Tout d'abord un grand merci à vous tous qui avez suivie cette fic et montrés pour elle des signes d'intérêts comme vos reviews, vos fav et vos follows ^^ Je vous adore ^^ Si vous n'avez fait que passé merci également car je peux vous voir dans les statistiques mdr et ça remonte bien le moral de voir que des lecteurs s'intéressent à l'histoire ^^ Ce fut un plaisir de vous retrouver chaque semaine pour partager un nouveau chapitre et je sens que ça va me manquer ^^ C'était ma première fic depuis très longtemps et grâce à vous ce retour aux sources à été fantastique. J'espère vous retrouver bientôt avec une nouvelle fic qui sera cette fois-ci un Steter. J'ai rédigé le premier chapitre ces deux derniers jours et si je vois que je peux en faire quelque chose de sympa à lire (enfin j'espère lol) je viendrais vous la déposer ici même en souhaitant que vous soyez aussi gentille avec elle qu'avec Parle plus bas lol

Enfin un énorme merci à Mylush et Thibziboy qui ont donné de leur temps pour corriger mes fautes.

Je vous souhaite une bonne journée de 1er mai et des brassées de muguets porte-bonheur.

Bonne lecture et à je ne sais quand, mais bientôt j'espère.

Si vous souhaitez me retrouver pour discuter ou suivre ce que je fais, je vous donne rendez-vous sur Facebook sur la page Alessia Dan (auteur) oui, je précise car il y a une autre personne qui porte le même nom lol

Epilogue

Pendant que John et Isaac traversaient les couloirs de l'hôpital, l'homme de main racontait assez brièvement au shérif les événements tels qu'ils avaient eu lieu après son départ. Lorsqu'il aperçut enfin Peter, John se rendit compte que depuis qu'il les avait quittés Derek et lui, il n'avait plus respiré librement, même son cœur semblait n'avoir que la force d'émettre un battement sur deux… Le revoir fut comme un souffle de vie. Comme s'il quittait des chaussures de plomb pour s'élever vers le ciel, libre. Et c'est l'âme plus légère qu'il parcouru les derniers mètres les séparant.

Il était encore très tôt. La ville était toujours silencieuse, seuls quelques personnes vaquaient déjà à leurs occupations, comme le laitier ou le petit livreur de journaux. C'était une journée semblable à toutes les autres, ni pire ni meilleur, sauf pour Peter. La nuit cauchemardesque qu'il avait vécu ne trouvait pas encore son terme, et cette fin ne ferait peut-être que l'enfoncer davantage dans ce rêve affreux si Derek mourrait. Le mafieux n'avait toujours pas bougé depuis qu'il s'était installé sur cette chaise inconfortable dans ce couloir si blanc aux odeurs angoissantes. Il ressemblait à une statue parfaite de beauté, sans cette étincelle qui fait qu'un humain existe. John, inquiet de cette immobilité, s'approcha en vérifiant autour de lui qu'aucun membre du personnel, malade ou Dieu sait qui ne soit là. Le couloir désert lui permis de s'accroupir devant Peter. Il posa ses deux mains sur ses cuisses qu'il caressa avec tendresse. Ce contact, espérait-il, leur permettrait de retrouver cette intimité dont ils avaient l'un et l'autre besoin. Il voulait que Peter prenne conscience de sa présence à ses côtés, du soutien qu'il désirait lui apporter. Plus jamais Peter Hale ne devait avoir l'impression de sa battre seul !

- Peter…

La voix du policier était presque un sanglot tant il se sentait soulagé. Il avait cru ne jamais les revoir ! Et la vie lui laissait encore une chance… Il devait faire en sorte d'en être digne ! L'homme en face de lui ouvrit enfin les yeux pour plonger son regard hanté dans celui du shérif. Du bout des doigts, Peter caressa la joue brunie par une légère barbe.

- Si tu savais comme j'ai eu peur… murmura John. Comment va Derek ? Tu as des nouvelles ?

- Il est toujours au bloc… J'ai l'impression que ça fait des heures !

C'était si douloureux d'entendre la voix incertaine de cet homme toujours si fort quoi qu'il arrive. John saisit la main de Peter et la serra avant de la porter à ses lèvres.

- Ca va bien se passer. C'est bon signe si ça dure longtemps. Ça signifie qu'ils nous le retapent. Et puis, c'est un Hale et il tient de toi. Il ne se laissera pas mourir. Il ne nous abandonnera pas. Je sais qu'il se bat de toutes ses forces en ce moment.

Peter eu un sourire triste.

- Parfois ça ne suffit pas…

- Ne dit pas ça !

- Et Stiles ? Comment va-t-il ?

- Il est hors de danger, il se repose. Mais je ne peux pas rester longtemps, je ne veux pas qu'il se réveille seul, tu comprends ?

On sentait toute la culpabilité de John à prononcer ses mots. Il trouvait injuste de ne pouvoir être à la fois près de Peter et près de son fils.

- Ne t'en fait pas, je comprends. Te voir me fait déjà du bien. J'avais besoin de te sentir près de moi. Merci John.

Il se pencha pour déposer un baiser sur les lèvres sèches du shérif, qui pressa ses deux mains contre les joues de Peter avant de déclarer d'une voix douce :

- Je t'aime et je ne suis pas loin, juste l'étage au-dessus. Dès que Derek revient du bloc, tu m'envoies Isaac. Je n'aurais pas cru que je serais content de le voir un jour celui-là, tenta de plaisanter John avec une pointe de tristesse.

- Toujours jaloux ?

- Plus que jamais. Tu es à moi Peter Hale !

- Même après ce qui s'est passé ? J'ai failli tuer ton fils.

- Arrête tes conneries ! Argent a failli tuer mon fils, toi et Derek vous l'avez sauvé. Tu étais prêt à te sacrifier pour ça !

- J'ai été incapable de vous protéger…

- Alors tout d'abord, je suis capable de me protéger seul, il pointa son insigne de l'index. Shérif, tu te souviens ? Pas épouse. Ensuite, nous devons nous protéger les uns les autres, comme n'importe quelle famille. Ce n'est pas à toi de porter seul ce poids sur tes épaules. Qu'est-ce que tu crois que j'ai ressenti en vous laissant là-bas, persuadé que vous alliez mourir ?! Je vais en faire des cauchemars pendant des années. J'ai eu l'impression d'être une merde.

- Tu devais penser à Stiles. Tu as fait ce qu'il fallait. Ce que nous voulions tous.

- Oui, je le sais. Mais j'ai encore dû faire un putain de choix, et ce n'est pas toi que j'ai choisi.

- Je ne te demande pas de me faire passer avant ton fils ! Jamais ! Je sais maintenant que tu m'aimes John, et ça me suffit.

- Moi pas. Je ne veux plus que nous soyons en danger, je ne veux plus avoir à décider qui doit vivre !

- Ce n'était même pas un choix, John. Derek et moi n'avions aucune chance avec Gérard au vu de la situation. Ta présence ne changeait rien pour nous. Mais pour Stiles, le fait que tu partes, que tu l'emmène ici, changeait tout. Va le retrouver maintenant, et quand il sera réveillé, tu me reviendras.

Peter embrassa encore une fois John en lui murmurant qu'il l'aimait, puis celui-ci retourna près de son fils, le cœur empli de regrets.

Moins d'une heure après, le chirurgien s'approcha de Peter, le visage fatigué.

- Nous avons fait ce que nous avons pu. A présent il faut attendre. Mais il a de bonnes chances de s'en sortir.

Si Peter n'avait pas craint de mourir de honte, il se serait écroulé sur le sol en sanglotant de soulagement comme un enfant.

- Merci docteur. Merci infiniment, affirma-t-il cependant d'une voix sûre mais non dépourvu d'un léger trémolo.

- C'est mon travail. Et je dois dire que votre neveu s'est suffisamment accroché pour me permettre de le faire.

- Je peux le voir ?

- Pour le moment il est en salle de réveil, mais il sera conduit dans une chambre dans une demi-heure. A ce moment-là, vous pourrez rester à ses côtés. Je vous laisse à présent. N'hésitez pas à faire appel à moi si vous avez des questions ou des inquiétudes.

- Merci encore.

- Je vous en prie.

Sur ces derniers mots, le chirurgien laissa Peter seul avec Isaac.

- Je vais avertir le shérif, déclara ce dernier avec entrain. Il sera soulagé d'apprendre que Derek va bien. Et je crois que son fils sera plus qu'heureux de le savoir aussi lorsqu'il se réveillera, déclara-t-il avec un sourire en coin qui semblait hésiter entre douceur et ironie. Semblable à celui de son mentor.

Le mafieux hocha la tête pour marquer son assentiment.

- Vous devriez mangé un peu et prendre un café en attendant que Derek sorte de la salle de réveille, boss.

- Oui, je vais faire ça. Et toi aussi Isaac. Dès que tu auras vu John, tu iras te reposer. La nuit a été longue.

Stiles se réveilla dans la journée, l'esprit confus. La première chose qu'il vit fut son père somnolant sur une chaise près de son lit. Cela le rassura comme lorsqu'il n'était qu'un petit garçon et qu'il était malade. Il avait néanmoins la sensation désagréable qu'une brume tentait de le retenir dans l'inconscience, même ouvrir les yeux avait été difficile. Ses membres paraissaient peser des tonnes, il avait mal partout, et sa bouche était sèche. Il avait terriblement soif. Après les quelques minutes qu'il s'accorda pour faire le point, il souleva difficilement l'un de ses bras pour apercevoir le bandage qui recouvrait son poignet, et peu à peu les images cauchemardesques de ces derniers jours lui revinrent… Gérard avait tué Derek et Peter… On lui avait pris Derek… La douleur de son cœur fut si fulgurante qu'elle effaça celle de son corps qui se redressa comme un ressort dans un cri étranglé. Des larmes inondèrent ses joues bleuies par les coups. John tiré brutalement du sommeil se retrouva face au désespoir immense de Stiles.

- Derek… Ne cessait-il de répéter en boucle d'une voix brisée à la fois par le chagrin et par le fait d'avoir été maltraité.

John s'assit rapidement sur le lit pour le prendre dans ses bras.

- Il est vivant, Stiles. Calme-toi par pitié ! Tu te fais du mal. Je t'assure qu'il va bien. Il est dans une chambre pas loin. Et Peter aussi.

Les mots pénétrèrent peu à peu la douleur qui avait resserrée son étau autour de l'adolescent. Ce dernier s'apaisa au grand soulagement de John qui le garda encore un instant dans ses bras, avant de le recoucher convenablement.

- Ha ! On peut dire que tu m'en fais voir, toi !

- Désolé…

- Je plaisante, idiot ! Si tu savais le mauvais sang que je me suis fait ! Tiens, regarde, j'ai des cheveux blancs en plus ! Je ne te quitterais plus jamais des yeux jusqu'à au moins tes quarante ans !

- Papa, tu en fait trop là, coassa-t-il.

Prévenant la demande de son fils, le shérif saisit la carafe pour verser un verre d'eau puis le porta aux lèvres craquelées de Stiles. Ce dernier soupira de plaisir lorsqu'il put enfin se désaltérer convenablement. Il avait été très peu nourri durant sa détention, et l'eau s'était faite rare aussi. On l'avait obligé à supplier pour en avoir, à s'insulter lui-même pour ce qu'il était… Le jeune garçon savait qu'il n'oublierait pas de sitôt. Ce simple souvenir suffit à lui arracher un tremblement. John prit la main de son fils entre les siennes qui paraissaient si grandes et si puissantes à côté.

- Tu es en sécurité maintenant. Il ne peut plus rien t'arriver.

Les examens médicaux, au grand soulagement de John n'avait pas révélé d'agression sexuelle. On lui rendait son petit garçon dans un état d'affaiblissement général et contusionné de partout, mais au moins ne lui avait-on rien fait d'irréparable. Il guérirait vite d'après le médecin. Evidemment, le shérif et le corps médical, ne savait rien des humiliations que le jeune garçon avait endurées et personne ne l'apprendrait jamais car Stiles avait décidé de garder ce secret dans un coin sombre de son cœur. Pour rien au monde il n'en parlerait, pas même à son père et encore moins à Derek. Jamais. Mais si Gérard avait ainsi pensé le briser, c'était un échec, car l'adolescent en ressortait plus fort et près à se battre pour avoir le droit d'être ce qu'il était et d'aimer Derek. Il était prêt à tous les sacrifices pour cela. À aucun moment Argent n'avait pu lui faire regretter d'être tombé amoureux d'un homme ! Il s'était sentit minable à un moment, mais plus parce qu'il s'était trouvé faible et incapable de se défendre que parce qu'il s'en voulait d'être un pédéraste. Il n'en avait rien à faire que des types comme Argent trouvent ça répugnant ! Lui, il était heureux dans les bras de Derek, et rien ne lui enlèverait cela ! Il avait juste grandi plus vite que prévu !

- Je voudrais le voir…

- Pas encore, fils. Tu n'es pas assez bien remis. Dans deux jours je t'y conduirai moi-même.

- Tu ne me mens pas, hein ? Il est vraiment vivant ?

- Je te le jure. Repose-toi à présent. Je vais allez voir Peter pour lui dire que tu es réveillé et pour prendre des nouvelles.

- Dis-lui, merci, souffla l'adolescent à voix basse. Un homme comme Argent ne méritait pas de voir s'agenouiller quelqu'un comme Peter. Surtout pas pour moi.

- A mon avis si tu lui dis ça, il va te faire un autre bleu, plaisanta John. Toi et Derek vous êtes ce qu'il y a de plus important à nos yeux, ne l'oublie pas. Ce n'est pas Peter qui s'est humilié cette nuit, c'est Argent qui est descendu plus bas qu'un cafard ! Mais il ne fera plus de mal à personne à présent.

- Qu'est-ce qui s'est passé… interrogea Stiles dans un souffle.

Mais déjà il replongeait dans un sommeil réparateur. John se pencha, déposa un baiser sur son front puis se rendit quelques chambres plus loin, dans celle où Derek récupérait.

Il trouva Peter dans la même position que lui un peu plus tôt, assit devant le lit et tenant la main de son neveu. L'homme leva la tête à l'entrée de John et un sourire fatigué éclaira ses traits. Il reposa doucement la main du blessé puis alla prendre le shérif dans ses bras pour le serrer contre lui. Ils restèrent, là, sans bouger, juste enlacés au milieu de la pièce. C'était un miracle qu'ils soient tous en vie, et chacun d'eux le savait. Mais est-ce que la chance serait toujours de leurs côtés ? Peter y avait longuement réfléchi. Il n'avait pas le droit de risquer la vie des siens de cette manière et il avait pris une décision pour que cela ne se reproduise plus. À présent, il fallait convaincre John et les garçons qu'elle était la meilleure. Mais il avait le temps pour cela. Pour le moment, ce qui importait c'était de profiter de son amant, de sentir sa chaleur rassurante à ses côtés. Quand Derek se réveillerait, il leur ferait part de son projet.

Hélas, au bout d'une semaine, le jeune homme n'avait toujours pas ouvert les yeux. Les médecins ne savaient trop quoi en dire. Il se remettait de sa blessure, mais restait inconscient. Stiles ne cessait de répéter qu'il avait juste besoin de se reposer. Dès qu'il l'avait pu, il s'était rendu auprès de Derek dans un fauteuil roulant. Il passait dorénavant plus de temps dans cette chambre que dans la sienne. Peter et John s'étonnaient de le voir si confiant. Aucun doute ne l'habitait. Il était impatient mais pas triste. C'était stupéfiant aux yeux des deux hommes. Ils savaient l'adolescent fort mais pas à ce point. Tous les jours, il parlait à son amant, de tout et de rien, juste du verbiage sans queue ni tête, sauf lorsqu'il lui murmurait des mots d'amour. Le shérif était souvent absent, son travail le réclamait. Au début, le personnel avait trouvé étrange de voir Stiles avec les Hale aussi souvent, mais finalement il s'en était désintéressé, bien trop occupé à soigner et à sauver des vies. Peter voyait bien encore quelques regards interrogateurs, mais personne n'osa poser de question ou faire de remarque. Pourtant, il savait que cela desservait John dans son rôle de shérif, il avait tenté de parler au père et au fils mais il s'était heurté à leur décision d'ignorer le bon peuple. Si les gens voulaient cancaner grand bien leur fasse. Les Stilinski resteraient près des Hale. Et tout cela conforta Peter dans sa décision.

Alors que le soir tombait sur la ville, si lentement qu'il semblait vouloir lui laisser un peu de répit avant de la couvrir de son manteau sombre, le mafieux décida qu'il était temps d'avoir cette conversation, même si son neveu avait décidé de rester plus longtemps aux côtés de Morphée. Ils était tous les trois autour du lit, c'était l'occasion ou jamais.

- Je souhaitais vous parler depuis un moment, j'attendais le réveil de Derek, mais il se montre un peu paresseux, alors je vais quand même le faire maintenant. C'est important. Je ne veux plus que vous soyez en danger, uniquement parce que vous nous fréquentez. Quoique nous fassions, les Hale seront toujours des cibles, et ceux qui les entourent aussi…

- Si tu me dis que c'est fini entre nous, le coupa John, je te casse tes belles dents.

- Il est hors de question que je m'éloigne de Derek ! soutint son fils.

- Nous savons très bien ce que nous risquons, alors ne dis pas des conneries que je te ferais amèrement regretter, tu m'as bien compris ? s'énerva le shérif.

Contre toute attente, Peter éclata de rire. Et John se dit que s'il n'avait pas déjà été aussi amoureux, il le serait devenu à l'instant même. C'était extraordinaire le bonheur que ce simple son pouvait engendrer dans son cœur. C'était pour l'entendre à nouveau qu'il voulait encore vivre et rester près d'eux !

- Ce n'est pas ce que j'allais vous proposer, mais je suis heureux de vous voir si déterminés. Non, ce que j'essaie maladroitement de vous expliquer, c'est que nous devrions quitter Beacon Hills. Tout laisser derrière nous, jusqu'à nos identités. Devenir d'autres personnes… Vivre ensemble…

- Attends, stop, l'interrompit le shérif alors que Stiles lui était tout à fait partant avec l'idée de Peter et qu'il le lui faisait bruyamment savoir.

Il tenta de se faire entendre mais déjà l'homme et l'adolescent partaient dans leur avenir radieux.

- Mais vous allez vous taire ! s'irrita John. Ça ne rime à rien ! Nous ferons quoi pour vivre ? Tu peux me le dire ? Jusqu'où faudra-t-il courir pour échapper à qui tu es ? Et même si nous y parvenons, jamais nous ne pourrons vivre ensemble. Jamais ! Personne où que ce soit ne l'acceptera.

John était désespéré de devoir être la voix de la raison. Il avait mal, chaque mot le lacérait comme un rasoir.

- Nous irons dans un autre état, je ne suis quand même pas le président Harding ! J'ai beaucoup d'argent, ce n'est pas un problème, puis nous ferons n'importe quel travail. Nous devrons nous déplacer souvent, ne pas rester au même endroit, mais c'est faisable. Nous nous ferons passer pour une famille, deux beaux-frères qui ont perdu leurs femmes et qui élèvent leurs gosses, personne ne cherchera vraiment, surtout si nous bougeons constamment. On se fera passer pour une famille en deuil qui a besoin d'être ensemble pour des raisons familiales et financières. Dans une grande ville, on se désintéressera de nous très vite. A New-York, des quartiers comme Bowery ou Greenwich village peuvent être des refuges pour des personnes avec notre particularité amoureuse…

Si Stiles était au-delà de l'enthousiasme, John avait l'impression que sa tête tournait. Quitter sa ville, ne plus être shérif, ne même plus être John Stilinski !

- Papa ! C'est une idée formidable, tu dois bien en convenir ! Nous devenons des gens que personne ne connaît…

- Ça ne résout pas tout, Stiles… Il se tourna vers on amant. On risque de rencontrer des personnes que tu connais à New-York ou même ailleurs…

- Non, pas vraiment. La mafia ce n'est pas un club non plus !

- Je sais qu'aucun de nous ne pourras s'aimer ouvertement, rajouta l'adolescent. J'en ai bien conscience, je ne suis pas idiot. Mais je m'en moque qu'on me prenne pour le frère de Derek ou le neveu de Peter, ce qui importe c'est d'être ensemble et de ne pas risquer nos vies.

- Je suis le shérif, je ne peux pas disparaître ainsi…

- Tu sais que tu vas te faire renvoyer, John, continua Peter. On ne s'étonnera pas alors de te voir quitter la ville avec ton fils. Surtout avec les mauvaises langues qui s'en donnent à cœur joie !

- Et vous ?

- Nous ferons croire à notre mort, un règlement de compte. Isaac prendra la relève. Je sais qu'il saura s'imposer.

- De toute manière, nous devons attendre que Derek se réveille pour nous donner son avis…

- Il est d'accord… murmura une voix faible venue du lit que tout le monde avait oublié.

- Derek !

Stiles et Peter se jetèrent sur lui dans un bel ensemble, son oncle avec tout de même plus de retenu.

- Seigneur, merci, souffla Peter d'une voix empreinte de révérence face à un Dieu qu'il avait souvent ignoré et aussi un peu étonné qu'il ne les punisse pas.

Mais après tout, ce qu'ils vivaient, n'était que des sentiments amoureux et il ne pouvait rien y avoir de mal ou de condamnable à ça, n'est-ce pas ?

- Content de te revoir parmi nous, dit le shérif dans un sourire affectueux

- Tu es enfin réveillé… constata l'adolescent avec les yeux brillant d'émotion.

Il était évident qu'il brûlait d'envie d'enlacer Derek, de l'embrasser mais il n'osait pas de crainte de le blesser.

- Peux pas dormir… Trop de bruit… marmonna le jeune homme.

Finalement Stiles ne résista pas, il se pencha délicatement et posa ses lèvres sur celles de son amant.

- Je t'aime…

- Moi aussi… Je t'aime…

Derek n'avait pas la force d'en dire plus, mais lorsqu'il avait cru mourir, il avait amèrement regretté de ne pas avoir verbalisé ses sentiments. Alors que la mort refermait son long manteau sur lui, la seule chose à laquelle il avait songé était cet adolescent qui lui était plus précieux que n'importe qui dans cet univers. Ils avaient failli ne jamais se revoir, et lui comme un imbécile trop renfermé et superstitieux n'avait même pas eu le courage de lui murmurer ces quelques mots si importants. Stiles connaissait la force de son amour bien sûr, mais il avait le droit d'entendre ces douces paroles, ce serment indéfectible, et le mafieux voulait le lui dire. Il s'était promis que si par miracle il s'en sortait il le ferait sans faute. Il ne remettrait pas à plus tard, parce qu'on ne sait jamais de quoi l'avenir est fait.

Peter, plus terre à terre, appela une infirmière afin qu'un docteur vienne voir Derek pour s'assurer qu'il aille bien. Lorsque l'homme en blouse blanche arriva le jeune amoureux s'était rendormi. Mais uniquement pour trois petites heures cette fois. Le médecin fut heureux de leur annoncer que tout irait bien maintenant, que le plus dur était passé.


Après ce premier réveille Derek se remit si rapidement que même le médecin n'en crut pas ses yeux, il failli en manger son stéthoscope. Le plus jeune des Hale voulait retrouver ses forces au plus vite, retrouver son amant, et pouvoir le prendre à nouveau dans ses bras pour lui faire l'amour. Il exécrait son lit d'hôpital et sa faiblesse. Alors il fit en sorte qu'ils ne deviennent que de mauvais souvenirs. Une nouvelle vie les attendait et il voulait la mordre à pleine dents. Profiter de chaque minute qu'on lui avait accordé comme un cadeau du ciel. Stiles, lui, eu rapidement le droit de quitter l'hôpital. Il pu retourner à l'école et à son existence d'adolescent, cependant, il ne manquait jamais de venir après les cours voir Derek. En fait, tout le monde reprit sa vie là où elle s'était arrêtée, chassant les mauvais fantômes, mais personne ne reparla de la proposition de Peter avant un bon mois. Et alors que ce dernier pensait que John n'accepterait jamais, le shérif, blotti au creux de ses bras, déclara qu'il était prêt. Derek et Stiles, qui filaient comme leurs aînés le parfait amour, accueillirent la nouvelle avec un réel bonheur. Une nouvelle existence, une chance de vivre comme les autres ou presque, voilà ce que désirait plus que tout, les quatre hommes.


Ils attendirent donc encore presque un an que le shérif soit démis de ses fonctions. Comme Peter l'avait prévu aucun des habitants ne s'étonna de le voir quitter Beacon Hills pour tenter sa chance ailleurs. Rien ne retenait vraiment les Stilinski ici. Stiles eut un peu de mal à dire au revoir à Scott, son ami de toujours, mais il savait que cette souffrance était nécessaire pour le conduire vers un avenir sur lequel il fondait énormément d'espoir. Quelques mois encore plus tard, les Hale moururent aux yeux de la société, et un nouveau Boss pris sa place : Isaac Lahey. Les choses avaient pris du temps à se mettre en place, mais cela s'était fait suivant le plan élaboré par Peter. A eux maintenant de construire quelque chose de pérenne dans ce nouvel anonymat.

Après une attente difficile, John, Peter, Stiles et Derek se retrouvèrent enfin. Ils choisirent Hollywood pour débuter leur nouvelle vie, ville de toutes les excentricités, de tous les péchés et terrain un peu plus accueillant que d'autres aux homosexuels. Evidemment, ils restèrent discrets, prudence oblige, mais ils se sentirent bien dans ses rues animées. Plus libres qu'ils ne l'avaient jamais été. Ce fut une fabuleuse découverte pour Stiles qui n'avait jamais vécu ailleurs qu'à Beacon Hills. Il apprit que les lumières fragiles brillaient de mille feux mais pouvaient s'éteindre tout aussi vite. La ville crépitait, aussi belle que dangereuse pour ceux venus avec des rêves plein leur valises. Mais pour eux, elle fût un agréable refuge durant deux ans. Ils surent apprivoiser l'animal et il se montra clément à leur égard jusqu'à ce qu'ils décident de le quitter.

A partir de cet instant ils vécurent une vie de vagabond, passant d'une ville à une autre, d'un travail à un autre, traversant les états d'un bout à l'autre de l'Amérique, ne s'attardant jamais suffisamment pour que l'on perce leur secret bien gardé. Mais toujours ensemble et toujours heureux. C'était la vie faites pour eux finalement, une vie clandestine mais qu'ils chérirent même s'ils connurent des déboires et des malheurs comme la guerre en Europe dans laquelle voulut s'engager Derek. Il en revint l'âme brisée et le corps meurtri mais Stiles répara les rouages de son cœur, en bon horloger de l'amour. Quelques années encore passèrent puis Peter et John partirent d'un côté et les plus jeune d'un autre. Stiles et Derek étaient adultes et il convenait de se séparer, pour le bien de leur couple respectif mais également pour ne pas attirer l'attention. Néanmoins, à chaque anniversaire, à chaque noël et à chaque fois que le besoin s'en faisait sentir, ils se retrouvèrent autour d'une table garnie ou d'une cheminée chaleureuse. Et leur vie s'écoula ainsi, cachée aux yeux du monde, mais non dépourvu de bonheur. Ils parlèrent bas, mais ils parlèrent d'amour.

FIN