Auteur : Fania

Fandom : Le Seigneur des Anneaux.

Personnages: Legolas et les jumeaux les plus célèbres de la Terre du Milieu.

Disclaimer : Victoria, sa choucroute, Sven, Lars, Johannes et le mystère qui se cache derrière l'initiale 'R' sont à moi… Legolas et les jumeaux sont malheureusement toujours aux héritiers de Tolkien.

Note : Suite à l'intrusion intempestive de Glee et Merlin dans ma vie (avec tout le slash et les magnifiques fanfics que ça implique) la correction de ce chapitre a prit nettement plus de temps que prévu, et j'en suis désolée ! Je ne vous promettrais pas de reprendre le rythme des débuts, j'aurais trop peur de ne pas pouvoir la tenir, mais je vais essayer de ne pas être aussi longue à poster le chapitre 22, malgré l'écriture d'un petit cadeau pour une copine qui avance doucement.

Rappel des codes de mise en forme :

En italiques les paroles prononcées en Elfique.

En Normal, les paroles prononcées dans la langue du pays ou se déroule l'action (Ici, de l'allemand ou du Suédois selon les passages.)

Et enfin en gras, ce sont les paroles prononcées dans une langue autre que ces deux là.

Réponse aux Reviews :

Naemir : Je suppose qu'ils ont du s'ennuyer au bout d'un moment, et la menuiserie ça vaut bien la couture, hein xD
Eh oui, Jo est une vraie madeleine, et il ne s'en cache pas xD Quant a Sven, c'est surtout la jalousie qui l'a rendu comme ça, sinon c'est plutôt quelqu'un de bien… mais bon, parfois les évènements font ressortir le pire des gens.
Lars devrait se faire appeler Gandalf, ou Dumbledore, ça lui irait bien aussi xD Pour le fils… le poisson cru ça ne le choquerait pas, mais il n'est pas fan des personnalités multiples, je préfère te prévenir^^'
Lol, non même pas, c'est venu tout seul d'un coup xD Pour Vic, le naturel vient surtout du fait que seuls les jumeaux n'étaient pas au courant, et ça n'est pas un sujet tabou pour Leg et les autres, donc c'est plus facile d'aborder le sujet sans en faire trop… ils ont déjà assez pleuré en évoquant leurs histoires de familles respectives et, même si ils n'en sont pas encore au stade d'en rire, ils arrivent à en parler entre eux sans trop de chichi, comme tu dis =)
Mdr, chuuuuuuuuuuut, pas de révélation sur le bébé ! Tu t'es spoilée toute seule xD
Moi aussi j'aime bien dire 'made in elf-land' xD Ah, 'R'… Eh bien 'R' fera son apparition dans ce chapitre, tu devrais donc avoir de quoi satisfaire ta curiosité… ET te poser de nouvelles questions xD
Hihi, justement tiens, on va en parler de pépé Oropher dans les chapitres qui viennent xD
Boui, mais disons que j'ai décidé d'appliquer mon droit de fanfiction pour Haldir et de lui accorder quelques millénaires supplémentaires xD
Pour le dessin, c'est commenté sur DA !

21 Familles.

« Comment ça 'il prolonge son voyage' ? S'étonna Elrohir, Je croyais qu'il ne faisait jamais ça ?

-Jamais, jusqu'à Septembre dernier. Mais la c'était pour passer du temps avec vous, je pense pas qu'il avait prévu de vous ramener, au départ, et vous aviez pas mal de trucs à apprendre pour éviter de vous faire complètement griller à la seconde ou vous posiez le pied à Dale, mais la je vois vraiment pas… Victoria fit une pause avant de demander : Y'en a pas d'autres comme vous en Amérique par hasard ?

-Pas que je sache, répondit Elrohir, songeant qu'ils avaient déjà bien assez à faire avec la quasi-totalité de leur population rassemblée à Imladris sans devoir imaginer le chaos que créerait la présence d'une communauté elfique aux Etats-Unis. Pour cette fois, je suis aussi confus que vous. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'Elladan est déjà de retour ?

-C'est flippant les super pouvoirs gémellaires, soupira Victoria avec un léger sourire dans la voix. Vous devriez arrêter ça tous les deux.

-Et ? Insista Elrohir sans comprendre, est-il chez vous ?

-Oui ! Il est arrivé il y a une heure à peu près… il dort dans notre chambre d'amis jusqu'au retour de Leg'.

-D'accord… pourriez-vous lui signaler que je vais rester en Autriche quelques temps ?

-Avec le père de Leg' ?

-Pourquoi croyez-vous que je sois avec le père de Legolas ?

-Elladan nous l'a dit. Il pensait qu'il valait mieux qu'on soit au courant, pour le bien-être et la tranquillité d'esprit de Leg, justement. On sait aussi pour votre cité cachée et tout le bataclan.

-Dans ce cas, je vous serais reconnaissant d'ajouter que je compte l'étrangler sitôt mon retour.

-Bien chef, s'amusa Victoria. Mais sérieusement… je pense aussi que ça ne peut pas faire de mal à Leg qu'on soit au courant, bien au contraire.

-Oh, je suis tout à fait d'accord avec vous sur ce point, la rassura Elrohir, mais cela ne signifie pas que je doive approuver la décision plus qu'hâtive de mon frère, ni le fait qu'il l'ait prise sans me consulter… le bien être de Legolas n'est malheureusement pas la seule chose dont nous ayons à nous préoccuper. »

Victoria et lui échangèrent encore quelques banalités puis Elrohir raccrocha, pensif. Il n'avait pas menti en disant qu'à son avis, le fait que Victoria et les autres soient au courant de l'existence d'Imladris et de son peuple serait une bonne chose pour Legolas, mais sans vouloir mettre l'intégrité desdits amis en doute, il n'était pas absolument certain que ce soit une bonne idée pour la population en question… malgré ce que Legolas avait affirmé quelques semaines plus tôt, il s'accrochait encore à l'espoir insensé que, peut-être, si les Valar leur accordait un miracle, Imladris ne serait pas découvert, et qu'ils pourraient tous continuer à vivre en paix, loin des hommes et de leurs folies. Il avait de plus en plus de mal à y croire au fur et à mesure que le temps passait et qu'il se familiarisait avec le mode de fonctionnement des médias de ce monde, et il craignait plus que tout qu'un jour les hommes ne décident que les elfes n'étaient plus les bienvenus chez eux, qu'ils devaient partir et laisser la planète à ceux qui la méritaient vraiment. Qu'arriverait-il ce jour la ? Que se passerait-il le jour ou les hommes prendraient les armes ? Elrohir n'était pas un expert en armement, mais il avait déjà vu suffisamment de films et de documentaires pour savoir que des guerriers, même millénaires, ne pourraient jamais espérer vaincre des mitrailleuses et des lance-rockets avec des sabres et une poignées d'archers.

Elrohir n'aimait pas douter, non pas parce que c'était effrayant… du moins, pas seulement. Mais il savait depuis longtemps maintenant qu'il se devait d'être fort. Lorsque Celebrian avait été capturée par les orcs, lorsqu'Elrond s'était effondré, presque en pleur face à ses enfants, c'était Elrohir qui avait appelé les guérisseurs au chevet de son père, Elrohir qui avait entraîné Elladan loin de l'étude d'Elrond, Elrohir encore qui avait apaisé les pleurs d'Arwen, et Elrohir toujours qui avait conservé la tête froide suffisamment longtemps pour remettre son jumeau sur les rails et le convaincre de mettre sur pied une expédition destinée à secourir leur mère. C'était lui qui, plus tard, avait procédé aux premiers soins sur les trop nombreuses blessures de Celebrian, lui qui avait guidé Elladan et sa monture à travers les Monts Brumeux, lui qui avait alerté tous les aides-soignants d'Elrond pour qu'ils prennent soin de la dame d'Imladris… qui avait soutenu père, frère et sœur au moment du départ de la fille de Galadriel, puis lors des fiançailles d'Arwen, du départ d'Elrond… et c'était lui qui avait dû jouer le rôle du roc lorsqu'Arwen, après que les longues années de sa vie de mortelle se furent écoulée, finit par s'éteindre silencieusement en Lòrien, sans que le Gondor ne sache quoi que ce soit de son trépas.

Les gens n'y croyaient pas toujours, au début. Après tout, c'était Elladan qui conservait toujours le visage le plus neutre, celui qui recommençait à sourire le plus vite, celui qui ne pleurait pas et qui plaisantait jusqu'au cœur de l'action, jusqu'au bord de la mort, un guerrier admirable, courageux, inattaquable… juste comme l'était le jeune prince de Mirkwood. C'était ce qu'on avait toujours dit d'eux. Legolas et Elladan… aussi forts l'un que l'autre. Elrohir autorisa un reniflement dédaigneux à s'échapper de ses lèvres à l'idée que trois, presque quatre générations d'elfes puissent croire à de pareilles sottises. Legolas et Elladan, solides ? Solides comme du verre, oui ! Oh, ils avaient de bonnes carapaces, des emballages efficaces, qui restaient lisses, mais quand on secouait la boite, on entendait les morceaux du vase brisé racler contre le bois… ça demandait davantage d'effort, tout simplement. Elrohir, lui, conservait un visage neutre la plupart du temps, parce qu'il se devait de rester un point d'ancrage pour son frère, mais au fond, c'était bien lui qui guérissait le plus vite, pas par obstination, mais peut-être parce que, malgré les apparences et malgré ce qu'on pouvait dire d'Elladan et de lui, il se trouvait qu'en vérité, c'était bien Elrohir, le plus humain des deux et les blessures du cœur, si elles n'étaient pas moins douloureuses pour lui que pour son frère, ne l'affectaient pas de la même manière.

C'était peut-être aussi pour cette raison que, malgré les fausses impressions qu'on pouvait se faire des jumeaux, lorsqu'on voulait entrer dans leurs têtes, il était bien plus facile de poser des questions à Elrohir plutôt qu'à Elladan. Heureusement pour les secrets des deux frères, très peu de personnes étaient capable de percevoir cet état de fait… malheureusement, il se trouvait que l'elfe le plus susceptible de comprendre comment fonctionnaient les jumeaux après Elrond et Legolas se trouvait dans le corridor au moment ou Elrohir avait plongé dans ses pensées et, après lui avoir accordé un moment d'intimité, il se racla la gorge pour faire connaître sa présence et s'adressa à Elrohir avec une voix étonnamment douce :

« Quelque chose vous perturbe, Elrondion. »

Peut-être était-ce parce qu'il s'agissait d'une constatation plutôt que d'une question, ou peut-être était-ce parce que contrairement à Legolas et Elladan, Elrohir avait besoin de parler de ce qui le rongeait pour aller mieux… Quelle qu'en fut la raison, il n'eut pas à se faire prier pour répondre à la question implicite que lui posait Thranduil.

« Elladan a révélé l'existence d'Imladris aux amis de votre fils, Expliqua-t-il. Il leur a tout dit, pour autant que je sache, y compris que la Lòrien existait encore.

-Je crains fort que ces jeunes gens ne soient que les premiers d'une longue liste d'humains qui découvriront l'existence de notre communauté dans les années à venir, soupira Thranduil avec un sourire amusé. Personne ne peu prédire les conséquences que chaque action aura sur l'avenir… même Mithrandir et votre père en sont incapables. Par conséquent, je crois qu'il vous serait plus profitable d'accepter cet état de fait et de réfléchir à tout le bien que l'on peu en tirer.

-Quel bien ? Quel bien peut-on retirer d'une décision hâtive, unilatérale alors qu'elle est sensée concerner davantage qu'une seule personne… Que les Valar me pardonnent, pour ce que je m'apprête à dire, mais Legolas n'est pas la seule chose qui compte en ce monde, il n'est pas notre seul problème et nous ne pouvons pas nous permettre de faire tourner nos vies autour de lui.

-Il ne s'agit pas vraiment de savoir si nous serons découverts ou non, n'est-ce pas ?

-Suis-je si égoïste ? Soupira Elrohir. J'ai fait mon choix, et je ne changerais pas d'avis… Imladris a, je crois, besoin de moi, et je ne l'abandonnerais pas, mais je n'ai pas envie de perdre mon frère pour autant.

-Vous ne le perdrez pas, le rassura Thranduil, on ne perd réellement les gens que lorsqu'on cesse d'éprouver quoi que ce soit pour eux. Il vous faudra simplement vous ajuster à cette nouvelle situation, mais le fait que vous ayez de nouvelles responsabilités et lui non ne vous empêcheras pas de passer autant de temps qu'avant ensemble… vous aurez simplement de nouvelles façons de l'occuper. »

Elrohir préféra ne pas relever cette dernière remarque, de peur de laisser échapper certaines choses qu'il valait mieux conserver secrètes pour le moment. Il savait très bien, après tout, que ce qui se nouait doucement entre Legolas et son frère, quelle qu'en fut la nature exacte, n'avait que fort peu de chance d'être accepté, encore moins toléré, et peu importe de quoi il s'agissait exactement ou de quelle façon cela évoluerait, Elrohir était déterminé à le protéger. Il avait, bien sur, été choqué d'apprendre que les relations amoureuses entre personnes du même sexe existaient encore chez les Edain (pour être honnête, il lui avait fallut beaucoup de volonté pour se retenir d'agresser Johannes à cause de cela dans les débuts de leur relation… mais Johannes était un jeune homme sympathique, intelligent et suffisamment souriant pour s'attirer la sympathie de tous, Elrohir comprit). Pis encore, il avait même faillit faire des reproches à Elladan lorsqu'il s'était rendu compte qu'il se rapprochait 'trop' du prince des sylves… et puis il avait vu.

Ca n'avait pas été une grande claque, comme le jour ou ils avaient réalisé pour la première fois que même eux ne pouvaient pas toujours tout comprendre l'un de l'autre, ni quelque chose d'évident qui lui serait soudainement tombé sur le coin du nez, du genre 'oh… oh, Arwen est une fille !'. Non, c'était plus comme la fois ou il avait regardé la grande tapisserie relatant la séduction des Eldar par Sauron et que son regard s'était posé sur les mains des personnages, et il avait compris, sans vraie surprise ni choc 'tiens, c'est donc de cela que l'on parle'.

Un beau matin, il s'était levé et avait entamé sa journée comme à l'ordinaire, jusqu'à ce que Legolas invite ses amis à visiter sa cave. Ils avaient visité le palais, déjeuné dans les cuisines, et Legolas avait semblé si heureux… et Elladan aussi. C'était à cet instant qu'Elrohir avait compris qu'il avait manqué un détail d'importance pendant des millénaires, sans pour autant parvenir à mettre le doigt dessus. Et puis, ils étaient ressortis, Legolas était parti chez Victoria chercher ses affaires, et pour une fois Elladan s'était laissé aller, et Elrohir avait simplement réalisé, d'une part que pour le meilleur et pour le pire, le bonheur de son frère était lié à celui du prince, et d'autre part qu'il allait devoir intervenir. Non pas parce qu'il pensait que ce genre de relations étaient normales (s'il vous plaît, deux hommes ? Ca n'était pas vraiment ça) ou qu'il était particulièrement ravi par l'idée (après tout même s'il mettait de côté le fait que c'étaient deux hommes et qu'il les soutenait, tout cela allait forcément créer des problèmes d'une ampleur à la limite de l'apocalyptique, et pas exclusivement pour eux) mais parce que c'était son frère, qu'il avait déjà tué et frôlé la mort pour lui plus de fois qu'il n'aurait put en compter, qu'Elladan avait accepté de rester en terre du milieu avec lui malgré son désir de revoir leurs parents et leurs amis, et que si son bonheur se trouvait dans cette direction, il le suivrait quoi qu'il arrive. Parce qu'ils étaient frères, qu'ils étaient jumeaux et qu'ils étaient capables de tout pour s'aider l'un et l'autre.

Elrohir retint un soupir dont il était sur qu'il aurait été bien trop long et profond, et acquiesça d'un signe de tête.

« Vous avez sans doute raison, monseigneur. Je me fais sans doute des idées… j'ai seulement peur que les évènements à venir ne nous éloigne les uns des autres. Je ne désire perdre ni mon frère ni Legolas.

-Vous n'en perdrez aucun, assura Thranduil. Savez-vous ce que Legolas m'a dit à votre sujet lorsque nous avons évoqué votre amitié calmement pour la première fois ?

-Non.

-Je venais de remarquer que votre frère et vous étiez très dissemblables, et qu'il allait devoir faire beaucoup d'efforts pour conserver l'amitié d'Elladan car, à mon avis, il semblait bien plus extraverti que lui… savez-vous ce qu'il m'a répondu ? Elrohir secoua la tête, et Thranduil expliqua : Il m'a dit qu'au contraire, c'était votre amitié qui lui serait la plus difficile à conserver, car vous étiez en vérité celui de vous deux qui lui ressemblait le moins. Je lui ais alors demandé quand il s'était aperçu de cette différence. Il s'avère qu'il a sur cela dès la première fois ou il vous a vus.

-Dès les premiers instants ? Mais comment… comment a-t-il pu ? Il venait tout juste de perdre son frère, et nous n'avons pas prononcé le moindre mot en sa présence avant d'être reçus dans votre salle d'audience trois jours plus tard !

-Je sais, confirma Thranduil, et j'ai fait la même remarque à l'époque. Selon lui il n'a eut qu'à vous regarder pour comprendre immédiatement de quoi il retournait. Il faut ici vous dire qu'il a hérité de l'intuition de sa mère. Pas le don de prescience qui se retrouve dans votre lignée, bien entendu, mais il lui arrive parfois d'avoir des pressentiments, qui s'avèrent très souvent juste… il a bien compris, dès votre première rencontre que votre relation aurait des hauts et des bas, ce qui a déjà été confirmé par le passé, notamment lorsque votre mère dut prendre la mer pour Aman, mais il a aussi immédiatement su que vous seriez son ami tout au long de votre vie. Et si c'est ce qu'il a pressenti, je suis tout à fait disposé à le croire aussi. »

De nouveau, Elrohir resta silencieux un long moment, touché par ce qu'il venait d'apprendre. Il se souvenait, lui aussi, de la réaction d'Elladan et la sienne la première fois qu'ils avaient vu Legolas. Bien entendu, tous deux avaient été furieux que le prince ne montre aucune émotion face à la perte de ses hommes et de son frère, mais pas de la même façon et, Elrohir l'avait compris plus tard, pas pour les mêmes raisons. Si lui même n'avait pas hésité à montrer ouvertement sa colère et sa désapprobation à l'idée qu'on puisse priver des morts d'une marque de deuil formelle, Elladan lui avait préféré maintenir un visage neutre, sans pour autant pouvoir dissimuler la soudaine tension qui, à l'époque, avait envahit ses épaules. Elrohir n'avait su que plus tard que, loin de reprocher au prince son manque de réaction, il était furieux contre Elrohir de ne pas comprendre l'attitude de Legolas quand il vivait avec un exemple vivant de ce genre de comportement… cet état de fait était resté secret pendant plusieurs siècles mais, lorsqu'il avait été évoqué, il avait déclenché l'une des plus grosses disputes des jumeaux, laquelle avait débouché sur plusieurs mois de brouille et nécessité l'intervention d'Elrond puis de Legolas pour résoudre le tout.

« Je vous remercie de votre présence, finit par dire le fils d'Elrond, plus ému qu'il ne l'aurait cru. Je sais que vous avez eut du mal à vous faire à l'idée que votre fils puisse être ami avec Elladan et moi-même, au moins autant que père n'en a eut à supporter l'idée que ses fils puissent apprécier le vôtre, et je vous suis très reconnaissant de chercher à m'aider.

-Je ne voudrais pas voir Legolas perdre les seuls amis qui lui restent. Il est le plus jeune de nos sylves… ou tout du moins l'est-il devenu à la mort d'Ainion, et il l'était toujours lors de son départ pour Aman. Avant de vous rencontrer, votre frère et vous, il n'avait jamais eut de véritable ami, et tout ceux qu'il s'est fait par la suite ont été des mortels. J'ignore pourquoi il s'entend mieux avec eux… peut-être parce qu'il lui est plus aisé de leur dissimuler ses blessures les plus grave. Quoiqu'il en soit, il y a longtemps que j'ai compris et accepté que votre frère et vous aviez une excellente influence sur son moral, et pour cela je ferais tout mon possible pour que vous continuiez de faire partie de sa vie. »

Elrohir sourit, la gorge serrée puis, d'une révérence, il prit congé du roi des sylves et s'en retourna vers l'ancienne étude de son père, prêt à se relancer à l'assaut de la montagne de papiers qui l'attendait encore et bien plus confiant dans l'avenir qu'il ne l'avait été depuis des mois.

Johannes heurta violement le sol et laissa échapper un juron sonore, qui arracha un rire franc à son instructeur, qui fut vite rejoint par Sven et Lars tandis que Victoria lui apportait une bouteille d'eau et de quoi essuyer la terre qui lui maculait le front. Ils se trouvaient tous dans une petite clairière située non loin du palais de Legolas, ou les arbres formaient un toit si dense que la neige n'atteignait quasiment pas le sol, ce qui était un petite miracle en soit et avait rendu les quatre humains muets de stupeur lorsqu'ils l'avaient vus pour la première fois. Glorfy et Ery, les deux chiens, se courraient après entre les arbres encore debout tandis que Sven et Lars débitaient le tronc d'un arbre mort qu'ils avaient transporté jusque là, et dont le bois servirait à chauffer leurs maisons respectives l'hiver suivant. Victoria, enceinte de six mois maintenant, se contentait de les accompagner pour préparer le repas, et Johannes profitait de ce qu'Elladan refusait de jouer les bûcherons pour prendre quelques leçons de combat rapproché, lesquelles l'envoyaient souvent au tapis.

C'était le début du mois de février, Elrohir était toujours en Autriche et leur téléphonait régulièrement pour les informer des progrès que faisait la petite communauté des elfes d'Imladris, qu'il obligeait à apprendre ce qu'ils pouvaient du fonctionnement du monde humain, et Legolas était toujours à New York, ou il était partit à la mi-mars pour régler les affaires de 'Leland Green' et d'où il n'était toujours pas rentré. Ils l'avaient eut au téléphone une fois ou deux, lorsqu'il leur avait annoncé la prolongation de son séjour, puis lorsqu'il avait appelé pour souhaiter un joyeux anniversaire à Sven, et en d'autres petites occasions. Il n'avait pas dit pourquoi il avait choisit de rester aux Etats-Unis , ni quand il rentrerait, se contentant de répéter que ce qu'il avait à faire était important, mais qu'il préférait ne pas l'expliquer au téléphone.

La routine s'était reformée à Dale : le Leaf était de nouveau calme, et Elladan aidait à le faire tourner, s'étonnant lui-même de prendre du plaisir à jouer les vendeurs. La ville revenait doucement à la vie à mesure que l'été polaire se rapprochait et que le soleil réapparaissait dans le ciel, et les cinq amis continuaient de s'amuser autant que possible sur l'insistance d'Elladan qui répétait souvent que, lorsque l'existence des elfes serait connue, aucun d'entre eux ne pourrait plus maintenir un rythme de vie si insouciant… évidement, il avait un peu de mal à convaincre les quatre humains que dans les cinq ou dix ans qui leur restait à vivre tranquillement ils n'auraient pas le temps de s'amuser suffisamment, mais malgré les regards durs qu'il continuait à jeter à Sven sitôt que celui faisait une remarque qu'il jugeait déplacée, Johannes et les autres l'appréciaient suffisamment pour l'écouter sans trop protester.

« C'est bien Johannes, vous progressez, dit-il en remettant en place une mèche de cheveux échappée de sa longue tresse.

-Oui, enfin je ne suis toujours pas à ton niveau, répondit le jeune homme en se redressant, c'est frustrant.

-Tu devrais t'y faire Jo', annonça une voix claire derrière eux, jamais tu ne seras au niveau de quelqu'un qui s'est entrainé pendant onze mille ans. »

Les cinq amis se retournèrent d'un même mouvement tandis que les deux chiens se précipitaient vers leur maître et le projetait à terre, la queue battante et les oreilles frétillantes. Elladan fut le premier aux côtés de Legolas et l'aida à se redresser. Il eut un mouvement, comme pour le prendre dans ses bras, mais sembla se raviser et se contenta d'une poignée de main et d'une accolade, avant que Johannes, moins regardant, ne se jette au cou de son ami en riant à plein poumons, jusqu'à ce qu'une voix ne l'interrompe :

« Guess that's the puppy one… Johannes, right ? »

Le rire de Johannes s'interrompit à la seconde même ou la première syllabe s'achevait, et il bondit sur ses pieds en moins de temps qu'il n'en fallait pour cligner des yeux, Lars se plaçant instantanément derrière lui, une main sur son épaule, Sven et Victoria à leur côté dans une action de groupe impressionnante de naturel. Elladan, la main sur la garde du sabre d'Oropher qu'il emportait toujours avec lui, se tenait immobile près du jeune suédois et fixait du regard la nouvelle arrivante.

Elle se tenait en retrait de Legolas, emmitouflée dans une veste de fourrure rouge dont la capuche baissée révélait ses cheveux d'un châtain clair tirant sur le blond qui s'assortissait parfaitement à la couleur de ses yeux. Elle portait un bandana rouge et un collier de chien gravé d'une fleur de lotus, une paillette d'or brillant à sa narine gauche, et une paire de moon boots en peau de phoque grise qui remontaient sur son baggy noir et semblaient grandement intriguer les chiens. Son regard restait droit tandis qu'Elladan et les autres l'observaient sans cacher leur choc à l'idée qu'une étrangère si différent d'eux soit admise au palais dès son arrivée, mais elle ne semblait pas s'en formaliser outre mesure… en fait, elle ne semblait même pas impressionnée par son environnement, ce qui fit hausser un sourcil au fils d'Elrond, ce à quoi elle répondit en fronçant élégamment l'un des siens.

« Wow guys, don't greet me all at once, I might choke on the warmth of your welcome, fit-elle avec un froncement de narine.

-C'est qui elle ? S'exclama Victoria, donnant voix à ce que tout le monde pensait.

-'Elle' s'appelle Rosa, répondit l'étrangère sans le moindre accent, le menton relevé comme un défi, et 'elle' aimerait bien que vous arrêtiez de la regarder comme un phénomène de foire… J'ai bien remarqué qu'y avait pas beaucoup de noirs dans le coin, mais vous avez au moins dû en voir à la télé. »

Legolas, dont les oreilles rosissaient à vue d'œil, se passa une main sur le visage comme pour en chasser un sourire particulièrement malvenu. Elladan remarqua le geste, mais ne dit rien, préférant attendre de voir comment les choses allaient tourner et de définir la nature exacte des relations de Legolas et de cette fille… il n'avait, après tout, pas manqué de noter l'initiale de son prénom, et avait immédiatement fait le rapprochement avec les lunettes de bois reçues à Noël… la dernière chose dont il avait envie était de se mettre à dos une alliée potentielle dans la course à la guérison de Legolas.

« Enchanté, Rosa, fit Lars après un long silence collectif, tout juste rompu par un rire que Legolas peinait à réprimer, je m'appelle Lars Vatanen. Voici mon petit frère Johannes, notre ami Sven, sa femme Victoria… et voici Elladan.

-Rosa Irwing, répondit Rosa en serrant la main qu'on lui tendait. Vous êtes des amis de 'Pa, c'est ça ? »

Il y eut un long, long blanc, durant lequel même les chiens semblèrent comprendre qu'il valait mieux se tenir à carreaux, jusqu'à ce qu'une voix blanche ne s'élève derrière Legolas, le faisant se retourner.

« 'Pa ? Comme 'Ada' ? »

Legolas rougit jusqu'à la racine des cheveux et s'apprêtait à répondre, mais Rosa lui coupa l'herbe sous le pied : tout sourire, elle s'avança vers les nouveaux venus, ignorant leurs visages choqués puis, saisissant d'autorité la de celui qui venait de parler, elle la serra avec énergie et le salua :

« Bonjour, je m'appelle Rosa Irwing… enchanté de faire votre connaissance grand-père. »

Et Thranduil s'évanouit.