Hello communauté FF ! Comment vont mes lectrices ? Etes-vous aussi rageuse que moi, de voir qu'il fait aussi beau, mais que pour le bien de la poursuite de nos études, vaut mieux rester enfermé dans sa chambre devant un cachier de cours ? Argh !

Enfin bref, me voilà pour un chapitre, plus long que les autres d'ailleurs. C'est un premier point de vue d'Edward, disons la première partie...Je sais pas vraiment pourquoi j'ai décidé de le couper en 2, mais bon, je le fais.

Avant de vous laisser le lire, je tenais à vous dire, même si je ne peux pour le moment répondre à vos reviews, vous dire à quel point vos traces sont carrément encourageantes et plaisantes à lire...Je vous ménage pas à avec ses chapitres bordées de tristesse et de séparation ! Merci beaucoup, vraiment, de lire ce que j'écris, même si c'est maladroitement exprimé parfois...Vous êtes les meilleures !

Merci aussi à celles qui passent simplement par là, oh et à celle qui me mettent en favoris ou en alerte que ce soit pour cette fic ou les autres !

Voilà donc cette première partie du PDV d'Edward. xoxo mes chéries et bonne lecture !


« Je perds la tête avec toi »

« Alors apprends à vivre sans moi »

« Mais j'ai essayé de vivre sans toi ! Plein de fois... »

« Quand ? »

« Ce matin par exemple, je suis allé chercher le pain à la boulangerie d'en face, tout seul, je respirais l'air sans le partager avec toi, et son goût me semblait fade, tu n'étais pas avec moi...Je vivais sans toi, sans ton odeur, sans entendre ton cœur qui bat, j'étais pommé...J'étais seul dans cette ville...Pendant 20minutes, j'ai vécu sans toi... »

« Et qu'est ce que ça t'a fait ? »

« J'ai oublier de ramener le pain »

Frédéric Beigbéder


10 août 2012 – 10h26 - Seattle

« Je te jure que si ton cul n'est pas dehors dans une seconde »

« Tu sais que tes putains de menaces ne me dissuaderont pas de foutre ton cul de connard hors de ce lit »

Un concert de Marylin Manson n'aurait pas pu me donner un mal de tête aussi atroce, que celui qui était en train de me faire saigner les méninges. J'avais beau me réveiller dans cette douleur monstrueuse depuis quatre jours, boire en frôlant le coma éthylique était une habitude que j'avais pris, pour couvrir l'absence assourdissante de Bella. J'étais vidé, exténué de penser à elle. J'étais fatigué de tout ce qu'elle provoquait, fatigué de ce qu'elle me faisait subir, fatigué d'avoir constamment son visage, ses mots à l'esprit. Elle nuisait au peu d'équilibre mental que je possédais, à ma santé physique. Peu importe où je me trouvais, peu importe le monde qui se trouvait à mes côtés, les bars, la rue, je ressentais le manque suffocant de sa présence. Une fois de plus, elle m'avait échappé, m'avait fui. Peu importe le nombre de fois, où elle avait dit tenir à moi, elle se dérobait dès que je pensais l'avoir près de moi pour de bon. Bella n'était pas bonne pour moi. Sa présence à mes côtés devenue quelque chose à laquelle j'étais devenu dépendant était néfaste. Néfaste si je persiste à la vouloir près de moi. Elle grillait mes pensées, et usait mon énergie. J'étais enchaîné à elle et si j'ai pu croire un jour qu'elle seule pouvait me ramener à la surface, aujourd'hui je doutais. Je doutais d'elle, de nous. Il était peut être temps que je cesse d'espérer, de croire qu'on puisse un jour prendre un vrai départ, un bon départ.

« Elle ne vous abandonne pas » me répétait-elle pour la énième fois depuis le début de notre entretien

« Je sais »

« Elle ne vous fuit pas non plus »

« Je sais » répétais-je, en me frottant une énième fois les yeux

« De quoi avez-vous peur alors ? »

« Je sais pas » répondis-je fatigué. « J'ai peur de la perdre » finis-je par dire. « J'ai peur que les traitements qu'ils lui prescrivent lui enlève toute humanité, toute conscience, qu'elle finisse par devenir un zombie »

A cran, je pouffais de rire, conscient d'être stupide.

« Je crois que je regarde trop de film...C'est une boule d'énergie, peut être que parfois ça lui nuit plus qu'autre chose, mais moi je l'ai vu et elle est hyperactive, parfois c'est même dur de la suivre, mais je l'aime comme ça...Vous savez malgré ce qu'elle traîne, c'est une fille très vivante, amusante...Je sais que les antidépresseurs que vous administrer à vos patients sont censés corriger nos humeurs, mais j'ai peur, et je me mets à imaginer des tas de choses »

« Bella est entourée de professionnels qui mettent tout en œuvre pour l'aider à s'en sortir, comme vous avez réussi à vous libérer du fantôme de Sarah »

« Bella c'est pas pareil...Il s'agit de sa mère, sa mère avec qui elle entretenait un lien très fusionnel, elle va avoir à peine 18ans et malgré cette puissante maturité qu'elle a, elle reste un bébé qui a perdu ce qu'il y a de plus essentiel...Je pense pas qu'elle puisse s'en remettre un jour...et si c'est pas le cas, je la perdrais » arrêtais-je avec les manches de mon pull mes larmes fugueuses, épuisé par son absence pesante

« Vous vous souvenez lorsque nous abordions les sentiments que vous ressentiez pour Isabella...Vous réalisiez que tomber à nouveau amoureux vous avez grandement aidé à faire le deuil de votre vie passée »

« Vous pensez vraiment qu'on puisse s'en sortir grâce à ça ? » la regardais-je, plein d'espoir

« Bella a certes pris une décision difficile vis à vis de votre relation, mais c'est ce qu'elle a fait de mieux pour donner un meilleur avenir à votre histoire...Elle n'en sortira que plus grande »

« Avant qu'elle ne parte, elle m'a avoué vouloir qu'on s'installe ensemble en Californie...Je crois que j'aurais préféré qu'elle ne dise rien de ce projet »

« Pourquoi ? »

« Parce que ça ne fait que me donner plus d'espoir en une vie meilleure, et je déteste ça...l'espoir »

« L'espoir peut parfois nous aider à supporter l'attente »

« Attendre, j'ai l'impression de ne faire que ça »

« Vous sentez vous capable de faire autrement ? »

Je pouffais à nouveau.

« Elle est la meilleure chose qui me soit arrivé depuis longtemps, pas seulement parce qu'elle m'a aidé à faire le deuil de Sarah...Elle est la meilleure chose que je possède, parce qu'elle me rend vivant, je veux dire vraiment vivant, au point d'avoir constamment le cœur lancé dans une frénésie suffocante...Parce que quand je suis tout près d'elle, je ressens pas nécessairement le besoin de lui faire l'amour ou de l'embrasser, j'ai juste envie qu'elle m'enlace parce que ses bras sont l'endroit le plus confortable qu'il soit, parce qu'on est avant tout des amis qui peuvent se marrer pendant des heures de tout et n'importe quoi, et je vous parle pas de ces rires stupides que ces amoureux expriment juste pour plaire à l'autre, c'est hyper rare ce genre de relation, d'être aussi fusionnel avec quelqu'un sans qu'on soit tout le temps en train de parler d'amour...elle a beau avoir le plus douloureux des poids sur le dos, elle a ce rire si franc et incontrôlé, qu'il est impossible de deviner qu'elle ait pu souffrir autant...C'est la fille la plus pénible et épuisante que je connaisse, mais c'est aussi la nana la plus drôle, la plus mignonne, la plus cool...Elle est la meilleure chose qui me soit arrivé, parce que je me sens comme n'importe quel connard amoureux de sa nana, sans ressentir derrière moi, les putains de problèmes que je traîne...Est ce que ça me tue de devoir encore attendre et m'inquiéter à l'idée de la perdre ? Vous pouvez pas savoir à quel point, est ce que je peux faire autrement ? Certainement pas »

Égoïstement, il m'arrivait parfois d'espérer silencieusement qu'elle s'échappe pour venir me retrouver. Je me blâmais d'y penser si souvent. Elle faisait ça pour nous, elle faisait ça pour nous, devais-je me répéter pour faire cesser cet espoir gonflé d'égoïsme. Mon seul réconfort était les illusions que je provoquais, et quand j'y pensais très fort, il m'arrivait d'être persuader de l'entendre rire, ou de la voir se promener dans mon appartement vêtu d'un de ses innombrables vieux tee-shirt juste pour me titiller. Comment ce petit bout de femme était capable de rendre le silence aussi assourdissant. C'était si inhumain de sa part de prétendre partir pour donner du souffle à notre relation, et me laisser comme un con moisir dans ce taudis...Je la détestais de me faire souffrir aussi facilement...Je l'aimais d'être si déterminée à vouloir que notre vie soit la plus douce qu'il soit.

Pris par une overdose de vide, toutes les techniques étaient bonnes pour chasser son visage, son corps, nos souvenirs. L'arrêt subite de notre vie sexuelle qui avait pour été plutôt intense depuis notre réconciliation, me rendait nerveux, irritable. La manière dont je baisais sa peau jusqu'au sa manière si éraillée qu'elle avait de prononcer mon nom. Chaque souvenir de nos ébats énergiques et bestiales dévoraient mes nuits pour n'y laisser qu'un putain de manque . L'amie me manquait, mais la bombe atomique qui m'offrait son corps chaque nuit depuis à peine deux mois était sans doute celle qui me rendait le plus fou. Boire jusqu'à ne plus me souvenir de l'endroit où je me trouvais était la, si ce n'est la seule, stratégie pour oublier qu'elle venait de me larguer en plein été.

« Tu sais quoi Masen, t'es qu'un connard qui fait que se morfondre...Ta nana est en train de se battre pour en finir avec ses addictions et tout ce que tu trouves à faire, c'est laisser ton putain de gros cul sur le tabouret d'un bar » gueula cet enfoiré, faisant saigner plus fort mon cerveau

« Va te faire foutre Jazz ! » lui balançais-je aveuglément un oreiller. « Crécher chez toi, te donne pas le droit de venir mêler ton cul à mes affaires ! »

Après avoir quitter Bella pour un vol en direction Seattle, jamais je n'aurais pensé faire face aux conséquences désastreuses qu'avaient provoquées la révélation foudroyante de Bella faite à Charlie, au sujet de notre relation et de sa grossesse. Même si les nombreux appels de mon père que j'esquivais m'avait prévenu que j'allais en prendre plein la gueule à mon retour. Mon temps passé avec Bella à Seattle et San Diego avait été trop précieux, pour que je m'embarrasse à répondre au téléphone et justifier ma longue absence. J'avais juste demandé à Jazz de lui dire que j'étais auprès de Bella, pour qu'il n'ait pas à s'inquiéter de me savoir déambulant dans les quartiers glauques de Seattle. Nier ne servait plus à rien. Terrassé par le nouveau départ de Bella, j'avais pris le soir même un vol pour Seattle afin de rejoindre Forks, en espérant pouvoir profiter de la possible absence de mes parents pour me reposer, avant de les affronter. J'avais beau avoir 25ans, j'étais toujours ce gosse de 5ans, le visage honteux, dès que son père l'engueulait pour une connerie dont son père l'avait prévenu des conséquences. Arrivé à l'aube devant la villa, je n'avais pas eu le temps de fermer la porte que Carlisle me faisait face.

« Je suis lessivé, alors si on pouvait en parler plus tard » dis-je rapidement, le visage fermé et le regard fuyant

« J'arrive pas à croire que tu nous ais menti! » posa t-il une main sur mon torse, pour m'arrêter

« Tu rigoles ? Quand tu as découvert qu'il nous arrivait de passer du temps ensemble, tu m'as presque accusé d'abus sexuel ! » Jetais-je mon sac sur le pas de la porte, furieux qu'il veuille en parler tout de suite

« Passez du temps ensemble ? Tu te fous de ma gueule ! Charlie est venu m'humilier pendant une consultation à l'hôpital, en hurlant que mon fils, mon fils de 25ans, qui plus est l'ancien professeur de sa fille de 17ans, l'avait mise enceinte !...C'est ça que ça veut dire aujourd'hui passer du temps ensemble ! »

L'état de fureur de mon père finir par réveiller toute la maison, y comprit Emmett et Rose qui semblaient avoir dormi ici. Personne n'avait encore pris connaissance de ce détail, et le fait qu'il le révèle aussi fort en ma présence, me mit mal à l'aise.

« A quoi tu pensais merde ! Tu n'aurais jamais du t'approcher de cette gosse » m'accusa t-il du doigt, le visage fou de rage

« Carlisle, s'il te plaît » tenta de le tempérer ma mère

« Non ! » se défit-il de ses mains qui se voulaient apaisantes. « Toute la ville nous regarde de travers depuis qu'ils ont appris que mon fils a abusé d'une mineur ! »

« Je n'ai pas abusé d'elle ! » criais-je, fou qu'il soit aussi entêté à ne pas vouloir comprendre. « C'est ça qui te préoccupe tant, que tout le monde sache que ton fils ait pu te foutre la honte ! »

« Ce qui me rend furieux, c'est qu'en plus d'avoir côtoyé l'une de tes élèves, tu as fréquenté une gamine qui a passé son été dernier en cure de désintox, c'est que t'es passé du temps avec une gosse qui se préoccupe peu des lois, et qui n'a pas hésité à violer sa conditionnelle alors qu'on lui répétait que c'était sa dernière chance, au risque de se rendre en prison, ce qui me rend furieux c'est que tu te sois entiché d'une gosse de 17ans, qui est mentalement déséquilibrée ! »

« Carlisle ! » cria ma mère

Foudroyé, son jugement me cloua pendant plus d'une seconde. Elle était partie à cause de ce genre d'opinion qu'avait ceux qui l'entourait, à cause de ces connards qui n'avaient aucune idée de ce qu'elle endurait.

Emmett vint s'interposer entre nous alors que mon poing allait partir.

« Edward » essaya de me calmer Em

« Comment tu peux dire ça ? » hurlais-je en me dérobant des bras de mon frère. « Comment tu peux insulter la nana qui m'a aidé à aller mieux ! Tu m'as demandé de venir ici pour m'aider, et tu n'as rien fait ! Je t'ai dit qu'il me fallait du temps avant de vouloir arrêter la coke, et tu n'as pas cherché à broncher en sachant pourtant que je me défonçais sous ton toit, très intelligent pour un foutu chirurgien !...Comment tu peux la rabaisser alors que c'est grâce à elle que je m'en suis sorti, que j'ai réussi à me débarrasser de ce qui me faisait du mal »

« Isabella Swan n'est pas une fille pour toi ! » scanda t-il

« Isabella Swan est la seule personne qui ait pris du temps pour moi, qui ai supporté l'épave que j'étais...Qu'est ce que tu as fait toi ? Tu n'as rien fait, strictement rien ! »

Depuis, j'avais coupé tout contact avec lui. C'était à cause de ce genre de jugement que Bella avait fini en psychiatrie. C'était à cause de ceux qui la croyait folle, qu'elle avait fini par craquer et finalement leur donner ce qu'ils voulaient tous.

En fin de compte, notre dispute avait eu un impact sur toute notre famille, la séparant ainsi en deux clans. Emmett, Rose, Jazz, et Lili semblaient me soutenir, certainement pour m'avoir vu me comporter avec Bella, pour m'avoir vu changer, vivant à ses côtés, à nouveau moi. Et puis il y avait mes parents, d'après Jazz ils s'obstinaient à croire que notre relation ne donnerait rien de bon. Deux ex junkies ne provoqueraient que leurs pertes définitives en partageant une relation amoureuse, qui plus est quand elle était aussi fiévreuse et dévastatrice que la notre. Sauf qu'ils jugeaient quelque chose dont ils ne savaient strictement rien. Aussi éprouvante soit-elle notre histoire, elle restera celle qui parmi les centaines de choses qui me poussaient à me foutre un revolver sur la tempe, représentait un argument de taille pour ne pas me foutre en l'air. Cette seule raison devrait leur suffire à me faire confiance.

Forks choquait par l'attitude du professeur Masen, qui semblait sérieux en tout point, Jazz m'avait rapporté les derniers potins dont j'étais la principale cible. Ces attardés avaient eu la langue bien pendus pour me descendre et pester sur le comportement immoral que j'avais eu envers l'une de mes élèves. Etait-il nécessaire de dire aussi que mon contrat au lycée de ce trou à vipères ne fut pas renouveler. Ces mêmes mauvaises langues avaient forcés aussi mes parents à quitter la ville. Mon père qui partageait son temps entre le petit hôpital de Forks et son poste de chirurgien traumatologique en chef du centre hospitalier de Harboview de Seattle avait finalement du démissionner de Forks pour occuper à temps plein son poste en traumatologie. J'avais beau lui en vouloir pour les propos qu'il avait tenu, je me sentais coupable d'avoir chamboulé sa vie et celle de ma mère. Forks leur offrait la tranquillité d'une ville isolée.

Cet enfoiré de Jazz avait tiré les rideaux, me regardant fuir difficilement la lumière forte du soleil pour aller me cacher dans la salle de bains. Vivre chez ce connard n'était définitivement pas une bonne idée, mais c'était tout ce que j'avais pu trouver en si peu de temps. Avoir une petite amie à l'héritage que je ne préférais pas estimer, avait en un temps record fait saigné mon compte en banque. Bella dépensait sans compter, et sans même se soucier de savoir que vous n'aviez pas nécessairement les mêmes économies qu'elle. Trop fier pour la laisser brandir sa carte noire, qui avec une certaine prétention vous narguait, j'avais du voyager en première classe en direction de San Diego, là où nous avions passé les quelques jours avant son départ en psychiatrie, et payer une note sanglante pour notre séjour dans un hôtel hors de prix. En un mois et demi, mon porte-feuille avait craché plus d'argent que lorsque j'étais marié et père d'un bébé de quelques mois.

« Elle ne compte pas revenir dans une ou deux semaines, ni dans un mois, est ce que tu as prévu de passer tes journées sous tes draps, pour finir par sortir du lit et te bourrer la gueule » vint me rejoindre Jazz, alors que j'attrapais la boîte d'aspirine dans l'armoire à pharmacie

« Si tu t'inquiètes de savoir qui paiera la moitié de tes factures et de ton loyer, je trouverais un taf avant le début de la rentrée »

« Tu sais très bien que j'en ai rien à faire que tu sois là, et je préfère d'ailleurs t'avoir à l'œil...T'es pathétique Masen, à pleurnicher à longueur de journée, parce que ta petite copine à préférer partir se soigner »

« De quoi tu parles ? »

« Tu lui en veux, ça crève les yeux ! Boire, fumer, provoquer des bagarres avec des ivrognes pour une putain de raison qui n'en vaut pas la peine...Je me trompe où tu cherches à la faire revenir ! J'ai peut être été la chercher à chaque fois que tu avais besoin d'elle, mais je ne le ferais pas cette fois ! »

« Va te faire voir Jazz, tu sais pas de quoi tu parles ! »

« T'es qu'un pauvre gosse Masen...Elle est partie en finir avec ce qui lui fait du mal et tout ce que tu trouves à faire, c'est redevenir l'épave que t'étais y a encore quelques mois, juste pour la ramener et puis quoi après tu te contentes du peu qu'elle a t'offrir en prenant le risque de la voir un jour dans une baignoire pleine de sang, ou pendu au lustre du salon »

La gorge nouée, je plaquais ce connard contre le mur, enragé de l'entendre envisager ce genre de scène. Il me repoussa brutalement aussitôt, me faisant tomber au sol, affaibli par ma gueule de bois.

« Si tu veux crever, vas y ! »

Il fouilla dans sa poche, et en retira 50$ pour me les jeter au visage.

« Pour combien tu peux en avoir avec ça ? Hein !...Elle est loin de mériter une gonzesse comme toi, elle vaux mille fois mieux qu'un connard dans ton genre ! »

Furieux, son regard bleu perçant fut criant de déception...pourtant ça ne m'atteignait pas assez pour que je prenne conscience que j'allais une fois de plus droit dans le mur. Il quitta la salle de bains, pour claquer quelques secondes plus tard la porte de l'appartement.


« Je m'en fous de ma gueule et de celle des autres. Mon bonheur se résume à te parler et à regarder la pluie tomber avec une clope dans la bouche. C'est là que le bonheur est dégueulasse. Ma vie, c'est juste un putain de rituel qui consiste à penser à toi et à me faire chier. » - Lolita Pill

16 août 2012 – 15heures – Seattle

Si le décès de ma femme et de mon fils avait considérablement mis une certaine distance entre mes proches et moi, entre Jazz et moi. Elle n'avait jamais été aussi grande que celle qui s'était installée entre nous depuis quatre jours. Les rares fois où nous nous croisions chez lui, tout dans son attitude me hurlait au visage la déception et le dégoût pour ce que je faisais, ce que je devenais. Il avait raison. Toutes ces tentatives de me mettre dans des états seconds étaient pour la faire revenir. Comme je l'avais chaque fois que je sniffais ma coke sur le marbre de ma salle de bains, pour qu'elle reste près de moi, comme je l'avais fait en me rendant à Seattle quelques jours après son retour à Forks. L'idée qu'elle en vienne de nouveau à se faire du mal me terrifiait. Elle était capable du pire pour fuir son esprit. Elle était son propre ennemi, et je savais que la partie d'elle, la plus infime qui voulait s'en sortir, se battre, n'était pas assez forte pour la pousser à s'engager à fond dans cette thérapie qu'elle avait décidé d'entreprendre. Combien de temps faudra t-il avant que Teddy ne vienne m'annoncer qu'elle n'avait pas réussi, qu'elle le voulait mais qu'elle avait cédé à ses pulsions pour en finir. Peu importe à quel point ces endroits s'assuraient que leurs patients soient en sécurité contre eux-mêmes et leurs tendances suicidaires, Bella avait une imagination débordante pour se blesser. Affronter ses addictions et les spectres qui lui tournaient autour prendrait de longs mois, j'avais beau refoulé cette pensée, je savais qu'elle n'en sortirait pas avant la fin d'année...voir l'année d'après. M'enfoncer en buvant était peut être un moyen de la faire revenir, de l'avoir près de moi, garder un œil sur elle.

Chassant ma gueule de bois d'un flacon d'aspirine, je traînais jusqu'au salon et profitais que Jasper soit absent pour allumer son Mac. Surfer sur le net était devenu une nouvelle obsession...Tout savoir d'Isabella Swan était une obsession. Quelques jours après son départ, la presse avait appris qu'elle entrait en institut psychiatrique, c'était sans doute ce qui avait engendré cette soudaine curiosité pour sa vie. Plus porté sur le basket que le base-ball, je n'avais aucune idée de qui pouvait être Phil Dwyer, et j'avais appris qu'en plus d'être un des meilleurs joueurs de sa génération, il était un homme influent, une sorte de modèle pour les jeunes, tout comme ces starlettes sur lesquelles les plus jeunes calquaient leurs vies. Et si je pensais que la popularité de Bella était simplement lié au fait qu'elle soit la belle-fille de cet homme, je m'étais totalement trompé...ou plutôt elle m'avait trompé. Si elle s'était imposée dans le monde des médias, ce n'était pas seulement pour le remariage de sa mère, mais pour sa personnalité, sa voix. J'avais découvert ainsi en recherchant plusieurs vidéos sur Youtube, qu'elle possédait avec sa bande de pote de Forks, sa propre chaîne, où elle y postait souvent quelques lip-dubs délirants de titres populaires, de clips qu'elle revisitait avec un humour décapant, auxquels participait sa mère. Leur complicité était flagrante, touchante. Les gens l'aimaient pour son dynamisme, sa perpétuelle joie de vivre, et son investissement dans de grandes causes. La petite fille chérie des USA en clair. Je sortais avec la petite chérie d'Amérique. J'étais déjà le frère d'un des joueurs de football américain les plus en vues du moment, beau-frère de l'un des plus beaux mannequins du monde, et voilà que je sortais avec l'une des nanas les plus en vues. Moi qui avait toujours fuit cette vie beaucoup trop sous lumière à mon goût, j'y m'étais aujourd'hui les deux pieds !

« Allô ? » répondis-je au téléphone qui vibra près du pc

« J'ai besoin que tu rejoignes Phœnix » entendis-je la voix grave de Teddy

Frappé par le ton presque alarmant de sa voix, je refermais brutalement le pc de Jazz.

« Que... »

« Elle n'est pas morte » me coupa t-il. « Le directeur de la clinique tient seulement à s'entretenir au sujet de Bella...Charlie est aussi convoqué, tu penses pouvoir être là en début de matinée »

« Oh...euh » bégayais-je, livide

« Il sait que tu seras là aussi, le psy a besoin de quelques éléments et comme tu as été celui avec qui elle a certainement partagé quelques unes de ses pensées, il a besoin de te voir »

« Je vais tenter de trouver un vol, je t'appelle dès que je suis prêt à embarquer »

Expirant bruyamment, j'appelais un taxi avant de m'empressais de fourrer dans un sac quelques affaires de rechange avant de quitter précipitamment l'appart, sans laisser un mot à Jazz. Je n'avais qu'une seule préoccupation et c'était l'état dans lequel j'allais retrouver Bella après 6 jours de cure.

Elle était partie depuis seulement une semaine, et pourtant le temps ne m'avait jamais semblait aussi long que depuis que je l'avais laissé intégrer cette clinique. L'attente était plus éprouvante que lorsqu'elle avait été incarcéré au centre de détention, probablement parce que cette fois je n'avais aucun moyen de savoir comme elle se sentait au jour le jour. Il était clair que malgré son droit de communiquer avec l'extérieur, il semblait que se couper du monde, était le meilleur moyen pour le moment d'entamer sa thérapie, et se focaliser sur elle même. C'était la seconde fois qu'elle était internée pour un sevrage, mais j'étais certain que ses prises habituelles d'oxyccodone et sa consommation excessive d'alcool devaient terriblement lui manquer. J'avais mal agis avec elle. Conscient de son usage abusif des « bienfaits » de la boisson, depuis notre toute première soirée ensemble, je n'avais jamais osé lui faire remarquer. D'abord trop défoncé pour lui donner des leçons, puis comprenant tout à fait qu'elle puisse en venir à ses poisons d'esprit, je pouvais pas me mettre de lui demander, ou de lui exiger d'arrêter ses excès. Je ne pourrais probablement jamais lui reprocher tout ce qui la met dans des états seconds, qu'il s'agisse de ces abus ou de ses débordements violents, lui trouvant toujours une raison d'agir ainsi. Et c'était quelque chose dont elle avait abusé auprès de moi, et certainement plus auprès de son père. Ses proches et moi avions chacun cédé au moindre de ses caprices, en lui donnant toujours un prétexte à sa conduite marginale, et c'était ce qui avait sûrement renforcé toute cette rage qu'elle cultivait en elle. Effrayé à l'idée de la savoir céder à la facilité face à son supplice mental, j'avais l'infime espoir qu'elle puisse faire face aux paroles de son psy. Je savais à travers mes entretiens avec le docteur Erin, qu'une vraie et bénéfique thérapie était ce qu'il y avait de plus éprouvant à subir. J'espérais que le psy aurait assez de cran pour lui livrer les vérités qu'elle avait besoin d'entendre.

La circulation dense rendit le trajet plus long que prévu mais je pus gagner à temps l'aéroport et réserver une place dans un vol de nuit.

Nerveux, j'appréhendais avec une angoisse monstrueuse cet entretien. Quelque chose clochait, il n'y avait qu'à entendre la voix grave d'Holligan. Qu'est ce qui pourrait y avoir de pire que de la savoir morte ? Je n'en avais aucune idée, mais ça semblait assez grave pour que le directeur tienne à rencontrer son père.

05 août 2012 – 21heures – San Diego - Californie

"Cartes bleus » tendit Teddy une boite en carton vers Bells

Posés dans le salon de notre suite, Teddy était venu nous rendre visite afin d'expliquer la procédure de son internement. Un verre à la main, je les observais, les tripes nouées. Demain matin, elle intégrerait le centre psychiatrique pour une durée qu'elle n'avait pas encore déterminée. La demande provenant d'elle, je crois qu'elle avait besoin de savoir qu'elle avait le contrôle des choses. Elle savait qui elle côtoierait pendant cette période de retrait, et je pense qu'elle avait besoin de se dire qu'elle n'était pas aussi démente, qu'elle était capable de se relever et d'être assez grande pour savoir quand en sortir.

Bella lui rendit toutes ses cartes, sans rechigner. Elle était déterminée.

« Téléphone »

« Pourquoi j'ai l'impression de rentrer en taule » sourit-elle

« Il est préférable que tu n'aies aucun contact avec l'extérieur, pour entièrement te focaliser sur toi...Retires aussi tes bijoux »

« Je ne peux pas garder la chaîne de maman ? »

« Pour des raisons de sécurité, non »

« Bébé » se tourna t-elle vers moi. « Est-ce que tu peux la garder sur toi, je veux pas la perdre »

Je posais mon verre sur le bar, et la rejoignais. Elle se sépara à contre cœur du pendentif de sa mère, et je me penchais vers elle pour qu'elle puisse l'attacher à mon cou. J'embrassais furtivement ses lèvres pour la rassurer et lui promettre qu'elle y restera jusqu'à ce qu'elle revienne.

Elle fourra ensuite dans la petite boîte, les innombrables bracelets qu'elle portait à ses poignets. Cadeaux de ses amis. Instinctivement, mon regard se porta sur les deux grandes cicatrices qui longeait une grande partie de ses poignets.

« Les premiers jours seront entièrement consacrés à ton sevrage...Est ce que tu es prête ? »

« Je sais ce qui m'attends, c'est pas la première fois »

Sa détermination était troublante. J'avais eu beau le nier, Bells avait un sérieux problème avec l'alcool et les médicaments, malgré son jeune âge et pourtant c'était comme ci les premiers jours de son sevrage n'allait pas être si terrible. Essayait-elle de refouler sa peur ou de paraître forte pour ne pas m'effrayer ? Elle n'avait rien dit. Tout au long de la semaine, elle avait évité mes questions dès que j'avais voulu en savoir plus au sujet ses appréhensions vis à vis de son internement. Vivre auprès d'elle, m'avait permis de savoir que ses silences n'étaient jamais bon. Ils cachaient toujours ses plus grandes craintes, ses plus douloureuses pensées. Elle luttait, elle luttait contre la partie d'elle, la plus oppressante, qu'il la dissuadait d'y entrer. Une partie de moi voulait la même chose.

« Tu voudras certainement sortir après quelques jours »

« Je sais...C'est pour ça que j'ai besoin que tu dises quelques mots au directeur, je sais être convaincante quand je le veux et ils pourraient me laisser sortir après seulement quelques jours, je vais être un enfer, alors j'ai besoin qu'ils soient plus fort que moi »

« Bien...Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? »

« Non, j'ai juste besoin de prendre l'air »

« On peut faire un tour sur la plage...Personne ne nous verra » lui proposais-je

« Cool »

« Je vais y aller, je viendrais vous chercher vers 07heures, soyez prêt »

« On le sera » lui assura t-elle

« Monsieur, nous sommes arrivés ! » me réveilla une hôtesse

17 août 2012 – 07heures23 - Phœnix

Il fut plus de 07heures du matin quand je posais pieds en Arizona. Je devais me rendre au centre psychiatrique dans une heure et demie, je décidais de réserver une chambre à l'hôtel le plus proche pour y prendre une douche et essayer de paraître au mieux en forme. Les gueules de bois successives n'arrangeaient rien. Je finis par m'engouffrer dans un taxi, quand il fut 09heures. Anticipant nerveusement mon face à face avec le père de Bells, mes mains tremblèrent fortement contre mon jean. J'avais couché avec sa fille de 17ans, alors que j'étais son professeur, puis l'avait mise enceinte et à cause de ce secret révélé trop tard, elle lui en voulait et avait décidé de l'exclure de sa vie. Trois raisons pour lui de m'en vouloir, trois raisons pour lui de m'enterrer.

J'étais dans la merde...

Devant l'enceinte de l'institut, mon cœur pulsa frénétiquement en apercevant Charlie descendre d'un premier taxi, stationné devant nous. Pour la première fois depuis certainement longtemps, je fis un rapide signe de croix, avant de descendre à mon tour. Comme je l'avais imaginé, Charlie me jeta un long regard, noir, haineux. Atrocement mal à l'aise, je grattais une longue minute ma nuque, subitement captivé par mes converses.

« Monsieur Swan »

Je relevais la tête, soulagé de voir Teddy venir à la rencontre de Charlie, pour échanger une poignée de main. Je ne fis que quelques pas, pour le saluer, gardant tout de même une distance de sécurité entre Charlie et moi. Une distance qui me permettrait d'anticiper le moindre de ses gestes et courir...aussi vite que possible. Préférant rester en retrait, je suivais les deux hommes. Teddy annonça notre présence, et nous fûmes obliger de passer sous un portique magnétique avant d'être amener jusqu'au bureau du docteur Alkyle, psychiatre en chef du centre, et médecin en charge du dossier de Bella. Teddy et Charlie prirent place sur les sièges en face du bureau d'Alkyle, je me contentais de rester debout, adossé au mur près de la fenêtre qui donnait sur le parc, bien trop stressé pour rester assis.

« Je vous remercie d'être venu aussi tôt, j'aurais du m'entretenir avec chacun d'entre vous, séparément, malheureusement le temps me manque »

« Est-ce qu'elle est...ici ? » ne pus-je m'empêcher de demander au médecin. « Je veux dire, est-ce qu'elle compte nous rejoindre plus tard ? »

« La première semaine de cure a été très éprouvante pour Isabella...Elle est très fragilisée, j'ai pensé qu'il serait préférable de la laisser en retrait »

Ne pas entrer dans les détails aussi, il ne préférait pas !

« M'entretenir avec vous, pour discuter des antécédents d'Isabella n'est pas le seul but de cette rencontre...Mademoiselle Swan étant sous la tutelle de la justice, j'ai fait part de ma décision à l'un de vos supérieur monsieur Holligan, le juge Hatcher, d'interner pour une durée indéterminée Isabella, et lui enlever le droit de mettre fin à son internement quand elle le souhaitera »

Vers Teddy, il glissa un document que survola rapidement le tuteur de Bells des yeux, avant d'apposer sa signature.

Durée indéterminée ?

« Avant d'entamer la psychothérapie d'Isabella, j'aimerais comme je vous l'ai dit, discuter avec vous des évènements qui ont précédé son internement...J'ai pu lire dans son dossier ses nombreuses prises en charges médicales pour plusieurs tentatives de suicides, ainsi que les accidents violents dans lesquels elle s'est retrouvé coupable, de nombreuses confrontations avec la justice, qui l'ont amené aussi à porter un bracelet électronique, puis se retrouver sous votre tutelle monsieur Holligan et six mois de détention »

« Elle a vu ses parents mourir de la pire des manières, ne vous étonnez pas qu'il y ait autant de dégâts » dis-je acerbe, irrité par cette façon qu'il avait de faire le procès de Bells

« Je ne juge pas l'état de votre petite amie monsieur Masen, j'essaie seulement de comprendre »

« Sa mère a été violé puis torturé sous ses yeux, vous ne pensez pas qu'il est tout à fait légitime, qu'elle ait pu vouloir mourir, ou déverser sa colère sur les gens qui ont pu la contrarier ! » m'exclamais-je

« Si tu continus de lui trouver une raison à chaque fois qu'elle agit contre elle ou les autres, elle ne s'en sortira jamais » dit sévèrement cet enfoiré Teddy

« Elle s'en sortait très bien, avant qu'une pute ne lui dise qu'elle était folle ! »

« J'y crois pas, c'est vraiment ce que tu penses ? » se retourna t-il pour me regarder

« Messieurs, s'il vous plaît...Nous sommes ici pour tenter de guérir Isabella, défendre ses agissements monsieur Masen ne l'aidera pas, votre regard sur votre petite amie n'est... »

« Pouvez-vous éviter de dire les mots « petite amie » devant moi, cet homme a abusé de ma fille alors qu'il était son professeur ! » nous surpris Charlie, d'une voix grave

J'aurais pu crever d'une balle de son arme de service, si nous n'étions pas hors de l'état de Washington !

Étonné de savoir que le père et le petit ami entretenait des relations houleuses, le psy s'arrêta un instant, avant de reprendre.

« Monsieur Masen...le regard que vous portez sur Isabella n'est pas objectif, vous compatissez simplement parce que vous savez de quoi elle parle, lorsqu'elle évoque les souffrances que lui a infligé Jesse McDonald...Je...Je suis certain que malgré toutes les bonnes raisons que vous lui donnez, vous savez qu'elle ne va pas bien et que cela pourrait lui être fatal si elle continue à agir de cette manière ».

Il s'arrêta, son regard encré au mien. Je le savais tout ça. Nous n'agissions pas contre elle...elle était si fragile, si...cassée. J'étais juste terrifié, trop anxieux de savoir qu'elle ne luttera pas. Peu importe l'amour qu'elle me portait, je ne serais jamais celui qui pourrait la guérir. Alors que peut être la laisser boire avec excès quelques soirées étaient le mieux pour que je la garde près de moi. Elle était si affaiblie sans ses addictions, qu'elle pourrait facilement en finir.

« Monsieur Swan pourriez vous me relater les faits qui ont suivi la tragédie à laquelle a du faire face votre fille ? Cela me permettrait ainsi de me rendre compte de la chronologie de ses troubles »

Dos à lui, je perçus quand même tout le poids que Charlie portait. Peu importe ce qu'elle lui faisait endurer, elle restait son bébé...son bébé qui avait vu ce qui reste encore aujourd'hui inexpliqué.

Sûrement assailli par les souvenirs, il se releva. Debout, dos à moi, je le regardais faire quelques pas hésitants vers la porte, puis revenir.

« Je...Quand... » fut-il incapable de trouver ses mots.

Sa douleur n'avait jamais été aussi palpable qu'aujourd'hui.

« Je ne suis arrivé que le lendemain, elle avait été hospitalisé pour un profond état de choc...Je...Je n'avais jamais vu autant de policiers, j'ai supposé que c'était à cause de monsieur Dwyer et de sa vie médiatique » dit-il difficilement, visiblement toujours atteint par son divorce. « Elle était allongée sur le lit, absente...éteinte...Ils étaient mort depuis 24heures, et elle n'avait pas dit un mot...Le...Le FBI était là, j'ai supposé encore une fois que la popularité de cet homme, avait amené ces agents à intervenir...mais ce n'était pas ça...Le mode opératoire correspondait aux meurtres de deux familles en Louisiane et Los Angeles...Ils m'ont demandé de la convaincre de parler, le temps pressait et ils leur fallait un portrait robot, un témoignage...Elle était comme...inerte...elle refusait d'avaler quelques choses, pas même de l'eau, alors ils ont du la nourrir par intraveineuse...elle n'a pas bougé une seule fois...Je n'oublierais jamais le vide qui régnait dans son regard, elle ne m'a jamais paru aussi petite, si fragile...Elle...Bella a toujours su m'étonner, quand elle a été assez vieille pour décider de ses séjours chez moi, j'ai eu peur de la perdre, elle avait 12ans, Renée venait de se marier avec ce joueur de base-ball, qui lui offrait certainement tout ce dont rêve une adolescente...Je m'attendais à ce qu'elle me rejette...Je l'ai attendu à l'aéroport sans grande conviction de l'apercevoir, pourtant...Elle n'a jamais manqué un seul de nos rendez-vous, de mes anniversaires, de nos Noël...Elle avait conscience que je n'avais pas choisi ce divorce, alors elle tenait à être le plus présente dans ma vie...Elle était toujours si...énergique, pleine de vie, mon rayon de soleil »

Nostalgique d'une vie dont il ne restait que des cendres, l'esquisse d'un sourire se dessina sur ses lèvres, qui s'effaça aussi vite, comme percuté par l'idée que sa fille ne sera jamais plus qu'une âme déchue, dont les sourires seront toujours feintés par la drogue ou l'alcool. Atteint par l'image d'une Bella insouciante, innocente, la jalousie m'envahit, la colère. Je voulais l'ancienne Bells, je voulais aussi côtoyer, connaître ce rayon de soleil, avoir moi aussi la meilleure partie d'elle.

« L'agent Calihan et moi étions dans sa chambre depuis une semaine » reprit-il. « Elle a regardé cet infirmier qui est entré pour vérifier sa sonde...et...et elle a levé une main vers son visage...Il était si beau, si jeune fut les premiers mots qu'elle prononça...L'agent a fait appelé un dessinateur, pour qu'il puisse retranscrire sa description...Après ça, elle n'a plus rien dit...Pendant 4mois...Quand le médecin l'a autorisé à sortir, elle m'a demandé silencieusement de l'amener jusqu'à la villa, je ne voulais pas, mais elle a insisté...Mon bébé tirait sur ma manche, sans aucune émotion sur le visage...Je l'y ai amené...Je...Je n'avais jamais rien vu d'aussi monstrueux...Le sang...les murs étaient...Elle s'est assise sur la chaise, la même chaise sur laquelle l'avait attaché cet enfoiré...J'ai trouvé ça malsain, mais elle ne voulait plus s'en aller...4jours...Un matin, elle s'est levée et a posé toutes les valises qu'elle avait pu trouvé et y a mis toutes les affaires, elle...elle n'y a laissé que les meubles, elle avait tout emporté...Quand le médecin légiste a terminé les deux autopsies, les corps...Je...Elle s'est cramponnée à ces deux urnes...Elle n'avait que 16ans...16 petites années. ! » fut-il brusquement furieux par l'image de sa fille trop jeune pour vivre l'épreuve du deuil. « Les infos tournaient en boucle, et quand nous sommes arrivés...toute la ville était au courant, horrifiée...Angela, sa meilleure amie, mais aussi tout les garçons de la Push avec qui elle avait grandi, nous attendait sur le porche...Angie est certainement celle qui fut le plus touchée...Elle et mon bout de chou étaient comme sœurs, l'ombre de l'autre...Angela vivait aussi entre Forks, Los Angeles, Phœnix, ou Miami, tout dépendait d'où se trouvait Bells...Une fois dans sa chambre, elle y est restée 3 semaines, sans se nourrir...Sue, une infirmière et amie, a fait venir le...le docteur Cullen pour lui demander son avis, qui a pensé que l'intraveineuse était encore l'unique solution pour qu'elle ne dépérisse pas »

Mon père ! Carlisle l'avait vu dans cette même léthargie qu'il avait du supporté chez moi lorsque j'avais perdu Sarah et notre fils...et malgré tout, il avait agi comme le pire des connards en l'insultant comme une vulgaire déséquilibrée.

Essoufflé, il resta une longue minute figé, passant plusieurs fois ses mains sur son visage qui fut coloré par le désordre qu'il le torturait. Notre présence l'empêcha certainement de craquer. Sa force était saisissante. Peu importe les liens qu'il avait perdu avec son ex-femme, sa mort l'avait aussi anéanti que sa fille, pourtant il arrivait toujours à faire bonne figure. Se lever, travailler, se battre pour sa fille. Il avait tout perdu et n'osait malgré tout jamais s'en plaindre. Faillir ne serait-ce que quelques secondes.

« Il a fallu 2 semaines...2semaines avant qu'elle ne vive sa première terreur nocturne...C'était...J'ai du cesser les gardes de nuit pour être auprès d'elle...Je dormais peu depuis le décès de sa mère, alors j'attendais qu'elle s'endorme et j'entrais doucement dans sa chambre chaque nuit pour veiller sur elle...La première a été insoutenable...Elle...il m'était impossible de les contrôler, elle était...comme si elle revivait chaque nuit le meurtre de sa mère »

« Vous a t-elle déjà parler de ce qui s'est passé cette nuit là ? »

« Non, pas une seule fois »

« Messieurs ? » nous interrogea le psy

« Non plus » répondîmes Teddy et moi

« Un jour, son lycée m'a appelé, c'était en mars...Elle...elle venait de saccager une classe de cours, jusqu'à briser les fenêtres avec sa chaise alors que ses camarades étaient en plein contrôle...Vous auriez vu l'état de cette classe, c'était...je l'ai ramené à la maison...et c'est pour la première fois qu'elle avait osé lever la main sur moi, j'ai voulu calmer ses pleurs, elle m'a désarmé pour pointer mon arme de service sur moi...Je...Je n'avais jamais vu autant de haine dans les yeux de ma fille...C'est ce jour là que j'ai surpris ses pupilles dilatés...Quelques semaines après son retour en classe, elle a commencé à porter constamment ses lunettes de soleil, j'ai pensé que c'était pour masquer ses cernes...Cette fois, elle ne les avait pas...Vous auriez vu ce regard, ses yeux étaient si abîmés...C'était...Sa perte de poids impressionnante, son manque d'appétit, la disparition petit à petit de ses terreurs nocturnes, ce n'était plus sa dépression, c'était aussi son addiction...J'ai essayé de lui parler de la désintox, d'un psy...Elle a chargé mon arme et a tiré tout près de moi, jurant qu'elle n'y entrerait jamais...J'ai...Ce fut moi, puis ses camarades qui furent victime chaque jour de ses crises de nerfs »

« Pouvez-vous me les décrire ? »

« Un rien l'énervait...Plus jeune, je lui avais appris à se battre contre n'importe qui...Deux des élèves de son lycée ont dû être transporté à l'hôpital pour des blessures au visage, des fractures...En juin, elle a finit par se faire arrêter, complètement stone, et ivre au volant de sa voiture...C'était...C'était mon bébé, mon bébé qui n'avait que 16ans...Le juge a pris la décision de la faire admettre en cure de désintoxication, et elle ne m'a pas donné un seul coup de téléphone...C'est le directeur qui m'informait chaque semaine de l'évolution de son état...Il a tenté d'associer la cure à une thérapie, mais elle a refusé de prononcer un mot pendant tout le temps de son internement...Quand elle en est sortie, elle était pourtant différente, j'ai cru à sa guérison, elle semblait aller mieux, réellement mieux...C'était totalement stupide de croire qu'une cure pouvait la changer » pouffa t-il à bout de nerfs. « Quelques jours seulement après sa sortie, la police de Seattle m'a appelé pour me prévenir que ma fille dormirait cette nuit en cellule, et confronterait le juge pour mineur une seconde fois pour coups et blessures aggravés...Elle...Vous ne savez pas le nombre de personnes que j'ai du dissuader de porter plainte contre elle...Je n'oublierais jamais ce sourire sur son visage...Elle y trouvait du plaisir...Elle ne faisait plus ça pour déverser sa colère, mais pour la jouissance qu'elle ressentait en battant ceux qui avaient le malheur de la croiser...Un bracelet électronique et un dépistage toxicologique pendant 5mois...Le juge a eu pitié »

« Elle en a eu assez au bout du deuxième mois » finis-je par prendre timidement la parole. « Elle résistait du mieux qu'elle pouvait pour ne pas replonger...A l'époque, où nous nous sommes rencontrés, je consommais aussi de la coke, pour gérer...gérer le deuil de ma femme et de mon fils...Ses contrôles l'empêchaient de toucher à ma consommation personnelle, elle craignait de devoir aller en taule » révélais-je difficilement, mal à l'aise devant Charlie, debout à quelques mètres

« Comment gérer t-elle la poursuite de son sevrage ? »

« Vous connaissez ce concept du binger drinking ? »

« Boire jusqu'à en mourir ? »

« Chaque week-end, elle rassemblait sur une table, les alcools les plus forts, elle disait que le feu qui jaillissait en elle lorsqu'elle buvait, brûlait tout ce qui lui faisait mal...Elle...Elle n'avait aucune limite, la seule chose qui lui évitait le coma était nos faibles réserves »

Ma journée de cours terminée, je refermais ma sacoche avant de quitter ma salle de cours. Malgré mes 18heures de cours par semaine, rien n'était jamais aussi éprouvant que de faire semblant que tout aller bien à l'extérieur de cette enceinte. Éviter la salle où se réunissait mes collègues pour déjeuner était déjà le meilleur moyen de fuir leurs questions. Je n'étais là que depuis quelques semaines, et toute la ville se posait des questions à mon sujet aux dires de Bella. Quitter L.A pour ce trou perdu semblait pour le moins très intriguant. Ils soupçonnaient tous la fuite, mais la raison leur restait encore flou. Passant rapidement par la salle des professeurs, je quittais le bâtiment pour rejoindre le parking où se trouvait le vélo que j'avais trouvé dans le garage de la villa. Inutile de préciser que rentrer avec Bella était plus agréable.

Gagnant l'extérieur du lycée, j'aperçus Bells assise contre le mur de brique, d'un des passages extérieurs qui nous permettait d'intégrer l'intérieur de l'école. Seule, elle fumait une cigarette, le regard projeté vers la forêt. Est ce que s'était tordu de penser qu'elle n'était jamais plus belle, que dans ces moments de solitude ? Vêtue d'un large pull qui lui arrivait à dix centimètres au dessus des genoux, ses longs cheveux trempés par la pluie qui était tombée quelques minutes plutôt, la rendait terriblement sexy, indécente. La souffrance n'avait jamais eu un visage aussi beau que le sien. Pour la énième fois, l'envie de l'embrasser m'envahit férocement. Elle réveillait mes instincts les plus sauvages. C'était le besoin de l'embrasser, puis de glisser une main entre ses jambes, sous son pull et la voir souffler chaudement mon nom pendant que je la doigtais frénétiquement. J'étais qu'un putain de pervers en sa présence. Je chassais d'un mouvement tête mes fantasmes, avant de la rejoindre. Pas sûr d'être vus, je m'approchais tout de même, et aller m'asseoir près d'elle sur le sol protégé par l'abri construit au dessus de nous.

« Tu ne devrais pas être en cours ? » piquais-je sa cigarette des mains

« J'ai besoin d'une pause »

« Est ce qu'il n'y a pas un moyen pour que tu écourtes ta journée ? » conscient de son profond mal être qui semblait plus intense aujourd'hui

« Je présente un exposé en littérature »

« On pourrait se voir ce soir ? »

« Je préfère être seule pour cette nuit, Charlie n'est pas là et j'ai besoin »

« D'être seule » finis-je pour elle

« Ouais »

Le visage fermé, elle jeta son mégot devant elle, avant de se relever. La souffrance n'avait jamais eu un visage aussi enfantin. Elle n'avait que 17 putains d'années. Elle jeta son sac sur son dos, prête à partir alors que je lui retins le bras.

« Je sais pas ce que tu veux te prouver en restant seule chez toi, alors que j'insiste pour que tu dormes chez moi...mais t'es pas obligé Bells, personne te demande d'être forte »

« Tu peux pas comprendre Masen »

« Expliques moi alors »

Elle se dégagea de ma poigne et je la regardais rejoindre doucement son prochain cours. Sa tristesse toujours cachée sous sa rage volcanique, il était si perturbant de la voir si silencieuse. Sarah, Anthony et la coke accaparaient toute mon énergie, pour que je me préoccupe d'un autre, pourtant la voir elle, si petite, jeune et amochée me pousser à vouloir la protéger, lui procurer quelque chose qui pourrait rendre son existence plus douce...malgré mon impuissance. Je ne savais toujours pas ce qui l'avait rendu si éteinte parfois ou enragée à d'autres moments, et j'avais la nette impression que ce n'était pas seulement elle qui me cachait ce qui la tuait, mais toute la ville. Tous la cocoonaient. J'avais vu des lycées virer leurs élèves pour moins que ce qu'elle faisait endurer à ses camarades, des gardes à vues menaient directement à la prison, pour des conduites moins dangereuses que les siennes. Ce n'était pas si étrange que ça, Bella était la fille du chef de police du comté, pourtant quelque chose m'intriguait.

Quelques heures plus tard, interrompus par un bruit fracassant, Lili et moi qui discutions dans la cuisine, nous précipitions à l'entrée, pour voir Jasper retenir difficilement contre lui une Bella totalement saoule, pieds nus et en tenue plutôt légère.

« Tu veux pas venir m'aider » m'appela Jazz

Je me précipitais vers lui, et rattrapais Bells, qui manqua de peu de s'écraser au sol. La connaissant, elle avait du ingurgiter plusieurs bouteilles d'alcool. Elle n'avait aucune limite. Complètement ivre, sa souffrance fut d'autant plus poignante, alors que son regard se fit absent.

« Bébé, dis moi ce qui s'est passé ? »

« Elle se baladait dans la rue, avec ça » me tendit Jasper, l'arme que gardait Bella sous son oreiller

« Ma puce, regardes moi » pris-je son visage en coupe

Elle obéit et releva les yeux. Embué, son regard me déchira les tripes.

« J'y arrives pas...Pourquoi j'arrive pas à me poser ce truc sur la tempe ? »

Sa douleur ne fut jamais aussi criarde que ce soir. Près de moi, je sentis Lili et Jasper déglutir bruyamment sous le choc. Elle ne paraissait jamais fragile devant eux, feignant toujours la bonne humeur et la folie.

Je fourrais l'arme dans la poche arrière de mon jean avant de glisser un bras sous ses jambes pour la porter jusqu'à ma chambre. Dans mes bras, elle ne dit rien, ne pleura pas...comme si les larmes n'arriveraient jamais à exprimer assez le chaos qui la dévastait. Derrière moi, je refermais la porte puis la ramener sous la douche où je nous posais sous un jet d'eau tiède. Calée contre moi, elle releva les yeux alors que je dégageais son visage de ses cheveux.

« T'es trop belle Swan pour qu'une balle défigure ce visage »

Enlacés, nous restions une dizaine de minutes sous la douche avant qu'un courant d'air m'oblige à sortir. Installée sur la commode, je séchais mon ange qui me regarder faire. L'odeur d'alcool atténuée, je la portais jusqu'au lit, me déshabillais et la rejoignais avant de la ramener contre moi. Les yeux rivés sur le plafond, je l'observais se perdre dans ses pensées. Peu importe ce que j'endurais, aspirer tout ce qui lui faisait du mal était tout ce que je voulais à cet instant. J'étais certain que ma douleur ne faisait pas assez le poids face à la sienne. Si je ne tenais pas assez à elle, j'aurais pu prendre ce Berreta pour lui offrir ce qu'elle cherchait tant à provoquer depuis le décès de ses parents.

Elle ferma les yeux, une dizaine de minutes après.

Intrigué par son absence au milieu de la nuit, je l'avais cherché partout avant de la retrouver dans le salon. Posée à terre devant la chaîne musicale, elle était de nouveau ivre.

« Comment la trouviez-vous lorsque vous étiez son professeur ? »

« Étonnamment, elle participait à chacun des débats que nous avions, elle rendait ses devoirs à temps...Il arrivait certains matins qu'elle soit refermée sur elle même, absente...Je savais alors que le réveil avait été plus dur que les autres »

« L'alcool était-ce sa seule façon de décharger ses angoisses ? »

« Elle avait un besoin constant de mettre sa vie en danger et son passe temps favori était sa voiture ou plutôt la manière dont elle conduisait »

A l'extérieur, j'attendais à l'entrée du bus ceux qui avaient terminé de s'habiller. Comme d'habitude, Bella fut la première à quitter les vestiaires de la piscine municipale. Son casque audio sur les oreilles, elle jeta un coup d'œil derrière elle avant de me piquer ma cigarette et de tirer dessus deux fois avant de me la rendre et de monter dans le bus. Installée devant, je la rejoignais.

« La villa est vide jusqu'à demain après-midi, on pourrait passer la soirée et la nuit ensemble » lui proposais-je

« Je peux pas » dit-elle sans quitter des yeux son téléphone, sur lequel elle pianotait

« Pourquoi ? »

« Déjà prise »

« Par qui ? » m'étonnais-je, curieux de savoir qui pouvait être si important pour qu'elle refuse

« Des amis qui viennent en ville, on se verra deux ou trois heures, mais je suis pas sûre de pouvoir rentrer chez moi après »

« Qu'est ce que tu racontes ? »

« Une fois par mois, deux gars débarquent de Seattle pour voir leur grand-mère, un jour j'ai osé les affronter sur une course de voiture improvisée, et depuis on le fait à chaque fois qu'ils sont ici...sauf que ce soir j'ai ce boulet au pieds alors je pourrais peut être pas dépasser la frontière »

« Mais tu vas quand même le faire, et te retrouver en taule pour la nuit » devinais-je

« C'est ça »

« Je veux en être »

« Non ! » finit-elle par quitter son écran des yeux, surprise que je veuille la suivre

« Pourquoi ? »

« Parce que je fais pas du 50 à l'heure, je vais volontairement provoquer toutes les interdictions, feux, priorité, virage et limitations de vitesse, je veux pas être responsable de ta mort »

« Et si je suis d'accord, sérieux on est tous les deux gagnants si on se retrouve sur le pare-brise »

« C'est non Masen ! »

« S'il te plaît, j'ai besoin d'une bonne dose d'adrénaline »

« Ta coke est là pour ça »

« S'il te plaît »

« Qu'est ce que tu feras si les flics arrivent à nous arrêter ? Tu te feras virer !»

« Et alors, sérieux Bells toi et moi, on sait que rien pourra plus nous enfoncer plus bas »

Mon regard ancré au sien, je rapprochais mon visage pour caresser son nez du mien, alors que je la suppliais doucement de me laisser l'accompagner.

« Je déteste quand tu fais ça »

Je connaissais ses faiblesses !

« Et moi j'aime en abuser » souris-je à quelques centimètres de ses lèvres

« Comptes pas sur moi pour t'apporter une corbeille de fruits quand tu seras en taule »

J'embrassais son front et de me relever quand les autres arrivèrent.

Une heure plus tard, nous étions sur la falaise de la Push à l'abri des regards. Une volvo finit par se garer près de sa mini. Je l'imitais alors qu'elle quittait la voiture, pour saluer bien trop affectueusement deux hommes, qui semblaient bien plus proche de ma tranche d'âge que de la sienne.

« Mini moyz, putain ça fait longtemps ! » l'embrassa le plus grand des deux

« Deux mois de cure et 5mois de bracelet électronique » mit-elle en évidence son boulet

« Merde ! »

« Comme tu dis »

« C'est qui ton pote ? »

« Edward...Masen voilà Kylian et Dean, les meilleurs conducteurs après moi »

Je m'approchais pour les saluer d'une poignée de main virile.

« T'es nouveau en ville ? » demanda Dean

« Ouais »

« Qu'est ce qui t'amène dans ce trou à rat ? »

« Fais pas la causette Dean, on a pas le temps » me sauva Bells d'une explication maladroite

« Pressée Swan ? »

« A mort...vous avez combien sur vous ? »

« 500$ »

Elle fouilla dans sa poche, et j'étouffais presque quand je déglutis, alors qu'elle sortit 700$ .

« Mon homme joue aussi, si je gagne je n'aurais que 250 »

« T'es pleine aux as, ça suffit pas ce que t'as »

« Ta gueule Kylian, et rajoutes 200$ ! »

« On va jusqu'à 1000$ » monta la mise Dean

« C'est mon bracelet qui te rend si confiant ? »

« Tu nous as taxé 500$ la dernière fois, je tiens à prendre ma revanche en gagnant le plus possible »

« Je me balade pas avec 1000$ »

J'arquais un sourcil, amusé par sa dernière répartie. Elle venait de sortir 700$ qui équivalait à plus de 50% de mon salaire, sans se préoccuper de l'objet de sa débourse, mais rajouter 300$ représenté subitement une grosse dépense pour mademoiselle.

« C'est rien 700$ »

Je pouffais de rire, avant de retirer 200$ de ma poche, qui m'aurait servi à me rendre chez James, mon dealer.

« 900$ les gars, pour trois tours, pour le dernier on ira jusqu'à la pompe à essence à 500m de Forks »

« Ok, mais le dernier tour sera décisif »

« Partante ! » s'enthousiasma t-elle

« Cool »

Nous cognions nos poings pour sceller notre pari, avant de remonter dans nos voitures. Sur la grande route à sens unique qui traversait la réserve indienne, nous faisions face.

« Attaches ta ceinture » me recommanda t-elle

« Qui donne le départ ? » demandais-je en obéissant

Faisant hurler son moteur, elle attendit qu'une voiture passe avant de démarrer en trombe prenant l'avantage sur les gars.

« C'est ça »

Elle fusait déjà à plus de 180, dépassant les autres voitures, suivis de près par Kylian qui finit par nous dépasser. Animée par une rage débordante de faire monter plus haut l'aiguille du kilométrages, je me retins à mon siège, animé par une putain dose d'adrénalisne, alors qu'elle abordait un virage.

« Putain Swan, t'es excitante ! »

Elle souria, fière de son effet.

« Me déconcentres pas Masen »

Me détachant d'elle, mon cœur se souleva à la vue du poids lourd qui nous faisait face. Le klaxon du chauffeur ne la dissuada pas de se rabattre sur la ligne de droite. Et au contraire, elle le provoqua, cherchant visiblement la collision. C'était terrifiant...excitant !

A 200mètres du fourgon, je me surpris à craindre la mort. Celle ci allait être si douloureuse. Peur de paraître effrayé, je contenais tous cris qui lui exigerait de se rabattre sur cette putain de ligne. Son adrénaline visiblement au summum, elle ria...avant de dévier subitement, rapidement sur une route boueuse qui traversait la forêt.

« Jave va me tuer » dit-elle, un sourire toujours scotché aux lèvres

Elle débraya pour traverser la forêt, et atténuer les dégâts sur sa mini. Son raccourci efficace, nous nous retrouvions à plusieurs kilomètres de notre concurrent, nous menant ainsi directement vers la victoire pour notre premier tour de piste. De retour sur la falaise, j'en avais le souffle haché. C'était...Même l'ecsta n'avait pas réussi à rendre mes palpitations cardiaques aussi déchaînées.

« T'as réussi à retenir le trajet ? » se tourna t-elle vers moi

« Ouais et j'ai hâte »

Je détachais ma ceinture et sans quitter la voiture, Bella et moi échangions nos places. Elle ouvra sa vitre quand Kylian finit par arriver.

« T'as pas encore gagner Swan »

« Fais pas la tête bébé, je suis sûre que grand-mère est fière que son petit fils soit aussi prudent sur la route ! »

Je riais alors qu'il lui adressait un doigt d'honneur. Elle referma sa vitre, quand notre seconde tour aller commencer.

« Dès qu'une voiture passe devant nous, tu peux y aller »

« J'ai compris »

Dans la minute suivante, j'étais déjà sur la route. Maniant la boite à vitesse avec agilité, je vis du coin de l'œil mon élève surprise par mon aisance. J'étais littéralement en train de réaliser un rêve de gosse. Je n'avais jamais eu l'air plus en vie qu'à ce moment là. Elle se retourna vers le carrefour que nous allions aborder, alors que j'étais à 190. Un break familiale arrivant sur notre gauche, je vis ses doigts accrochaient le cuir de son siège.

« Masen freine, on va se manger une bagnole ! » cria t-elle

Ne l'écoutant pas, je ne donnais qu'au dernier moment un coup de frein pour tourner à gauche, laissant une grosse trace sur le bitume derrière nous. Sans me retourner vers elle, j'arborais un sourire espiègle et fier. La seconde victoire fut une fois de plus pour nous.

« Je crois que je viens d'avoir un orgasme rien qu'en te regardant conduire » fit-elle plaquée contre le dossier de son siège, haletante

Détachant ma ceinture, j'approchais pour me pencher sur ses lèvres. Ma main posée sur sa cuisse, je la caressais doucement, provoquant instinctivement ses rougeurs.

« J'arriverais un jour à me détacher de tout ça, et ce jour là t'es pas prête de remarcher droit Swan, je te baiserais jusqu'à que tu ne puisses prononcer que mon nom »

« J'ai pas intérêt à nous tuer sur la prochaine course alors » marmonna t-elle difficilement contre mes lèvres

« C'est comme tu veux »

Le dernier tour exécuté et remporté par notre duo, une voiture de police, sans doute celle de son chien de garde, nous avait poursuivi pendant plus d'un kilomètre alors que Bells cherchait un moyen de me dégager de la voiture, pour éviter que je n'ai d'ennuis. Sur la route boueuse de la forêt, elle m'avait hurlé de sortir, ce que j'avais fait avec empressement. Caché, je l'avais aperçu se faire brutalement menotté par un jeune policier, un autre s'assurait de suivre la voiture blindée avec la mini de Bella. Le lendemain, je l'avais retrouvé en cours, somnolente.

« Passiez vous beaucoup de temps avec elle ? »

« Chaque fois que nous le pouvions...Elle gérait mes descentes...mais nous évitions toujours brillamment ce qui avait causé la mort de nos familles, ce qui était plutôt étrange »

« Pourquoi ? »

« Je savais pas vraiment, nous n'étions certainement pas prêt à révéler la cause de notre cauchemar...Nous parlions seulement des années qui précédaient les meurtres, des souvenirs...Dès que sa douleur devenait insoutenable, elle se renfermait instinctivement, comme si les souvenirs l'engloutissaient, comme si elle s'éteignait...N'importe quoi pouvait provoquer son silence, qui contrairement à ce que les autres pensaient, étaient les seuls moments où elle souffrait atrocement, et non pas dans ses crises de nerfs...Je suis pas aveugle vous savez, j'ai bien vu que sa consommation d'alcool devenait de plus en plus excessive, probablement pour compenser le manque sévère de coke, mais le lui reprocher était certainement un risque de la voir péter un plomb, et je n'avais pas le droit de prendre un ton moralisateur, parce que je savais ce qui la torturais, je comprenais qu'elle veuille à ce point oublier, même quelques minutes...La nuit qui a précédé sa fuite, elle avait extrêmement mal dormi...Elle gérait mes descentes, je gérais ses cauchemars, quand j'étais assez lucide...Cette nuit là, nous n'avions pas pu nous voir, et les cris de sa mère l'ont empêché de fermer l'œil, l'un de ses amis et elle ont eu un échange plutôt brutal, et elle a fini par craquer, j'ai voulu la retenir mais elle n'a rien voulu entendre...Je n'ai su que plus tard, qu'elle avait été incarcéré en détention, pour la violation de sa conditionnelle, et sa culpabilité dans un grave accident de la route »

« Elle a été mise sous la tutelle de la justice en janvier dernier » intervint Teddy

« Son dossier ne contient pas le rapport de sa détention »

« L'incarcération a été compliqué, elle a riposté à chacun des ordres de ses instructeurs...Bella n'accepte aucune forme d'autorité, ajouté à ça ses problèmes personnels...Je ne la voyais qu'une fois par semaine, et c'était difficile de voir qu'elle ne s'en sortait pas »

« Faites vous référence aux multiples cicatrices qu'affichent son corps ? »

« Elle se grattait les bras jusqu'à saigner...Elle disait qu'en allant jusqu'à la chair, elle arrivait peut être à voir le poison qui coule dans ses veines et réussir à s'en vider...J'étais à la direction, lorsqu'elle s'est poignardée...J'ai cru que je l'avais perdu...Elle a fait un arrêt au bloc, mais son cœur est reparti, ce qui est surprenant pour quelqu'un d'aussi blessé »

« Pensez...Pensez-vous comme cette psychiatre du Swedish Hospital que l'état de ma fille évolue vers...vers la psychose ? » demanda Charlie, partagé entre la résignation et l'espoir

« Aucunement monsieur Swan, j'évite pour autant de donner un diagnostic hâtive...mais votre fille semble présenter une personnalité borderline, qui relève plutôt des états limites »

« État limite ? » relevais-je

« Les états limites encadrent les pathologies qui sont à la frontière de la névrose et de la psychose...La personnalité borderline se traduit par une insécurité interne constante et des comportements de mise à l'épreuve incessantes de son entourage, ses multiples passages à l'acte sont pour elle une manière de décharger ses angoisses et d'attirer perpétuellement votre attention...l'abus de substances tels que les alcool et stupéfiants ont été jusqu'ici un garde-fou de ses pensées, quand à l'échec de ses sevrages, il n'était pas simplement du à un manque de volonté comme vous auriez pu le penser, mais la seule solution pour elle d'échapper à ses idées...Le délire est plus rare chez les patients atteints de ces troubles, mais il peut être présent chez certains sujets »

« Est ce qu'elle peut en guérir ? » le questionna Charlie, inquiet face à ce diagnostic plus que condamnant

« La perte de sa mère l'a profondément atteinte, je ne vous cache pas qu'il sera long avant de voir une amélioration dans son état, ses mécanismes de défense sont profondément encrés en elle...mais Isabella a besoin plus que jamais de comprendre ce qu'il se passe en elle, elle perd le contrôle des choses et c'est sans doute l'une des choses qui la rend si en colère »

Fatigué par notre entretien, je quittais les trois hommes. Sa guérison était incertaine, et sa sortie pas prévue avant plusieurs mois. Son supplice n'avait pas de limite malgré tout les espoirs qu'on avait mis dans cette thérapie.

« Elle a peur pour vous »

« Pardon » me tournais-je vers un infirmier qui m'interpella dans le couloir que je traversais pour rejoindre l'extérieur

« Bella a peur de vous perdre »

« Vous pensez que je peux la voir ? » m'empressais-je de lui demander

« Elle est très fragile » hésita t-il

« Je veux seulement la voir, je ne l'approcherais pas »

Il céda, et me permis de le suivre jusqu'à la salle commune où avait lieu le déjeuner. Assise sur un fauteuil roulant, mon cœur se serra...durement, quand j'aperçus son visage ravagé par les premiers jours de cure, de manque. Perfusée, j'eus le cœur au bord des lèvres à la vue des nombreux kilos qu'elle avait perdu. Un teint au naturel diaphane, j'eus du mal à garder l'œil sur le réseaux de veines qui transparaissait sous sa peau. Elle n'était plus rien de la fille que j'avais connu, quitté.

« Elle te plaît, n'est ce pas ? » me demanda Lili, alors que nous dînions tous les deux dans la cuisine. « Tu ne devrais pas avoir peur »

« Je n'ai pas peur »

« Alors elle te plaît ? »

« Pourquoi tu tiens absolument à ce que je te le dise ? »

« Parce que je suis sûre que ne plus le nier au fond de toi, t'aideras à t'en sortir, à vouloir t'en sortir...Alors ? » insista t-elle

« Elle est différente »

« Différente comment ?

Il me fallut une longue minute, avant savoir quoi répondre. Bella était difficile à résumer en quelques mots.

« Elle rit...très fort, elle s'installe devant House, et elle peut plus s'arrêter, elle a ce rire très éraillée, mais à la fois enfantin, j'aime quand elle rit parce que j'ai la sensation que son rire propage des putains d'onde qui font valser tout ce qui me fait du mal...Elle est tête en l'air aussi, très spontanée, ce qui provoque des choses mémorables...Quand elle s'énerve, c'est aussi fascinant, parce qui lui arrive que sa voix s'éteigne quand elle a parlé beaucoup trop fort, très longtemps, je suis plié de rire quand ça lui arrive...C'est une boule de feu, c'est sans doute ce que je préfère chez elle, parfois chiante, parce qu'il faut savoir la suivre...Ce qui la calme, c'est la musique, c'est comme une partie d'elle, et elle sait pas à quel point on partage cette passion...Mais par dessus tout, c'est sa façon de me regarder, elle se perd dans ses pensées avant de réaliser que je suis tout près d'elle à l'observer, elle se tourne, me sourit avant d'embrasser mon front...Je me sens chanceux quand elle fait ça, parce que malgré tout ce qu'elle endure, c'est avec moi qu'elle préfère passer ses journées »

« Elle ne peut pas se soutenir sur ses jambes...Allez-y, je suis sûr que votre présence pourrait lui faire du bien » m'encouragea l'infirmier

Doucement, j'approchais, angoissé à l'idée de l'effrayer. Son teint livide fut presque le reflet de l'absence de vie, malgré son cœur battant.

« Ma puce...c'est moi, Edward...Qu'est ce qui s'est passé ? » me tournais-je vers l'infirmier

« Son addiction a quelques peu réussi à la maintenir à la surface...Le manque la renvoi durement à ce qu'elle a tant évité depuis tout ce temps »

« Hey bébé »

Son corps comme aspiré de toute vie, elle ne bougea pas, pas même les yeux.

« J'essaie chaque jour de me persuader que ton cul n'est pas si important, mais j'y arrives pas...Parce que t'as pris trop de place pour que je puisse oublier que jamais été mieux qu'en étant avec toi...Jesse ne me touchera pas, il est dans une cellule avec une sécurité maximum, il ne pourra jamais m'atteindre » tentais-je de la rassurer, pas certain qu'elle m'entende

Blessé par son silence, j'eus du mal à retenir ma rage.

« Ne fais pas ça Swan, ne disparaît pas...Parce que je te jures que si tu me fuis, si tu te tires, j'irais sur ta putain tombe et je cracherais dessus, je salirais ta putain de pierre tombale pour m'avoir rendu amoureux de toi ! Tu m'entends »

Mes larmes débordèrent de la voir toujours inerte, hermétique à ma douleur. Elle ne m'entendait pas. Elle ne m'entendait pas !

« Tu m'entends ! » éclatais-je brutalement en débarrassant d'un coup de main la table en face de laquelle elle était posée

« Monsieur Masen » s'approcha vivement l'infirmier pour tenter de me contrôler

« BELLA ! » hurlais-je alors qu'elle ne bougeait toujours pas

Fou de rage, j'attrapais son visage pour l'obliger à me regarder. Son regard vide, pourtant encré au mien, me glaça le sang. J'avais la sensations qu'elle me défiait, qu'elle m'en voulait.

« T'as pas le droit de me faire ça ! Je t'interdis, tu m'entends ! » susurrais-je contre ses lèvres

« Masen, tu lui fais mal » intervint Teddy

Entouré par une partie du personnel du centre, je finis par me calmer doucement. Je ne voulais pas lui faire de mal, juste lui rappeler que je l'attendais. Sur ses lèvres froides, je déposais un baiser avant de la relâcher doucement et de me redresser.

« Elle...La musique lui fait du bien...Aretha Franklin, Norah Jones, Adèle et Lana Del Rey sont ses chanteuses préférées...Essayez aussi de lui lire des bouquins, elle aime les histoires d'amours qui finissent mal, elle trouve ça plus réaliste, certains auteurs français d'aujourd'hui lui plaisent » informais-je l'infirmier qui m'avait amené jusqu'à elle

Je me dégageais de la poigne de ce connard de Teddy qui retenait mon bras, avant de quitter l'institut sous la dizaine de paire d'yeux qui me fixaient, dont celle de Charlie, qui fut à la fois étonné et en colère. Sans un mot, je passais près de lui et rejoignais l'extérieur pour monter dans le taxi resté devant le centre.

Ce centre l'avait tué, pour de bon.


Désolé encore pour l'attente...

XOXO Junessa