Hey hey ! Comment allez vous vous tous ? Bien j'espère !
On se retrouve comme tous les dimanches pour... Un nouveau chapitre ! Ouais je sais le suspens était pas trop présent, on pouvait pas se retrouver pour autre chose...
J'ai beaucoup beaucoup aimé l'écrire et je peeeense que ce chapitre risque de vous plaire ! Vous me direz ;)

Il n'y a pas eu d'épisode cette semaine... Quelle tristesse :') du coup j'ai très hâte de voir celui qui va sortir ! J'attends toujours ma dose de Malec aha !

Merci à LaBanane91, Fuhzen et Kiwiiwiwii pour leurs reviews !
Bonne lecture à tous !


Chapitre 21 :

C'était un piège. C'était forcément un piège. Valentin avait envoyé Jace pour le convaincre de revenir en utilisant un argument imparable, la sécurité d'Alec. C'était un moyen de l'attirer et de l'enfermer définitivement. Quelque chose clochait, Magnus s'en rendait bien compte. Valentin le croyait mort, pourquoi aurait-il mis en place un tel stratagème ? Ça n'avait aucun sens... Lydia l'avait peut être prévenu ? Elle aurait pu, mais elle ne connaissait pas son identité... À moins qu'elle ait fait semblant de ne pas le reconnaître ? C'était ridicule, ils ne s'étaient jamais vu auparavant... Seul Jace aurait pu le reconnaître... Mais ils ne s'étaient pas revu jusqu'à aujourd'hui... À moins qu'il l'ait espionné ? Mais pourquoi aurait-il fait cela ? Et puis même, Magnus l'aurait vu...

Ses mains tremblaient, signe qu'il était en proie à une panique grandissante. Il avait beau réfléchir, ses pensées s'embrouillaient et il n'arrivait pas à démêler le vrai du faux. Toutes ses réflexions se bousculaient et s'entrechoquaient inévitablement. À chaque fois qu'il pensait trouver la bonne réponse, il se rendait compte qu'il se contredisait tout seul. Il était dans une impasse.

Il leva son regard torturé vers Jace qui le fixait, impassible.

Magnus poussa un profond soupir. Il n'avait pas le choix. Il ne pouvait pas prendre le risque de rester sur la plage alors qu'Alexander était peut être en danger. Il préférait se déplacer pour une fausse alerte plutôt que de ne pas agir et avoir la mort de la sirène sur sa conscience. Le dilemme était horrible.

Il pensait dur comme fer qu'il allait regretter sa décision mais il quitta malgré tout sa place et il se glissa dans l'eau. Il ne put s'empêcher de frémir quand il retrouva le contact agréable de l'eau sur sa peau.

Il se retrouva face à Jace qui ne faisait toujours aucun geste louche. Le blond attendait simplement que le scientifique le rejoigne. Magnus plissa ses yeux, le détaillant avec une certaine méfiance.

- Ne crois pas que je te fais confiance.

Jace eut un sourire sans joie.

- Je ne te demande pas une telle chose...

Mais il semblait malgré tout blessé par ce châtiment qu'il méritait malgré tout. Il se recula, vérifiant ainsi que l'humain le suivrait. Et c'était le cas, Magnus l'imita et se décala également. Jace hocha sa tête.

- On n'a peu de temps.
- Mène moi à lui.

La sirène ne s'attarda pas plus longtemps et plongea. Magnus hésita un instant. Il culpabilisait à l'idée de laisser Simon seul là-haut avec Raphaël. Comment l'adolescent se débrouillait-il à l'heure actuelle ? Il était encore à l'intérieur, c'était probablement un bon signe mais Magnus n'avait aucun moyen de vérifier cette hypothèse...

Et Ragnor, comment allait-il ? Magnus espéra que son ami ait eu l'ingénieuse idée de se cacher et de ne pas avoir été repéré par Cléophas... Il n'osait pas imaginer ce qu'il arriverait à Ragnor si la sirène le trouvait avec Madzie.

Magnus voulut presque retourner en arrière afin d'être sûr que ses compagnons étaient sains et saufs... Mais c'était un luxe qu'il ne pouvait se permettre.

Il se sentait coupable mais il pouvait pas faire grand chose. Juste espérer que tout se passe bien pour eux. Il se promit de revenir les voir dès qu'il le pourrait... En priant pour qu'il ne soit pas trop tard.

Il respira un bon coup, geste totalement inutile puisqu'il n'était plus sous sa forme humaine et qu'il pouvait demeurer longuement sous l'eau sans problème. Il s'en rendit compte, se sentit quelque peu idiot puis, blasé par lui-même, stoppa son geste. Il plongea à son tour et rejoignit Jace qui s'était déjà éloigné mais qui gardait malgré un rythme peu soutenu afin que l'autre puisse aisément le rattraper.

Magnus se retrouva à sa hauteur et Jace choisit donc d'accélérer, vérifiant de temps en temps qu'il ne perdait pas de vue son nouvel associé. Il constata que l'humain le suivait sagement alors il ne s'inquiéta pas.

Afin qu'ils ne se fassent pas repérer, la sirène contourna la Citadelle, cherchant un moyen de se glisser discrètement à l'intérieur.

Ayant compris que le mot clé était infiltration, Magnus ne prononça pas le moindre mot et imita Jace, suivant sa trajectoire avec la plus grande précision. Il ne pensait pas tomber dans un piège s'il avait le malheur de quitter par mégarde le chemin de Jace mais on ne savait jamais, valait mieux être prudent. Valentin était un pur psychopathe, il avait peut être placé des trappes un peu partout... Il n'y aurait aucune raison logique justifiant cela mais depuis quelques temps plus rien n'avait de sens... Magnus avait appris à laisser son côté scientifique et raisonné... Hé bien de côté justement. On pourrait lui annoncer l'existence des licornes ou des dragons, il n'en serait pas choqué le moins du monde. Il était lui-même une pure incohérence scientifique alors une de plus ou une de moins...

Donc il ne préférait pas prendre de risques et partir du principe qu'il y avait des pièges alors que non plutôt que l'inverse.

On n'était jamais trop prudent.

Jace se stoppa net et Magnus lui lança un regard intrigué. Il hésita à prendre la parole pour lui demander ce qu'il se passait mais la sirène comprit son intention et lui intimida le silence. Le scientifique montra explicitement son trouble mais il se tint tranquille. Jace laissa quelques dizaines de secondes s'écouler puis il hocha sa tête. À voix basse, il s'adressa ensuite à son associé :

- C'est bon, il n'y a personne.
- C'est une bonne nouvelle tiens...

Magnus avait répondu en murmurant également.

Il tendit l'oreille. Il captait quelques bruits au loin, comme une foule qui s'agitait... Il fronça ses sourcils, espérant que ce ne soit pas ce qu'il pense.

- Ça vient d'où ça ?

Jace marqua une pause, prêtant également attention aux sons environnements. Il grimaça, peu ravi.

- La salle du trône.

Magnus jura. Évidemment, c'était ce qu'il pensait. Bon dieu il aurait préféré que cette histoire d'Alec à la limite de l'exécution ne soit qu'une fausse excuse afin de le ramener à la Citadelle... Malheureusement, il semblerait que ce soit la pure vérité.

- Ne restons pas là alors !

Jace dévisagea Magnus quelques instants.

- Il risque d'y avoir du monde là-bas, ce n'est pas tous les jours que ce genre de scène arrive... expliqua-t-il

Magnus le foudroya du regard. Il saisissait très bien où la sirène blonde souhaitait en venir et cela ne lui plaisait pas du tout.

- Je m'en fiche de ne pas être discret, dit-il, presque menaçant, Valentin peut très bien me voir, j'en ai rien à faire de ma couverture. De toute façon j'aurais fini par être repéré, ce n'était qu'une question de temps...

Jace se mordit la lèvre.

- Je suis désolé de te forcer à avoir des ennuis...

Magnus le toisa. L'air sur son visage était parfaitement neutre mais cela n'annonçait jamais rien de bon lorsque Magnus n'affichait aucune expression.

- Non tu ne l'es pas.

Jace frémit. Sans lui accorder un regard supplémentaire, Magnus lui passa devant et se dirigea vers la source des clameurs avec détermination.

- Si tu t'inquiétais vraiment pour ma personne et ma capacité à être sain et sauf... Tu ne serais pas resté immobile la dernière fois. Tu aurais stoppé Valentin. Tu aurais soutenu Alexander, qui est quand même censé être ton meilleur ami.

Un coup de poignard bien placé n'aurait pas été plus efficace. Jace serra ses dents et il dut presque se retenir de ne pas baisser honteusement la tête comme un jeune enfant venant de se faire réprimander. Il méritait ces remarques désagréables sans aucun doute mais c'était tout aussi dur de les endurer.

Ces reproches lui rappelaient indéfiniment son ancien comportement, ses actes qu'il regrettait et le fait qu'il ait été si simplement manipulé par son père. Il culpabilisait également pour la mort de sa mère... Et il se sentait mal pour sa chère et innocente sœur qui se retrouvait enfermée dans une prison. Clary n'avait jamais connu cet univers et Jace aurait tellement voulu qu'elle ne le connaisse jamais. Clary était tellement gentille, pure... Et à cause de lui, ces derniers jours avaient été atroces pour elle. Il se fit la promesse de la sortir de là dès qu'il le pourrait.

Il regarda alors le scientifique qui s'éloignait, la réponse de ce dernier tournant en boucle dans sa tête.

Il ne trouva rien à redire et ce fut donc lui qui, cette fois-ci, suivit Magnus qui se dirigeait vaillamment vers la salle du trône.

Jace osa regarder l'humain une fois qu'il fut à proximité et il ne put s'empêcher de frissonner. Magnus tremblait presque de rage et on aurait pu le croire capable d'envoyer en l'air toutes les personnes ayant la folie de vouloir bloquer son chemin.

Jace comprit que Magnus n'était plus d'humeur à discuter alors il eut l'intelligence de demeurer muet.

Magnus se promit également quelque chose de son côté. Il se promit de se venger de Valentin qui avait non seulement failli le tuer mais qui voulait en plus volontairement prendre la vie d'Alexander. Valentin avait définitivement choisi la mauvaise cible à abattre. Magnus sentit un flux de haine monter en lui.

Il savait qu'il était en train de perdre le contrôle, cette colère était presque malsaine, dangereuse.

Mais ce n'était pas comme s'il était assez calme pour le réaliser et tenter de retrouver sa raison. Il était juste hors de lui. Il ne s'arrêta donc pas et ne chercha même pas à vérifier si Jace était toujours derrière lui. La sirène pouvait très bien se dégonfler, Magnus, lui, ne s'arrêterait pas.

Il s'occuperait de Valentin lui-même s'il le fallait.


Sa journée ne pouvait définitivement pas être pire se dit Alec. Il l'avait su dès qu'il avait vu le visage hypocrite de Valentin apparaître derrière les grilles de sa cellule. Il ne s'était pas retenu de montrer son agacement.

Il n'y avait jamais beaucoup d'animation dans la prison, la plupart des gens préféraient ne rien dire, ils échangeaient parfois quelques mots pour ne pas devenir dingues mais ce n'était pas le lieu pour de grande discussion philosophique. Cependant, dès que Valentin s'était montré, un silence de mort s'était installé. Il n'y avait jamais eu autant de tension présente dans cet endroit.

Valentin avait affiché un sourire moqueur et Alec avait directement compris que la suite des événements n'allait pas être particulièrement drôle pour lui. N'ayant aucune envie de se montrer respectueux envers cette sirène ayant destitué sa famille, Alec demeura assis dans sa cellule, le dos calé contre le mur.

- Hé bien tu ne me salues même pas ? railla Valentin

Le nouveau souverain auto-proclamé s'était arrêté devant le cachot d'Alec. À priori, il n'avait pas envie de discuter avec énormément de prisonniers, juste un en particulier. L'intéressé le gratifia d'un regard peu amical et il ne prit même pas la peine de lui répondre. Il n'allait pas gaspiller de précieux mots pour lui. Il ne manquerait que ça...

Valentin feignit d'être contrarié -parce qu'honnêtement il n'en n'avait rien à faire- et il soupira longuement.

- Ne me complique pas la tâche...

Alec ne prononça aucune syllabe. Par contre il haussa un sourcil. Il la sentait moyen cette histoire... Il n'avait pas besoin de se lever pour deviner que sa sœur épiait ce qu'il se passait, très certainement inquiète pour lui. Il aurait voulu rassurer Isabelle, lui dire que tout allait bien mais il savait que c'était un mensonge.

Il soutint le regard de Valentin, ce dernier commençant à perdre patience.

- Tu as perdu ta langue ou ça se passe comment ?

Alec esquissa un sourire provoquant mais ne parla toujours pas. Il vit Valentin serrer ses poings et il ressentit une grande satisfaction.

- Bien, puisque tu ne sembles disposé qu'à m'écouter... Je vais t'expliquer pourquoi je suis là.

Cela pouvait être effectivement une information utile. Alec pourrait ainsi juger s'il était encore nécessaire qu'il accorde de l'attention à Valentin.

- Je ne te demanderai qu'une seule chose, la certitude que tu renonces définitivement à ton droit de succession.

Alec éclata immédiatement de rire, sortant de son mutisme. Il se leva finalement et fit face à Valentin, un air moqueur peint sur sa figure. Il dévisagea Valentin qui attendait toujours une réponse à sa proposition.

- Hé bien ? insista Valentin

Alec le fixa puis, sans prévenir lui cracha au visage. Valentin se recula brusquement, ne s'étant clairement pas attendu à une telle réaction. Sa fausse gentillesse se mua rapidement en fureur et, en temps normal, Alec aurait dû regretter son geste. Mais ce n'était absolument pas le cas, il était même particulièrement fier.

- Même pas en rêve, tu ne me prendras jamais ce qui me revient, menaça-t-il Valentin, Les Lightwood reprendront leur place.

Valentin fronça ses sourcils, n'appréciant pas cette attitude rebelle que prenait Alec. Il s'était attendu à de la résistance de la part de l'héritier, il l'avait d'ailleurs dit à Jace mais il avait malgré tout espéré qu'Alec devienne raisonnable et accepte son offre. C'était bien mieux pour lui. Au final, Valentin n'avait pas besoin d'Alec comme allié, il pouvait sans aucun soucis se passer de lui. Il était juste un peu contrarié parce qu'il savait que Jace appréciait beaucoup Alec, il se connaissaient depuis énormément de temps. Son fils l'avait beaucoup aidé pour prendre le pouvoir, Valentin n'avait donc pas forcément envie d'attrister son cher enfant. Mais Alec était définitivement un obstacle. Il n'avait donc pas le choix. Il expliquerait calmement à Jace que son meilleur ami était devenu violent et mauvais pour le bon fonctionnement de la société des Aquarius. Valentin était persuadé que son fils comprendrait et ne lui en voudrait pas trop.

Et si ce n'était pas le cas... Hé bien tant pis.

Valentin s'écarta un peu plus et jeta un regard vers ses hommes qui l'avaient accompagné, ayant jusqu'ici attendu ses ordres.

- Tu ne me laisses pas d'autres options. Jace sera déçu.

Il espérait qu'Alec change d'avis, se servant sans scrupule de son amitié et de la confiance qu'il plaçait en Jace. Ça se saurait si Valentin utilisait des méthodes honnêtes pour arriver à ses fins...

Malheureusement, cet espèce de chantage affectif ne changea absolument rien. Alec fixait toujours son interlocuteur avec animosité. Valentin secoua sa tête, mimant d'être attristé et il se recula davantage.

- Hé bien qu'il en soit ainsi.

Alec n'eut pas le temps de réagir, deux soldats vinrent ouvrir la porte de la cellule et l'arrachèrent de son cachot, l'entraînant... L'entraînant où d'ailleurs ? Isabelle fut une des premières à se poser cette question. Elle se précipita aussi vite qu'elle le put aux grilles de sa propre cellule et interpella Valentin :

- Qu'est ce qui se passe ? Où est-ce que vous l'emmenez ?

Un sourire cruel se dessina sur le visage de Valentin.

- Il va juste servir d'exemple. Il faut que la population comprenne ce qu'il arrive à ceux voulant remettre en cause ma légitimité...

Isabelle se sentit mal.

- Qu'est ce que vous avez lui faire ?

Valentin se mit à rire et il haussa ses épaules.

- Moi ? Rien voyons. Je serai juste témoin de son exécution.

Isabelle écarquilla ses yeux. Le choc l'empêcha en premier lieu de dire quoique ce soit puis l'information monta finalement au cerveau et elle explosa.

- Comment ?

Dire qu'elle venait de hurler ne serait même pas une exagération. Tout le monde dans la prison l'avait attendu et même ceux à l'extérieur très certainement. Sa mine s'assombrit et elle essaya de stopper le garde tenant son frère en le saisissant par le bras.

- Lâchez le de suite !

Quelqu'un arrivant à ce moment précis penserait sûrement qu'Isabelle était en train de faire une crise d'hystérie. Elle s'en fichait pas mal de passer pour une folle à l'heure actuelle, elle voulait juste sauver son ainé.

Valentin n'eut pas l'air d'apprécier ce comportement et il fronça ses sourcils. Il fit claquer sa langue contre son palais, témoignant ainsi de son agacement.

- Je te conseille de te taire si tu ne veux pas être la prochaine.

Comme si Isabelle avait peur de cela... Elle allait rétorquer de plus belle mais la voix de son frère l'interrompit.

- Izzy, non.

Isabelle ne craignait peut être pas de finir à l'échafaud, considérant probablement qu'elle se battait pour ses droits... Mais Alec savait très bien ce qu'il allait arriver si elle se rebellait, Valentin se vengerait, il ferait en sorte qu'Alec regrette d'avoir été le premier à se montrer irrespectueux. Et Alec n'avait aucune envie de voir sa sœur mourir. Il n'avait aucune envie qu'elle meure tout court en fait. C'était pour cette raison qu'elle devait se tenir tranquille. De toute façon elle ne pouvait rien pour lui, coincée derrière ces barreaux... Alec regrettait juste de ne pas avoir pu parler à Lydia, il lui aurait demandé de protéger sa sœur... Peut être que la blonde y penserait seule et s'en chargerait. Très certainement même. Elle était non seulement intelligente mais également pleine de bonnes intentions. Alec savait que Lydia ferait son rôle à merveille. Si lui ne pouvait pas arrêter Valentin, Lydia le pourrait sans aucun problème. Elle avait de nombreux talents que personne ne soupçonnait.

Isabelle sentit son ventre se tordre douloureusement quand elle entendit l'ordre d'Alec et elle eut envie de pleurer quand elle comprit son intention. Pourquoi fallait-il qu'Alec se préoccupe toujours en priorité des autres au lieu de lui même ?

Elle croisa le regard de son frère juste avant qu'il ne disparaisse, emporté sans qu'elle n'ait pu agir.


Finalement si, sa journée pouvait être pire, Alec s'était trompé. Il avait cru que voir Valentin serait la chose la plus désagréable mais non, il fallait en plus qu'il serve de bête de foire avant de mourir...

Valentin avait cru bon d'alerter la population et de la rassembler dans la salle de trône, plaçant Alec au centre comme s'il était un trophée de chasse. Et Alec détestait cela plus que tout au monde. Et ce qui l'énervait encore plus, c'était que malgré tous ses efforts pour s'échapper, il n'avait pas réussi à se débarrasser des gardes et avait été emmené totalement contre son grès. En fait non, le plus horrible n'était pas d'avoir été entrainé sans avoir pu l'en empêcher. La partie la plus vicieuse de l'histoire, c'était que les gardes l'ayant enlevé de sa cellule étaient à l'origine des soldats de la famille royale. Des sirènes avec qui Alec s'était entrainé et à qui il avait fait confiance. Ces soldats là lui avaient tourné le dos sans aucune compassion et précipitaient sa chute alors qu'ils avaient été compagnons d'armes. C'était ça, en définitive, ce qui révoltait le plus l'héritier.

Il se sentait trahi.

Il garda cependant la tête haute et conserva une expression parfaitement neutre, foudroyant la moindre personne ayant l'audace de le regarder un peu trop longtemps. Pour cette raison, les trois quart de la foule avait la tête baissée. Alec aurait presque pu trouver la scène drôle si le moment n'était pas aussi grave.

Probablement afin de rajouter de la tension dramatique, Valentin avait ordonné à Hodge d'aller chercher Maryse. L'ancienne souveraine était blême quand elle entra dans la salle. Alec se força à ne pas croiser le regard de sa mère, il ne voulait pas l'accabler davantage. Maryse fut installée en retrait, derrière Valentin qui lui adressa un sourire railleur. C'était comme si son plus grand rêve venait de se réaliser.

Après tout, il l'avait prévenu quand elle l'avait exilé. Il lui avait dit que s'il avait l'occasion de se venger, il se ferait une joie de mettre tous ses espoirs en pièce. Il n'avait pas menti, il allait lui arracher ce qui était cher pour elle. Il allait lui enlever un par un les personnes à qui elle tenait puis, quand elle se retrouvera seule, il la laissera en vie. Lui accorder la délivrance de la mort était un traitement trop miséricordieux, Valentin ne voulait pas lui donner cela. Il voulait qu'elle vive avec la culpabilité jusqu'à la fin de ses jours. Maryse n'aurait jamais dû jouer au jeu de celui ayant le plus de pouvoir. Il était celui dominant à la fin le plateau d'échec. Tout n'était qu'une question de stratégie.

Et diable, Valentin était particulièrement bon lorsqu'il s'agissait d'élaborer des stratégies. Un génie même. Maryse s'en était bien rendu compte mais, au lieu de l'engager à ses côtés à un haut poste, elle avait eu peur de lui et avait préféré se débarrasser de lui. Valentin en était certain, l'excuse du vol de la Coupe avait juste servi à Maryse de pouvoir justifier un choix qu'elle avait pris depuis bien longtemps déjà.

Après... Est-ce que c'était vraiment la vérité ? Valentin était persuadé que oui et il n'allait pas prendre la peine d'interroger la mère d'Alec à ce sujet.

Oh non, il préférait se délecter de la terreur dans ses yeux. Il riait presque d'avance en imaginant son expression une fois que son fils ne serait plus. Elle l'avait bien mérité. Elle l'avait privé de son fils et de sa fille pendant dix ans, il était temps qu'elle comprenne à son tour ce que cela faisait d'être séparé de ses enfants.

Maryse avait tenté de vaincre le mauvais ennemi. Elle aurait dû s'incliner dès qu'elle en avait l'occasion. Peut être, je dis bien peut être, elle aurait pu se sauver et sauver les autres membres de sa famille... Si Valentin avait eu assez de bonté pour les épargner. Ce qui n'était pas si certain.

Valentin aimait très bien changer d'avis fréquemment et il aurait pu leur accorder son pardon avant de se raviser aussi vite.

Le nouveau roi tapa dans ses mains.

- Bien, nous sommes ici réunis en ce jour pour célébrer un joyeux événement, déclara-t-il avec enthousiasme.

Alec haussa un sourcil, pas certain de comprendre le petit manège de Valentin. Ils n'avaient pas la même définition du mot joyeux...

Il se racla la gorge pour attirer l'attention de l'autre puis prit la parole, le ton de sa voix trahissant son sarcasme :

- Je n'étais pas au courant que nous allions nous marier...

Valentin leva ses yeux au ciel.

- Oh non ne parle pas de malheur !

Pour le coup, Alec et Valentin étaient bien d'accord sur un point... Alec s'imagina trente secondes devoir vivre non stop avec l'autre sirène et il eut envie de vomir. Il maudit son imagination.

Valentin continua le monologue qu'il avait commencé, toujours avec autant de dynamisme bien entendu.

- J'ai le plaisir de vous annoncer que nous avons attrapé un traître !

Valentin s'attendait certainement à ce que la foule hue le fameux conspirateur mais il n'en fut rien. Les habitants le fixèrent juste, se demandant probablement comment réagir à une telle nouvelle.

Alec ne fut pas mécontent de voir quelques lueurs d'inquiétude s'allumer dans le regard de certaines sirènes. Il y avait au moins quelques Aquarius qui n'avaient pas complètement perdu la raison. Lydia avait eu raison, certains ne voulaient pas de Valentin au pouvoir et attendaient que quelqu'un le vire de son trône... Savoir qu'il avait du soutien en de telles circonstances redonna du courage à Alec.

- Effectivement il y a un traître, confirma-t-il alors, Et je peux vous dire qu'il est même à ma droite !

Il désigna d'un coup de tête Valentin.

- Je peux vous rappeler tous ses délits si vous voulez... Alors, de mémoire il y a : mise en place d'un complot contre la couronne, vol avec préméditation de la Coupe, désobéissance à l'exil imposé... Je peux même vous en rajouter un ! Tentative d'assassinat sur un membre de la famille royale, c'est à dire moi.

Il plissa ses yeux et son expression s'assombrit.

- Du coup, ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi il est celui qui a le droit de se promener en liberté...

Un faux sourire se dessina sur ses lèvres.

- C'est un peu contradictoire vous ne trouvez pas ?

Valentin serra ses dents. Alec ne loupa pas ce détail et il dut retenir son air victorieux. Touché en plein dans le mille.

N'étant pas d'humeur à rire, Valentin força brusquement l'héritier à s'agenouiller et il ordonna à ses hommes de l'immobiliser. Alec leva ses yeux au ciel et un agacement non feint fut visible sur son visage.

- Hé bien ? Aurais atteint un point sensible ? se moqua-t-il

Il n'arrangeait pas son cas en étant provocant de la sorte mais au point où il en était... Au moins il aurait déversé toute sa haine sur Valentin. Comme dernière volonté, ce n'était pas trop mal.

Valentin, n'aimant pas que quelqu'un d'autre captive son auditoire, reprit immédiatement la parole afin de renverser la situation en sa faveur :

- Vous avez tous compris que cet agitateur est dangereux, il menace l'équilibre de notre communauté car il souhaite semer le trouble et le doute... Je ne peux laisser ainsi quelqu'un capable de tous vous retourner le cerveau.

Oh comme c'était ironique venant de quelqu'un qui s'amusait justement depuis le début à manipuler la population...

- Vous comprenez donc tous que je n'ai pas le choix... Il a peut être des complices, il faut qu'ils réalisent que leur projet ne mènera à rien... Vous comprenez bien, je sais que vous avez apprécié Alec... Mais il doit servir d'exemple.

Valentin s'empara d'une épée et Alec perdit son sourire. Il avait beau faire le fier, il n'accueillait pas non plus son sort les bras ouverts. Ne se laissant pas abattre, il plongea son regard dans celui de Valentin. S'il devait mourir, il voulait que son assassin ne puisse jamais oublier ses yeux bleus lançant des éclairs.

Valentin frémit mais il ne se démonta pas. Il fit un pas en direction de l'héritier, puis un deuxième, puis un autre...

Alec retint son souffle.

Valentin leva l'épée en l'air et la foule commença à s'agiter. La population commençait à réaliser que Valentin était mortellement sérieux et qu'il comptait réellement mettre à exécution ce qu'il allait annoncé.

Un sourire fou se dessina sur les lèvres de Valentin.

- Bonne nuit Alec, fais de beaux rêves.

Il abaissa d'un coup l'arme.

Un soudain silence s'abattit dans la salle.


Magnus n'avait pas ralenti l'allure, il avait même très certainement accéléré. Jace réussissait à maintenir la cadence mais il était un peu plus en retrait. C'est que Magnus pouvait aller vite lorsque quelque chose le motivait.

Il allait s'engager dans la foule lors que quelqu'un lui retint le bras, le stoppant net dans son avancée.

Il crut que c'était Jace qui tentait de l'empêcher de continuer sa route et il se retourna brusquement avec l'envie de lui faire regretter son affront.

Mais ce ne fut pas Jace qui lui fit face mais Lydia. Magnus fut tellement surpris que les mots qu'il avait voulu prononcer restèrent bloqués dans sa gorge. Il fixa la sirène sans comprendre et celle-ci lui expliqua la raison de sa présence avant qu'il ne la lui demande :

- Le temps presse, il fallait que je te vois pour te donner ça...

Magnus baissa alors ses yeux et il vit que Lydia tenait dans ses mains la Coupe. Une pulsion le prit et il dut se retenir de toutes ses forces de ne pas prendre l'objet en l'arrachant. Si Lydia remarqua la lueur d'envie dans les pupilles de Magnus, elle ne fit malgré tout aucun commentaire à ce sujet.

- Je ne pensais pas que tu réussirais à la prendre.

C'était Jace, assez impressionné, qui venait de féliciter Lydia. La blonde esquissa un sourire, plutôt satisfaite d'elle même.

- C'était assez simple, l'attention n'était pas vraiment focalisée sur moi ou sur la Coupe si tu vois ce que je veux dire...

Jace hocha sa tête et Lydia se tourna de nouveau vers Magnus et lui donna la Coupe sur laquelle l'humain paraissait particulièrement concentré. Le scientifique ne se fit pas prier et récupéra l'artefact.

- On s'est dit que ça pourrait peut être t'aider... Valentin n'arrête pas de dire que les humains transformés tirent leurs capacités de la Coupe.

Lydia s'écarta ensuite afin de laisser Magnus passer.

- Ne traînons pas davantage.

Magnus ne pouvait qu'approuver et personne n'eut besoin de lui répéter cet ordre, il avait déjà filé, suivi seulement par Lydia. Jace, lui, avait choisi de prendre un autre chemin afin de ne pas entrer dans la pièce en même temps que Magnus. Une simple précaution pour qu'on ne fasse pas de lien entre lui et l'humain.

Plus le scientifique se rapprochait de la salle du trône, plus il sentait une nausée lui prendre,la perspective de ne pas arriver à temps le terrifiait. Paradoxalement, plus il avançait, plus il sentait une espèce d'assurance monter en lui. Le pouvoir de la Coupe filait droit dans ses veines, lui donnant une impression d'invincibilité.

-... servir d'exemple

Magnus reconnut la voix de Valentin et, automatiquement, il accéléra. Il n'aimait pas du tout ce qu'il était en train d'entendre.

Il traversa la foule qui s'écarta sur son passage, plus par dépit que réel choix. Ceux ne se poussant pas d'eux même se faisait sèchement virer par un Magnus très très en colère. Certaines sirènes râlèrent, prétextant qu'il devait rester en arrière puisqu'il était arrivé plus tard et que c'était de sa faute s'il n'avait pas une bonne place pour voir le spectacle. Magnus ne leur répondait pas et c'était Lydia qui se chargeait de s'excuser pour lui.

Hormis les gens qui se plaignaient, Magnus capta les discussions de quelques Aquarius qui étaient plus choqués par ce que Valentin comptait faire. L'estomac de l'humain se tordit.

- Fais de beaux rêves.

À ce moment là, Magnus était enfin arrivé au premier rang et il avait donc une vue parfaite sur Valentin et son épée.

La suite des événements, il n'eut aucun contrôle dessus. Il eut juste le temps de comprendre qu'une haine violente venait de prendre possession de son corps et ensuite, tout fut très flou pour lui.

Sa main gauche se crispa d'un coup sur la Coupe tandis que la droite se levait, pointant en direction de Valentin. Ses yeux s'illuminèrent immédiatement et l'eau s'agita en même temps. Un jet frappa Valentin en pleine poitrine, le faisant vaciller et la perte d'équilibre le força à lâcher son arme.

Magnus ne se rendit même pas compte qu'il continuait d'avancer, il balaya brusquement l'eau autour de lui d'une main et les deux gardes retenant Alec se firent éjecter avant même qu'ils ne puissent penser à relâcher l'héritier.

Le scientifique avait toujours ses pupilles dorées quand il se planta devant Valentin, un air grave peint sur le visage. Il apprécia plus qu'il ne l'aurait dû l'expression de choc du banni et il esquissa un sourire moqueur.

- Surpris ?

Valentin ne trouva rien à répondre sur le coup puis il reprit finalement ses esprits et il se mit alors à rire.

- Oh le petit cachottier !

Il détailla Magnus de haut en bas et lâcha un sifflement admiratif.

- Mais c'est que tu t'en es très bien sorti au final.

Valentin eut un rictus narquois et il rajouta :

- Très jolis yeux au passage.

Magnus serra ses dents et, d'un regard, il incita Valentin à rester à sa place et à ne pas tenter de le rejoindre.

- Je m'attendais à ce que tu sois plus reconnaissant.
- C'est vrai que j'adore ma situation, rétorqua l'autre avec sarcasme.

La sirène leva ses yeux au ciel.

- Il n'y a pourtant que des avantages.

Magnus n'eut pas l'air très convaincu et Valentin haussa ses épaules.

- Enfin bon, je suis content que tu sois revenu me voir. Je suis ravi que tu aies enfin compris que ta place se trouve à mes côtés.

L'humain serra d'un coup son poing. Valentin fut balancé en arrière et il se cogna contre le trône. Il lui fallut quelques secondes pour récupérer, le coup l'ayant sonné.

Toutes les sirènes présentes dans la pièce restèrent bouche bée. Clairement, personne ne s'était attendu à une telle visite. D'où sortait cette sirène capable d'envoyer valser n'importe qui ? Elle n'était pas de la Citadelle, on l'aurait reconnu dans le cas contraire... Mais alors comment avait-elle fait pour se retrouver en possession de la Coupe ? Les alliés de Valentin commençaient à craindre pour leur peau parce qu'à priori cet intrus avait une dent contre leur souverain.

Alec, lui, n'arrivait pas à quitter Magnus des yeux. Il se sentait à deux doigts de pleurer de joie et il priait pour que tout ceci ne soit pas un rêve.

Magnus était vivant. Alec ne savait pas quel miracle cela pouvait être possible mais Magnus était bel et bien vivant. Il eut l'impression que le Magnus se tenant non loin de lui était quelque peu différent du connaissant qu'il connaissant. Alec mit ça sur le compte de la stupeur et il ne se posa pas davantage de questions. Magnus était définitivement en vie et c'était définitivement tout ce qui comptait.

Il se leva lentement et il rejoignit l'humain. Tout le monde s'agitait mais pourtant un étrange calme l'envahit, il eut l'impression de vivre l'instant au ralenti. Magnus s'était retourné vers lui, le transperçant de son regard doré. Alec frémit et sa gorge s'assécha.

- Alexander...

La voix de Magnus était plus grave qu'à l'accoutumée, Alec ne remarqua pas à quel point sa main gauche s'était crispée sur la Coupe et il lui sourit.

Le scientifique posa sa main contre sa joue et ce fut comme un signal pour Alec. La sirène savait que sa mère était quelques mètres plus loin, à le fixer. Alec savait que Valentin n'était pas encore hors jeu et que tous ses soldats attendaient probablement ses directives. Alec savait qu'aucun Aquarius, hormis ceux encore en cellule, ne manqueraient pas une seule seconde de ce qu'il allait se passer.

Mais Alec s'en fichait totalement.

Et devant tout le monde, il embrassa Magnus qui n'attendait visiblement que ça au vu de sa réceptivité.

Diable comme le goût des lèvres d'Alexander était divin.


Tadaaaaaam ! Alors alors ? Votre verdict ?
J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à me laisser une review j'y répondrai avec grand plaisir !
À bientôt !