Chapitre 20 : This is where I long to be

Dès leur arrivée, les agents s'installèrent dans leur hôtel. Deux chambres avaient été réservées, une pour les hommes, et une pour les femmes. Gibbs s'attendant à ce que les quelques jours suivants soient éreintants envoya tout le monde se couchait, enfermant au préalable les indices dans le coffre-fort de le chambre masculine.

« Tu es levée depuis longtemps ? demanda Ziva, faisant sursauter Olympe.

-Euh... depuis environ 5h du matin, c'est-à-dire depuis un peu moins d'une demi-heure. Et toi ?

-Je t'ai vue sur le balcon, et comme c'est l'heure où je vais faire mon jogging actuellement, je me suis levée. »

Le silence s'installa entre les deux jeunes femmes, un sourire mélancolique s'étirait sur le visage d'Olympe, et l'israélienne remarquant que son amie était aux bords des larmes reprit la parole.

« J'ai pas couru depuis longtemps, et tu connais la ville, ça te dirait un jogging ? »

La française sourit à la tentative, peu déguisée, de lui remonter le moral et accepta. Les deux amies se préparèrent, sans réveiller Eleanor ce qui fut aisée grâce à son sommeil de plomb.

Missoula se réveillait doucement. Les deux jeunes femmes s'étaient rapidement arrêtées de courir pour transformer leur jogging en balade. Le printemps commençait à réellement s'installer, mais les sommets entourant la ville étaient encore d'un blanc scintillant sous la passation de lumière entre la Lune et le Soleil.

Aucune parole n'était échangée Ziva admirait le paysage. Missoula lui semblait comme une oasis au milieu du Sahara. Trop belle pour être vraie. Trop paisible et souriante pour connaitre le moindre danger. Trop énergétique et étudiante pour plonger dans un sommeil profond d'ennui. Olympe, quant à elle, sentait son corps se vivifiait. Comme si, instinctivement, il avait reconnu l'endroit. Comme un exilé qui revient chez lui, reconnaissant les alentours plus en fermant les yeux qu'en observant les moindres détails.

Sept heures sonnant, la franco-américaine abandonna son amie, qui rejoignait l'équipe, pour se diriger vers un des hôpitaux de la ville. Rarement s'était-elle sentie plus anxieuse, impatiente.

A l'hôtel, McGee essayait désespérément de réveiller Tony. Heureusement Gibbs arriva à son secours, ouvrant grand les rideaux, et mettant en route la télévision. En moins de temps qu'il ne faut pour dire cette longue expression, ils retrouvèrent, dans la salle du petit déjeuner, deux de leurs coéquipières – une tout aussi alerte que DiNozzo. Sans aucune surprise, le sujet de la discussion fut l'enquête.

« On a quatre jours avant le rendez-vous. Aujourd'hui et demain on découvre la ville et ses environs, il faut qu'on connaisse les moindres recoins de cette partie du pays. Débriefing tous les soirs. McGee, je veux que tu sois en lien constant avec Abby, qu'elle essaye de voir si Boilleaut ou Marie de Lucon ont des attaches particulières avec Missoula. Ziva occupe-toi des alentours. Essaye de te mêler aux groupes sportifs, au cas où ils aient remarqué quelque chose. Ferdinand jouez les touristes. Tony et Meine vous vous... où est Meine ?

-Elle se promène dans la ville boss, expliqua l'israélienne, quand je l'ai quittée elle se dirigeait vers la zone
médicale pour raisons personnelles.

-Ok, Tony retrouve la, vous allez faire un tour sur le campus.

-Compris Gibbs ! » fut la réponse unanime que reçue le renard argenté.

Les estomacs remplis, l'équipe se dispersa dans la ville. Pour certains le rôle attribué était facile, pour d'autre se mouvoir dans une ville inconnue ressemblait au parcours du combattant. Tel était le cas d'un italien qui n'avait absolument aucune idée où il allait trouver son amie, qui bien évidemment ne répondait pas au téléphone. Comme quoi les règles de Gibbs étaient on ne peut plus utile.

Ce que ne savait pas DiNozzo c'était qu'Olympe ignorait volontairement ses appels. Elle se trouvait devant une maison de retraite et ne put retenir un sourire étincelant en entrant dans le bâtiment. Elle retrouva, sans hésitation, le chemin du bureau des infirmiers, elle demanda à parler à l'infirmier Richardson. Moins de deux minutes – qui lui avaient semblé faire 200 secondes chacune – plus tard, un homme d'environ 55 ans, 1m75, apparus.

« Oly, c'est toi ? s'exclama-t-il. Que fais-tu à Missoula ? Tout va bien ?

-Al tu n'as pas beaucoup changé. Je suis là pour une enquête, raisons strictement professionnelles, mais je ne pouvais pas venir à Missoula sans passer du temps avec vous. Je vais bien et toi, et toute la famille ? »

La discussion continua, le mystérieux Al prenant sa pause. Cela faisait une demi-douzaine d'années qu'ils ne s'étaient pas vus. La dernière fois avait été à un aéroport quand Olympe, en sanglot, avait dû repartir pour la France après des mois inoubliables avec sa famille et lui. Malheureusement, leur travail respectif les rappela à l'ordre, avec la certitude absolue qu'ils se reverraient bientôt.

C'est pour cela qu'à huit heures Tony reçut un message lui donnant rendez-vous au pied de la statue du Grizzli une demi-heure plus tard. Et les évènements furent tels qu'il se perdit et eut quinze minutes de retard.

Pendant ce temps, Ziva s'était rendue à Hamilton, avait trouvé un groupe de randonneurs et s'était joint à eux. En toute honnêteté, cela se révélait être sa mission sous couverture préférée ! McGee avait trouvé un cyber café et son début de matinée se résumait en un enchainement de discussions animées avec sa gothique préférée. La jeune française, perdue dans la ville, remplissait son rôle de touriste à merveille. Quant au patron, les informations n'ont pas été révélées.

Au campus, à neuf heures, les deux coéquipiers purent commencer leur exploration. Et pour cela commencèrent par l'Adam Center, le centre de l'université, qui fourmillait de monde. Des étudiants qui s'étaient plus ou moins bien remis de la soirée de la veille. Se dirigeant à l'accueil ils obtinrent un entretien avec le président Engstrom et le doyen Brown. La vingtaine de minutes passées en leur compagnie fut agréable mais guère utile.

Tony proposa alors de se diriger vers la partie sportive du campus, et Olympe n'y vit aucun inconvénient. Les stades de football (américain et soccer) étaient vides, mais heureusement la piste était occupée. L'athlétisme allait prendre la place des cyclistes qui s'échauffaient avant de partir s'entrainer.

« Frenchie ! Que fais-tu ici ? s'exclama l'entraineuse des deux roues

-Evie ! Je suis ici pour le boulot. Comment vas-tu ?

-Tout roule ! En fait j'ai rencontré une de tes amies françaises il y a quelque jour... Une certaine Holly je crois. »


Tout aussi récent que les deux derniers.