Bonsoir, bonsoir ! Voilà un chapitre attendu qui ne comporte pas encore les répercutions fracassantes que nombre d'entre vous réclame ! ^^
Merci à tous les reviewers, les followers, ceux qui m'encouragent et qui lisent :)
Bonne lecture !
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Chapitre 21
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Un rat gris auquel il manquait une griffe se faufila dans une large fissure. Il s'arrêta là un instant pour reprendre son souffle. Voilà deux heures que ce fichu chat ne le lâchait pas et pas l'ombre d'un concierge pour lui sauver la mise. Il devait déjà éviter le chaud et confortable dortoir de ce rouquin, puisque celui-ci s'était donné pour mission de le retrouver, mais s'il devait maintenant fuir les couloirs, il fallait qu'il réfléchisse vite à une nouvelle solution. Hors de question qu'on le retrouve.
Au début, il ne s'était pas méfier plus que cela, puis il s'était souvenu d'une conversation entendue dans la maison des roux, avant son départ pour l'école. Harry Potter avait réapparu et était un animagus. Donc le renardeau charbon qu'il avait par deux fois croisé devait être lui. Si jamais il avait détecté une anomalie chez lui et qu'il en parlait dans son entourage, il était foutu. Même si aux dernières nouvelles, aucun sorcier ne communiquait avec les renards.
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Harry trottinait derrière Moony en direction de la cabane hurlante se répétant inlassablement « il faut que je lui parle du rat, il faut que je lui parle du rat, il faut que je lui parle du rat ». C'était le moyen qu'il avait trouvé pour ne pas oublier de lui rapporter cet événement important auquel il voulait, tout comme son père, des réponses. C'était aujourd'hui le seul jour où ils pouvaient se comprendre, il ne fallait pas rater l'opportunité.
Cependant, un événement contraria ses plans. Alors qu'ils avançaient sur la pelouse, ils rencontrèrent un humain. Pas n'importe lequel, malheureusement, non, ils rencontrèrent cet humain au tissu étrange sur la tête, celui-là même qui lui donnait tant de migraines. Et cette fois ci ne fut pas différente. À peine eu-t-il un contact visuel avec celui-ci que ce mal si intense le prit au crâne, le faisant grimacer.
Harry gémit soudain de douleur. Ce mal lui était insupportable. Pire encore que lorsqu'il était tombé dans ce gouffre étant petit et pourtant, il avait été sonné pendant presque toute une journée entière après ça. Là, il avait la sensation qu'un marteau piqueur tapait contre sa boîte crânienne en permanence tout en subissant les sons suraigus semblables à ceux qu'il percevait en s'approchant des lignes haute-tension électriques humaines. En plus de cela, ses sens étaient mis en vrille et sa vision était teintée de noire pictée de petits points blancs.
Aussitôt, Moony était à ses côtés et le prenait dans ses bras. Pourtant, contrairement à d'habitude, sa présence et son contact ne le soulagèrent en rien. D'ailleurs, c'était à peine s'il le percevait. Il s'aperçut vaguement qu'ils se déplaçaient et soudain, plus rien. Plus de douleur, plus de bruit, il voyait de nouveau correctement et se sentait bien. Seule une vague gène persistait dans ses cervicales, sûrement due à la crispation continue de ses muscles à l'apparition soudaine de ces mauvaises sensations. Il cligna un instant des yeux reprenant pied dans la réalité.
Moony était à genoux devant lui, une main posée sur sa tête et son pouce caressant doucement son front. Son père était au dessus de lui, le protégeant de toute sa stature et le serrant contre lui d'une patte enroulée autour de son petit corps. Ils étaient dans l'entrée de la cabane hurlante et tous étaient un peu essoufflés. Sa fourrure était mouillée sur sa nuque, ce qui signifiait que son père 'avait porté dans sa gueule, sûrement quand ils avaient pénétré dans la bâtisse puisque Moony avait du avoir besoin de ses mains. Harry supposait que c'était à cet instant qu'il avait changé de porteur.
Doucement, tout le monde se calma. Il semblait que ses deux tuteurs étaient vraiment inquiets. Il expliqua rapidement à son père ce qui était arrivé, en lui rappelant que c'était le même incident qui avait eu lieu plusieurs semaines plus tôt. Celui-ci avait grogné de mécontentement et l'avait repris dans sa gueule pour le porter là où ils passeraient la pleine lune. Moony les suivit, toujours silencieux. Il patienterait encore quelques minutes pour avoir une explication.
La transformation se déroula bien, comme les fois précédentes depuis que Harry y assistait. Comme si l'instinct du loup était apaisé par sa présence. Rapidement, le renardeau quitta les pattes de son père pour se glisser vers celles du garou, lui procurant ce sentiment de bien être qu'il n'avait jamais ressenti avant sa rencontre avec le petit.
Il y eu un instant de flottement pendant lequel Moony reprenait son souffle et ses esprits tandis que Harry le soutenait moralement en léchouillant les pattes à sa portée, comme il en avait pris l'habitude.
Puis le loup s'ébroua et planta son regard mordoré dans celui émeraude de son protégé.
- Que s'est-il passé ? Que t'est-il arrivé avec Quirinus Quirrell ?
Harry s'écarta un peu pour se mettre à l'aise et répondit après s'être calé contre son père.
- L'humain avec le tissu sur la tête …
Rémus acquiesça, reconnaissant la description du professeur de Défense Contre les Forces du Mal.
- À chaque fois que je croise, reprit le petit, j'ai soudain mal à tête. Vraiment très mal à la tête. Je ne vois plus rien, mes pensées se brouillent, j'entends comme un sifflement aigu qui me perce les oreilles.
Fox appliqua des caresses avec son museau et sa langue tout en écoutant la douleur de son fils.
- Ces symptômes, coïncident-ils systématiquement à sa présence ? Y-a-t-il d'autres personnes avec qui tu as ce genre de réaction, demanda Rémus.
- Pas sa présence, mais quand je croise son regard et uniquement sous cette condition. Même si je n'aime pas le croiser tout court. Et c'est bien le seul avec qui j'ai mal. Avec les autres, je n'éprouve aucune douleur physique, expliqua le renardeau. Quand je suis dans la Grande Salle et que nous mangeons là bas, si je ne le regarde pas, il ne se passe rien.
- C'est très étrange, commenta Fox. Est-ce normal pour vous ? Est-ce une particularité sorcier, un de vos pouvoirs ?
Le loup secoua la tête.
- Non, en aucun cas un simple regard peut causer une douleur qu'elle que soit son intensité. Il faut une incantation, un mouvement de baguette ou une potion pour obtenir un tel résultat. Or Harry ne se nourrit que dans nos quartiers et le repas est fourni par les elfes de maison de Poudlard. Jamais l'un d'entre eux ne trahirait l'école en attaquant un de ses pensionnaires. Et Quirrell n'est pas un sorcier suffisamment puissant pour faire de la magie sans baguette.
Il réfléchit un instant avant demander :
- Avait-il sa baguette avec lui quand tu croisais son regard ?
Harry nia.
- Prononçait-il une formule ? Parlait-il ? Ses lèvres bougeaient-elles ?
Une fois encore, le petit renard secoua la tête de droite à gauche. C'eut été une trop grande coïncidence.
- Alors ce n'est peut être pas intentionnel, déduisit Rémus. Je ne sais pas quoi dire. J'en parlerai à Albus et ferai des recherches. Severus …
Il s'interrompit et soupira. Harry en profita pour lui demander :
- Est-ce que j'ai fait quelque chose ?
Rémus le regarda perplexe.
- Pourquoi Sev ne vient plus me voir ?
- Oh, Harry. Ce n'est aucunement ta faute. Severus est … Comment dire ? C'est quelqu'un de très bien, mais qui a un passé très sombre aussi. Il lui arrive, des fois, de penser des choses qui ne sont pas vraies, mais que lui croira car son expérience le pousse à être méfiant, suspicieux et il se protège comme il peut du mal qui pourrait lui être fait avant même d'avoir tous les éléments. Alors même que, parfois, la situation ne s'y prête pas, voire c'est même plutôt le contraire.
Il souffla et réfléchit à ce qu'il venait de dire et soupira avant de reprendre. Ce n'était pas clair, mais la situation était compliquée et délicate à évoquer avec Harry.
- Severus est quelqu'un de très bien, Harry. Cependant, il préfère se protéger, il a trop souffert par le passé à cause de son entourage. Est-ce que tu comprends ?
Le petit avait les sourcils froncés, ainsi que son père d'ailleurs. Il comprenait le principe, mais ne voyait pas où voulait en venir Moony. Voyant bien que son petit protégé était perdu, Rémus reprit :
- Quand nous étions élèves à Poudlard, Severus n'était pas ami avec moi.
Il tenta d'expliquer la situation le plus simplement possible, excluant les notions de maisons différentes, Serpentard et Gryffondor, ou de magie noire, passant le nom de Voldemort sous silence. Il pensait que Harry n'était pas prêt à comprendre la complexité de la société sorcière. L'enfant n'avait pas à se soucier de toutes ces … Rémus resterait poli. Néanmoins, le passage faisant mention de son « Père humain » – le loup-garou avait choisi cette formule pour que Harry comprenne de qui il parlait sans remettre le statut de Fox – nécessitait une explication en bonne et due forme.
- Tu ressembles beaucoup à ton père humain, Harry.
Il avait un sourire tendre aux lèvres en prononçant cette phrase, autant pour le souvenir de feu son meilleur ami, que pour l'affection qu'il éprouvait pour son fils.
Harry prouva qu'il était un garçon intelligent en une seule phrase :
- Sev a peur que je lui fasse mal comme mon père humain lui en a fait avant, parce que je lui ressemble. Et il a préféré ne plus me voir et ne pas tenter cette souffrance. J'ai raison ?
Rémus sourit avec tendresse.
- Tu as tout compris, mon ange.
Harry sourit à son tour, fier de lui et déclara :
- Alors je comprends. C'est normal qu'il ait peur ! Je dois juste lui montrer que je ne veux pas faire mal !
Fox appliqua un coup de langue affectueux à son fils et le loup, lui, retint une larme, ému.
- Tu es un amour de petite boule de poil, Tiny. Gentil et attentionné. Une vraie perle.
Rémus renifla avec émotion avant de se joindre au vieux renard pour câliner leur petite merveille.
Il se remémora le début de son amitié avec le maître des potions. Severus avait assisté, malgré lui, à un lendemain de pleine lune particulièrement difficile. Le loup-garou s'était réveillé très mal en point et son ex-ennemi avait été obligé de prendre soin de lui pendant une bonne heure pour le remettre d'aplomb, à la suite de quoi ils avaient eu leur première conversation civilisée.
À l'époque, ils recherchaient encore Harry. Lors d'une énième battue dans la forêt, Rémus et lui avaient du faire équipe. Ils n'avaient pas prévu de rester jusqu'à la nuit tombée mais la mauvaise foi légendaire de Severus les avaient conduit à une dispute au cours de laquelle ils se perdirent. Malheureusement, le temps de retrouver leur chemin, la nuit était tombée et ils étaient encore loin de leur point de chute. Ils avaient donc décidé de transplanter chacun de leur côté pour passer la nuit, puis de revenir exactement au même endroit le lendemain afin de ne pas manquer un seul mettre carré de forêt. Leur mission était de retrouver l'enfant, pas de passer à côté pour une mésentente stupide, ils étaient tout deux d'accord sur ce point.
La lune était ronde cette nuit là. Le loup-garou avait donc subi – en bronchant plus ou moins – sa condition de créature magique, comme tous les mois. Seulement, il ne s'attendait pas à être tant marqué. Comme toujours, il ne se souvenait pas des événements. Il avait atterri dans la clairière face au maître des potions qui avait du le réceptionner et lui conférer les premiers soins en urgence.
Son ami avait pesté contre lui durant toute l'opération. Quelle idée de transplaner dans cet état ? Il lui avait répondu ne pas vouloir être en retard, connaissant la ponctualité maladive de son ancien camarade de classe. Finalement, il aurait du se soigner chez lui et arriver après. Quoi que, son partenaire ne l'aurait sans doute pas attendu.
Et puis Severus avait voulu savoir d'où venait tout le sang qui le maculait et ne lui appartenait certainement pas. C'est là que tout avait commencé.
Rémus avait paniqué, il ne s'était pas aperçu de son apparence, concentré qu'il était sur sa douleur. Qu'avait-il bien pu faire durant cette nuit ? Il lui répugnait de savoir qu'il mangeait sûrement des animaux encore chaud de vie lors de ses transformations. Savoir qu'il pouvait avoir blessé, voire contaminer ou tuer un être humain était sa pire crainte. Il demanda expressément au maître des potions si le sang était d'origine animale ou humaine.
Severus n'avait pu apaiser le loup-garou qu'après lui avoir confirmé que c'était du sang de chevreuil. Sur une remarque acerbe dont il avait le secret, il lui fit remarquer qu'il n'avait pas eu tant d'état d'âme lorsque c'était lui qui avait failli se retrouver sous ses crocs. Rémus avait immédiatement démenti. Il avait beau ne pas le porter dans son cœur, il s'en voulait énormément pour cet épisode et ce, encore aujourd'hui. Il avait sermonné Sirius pendant des mois après cette nuit là.
Cette battue n'avait pas porté ses fruit, mais depuis, les deux sorciers entretenaient une relation cordiale. Puis au fil des mois et des années, la cordialité s'était muée en amitié. Aujourd'hui, Rémus était l'un des rares sorciers auxquels faisait confiance Severus.
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- Au fait, sursauta soudainement Harry. Je dois te parler du rat !
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A la semaine prochaine !
