Titre Anglais : Rise of the protector

Titre Français :

Auteur : ksomm814

Chapitre traduit par : Misschatelle

Bêta traductrice : Rémus James Lupin

Bêta Correctrice : Rémus James Lupin

Rating : T

État de la fic en anglais : Fini (22 chap)

État de la fic en français : En cours

Disclamer : Rien ne nous appartient sauf la traduction

Résumé : Le job d'Harry est clair: détruire les Horcruxes et vaincre Voldemort. Avec la mort de son mentor, Harry est forcé de devenir quelque chose qu'il n'a jamais voulu, un leader. Maintenant, il n'y a pas de retour en arrière.

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Bonne lecture

Onarluca et Eni

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Chapitre 21 : Accumulation de Sorcellerie Particulièrement Intensive et Exigeante

Pendant bien longtemps, Harry se demanderait comment il avait pu traverser la dernière semaine et demi sans la moindre dépression nerveuse. Sirius ne lui parlait plus, Remus allait mourir, Ron et Hermione demandaient des réponses que Harry ne pouvait pas fournir, Remus allait mourir, les ASPICs avaient commencé et, bien sûr, Remus allait mourir. Peu importe ce sur quoi Harry se concentrait, ses pensées revenaient toujours vers la révélation de Remus.

Comment pouvait-il ne pas y penser?

C'était bien seulement à cause des supplications de Remus que Harry tentait de passer ses ASPICs, bien que son lieu de préparation ait été déplacé aux quartiers des maraudeurs. Ron et Hermione n'avaient pas posé de questions par rapport à ce changement, mais Harry pouvait sentir leur curiosité grandir de plus en plus. Il était difficile de garder secret l'état de Remus, mais Harry savait que la vérité ne serait qu'une distraction supplémentaire pour eux, tout comme elle l'était pour lui. Hermione en avait déjà assez sur les épaules et Ron ne pouvait pas se permettre d'être distrait.

Les ASPICs étaient organisés un peu comme les BUSEs, à l'exception du fait que les examens commençaient plus tôt, et se terminaient plus tard. Harry et Ron avaient eu de la chance pour la première semaine, n'ayant des examens qu'ici et là, contrairement à Hermione, qui en avait à tous les jours. C'était l'un de ces moments où Harry était content de ne pas avoir trop de cours. Il n'arrivait pas à s'imaginer comment Hermione arrivait à retenir toute cette information, mais il savait d'expérience qui ne fallait jamais sous-estimer les capacités d'Hermione.

L'examen théorique de Sortilèges commençait tôt lundi matin, forçant tous les septièmes années à brusquement prendre connaissance de la difficulté des ASPICs. En plus des questions d'examen régulières, on y trouvait des questions abstraites pouvant être approchées de trop nombreuses façons. Ironiquement, c'était de ces questions qu'Hermione ne pouvait cesser de parler avec un sourire aux lèvres, au grand désespoir de tous les autres, qui ne voulaient que sortir ces cinq heures d'examen hors de leurs esprits.

L'examen pratique de Sortilèges se révéla encore plus intense. Tout de suite après le déjeuner, les septièmes années furent appelés en groupes de cinq pour une heure d'examen physique, avec des sorts allant de Wingardium Leviosa à Expecto Patronum. Chaque sort était critiqué, tout comme la technique utilisée pour le jeter. Un sort silencieux était évidemment préféré, mais il n'y avait aucune pénalité si les sorts plus difficiles étaient jetés à voix haute. Ceux au tout début de l'alphabet eurent la chance d'être appelés en premier. Harry et Ron, toutefois, durent attendre de longues et pénibles heures, avant que ce ne soit leur tour. Lorsque Harry fut enfin appelé, il avait révisé presque chaque sort qu'il connaissait plusieurs fois.

L'examen en tant que tel, selon Harry, était complètement différent de l'examen pratique. Il n'y avait aucune question abstraite et aucune dissertation à écrire. C'était seulement Harry et sa baguette. C'était uniquement une question de jeter le sort, ou pas. Il n'y avait pas de temps pour douter de soi. Tout ce que Harry avait à faire était d'exécuter ce que le vieux sorcier devant lui, lui demandait de faire, et avant qu'il ne puisse s'en rendre compte, son examen était terminé. Il y avait eu un certain malaise quand on lui avait demandé d'invoquer son patronus, puisque tout le monde s'était arrêté pour regarder Midnight, Lunard et Cornedrue apparaître au bout de sa baguette, mais cela aurait pu être bien pire. L'anomalie du patronus de Harry n'était plus vraiment un secret.

Lorsque Ron eut terminé, le dîner était déjà commencé. En entrant dans la Grande Salle, un rapide balayage du regard leur suffit pour remarquer l'absence d'Hermione. Ce n'était pas surprenant, puisqu'elle avait son examen de Runes anciennes tôt le lendemain matin. Harry était prêt à parier son Éclair de Feu qu'elle révisait avec Remus. Elle avait été aux anges lorsque Remus lui avait offert son aide, bien qu'il avait admis que ses connaissances de Runes anciennes étaient un peu rouillées.

Par respect pour Hermione, mais aussi par crainte de se faire jeter un sort, Harry et Ron ne s'approchèrent pas des quartiers des maraudeurs ce soir-là. Il était difficile de se concentrer sur sept années de métamorphose avec un cerveau aussi épuisé et surchargé, mais ni Harry ni Ron n'étaient suffisamment talentueux pour gaspiller du précieux temps d'étude. Le Professeur McGonagall avait été très claire sur le niveau de difficulté des examens et, si l'examen de Sortilèges était un bon indicateur, Harry savait qu'il aurait besoin de tout le temps dont il pouvait bénéficier.

Le matin suivant arriva beaucoup trop rapidement pour les septièmes années. Ceux qui avaient l'examen de Runes anciennes étaient hors des salles communes très tôt, et le reste de leur année les suivit de près. Pour Harry et Ron, ce fut une assez longue journée d'étude, à réviser avec Remus dans les quartiers des maraudeurs tout ce qu'ils pouvaient trouver sur la métamorphose. Sirius était, comme toujours, nulle part en vue, ce qui dérangea Harry plus que tout. Il était compréhensible que Sirius soit contrarié, mais il n'avait pas à ignorer tout son entourage, comme un enfant.

Quelques fois, Harry se demandait quel âge Sirius avait vraiment.

Hermione les rejoignit après le déjeuner, l'air épuisé, mais refusant de parler de quoi que ce soit d'autre que l'examen suivant. Harry et Ron décidèrent sagement de se soumettre à ce désir. Tous deux savaient d'expérience dans quel état Hermione pouvait être après un examen dont elle n'était pas complètement certaine de ses réponses.

Le jour suivant se déroula de façon similaire au premier d'examens, à une exception près. Lorsqu'il fut temps de passer l'examen pratique, les étudiants furent appelés dans l'ordre inverse, déstabilisant tout le monde. Ron semblait être sur le point d'être malade, et Harry ne se sentait pas tellement mieux. Plutôt que d'être dans le dernier groupe, ils étaient maintenant dans le premier. Hermione eut de la chance en demeurant dans le troisième groupe, mais il était clair qu'elle ne partageait pas ces sentiments. Avec son examen d'arithmancie l'après-midi suivant, elle ne voulait que passer son examen de métamorphose au plus vite, afin de se préparer pour l'examen suivant.

Dès que Harry mit le pied dans la salle, il se força à se concentrer sur rien d'autre que l'examen à venir. Il avait déjà eu du mal avec l'examen théorique. Il ne pouvait se permettre de flancher à l'examen pratique. Se tenant devant la vieille sorcière, Harry prit une grande inspiration, puis attendit ses directives. Il semblait qu'à peine quelques secondes plus tard, Harry avait terminé et se dirigeait vers la sortie de l'autre côté de la pièce. À sa surprise, Ron l'attendait déjà à l'extérieur, un air nerveux sur le visage.

« Comment ça a été? » demanda Ron doucement.

Harry haussa les épaules. Repenser à ses erreurs était bien la dernière chose qu'il voulait faire à l'instant.

« Dur à dire, » répondit-il, sincèrement. « C'était certainement plus difficile que l'examen de Sortilèges. »

« Ça va de soit, » répondit Ron avec dureté. « Je vais te dire une chose. Je ne sais pas où je serais sans l'aide de Remus. Il m'a vraiment sauvé la vie. »

« Il a toujours été comme ça, » fit Harry, d'une voix faible. Il lui fallut énormément de contrôle pour garder une voix stable, plutôt que d'hurler de frustration. Il devenait de plus en plus difficile de respecter le souhait de Remus, et de simplement regarder quelqu'un qu'il aimait comme un père se détériorer petit à petit. Il ne voulait rien de plus que de se rapprocher de Remus et lui donner tout ce qu'il pouvait, sans se soucier des conséquences. Pour Harry, passer quelques jours endormis ne représentait rien pour lui, si cela pouvait éviter à Remus quelques moments de douleur.

« Est-ce que tout va bien, Harry? » demanda Ron avec prudence, arrachant Harry à ses pensées. « Tu as l'air de quelqu'un qui a perdu son meilleur ami. Est-ce que tu es encore fâché à cause de Sirius? Il va s'en remettre, tu sais. Tu dois seulement lui laisser du temps. »

Harry grogna. Il ne croyait pas vraiment que Sirius 's'en remettrait'. Sachant ce qu'il savait maintenant, Harry pouvait imaginer ce que Sirius traversait. Son meilleur ami était en train de mourir et son filleul devait partir pour un autre pays. Presque toute la famille de Sirius le désertait, que ce soit leur décision ou non. Les sentiments de Sirius étaient compréhensibles. Son comportement, par contre, ne l'était pas. Plutôt que de profiter du temps qu'il leur restait, Sirius évitait tout le monde.

Il était difficile de choisir entre l'empathie et le désir de l'étrangler.

Harry et Ron firent beaucoup d'effort pour laisser Hermione tranquille ce soir-là, tout en faisant tout ce qui était en leur possible pour trouver la motivation de se plonger dans la Défense contre les forces du mal. Ce n'était pas parce que l'Armée de Dumbledore avait passé des mois à apprendre des sorts de niveau Auror. Ce n'était pas à cause du stress ou de l'épuisement qui les prenaient aux tripes. Depuis qu'il était revenu à Poudlard, la Défense avait été une matière difficile pour Harry. Il était difficile d'entrer dans la classe et ne pas y voir Kingsley. En fait, chaque fois que Harry voyait quelqu'un d'autre à son poste, Kinglsey ne faisait que manquer davantage à Harry.

C'est étrange, à quel point on peut n'avoir aucune idée de l'importance d'une personne, jusqu'à ce qu'elle soit partie pour de bon.

Lorsque le matin arriva, toutefois, Harry et Ron n'eurent plus le choix, et durent se plonger tête première dans leurs notes de Défense. Ils étaient arrivés aux quartiers des maraudeurs tôt, assez tôt pour voir Sirius les ignorer avant de partir. Harry essaya d'ignorer la douleur dans sa poitrine, ainsi que la colère et la frustration qui s'émanaient de Sirius, mais ce n'était certainement pas facile. Peut-être avait-il sous-estimé à quel point il avait blessé son parrain.

Peut-être que son parrain ne voulait plus jamais le revoir.

La préparation pour Défense contre les forces du mal ne demanda pas autant de temps que prévu. Évidemment, avoir Remus pour leur poser de rigoureuses questions sur les points importants aida beaucoup, et quelques retours sur les rudiments aidèrent aussi, mais ce fut là l'étendue de l'aide de Remus. Il refusait de faire ou dire quoi que ce soit qui pourrait un minimum franchir les limites de la tricherie, et Harry lui en était reconnaissant. Il recevait déjà assez de favoritisme de la part d'étrangers. Il n'en avait pas besoin de la part de sa famille aussi.

L'examen théorique en tant que tel n'aurait pas pu souligner tous les degrés d'apprentissage parmi les septièmes années. Harry, Hermione et Ron furent parmi les premiers à finir, avec les membres de l'Armée de Dumbledore les suivant de près. Contrairement aux examens de Sortilèges et de Métamorphose, les questions abstraites étaient moindrement cohérentes, dans le contexte de la guerre.

La même chose se serait sans doute produite à l'examen pratique, s'ils n'avaient pas été appelés en ordre alphabétique. De nouveau, Harry et Ron se trouvaient dans le dernier groupe, les obligeant à attendre pendant des heures, avec rien de mieux à faire que de réviser dans leur tête tous les sorts qu'ils pouvaient se rappeler. Lorsque leurs noms furent enfin appelés, Harry n'avait qu'une envie : que tout soit terminé; Ron, de son côté, avait l'air malade. L'attente était sans doute la pire partie de l'examen pratique, permettant à chacun, même l'étudiant le plus confiant, de douter de ses capacités.

Lorsque Harry mit les pieds dans la grande pièce, une appréhension s'empara de lui. Il pouvait sentir les regards de cinq sorciers et sorcières suivre chacun de ses pas. Il marcha jusqu'au niveau du vieux sorcier le plus éloigné, et attendit, sentant les sorts de silence prendre vie autour d'eux, comme à chaque examen. Contrairement aux autres examens, toutefois, l'examinateur s'approcha de Harry avec un sourire amusé aux lèvres.

« Monsieur Potter, » fit le sorcier, l'air léger. « Il a été convenu que votre participation à cet examen n'est pas nécessaire, considérant vos accomplissements. Si vous préférez – »

« – je préférerais être traité comme tous les autres étudiants de septièmes année, » répliqua Harry sèchement, en se croisant les bras sur la poitrine. J'aurais du savoir que la normalité était trop demandée. « Pouvons-nous commencer? »

Le sorcier hocha la tête, bien que le mouvement des rides autour de sa bouche indique qu'il tentait de ravaler une expression confuse. Harry retint son irritation, et s'efforça plutôt à demeurer concentrer sur la tâche qui l'attendait. Il savait maintenant qu'il avait eu raison de croire que le monde magique ne savait rien de sa situation. Il comprenait qu'ils croyaient qu'il s'était mérité une pause, mais s'il avait voulu une pause, il ne serait pas revenu à Poudlard juste pour passer ses ASPICs.

Comme pour contrer tous doutes, Harry s'assura de remplir toutes les attentes à la perfection, même s'il dut prendre plus de temps que le reste de son groupe. Lorsqu'il eut terminé, son examinateur souriait avec fierté. Il fallut à Harry tout son sang froid pour quitter la pièce sans dire un mot, mais il y parvint. Il n'aimait pas que la pensée lui ait même traversé l'esprit, mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir hâte de laisser son public admiratif derrière lui.

Il devait être une terrible personne pour préférer la paix d'esprit au temps précieux qu'il lui restait avec ses amis et sa famille.

« Potter. »

À peine eut-il mit les pieds dans le couloir, Harry s'arrêta et soupira avec frustration. Cette journée ne prendrait-elle donc jamais fin? À contrecœur, Harry se retourna et fit face à un Draco épuisé et nerveux, se tenant seul. Harry ne sut pas comment réagir. Chaque fois que Malfoy était revenu à Poudlard, il avait tout fait pour éviter Harry, et ce dernier avait fait de même. C'était une chose que d'aider à vaincre le mage noir, mais c'en était une autre que d'être civil envers celui qui avait mis fin à la « Révolution Serpentard ».

« Qu'est-ce que tu veux, Malfoy? » demanda Harry, l'air ennuyé.

Les yeux gris de Malfoy balayèrent rapidement les alentours avant de se poser à nouveau sur Harry.

« En fait, j'espérais que tu pourrais passer un message à Black, » dit-il doucement. « Ma mère aimerait lui parler des possibilités de revenir dans la famille Black. »

Harry écarquilla les yeux. Il ne comprenait pas très bien les lois du monde magique, mais il en savait assez pour comprendre que ce que Malfoy impliquait était que Narcissa Malfoy voulait mettre fin à son mariage et renoncer à tout rôle que son titre de Mme Malfoy pouvait lui conférer, faisant ainsi de son fils le seul propriétaire des possessions Malfoy, jusqu'à ce que Lucius Malfoy ne sorte de prison – si cela devait arriver un jour.

« J'ai bien peur qu'il te faille trouver Sirius toi-même, Malfoy, » répondit finalement Harry. « Nous ne sommes pas en bons termes ces temps-ci. »

Malfoy se renfrogna.

« Je le ferais si je le pouvais, » répliqua-t-il. « J'ai même demandé à McGonagall de m'aider. Personne ne sait où il va le jour, mais ce n'est certainement pas près de Poudlard. Il quitte les lieux très tôt le matin, et ne revient qu'après le couvre-feu. »

Harry écarquilla davantage les yeux. Remus n'avait pas mentionné cette information. À moins que Remus ne soit pas au courant. Cela faisait beaucoup de questions sans réponse pour Harry. Qu'est-ce que Sirius pouvait bien mijoter? Passait-il ses journées à boire dans un bar avec une certaine barmaid? Harry en doutait. Sirius avait eu l'air bien le matin précédent. À moins qu'il ait été sous un charme, mais pourquoi se serait-il mêlé à ça?

« Je vais demeurer à l'affût, » fit Harry, l'air distant. « et je te suggère de faire la même chose. Avec un peu de chance, l'un de nous deux pourra le trouver. »

Malfoy hocha la tête brièvement avant de se retourner et de partir sans un mot. Il était rafraîchissant de voir que certaines choses ne changeraient jamais, et la dépendance de Malfoy envers l'opinion des autres en faisant partie. C'était quelque chose que Harry ne pourrait jamais comprendre. C'était une erreur que de s'en remettre ainsi à l'opinion que les autres ont de soi, puisqu'il y aurait toujours quelqu'un en désaccord, peu importe le comportement adopté.

Une main familière vint se poser sur son épaule, mettant brusquement fin à ses pensées concernant l'énigme Malfoy.

« Tout va bien, Harry? » demanda Ron, l'air inquiet. « Il ne t'a rien fait de mal, j'espère? »

Harry secoua la tête.

« Juste une histoire concernant la famille Black, » fit-il nonchalamment. « Tu es prêt pour le dîner? »

Ron lui sourit, leurs pas se dirigeant déjà vers la Grande Salle.

« As-tu même besoin de le demander? Je suis toujours prêt pour de la nourriture. Tu as envie jouer aux échecs, après le repas? »

Harry tourna le regard vers Ron, un sourcil levé.

« Tu sais que c'est impossible. Il faut se préparer pour la séance d'étude de Potions demain avec Remus. C'est notre matière la plus faible, et j'aimerais mieux ne pas avoir l'air d'un idiot devant toute la classe. »

« Nous ne sommes que onze, Harry, » lui fit remarquer Ron, alors qu'ils arrivaient au Hall d'entrée, le bavardage autour d'eux atteignant un niveau presque assourdissant. « De plus, nous avons tout le weekend avec Remus pour tout réviser. »

Harry soupira, au même moment où ils traversèrent les portes de la Grande Salle. Hermione était déjà à la table des Gryffondors, mangeant avec une main, et lisant un vieux livre abîmé de l'autre. C'était une scène normale depuis que les ASPICs avaient commencé, et elle le serait jusqu'à ce que leur dernier examen, en Herbologie, soit terminé mardi.

« C'est faux, » répliqua Harry avec fermeté. « Remus a besoin de repos, s'il ne veut pas s'écrouler d'épuisement. »

Ron s'arrêta juste derrière Hermione, questionnant Harry du regard. Harry lui lança un avertissement du regard, avant de prendre place à la gauche d'Hermione, laissant Ron prendre place à sa droite. Il était impossible de ne pas voir le regard suspicieux qu'Hermione lui lançait par-dessus son livre, mais cela valait tout de même la peine d'essayer, non?

Faux.

Hermione ferma soudainement son livre et se tourna vers Harry, un air déterminé sur le visage.

« Je ne sais pas pourquoi tu ne peux pas nous dire ce qui ne vas pas avec Remus, » dit-elle rapidement. « Nous pourrions aider, tu sais. Nous avons tous les deux remarqué qu'il a l'air malade et nous savons aussi que cela n'a rien à voir avec la pleine lune de la semaine dernière. »

Harry ravala une réplique en prenant une longue gorgée de son jus de citrouille. Il était déchiré entre l'envie de tout révéler et l'envie de lui crier dessus. Ne voyait-elle pas que Remus avait droit à une vie privée? Juste parce qu'elle voulait savoir ne lui donnait pas le droit de savoir.

« Laisse-le tranquille Hermione, » lui dit Ron, la bouche pleine. Le regard qu'Hermione lui jeta l'encouragea à avaler sa bouché et s'essayer la bouche du revers de la main. « Tu n'as pas pensé que Remus ne voulait peut-être pas que ça se sache? »

Hermione se retourna aussitôt vers Harry, l'air suppliant.

« Ce n'est pas le cas, dis-moi, Harry? » demanda-t-elle, nerveuse. « Pourquoi est-ce que ça ferait une différence? Ce n'est pas comme s'il était mourant ou quoi que ce soit, non? »

Harry grinça les dents et trouva soudainement son assiette presque vide particulièrement fascinante. Éviter le sujet était une chose. Mentir en était une autre.

« Non! » laissa échapper Hermione dans un souffle, et un tintement retentit dans leurs oreilles. Ron avait laissé tomber sa fourchette. « Harry, dis-moi que ce n'est pas vrai. »

Harry balaya la pièce de regard pour s'assurer que personne ne les écoutait, puis jeta discrètement un sort d'isolement autour d'eux, pour être sûr.

« Maintenant vous savez pourquoi je ne voulais pas que vous l'appreniez, pas avant que les examens soient terminés, au moins, » dit-il d'un ton défait. « Remus ne voulait même pas que je le sache. »

Ron regardait Harry avec incrédulité, ouvrant la bouche par intermittence, avant de se sortir de sa stupeur et de retrouver la voix.

« Mais il se fait aider, non? Je veux dire, ils cherchent un remède pour ce qu'il a, non? »

Harry hésita, cherchant les bons mots, afin d'être honnête, mais pas trop dur.

« Ron, il n'y a pas de remède, » dit-il doucement. « Son corps ne peut plus supporter les transformations comme avant. C'est quelque chose que tous les loup-garous traversent. C'est juste une question de temps. »

Hermione s'enfouit le visage dans les mains, tandis que Ron fermait les yeux en baissant la tête. Leur choc, leur incrédulité et leur désespoir étaient si palpables que Harry se sentit presque asphyxié. Fermant les yeux à son tour, Harry tentât de s'éloigner de ces sentiments, mais ne fit que les intensifier. Un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres, et il s'agrippa à la table à deux mains, espérant de tout cœur que Ron et Hermione parviendraient à contrôler leurs émotions rapidement.

« Oh! » s'exclama Hermione. « Oh Harry, je suis si désolée! »

Les émotions se calmèrent sensiblement, mais furent toujours présentes, l'agaçant, tout comme cette douleur qui essayait constamment d'envahir son cœur.

« Ça va, » croassa Harry. « Je comprends. Vous l'aimez tous les deux aussi. »

Hermione tendit le bras vers lui et lui prit la main, tentant de le rassurer.

« C'est juste le choc, » admit-elle. « Nous savons depuis longtemps qu'il est malade, mais il a toujours insisté pour dire que ce n'était rien de grave. » Elle soupira longuement et inégalement. « Comment avons-nous pu être si aveugles? »

« Il n'y a rien que nous ne puissions faire? » demande Ron, suppliant. « Il doit y avoir quelque chose, si tous les loup-garous traversent cette phase. »

« Qui se soucierait d'un loup-garou mourant, avec toute cette discrimination contre eux dans le monde magique? » fit Hermione d'un ton amer. « Et Sirius? Est-ce qu'il cherche une solution? » Harry lui jeta un regard incrédule, la poussant à légèrement rougir. « Oh, je suis désolée, Harry. J'ai oublié que vous ne vous parliez plus. Je n'arrive juste pas à croire que Remus ait juste abandonné. Veut-il vraiment mourir? »

Harry devait admettre qu'il était d'accord avec Hermione... à tout le moins au début, mais maintenant, alors qu'il tentait de défendre la décision de Remus, il comprenait davantage sa position. Cela ne concernait pas les désirs de Sirius, Harry, Hermione, ou qui que ce soit d'autre. Ce qui importait était ce dont Remus avait besoin, avant que son corps ne le laisse tomber après ces dures années. Remus n'avait pas abandonné. Il ne voulait pas mourir, mais il ne voulait pas non plus passer ses derniers instants dans un hôpital. Il voulait passer ces moments avec sa famille.

« Non, Hermione, » répondit enfin Harry. « Il ne veut pas mourir. Il veut juste vivre au maximum, tant que son corps le lui permet encore. »


Le weekend avança à vitesse variante. Il avait été difficile pour Ron et Hermione de camoufler leur connaissance de la condition de Remus, surtout pendant la séance d'étude de deux heures avec lui le samedi matin. Hermione avait laissé échapper quelques sous-entendus à plusieurs reprises, en essayant d'aider. Remus avait maintenu son calme habituel, mais Harry savait que ce n'était qu'une façade, car il pouvait sentir la frustration émaner de lui. Il fallu beaucoup de coups de pieds sous la table de la part de Harry et Ron pour la faire s'arrêter, mais demeurer silencieuse semblait demander beaucoup d'efforts de la part d'Hermione.

Après la séance, Harry était parvenu à coincer Remus pour lui parler des présumées excursions de Sirius, mais il ne fit qu'apprendre que Remus était tout aussi surpris que Harry lui-même. Remus lui assura qu'il trouverait un moyen de passer le message de Malfoy, et laissa entendre qu'il ferait quelques recherches de son côté. Il était évident que Remus était troublé que Sirius lui cache des choses.

Ayant leur examen théorique de potions tôt lundi matin, Harry, Ron et Hermione eurent peu de temps pour quoi que ce soit d'autre que leurs préparatifs de dernières minutes. Les potions avaient toujours été la matière la plus difficile pour Harry avant qu'il ne commence son entraînement avec Madame Pomfresh l'année dernière, mais encore aujourd'hui, il devait travailler dur pour tout comprendre Il y avait tellement de détails à retenir, et tellement de résultats à éviter. C'était bien assez pour étourdir n'importe qui.

Lorsque l'examen commença, Harry n'avait envie que d'une chose : ne plus jamais faire de potions. Avec une classe aussi petite, il était facile de ressentir la frustration ou l'excitation des autres. Malheureusement, ces deux émotions étaient ressenties le plus intensément chez les deux personnes assises à ses côtés. Hermione pouvait à peine contenir sa joie en répondant à toutes les questions l'une après l'autre, et en finissant la première. Ron, de son côté, laissa rapidement la frustration l'envahir, ce qui rendit l'examen particulièrement pénible. C'était un examen que Harry avait particulièrement hâte de terminer.

L'examen pratique fut légèrement plus facile. Chaque étudiant était assigné à une table, où ils pouvaient réaliser leurs potions sans risquer de se faire espionner par leurs camarades de classe. Cela rendit la tâche plus facile à Harry, qui put enfin se concentrer sur ses potions sans se soucier de ce qui se passait autour de lui. Chaque étudiant se voyait remettre une liste de trois potions à réaliser, avec un avertissement révélant que personne n'avait la même liste. La liste de Harry consistait en un philtre de sommeil, qu'il avait préparé à plusieurs reprises sous la supervision de Madame Pomfresh, un philtre de mort vivante qu'il avait réalisé lors de sa première leçon avec le Professeur Sloghorn, et un philtre de paix, qu'il n'avait jamais essayé puisqu'il était dans le coma lorsque sa classe l'avait préparé.

Plus de la moitié du temps accordé à l'examen était passé lorsque Harry commença le philtre de paix. Par chance, Hermione avait pris beaucoup de notes très claires, donnant à Harry une bonne idée de ce à quoi la potion devait ressembler. Espérons que ce soit suffisant. Harry travailla dur, jusqu'à ce qu'il soit informé que le temps était écoulé. Il savait que la dernière potion n'avait pas donné un aussi bon résultat que les deux autres, mais il avait fait de son mieux. Ça allait devoir faire l'affaire.

Ayant terminé l'examen le plus inquiétant, étudier pour Herbologie ne semblait soudainement plus si demandant. C'était aussi une chance qu'une bonne partie du matériel ait été revu d'une façon ou d'une autre en potions. Il étudierait le plus possible, et ferait ensuite de son mieux avec les connaissances qu'il avait. Ça allait devoir faire l'affaire.

Le matin suivant arriva trop rapidement pour les septièmes années, comme chaque matin depuis une semaine. Comme à chaque jour, Harry, Ron et Hermione furent levés très tôt, comme les autres septièmes années, afin de manger un rapide petit déjeuner, avant de s'enfermer pendant cinq heures pour l'examen d'herbologie. Personne n'avait grand chose à se dire. Il était évident que tout le monde ne pensait qu'à la fin des ASPICs. Même Hermione en avait assez, ce qui en disait beaucoup sur leur état d'épuisement.

En quittant la Grande Salle, Harry remarqua que les hiboux commençaient à arriver avec la poste du matin. Il lui sembla étrange qu'ils arrivent si tôt, et qu'il semble y avoir autant, mais il ne s'y attarda pas davantage, et se concentra plutôt sur son dernier examen chez Poudlard. C'était un peu triste, dans un sens.

Au point où ils en étaient, tout le monde savait à quoi s'attendre de l'examen. Il n'y eut pas de surprises, permettant aux émotions de demeurer stable pendant les cinq heures... ou à tout le moins, aussi stables qu'elles pouvaient l'être. Harry fit de son mieux pour ignorer le cliquetis des aiguilles de l'horloge, ainsi que l'examinateur qui annonçait le temps restant à chaque demi-heure. Il répondit à chaque question l'une après l'autre, jusqu'à ce que le dernier mot soit écrit sous la dernière question abstraite à réponse courte.

En remettant sa copie d'examen, Harry put sentir son corps de relaxer, réalisant ce que cela signifiait. Son éducation chez Poudlard était terminée. Malgré tout ce qu'il avait traversé pendant ces sept dernières années, il avait malgré tout réussi à terminer quelque chose que tout le monde à Poudlard prenait pour acquis, et il l'avait fait sans le moindre traitement de faveur. Il se sentit fier en quittant la grande salle d'examen. Il était presque comique que compléter son éducation soit aussi gratifiant que de détruire le plus dangereux mage noir de l'histoire du monde sorcier.

Peu après, Ron le rejoignit, projetant autant de soulagement que Harry.

« Eh bien, je crois que je vais avoir réussi celui-là, » fit Ron en haussant les épaules. « Prêt pour déjeuner? Je meurs de faim. Je pourrais manger un hippogriffe entier. »

Harry lui sourit.

« Ne dis jamais ça près de Hagrid, » dit-il avec humour. « On ne devrait pas attendre Hermione? »

Ron secoua la tête.

« Elle est déjà partie, » dit-il avec un haussement d'épaules. « Je ne sais pas pourquoi elle n'a pas pu nous attendre aujourd'hui. Elle n'a plus d'examens non plus. »

Harry eut soudainement un sentiment d'appréhension, alors qu'ils se dirigeaient vers la Grande Salle.

« J'espère qu'elle n'est pas allée à la bibliothèque pour trouver un moyen d'aider Remus, » dit-il doucement. « Remus a besoin qu'on supporte sa décision, pas qu'on la remette en doute. »

« Elle veut juste aider, Harry, » tenta Ron. « Tu sais qu'Hermione est comme ça. Tant qu'elle n'aura pas lu dans un livre qu'il n'y a aucun remède, elle va continuer d'assumer qu'elle n'a juste pas encore trouvé le bon livre. »

Harry soupira et hocha la tête. Il savait que Ron avait raison. Hermione accordait beaucoup trop d'importance à la littérature, et ne voyait donc pas que Remus en savait certainement plus sur les loup-garous que tout livre, puisqu'il avait passé la majeure partie de sa vie à en être un. Combien de temps faudrait-il à Hermione pour réaliser que, parfois, la réponse ne se trouvait pas dans un livre, surtout avec toute la discrimination du ministère envers les créatures magiques?

Alors qu'ils arrivaient au hall d'entrée, Harry eut soudainement l'impression qu'il était observé. Balayant les alentours du regard, il remarqua qu'il était effectivement observé... par tout le monde. Des murmures se firent entendre, poussant Harry à se demander s'il avait été frappé par un sort sans s'en rendre compte. Avant même qu'il puisse ouvrir la bouche pour demander des réponses, Hermione arriva, arborant un air paniqué. Harry s'imagina aussitôt le pire. Quelque chose était-il arrivé à Remus?

Hermione jeta un regard glacial aux personnes les plus près, puis attrapa Harry par le bras pour l'entraîner vers la Grande Salle, Ron les suivant de près.

« Je n'arrive pas à comprendre ces gens, » murmura-t-elle avec colère, avant de forcer Harry à s'assoir pour lui montrer un exemplaire de la Gazette du Sorcier. « Je ne sais pas comment ils l'ont su, Harry... »

Harry ne put que lire le grand titre avec incrédulité.

Le sauveur nous quitte.Harry Potter part étudier à l'étranger, pour une formation de guérisseur.

Là, diffusé à travers le monde sorcier, se trouvait nombre d'articles et éditoriaux critiquant et évaluant la décision de Harry concernant son propre futur. Plusieurs croyaient qu'il abandonnait le monde sorcier alors qu'ils avaient le plus besoin de lui, tandis que des « spécialistes » avançaient que ce « comportement n'avait rien de surprenant, considérant ses actes des dernières années ». Ils évaluaient à nouveau toute son existence, comme s'il n'était que le sujet d'une expérience scientifique!

« Ma mère va me tuer, » gémit Ron en s'écroulant dans le siège à côté de Harry.

« Ron! » lui lança Hermione en balayant la pièce du regard. « Je crois que c'est le moindre de nos soucis. »

« Excuse-moi! » s'exclama Ron, horrifié. « Il m'arrive d'apprécier ma capacité à respirer! »

« Arrête de jouer les victimes, » répliqua Hermione. « Nous savons tous que ta mère ne ferait rien qui puisse te causer le moindre dommage permanent. »

« Permanent! » s'écria Ron. « Tu ne connais vraiment pas ma mère aussi bien que tu le penses! J'aime avoir des fesses de mêmes dimensions, merci bien! »

Hermione lui jeta un regard noir, avant de rediriger son attention vers Harry.

« Vois les choses du bon côté, Harry, » dit-elle gentiment. « Au moins, ils ne savent pas où tu vas, et tu seras sous pseudonyme, alors il n'y aura aucune trace de Harry Potter là où tu seras. »

Harry laissa échapper un soupir, avant de s'enfouir le visage dans les mains. Le problème était qu'ils continueraient de le chercher, bien qu'il ne comprenne pas pourquoi il ne l'avait pas envisagé. Il aurait dû savoir que ce serait la réaction qu'il recevrait pour avoir pris une décision dans son intérêt à lui, et non pas celui du monde sorcier. Mais ils doivent comprendre que mon rôle est terminé. Il est temps pour moi de vivre ma vie.

« Monsieur Potter. » Harry grogna, avant de se tourner pour faire face à l'air sévère du Professeur McGonagall. Avant qu'il ne puisse émettre le moindre son, elle reprit la parole. « Le Ministre de la magie est ici pour vous voir. Suivez-moi, je vous prie. »

Harry voulut hurler. Cette journée pouvait-elle empirer davantage ? Tout ce qu'il savait était qu'il ne recevrait aucune critique de la part de Scrimgeour. En fait, il m'organiserait sans hésiter une fête de départ juste pour me voir partir plus vite.

À suivre…