Chapitre Dix-neuf : la Chasse
Harry et Kishia se retrouvèrent ai niveau du portail du Domaine. C'était devenu une habitude depuis que le Libéré avait commencé à changer de régime alimentaire, se rapprochant pas à pas de celui des Démons. Perché sur les montants du portail de bois rouge, Harry observait le Démon le rejoindre sous sa forme humanoïde, et comme d'habitude, il enviait la démarche féline et charismatique de Kishia, ignorant qu'il possédait la même. Lais ce qu'il appréciait le plus chez son hôte, c'était ses oreilles de chat. On aurait pu croire que ses appendices lui donneraient un air de chaton inoffensif mais il suffisait de croiser son regard pour comprendre son erreur. Harry y voyait une soif ce soir une soif de sang qui faisait écho à la sienne, et quand leurs regards se croisèrent, un même sourire carnassier étira leurs lèvres.
« Motivé Kitsu' ? » Harry répondit par un grognement gourmand. « Ok. Suis-moi. »
Les deux silhouettes se faufilèrent dans la nuit et passèrent par le portail central pour se retrouver dans un parc public. Harry reconnu de suite le jardin de Magnolia Street. Un coup d'œil au démon étira ses lèvres dans un sourire mauvais et ses yeux se mirent à luire d'une sombre lueur pourpre avant que les deux ombres ne se dirigent vers leur destination, silencieuses dans les ténèbres de cette nuit sans lune.
Le 4, Privet Drive était silencieux et sombre, seule la voiture dans l'allée gravillonnée témoignait de la présence des Dursley dans leur demeure. Harry et Kishia remontèrent sans bruit le chemin, notant inconsciemment que la pelouse avait besoin d'être tondue, les rosiers nettoyés et les plates bandes désherbées, puis ils s'arrêtèrent sur le perron. Hors de question de forcer la porte avec la Sorcellerie, ils seraient repérés tout de suite. Harry s'accroupit pour avoir la serrure à hauteur de visage puis du bout des doigts, il créa un léger courant d'air qu'il fit pénétrer dans celle-ci, forçant en douceur les pennes à prendre la position d'ouverture. Quelques secondes plus tard, les deux Shamliariens se glissaient dans la pénombre du vestibule.
L'intérieur n'avait pas changé depuis la dernière fois, à part peut-être une énième photo du cachalot junior sur le mur déjà surchargé du couloir face à l'entrée. Harry monta les escaliers, le Démon sur les talons et s'arrêta sur les paliers. La chambre d'amis et son ancienne chambre laissait voir par leurs portes ouvertes le parquet ciré et légèrement luisant à la lumière froide des étoiles. Mais cela ne l'intéressait pas. D'une part parce que la lumière bleutée du monde humain était bien moins belle que celle rougeoyante des astres des Démons, et aussi parce qu'il n'était pas là pour admirer les mirages de la nature. Non, il avait un choix crucial à faire. Par qui commencer ?
Cruel dilemme qui se posait au Libéré. Son cousin à qui il avait servi de Punching Ball ? Son oncle qui l'avait giflait au moindre regard de travers, pour ne pas dire la moindre respiration ? Ou alors sa tante qui l'exploitait sans le nourrir ? Il replongea dans les souvenirs de son enfance et Kishia vit passer des sentiments de haine et de peurs aniciennes mêlées sur le visage de son Lié. Il allait le secouer quand un sourire mauvais éclaira le visage du jeune homme devant lui. Harry venait de se souvenir du jour de sa Libération et de tout ce qui c'était dit. Oui, il savait maintenant. Il savait parfaitement par qui allait commencer sa vengeance.
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Dans les sombres entrailles d'un obscure manoir, quelque part des les mornes plaines d'écosse balayées par les froids vents du Nord, une assemblée se tenait. Tous de noir vêtus et masqués de gris ou de blanc, une centaine d'hommes et de femmes se tenaient agenouillés devant un trône et son occupant. On aurait pu croire à une sainte et fervente dévotion si un lourd et épais parfum de peur ne s'abattait pas sur ces Hommes comme une chape de plomb. Sur le trône de pierre noir, caressant son serpent d'une main distraite et ses rouges vrillés sur ses hommes, Lord Voldemort se laissait gagner par l'excitation.
Depuis un mois et demi, sa proie avait disparu et malgré toutes les recherches menées, il n'arrivait pas à le localiser. Leur lien mental même semblait être occulté, comme si un épais rideau de velours se tenait entre eux. Mais du coup, son règne de la peur, instauré par ses fidèles Mangemorts, prenait peu à peu de l'ampleur. Oh, bien sûr, la rébellion sorcière n'était pas complètement soumise, mais ils avaient perdu leur guide et leur symbole mais cela n'était qu'une question de temps. Et du temps, il en avait, lui qui avait l'immortalité devant lui. Mais ce soir, il savourait d'avance la victoire qu'il était sur le point de prendre. Il allait frapper fort, faire trembler jusqu'aux fondations de ce satané Ordre du Phénix. Oui, ce soir, ils comprendraient tous que rien n'était impossible pour le mage noir le plus puissant, celui qui s'était autoproclamé Lord. Et ce cher Survivant, ce maudit gamin, où qu'il soit, comprendrait de nouveau qu'il ne faut pas se mettre en travers de la route du Seigneur des Ténèbres.
« Malfoy, Parkinson, Lestrange, Nott et Rosier, vous restez ici. Les autres, reprenez vos missions respectives. » La voix était doucereuse mais la menace d'un Doloris en cas d'échec restait perceptible pour n'importe quel imbécile.
Dans un bruissement de tissu, les Mangemorts se retirèrent rapidement et reprirent le chemin vers la zone de Transplanage et leur mission. Seuls cinq d'entre eux restèrent devant leur maître. Ce dernier regarda l'espace entre Lucius Malfoy et Bellatrix Lestrange et ne put s'empêcher de siffler de rage devant la preuve de la trahison de son meilleur espion et Maître de Potions, Severus Snape. Il se reprit rapidement. Là n'était pas la question, il relancerait son élite à ses trousses plus tard. Pour le moment, il s'agissait de s'amuser.
« J'ai une mission spéciale pour vous cette nuit. J'aimerai faire un cadeau à une certaine personne de notre connaissance… Suivez-moi. »
Se levant souplement, il entraîna son cercle le plus proche et les guida vers une zone de Transplanage avant de quitter son antre vers une ruelle sordide. Lucius maudissait le sort. Il ne pouvait rien faire pour prévenir Severus et par lui, l'Ordre du Phénix, et pourtant, il sentait que cette histoire allait mal tourner. Il ne savait pas encore comment…
Les sept sorciers faisaient face au 4, Privet drive et d'un coup de baguette accompagné d'une longue litanie de mots inconnus, le Seigneur Noir fit tomber les barrières magiques de protection dont il avait enfin trouvé la faille avant de s'avancer d'un pas lent dans l'allée. Sur son passage, les rosiers se fanèrent, les fleurs se recroquevillèrent avant de tomber sur le sol, brunies et craquantes. Lucius sentit son pressentiment grandir au fond de lui, encore plus lorsque son Maître ouvrit la porte d'entrée d'une simple poussée de main. Il avait suffisamment attaqués des demeures moldues pour savoir que ces derniers verrouillaient, même primitivement, leurs portes.
Voldemort déploya ses hommes au rez-de-chaussée et ne garda que Bellatrix et Lucius pour sa visite du premier étage. Le blond se retrouva à fouiller une chambre, si une pièce d'aussi petite dimension pouvait être une chambre et non un cagibi aux yeux de l'aristocrate, qui s'avéra être une salle de jeux quand le cri de rage du Seigneur des Ténèbres fit trembler les vitres et les murs de plâtre, faisant accourir le nouvel espion.
Dans une mare de sang, les corps démembrés de Pétunia Dursley, née Evans, et Vernon Dursley gisaient sans vie, le visage à peine reconnaissable sous les coups de griffes et de crocs. Les meubles avaient été réduits en miettes et les murs éclaboussés de sang semblaient être les témoins muets du carnage qui avait eu lieu un peu plus tôt. L'odeur métallique du liquide vital encore frais retourna l'estomac du chef de famille des Malfoy. Même les massacres de Greyback ne lui avaient fait cet effet. Les Mangemorts et lur Seigneur repartirent en transplanant vers leur repère, et chacun savait qu'il allait payer le prix de la frustration et de la colère du Lord Noir.
