Disclaimer : Les personnages de Bleach ne sont pas à moi, ils sont à Tite Kubo.

Couple : Grimmjow Jaggerjack & Ichigo Kurosaki, Uryuu Ishida & Ichigo Kurosaki, Ulquiorra Shiffer & Ichigo Kurosaki.

Note : Cette histoire est totalement inventée. A ne pas prendre au sérieux.

Remerciement : Merci à Angelyoru qui me suit avec toujours autant de conviction. Ce chapitre est un peu plus long que les autres. Régale toi.

Chapitre 20 : Une protection

"- Alors, qu'as-tu à me dire sur Grimmjow?"

Grimmjow !

Le tilt fait enfin effet en moi.

C'est lui! C'est le nom de l'homme qui m'a sauvé.

Mais alors que j'essaie de mettre des souvenirs autre que mon sauvetage contre Kenpachi, la sensation de douleur qui traverse mon crane que fait grimacer. Encore une fois j'ai la sensation qu'on m'interdit d'y penser. De me souvenir.

Et une nouvelle fois, la drogue aidant, je rends les armes.

"- Il semblerait qu'il en ai eu assez de rechercher ce gosse, dit-il en me pointant d'un mouvement de menton. Il fait juste ses petites affaires maintenant.

- Je vois. Alors il s'est finalement lassé, dit mon maître en me jetant un regard à son tour."

Parlent-ils de moi? Je ne comprends pas. Et je n'arrive pas non plus à me rappeler quoi que ce soit qui pourrait m'aider à comprendre. Et là encore, grâce à la drogue, je ne fais pas le lien entre leurs regards appuyés sur moi et leurs dires.

Encore une fois l'oubli forme une sorte de barrière autour de moi. Et chaque fois que j'essaie de la briser ou de l'esquiver une douleur m'en empêche et mes souvenirs s'éloignent un peu plus.

J'oublie définitivement mes interrogations pour la soirée lorsque Hinamorie me sourit avant de se mettre à jouer un nouveau morceau qu'elle semble m'adresser. La drogue aide bien sur a oublier tout ce qui a de l'importance et je la regarde promener ses doigts sur le clavier de manière insouciante.

Pourtant quelques minutes plus tard la voix de mon maître nous est adressée quand il nous dit que nous pouvons aller nous amuser à l'étage inférieur. Encore une fois ça n'est pas vraiment une proposition mais d'avantage un ordre. Nous devons quitter la pièce.

Alors sans plus attendre, je me lève et suis la petite brune qui sort la première. Je marche dans ses pas jusqu'à la première salle de la boite de nuit que nous avons traversé à notre arrivée. Sur place je me laisse entraîner par l'ambiance festive, la musique et les pas de la jeune femme qui me guide doucement jusqu'à la piste de danse encore surchargée.

Nous entamons la danse, nous déhanchant avec assurance sur un rythme soutenu au milieu de plusieurs centaines d'autres personnes. Et vu de l'extérieur nous devons donner l'apparence de deux personnes, deux jeunes gens, tout ce qu'il y a de plus normaux. Libres et joyeux, bons vivants. Venus s'amuser dans ce bâtiment comme toutes les autres personnes autour de nous. Mais Hinamorie et moi ne sommes que trop conscients des colliers en cuir que nous portons tout les deux à notre cou et qui ne nous ont jamais été retirés depuis l'instant où la boucle a été refermée pour la première fois.

Bien que l'on soit des plus nombreux sur la piste, l'espace est assez grand pour qu'on ne soit pas collés les uns aux autres. Pourtant ça n'empêche pas mon corps d'entrer en contact avec ceux d'hommes et de femmes. La musique déchire mes tympans et les basses alourdissent ma tête. Mais je ne m'en préoccupe pas. Au contraire, la drogue aidant sûrement, je me sens mieux que je ne l'ai été depuis des mois. Peut être mieux que jamais d'ailleurs, je ne m'en souviens pas. À la place je continue de danser comme si de rien était.

Je ferme les yeux dans une sorte de transe tout en glissant mes mains sur mon ventre puis sur mes cuisses, écartant les jambes tout en me baissant un peu mais gardant le dos droit. Puis je remonte tout aussi lentement, ondulant mon bassin de droite à gauche et de gauche à droite sur le rythme d'une musique lascive. Hinamorie fait à peu de choses près les mêmes mouvements devant moi en me souriant, mais elle garde les jambes serrées sous sa jupe qui ressemble un peu trop à une jupe d'écolière.

Les couleurs de sa tenue sont accordées à la mienne et pour elle aussi à l'exception de sa jupe, la tenue est moulante. Le haut est exactement comme la mienne, une sorte de débardeur qui est tenu au niveau du cou et non des épaules. Mais si son haut à elle possède un losange au niveau de la naissance de sa poitrine qui laisse voir sa peau, le mien a le losange au niveau du ventre. Et là où moi je porte un pantalon moulant brillant, elle elle porte des collants brillants qui montent jusqu'à mi-cuisses de la même matière que mon pantalon. Pour finir nous avons tout les deux une paire de bottes. Avec talons pour elle, sans talon pour moi. La même paire de botte. La même tenue pour chacun. Féminine pour Hinamorie, masculine pour moi.

Je me fais la réflexion qu'on doit ressembler à un duo d'artistes. Les gens doivent penser que nous sommes là pour le spectacle. Et dans un sens c'est la vérité. Nous sommes des bêtes de foire. Des pets, humains rendus à l'état d'animaux de compagnie.

Je sens une chaleur inconnue entrée en moi, une chaleur extérieure, désagréable et lourde, qui me fait suffoquer. Qui me colle à la peau. Alors que les musiques s'enchainent les unes après les autres.

Je ne sais pas depuis combien de temps je me déhanche sur le rythme sourd mais je finis par sentir une petite main sur mon visage. Je rouvre alors les yeux que je n'avais pas conscience d'avoir fermés pour apercevoir Hinamorie qui me sourit gentiment. Elle s'est rapprochée de moi en continuant à danser si bien que nous sommes pratiquement collés l'un à l'autre. Près d'elle je découvre Kira qui danse avec nous dans le même genre de tenue que nous mais avec des couleurs crème et bleu.

Je balade mon regard autour de moi pour me rendre compte que le nombre de personnes sur la piste a drôlement baissé. Ça doit faire un moment que nous dansons. En fait tout bien vérifié, c'est la salle complète qui semble plus vide.

Alors que je regarde une nouvelle fois autour de moi, je vois Yammy qui fait le pied de grue dans un renfoncement. Quand son regard croise le mien il me fait signe de le rejoindre. Je prends dans ma main le petit poignet de Hinamorie et passe une main dans le dos de Kira pour le pousser gentiment vers notre gardien. Rejoindre ce dernier n'est pas chose facile, nous devons slalomer entre les quelques personnes qui se mouvent encore sur la piste.

Nous finissons pourtant par je ne sais quel miracle par monter les marches qui séparent la piste de danse de la zone de détente. Après avoir contourné cinq ou six tables et de nombreuses chaises et de petits tabourets ronds, nous passons dans une allée où des personnes sont étendues de part et d'autre sur les fauteuils.

Une nouvelle fois les regards se portent sur nous. Toutes sortes de regards qui vont de la haine et du dégoût, à la perversité et au désir. Hinamorie rigole sans raison avant de se rapprocher de moi. Son poignet échappe à ma main avant que ses doigts ne viennent se mêler aux miens. Puis son corps vient se presser contre mon bras alors qu'elle s'y suspend. Je la regarde du coin de l'œil, amusé.

Elle me fait "chut" du doigt avant de me présenter deux petits comprimés de drogue. Je n'ai aucune idée de comment elle les a eu mais je m'en moque. Tout à coup un large sourire éclaire mon visage et j'ouvre les lèvres. Elle en pousse un en rigolant une nouvelle fois jusqu'à ce qu'il tombe sur ma langue. Elle envoie le deuxième au fond de sa bouche avant d'avaler rapidement en souriant si largement que n'importe qui se poserait des questions quant à ce qu'il lui arrive.

Pourtant je sais exactement ce qu'il y a pour l'avoir déjà vécu et pour sentir ces sensations revenir en moi petit à petit. L'euphorie de la danse, du fait de se lâcher et de profiter réellement pour une fois, mêlée à la drogue donne l'impression qu'elle a bu. Et à la manière dont je perds de temps à autre l'équilibre quand elle s'appuie contre moi je devine que je ne suis pas très loin de son état.

Nous regagnions rapidement le bureau du brun accompagnés de Yammy et je retourne près de mon maître avec une attitude de soumission digne du chien le mieux dressé qu'il soit afin de me rasseoir contre lui. Mais alors que plus tôt dans la soirée j'étais assit sur le sol, cette fois il ouvre son bras pour m'inviter à venir m'e placer contre lui sur le sofa. Hinamorie va se chercher un coussin avant de s'installer par terre à mes pieds. Sa tête repose contre ma cheville.

Dans le bureau maintenant en plus d'Aizen, Zaraki et Kira, je découvre d'autres hommes. Ils sont en train de présenter de nouvelles sortes de drogues et autres joyeusetés de ce genre. L'un d'eux sort un paquet qu'il ouvre et place un petit monticule de poudre blanche sur un plateau en argent brillant.

Je relève la tête que j'avais posée sur le torse de Maître Schiffer alors que Hinamorie réagit elle aussi. Le vendeur sourit en affirmant qu'aucun drogué ne peut rester indifférent face à cette "pureté". La seconde suivant c'est avec une satisfaction insatiable que je vois mon Maître me faire signe de la goûter.

Je me penche alors en avant pour prendre un petit tube en fer et me place au dessus de la petite montagne de poudre blanche. Je mets un tout petit tas à part avant de l'inspiré par le nez à l'aide du tube argenté. Je renifle deux petits coups tout en passant mon doigt au niveau de la narine par laquelle j'ai prit la poudre. Ce n'est pas la manière dont je prends ma drogue habituellement mais je ne peux empêcher un sourire de fleurir sur mes lèvres alors que je repose le tube et me replace dans le sofa contre mon Maître.

Il ne faut que quelques secondes pour sentir les premiers effets. C'est bien plus rapide que d'habitude. Je laisse l'étrange sensation de malaise créée par la drogue m'envelopper avant que les sensations agréables ne la remplace. La sensation de me sentir flotté est extraordinaire, mais je me sens aussi incroyablement lourd, comme si j'étais lié à la terre et que je m'enfonçais doucement dans le sol. Ces deux sensations en même temps me donne un mal de tête très facilement oublié par cette impression de devenir invincible.

Une chose est sure, cette drogue est plus rapide à faire effet, mais elle est aussi beaucoup plus forte.

Autour de moi les hommes et les femmes continuent de discuter. La musique étouffée continue de retentir et de se faire entendre à mes oreilles mais je n'y prête aucune attention. Je me laisse aller un long moment en fermant les yeux dans un soupire de bien être.

J'entends vaguement Hinamorie inspirer sa dose de poudre avant que le poids de sa tête ne revienne contre ma jambe le temps d'une courte seconde. Puis quand je la sens bouger j'ouvre de nouveau un œil pour la voir se hisser sur le sofa. J'étends mes jambes et elle vient s'allonger à plat ventre entre mes cuisses en croisant ses mains sur mon ventre avant de poser sa tête sur le bas de mes côtes.

Là je referme les yeux et j'ai la sensation de ne jamais avoir été mieux qu'à cet instant. En fait la sensation de la piste de danse me semble tout à coup incroyablement fade comparée à maintenant. Je finis par revenir légèrement à moi quand je sens le dos de doigts froids sur ma joue. Je rouvre les yeux doucement et la lumière de la pièce m'agresse les yeux. Elle était vraiment aussi forte avant ?

Mon mal de tête a soudainement été remplacé par une impression de tournis et de flottement beaucoup moins désagréable. Et du coup les sensations plaisantes ne sont que plus fortes encore.

Je lève le menton pour fixer mon regard dans celui émeraude de mon Maître. Il passe la même main dans mes cheveux avant de me faire signe de me lever. Je remarque que la plupart des gens sont partis y compris Aizen et Kira. En fait il ne reste que Maître Schiffer, ses hommes, Hinamorie et moi.

Ai-je réellement décroché autant et pendant si longtemps pour ne me rendre compte de rien ? Combien de temps est passé ? Je n'y pense pas d'avantage, à la place je me redresse sur le canapé puis pose la main sur l'épaule de la jeune fille pour la secouer légèrement.

Je semble la réveiller elle aussi car elle sursaute légèrement avant de se frotter les yeux qu'elle finit par fixer sur moi. Elle me regarde quelques secondes avant de promener son regard sur la pièce. L'instant d'après elle se relève en titubant légèrement puis rejoint notre maître qui attend déjà près de l'entrée de la pièce.

C'est à mon tour de me lever et pour moi aussi le processus est difficile. Je manque de trébucher plusieurs fois en rejoignant Maître Schiffer. Je contourne la table basse où se situe toujours le plateau de poudre blanche puis rejoins notre maître qui nous attend un peu plus loin. Nous quittons la pièce puis la discothèque et rejoignons la voiture sur le parking.

Lorsque je descends enfin du véhicule après quelques minutes de route, toute envie de sommeil qui avait tant bien que mal réussit à entrer en moi a disparut. Mais ça ne semble pas être le cas de la petite brune qui baille grandement.

Nous regardons le propriétaire de la demeure rentrer dans la maison suivit de ses hommes, sans attendre je lui emboîte le pas alors que Hinamorie me suis difficilement. Lorsqu'elle chancelle un peu trop d'un côté à l'autre, je la sens s'accrocher à mon poignet. Je retourne vers elle et une nouvelle fois je la vois bailler tout en mettant une main devant la bouche.

Derrière elle, alors que le véhicule dans lequel nous étions a déjà disparut, je vois arriver un nouveau véhicule. Je découvre Zaraki qui en descend accompagné d'un homme aux cheveux argentés coupés courts. Ils avancent ensuite vers nous comme si ils avaient l'habitude d'évoluer ici. Je les regarde passer en les suivant des yeux et quand je me retourne vers la maison je découvre mon Maître qui les attend tout les deux sur le seuil de la porte.

D'un geste de la main, comme on chasserait un nuisible, il me fait signe d'aller m'occuper ailleurs. Je hoche la tête et continue de le fixer jusqu'à ce que notre maître disparaisse derrière la porte qui se referme dans une claquement.

Je me retourne ensuite vers la jeune femme et lui prends alors délicatement la main qu'elle a toujours levée devant son visage. Je l'entraîne avec moi alors que mes pas nous font contourner le devant du bâtiment avant de tourner à gauche. Nos deux gardiens que nous avons toujours sur les talons ne nous quittent pas d'une semelle. Nos pas à tous résonnent sur le bois qui fait le tour de la maison.

Nous passons devant les fenêtres du hall d'entrée et devant plusieurs bancs avant que je ne bifurque encore une fois à gauche, suivant le chemin fait de planches en bois marron foncées abritées par une sorte de toit, de la même couleur et du même matériaux. Le chemin forme un quart de cercle vers la droite tout en étant incliné dans une douce pente. De chaque coté des poteaux qui supportent le petit toit en bois qui nous abrite sont plantés des arbres et des plantes exotiques.

Puis soudain le toit protecteur au dessus de nous s'arrête tout comme le bois sous nos pieds, qui est remplacé par des dalles de marbre blanc. La végétation s'est elle aussi arrêtée pour laisser place à une étendue de marbre blanc habillée de transats en bois aussi sombres que le plancher un peu plus tôt.

J'avance encore de quelques pas puis choisis un transat au hasard et y guide la jeune femme dans des gestes doux. Elle manque de trébucher encore une fois mais je la retiens juste à temps dans un soupire. Je la fais ensuite s'allonger sur le coussin blanc qui recouvre le transat. Autour des murets délimitant le sol blanc, la végétation continue. Des fleures de multiples et diverses couleurs sont éclairées par des lampes de jardins qui diffusent une douce lumière blanche et claire.

L'atmosphère de cette nuit sans fraîcheur est agréable. Et ça même si j'ai extrêmement chaud.

Après un nouveau soupire, je me dirige dans le petit bâtiment où je m'étais changé plus tôt dans la journée. A l'intérieur je m'extirpe de la tenue qui semble me coller à la peau. Je découvre avec plaisir un nouveau short de bain posé pour moi sur un petit meuble près du banc du vestiaire. Je m'y glisse avec une satisfaction qui transparaît dans un soupire avant de sortir du bâtiment.

Devant moi, à quelques pas, la piscine où j'étais dans la journée luit d'une douce lumière semblable à celle des massifs. Les spots placés sur les murs au fond du bassin créent un jeu de lumière relaxant avec les vagues faites par la douce brise. La piscine en forme de huit aux croisements internes arrondis fait totalement peau neuve à présent que la nuit est tombée.

Sur la droite là où la piscine continue, rompant la boucle extérieur du huit pour faire un nouveau cercle plus petit, se trouve un espace plus discret comme une petite bulle. Protégé de l'eau par un mur on peut découvrir un bar en plein milieu entouré de sièges immergés de l'autre coté du mur, coté piscine. Et à l'opposé d'où je suis, sur l'autre coté, là où se situe la boucle interne, se trouve un jacuzzi qui n'est jamais arrêté. Une fois encore, un fin muret mais cette fois immergé de tout petits centimètres seulement, laisse passé des vagues d'eau chaudes, continuant ainsi de chauffer la piscine.

Je fais les quelques pas qui me séparent des marches permettant d'entrer dans l'eau maintenue constamment à vingt-trois degrés.

À chaque nouvelle marche, je m'enfonce un peu plus dans l'eau tiède et agréable. Lorsqu'enfin l'eau arrive à la moitié de mon ventre, je me laisse tomber en avant. L'eau engloutit ainsi tout le reste de mon corps et ma tête. Comme à chaque fois, je me laisse flotter entre la surfasse et le fond. Je ne sais jamais exactement combien de temps je reste ainsi, faisant un mouvement par ci, un mouvement par là pour me maintenir à une profondeur agréable.

Cette fois, plus qu'aucune autre la sensation est merveilleuse. La drogue nouvelle que j'ai essayé ce soir y est-elle pour quelque chose ? Après tout même si je ne sais pas exactement combien d'heures se sont écoulées, je sais tout de même que les deux heures qui marquent un début de manque chez moi sont passées. Et pourtant là je ne ressens pas de manque.

Je finis par ouvrir les yeux. Je cligne des paupières une fois ou deux pour m'habituer au contact directe de l'eau légèrement chlorée avec mes pupilles. J'apprécie la lumière que diffusent les lampes rondes et plates sur les parois et qui - grâce aux remous de l'eau - tracent des dessins au fond du bassin. Je m'amuse comme un enfant de voir que mon ombre est renvoyée sur la paroi opposée à chacune des lampes.

Je pose finalement un pied au fond du bassin afin d'exercer une pression qui me ramène rapidement à la surface. J'inspire alors avec un nouveau plaisir une bouffée d'oxygène. Mon regard parcourt un instant le ciel sans nuage à présent constellé d'étoiles avant de retomber sur le décor qui entoure la piscine.

C'est alors que je découvre avec étonnement, que je n'affiche pas, un homme sur les marches entre la terrasse du salon et le dédale en marbre. Il me semble que c'est l'un des hommes que j'ai vu un peu plus tôt mais la pénombre ne me permet pas d'en avoir la certitude, d'autant plus qu'il se trouve à contre jour. Un rapide coup d'œil me permet de voir que Hinamorie est toujours là mais que Yammy et Nnoitora ont quant à eux disparus.

C'est un homme vraiment imposant, si ce n'est pas une montagne de muscle. Sa stature carrée lui donne un air sévère et il faut que je m'approche du bord du bassin pour réussir à distinguer la couleur de ses cheveux. La lumière blanche des lampes de jardins cachées dans les massifs me permet de découvrir une courte chevelure argenté. Il est habillé d'un costume sombre, mais je n'arrive pas à savoir si il s'agit de noir ou de bleu. Ou peut être est-ce du gris ?

Je le vois faire plusieurs pas vers moi avant de se détourner et d'aller s'asseoir sur le bord d'un transat, là où normalement on pose nos pieds.

"- Bonsoir, ne vous dérangez pas pour moi. Continuez de nager si vous le souhaitez, me dit-il d'une voix rauque qui lui va bien, je crois. Et je réalise que c'est la première fois qu'on me vouvoie. Je fronce les sourcils en prenant soin de m'éloigner du bord. Au centre de l'eau je me sens en sécurité.

- Bonsoir, je peux savoir qui vous êtes?"

C'est risquer pour moi de m'adresser à quelqu'un de cette manière. Si Maître Schiffer l'apprend, il me punira à coup sur.

Je le regarde desserrer sa cravate quelque peu puis déboutonner avec lenteur sa veste de costume. A présent qu'il est plus près du bord - où l'éclairage est plus fort - je parviens à distinguer la couleur de sa tenue vestimentaire. Je découvre un gilet gris assorti à son costume d'une propreté impeccable par dessus une chemise blanche. Je devine que la chemise est faite de soie lorsque je la voie briller à la lumière pâle.

"- J'ai posé une question, dis-je tout bas, plus pour moi qu'autre chose.

- Du calme, me répond-il et visiblement je n'ai pas parlé assez bas. Ne soyez pas si agressif, je ne vous veux aucun mal. Bien au contraire, je suis là pour vous protéger sous les ordres du boss.

- Maître Schiffer ?"

Je fronce tout à coup les sourcils et me met à regarder frénétiquement autour de moi sans jamais quitter la petite brune, qui dort toujours, des yeux trop longtemps. Maître Schiffer pressent-il un danger ?

Je sursaute dans l'eau lorsque je l'entends rire tout bas. Immédiatement je me retourne vers lui pour le fixer avec un air aussi perdu que je le peux alors que je n'affiche presque plus mes émotions, à l'image de mon maître. Il me fixe quelques secondes avec un sourire aux lèvres avant de hocher presque imperceptiblement la tête de manière négative. Lorsqu'il la relève il me fait un clin d'œil avant de me sourire de manière rassurante.

La seconde d'après il me fait signe de me taire en plaçant son index sur ses lèvres.

Et c'est là que, tout d'un coup, je comprends. Mes pensées font le rapprochement à une vitesse vertigineuse entre cet homme, le souvenirs des serveurs de la crêperie qui me semblaient familiers et ma rencontre avec le bleuté il y a quelques temps. Souvenirs qui, alors qu'ils avaient pratiquement disparue, me reviennent soudain. Ma rencontre avec le bleuté en particulier me revient si violemment en mémoire que j'en ai une seconde le souffle coupé.

C'est quand je sens le froid de l'eau sur mon visage que je réalise que j'ai arrêté de nager sous le choc. D'un mouvement de bras je remonte alors et repose mon regard sur l'homme qui me sourit toujours doucement.

Grimmjow...

C'est à mon tour de lui sourire. Ou plutôt, je réponds au sien en me rapprochant lentement de lui. Je finis par poser mes deux bras sur le rebords de la piscine et le menton sur ceux-ci. Puis je le détaille du regard en inclinant légèrement la tête.

Lorsque je la redresse, je la hoche afin de lui montrer par là que j'ai compris de qui il parlait.

Je le regarde encore quelques petites secondes silencieusement avant de couler mon regard sur la jeune fille toujours endormie sur le transat à peine à trois mètres de nous. L'homme suit mon regard. Il ne devait pas l'avoir remarqué car il soupire longuement. Il finit par reporter son regard sur moi avant de hausser les épaules et me sourire à nouveau. Un nouveau sourire de réconfort, un sourire qui me met en confiance. Et pour une fois je sais que je peux l'avoir.

"- Quel est votre nom?"

J'ose de choses que je ne me suis pas permis depuis une éternité. Le souvenir de la punition se manifeste en moi et l'endroit où le maître a inscrit les mots "ne jamais parler sans mon accord" avec de la cire brûlante semble à nouveau douloureux. Comme un rappel pour que je réalise mon erreur.

Je baisse donc la tête en me pinçant les lèvres avant de les ouvrir de nouveau. Mon regard se repose sur lui alors que je m'apprête à m'excuser. Intention immédiatement avortée quand je le vois sourire une nouvelle fois. Puis il lève sa main et sans pouvoir m'en empêcher je fais un brusque mouvement en arrière, créant une vague et un bruit d'eau. Il montre la main vide comme on le ferait avec un animal méfiant avant de reprendre son geste de manière beaucoup plus lente. Je vois sa main disparaitre sous la veste de sa chemise. Une nouvelle fois je me recule dans l'eau. Pourtant quand la main réapparait c'est pour sortir un paquet de cigarettes de sa poche. Il me le montre une seconde avant d'en prendre une entre les lèvres. Petit cylindre blanc qu'il allume une petite seconde plus tard. Il prend le temps d'inspirer une bouffé avant de lever la tête vers le haut et de recracher la fumé calmement.

Le nuage blanc se dissipe peu à peu au dessus de sa tête tandis qu'il monte vers les étoiles comme un brouillard. Il rabaisse ensuite la tête vers moi pour me regarder une nouvelle fois. Sa voix résonne alors pour la troisième fois dans le silence de la nuit. Quand ses yeux retombe sur moi, je me suis de nouveau rapproché du bord.

"- Muguruma Kensei."

Je lui souris et l'observe longuement avant de pousser de mes deux pieds sur la paroi contre laquelle j'étais appuyé pour me renvoyer au milieu du bassin. Je plonge la tête sous l'eau pour la deuxième fois avant de ressortir juste le haut de la tête, laissant tout juste mon nez dépasser pour pouvoir respirer. Je me mets alors à parcourir le bassin, essayant de créer le moins de vagues possible. Je laisse mes bras aller derrière moi au rythme et aux mouvements de l'eau créés par le passage de mon corps. Cette sensation est agréable. Je ferme les yeux pour apprécier un peu plus la caresse de l'eau contre mon corps.

Finalement je reviens, tout aussi lentement vers l'argenté, avant de sortir le bas de mon visage hors de l'eau.

Je pose ensuite mon menton sur le rebord de la piscine comme le ferait un chien sur le genou de son maître. Je prends à nouveau le temps d'observer cet homme une longue minute. Puis je me décide enfin à parler pour lui faire comprendre que je me rappelle et que j'ai compris pourquoi il est ici. C'est un peu une manière de le remercier sans risquer d'être punis si jamais Yammy, Nnoitora, ou pire : Maître Schiffer, nous surprenaient et nous entendaient.

"- Je vous fais confiance, Mr Muguruma."

Il hoche la tête rapidement avant de prendre une nouvelle bouffé de sa cigarette. Cette fois il met moins de temps à la recracher.

"- Appelez moi Kensei.

- Entendu."

Sur ce dernier mot je décolle mon menton du sol blanc à rainures grises et noires avant de reculer ma tête et de me laisser couler. Je m'amuse à me déplacer sans que Kensei ne puisse me voir pour ensuite percer la surface et respirer à un endroit bien plus loin.

J'ai conscience que je dois ressembler à un enfant mais la sensation est trop agréable et la drogue encore trop présente pour que je m'en soucis. Je suis bien trop à l'aise là pour arrêter.

Je me retourne pourtant régulièrement pour croiser le regard de l'homme, vérifier qu'il est toujours là, et je le vois me suivre des yeux au maximum. Lorsque je ressors suffisamment loin pour qu'il ne puisse me voir, me cachant habilement derrière les murs qui forment le huit de la piscine, au fond de moi une partie étouffée jubile de le voir me chercher du regard.

C'était le chapitre 20.

J'espère qu'ils vous aura plus comme les autres.

A bientôt pour la suite.

Enjoy !