ce soir-là, promesse qui fut tout ce que Severus n'avait jamais espéré et qu'il chérirait précieusement au fond de son cœur. Une promesse que Severus n'entendit jamais puisqu'il dormait d'un sommeil profond mais que Thomas honora pendant de très, très longues années…
- Tu n'es peut-être pas mon fils, Severus. Mais je te promets de te traiter et de te chérir comme tel…
