Beau malheur – Emmanuel Moire

Ô malheur

Elle arriverait à le faire surmonter ces épreuves. Elle arriverait à lui faire prendre conscience du présent. Rien ne servait de ressasser son passé. Rien ne servait non plus de faire semblant. Elle ne voulait pas de ça. Elle refusait qu'il joue à ce jeu avec elle. Il lui faudrait du temps, du temps pour apaiser ses douleurs, du temps pour supporter l'absence, mais il y parviendrait. Dans ce monde qui se construisait et dans lequel il ne pensait pas avoir sa place. Il pourrait crier autant qu'il voudrait, elle serait là pour lui. Il pourrait laisser passer le temps, s'efforcer de le laisser courir pour oublier, elle serait encore là. Elle ne l'abandonnerait pas. Elle avait connu la douleur autant que lui. Et sa consolation était sa présence. Alors elle trouverait un moyen de le lui faire admettre aussi. Elle trouverait un moyen pour qu'il sorte de ses idées noires. Ce nouveau monde en lequel il n'était pas sûr de croire était le sien. Ce nouveau monde qui se reconstruisait sur les cendres de l'ancien. Il n'était pas seul, contrairement à ce qu'il pensait. Elle était là. Elle le jurait. Elle serait toujours là. Pour le rassurer. Pour épancher ses pleurs quand il irait mal. Pour consoler ses peines. Pour refermer ses blessures. Il ne savait pas encore ce qu'elle connaissait déjà. Il n'avait pas encore fait le deuil qu'elle avait commencé. Mais Angelina lui montrerait. Oui. Elle montrerait à George Weasley qu'il était encore temps de vivre.