Les personnages appartiennent à S. Meyer
Bonne lectures !
Chapitre 21 : voyage en Croatie (BPV)
Me tuer, me transformer en une créature sanguinaire, me torturer, me briser, me blesser, boire mon sang… mais aussi m'aimer. Voilà tout ce que voulait Edward Cullen à mon sujet, ses envies profondes. Heureusement pour moi, il n'y avait que la dernière qu'il ne pouvait contrôler. Je me rendais à présent compte de toute la chance que j'avais de pouvoir me blottir dans ses bras musclés. Il était réconfortant, attentionné, j'avais maintenant parfois l'impression que je perdais pieds lorsqu'il n'était pas là. Il me protégeait et ne voulait que mon bien, même si je savais qu'inconsciemment, il me trouvait attirante non pas uniquement pour ma personnalité mais pour cette envie que mon odeur procurait à ses sens…ce n'était d'ailleurs certainement pas non plus pour mon physique, bien qu'il dise le contraire, qu'Edward Cullen m'avait avoué qu'il m'aimait. Nous étions « ensemble » depuis très peu de temps et pourtant, j'avais le sentiment que cette relation, bien que surnaturelle, était totalement différente de ce que j'avais pu vivre avec Jacob. Je l'aimais énormément, certes, mais je me rendais à présent compte de ce qu'étais la vraie passion, le chamboulement excessif que pouvait provoquer le contact et le rapprochement d'un être sans lequel on ne pourrait plus vivre et ce, malgré le fait que nous ne nous étions jamais embrassé.
« Edward Cullen, je vous aime ». Ces petits mots, je les avais déjà dit à de nombreuses fois mais pour lui, c'était tout différent, d'où l'importance de ceux-ci et de la chance que j'avais. Selon sa famille, je l'avais transformé mais il avait indirectement fait pareil avec moi. De la fille renfermée et taciturne, j'étais passée à la demoiselle agréable, souriante, voire même sûre d'elle et un peu entreprenante. J'avais retrouvé ma joie de vivre d'avant et je m'en sentais bien. Il me rendait complètement dingue mais cette fois, ce n'était pas dans le sens négatif du terme. Sa voix était douce et scintillante, ses yeux et son regard étaient envoutant, son odeur me faisait chanceler et le tout combiné ensemble, ajouté aux mots tendres qui sortaient de sa bouche rien que pour moi me coupaient non pas littéralement mais réellement le souffle. Je devais donc régulièrement penser à respirer afin que tout ce bien être me n'étouffe pas.
Nous étions à présent installés dans le car nous conduisant vers un voyage de fin d'année scolaire en Croatie. Depuis notre départ, il y avait plusieurs heures de cela, je n'avais presque pas bougé et Edward non plus. Ce n'était pas difficile pour lui de rester immobile, c'était même tout à fait naturelle au vu de sa condition de vampire. Pour moi, je sentais déjà des picotements dans mes jambes et des étirements au niveau de mon dos mais je m'en moquais comme de ma première couche culotte ! J'étais sereine, rassurée et depuis plus d'un an maintenant, je n'étais plus seule.
Le chauffeur avait déjà réalisé un bref arrêt « pipi » et nous étions partit pour la nuit. La majorité de nos camarades de classes faisaient encore la fête et sortaient l'alcool, pourtant interdit, de leur sac. Les professeurs accompagnants qui avaient malgré tout vérifié leurs sacs ne s'étaient absolument pas rendu compte qu'il y avait du gin dans la bouteille de jus de fruit de Lauren et que l'entièreté du contenu de celle de Tyler était de la Vodka. Comment faire la différence avec l'eau sans sentir la bouteille ouverte ? Leur plan avait parfaitement bien fonctionné. Toutefois, je me demandais tout de même comment ils allaient faire pour justifier le fait qu'ils allaient, pour la plupart, être complètement bourré, voire même malade, avant l'arrivée car au vu de leur comportement, j'imagine qu'au moins monsieur Banner se rendra compte qu'ils ne sont plus sobres. Enfin, après tout, c'était leur problème et je ne comptais absolument pas me tracasser pour eux. La seule chose sur laquelle j'avais envie de fixer mon attention était simplement la main d'Edward qui jouait inlassablement avec mes doigts, leur procurant une douce caresse qui me donnait des frissons de plaisir jusque dans ma colonne vertébrale. Je ne sais pas si c'était une « ruse » de vampire mais si ce simple contact m'électrisait à ce point, je crois que lorsque nous décideront de nous rapprocher d'avantage physiquement, c'est mon contrôle qui sera mis à l'épreuve contrairement à ce que pourrait penser Edward. Il était finalement plus en danger de moi…
Je fis brièvement le point sur tous les changements qu'avaient amenés les Cullen dans ma vie et je devais m'avouer finalement très satisfaite de les connaître. Quand je repensais au week-end d'enfer que m'avaient fait passer ma mère et Phil, je me disais que j'aimerai mieux être avec mon clan de vampire préféré que ma vraie famille, bien que j'étais plus qu'heureuse d'avoir Paul, Emily mais aussi Rachel et Billy dans ma vie. Depuis mon retour chez moi, Leah avait soudain refait surface. Aucune nouvelle pour savoir si j'allais bien mais dès qu'elle en eu la possibilité à nouveau, elle me les amena à garder pour pouvoir profiter tranquillement de son week-end. Au début, Edward évitait d'être présent et me rejoignait la nuit mais les enfants n'était pas idiots et ils comprirent vite à mon air dans la lune qu'il y avait quelque chose qui me manquait dans ma vie lorsqu'ils étaient présents.
Cependant, même si le voile sur une multitude de leurs secrets était maintenant grandement levé, je savais qu'il y avait encore des choses sur lesquelles ils n'étaient pas tout à fait francs. Edward et ses frères jouaient parfaitement le jeu de l'ignorance mais pour leur père, c'était une autre histoire. Il passait un temps dingue en dehors de l'hôpital à bouquiner et à faire parvenir de vieux parchemins et livres de je ne sais quel ami lointain. Je savais qu'il avait plusieurs siècles d'existence et donc une connaissance importante des choses et du monde car un vampire n'oubliait jamais rien, mais ce qui était le plus louche, c'est qu'il me posait toujours une multitude de questions détournées sur moi, ma santé (d'aujourd'hui et d'hier), mon passé, ma famille, … et j'en passe. Il avait absolument voulu connaitre, et en détail en plus, l'existence de mes grand parents. Je ne me souvenais pour certains que de ce que mon père m'en avait raconté et il semblait souvent déçu par mes réponses.
Je n'étais pas bête bien évidemment : je n'étais pas tout à fait comme tous les humains. J'avais plus ou moins compris que je ne ressentais pas leur peau aussi « froidement » que ce que j'aurai normalement dû. J'avais toujours guéri relativement vite et cela intriguait Carlisle qui avait soigné un tas d'humain depuis ses années de pratique… c'est que je n'étais pas aussi normal que ce qu'il prétendait. D'ailleurs, le matin même j'avais eu froid et était un peu enrhumée. Edward avait absolument voulu que son père m'examine mais il ne remarqua absolument rien du tout car j'étais déjà débarrassée de mon mal de gorge et mon nez qui coule. Il me semble avoir compris aussi, entre deux phrases un peu énigmatiques, que ma température corporelle était légèrement au-dessus de la moyenne. Il est vrai que quand je faisais des poussées de fièvre j'allais régulièrement jusque quarante-et-un… mais pas de quoi en faire toute une histoire ! Et il y avait encore d'autres choses qu'ils ne me disaient pas. De toute façon, au vu des quelques mots tendres et révélations d'Edward à mon oreille, ma beau brûlante comparée à la sienne lui procurait certaines sensations très agréables.
« A quoi penses-tu ? Me tira Edward de ma rêverie. Je sais que tu ne dors pas mais pourtant, tu es calme et immobile comme si tu étais dans les bras de Morphée !
- Je suis dans les tiens pourtant il me semble… et j'y suis excellemment bien !
- Tu détournes déjà ma question de départ pour ne pas y répondre ! Me gronda-t-il gentiment.
- Tu es épuisant parfois à toujours vouloir savoir ce à quoi je pense… La plupart des gens normaux ne s'en soucient jamais.
- Oui, mais tu sais très bien que je ne suis pas normal, commenta-t-il en resserrant son étreinte autour de moi.
- C'est juste… j'étais en train de penser à toi !
- Ah oui ? En bien au moins…
- Non pas du tout. En réalité je me disais que tu es le garçon le plus banal et ennuyeux que la terre puisse porter et je me demandais comment j'allais faire pour me débarrasser de toi !
- Que tu veuilles me jeter, je pourrai le comprendre. En revanche, que tu dises que je suis très ennuyeux et banal, ça, je ne peux absolument pas te croire ! Répondit-il taquin en me rendant le sourire que je lui offrais. Sérieusement, pourquoi ne veux-tu pas me répondre ? J'ai tellement l'habitude de savoir les choses avant qu'on ne me les dise que c'est très frustrant pour moi de ne pas pouvoir lire un esprit… surtout le tien qui est celui qui m'intéresse le plus aujourd'hui.
- Je pensais simplement à ces dernières semaines et à la façon dont nos vies s'étaient finalement entremêlées sans qu'aucun de nous deux ne s'en rende vraiment compte et je me disais que j'avais beaucoup de chance d'être pile à l'endroit où je me trouve.
- Dans un bus ?
- Très dôle vraiment ! Répondis-je sarcastique. Je suis bien ici, profitant de ta peau douce et lisse comme de la soie, ajoutai-je en caressant sa main, de ton odeur enivrante et de la protection de tes bras. Je suis quelqu'un de très chanceux…
- Ou de complètement dérangée, commenta Emmett qui faisait semblant de dormir alors que Rose bouquinait sans rien dire.
- Emmett ! Le gronda discrètement Alice. On a promis de faire semblant de ne pas écouter tout ce qu'ils allaient se dire pour leur laisser un peu d'intimité !
- Vous avez promis ça ? Réellement ? Demandai-je curieuse. Je commençais pourtant à avoir l'habitude tu sais Alice, surtout avec toi qui a l'art de toujours arriver ou intervenir au mauvais moment !
- Tu aurais mieux fait de te taire mon amour, conclu Jasper, empêchant son petit lutin de me répondre. »
Celle-ci prit un air piqué et se réinstalla sur son siège afin de regarder devant elle. Emmett et Rosalie rirent doucement avant de s'embrasser de façon torride, un peu comme si personne ne pouvait les voir.
« Tu sais que peu de gens arrivent à la faire taire ? Me demanda Edward amusé.
- Ce n'était qu'une simple constatation… Au fait, continuai-je en chuchotant mais tout en sachant parfaitement que l'intéressé m'entendrait quand même, pourquoi Jasper est-il si grognon ?
- Il a un mauvais pressentiment à propos de ce voyage. Il se déridera ne t'inquiète pas.
- Au fait, quelle heure est-il ?
- Un peu plus de minuit, répondit Edward en consultant brièvement sa montre. Pourquoi ? Mais que fais-tu ? Me demanda-t-il en voyant que je m'étais redressée précipitamment pour fouiller dans mon sac à dos.
- Lors de mon séjour chez vous, j'avoue que les premiers jours, j'ai un peu fouillé ta chambre… simple curiosité de ma part rassure toi. J'ai immédiatement été attirée par ta collection de livre et de cd. J'ai alors découvert quelque chose te concernant et je n'en ai parlé à personne car au départ, j'avais peur de ta réaction, puis, par la suite, parce que tu aurais pu voir la conversation dans leurs pensées. J'ai une surprise pour toi, expliquai-je toujours penchée vers mon sac qui se trouvait sur le sol.
- Pour moi ? S'exclama-t-il étonné.
- Jamais personne n'a réussi à lui faire une surprise ! Se retourna Alice curieuse, laissant déjà de côté sa mauvaise humeur visiblement.
- Je le sais. Enfin à ce moment-là je ne le savais pas mais c'est le cas aujourd'hui.
- C'est injuste… pourquoi c'est toi qui a ce privilège-là hein ? Demanda-t-elle de sa mine de petite fille trop gâtée à laquelle on refuserait une soirée pyjama avec ses copines.
- Parce que c'est comme ça ! Dis-je en me redressant, un petit paquet enveloppé à la main. Vu qu'il est passé minuit, nous sommes donc le vingt juin alors : bon anniversaire Edward ! Dis-je souriante en lui tendant mon petit cadeau.
- Euh… Merci beaucoup Bella, dit-il surpris en prenant timidement le paquet. Mais comment as-tu… ?
- Et elle, bien sûr, tu ne l'engueule pas ? C'est vraiment dégueulasse Edward ! Dit Alice en se refixant à nouveau sur son siège pour bouder.
- J'ai fait quelque chose de mal, m'inquiétai-je au vu de la réaction d'Alice.
- Non, non bien sûr que non ! Me rassura Edward. C'est juste que… ça fait plusieurs années que je refuse que l'on fête mon anniversaire, voilà tout.
- Oh, dis-je déçue… j'aurai peut être finalement dû en parler à Esmée alors. Je suis vraiment une sacrée conne. Je suis désolée vraiment, je…
- Eh, stop! Me coupa Edward. Ne te tracasse absolument pas pour ça! Je ne voulais plus qu'on célèbre ma venue au monde car je n'en voyais pas l'utilité mais aussi parce qu'Alice avait l'art d'organiser des fêtes gigantesques et totalement disproportionnées afin de fêter l'événement. Aujourd'hui, maintenant que tu es dans ma vie, je vois les choses différemment et je suis très heureux de l'attention que tu me portes, ça me touche beaucoup Bella, merci.
- Je voulais simplement te faire une petite surprise, marmonnai-je peu rassurée.
- Et tu as très bien fait. Puis-je ouvrir mon cadeau ?
- Bien sûr ! Dis-je immédiatement ragaillardie par son ton enjoué. J'espère que ça te plaira ! Ce n'est pas grand-chose du tout car je n'avais pas vraiment une idée précise de des goûts et de ce qui pourrait te faire plaisir. En plus, c'était difficile car il faut avouer que tu as déjà énormément de choses, d'objets, de vêtements et j'en passe. J'avais envie de te faire un cadeau personnel mais j'avais peur que tu me prennes pour une petite amie possessive ou trop romantique.
- Petite amie ? Demanda-t-il en levant un sourcil.
- Euh… j'ai peut-être parlé trop vite, dis-je au bord de la panique. »
Non mais Bella tu es vraiment d'une stupidité maladive ou quoi ? Tu sais très bien que ce garçon ne s'est jamais engagé affectivement avec quelqu'un et tu l'enfermes déjà dans des stéréotypes de petites filles fleurs bleues !
« Non, pas du tout, me rassura-t-il. J'aime beaucoup l'idée au contraire… dit-il dans un sourire renversant, ses yeux verts à la fois pétillants et flamboyants.
- Ce n'est plus du tout le même Edward… il s'est passé quelque chose, ce n'est pas possible ! Commenta Alice plus pour Jasper que pour nous.
- On t'entend Alice ! Lui lança Edward en découvrant son cadeau.
- S'il ne te plait pas, n'hésite pas à me le dire… ce n'est vraiment qu'un petit truc de rien du tout et j'imagine que tu en as déjà mais…
- Je l'adore ! Dit-il simplement.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Alice en nous regardant à nouveau, la curiosité prenant plus de place chez elle que la rancune. »
J'avais commandé via internet, et en priant pour qu'il ne l'apprenne pas, un t-shirt de la nouvelle saison des Mariners de Seattle. Il était blanc sauf les manches, le col ainsi que l'inscription du logo de l'équipe de baseball qui eux étaient en gris foncé.
« Enfin un vêtement qu'Alice ne m'aura pas acheté !
- J'ai pensé qu'il te plairait car tu m'avais dit, le matin du bal, que c'était une de tes équipes préférée. J'avais pensé aussi t'offrir un médaillon avec ma photo et une mèche de mes cheveux mais ça faisait vraiment trop ringard, ajoutai-je pour essayer de me détendre ainsi que pour dérider l'atmosphère gênée qui s'était installée.
- Alors j'aime les choses ringardes, dit-il en rigolant… c'est mon côté vieux jeu sans doute ! Mais en même temps, je préfère profiter de tous tes cheveux lorsque tu es près de moi ! Merci beaucoup en tout cas ça me fait énormément plaisir, dit-il en m'embrassant sur le front. »
A présent, même Jasper, Rose et Emmett nous regardaient, souriants comme s'ils voyaient leur frère pour la première fois.
« Mais ça ne nous dit toujours pas comment tu as su que le vingt juin était le jour de mon anniversaire !
- En feuilletant un de tes vieux livres, une photo est tombée de l'un d'entre eux. On pouvait y voir la famille Cullen au complet où tu étais au centre devant un gâteau d'anniversaire. Vous étiez tous identiques à aujourd'hui évidemment et j'ai pensé que la photo devait être de très mauvaise qualité car elle semblait plutôt vieille… il n'y avait que la date du jour inscrite au dos et aucune année indicative. Je n'ai compris que plus tard qu'en réalité elle datait vraiment de plusieurs décennies.
- Ce doit être une des dernière fois où on a fêté ton anniversaire, commenta Rosalie. Je ne savais pas que tu l'avais gardée… tu étais devenu tellement bête et prétentieux que je pensais que tu t'en étais débarrassée.
- J'avais mes raisons pour ne plus vouloir d'une fête pour ce genre d'événement. Toutefois, ma famille était toujours ce que j'avais de plus cher.
- Arrêtez un peu les gars, si je pouvais pleurer je le ferai… commenta Emmett en étant étrangement très sérieux.
- Je n'ai donc rien fait de mal ? Demandai-je timidement.
- Viens là, idiote ! Dit Edward en m'enlaçant dans ses bras pour enfuir son nez dans mon cou. C'est le plus bel anniversaire que je n'ai jamais eu !
- Il faudra quand même qu'on fête ça à notre arrivée Edward, dit Alice en parlant très fort de sorte que presque tout le car se retrouva dans un silence quasi totale en moins de trois secondes. Ce n'est pas tous les jours qu'on fête ses dix-huit ans ! »
Immédiatement, une grande partie de nos camarade de classe se mirent à crier « bon anniversaire vieux » ou « trop cool, tu payes un verre quand ? » et à même se déplacer pour lui souhaiter tout le bonheur du monde dans sa nouvelle vie d'adulte majeur… Si seulement ils savaient qu'il aurait pu être notre arrière-grand-père à tous !
« Petite vengeance personnelle ! Lui lança Alice avant de se rasseoir, un sourire satisfait sur les lèvres.
- Désolée, dis-je à moitié amusée à voir la tête d'Edward, pas très content mais souriant faussement tout de même à ceux qui s'étaient déplacés afin de lui souhaiter un excellent anniversaire.
- Ne t'inquiète pas, elle me le payera tôt ou tard ! Répondit-il en entre ses dents.
- Oh Eddie, c'est vraiment trop cool, dit Jess en venant presque s'asseoir sur ses genoux. Tu sais que dans notre pays la majorité légale est à dix-huit ans et que maintenant, tu peux faire beaucoup plus de chose de façon responsable. Il est impératif que l'on fête ça ensemble hein, ajouta-t-elle aguicheuse en essayant de lui caresser le visage.
- Eh connasse ! Garde tes salles pattes près de toi et vire ton cul de là ! Dis-je en lui attrapant la main bizarrement plus vite qu'Edward. »
Je n'avais pas l'habitude d'employer un langage aussi grossier mais là, elle dépassait vraiment les bornes et j'en avais marre ! De plus, notre relation avait tellement évolué en quelques heures que je ne pouvais décemment plus la laisser faire. J'avais à présent le droit d'être jalouse et de la remballer !
« Mais pour qui tu te prends ? Me demanda-t-elle de façon hautaine.
- Pour la propriétaire des jambes sur lesquelles tu es presque assise ! J'en ai assez que ton petit cerveau de moineau ne comprenne pas qu'Edward n'est pas quelqu'un de libre parce qu'il est avec moi, que tu le veuilles ou non ! Alors maintenant va faire ta pute ailleurs et ne t'avise plus d'essayer de toucher la moindre parcelle de son corps parce que je t'ai déjà cassé le nez une fois, je pourrais très bien recommencer. Ai-je été assez claire ? Demandais-je menaçante. »
D'où me venait cet accès de violence et de colère que j'arrivais pourtant à contenir de sorte que je pouvais vraiment me contrôler ? J'étais comme enragée contre cette pauvre fille... Elle le méritait, certes, mais j'arrivais pourtant à l'ignorer d'habitude ou à lui lancer des piques qu'elle ne comprenait qu'à moitié…
Jess dû voir dans mes yeux que j'étais plus que sérieuse car elle se leva et lança à Edward avant de rejoindre son siège :
« Je ne vois vraiment pas ce que tu lui trouves !
- Waw, j'aurai aimé qu'elle ne se bouge pas pour voir ce qu'il allait se passer, commenta Emmett en riant comme un ours.
- A vrai dire, moi aussi ! Dit Edward, à ma plus grande surprise. Je ne vous connaissais pas jalouse miss Swan.
- Si tu veux un coup de main en cas de bagarre, je me ferai un plaisir certain à participer, ajouta Rosalie en faisant claquer sa langue sur ses dents.
- Je… je suis vraiment désolée c'est… c'est sorti tout seul, dis-je pour me justifier. Qu'est-ce que cette garce peut être exaspérante et bornée parfois !
- Alors comme ça je suis ta propriété maintenant ?
- Je… ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire tu sais. Excuse-moi je ne voulais pas mais c'est elle aussi qui…
- Chut ! Dit-il en me prenant par les épaules puis en déposant un doigt sur mes lèvres pour me faire taire. J'ai adoré ! Je t'appartiens petite tigresse et tu as bien fait de protéger ton territoire de l'invasion ennemie, expliqua-t-il amusé. »
Nous nous regardâmes un instant et je fus rassurée de percevoir clairement de la passion dans son regard. J'avais encore du mal à croire et à me faire à l'idée que ce garçon aussi beau, intelligent et parfait ressentait quelque chose pour moi. J'avais tellement envie de lui, de sa peau contre mon corps et de ses lèvres sur les miennes que j'en avais presque la nausée. C'était devenu un besoin physique tellement intense que je commençais à penser que s'en était presque vital pour moi. Seulement, il ne voulait pas m'embrasser. Enfin, il disait qu'il le voulait mais avait tellement peur des sensations qui l'attendaient qu'il ne voulait prendre aucun risques. La peur de me blesser étant plus grande. Bizarrement, je pouvais comprendre son point de vue mais j'avais beaucoup plus de mal à l'accepter. Alice m'avait expliquée qu'en vampire, toutes les sensations étaient décuplée et qu'il fallait que je sois patiente, attendre le bon moment et le laisser venir à moi. C'était malheureusement beaucoup plus facile à dire qu'à faire ! En sa présence, mon corps ne répondait presque plus à ma tête. Il était vampire mais j'avais moi aussi une soif de lui imposante, voire même impressionnante.
Il remarqua mes réflexions et dû parfaitement sentir et imaginer ma déception car il interrompit mes pensée d'un air triste et désolé :
« Un jour Bella, je te promet que nous irons plus loin.
- Je sais, répondis-je simplement, tentant de cacher ma déception.
- Je… je suis vraiment désolé. J'en ai envie, rassure toi mais…
- Je comprends, ne t'inquiète pas, dis-je pour le rassurer. »
Le voir ainsi me brisait le cœur. Je ne pouvais assurément lui en vouloir ! Il me vint alors une idée. Un moment que j'avais déjà partagé avec lui et que j'avais envie de renouveler même si le bus ne nous permettait pas vraiment d'y arriver. Je pris dans mon sac mon smartphone et y branchai mes écouteurs. Après avoir trouvé la chanson que je voulais, je plaçai un écouteur dans son oreille et l'autre dans la mienne.
« So close no matter how far
Si proche peu importe la distance
Couldn't be much more from the heart
Ca ne pourrait guère être plus près du coeur
Forever trusting who we are
Croyons éternellement en ce que nous sommes
And nothing else matters
Et rien d'autre n'a d'importance »
Il reconnut immédiatement « Nothing Else Matters », le morceau de Metalica que nous avions partagé au piano avant notre « première dispute ». Il plaça alors l'écouteur que je lui avais donné dans ma deuxième oreille me chuchotant au passage :
« Je n'ai pas besoin de ça pour entendre… Sais-tu que ce moment m'a sans doute fait prendre conscience que je te voulais toi et non ton sang ?
- Ah oui ? Je m'en souviens comme d'un des plus beau moment de piano que je n'ai jamais vécu en tout cas.
- Pour moi aussi, ça a été magique.
- A l'époque, je ne connaissais pas toute la traduction des paroles mais aujourd'hui, je trouve qu'effectivement, elles nous correspondent parfaitement.
- Je t'aime Bella.
- Moi aussi je t'aime. »
« Never opened myself this way
Je ne m'étais jamais ouvert de cette façon
Life is ours, we live it our way
La vie est nôtre, nous la vivons comme bon nous semble
All these words I don't just say
Tous ces mots que je ne fais pas que dire
And nothing else matters
Et rien d'autre n'a d'importance
Trust I seek and I find in you
La confiance que je cherche et trouve en toi
Every day for us something new
Est chaque jour quelque chose de nouveau pour nous
Open mind for a different view
Nous ouvrant l'esprit à un point de vue différent
And nothing else matters
Et rien d'autre n'a d'importance
Never cared for what they do
Je ne me suis jamais préoccupé de ce qu'ils font
Never cared for what they know
Je ne me suis jamais préoccupé de ce qu'ils savent
But I know
Mais je sais »
Tout au long de la musique, il ne cessa de caresser mes doigts alors que je m'étais confortablement callée dans contre son torse. J'étais tellement bien que je commençais à m'endormir, le bruit paisible de la musique masquant celui du car et des autres qui faisaient toujours la fête.
« Repose-toi mon amour, laisse le sommeil t'envahir, je veille sur toi. »
Mon cœur s'accéléra à une vitesse folle lorsque j'entendis ces quelques mots venant de sa voix suave et séduisante. Il s'en rendit bien évidemment compte et resserra doucement son étreinte avant de déposer un bref baisé sur le sommet de mon crâne. Petit à petit, le bien être m'envahissant, je m'endormi et je dû rester ainsi pendant de longues heures car le jour était levé lorsque j'émergeai doucement. Je sentais la chaleur du soleil sur mon visage lorsque j'ouvris les yeux. Mon bel apollon était toujours là, n'ayant pas bougé d'un millimètre. La seule chose qui était différente était son humeur.
« Bonjour, dis-je d'une voix encore ensommeillée et étouffant un bâillement.
- Hé salut la belle au bois dormant, dit Emmett enthousiaste.
- J'ai dormi longtemps ?
- Plusieurs heures, répondit Edward évasif, l'esprit visiblement ailleurs.
- Tu ne t'es même pas rendue compte que nous faisions des arrêts, ajouta Emmett.
- Oh… mon sommeille était vraiment profond car je n'ai absolument rien entendu, dis-je en m'étirant. C'est sans doute parce que je me sentais parfaitement bien…
- Probablement, répondit Edward légèrement crispé.
- Ca va Edward ? M'inquiétai-je à présent. J'ai parlé dans mon sommeil et dit quelque chose de mal ? Tu m'en veux ?
- Mais non idiote, il est d'une jalousie maladive ce qui rend en plus Jasper de mauvais poil. Tu as intérêt à te contrôler Edward car sinon je vais devoir m'en mêler ! Expliqua Alice sans même nous regarder.
- J'avoue que je ne comprends pas grand-chose…
- Elle est exagère comme toujours !
- A peine ! Répondit Jasper »
Je me redressai sur le dossier du siège de Jazz et Alice et ils étaient tous les deux comme en méditation, les yeux fermés et regardant devant eu. Je me rassis et fixai Edward. Au vu de mon regard, il comprit que j'attendais une explication. Il hésita un instant puis soupira lourdement.
« Je… je suis énervé car Mike Newton est bourré !
- Hein ? Et quel est le rapport ? Tu t'intéresses à lui toi maintenant ? M'étonnai-je.
- Oui… non ! C'est jusque que, commença-t-il en s'énervant de plus en plus, quand il a un verre dans le nez il ne refoule pas ses sentiments envers toi. Je t'ai dit qu'il en avait lorsque tu étais à l'hôpital, rappelle-toi, dit-il en voyant mes yeux devenir de plus en plus hébétés. Depuis, il faisait de nombreux efforts pour te détester car il pense que tu n'es pas assez bien pour lui, le con. Ça ne me dérangeait pas car je bloquais ses pensées et puis, j'avais d'autres chats à fouetter. Mais là, ça fait presque deux heures qu'il essaie de te regarder dormir, que ses pensées sont de plus en plus déplacées à ton égard et qu'il s'imagine avec toi lui faisant des choses qui franchement relève plus de la perversité que de l'amour sincère et…
- Et ça le rend dingue, termina Emmett en riant.
- Du coup, il ne contient pas sa colère et sa jalousie. Ses sentiments sont tellement forts que j'ai beaucoup de mal à le calmer et que ses humeurs prennent le dessus sur mon don. Je me sens alors tout à fait comme lui, conclut Jasper.
- Et tu es plus énervé par le fait qu'il a des pensées salaces envers moi ou parce qu'il n'est pas vraiment amoureux ? Demandai-je amusée.
- Ah parce que ça t'amuse en plus ! Tu ne vois pas les images que moi je perçois dans sa tête et crois-moi, tu n'aimerais pas ça non plus !
- Eh mais ne t'énerve pas sur moi, dis-je toujours en riant, je n'ai absolument rien fait.
- J'étais content de partir pour être sûr ne plus croiser Quill et être tranquille quelques jours, voilà maintenant que je dois me farcir Newton ! Dit-il plus pour lui-même entre ses dents.
- Que vient faire Quill là-dedans ?
- Oh Bella tu es vraiment aveugle ou quoi ? Intervient Rosalie pour la première fois.
- Quoi ? C'est un ami de la famille et je ne vois vraiment pas ce qu'il vient faire dans cette histoire.
- Parce que lui aussi est raide dingue de toi, bécasse ! M'expliqua Alice en me regardant cette fois. Il vient souvent te voir non pas parce que l'enquête sur ton accident est totalement stagnante, mais parce qu'il est persuadé qu'Edward n'est pas quelqu'un pour toi et que tu vas souffrir avec lui. Ça dans un sens, il n'a pas vraiment tors…
- Si c'est pour dire ce genre de conneries tu ferais bien de te taire ! La coupa Edward encore plus énervé.
- Oh, moi, pour ce que j'en dis…
- Stop les Cullen ! Les interrompis-je en levant les mains, complètement dans le floue et l'incompréhension de toute cette histoire. Je me suis endormie dans un bus fermé où tout le monde était content, joyeux et s'entendait parfaitement pour me réveiller, seulement quelques heures plus tard, et retrouver des gens énervés, mécontent et un peu agressif, il faut le dire ! J'ai l'impression d'avoir loupé des jours entiers… Si je résume bien la situation : Edward est énervé parce qu'il est jaloux, ce qui en soi, est assez flatteur pour moi mais totalement enfantin. Etant donné que sa colère est profonde, Jasper ne sait pas le contrôler et du coup se fait envahir lui aussi par ses sentiments négatifs ce qui se répercute sur l'humeur d'Alice car son amoureux n'a pas son attention focalisée sur elle. Par contre Rose… ?
- Je ne suis pas énervée du tout, c'est juste que tu m'exaspères à ne pas voir claire comme ça !
- Mais voir claire dans quoi ? Le fait que Mike semble attiré par moi ainsi que Quill ? Mais l'un comme l'autre ne m'ont jamais montré une quelconque attention particulière… excuse-moi de ne pas être aussi perspicace que toi ! L'un passe sa vie à m'ignorer et traîne avec des gens qui avaient pour principale occupation de m'humilier et de me ridiculiser avant votre arrivée en ville et l'autre est un ami de longue date, plus âgé que moi, qui non seulement a travaillé avec mon père mais qui en plus, aurait pu un jour devenir mon cousin et qui, de surcroit, ne m'a jamais vraiment montré la moindre attention sauf comme d'une petite gamine qui jouait à sauter sur ses genoux !
- Oh, oh… n'agressez pas la tigresse sinon elle sort ses griffes ! Commenta Emmett. Et tu te laisses remettre à ta place sans rien dire mon cœur ? Ajouta-t-il à l'attention de Rosalie.
- Je ne voudrais pas avoir le reste de la famille sur le dos et … elle n'a pas vraiment tors. Je n'avais pas à faire ce commentaire, excuse-moi Bella.
- Y a pas de quoi ma belle. Excuse-moi de m'être emportée ainsi sur toi mais la tension est tellement importante que se réveiller au milieu de ça n'est pas très agréable !
- Le monde à l'envers… je ne t'ai jamais vue comme ça ma Rosie !
- C'est parce que elle, au moins, ne réagit pas comme un gamin immature dès qu'on lui fait une remarque. Et puis, j'aime sa répartie directe. Expliqua-t-elle à Emmett qui semblait maintenant lui aussi jaloux.
- Bon, tout le monde se calme alors ? Demandais-je pour mettre les choses à plat. La jalousie ne résous absolument rien du tout ! Edward, j'imagine que ça doit être pénible pour toi d'entendre toutes ses pensées, surtout celles qui ne te plaisent pas. Néanmoins, ce n'est pas une excuse pour te mettre dans des états pareils ! Au lieu de t'énerver, prouve à ce minable de Mike ce qu'il a raté et rend le jaloux. Joue-la finement et tu verras ce sera très marrant ! Sinon pour Quill, je ne sais pas ce que tu as vu dans ses pensées mais sache que pour moi il est et restera un ami car, quoi qu'il arrive, je ne pourrais jamais le voir autrement, surtout après tout ce qu'on a vécu ensemble.
- Comment arrives-tu à être à la fois une garce et une sainte dans la même phrase ? Demanda Alice sérieusement.
- J'en ai assez bavé avec Jess et sa bande et le fait de vous fréquenter m'a fait prendre conscience que je ne devais plus restée effacée face au monde. Pour ce qui est de Quill, je l'aime bien… comme un ami rassure-toi, ajoutais-je à Edward dont je sentais déjà les muscles se raidirent à mes propos. Je n'ai donc pas envie que qui se soit s'en face un ennemi.
- Tu es chaque jour de plus en plus étonnante, me souffla Edward à l'oreille.
- C'est parce que je veux te plaire, avouai-je timidement. Ça marche pas mal non ?
- Plus que bien ! Dit-il en me reprenant dans ses bras pour enfuir son nez dans mon cou, sa bonne humeur semblant être revenue à une vitesse incroyable.
- Où sommes-nous au fait ? Demandais-je en regardant par la fenêtre.
Nous sommes proche de la frontière Slovène, on arrivera bientôt aux grottes de Postojna, m'expliqua Edward, ses frères et sœurs semblant tout d'un coup très absorbés par la bouche de leur partenaire respectifs.
- Tout le monde pensait que le voyage serait long mais finalement, ça m'a semblé assez rapide !
- Tu as dormi plus de onze heures, c'est normal !
- Quoi ? Mais quelle heure est-il ? M'étonnai-je en cherchant la montre d'Edward à son poignet. Mince… Ca va toi ? Tu ne t'es pas ennuyé ?
- Avec les pensées de Mike, absolument pas !
- Pourquoi ne m'as-tu pas réveillée ?
- Tu semblais si paisible… pour une fois, tu n'as absolument rien dit durant ton sommeil, m'expliqua-t-il. Je ne voulais pas t'empêcher de faire de jolis rêves.
- Ca m'étonne quand même, je ne me souviens pas avoir dormi autant. En plus, je n'ai absolument rien entendu.
- Tu es peut être malade ? S'inquiéta alors Edward en posant immédiatement le dos de sa main sur mon front.
- Ne soit pas ridicule ! M'irritai-je de sa surprotection. Ces derniers jours ont été éprouvants avec les examens, notre relation tout ça… j'étais sans doute plus fatiguée que ce que je ne le pensais et le fait d'être si bien dans tes bras m'a aidée à me reposer correctement voilà tout !
- Tu ne me cache rien ?
- Mais non ! »
Et c'était la vérité ! Je ne m'étais plus sentie aussi bien depuis de nombreux mois. Il sembla rassuré par mon sourire et c'est en taquineries et câlins que nous patientâmes jusque la Slovénie où notre première visite des grottes les plus belles et grandes du monde nous attendaient. J'étais au départ persuadée que c'était monsieur Banner, notre professeur de biologique, qui les qualifiaient comme cela mais je dû admettre que la visite en valait vraiment la peine. Edward m'avoua qu'il y était déjà venu avec Carlisle à une époque mais que ce n'était absolument pas pour visiter. Il resta tellement vague et flou que je me résignai à ne jamais vraiment savoir la vérité.
Arrivés sur place, l'ensemble du car n'était pas aussi joyeux et même apte à réaliser une visite pédestre des grottes. Certains, comme Angela et Eric, commençaient petit à petit à se nouer d'amitié avec les Cullen et conversaient déjà avec Alice mais d'autres étaient tellement bourrés, qu'ils n'étaient pas vraiment capables de mettre un pied devant l'autre. Monsieur Lewis les réprimanda lourdement et leur promis une sacrée sanction lorsque nous arriverions à l'hôtel. Les seuls qui étaient à l'abri de toutes punitions étaient bien évidemment Jess et sa bande. Avec la mère de cette dernière faisant partie du voyage comme adulte responsable, ils auraient encore pu démonter le car entier qu'on ne leur aurait rien dit du tout.
Arrivés à l'entrée de la grotte, nous prîmes un « petit » train sur quatre kilomètres pour nous emmener dans les profondeurs des lieux. Il était interdit de se lever et conseillé de laisser ses bras ainsi que ses mains le long de son corps… je compris assez rapidement pourquoi. Notre véhicule avançait à une vitesse assez incroyable pour une visite. On se serait un peu cru dans Lucky Luke, lorsque les Daltons prennent un wagon de charbon pour s'enfoncer dans la mine. Heureusement pour nous, le train électrique était parfaitement dirigé et possédait des freins. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, nous étions arrivés à destination et seuls les Cullen ne firent aucun commentaire sur la vitesse du train pour arriver à notre point de départ de la visite. J'avais eu envie un jour, de demander à Edward de me montrer ce que ça faisait de se déplacer à une vitesse tellement grande que l'œil humain n'était pas capable de percevoir le déplacement… mais je n'avais pas osé. Comme je le regardais, il me demanda :
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tout le monde est étonné par la vitesse du train. On se serait cru dans un manège de foire mais j'imagine que pour vous, ça doit être ennuyeux.
- Un peu lent en effet. Mais si tu veux, un jour, je t'emmènerai sur mon dos pour te montrer ce que c'est de se déplacer comme un vampire !
- Ca me plairait, en effet ! »
Je savais qu'il ne pouvait pas lire dans mes pensées mais par moment, j'en doutais… Alice m'avait un jour dit que c'était parce que nous étions faits pour nous entendre et que nous vivions sur la même longueur d'onde. A y penser, j'avais le même type de relation avec Jacob et j'avais associé cela au fait qu'on se connaissait depuis toujours. Serait-ce le lien plus « amoureux » qui nous mettaient alors toujours d'accord, ou presque ?
Je fus tirée de mes pensées par la main d'Edward qui m'entraînait vers un rocher où il était inscrit « visite guidée en français ». Seulement, après quelques minutes, nous nous rendîmes comptes que d'autres visiteurs voulaient aussi suivre le même guide que nous. Nous étions plus de deux cent visiteurs finalement pour une seule personne qui de surcroit, ne parlait pas très bien notre langue. C'était peut-être son accent qui n'aidait certes pas… mais tout de même. Le tout combiné à la foule et à l'écho du lieu, on n'entendait absolument rien.
« Je sais que la majeur partie des gens de mon âge n'en ont strictement rien à faire de ce que ce gars peut raconter mais j'aimerai quand même pouvoir en apprendre d'avantage ! Dis-je légèrement agacée.
- Effectivement, tu es très étrange Bella, approuva Emmett.
- Viens, dit simplement Edward en m'entraînant vers l'avant du groupe. »
Le guide qui précédait le nôtre avait un tout petit groupe d'une vingtaine de personne. Je ne connaissais pas grand-chose des langues étrangères mais je reconnu de l'italien dans les paroles prononcées.
« Il explique que la grotte de Postojna appartient au Carso, me traduisit Edward, plateau calcaire où domine l'érosion chimique, qui s'étend du nord-ouest de l'Italie à l'extrême nord-ouest de la Croatie en passant par la partie occidentale de la Slovénie.
- Tu parles aussi Italien ? Mais combien de langue maîtrises-tu ? Demandais-je admirative.
- Un certain nombre… je t'ai dit que nos journées sont interminables donc il faut bien occuper son temps. Et puis, nous avons énormément voyagé et l'Italie est un pays qu'affectionne tout particulièrement Carlisle.
- C'est sexy… »
Edward sourit un instant et je me demandais comment ça serait de le voir rougir quand il continua sa traduction :
« La grotte possède un réseau de 20 kilomètres de galeries et de grandes salles, offrant une extraordinaire richesse de stalactites et stalagmites, ainsi que des concrétions calcaires de formes, couleurs et générations les plus diverses. »
Et nous avançâmes doucement en suivant le groupe d'italiens, me laissant guider par la voix suave d'Edward et étant très attentive à tout ce qu'il me montrait du doigt. J'appris, entre autres choses, que la température dans la grotte était toujours constante, entre huit et dix degré Celsius, qu'il n'y avait pas de flore chlorophyllienne de par l'absence de lumière mais que certaines variétés particulières de végétaux et de champignons pouvaient se développer et servaient de nourriture à certains insectes, chauve-souris et autre salamandre.
« De la famille à toi ? Demandais-je lorsqu'on aperçut une chauve-souris dans une crevasse en hauteur.
- C'est fin vraiment ! Dit-il bon joueur. Je suis littéralement au bord du fou rire là !
- Oh ça va hein ! Dis-je pour le taquiner. Avoue qu'il y a tellement de légendes à ce sujet que je pourrais décemment croire que certaines sont réelles !
- A une époque, les créatures de mon espèce devaient bien monter de toute pièce des histoires afin d'expliquer les gorges ensanglantées des cadavres retrouvés sur la place du village ! La chauve-souris était un animal que l'on ne voyait que la nuit, il n'a donc pas été difficile de créer un lien entre ces pauvres bêtes et nous…
- Pauvre bête ? N'est-ce pas ta nourriture principale ? Serais-tu en train de devenir végétarien ?
- Je le suis déjà, en quelque sorte… répondit-il évasif, semblant se perdre dans ses pensées. »
Je n'ajoutai rien de plus afin de ne pas le vexer ou l'ennuyer avec mes questions. Après tout, j'en savais assez sur leur mode de vie et de nutrition que pour savoir et penser qu'en ne se nourrissant que de sang animal, ils se privaient de la partie la plus importante de leur alimentation.
Lorsque la visite se termina par une immense salle appelée « la cathédrale », nous ressortîmes de la grotte et nous installâmes sur quelques marches pour attendre le reste du groupe qui avaient continué à suivre le guide en français. Je n'aurai jamais pensé qu'une relation avec un garçon tel que lui serait aussi facile. On se comprenait en un regard et il n'était pas nécessaire de parler pour se sentir à l'aise et bien. Je m'imaginais, au départ, des journées interminables pour eux mais finalement, le temps nous échappait régulièrement. J'aurais pourtant pu alimenter nos conversations d'une multitude de questions sur son riche passé (positif ou négatif), mais je le sentais toujours un peu réticent à m'en parler. Je le laissais donc me raconter ce qu'il voulait bien me faire connaître, sans le brusquer et finalement, ça me convenait parfaitement.
Lorsque le reste du groupe nous eut rejoints, nous reprîmes le car pour encore deux bonnes heures de voyage avant d'arriver à notre hôtel de Porec, petite ville portuaire de la région Istrienne, sur la côte ouest de la mer Adriatique. Le tourisme était en réelle voie de développement et une multitude d'immeubles et de commerces étaient encore en construction.
« On ne va quand même pas loger là ? S'insurgea Rosalie tandis qu'Emmett cherchait sa valise dans la soute du car.
- Cet hôtel me semble très convenable, commentai-je en regardant la façade haute. C'est toujours plus chic qu'un « Formule 1 » ou un centre de vacances…
- Ne t'inquiète pas pour elle, me chuchota Edward à l'oreille. Madame ne voyage que dans des cinq étoiles.
- Ce n'est même pas vrai, commenta la principale intéressée. Lorsqu'on part en camping, je ne râle absolument pas de nos conditions de séjour !
- C'est parce que dans ces cas-là on ne monte aucune tente… c'est juste pour la chasse, répondit Alice en riant. Aller ma belle, il faut enrichir nos vie de diverses expériences !
- De toute façon, renchéris-je en passant mon bras sous le sien, tout en avançant vers la réception alors que les garçons portaient nos valises, entre les visites, tes escapades nocturnes avec ton amoureux et la chasse, tu ne passeras guère de temps en ces lieux, oh princesse ! »
Rosalie se dérida un peu, non sans avoir marmonné un truc entre ses dents dans une langue que je ne reconnus pas. J'appris plus tard par Edward qu'elle était agacée par le fait que j'avais tant d'assurance tout en ayant raison. En réalité, ce n'était pas moi qui l'agaçait, elle était énervée contre elle-même parce qu'elle se laissait remettre à sa place… elle était étrange parfois.
A la réception, nous reçûmes les clés de nos chambres. Comme s'était quand même un voyage scolaire, les professeurs avaient pris soin de vérifier que celles-ci ne seraient pas mixtes. Officiellement, je devais dormir avec Angela, Edward avec Eric, Alice avec Rose et Emmett avec Jasper. Bien évidemment, le temps que les profs s'installent à leur tour, quasi tout le monde avait échangé sa chambre avec un autre pour que les couples puissent se reformer. Avec un peu de stratégie et de chance, les profs ne s'en rendraient jamais compte. Ceux-ci, nous avaient d'ailleurs donné une vingtaine de minutes avant de nous fixer rendez-vous pour le repas du soir devant le restaurant de l'hôtel. Les plats, sous forme de self service, ne relevaient pas de la haute gastronomie mais ils étaient mangeables et même appréciables… sauf pour Rosalie.
Le repas terminé, nous avions tous rendez-vous avec la guide qui allait nous accompagner tout au long du séjour. Elle n'était pas très grande, plutôt maigre et répondait au doux prénom d'Ivanka (prononcé Yévaneka). Je lui aurais facilement donné la cinquantaine mais Edward m'étonna en m'informant qu'elle n'avait pas encore la quarantaine.
« C'est étrange, je lui donnais beaucoup plus.
- Il n'y a pas si longtemps, la guerre faisait encore rage dans ce pays. La peur, les soucis puis la reconstruction laissent parfois des cicatrices indélébiles sur les visages, m'expliqua-t-il tendis que la guide faisait connaissance avec nos professeurs. »
J'étais triste pour cette femme car elle n'était encore qu'une enfant quand la guerre avait éclaté pour à jamais modifier son existence. En prendre conscience me fit aussi me rendre compte que nous étions gâtés par la vie et qu'une multitude de pays et d'enfants subissaient encore aujourd'hui des horreurs au quotidien. Cependant, Edward me résonna à penser à autre chose avant de déprimer sur le sort du monde. Nous partîmes donc le cœur joyeux pour une mini visite de Porec de nuit. Le tourisme y était en voie de développement ce qui offrait une multitude de restaurants, bars et boîtes de nuits. Certains membres de notre groupe parlaient déjà de leurs futures soirées quand monsieur Lewis leur rappela qu'il était hors de question de quitter l'hôtel sans le groupe et qu'ils devraient se contenter de l'animation de l'hôtel.
« Il faudra pourtant bien que nous allions chasser, chuchota Emmett à l'attention de ses frères.
- Comme si tu ne pouvais pas échapper à la vigilance des profs ! Dis-je sarcastique. Je te rappel que eux, à un moment ou un autre, ils iront se coucher !
- Toi aussi fillette ! Répondit-il en m'ébouriffant les cheveux. Tu vas louper le plus marrant ! J'ai hâte d'aller rencontrer quelques ours ! »
Il fallait bien que je m'y fasse : j'allais devoir me retrouver seule une bonne partie de ma nuit. Mes vampires préférés ne voulaient prendre aucun risque et la proximité humaine que leur donnait le voyage ne leur facilitaient pas la tâche bien qu'ils se contrôlaient tous parfaitement.
Je ne pu m'empêcher de poser une question à Edward lorsqu'on arriva à l'entrée d'une petit église d'époque.
« Tu peux y entrer ?
- Je ne suis pas une sorcière…
- Oui mais… je veux dire…
- Bella, je te l'ai déjà dit, m'expliqua-t-il patiemment, il y a beaucoup d'infos qui relèvent de la légende à notre sujet. Les pieux en bois ne nous font rien, je ne brûle pas au soleil et je peux parfaitement être croyant et entrer dans un bâtiment à caractère religieux, quel qu'il soit !
- C'était une juste une question, dis-je innocemment. Toutefois, il me semblait avoir compris que les gens « normaux » de ton espèce ne pouvaient s'exposer au soleil…
- Parce qu'ils y brillent et non pas parce qu'ils se mettent à prendre feu. Et puis pour revenir là-dessus, les sorcières n'existent pas ! Il y a bien des phénomènes étranges que certaines personnes provoquent mais ils sont tous explicables. »
Je trouvais Edward de plus en plus fascinant et ma curiosité à son égard s'éveillait encore d'avantage mais je n'osais cependant pas approfondir le sujet afin de ne pas l'embarrasser. Après la visite de l'église, nous rentrâmes à l'hôtel par la digue tout en profitant de l'air marin et du doux bruit des vagues. J'étais à la fois contente et exténuée bien que j'avais pourtant dormi suffisamment durant le trajet. Edward s'en rendit compte et nous conduisit immédiatement à notre chambre lorsqu'on arriva à l'hôtel. Une longue journée de visite nous attendant le lendemain, les professeurs avaient émis le souhait de nous reposer au mieux et que nous pourrions profiter des activités nocturnes proposées par l'hôtel un autre soir. Bien évidemment, beaucoup attendirent que le sommeil gagne messieurs Banner et Lewis avant de s'éclipser vers d'autres chambres ou même en ville.
Je me sentais gênée vis-à-vis d'Edward… il devait me prendre pour une petite sainte coincée qui ne sait pas s'amuser. Il rit doucement lorsque je lui fis part de mes pensées en m'assurant que je devais me reposer.
« Je ne sais pas ce qu'il m'arrive mais je suis vraiment naze. J'ai l'impression de ne plus avoir dormi depuis plusieurs jours.
- Ne t'inquiète pas, j'aime autant que tu te reposes correctement car demain, on va quand même marcher beaucoup.
- Tu vas aller chasser de toute façon ?
- Les autres vont bientôt partir mais je les rejoindrai lorsque tu seras parfaitement endormie… je n'aime pas te laisser seule.
- Comment feras-tu pour les retrouver ?
- Au flair… ne t'inquiète donc pas pour moi ! »
Je me doutais bien que je n'en saurais pas plus et dans un sens, cela me convenait parfaitement. Je pris une bonne douche, espérant à chaque minute qu'Edward allait me rejoindre… mais il n'en fit rien. S'il y a quelques semaines, je n'aurai jamais osé me montrer nue devant lui de peur de le faire fuir, je devais avouer qu'il me mettait tellement à l'aise et m'avait répété si souvent qu'il appréciait mon corps, que je n'avais qu'une envie égoïste à présent : profiter de la vue et du toucher de son corps à lui, nu sous le jet d'eau chaude de la douche. C'est dans ses pensées que je retrouvai Edward allongé sur le lit, son petit sourire séduisant sur les lèvres ce qui me fit immédiatement rougir.
« A quoi pensais-tu encore petite coquine ?
- A toi, sous la douche… dis-je timidement.
- Voyez-vous ça… »
A ces mots, il me bascula sur le lit et posa son front sur le mien.
« Bientôt Bella, je te le promets ! »
Oui ça, ce n'était pas la première fois qu'il me le disait. Je devais être sage et patiente, je le savais… mais j'avais quand même non seulement envie de plus mais je commençais également à douter de sa sincérité. Je ne dis cependant rien de plus et fermai les yeux pour profiter de l'odeur de son souffle sur mon visage… et c'est ainsi que je dû m'endormir car lorsque j'ouvrai les yeux, un grand soleil illuminait la chambre.
« Salut toi ! Me dit-il en resserrant ses bras autour de moi.
- Salut, répondit-je pâteuse.
- Bien dormi ?
- Un peu trop je crois… Je ne me souviens même pas avoir fermé les yeux que c'est déjà le matin. Tu as été chassé ?
- Oui mais le peu que j'ai été là, tu n'as absolument pas bougé. Je ne sais pas si c'est l'air marin qui te fait cet effet mais tu as un sommeil de plomb en se moment.
- C'est le relâchement de l'accumulation des dernières semaines, riches en émotions et en révélations, dis-je en me levant pour rejoindre les toilettes.
- C'est une hypothèse en effet. »
Je savais que je n'avais pas été des plus agréable mais non seulement je n'étais pas tout à fait éveillée, mais en plus, je me sentais irritable. Il avait chassé… j'avais bien droit à un petit baisé matinal non ? J'avais l'impression qu'il me manquait quelque chose dans ma vie alors que je n'avais pas encore gouté à ses lèvres. Et puis d'ailleurs, pourquoi ça commençait à m'énerver autant ? Il m'avait promis d'essayer, il m'avait affirmé qu'il en avait envie autant que moi…. Alors pourquoi douter de sa sincérité ? Je comprenais sa position et seule une patience d'ange m'était octroyée, pas besoin de s'énerver pour autant. Lorsque je sorti de la salle de bain et commençai à m'habiller, je fis de mon possible pour me montrer souriante et gaie mais Edward avait compris que quelque chose n'allait pas. Je ne pouvais bien évidemment pas lui dire la vérité, il me prendrait pour une nymphomane ! Je mis donc mon humeur sur le compte du voyage, de la fatigue et de la frustration que je ressentais à ne pas me montrer plus éveillée et apte à faire la fête avec lui. C'est à ce moment là que je remarquai qu'il portait le t-shirt que je lui avais offert dans le bus.
« Il te va bien, dis-je contente.
- C'est un super cadeau Bella ! Vraiment, tu ne te rends pas compte à quel point je l'adore, non seulement parce qu'il vient de toi, mais en plus parce que c'est un cadeau personnel et spontané et non pas disproportionné et inutile comme ce qu'avait l'habitude de m'offrir Alice.
- Heureuse que ça te plaise ! »
Ma bonne humeur reprenant le dessus petit à petit, nous rejoignîmes les autres pour un petit déjeuner copieux. J'avais non seulement un sommeil lourd mais mon estomac ne me semblait jamais rempli. J'avais vraiment faim et je fus gênée lorsqu'Emmett me le fit remarquer.
« Et bien dit donc, dormir ça creuse ! Tu as bon appétit !
- Je… désolée, dis-je en reposant la quatrième tranche de pain beurrée que je m'apprêtais à engloutir avec mes œufs. Je devrais effectivement faire plus attention.
- Ne l'écoute pas Bella, dit Jasper rassurant, il n'a pas à la ramener c'est au moins sa quinzième tranche de pain.
- Oui mais vu sa carrure c'est normal. Si je veux perdre un peu de poids, j'ai plutôt intérêt à me calmer sur la bouff… Expliquai-je démoralisée.
- Pourquoi voudrais-tu perdre du poids ? Tu es très bien comme ça, me dit Alice pour me réconforter.
- Tu n'as pas encore compris qu'il ne faut pas tenir compte des remarques débiles d'Emmett ? Demanda Rosalie en fusillant l'intéressé du regard.
- Elles ont raison Bella, dit Edward en me prenant la main. Si tu as faim, mange ! Ca change d'ailleurs car depuis que nous te connaissons, nous ne t'avons pas spécialement vu manger beaucoup et en grande quantité. Si le déjeuner te semble bon, alors profite.
- Non c'est bon, dis-je en esquissant un sourire piteux. Je n'ai plus faim, c'était de la pure gourmandise. »
Je laissai donc mon assiette telle quelle bien que j'avais envie de la terminer. Depuis qu'Edward était entré dans ma vie, je faisais attention à mon alimentation. Avec un peu de patience et beaucoup de chance, j'arriverai peut être à perdre du poids et à me montrer digne d'être en couple avec lui. Bien qu'il dise s'en moquer, je voyais bien le regard des gens lorsqu'ils nous voyaient ensemble et même si je n'étais pas capable de lire dans leurs pensées, je pouvais fort bien imaginer leur étonnement de voir le magnifique mannequin entiché du boudin ambulant. Edward tenta de me rassurer une nouvelle fois et Alice de me faire rire mais j'avais beaucoup de mal à cacher ma morosité. Pourquoi est-ce que je ruminais ainsi ? J'avais tout pour être heureuse et passer un séjour merveilleux !
Après quelques minutes, nous nous rendîmes au car où nous attendait Ivanka avec des sacs pique-nique pour chacun afin de partir la journée en visite. Nous commençâmes par la petite ville aux allures vénitiennes de Rovinj. Au détour de nombreuses ruelles en pavés, il n'était pas rare de retrouver des architectures pittoresques et pleines de charmes. Au sommet de la ville se dressait fièrement la cathédrale Sainte-Euphémie, édifiée en style baroque sur une ancienne église romane au XVIIIe siècle. La guide nous expliqua que la statue de Sainte-Euphémie surveillait la mer au sommet du campanile. Celle-ci avait souffert le martyr par la flagellation, l'enrouages et même le buché car elle se disait chrétienne. A chaque fois, elle avait été sauvée par Dieu ou l'un de ses anges. Son cercueil c'est retrouvé à la mer et a alors flotté jusqu'aux falaises de Rovinj où il fut accueilli et protégé dans la cathédrale.
J'avais la chance d'avoir mon guide personnel en la personne d'Edward car il agrémentait les visites par des petites anecdotes historiques. Toutefois, je ne me sentais plus si à l'aise et bien avec lui. J'avais l'impression qu'il me cachait quelque chose et je ne savais pas pourquoi cela m'irritait autant. Après notre pique-nique, nous embarquâmes sur un bateau pour une petite balade dans les Fjords de la vallée de Lim. La navigation était paisible et le paysage magnifique. Je me surpris à me détendre face à la sérénité qu'il régnait à bord. Tout le monde profitait calmement de la croisière et c'est blottie dans les bras d'Edward que je me rendis compte à quel point je devais lui faire confiance et faire un maximum pour me montrer joyeuse et agréable.
Ce ne fut pas facile mais j'y arrivais toutefois. A notre retour sur terre, nous rentrâmes à l'hôtel pour le repas puis passâmes la soirée sur la plage en compagnie d'Alice et les autres. Encore une fois, je dû m'endormir comme une souche car je me réveillai dans un lit alors que je pensais encore être sur la plage.
« Edward ? Demandais-je quelque peu désorientée. »
Ne recevant aucune réponse, j'allumai la lampe pour trouver sur l'oreiller une note où l'écriture calligraphiée et régulière d'Edward m'informait qu'il était parti courir un peu pour se dégourdir les jambes mais qu'il serait bien vite de retour. Les nuits devaient vraiment être longues à cause de moi. Il restait toujours à mes côtés sans rien faire de particulier alors qu'avant, il passait son temps à une multitude d'activités diverses… Je m'en voulais énormément. Mon humeur passait donc de l'agacement à la culpabilité en moins de quelques secondes ce qui n'arrangeait rien à ma mine peu enjouée. Heureusement cette fois, j'étais seule pour m'apitoyer sur mon sort et ne devais donc pas faire semblant d'être gaie pour donner le change à Edward. Que m'arrivait-il ? Je n'avais pourtant pas mes règles… Etait-ce hormonale ou y avait-il quelque chose en moi qui changeais. Une chose était sûre, je ne pouvais absolument pas être enceinte ce qui était à la fois un soulagement mais aussi une source de déception car au vu de ma relation avec Edward, je ne risquais pas de l'être. Encore une fois, je m'engueulais moi-même intérieurement pour avoir de telles pensées.
C'est donc dans cet état d'agitation que je fini par me rendormir pour être réveillée par une douce caresse sur ma joue accompagnée d'un souffle à l'odeur divine :
« Réveille-toi mon amour ! Nous partons tôt ce matin et la guide à demandé à ce que nous soyons prêt vers sept heure trente.
- Bonjour, souhaitais-je à Edward en m'étirant. Bien couru ?
- Je ne savais pas si tu te réveillerais ou pas, je suis désolé de ne pas avoir été là…
- Ne t'inquiète pas, dis-je pour le rassurer, ma bonne humeur visiblement réapparue, c'est normal que tu t'ennuie un peu avec moi là nuit et que tu as envie de t'aérer.
- J'aime être prêt de toi et le temps ne me semble absolument pas long du tout lorsque tu dors mais mes frères partaient et j'ai eu envie de passer aussi un peu de temps avec eux…
- Tu n'as pas à te justifier, je comprends parfaitement et tu as eu raison. Toutefois, j'aimerai une compensation…
- Ah oui ? Demanda-t-il face à mon sourire énigmatique. Tout ce que vous voulez miss Swan !
- Prend-moi dans tes bras afin que je me réveille en douceur.
- A vos ordres, madame ! »
Et il lia le geste à la parole en m'enlaçant amoureusement tout en déposant une multitudes de petits baiser dans mon cou et sur mon épaule. J'adorais ça ! J'avais envie de lui demander autre chose comme un vrai baiser ou encore de prendre une douche avec moi mais je me résolu à me taire et à être la gentille fille patiente que je me devais d'être. J'allais donc me laver seule et lorsque je fus prête, nous rejoignirent les autres pour le déjeuné. Alice nous informa qu'elle s'était renseignée et que nous partions pour environs quatre heures de voyage avant d'arriver au parc national des lacs de Plitvice (prononcé Plittvitchcé).
Le voyage se déroula relativement vite car Ivanka nous expliquait diverses anecdotes et histoires de son pays au fur et à mesure que les paysages défilaient devant nous. Le pays était vraiment magnifique ! La majorité du car n'écoutait pas mais mon côté « je dois être une adulte responsable plus tôt que prévu » me poussait à écouter à en apprendre d'avantage ce qui stupéfiait Edward et plus particulièrement Emmett qui lui, malgré ses nombreuses années d'existence était resté au stade gamin. Je fus désolée et attristée de voir que dans certains petits villages, les traces de la guerre étaient toujours présentes. Des impacts de mitrailleuses sur les façades, des toits et des maisons démolis par des obus ou encore les panneaux avec inscrits, selon notre guide, « terrains minés » m'ont fait prendre conscience de l'horreur de la chose, bien que le pays était maintenant en paix depuis plusieurs années. Cette prise de conscience, je n'étais pas la seule à la prendre à cœur car au fur et à mesure des récits d'Ivanka, le car devenait de plus en plus silencieux et même la bande à Jess semblait de plus en plus songeuse, le regard perdu dans les paysages slaves et ensoleillés de l'intérieur du pays Croate.
Arrivé au parc, j'eu l'impression que nous étions sur un autre continent, tant la vue était splendide. Une multitude de lacs, de tailles différentes, s'étalaient en gradins, se jetant les uns dans les autres tout en créant ainsi des cascades d'eau d'amplitudes diverses. Afin de faciliter la promenade des visiteurs, des chemins ainsi que des passerelles en bois étaient aménagés ce qui rendait la ballade glissante mais légèrement magique. Nous étions en ses lieux dans un autre monde, dans un autre temps. Mes yeux voulaient photographier un maximum de choses, certaines images me faisant penser à ces lacs canadiens entourés de forêts que l'on pouvait voir dans les films. Ce n'est que lorsque je voulu demander à Edward s'il avait déjà été au Canada que je me rendis compte que non seulement il semblait préoccupé, scrutant les alentours comme s'ils cherchait quelque chose ou quelqu'un, mais qu'en plus, presque tous les autres Cullen avaient disparus.
« Edward ? Tu m'écoutes ?
- Hein ? Pardon ? Demanda-t-il en se rendant compte de ma présence.
- Ca va ? M'inquiétai-je. Tu sembles ailleurs depuis notre arrivée à l'hôtel, quelque chose te préoccupe.
- Mais non quelle idée, fit-il innocemment.
- Ce n'était pas une question ! Et où sont les autres ?
- A l'avant du groupe. Alice avait des questions à poser à la guide sur… le parc. »
Nous étions tous en file indienne sur les étroites passerelles de bois mais bien que nous étions à la fin du groupe, je savais pertinemment que les autres ne se trouvaient pas devant. Qu'Alice et Jazz s'intéressent à la visite, je pouvais plus ou moins l'envisager. Mais que Rosalie et Emmett fassent de même, ça, je ne pouvais le croire. Je regardai donc tour à tour la tête du groupe puis celle d'Edward. Il était redevenu presque lui-même. Il me cachait de nouveau quelque chose et mon agacement qui s'était pourtant envolé avec la vue et les paysages des lacs refit surface.
« Je n'aime vraiment pas quand tu me prends pour une conne Edward ! Qu'est-ce que tu me caches ?
- Cette guide est vraiment très compétente ! M'interrompit Alice en se faufilant entre nos camarades de classe pour nous rejoindre.
- Où étais-tu ? A l'avant pour demander quelques petites explications sur la faune local.
- J'ai vu une pancarte : « attention aux ours », ajouta Emmett, ça m'intéresse ! »
Je vis immédiatement que cette intervention était montée de toute pièce. Enfin… ils étaient doués pour donner le change et après tout, ils avaient fait ça toute leur vie. Toutefois, mon instinct me disait qu'ils n'étaient pas tout à fait sincères. Vu leur capacités diverses, j'étais persuadée que non seulement ils avaient entendu ma conversation avec Edward afin de lui sauver la mise mais qu'en plus, ce dernier avait en ce moment un entretien silencieux avec Jasper. J'étais pourtant sûre qu'à présent que j'en savais plus sur sa vie et que notre relation était évoluée, que nous n'aurions plus de secrets… enfin je l'espérais…
Edward m'offrit un sourire radieux et envoutant tout en passant son bras sur mes épaules afin de continuer notre balade. Mon cœur s'affola, comme à chaque fois qu'il me regardait de ses yeux émeraudes comme il le faisait. Néanmoins, mon esprit se ressaisit immédiatement pour me rappeler qu'il me prenait encore une fois pour une idiote. Ca arrivait de plus en plus… m'étais-je laissée avoir par ce garçon et sa famille comme avec la majorité des personnes qui avaient partagés mon existence ? Je m'étais pourtant promise que ça ne m'arriverai plus. Il a fissuré petite à petit ma carapace de protection pour y pénétrer avec moi… je l'avais laissé faire mais depuis quelques jours, mon instinct me disait que je m'étais peut être trompée.
Le reste de la journée était ensoleillée et joyeuse… sauf dans mon cœur. J'arrivais à donner le change et surveillai de très près le clan de vampires Cullen mais je n'appris rien de particulier mis à part qu'après le couvre feu se soir, Emmett comptais retourner aux lacs pour chasser l'ours. Ce que je n'avais pas imaginé, c'est qu'Edward irait avec lui. Je passai donc une nouvelle fois une grande partie de la nuit toute seule dans ma chambre. En soi, ce n'était pas vraiment grave ni source de dispute. Ce n'était pas comme si Edward me trompait ou quoi que se soit… et s'il avait fait la connaissance d'un autre clan de vampires de l'Est ? Il pourrait enfin se soulager et prendre le bon temps qu'il se refusait de partager avec moi. Après tout, avant d'être un vampire, s'était aussi un homme et si moi je me sentais hyper frustrée de la réserve qu'il m'accordait et en voulait plus, il devait sans doute quelque part se sentir en manque aussi, connaissant surtout son passé de tombeur…
Devenais-je parano ? Une petite voix me disait « certainement » alors que l'autre répondait « peut-être pas ». Au petit matin, le petit manège de la veille se répéta mais cette fois, je n'arrivai pas vraiment à me montrer enjouée et à prendre le dessus sur mon agacement et ma mauvaise humeur. Celle-ci avait prit d'ailleurs une telle proportion que même Emmett semblait peser ses mots avant de me parler… j'étais donc plus irritable que ce que je ne le pensais.
La visite de la ville de Pula était culturellement très riche : le forum, l'amphithéâtre, le temple d'Auguste ou encore l'arc de triomphe de Sergius était certes très intéressants tout comme la ville d'Opitija où nous passâmes l'après-midi, toujours en compagnie d'Ivanka, du soleil et de la douceur de l'air marin, mais mon cerveau était trop embrumé et occupé à penser à ce qu'Edward me cachait que je ne me rendais pas vraiment compte de ce qui pouvait m'entourer. Même Jess qui rappliquait de nouveau son petit cul de pétasse pour le frotter à Edward ne me faisait ni chaud ni froid. De toute façon, je m'étais fait avoir par ses beaux yeux et ce n'était rien de le dire. Il s'était amusé avec la petite humaine sans pour autant s'engager plus que ça… il pouvait maintenant passer à autre chose !
Lorsqu'il n'était pas occupé à scruter les alentour à la recherche de je ne sais quoi, il supportait patiemment mes réponses monosyllabiques à toutes ses questions. Je sais que je me comportais à moitié comme une gamine trop gâtée mais s'était plus fort que moi. C'était un peu comme si quelque chose changeait en moi et me faisait devenir… comment dire… hargneuse ?
J'avais jalousé les lunettes de soleil d'Edward durant quasi tout le séjour et je ne fus qu'à moitié surprise d'apprendre que c'était les véritables Ray Ban que Tom Cruise portait dans le film « Top Gun ». Elles lui allaient à merveille et le rendait encore plus sexy dans son pantalon de lin beige et sa chemise blanche à moitié déboutonnée, laissant ainsi apparaitre quelques lignes de ces pectoraux dessinés. Il me proposa à plusieurs reprise de m'appliquer un peu de crème solaire car mon nez et mes épaules commençaient à se teinter de rouge mais non seulement je refusai acide, mais en plus, ça ne me dérida absolument pas. Je pouvais l'imaginer me masser le dos d'huile solaire sensuellement, seuls sur une plage, mais pas en plein milieu d'un groupe de jeunes touristes accompagnés de leurs profs en plein milieu d'une place publique. J'étais devenue une pauvre fille frustrée par ses fantasmes !
Notre dernière soirée à Porec était donc malgré tout arrivée assez vite. Après le souper, les professeurs nous avaient laissés quartier libre et entre boîte de nuit, piscine et plage, il fallait avouer que le choix pour faire la fête et picoler était vaste. La majorité du groupe décida de profiter du bord de la piscine car l'eau y était chauffée et le bar ouvert. Nous nous installâmes sur diverses chaises et transats afin de profiter du coucher du soleil et de la musique.
« Pourquoi n'as-tu pas pris ton maillot Bella ? Me demanda Alice. Si on vient là, c'est aussi pour profité de l'eau et on a choisi la piscine plus chaude rien que pour toi ! On n'a pas encore eu une seule fois l'occasion de se baigner c'est quand même un comble !
- Je ne me mets pas en maillot en public, voilà tout ! Répondit-je boudeuse. Et puis il ne fallait pas t'empêcher d'aller te baigner en mer rien que pour moi, je n'ai rien demandé ! »
Pourquoi tout et tout le monde m'énervait-il à ce point ?
« Tu es ridicules, me gronda Rosalie. Comme si on n'avait pas envie de passer du temps avec toi et puis, qu'est-ce que tu t'en fou du regard des autres !
- Facile à dire quand on est parfaite. Il n'y a que les filles qui ont un corps de rêve qui ont ce genre de propos envers la fille rondouillarde qui les accompagne… c'est souvent pour se faire passer encore plus belle !
- Oh ça va miss ronchon ! Moi, je compte bien profiter de la soirée en tout cas !
- Et moi aussi, ajouta Emmett en enlevant son t-shirt pour embarquer sa belle dans l'eau, accompagné d'un plongeon qui aspergeât le brushing impeccable de Jess qui passait avec sa bande.
- Enfin un sourire ! Me lança Edward timidement tout en regardant Jazz et Alice qui allaient rejoindre les autres dans l'eau.
- Excuse-moi Edward mais je ne suis pas très bien, répondis-je simplement en jouant avec la serviette de bain de ce dernier.
- Oui je vois ça ! Tu es taciturne, peu enjouée et même exécrable depuis deux jours et je ne sais absolument pas pourquoi…
- Et toi tu me caches quelque chose alors qu'il me semblait que plus aucun secret ne se mettrait entre nous.
- Ta réaction est un peu disproportionnée tu ne crois pas ?
- Non !
- Très bien. Commença-t-il en soupirant. Effectivement, je suis inquiet pour toi en se moment mais ne sachant pas exactement de quoi il retourne, je ne voulais pas te mettre au courant et t'inquiéter pour rien.
- Il y a donc bien quelque chose, je le savais ! Je sentais que ça n'allait pas et ça m'énervait !
- Accepte mes excuses aussi alors. J'aurai dû me rappeler à quel point tu es intelligente et perspicace…
- Tu ne comptes pas m'expliquer, c'est ça…
- Pas tout de suite… en revanche, dit-il en un sourire énigmatique. »
Sur ce, il m'attrapa par la taille et me jeta sur son épaule comme un vulgaire sac de pomme de terre tout en marchant doucement vers la piscine.
« Non Edward ne fait pas ça ! Dis-je en imaginant parfaitement ce qui allait m'arriver.
- Tu as besoin de te rafraichir et de retrouver ton sourire magnifique. Je n'ai plus vu ces milles diamants qui illuminent tes yeux depuis deux jours et j'avoue que ça me manque. Peut être qu'un peu d'eau les fera revenir…
- Non je ne crois pas, vraiment, c'est stupide. Je t'en supplie je vais faire des efforts…
- Tu peux geindre Swan, tu n'y échapperas pas ! Et puis, j'aimerai me baigner avec toi et comme tu n'as pas pris de maillot…
- Et si on allait le chercher ? Tentais-je pour m'éclipser. »
Mais il éclata de rire et se mis à courir (doucement pour lui) les quelques mètres qui nous séparaient encore du bord de la piscine et y plongea, moi toujours sur son épaule. Je me retrouvai donc trempée de la tête au pied mais Edward avait raison, s'était marrant. Lorsque j'émergeai, je me fis éclaboussée violemment par Emmett et je me mis à riposter de toutes mes forces. Sans même m'en rendre compte, tous les soucis que je m'étais mis en tête s'éclipsèrent et je passai les quelques minutes qui suivirent à rire et à m'amuser, la complicité avec mon clan de vampire étant revenue en un éclaire.
Au bout de quelques minutes, je me retrouvai dans les bras accueillant d'Edward, plaçant instinctivement mes bras autour de son cou et mes jambes encerclant sa taille. Je m'y sentais à nouveau bien, en sécurité, nos rires étaient les seuls bruits que mes oreilles percevaient, laissant le monde autour de nous complètement floue, un peu comme si on tournoyait au ralenti dans l'eau turquoise de la piscine, ses bras caressant doucement mon dos sous mon t-shirt.
Le monde s'était arrêté et mon cœur s'accéléra à la vue du visage parfait d'Edward, de ses dents d'un blanc éclatant, de ses yeux magiques… de ses lèvres lisses…
J'en avais trop envie.
Egoïstement, je voulais les toucher, les caresser avec mes lèvres molles comparées au siennes.
Je me foutais bien pas mal qu'il pouvait me blesser voire même me tuer. Je n'avais qu'une idée fixe en tête et je comptais bien faire le premier pas étant donné que je m'étais faite à l'idée qu'il ne le ferait pas lui-même.
Doucement, je passai une main dans ses cheveux soyeux et toujours parfaitement désordonnés, bien qu'ils étaient mouillés, et la plaçai sur sa nuque afin de le rapprocher doucement de moi. Il dégagea de ses doigts délicats les quelques mèches qui s'étaient collées sur mon front puis chercha ma main afin d'entrelacer nos doigts, juste à la surface de l'eau.
Je pris ce geste comme une invitation à continuer ce que j'avais entrepris. Il ne me stoppa pas lorsque je collai mon front au sien, nos nez se touchant et se caressant doucement.
J'entrepris de la main libre de caresser doucement l'arrondi de son épaule, laissant glisser le bout de mes doigts sur les lignes parfaites de sa clavicule puis de son cou.
Son odeur était plus qu'enivrante, elle me faisait vraiment tourner la tête.
Bizarrement, ça me donna le courage qui me manquait pour continuer et d'abord simplement, doucement, coller brièvement mes lèves aux siennes … juste une seconde.
La sensation était merveilleuse, envoyant malgré moi des frissons d'excitation tout le long de ma colonne vertébrale.
Il ne bougea pas d'un millimètre, se concentrant sans doute pour ne pas avoir de réaction incontrôlée.
Moi, je reçu ce premier contact comme un envole de papillons à l'intérieur de mon estomac. Je me reculai un instant afin de le regarder.
Il avait les yeux pétillants, fixant les miens qui ne devaient pas être très différent des siens. J'avais encore plus l'impression que nous étions seuls au monde, suspendu dans l'espace et le ciel à la fois noir et illuminé par des milliers d'étoiles, identiques à celles de son regard.
J'en voulais maintenant plus !
Je voulais connaître le gout de ses lèves et sentir sa langue caresser la mienne. Si Edward semblait se contrôler, ce n'était plus mon cas et lorsque j'avançais de nouveau le visage pour approfondir se premier baiser et profiter pleinement de lui,…
Edward me repoussa violemment et c'est dans une vague d'eau impressionnante que je me retrouvai dans les bras d'Alice qui regardait furtivement de gauche à droite. Les autres Cullen étaient maintenant disposés autour de nous, faisant exactement la même chose que le petit lutin qui m'empêchait de couler car je n'avais pas pied à cet endroit de la piscine, tout comme elle d'ailleurs mais elle semblait flotter naturellement.
« Mais que… ? Commençai-je à la fois déçue et surprise de la réaction de chacun d'entre eux. »
En une fraction de seconde, je me rendis compte qu'ils se parlaient à la manière qu'eux seuls pouvaient comprendre et l'atmosphère changea tout aussitôt : Emmett et Rose se remirent à jouer et à rire tandis que Jasper attrapait Alice qui me lâcha pour embrasser son amoureux et Edward s'avança pour me reprendre également dans ses bras et me chuchoter à l'oreille une explication :
« Excuse-moi Bella, c'est de ma faute. J'en avais envie autant que toi mais je ne suis pas apte encore à aller plus loin avec toi. J'ai failli perdre le contrôle et te blesser…
- Non… non ce n'est pas ça et tu le sais ! Le coupais-je énervée cette fois. Il s'est passé quelque chose d'autre sinon pourquoi tout d'un coup former un tel bouclier autour de moi et regarder dans tous les sens après je ne sais quoi dans les fourrés. J'en ai marre que vous me preniez pour une débile aveugle. Tu te contrôlais parfaitement, tu avais autant envie que moi d'approfondir et de transformer ce petit contact en un vrai baiser, je l'ai vu dans tes yeux !
- Calme-toi Bella ce n'est pas ça du tout…
- Donc si tu n'es pas un menteur, je dois alors en déduire que ne me cachant rien de particulier, tu ne m'aimerais pas autant que ce que tu ne me le dit ! Je sais que c'est nouveau pour toi mais l'amour est une source noble et pure qui, si seulement tu en éprouvais une seule miette à mon égard, ne t'empêcherai pas de partager un simple moment d'intimité avec moi. »
Sur ce, je me dégageai et nageai vers le rebord de la piscine où je sorti de l'eau et me précipitai vers ma chambre.
« Ne devrait-on pas lui dire ? Entendis-je Alice au loin.
- Non, répondit Edward, pas maintenant. »
Je continuai quand même mon chemin sans me retourner, la colère faisant rage à l'intérieur de ma gorge. Je m'enfermai dans ma chambre, sachant parfaitement que si Edward voulait y entrer qu'il y arriverait sans soucis mais ça lui ferait les pieds de devoir forcer la porte. Je ne savais plus où j'en étais.
Ne me voulait-il plus ou voulait-il me protéger de quelque chose ? Peut-être un peu des deux… ou pas. Quoi qu'il en soit, j'étais hors de moi !
Je me débarrassai de mes vêtements mouillés et entrai sous la douche lorsque j'entendis Alice m'appeler en frappant doucement à la porte de la chambre. Je l'ignorai et profitai de l'eau sur ma peau, tentant vainement de faire le vide dans ma tête.
Je laissai la chaleur ruisseler sur mon corps un moment, restant immobile, créant une buée dans la salle de bain qui reflétait parfaitement celle qui était dans ma tête. Après quelques minutes, je me senti perdue et étrangement fatiguée. Sans couper le robinet, je m'assis doucement sur le sol réchauffé, ramenant mes genoux contre ma poitrine afin de me créer un cocon de bien être. Instinctivement, je passai mon pouce sur mes lèvres, revivant un instant le moment magique que le contact de celles d'Edward avait provoqué sous ma peau. Ca n'avait duré qu'une seule seconde et pourtant, je savais que ça avait été un moment unique. Jamais je n'avais ressenti cela lorsque Jacob m'avait embrassée, même pour la première fois. C'était donc la preuve que le lien qui m'unissait à Edward était tout autre. J'aimais mon ami plus que tout, mais je me rendais compte à présent ce qu'étais le véritable amour passionné alors que nous ne nous étions pas réellement embrassé.
Tous ces sentiments me rendirent dingue… et encore plus frustrée et énervée par le rejet d'Edward.
Lorsque je sorti enfin de ma bulle, il n'y avait personne dans la chambre, à mon plus grand soulagement. Juste mes affaires étaient étalées sur mon lit et ma valise bouclée. Lequel des Cullen était entré pour préparer notre départ en un temps recors tandis que j'étais sous la douche ? Je m'en moquais bien car je n'avais qu'une seule envie : dormir !
Je ne savais pas vraiment pourquoi j'étais autant fatiguée depuis quelques jours mais pour une fois, j'étais contente de trouver le sommeil avant de voir débarquer Edward ou l'une de ses sœurs pour me calmer ou me raisonner. Après tout, n'avais-je pas le droit de m'emporter de la sorte ?
C'est dans cet état d'énervement et d'agitation que je m'endormi pour me réveiller avec le soleil levant. J'avais fais des rêves étranges d'yeux rouges et de peaux froides, le tout baignant dans du sang écarlate. En clair, j'étais épuisée ! Lorsque je me redressai, Edward n'était pas là et paradoxalement, cela me convenait comme m'ennuyait. Dans un sens, je n'avais pas envie de l'affronter car je me sentais un peu coupable d'avoir réagit si violemment la veille sans pour autant lui laisser l'occasion de s'expliquer mais d'un autre côté, j'étais encore furieuse de m'être ainsi faite rejetée sans avoir pu recevoir sa confiance. Je me préparai et emmenai ma valise vers l'accueil de l'hôtel où nous avions rendez-vous avec les professeurs, normalement après le déjeuner. Je n'étais pas d'humeur à avoir faim et je ne voulais pas croiser les Cullen seule, sachant qu'en plus, Edward viendrait lui aussi chercher sa propre valise dans la chambre. J'attendis donc dans l'un des fauteuils jouxtant la réception de l'hôtel, mes écouteurs sur les oreilles et repensant malgré moi à toute cette situation ainsi qu'à mon rêve.
C'est monsieur Banner qui me tira de ma rêverie en venant s'installer avec sa valise sur le siège à côté du mien.
« J'espérais ne plus jamais revoir la Bella mélancolique et renfermée, me dit-il timidement.
- Excusez-moi ? Demandai-je en enlevant un de mes écouteurs.
- Tu n'es pas venue déjeuner et je te retrouve seule avec ta musique sur les oreilles… serions-nous revenus trois mois en arrière ?
- Euh… fut la seule réponse que je pu lui donner.
- J'espère simplement que ton différent avec les Cullen sera de courte durée car ils avaient ramené ton sourire et ta joie de vivre… ça t'allait bien. »
Sur ce, il se leva et parti rendre sa clé à la réception et ordonner aux autres élèves qui commençaient à nous rejoindre d'en faire de même. Ce prof était étrange mais vraiment sympa. On avait parfois l'impression que ces personnages qui s'acharnaient à longueur de journée à nous apprendre diverses choses n'y connaissaient en fait rien du tout et ne songeaient qu'à nous embêter mais en réalité, ils étaient souvent de fins observateurs et des intervenants discrets de nos vies. Je méditais encore ces paroles quand je l'aperçu au dessus des escaliers, ses lunettes de soleil sur le nez alors qu'il ne faisait pas si lumineux à l'intérieur du hall. Il était toujours aussi beau dans son jeans moulant et sa chemise de lin kaki, déboutonnée sur le dessus, malgré l'absence de sourire sur ses lèvres. Je ne savais pas s'il me regardait ou pas mais je me senti instinctivement rougir, ce qui lui donna l'assurance de s'approcher de moi.
« Bella… commença-t-il hésitant.
- Edward…
- Tu… as bien dormi ?
- Très bien, mentis-je, ce qu'il remarqua immédiatement. »
C'est là qu'il enleva ses lunettes et je me senti fondre de culpabilité. Ses yeux étaient à la fois tristes et vides, perdus, un peu comme ce soir là où Tanya m'avait mise hors de moi. Comme les jours qui suivirent cette altercation, il se montra discret mais ne me quitta pas d'une semelle, Alice conversant avec moi comme si rien ne s'était passé. Dans le car nous emmenant sur le chemin du retour, avec un détour par la merveilleuse ville de Venise, il s'installa à mes coté mais je pris sur moi de l'ignorer, mes écouteurs toujours sur les oreilles et mon regard fixé sur la fenêtre. Toutefois, j'étais tellement préoccupée et attentive du coin de l'œil à ses moindre mouvements à lui que je ne remarquai aucun paysage et j'aurai été bien incapable de citer les chansons que j'avais « écoutées ».
Jess avait bien évidemment repéré que nous étions quelque peu distants et elle en profita pour refaire une amorce avec Edward. Cette fille était vraiment une hyène !
« Eddie mon chéri, dit-elle en se penchant sur son siège afin de lui mettre son décolleté dans le nez. Tu sembles si seul aujourd'hui, c'est bien dommage…
- Dégage Jess ! Répondit-il entre ses dents.
- Oh mais ne passe pas tes nerfs sur moi ! Je n'en peux rien si tu as retrouvé la vue et ton bon gout avec l'air marin. Il était d'ailleurs temps que tu te débarrasses de ce boudin… pourquoi te sens-tu encore obligé de t'asseoir à côté d'elle ?
- Je ne te le répèterai pas Jessica, fit-il très menaçant. Occupe-toi de tes affaires et ne t'avise plus de faire le moindre commentaire déplacé envers Bella sinon tu pourrais le regretter !
- Oh mais j'aimerai beaucoup voir ça au contraire… j'aime quand mes partenaires sont un peu agressifs ! Répondit-elle totalement inconsciente du danger qu'elle encoure.
- Je crois que pour le bien de tous, tu devrais retourner t'asseoir Jess, intervint Jasper en se levant et en la poussant vers son siège. »
Immédiatement, l'atmosphère se calma. Edward repris une respiration plus lente tandis que Jess prenait place à moitié étourdie sur sa banquette. Je commençais à connaître le don de Jasper mais je ne l'avais jamais vraiment vue à l'œuvre. Il était assez impressionnant et je devais avouer que j'étais relativement contente qu'il n'ait aucun effet sur moi. Je me sentais déjà manipulée, je n'aurai pas supporté qu'il fasse envoler ma mauvaise humeur contre ma volonté.
« Bella, commença timidement Edward sans doute toujours sous l'emprise du don de Jazz, il faut qu'on parle ! Je n'en peu plus de cette situation, j'en deviens complètement fou !
- Tu l'as provoquée cette situation non ? Alors assume maintenant !
- J'ai une part de responsabilité dans tout ça, je te l'accorde. Je te promets que dès que nous seront à la maison avec mon père, nous t'expliqueront en détails ce qu'il se passe ou du moins, le peu que nous savons…
- Donc il se passe bien quelque chose, dis-je triomphante !
- Oui et tu as raison de m'en vouloir. Cependant, je voudrais tout de même te faire remarquer que tu es d'une humeur massacrante depuis plusieurs jours et que je n'ai jamais vu quelqu'un plus soupe au lait que toi !
- Je… comment oses-tu… ?»
J'étais de nouveau sur les nerfs… mais à le regarder de son air déterminé, je devais admettre qu'il n'avait pas tout à fait tors.
« Edward je…, commençais-je en soupirant, tu as raison. »
L'étonnement et la satisfaction se dessinaient déjà sur son visage d'ange.
« Oh ça va ne fait pas le malin ! Je ne sais pas ce qu'il m'arrive ok ? J'étais très heureuse et contente d'être ici avec toi et de voir à quel point notre relation avait évolué. Je m'étais même faite à l'idée de devoir être patiente et à me contenter de chaque petite attention que tu voudrais bien me porter. Néanmoins, un je ne sais quoi à changé en moi à notre arrivée. Je me suis sentie plus irritable et même agressive. Je ne sais pas du tout pourquoi mon humeur à changé à ce point et j'ai fais mon possible pour te le cacher et prendre sur moi mais je savais par contre que tu me cachais quelque chose et tu me mentais ce qui aggrava mes sentiments et je ne me suis jamais sentie aussi frustrée car …
- Stop Bella, pense à respirer ! Dit-il en riant nerveusement, me faisant ainsi me rendre compte que je m'excitais toute seule dans mon explication.
- Désolée.
- Ce n'est pas grave… l'important c'est qu'on se rende compte qu'on a tous les deux des tors et qu'il est plus important de communiquer et de parler au lieu de s'enfuir et de s'enfermer dans un mutisme inapproprié.
- Quand tu parles comme ça j'ai l'impression d'être une gamine immature face à un adulte moraliste.
- La différence d'âge, sans doute ! »
Edward n'était pas qu'un vampire… s'était à la fois un homme plein de bon sens et de sensibilité mais aussi un être surnaturelle et magique qui me rendait dingue et ce, dans tous les sens du terme. Doucement il me prit dans ses bras et passa un temps qui me paru bien trop court à m'embrasser dans le cou, sous l'oreille et sur la tempe. Je devais admettre qu'autant la veille ne rien recevoir de plus m'avait frustrée à un point inimaginable, autant aujourd'hui, dans ce car m'éloignant de la Croatie, j'arrivais à relativiser les choses... c'était étrange. Serais-ce le pays qui ne me convenait pas ?
Lorsque nous arrivâmes aux alentour de Venise, nous prîmes le « Vaporetto », embarcation qui nous permis ainsi que rejoindre la place Saint-Marc.
« J'aime revenir ici, dis Alice en enlaçant Jasper. Cette île est magique !
- Vous connaissez Venise ? Demandai-je en imaginant le nombre de pays et de villes qu'ils avaient pu visiter grâce à non seulement leur longévité mais aussi leur portefeuille sans fond.
- On y est déjà venu à plusieurs reprises en effet, expliqua Rosalie mais c'est surtout en période de carnaval que la ville est impressionnante. Mis à part ça, ce n'est que de l'architecture bien conservée et des canaux odorant, surtout en cette période où l'été va les assécher de plus en plus.
- Tu casses le mythe Rosalie ! M'indignai-je par ses propos. J'avais imaginé cette ville comme la plus romantique du monde et tu me la dépeints comme un truc banal et sans intérêt.
- C'est comme la tour Eiffel ! Elle n'est romantique qu'avec des lumières fabriquées et une musique gnognote en fond, inspirée par le réalisateur d'un navet Hollywoodien, continua Emmett pour affirmer les dires de sa dulcinée.
- Ne les écoute pas Bella, intervint Edward. Je te promets que même si ce n'est pas aujourd'hui, je te prouverai que Venise est bien la ville romantique et magique que tu t'étais imaginée… tout comme Paris d'ailleurs ! »
Nous n'eûmes malheureusement plus l'occasion de parler d'avantage ou de profiter de notre réconciliation. Les professeurs ne nous laissèrent aucun autre choix que de les suivre pendant plusieurs heures, ainsi que notre guide sur place. Cette femme ne se présenta pas et aurait sans doute pu être mon arrière grand-mère. Edward m'expliqua discrètement que la vie vénitienne était devenue tellement cher que les quelques habitants permanents, la plupart des retraités s'ils n'étaient pas gérant d'une des nombreuses boutiques, étaient obligé de réaliser des visites guidées adressées aux touristes d'un jour pour arrondir leurs fins de mois.
Heureusement cette fois, le français de cette dame était parfait et malgré son accent italien prononcé, la visite était très compréhensible (contrairement à celle des grottes de Postojna), bien que redondante. Elle répéta au moins vingt-cinq fois que le symbole de Saint Marc était le lion et que la place tenait son nom de la basilique. Je devais avouer que celle-ci était totalement majestueuse et que le marbre la rendait en plus du reste, prestigieuse. Le Palais des Doges juste à côté était lui aussi magnifique avec ses colonnes et son marbres blanc, bien que plus « pompeux » que le Campanile. Malheureusement pour nous, le Pont des soupirs était caché par une immense pancarte publicitaire « Samsung ».
« C'est dommage qu'on ne puisse pas profiter du romantisme du lieu à cause de cette société de consommation, fit remarquer Tyler.
- Non seulement le Pont des soupirs n'est pas romantique mais en plus, la pub cache juste les ouvriers qui s'occupent de la rénovation, dis-je pour le remettre à sa place… ça me manquait un peu en fait.
- Et puis-je savoir pourquoi il ne serait pas romantique hein ?
- Tout simplement parce qu'il doit son nom aux soupirs poussés par les condamnés à morts qui sortaient du palais des Doges pour rejoindre leur lieu d'exécution, expliqua Alice patiemment. Tu es vraiment un crétin alors n'essaye pas de faire de l'esprit veux-tu ? Ajouta-t-elle tout bas. »
La guide n'avait absolument pas entendu l'intervention de Tyler et continua son monologue au détour de nombreuses ruelles et autres ponts. On pouvait parfois observer quelques amoureux profiter l'un de l'autre à bord d'une gondole mais l'intimité n'était pas vraiment au rendez-vous. Je commençais à penser que Rosalie avait finalement raison de dire que Venise était loin d'être romantique car le nombre plus qu'important, voire même impressionnant de touristes en tout genre faisait qu'on ne sentait plutôt à l'étroit sur l'île. Nous ne sûmes même pas passer sur le pont du Rialto tellement il était bondé de monde.
« A quoi penses-tu ? Me demanda Edward en se resserrant contre moi alors qu'on tentait de traverser une foule épaisse sans perdre la guide et le reste du groupe.
- Ca faisait longtemps que tu ne me l'avais pas demandé…
- Je n'en avais pas vraiment eu l'occasion.
- Je me disais que maintenant que le voyage est presque fini, je vais économiser pour me racheter un appareil photo. Je n'aurai aucun souvenir de notre voyage…
- C'est une chose à laquelle j'aurai dû penser. J'ai la capacité de ne jamais rien oublié donc je ne vois pas l'intérêt de prendre des photos souvenirs.
- Tu n'oublies jamais rien ?
- Non… enfin si. Le cerveau est un peu comme une immense commode avec une multitude de tiroirs. Lorsqu'on emmagasine des informations, certaines sont parfois stockées dans des tiroirs que l'on ouvre peu et donc en quelque sorte, on les oublie. Pour les vampires, non seulement il y a un nombre plus important de tiroirs mais en plus, nous sommes capables de les ouvrir consciemment et comme bon nous semble. Dès que j'en ai envie, j'ai donc accès à une multitude d'informations, m'expliqua-t-il très sérieusement.
- C'est un peu comme si mon cerveau était la première génération de disques durs après l'invention de l'ordinateur et que le tiens était la toute dernière version spécialement conçue pour la Nasa !
- Euh, drôle de comparaison mais en effet, c'est un peu ça. Carlisle pense que mon don consiste à ouvrir les tiroirs des autres… mais ce n'est qu'une hypothèse. Au fait, je sais que tu aimes beaucoup la photographie mais tu ne m'as jamais dit pourquoi tu n'avais pas d'appareil.
- Oh, c'est une longue histoire mais disons que ma mère était dans une de ses crises « je fais la gueule mais personne ne sait pourquoi » et dans un accès de colère contre moi, elle balança une des seules choses à laquelle je tenais le plus : mon appareil photo. Leah n'est évidemment pas étrangère à la colère de Renée mais cette fois là, c'est encore moi qui ai prit.
- Mais il ne fonctionnait plus ton appareil ?
- Crois-moi, lorsqu'elle le balança sur le sol de la terrasse en hurlant que je ne méritais absolument pas d'être si gâtée, on ne pouvait plus rien en faire, expliquai-je soudain triste.
- Bella, je ne voulais pas faire remonter de mauvais souvenirs…
- T'inquiète ça va, ce n'est pas grave… j'en ai vu d'autres ! Dis-je pour le rassurer à l'aide d'un sourire timide et il faut l'avouer, un peu piteux.
- Dès qu'on rentre, on ira faire du shopping pour remédier à cela. Esmée sera enchantée de t'aider à choisir le meilleur matériel de pointe, dit-il d'un air enjoué.
- Quoi ? Dis-je légèrement sur la défensive.
- On ira t'acheter un appareil photo, ainsi, tu pourras renouer avec ta passion et te créer les souvenirs qui te manquent tant.
- Je ne t'ai rien demandé. Je ne t'en ai pas parlé pour avoir ta pitié ou ta charité ! Répondis-je, retrouvant ma mauvaise humeur que je pensais pourtant avoir laissée en Croatie.
- Mais Bella ne t'énerve pas, tu sais bien que…
- Je sais quoi ? Le coupai-je tel un cobra plongeant sur sa proie. Que tu as une fortune impressionnante et que du coup tu peux dépenser sans compter ? Je ne suis pas dans le besoin au point de me voir offrir un tel cadeau sans aucune raison. Je suis déjà terriblement embarrassée par tout ce qu'Alice glisse dans mon armoire en douce sans que je ne m'en rende compte immédiatement. Faire l'aumône, ce n'est pas mon truc ni mon style Edward, terminais-je en lui lançant un regard glacial. »
Je me sentais énervée et en colère tout d'un coup et bien que je me rendais parfaitement compte que ma réaction était totalement puéril, je ne pouvais m'empêcher de marcher rapidement à travers la foule afin de m'éloigner d'Edward qui décidément ne faisait que me décevoir en ce moment. J'avais même une vague de rage qui me montait dans la gorge, c'était vraiment étrange.
Je me retournai malgré moi pour voir s'il me suivait et c'était effectivement le cas mais son inquiétude me surpris plus que tout le reste. Il tendait son corps vers le haut, scrutant la foule de gauche à droite, avançant toujours dans mes talons. Il n'était pas vexé, énervé ou interrogateur quant à ma répartie cinglante, il était plutôt absorbé par autre chose… mais quoi ?
Alors que je m'arrêtai pour lui demander une fois pour toute ce qu'il se passait, je le vis faire un signe de tête aux autres Cullen qui disparurent sous mes yeux, se déplaçant sans doute à la vitesse qu'eux seuls pouvaient atteindre sans équipement particulier. Tout cela s'était déroulé tellement rapidement que personnes dans la foule n'avait remarqué quoi que se soit. Une seconde plus tard, Edward m'attrapa vivement le bras, m'attira à lui et me chuchota mais fermement :
« Je te demande une seule chose et pour une fois, fait ce qu'on te dit : accroche toi ! »
Le temps que mon cerveau percute, je me retrouvai sur son dos, me déplaçant moi aussi à une vitesse que même la moto de Jacob ne pouvait atteindre. Petit à petit, mes yeux s'habituèrent à la situation et je me rendis compte qu'Edward slalomait à présent dans des petites rues presque désertes, la foule que nous venions de quitter pensant sans doute avoir croisé un courant d'air… nous étions devenu quasi invisible. Il avait encerclé mes jambes autour de ses hanches et maintenait d'une main mes bras autour de son cou.
Bien malgré moi, je trouvais l'expérience fantastique ! Je Ressentais un sentiment de liberté incroyable. Je ne pouvais distinguer tous les détails mais je pouvais tout de même voir les façades, leurs couleurs, les passerelles, et les quelques terrasses et boutiques que nous dépassions. A un moment, je pense même que l'on a traversé une maison étroite, entrant par l'avant, passant dans la cuisine déserte puis ressortant par la porte arrière.
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, nous nous retrouvâmes sur un des ports du grand canal, reculé de tout touriste et même presque de toute vie. Edward ralentit alors sa progression pour finir par marcher normalement. Il desserra alors mes jambes afin de me poser au sol, observant toujours les alentours et fermant même parfois les yeux comme pour se concentrer sur les bruits… ou les pensées environnantes je crois.
« Edward ? Demandai-je en trébuchant lorsque mes jambes touchèrent le sol, un peu étourdie par mon escapade à dos de vampire.
- Chut ! M'ordonna-t-il en levant un doigt, refermant les yeux et humant l'air tel un prédateur cherchant sa proie.
- J'ai vraiment trouvé ça génial, tu sais, dis-je après quelques minutes, m'impatientant légèrement face à son attitude. Toutefois, n'étais-ce pas complètement inapproprié et risqué pour toi ? Et d'ailleurs, où sont les autres ?
- Si nous n'avions rien fait, la situation était plus risquée pour toi que pour nous ! J'entends Emmett et Rose… ils ne l'ont pas eu ! Dit-il rageur en tapant du point dans le vide.
- Hein ? Ils sont où ? Ils n'ont pas eu qui ? Edward, je ne comprends pas… Dis-je perdue, me rendant soudain compte que ma colère et mon énervement s'étaient envolé.
- Au fait, comment te sens-tu ? Dit-il en plaçant une main sur mon front, puis mes joues, m'auscultant dans tous les sens.
- Moi ? Mais je vais bien enfin !
- Quand je t'ai prise par le bras pour te mettre sur mon dos, j'ai remarqué que ta température corporelle était plus élevée que la normale. Tu as fais un peu de fièvre à chaque fois que tu t'es énervée d'ailleurs cette semaine… et je pense qu'il n'y est pas étranger !
- Quoi ? Mais bon sang pour finir tu vas enfin m'expliquer ce qu'il se passe oui ? Commençais-je à m'énerver, mais avec raison cette fois.
- Il te traque Bella !
- Hein ? Qui ?
- J'ai une petite idée sur le comment ce vampire connaît ton existence, je pense avoir perçu une partie de ses intentions mais par contre, je n'explique absolument pas pourquoi sa présence à un tel effet sur toi, ton organisme et ton caractère… je crois vraiment que tu es en grand danger et ça me rend fou car s'il arrive à ses fins, je pourrai te perdre… à tout jamais !
Alors ?
Désolée pour les délais de publication de plus en plus longs mais les chapitres le sont aussi (ça compense un peu non ?)
A bientôt… si vous en avez envie bien sûr :-)
