Hello tout le monde, j'espère que vous allez bien ! Je dois avouer que je suis étonnée d'être encore en vie (vous avez été sympa, vous attendez la suite pour me défoncer la gueule), merci :P

Je remercie encore une fois Lumos, ma bêta extraordinaire que j'aime :D

Encore navrée de ne pas répondre à vos nombreuses reviews, j'ai vraiment peu de temps, et je vous remercie de suivre la fic malgré tout :) Vous êtes 87 à la suivre (plus les lecteurs fantômes), c'est génial, merci ! :D

Le titre de ce chapitre est une chanson du groupe No Doubt que vous connaissez sûrement. Ce n'est pas une de mes chansons préférées, mais voilà quoi. Et j'ai plutôt bien aimé la reprise de Glee (oui je regarde Glee, personne n'est parfait) :)

heysalutlesgens : En effet, j'aime faire flipper les gens. Et j'aime ton pseudo :p

Miritamoku : ...oui c'était cruel. Désolée. Et je vais très bien merci beaucoup ! :)

Je rappelle que c'est bientôt la fin (snif) puisqu'il y aura en tout 24 chapitres plus un épilogue ;)

Cœurs sur vous !

Minuit


Chapitre 21 : Don't Speak

Mathieu se tenait debout face à son amant sans être rassuré le moins du monde. Ce dernier n'avait pas prononcé un mot depuis qu'il était entré, se tenant là d'un air à la fois froid et un peu perdu, cherchant visiblement par où commencer, puisque visiblement des explications semblaient enfin vouloir lui échapper. Mathieu était à la fois soulagé que le brun se décide enfin à lui avouer ce qui n'allait pas -si du moins c'était le cas-, et aussi effrayé et anxieux. L'air blasé de son amant lui faisait mal au cœur. Le châtain, lui, était toujours aussi hostile et méfiant. Debout face à Antoine, il n'attendait qu'une chose, qu'il lui déballe tout, pour qu'il puisse l'aider. Et que tout ça finisse, enfin. Qu'ils reprennent leur vie de couple comme ils l'avaient vécue avant.

"OK. Mais si c'est pour rompre, tu oublies tout de suite."

Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait dit ces mots, il avait en lui un mauvais pressentiment, une peur qu'il s'efforçait de contrôler, et l'absence de réponse d'Antoine n'arrangeait pas les choses. Mais une chose était sûre, il ne se rendrait pas sans combattre.

Cependant Antoine restait toujours silencieux, comme si les mots qu'il s'apprêtait à prononcer peinaient à franchir ses lèvres. Mathieu, lui, était à la limite de l'énervement. S'il avait quelque chose à dire, qu'il le dise, merde !

- Hum hum, fit-il en se raclant la gorge, et en essayant de ne pas laisser la colère percer dans sa voix. Tu voulais me parler, je crois.

Le brun leva des yeux troubles vers lui, se passa la main dans les cheveux d'un air gêné, puis respira un grand coup.

- Ouais... Écoute, Mathieu... dit-il enfin d'une voix basse, évitant son regard. Je... Ça va pas fort en ce moment...

Ça j'avais remarqué, pensa Mathieu.

- J'ai un peu du mal en ce moment, je me sens pas très bien et...je crois que c'est nous qui sommes responsables de tout ça, lâcha-t-il.

- Explique-toi, grogna Mathieu, pas sûr de vouloir entendre la suite.

- Nous deux, répondit Antoine d'un ton sec. Je pense que c'est pas la solution.

Mathieu essaya de ne pas prêter attention au poids immense qui semblait tomber dans son cœur et dans son estomac, pour rester concentré sur les paroles de son amant et garder les idées claires. Ce qui était dur.

- Comment ça ? marmonna-t-il les dents serrées.

Le brun soupira, évitant toujours tout contact direct avec le regard de son collègue, ce qui ne fit que l'agacer encore plus. Mais qu'est-ce qu'il racontait encore comme conneries ?

- Écoute, je...je pense que c'était une erreur. Qu'on se mette ensemble, contre les autres, qu'on se cache pour se voir, qu'on prenne tous ces risques...c'était une mauvaise idée.

V'là autre chose.

Le brun fixait le sol, la voix un peu tremblante. Mathieu le regardait sans rien dire. Il luttait toujours encore contre la vague de tristesse qui menaçait à tout moment de l'emporter et préférait pour l'instant laisser la place à une colère froide, plus contrôlable, et qui lui permettait de tenir.

- Une mauvaise idée, vraiment ? lança-t-il d'une voix glaciale. Et c'était l'idée de qui, je te rappelle ? Qui voulait absolument qu'on essaye ? Qui a passé toute une soirée à me draguer pour au final me tenir un magnifique discours sur le fait qu'il n'en n'avait rien à branler de l'avis des gens ?

Le brun ne regardait toujours pas Mathieu, ce qui continuait à l'énerver.

- C'était...une autre époque, lâcha le présentateur de What the Cut, la voix elle aussi très froide. Je ne savais pas ce que ça allait donner, j'étais comme d'habitude, je ne pensais qu'à moi. J'avais tort. Regarde la vérité en face, Mathieu !

Le jeune homme aux yeux bleus sentit les mots de son amant lui claquer la figure. C'était comme si Antoine venait de le gifler, et il sentit son cœur se serrer.

Pas encore. C'est trop tôt. Tout peut encore arriver.

Serrant les dents et les poings, il leva la tête vers le brun, ses yeux bleus emplis de fureur.

- Quelle vérité ? cracha l'intéressé. La seule vérité que je vois depuis une semaine, c'est toi qui va mal, moi qui m'inquiète pour toi, et toi qui débarque tout à coup pour finalement me dire qu'on n'aurait jamais dû se mettre ensemble ! Qu'est-ce qui te fait croire qu'on ne peut plus continuer ?

Antoine ne répondit pas et le châtain sentit ses membres commencer à trembler. Bordel, non, pas maintenant, il devait encore se battre, retrouver son Antoine, il ne devait pas céder, il devait le ramener.

Ne pas s'effondrer.

Mais devant l'absence de réaction de son amant, il ne put s'empêcher de poser la question qui lui brulait les lèvres depuis que son petit-ami avait mis un pied dans son appartement.

- Est-ce que...tu ne m'aimes plus ?

Antoine releva brusquement la tête. Toute l'hostilité et la sécheresse de son visage semblait avoir disparu, pour ne laisser la place qu'à une profonde tristesse.

- Si, je t'aime toujours. Mais je n'y crois plus.

Mathieu vit alors à quel point ils avaient changé. À quel point les rôles s'étaient inversés.

Mathieu, le jeune homme peu sûr de lui, qui s'était fait frapper en pleine rue et faisait des cauchemars depuis. Mathieu qui avait eu tant de mal à accepter la proposition de rencontrer Antoine, qui avait eu si peur de sortir avec lui, était à présent devenu fort, résistant à tout ce qui pourrait les atteindre, n'en ayant plus rien à foutre des autres qui leurs lançaient des pierres, immunisé contre toute haine à son égard. Il avait assez subi, tout cela n'avait plus aucun effet sur lui.

Mathieu avait mûri.

Antoine n'était plus Antoine.

Antoine, le brun si sûr de lui, si posé avec ses manières de "je m'en bats les couilles du reste je fais ce que je veux", Antoine qui envoyait clairement ses abonnés chier à chaque conférence, à chaque troll qui lui était envoyé, était devenu quelqu'un qui doutait, qui remettait tout en question, qui avait presque peur des autres. Du monde.

Les rôles avaient été inversés. Mathieu était devenu l'homme confiant, Antoine le chaton mouillé.

Le châtain était impressionné par la radicalisation de ce changement, mais continuait de lutter comme un beau diable pour ne pas se laisser abattre par les mots du brun.

Ne pas s'effondrer, lutter, toujours.

Ramener Antoine.

- Tu ne m'as pas dit pourquoi tu n'y crois plus, lança-t-il, la gorge nouée.

Antoine lui lança un regard chargé de douleur.

- C'est à cause de la Japan, Mathieu. Tu les as vus comme moi, ils sont là, partout, ils seront toujours là et on ne peut rien y faire. On ne pourra jamais rien y faire. Et maintenant, j'ai vu tout ce qu'ils font à cause de nous. On ne peut pas être la source de ça, Mathieu, et on ne peut pas l'arrêter. Regarde les choses en face. La Japan était un échec. On croyait que ça nous aiderait, que ce serait une bonne chose, que ça allait être marrant. Qu'est-ce qu'il se serait passé, si les filles qui nous ont vus t'avaient reconnu ? On parlerait de ça partout sur la toile. Il arrivera bien un moment où ils sauront qu'on est ensemble, et ce jour-là, ce sera pire que tout.

Ne pas s'effondrer.

La colère, la meilleure arme pour ne pas tomber dans le gouffre qui l'attendait.

Ne pas pleurer, jamais.

- Bordel Antoine, mais reprends-toi ! La Japan n'était pas un échec, on a pris des risques, c'est vrai, il s'est passé des trucs chiants, c'est vrai, les abonnés sont cons, c'est vrai, mais on a eu de bons moments ! On est toujours là ! C'est pas parce que certains abonnés se sont mis sur la gueule qu'on ne peut pas changer les choses. On trouvera un moyen, quelque chose qui les fasse vraiment réfléchir, n'importe quoi. Et même, depuis quand ça te dérange ? Où il est, l'Antoine en mode YOLO, qui disait clairement à l'univers de se faire foutre, celui dont personne ne serait capable de dicter la conduite, celui qui m'aimait vraiment ? Celui qui me promettait que tout irait bien, quand je me réveillais en tremblant de mes cauchemars ? Il est où, l'Antoine qui me répétait "Toi et moi contre le monde" ?

Le plus jeune tressaillit. Il devait, tout comme Mathieu, se remémorer la soirée où il avait dit ces mots, dont Mathieu savait qu'à ce moment, il les pensait de toute son âme. Mais il n'y croyait plus, à présent. L'émotion noua la gorge du plus vieux, sa carapace de colère se fissura, et il se sentit lentement sombrer.

Tenir. Pour Antoine.

Le ramener. Vite.

- C'était une erreur, répéta Antoine, mortifié. On ne pourra jamais l'avouer, on n'en n'aura jamais la force et tu le sais bien. Moi, je n'en n'ai plus la force. C'est comme ça, Mathieu. J'en ai assez de me battre. Je veux vivre sans avoir à me cacher, à courir, à mentir, à faire semblant. Et je veux que toi aussi, tu vives sans qu'on te jette des pierres.

Mathieu le regarda en fronçant les sourcils, luttant de toutes ses forces contre les larmes, ignorant ce que le brun entendait par là.

- Ça veut dire quoi, ça ?

- Je vais partir, Mathieu.

Mathieu sombra.

Il sentit ses jambes trembler, menaçant de céder à tout instant, si bien qu'il dut s'appuyer contre la table de la cuisine pour ne pas tomber. Son cœur battait à tout rompre et lui faisait un mal de chien, ses yeux commençaient à le brûler, et il sentit l'air lui manquer.

Le jeune homme se remémora les paroles de Jenny.

"Tout ira bien, Mathieu, je te le promets."

Il fit un effort considérable pour lever les yeux vers Antoine et attendit la suite.

- Je vais partir, reprit le brun. Je vais quitter Paris, aller ailleurs, déménager quelque part en France loin de tout ça, loin de ma famille. Loin de toi.

Mathieu sentit douleur lancinante lui déchirer le cœur. Il n'arrivait plus à rester fort, il ne pouvait plus maintenir cet état de colère pour le ramener à la raison. La blessure était trop forte et lui volait ses dernières forces.

Se tenant toujours à la table, luttant en vain contre la tristesse, il peinait à croire ce que lui disait son ami.

Lutter...

- Je vais arrêter What the Cut.

Douleur.

Incontrôlable.

Insupportable.

Certitudes qui se brisent et cœur qui saigne.

- Arrêter...What the Cut ?

- Oui, répondit-il. Je ne vais plus faire de vidéos Youtube. En tout cas juste pour moi, sans les publier. Je ne pourrais jamais m'en passer, mais je vais faire autre chose, trouver un boulot quelque part, qui sait, peut-être reprendre des études...

- Tu ne peux pas...tu ne peux pas arrêter What the Cut, souffla Mathieu.

Antoine lui offrit un sourire plein de tendresse.

- Tu étais le premier, Mathieu, c'est à toi de faire ça. Tes abonnés ont raison sur ce point, tu faisais des vidéos avant moi, je dois te laisser la place que tu mérites. Tu n'auras plus de tourments à cause de moi, les abonnés te laisseront en paix. Les miens, mes anciens plutôt, seront déçus, mais ils comprendront vite que je ne reviendrai pas sur ma décision et te laisseront tranquille rapidement. Steph pourra aller à l'école sans avoir peur. Tu pourras faire ce que tu veux, sans guerre, comme lorsque je n'étais pas là. Tu le mérites, Mathieu.

- Tu ne peux pas...

Et il tombe.

Mathieu n'arrivait presque plus à parler tant l'émotion lui nouait la gorge, il sentit sa voix se briser sur les derniers mots.

- ...me quitter...

- Je suis désolé, soupira Antoine. Tu trouveras quelqu'un d'autre, j'en suis sûr. Moi, je continuerais à t'aimer, je pense. Je n'en sais rien. Je fais ça pour toi. Et pour moi. Même si...je voudrais rester avec toi pour toujours...

Le présentateur de Salut les Geeks était de plus en plus mal. Comment pourrait-il trouver quelqu'un d'autre en sachant qu'Antoine l'aimait toujours ?

Mais le brun, même s'il tremblait légèrement et serrait les poings lui aussi, semblait résolu. Il n'y avait donc pas moyen de le raisonner ? Il se força à trouver des arguments, de l'espoir pour que le brun reste, pour qu'il ne le quitte pas...

Il s'accroche.

Un effort, encore un.

Le dernier.

- Antoine, tu te trompes, murmura Mathieu. Tout peut encore changer... Regarde nos amis, à la Japan, tu leur a dit qu'on était ensemble... Ils ont très bien réagi, ils s'en foutent de notre guerre, ils nous soutiendront toujours...

L'intéressé secoua la tête avec tristesse.

- Laisse tomber, Mathieu... Eux n'ont pas de problème avec ça, mais les autres ? Les abonnés, ma famille ? Comment comptes-tu leur faire entendre raison ?

- Ta sœur a bien changé d'avis...

- Ma sœur est jeune. Elle est intelligente et on a dû batailler pour la faire réfléchir. Comment tu comptes faire avec quelques millions de personnes ? Les prendre un à un et leur expliquer calmement que c'est eux les méchants et nous les gentils ? Ils sont plus forts que nous, Mathieu. Ils l'ont toujours été.

- Je sais. Mais on s'en est jamais soucié. À nous deux, on était assez forts pour tous les contrer.

- Je n'y arrive plus, Mathieu, dit Antoine d'une voix éteinte. Je n'arrive plus à les envoyer chier. Je les vois, partout, sur le net, dans la rue, dans les conventions... Ils ne nous laisseront jamais respirer, c'est pour ça que je dois partir.

Mathieu n'y arrivait pas. Il n'arrivait pas à faire entendre raison à son ex-amant, il n'arrivait pas à chasser le doute en lui, ce doute et cette faiblesse qui le rongeaient tel une maladie pour lui retirer toutes ses forces, toutes ses convictions.

Le jeune homme était dévasté. Les abonnés avaient bien fait leur travail...transformer Antoine en un chaton apeuré, lui faire oublier toute idée de résistance, briser leur couple et tout ce qu'ils avaient construit durant ces quelques mois... Cela relevait de l'exploit. Ils étaient doués.

Et voilà que Mathieu était enchaîné, cloué au sol par une force invisible qui le ligotait et qui avait pris le dessus, l'empêchant de faire quoi que ce soit. Mathieu se sentait impuissant, et son espoir de récupérer Antoine s'éteignait peu à peu...

- Sois pas con, Antoine...

...jusqu'à disparaître.

Il 'accroche. En vain.

Ne pas s'effondrer...

Mathieu s'adossa contre la table, peinant à supporter la douleur. Tous ces mois vécus ensemble, ces peurs, ces joies, la rencontre avec Jenny, le soulagement lorsqu'elle leur avait proposé une solution, les retrouvailles à son appart... Tout ça n'avait plus d'importance. Antoine voulait le quitter. Antoine allait le quitter.

- S'il te plaît...dit-il d'une voix presque inaudible.

- Essaye de comprendre, Mathieu...répondit Antoine. C'est la bonne solution. Tout ira mieux à partir de maintenant.

- Non...

Antoine leva la tête et plongea son regard chocolat dans les yeux bleus de Mathieu. Ce dernier y vit défiler tout ce qu'ils avaient partagé, depuis le jour où il avait vu ce regard pour la première fois jusqu'à ce moment même. Il revit Antoine le scruter au Hog's pour la première fois. Il revit Antoine arriver à son appartement, un grand sourire aux lèvres, en portant un carton qui bougeait et miaulait. Il revit leur première fois ensemble, et toutes les autres depuis. Il revit Antoine le serrer dans ses bras pendant qu'il tremblait, encore effrayé par un de ses cauchemars.

Tout ça n'a plus d'importance.

Mathieu s'effondra.

Il ne laissa pas ses larmes couler, mais il sentait son âme pleurer à la place de ses yeux, il sentait des torrents de larmes couler à l'intérieur de lui, ses espoirs voler en éclats, lui échapper, noyés par des émotions trop fortes et trop douloureuses pour qu'il réussisse à les supporter.

Haletant, il détourna les yeux et porta une main tremblante à son cœur. Il avait pensé qu'aucune douleur ne pouvait surpasser celle de son corps et de son esprit après s'être fait tabasser, après avoir senti son corps roué de coups, son amour-propre détruit, son moral plus bas qu'il ne l'avait jamais été. Aucune douleur n'aurait pu surpasser ça, il en était certain. Il se trompait. Celle-ci était pire.

Il savait que le brun l'observait mais ne pouvait savoir ce qu'il pensait. Sa vue était trouble, si bien qu'il ne distinguait plus du tout le visage de son ex-petit ami. C'est comme s'il lui échappait déjà. Comme s'il était déjà parti...

Antoine n'était plus Antoine.

Mathieu n'était plus Mathieu.

Ils n'étaient donc rien. Plus rien.

Dans un ultime effort qu'il savait inutile, Mathieu réussit à murmurer trois derniers mots.

- Ne pars pas...

Il lâche prise.

Et il tombe.

Le brun soupira, et Mathieu sentit que l'émotion l'étranglait et l'empêchait de répondre. Antoine s'approcha de lui, lentement, sans le toucher, et murmura trois mots d'une voix à peine audible, comme si le fait de simplement parler lui demandait un effort considérable.

- Je suis désolé...

Impact.

Il heurte le sol et se brise.

Antoine, les yeux rouges, regarda une dernière fois ceux, brillants de douleur, de Mathieu. La lueur dans le regard du brun ne faisait que confirmer ce qu'il venait de lui dire.

Je suis désolé.

Puis il tourna le dos et quitta l'appartement d'un pas lent mais décidé.

Le châtain sentit quelque chose pousser un hurlement en lui, si fort qu'il n'arrivait même pas à franchir la barrière de ses lèvres.

Au sol.

Inconscient. Presque mort.

Ne pas pleurer.

Jamais.

Assis sur une chaise, tremblant de tous ses membres.

Antoine était parti.

Mathieu était seul.

Et tous deux étaient brisés.