Hey! Me revoilà pour un chapitre, fait avec amour pendant ces trois semaines de stage par votre chère et dévouée écrivaine de fanfics.
Cette fois pas de blabla inutile : je vous laisse à votre lecture que je vous souhaite bien agréable.
Bonne lecture.
CHAPITRE 20 : SHE ALWAYS LEAVES ME LAUGHING
Penchée sur son carnet à dessins, les yeux plissés, Kessie laissa sa main gauche manier avec adresse son crayon qui traçait avec talent plusieurs lignes sur la feuille blanche de son carnet à dessins, sous le regard perçant de Donatello.
Assis l'un en face de l'autre dans le laboratoire, voilà maintenant une demie-heure que Kessie tentait d'esquisser un portrait robot de l'être surnaturel qu'elle avait rencontré au trente-septième étage lors de sa mission-infiltration dans le bâtiment de Tako's Industries. Mais suite à ses descriptions nébuleuses et peu crédibles, Donatello lui avait demandé de se poser au calme et de reprendre ses esprits afin de lui livrer le portrait le plus réaliste possible de leur ennemi commun.
Ainsi, il l'avait emmené dans son labo et l'avait laissé parler pendant de longues minutes, très attentif et réceptif à son récit, bercé par sa voix fragile et cassée mais également empreinte d'un aplomb à toute épreuve, produisant un contraste qu'il trouvait fascinant et attirant. Tout naturellement, sentant que les mots ne seraient pas suffisants pour lui décrire cette vision horrible et improbable qu'elle avait du affronter, elle s'était emparée de son carnet à dessin et de son crayon, s'enfermant ainsi dans le silence, laissant la pointe grise du critérium parler pour elle.
Pendant ces longues minutes, la joue posée au creux de sa grande main, Donatello la regarda faire, l'admirant secrètement, un sourire rêveur collé aux lèvres, et il se rendit compte qu'il adorait l'écouter parler...mais qu'il aimait tout autant la regarder dessiner... analyser la manière dont elle bougeait le crayon sur le papier et comme elle choisissait les couleurs avec soin dans son arsenal de feutres. C'était tellement différent de son monde technologique... C'était un monde serein et apaisant qui répandait une douce et très agréable chaleur dans son coeur.
Il ne fut sorti de sa rêverie que lorsque Kessie tapota son genou avec la tranche de son carnet à dessin, le regard grave, lui indiquant qu'elle avait fini. Donatello cligna des yeux et secoua la tête comme pour retrouver ses esprits avant de se saisir du croquis qu'il scruta attentivement, les yeux plissés et réduits à deux fentes derrière le verre de ses grosses lunettes rafistolées.
Néanmoins, malgré le talent en dessin de Kessie qu'il reconnaissait tout à fait, il ne put s'empêcher d'afficher une moue sceptique en détaillant ce croquis à la fois tellement réaliste mais sortant tellement de l'ordinaire qu'il en paraissait presque malsain...cet être mi-homme mi-robot dont l'abdomen était remplacé par un bocal qu'occupait une sorte d'extraterrestre rosâtre, visqueux et ignoble...
- Kessie, loin de moi l'idée de remettre en doute tes capacités en dessin mais... à mes yeux, ça a toujours l'air d'un chewing-gum avec des yeux et une bouche, finit-il par dire en se grattant maladroitement la joue.
Les sourcils froncés, Kessie lui reprit son carnet des mains en rétorquant :
- Je sais c'que j'ai vu. Je suis pas folle.
- Je sais, je te crois, soupira le mutant en relevant ses yeux confus vers l'humaine. Mais je n'ai aucune idée de ce que ça peut être...tu n'as pas vu autre chose à propos de ce type..?
- Donnie, je t'ai dit tout ce que je savais sur Krang, dit-elle avec un soupir.
- Mais il y a peut-être un détail qui t'a échappé, bredouilla Donatello d'une voix fébrile dénotant sa panique intérieure. Je t'en supplie, fais un effort, c'est sans doute lui qui est derrière toute cette histoire ! Tu ne te rappelles pas de quelque chose d'autre ? Un symbole ? Une odeur ? Un autre indice sur la manière dont il parlait, sur son dispositif robotique ou bien..
Excédée et submergée par ce raz-de-marée de paroles que Kessie devina incoercible, comme chaque fois que Donatello se laissait aller à la panique et à l'anxiété, elle fronça les sourcils, se leva brièvement, s'approcha de lui et, sans hésitation, le fit taire en posant ses lèvres sur les siennes.
Stupéfait, Donatello écarquilla les yeux et fit aussitôt silence, ses joues virant du vert au brun sans transition. Il n'avait pas vu ce mouvement venir et même ses années d'entraînement aux arts martiaux n'auraient pu l'aider à prédire ce geste qu'il avait encore du mal à assimiler comme réel... Aussi, assis sur son siège en skateboards et crispé jusqu'au bout de ses orteils, il la regarda avec incrédulité avant que ses paupières ne se ferment presque inconsciemment et, avec un plaisir non dissimulé, il accepta son baiser qu'il lui rendit volontiers, fermant les yeux en passant une main dans la nuque de Kessie. Cette dernière frémit en sentant cette grande main puissante mais si douce maintenir sa nuque et elle se rapprocha légèrement de lui, debout entre ses grandes jambes tremblotantes.
Après un long baiser qui sembla apaiser le mutant, ce dernier posa son front contre le sien en soupirant de bien-être.
- ...t'es mignon mais j'en ai vraiment marre là..., chuchota doucement Kessie alors qu'elle détachait ses lèvres des siennes en le regardant doucement de ses yeux noisette. Je ne peux rien te dire de plus que tout ce que je t'ai déjà raconté...
- ...je sais...pardon..., fit Donatello en baissant maladroitement les yeux. C'est juste que...tout ça n'a aucun sens à mes yeux et-et...si vraiment notre ennemi est...un extraterrestre... j'ai besoin d'en savoir le plus possible sur lui...sur le danger qu'il représente pour ma famille...et pour New-York...tu comprends ?
Kessie posa rapidement ses mains sur ses joues et traça le contour de ses écailles du bout du pouce.
- Détends-toi un peu, lui dit-elle avec un froncement de sourcils. Tu vas te rendre malade à force de tout le temps flipper, comme ça.
- Hé...c'est moi le « docteur » ici, lui rappela Donatello en haussant un sourcil amusé.
Kessie leva les yeux au ciel à cette réflexion.
- Pff, c'est ça oui.
Donatello rit doucement à cette réflexion alors que Kessie, un sourire assuré aux lèvres, passa ses doigts dans le masque violet de Donatello, appréciant la douceur du tissu dont les rebords étaient légèrement effilés par le temps.
- Ne t'inquiète pas... De toute façon, je sais que quoiqu'il arrive, vous allez le retrouver et l'écraser, dit Kessie en souriant de toutes ses dents, d'un aplomb à toute épreuve.
Donatello adorait cet air assuré, presque impertinent, qui faisait battre agréablement son coeur et le regorgeait d'assurance, lui aussi. Aussi, ils ne purent s'empêcher de rire doucement.
Un silence suivit ce rire alors qu'ils se regardèrent tous deux étrangement, comme s'ils venaient de se rencontrer...Puis instinctivement, Donatello glissa ses mains sur les reins de la jeune fille pour la ramener lentement vers lui: sans réfléchir, Kessie se laissa tirer à lui jusqu'à ce que sa joue rencontre la surface lisse et solide du plastron chaud de Donatello, derrière lequel battait un coeur timide mais gorgé d'un amour ne souhaitant que s'exprimer. Elle frissonna en sentant cet amour crépiter dans ces bras musclés qui l'enlaçaient tendrement alors que la longue main verte du mutant continuait de caresser ses cheveux d'une infinie délicatesse. Doucement Kessie se laissa bercer par cette étreinte suave et si réconfortante, toute tremblante, n'ayant pas l'habitude d'être entourée d'autant d'amour et de tendresse. Elle fut d'autant plus interloquée lorsque Donatello la regarda avec bienveillance et observa attentivement son visage...ses cicatrices...le pansement sur son nez...ses tâches de rousseur...
Surpris par ces tremblements qu'il percevait sur la peau abîmée mais douce et fragile de l'humaine, Donatello inclina curieusement la tête, soucieux.
- ...ça ne va pas ..?
- Si si... désolée... C'est juste...sans mon masque je me sens...bizarre...
Pourtant, malgré l'étrangeté de la situation et ses frissons, elle fut surprise de constater qu'elle se sentait bien avec lui. Être soi-même sans son masque, c'était quelque chose qu'elle ne pouvait faire avec tout le monde...Mais avec lui, elle savait qu'elle pouvait être elle-même... Même s'ils étaient incompatibles à première vue, elle aimait être en sa présence. Il avait le don de l'apaiser, de la faire sentir plus calme à l'intérieur...plus elle...
- J'aime voir ton visage autrement que derrière un masque, lui avoua Donatello en replaçant une mèche brune derrière son oreille, la trouvant tellement jolie que le brun sur ses joues fonça un peu plus.
Touchée par ces mots, Kessie leva les yeux vers lui et esquissa un petit sourire en coin alors que Donnie massait tendrement sa nuque pour la ramener contre lui. Le cœur battant à tout rompre, Kessie enfouit son visage contre l'épaule écailleuse de Donatello entourée de tissu violet, sans pouvoir s'empêcher de respirer son odeur reptilienne, si particulière et si envoûtante qu'elle lui donna un léger vertige.
Donatello ferma les yeux également, sans pouvoir retenir ses tremblements alors qu'il blottit son nez inexistant contre la joue moelleuse et chaude de l'humaine. Tout cela était tellement nouveau pour lui... Il avait peur de lui faire mal, de l'indisposer, mais en voyant l'humaine ainsi blottie contre lui, il comprit rapidement qu'ils se sentaient tout aussi maladroits l'un que l'autre avec leurs corps si différents et peu habitués à procurer des caresses...Ils avaient tout simplement du mal à réaliser que désormais, ils n'étaient plus seuls au monde et qu'eux aussi, entre leurs nuits d'héroïsme, leurs combats contre le crime et les ombres qui dissimulaient leurs difformités et leurs différences, avaient droit d'aimer...
Bientôt, Donatello recula sa tête et ses mains se baladèrent avec innocence sur sa taille pour la palper curieusement puis recouvrirent ses épaules pour les tenir fermement mais tendrement, juste pour la contempler. Pour la première fois, il pouvait balader son regard sur elle sans craindre de se faire prendre sur le fait et sans craindre ses réactions. Kessie sentit son coeur battre exceptionnellement fort alors que les mains de Donatello caressaient ses épaules tout en la contemplant des pieds à la tête, l'oeil ému, bien que troublée et presque agacée de se sentir aussi vulnérable, comme une adolescente lors de ses premiers émois.
- Tu es tellement forte...tellement belle..., murmura sincèrement Donatello.
A son grand étonnement, ses mots ne la firent pas sourire. Bien au contraire, ils semblaient amener une ombre de tristesse sur ses traits.
- Qu'est-ce qu'il y a ? bredouilla Donatello, surpris.
- Tu dis ça seulement pour me faire plaisir, dit-elle à voix basse.
Donatello fronça les sourcils, troublé par ce manque de confiance, et passa un doigt sous le menton de Kessie pour lui faire relever la tête vers lui. Etonnée, Kessie le regarda dans les yeux alors qu'il dit le plus sérieusement du monde :
- Je suis un scientifique, très chère. Je ne fais qu'exposer des faits avérés.
Kessie ne put retenir un sourire puis un petit rire à ces mots qu'elle trouvait adorable. Donatello remarqua le rose sur ses joues et y posa ses lèvres avant de s'intéresser à ses lèvres qu'il embrassa gentiment et avec un profond respect. Kessie enroula ses bras autour de son cou avant de fermer les yeux pour mieux savourer ce tendre baiser.
- ...Tu dis ça parce que tu ne connais pas beaucoup d'autres filles...Pourtant, il y en a plein à la surface, dit Kessie en baissant les yeux alors que Donnie nicha son visage dans son cou, parsemant de baisers ses courts cheveux noirs. Plus jolies...mieux que moi...
- Tu plaisantes ? J'ai déjà sauvé plein de demoiselles en détresse avant de te rencontrer, lui fit remarquer Donatello d'un air malin, juste pour tester sa réaction.
Face à cette réplique qui ressemblait fortement à de la provocation, Kessie recula la tête pour le regarder en fronçant les sourcils...
...Est-ce qu'il serait en train d'essayer de la rendre jalouse... ?
Sans réellement savoir s'il disait la vérité ou non, elle plissa les yeux en lâchant dans un rire sardonique :
- Moi aussi j'ai sauvé des filles.
Surpris par ce ton un peu plus sec, Donatello lui lança un coup d'oeil troublé et déglutit légèrement.
- J'ai même sauvé des garçons, dit Kessie en le regardant dans les yeux tout en entortillant entre ses doigts le tissu de son masque violet, laissant à son tour un sourire malicieux décorer son visage. ...De très...très beaux jeunes hommes, même...
Donatello rougit en entendant ces mots, baissant les yeux pour observer curieusement l'humaine caresser et entortiller ainsi les pans de son masque entre ses doigts, comme pour le narguer.
- ...Oh ? dit-il simplement, feignant la nonchalance tout en se retenant de froncer les sourcils.
- ...oui...mais alors ils étaient tous plus cons les uns que les autres, lança t-elle de son habituelle voix blasée, rompant le ton sensuel qu'elle voulait se donner la seconde d'avant.
Donatello ne s'y attendait pas et éclata de rire à ces mots alors que Kessie l'asséna d'un large sourire qu'elle cachait habituellement derrière son masque de hockey. Peu à peu, oubliant leur timidité et leur gêne, les deux justiciers se sourirent tendrement et Donatello avança même son visage pour frotter tendrement son nez inexistant à celui de la justicière, le coeur battant légèrement comme dans un rêve.
- Je n'arrive toujours pas à croire que tu puisses aimer quelqu'un comme moi, soupira Donatello en la regardant dans les yeux.
- ...C'est plutôt moi qui devrais dire ça, répondit Kessie à voix basse.
Stupéfait par cette nouvelle auto-dévalorisation, Donatello la saisit par les épaules et la dévisagea d'un oeil interrogateur.
- Q-quoi ? Pourquoi tu dis ça ?
- Je...parce qu'il n'y a rien à aimer chez moi, dit Kessie en baissant les yeux, le coeur serré.
Sans comprendre, très peiné par ces mots, la main de Donatello s'éleva jusqu'au visage de la justicière et effleura tendrement sa joue alors qu'elle murmura d'une voix teintée d'amertume, dévoilant ce qu'elle avait sur le coeur :
- Tu sais...j'ai réfléchi...à tout ça...à ce que je faisais, en tant que...justicière...Et j'me suis rendue compte que...j'avais beau faire de mon mieux, tout ce que j'ai fait...lorsque je tuais les Dragons Pourpres...c'était vraiment horrible...
Elle détourna honteusement ses yeux noisettes empreints d'une ombre sordide alors qu'elle regarda ses mains tatouées d'un sang invisible...celui des nombreux Dragons qu'elle avait massacré...
- Léo avait raison...Et toi aussi...Tu avais raison...depuis le début...même les habitants de cette ville ont raison...j'suis qu'une fanatique...une barge...j'agissais pas comme un justicier...j'agissais comme un monstre, fit Kessie en tremblant. C'est moi le monstre dans l'histoire...pas vous...et certainement pas toi...
Effaré par ces paroles, Donatello emprisonna le visage de Kessie entre ses grandes mains écailleuses et tremblantes, caressant ses joues du bout de ses pouces en la regardant droit dans les yeux.
- Je...je t'interdis de penser ça, lâcha t-il d'une voix tremblante. C'est faux...
Ses lèvres posèrent de doux baisers humides derrière son oreille pour tenter de la refaire sourire et de faire battre son coeur plus sereinement.
- Tu te fiches de ce que les autres peuvent dire de toi, murmura t-il au creux de son oreille en caressant tendrement ses mèches brunes. L'important, c'est ce qui se cache derrière le masque...
- Il n'y a rien qui en vaille la peine derrière le masque...
Secouant la tête, Donatello effleura tendrement la joue éraflée de l'humaine de ses lèvres comme pour apaiser la blessure qui s'y trouvait.
- Tu te trompes...Ton masque...il ne fait que dissimuler la lueur que tu incarnes...la lueur que tu tentes de ramener dans ce monde...
Ces mots si naïfs et sincères firent battre le coeur de Kessie à une vitesse folle alors qu'elle le regardait de ses yeux humides.
- ...Comment tu peux le savoir ? murmura t-elle tristement. Comment tu peux savoir ce qui se cache derrière mon masque..?
Donatello fronça les sourcils avant de passer de nouveau ses grands doigts fins dans ses mèches brunes.
- Je le sais, c'est tout.
- C'est ça, dit Kessie en soupirant tristement, le regard bas avant de murmurer d'une voix mélancolique, empreinte d'ironie: Tu sais toujours tout, hein ?
- En tout cas, ce que je sais, c'est que si les gens connaissaient la Kessie Jones qui se cache derrière le masque, ils l'aimeraient...et ils voudraient la prendre dans leurs bras comme moi j'ai envie de le faire à cet instant...
Une telle tendresse habitait ces mots que la jeune femme se sentit ébranlée et elle ferma les yeux lorsque Donatello l'enveloppa une nouvelle fois de ses bras élancés quoique musclés pour la serrer contre lui. Réfugiée contre le plastron chaud, solide et rassurant de Donatello, Kessie ne répondit que par un « mmh » peu convaincu et triste alors que le mutant l'étreignait un peu plus contre lui et la rassura tendrement par des baisers chastes et doux ainsi que des caresses. Malgré ses sombres pensées, lorsque les lèvres de Donnie cherchèrent les siennes pour les embrasser et les dorloter, Kessie ferma les yeux, soupirant dans la chaleur de ses bras en appréciant ces touchers si délicats auxquels elle n'avait jamais été habituée auparavant.
Donatello quitta ensuite ses lèvres pour l'embrasser sur la joue alors que ses mains caressaient ses hanches puis glissèrent jusqu'à ses cuisses, étudiant avec attention et quasi scientifiquement la moindre réaction de l'humaine, déterminant ce qu'elle aimait et n'aimait pas. Or, il fut agréablement surpris de la réceptivité positive de l'humaine sous tous les stimuli qui crépitaient sous ses doigts virtuoses. Ensuite, Donatello glissa ses lèvres dans son cou, fermant les yeux pour se concentrer sur son parfum. Sa peau était empreinte d'une effluve particulière, ambrée, comme un mélange de réglisse, la vanille et la cannelle... Il adorait cette osmose de senteurs à la fois forte et sucrée ; aussi, il grignota innocemment la peau fine et fragile de son cou, le plus lentement possible tout en savourant le moindre goût de sa peau. Kessie ferma les yeux, son coeur battant attentivement. Elle frémit intensément et son coeur manqua un battement quand elle sentit sa langue chaude passer entre ses dents et commencer à lécher tendrement son cou. Un léger gémissement perça sa gorge et filtra d'entre ses lèvres, la faisant rougir de honte. Aussitôt, la langue de Donatello quitta sa peau et il leva la tête vers elle, les joues cramoisies :
- P-pardon...J'arrête si tu n'aimes pas...
- Non...j-j'aime beaucoup..., avoua t-elle, les joues rouges.
Ces mots retracèrent un sourire sur les lèvres de Donatello, ces lèvres vertes et charnues qu'il reposa dans son cou avant de laisser à nouveau passer sa langue. Kessie frissonna. Jamais elle n'avait éprouvé autant de plaisir et jamais elle ne s'était sentie aussi bien avec quelqu'un. Ses bras se resserrèrent maladroitement autour de son cou pour l'encourager à continuer. Ravi de sa réaction qu'il n'espérait pas, Donatello soupira de bonheur contre sa peau tout en continuant de tracer des chemins mouillés de sa langue sur son cou qu'il grignota légèrement par moments.
- ...je crois comprendre maintenant, ce que Mikey voulait dire, pour les beignets au sucre, dit Kessie avec un petit rire sous les chatouilles humides du mutant.
- Chut, rit doucement Donatello, sans pourtant empêcher ses joues de brunir.
Kessie enlaça sa nuque, caressant les rebords de sa carapace alors qu'il continuait ses fougueux coups de langue, succombant à cette attirance folle qu'elle trouvait aussi absurde qu'irrépressible et qu'elle découvrait pour la première fois... Sachant que ces moments d'intimité étaient rares, Kessie les dégusta, fermant les yeux en se concentrant sur sa salive qu'il imbibait sur sa peau ainsi que les battements de son coeur avant de chuchoter pensivement :
- Par contre, j'espère que tu ne comptes pas vraiment me donner ce surnom...
Une nouvelle fois, Donnie se détacha de son cou, cette fois pour la regarder d'un air interrogateur et curieux.
- ...De quoi ? « Mon beignet au sucre » ? minauda t-il d'une voix fluette.
Kessie ne put se retenir de rire nerveusement.
- ...Arrête, c'est vraiment ridicule.
- ...Moi je trouve ça tentant, répondit Donatello avec un regard amusé et un grand sourire enfantin.
- Tu sais c'que je trouve tentant, moi ? De t'envoyer mon poing dans la figure si tu le fais.
- Je croyais que « tu ne frappais pas les binoclards » ? demanda t-il avec un sourire malin avant de lui tirer la langue.
Kessie haussa un sourcil provocateur puis leva aussitôt les mains à son visage pour lui retirer ses lunettes. Les yeux écarquillés, Donnie la regarda attentivement en plissant aussitôt les yeux lorsque ses lunettes rafistolées lui furent retirées, sa pomme d'adam remontant et descendant bruyamment à ce geste.
Kessie s'immobilisa quelques secondes, le temps de constater à quel point il était mignon sans ses verres correcteurs qu'elle reposa à côté d'elle avant de le regarder avec une nuance de défi dans le regard.
- Tu y vois bien, comme ça..? demanda t-elle en inclinant la tête.
- J-je suis seulement astigmate, bredouilla craintivement Donatello en plissant davantage ses petits yeux perçants. M-mais il y a 78,5% de chances qu'au bout d'un moment, ma vue finisse p-par...
Une nouvelle fois, Kessie le fit taire d'un baiser fougueux sur ses lèvres. Le coeur de Donatello fit un bond et il ne put retenir un soupir de soulagement, préférant de loin ces baisers rebelles qu'il adorait à un éventuel coup sur le nez et qu'il trouvait assez amusants. Ainsi, les bras enroulés autour de son corps si précieux et fragile, il l'embrassa du mieux qu'il put, s'enivrant de cette texture unique et de ce goût qui l'emmenait loin de tout...loin des égouts de New-York...loin des Foots, des Dragons Pourpres et des extraterrestres...quelque part loin où son coeur pouvait battre sans crainte au rythme d'une humaine dont il avait secrètement rêvé toute sa vie, sans se douter qu'elle se cacherait derrière un masque de hockey...
Quelques nuits plus tard, au dehors, dans la soirée venteuse et chaude de ce vendredi soir, des lumières et un brouahaha joyeux filaient du Yankee Stadium, où la rencontre tant attendue des deux équipes préférées des new-yorkais soulevait une euphorique et bruyante excitation.
Cagoulés et tapis dans les recoins extérieurs du stade, plusieurs Dragons Pourpres préparaient leur dispositif : des grenades fumigènes et aveuglantes qui passeront inattendues dans la mêlée d'encouragements des fans de baseball et dissipera assez de confusion pour kidnapper le plus de spectateurs possible. « Le plus d'humains possible ». Tels étaient les ordres précis venus d'en haut. Dispersés par dizaines de l'ouest à l'est du stade, dissimulés sous les tribunes après avoir éliminé les agents de sécurité, l'issue la plus profitable de ces enlèvements pour le gang le plus redouté de New-York serait de réussir à vider le terrain.
Mais c'était sans compter sur l'intervention de deux gardiens de la ville.
Raphael, tapi sous les tribunes ouest depuis bien plus longtemps que les dix imbéciles se croyat planqués devant lui, plissa les yeux avant de craquer bruyamment ses phalanges, alertant les Dragons Pourpres. Cependant, il ne leur laissa même pas le temps de dégainer leurs armes ou de faire un seul bruit. Usant de sa furtivité de ninja acquise depuis bien longtemps, aucun des Dragons Pourpres ne pouvait faire le poids face à la montagne de muscle qu'était le mutant au masque rouge.
Quant à Kessie, elle s'occupa des troupes plantées à l'ouest qu'elle dispersa grâce à ses palets chargés d'explosifs et d'artifices artisanaux. Pendant une seconde, lorsqu'ils se retournèrent, les Dragons Pourpres crurent à une mauvaise blague, d'autres crurent à un cauchemar en reconnaissant la silhouette encapuchonnée de leur ennemi juré. La seconde d'après ne fut pas suffisante pour réaliser l'arsenal explosif que Kessie tenait au creux de sa main pourvue de son gant de hockey. Sans même avoir eu le temps de se demander d'où elle avait bien pu sortir un tel dispositif d'explosif, les bombes artisanales scotchés fermement aux palets de hockey leur furent lancés dessus.
Lorsque les explosions et les feux d'artifice jaillirent de sous les tribunes pour éclater en couleurs éclatantes quelques mètres plus haut au-dessus du stade, les spectateurs, croyant à un spectacle organisé, ne tardèrent pas à exprimer leur ébahissement et leur émerveillement dans de grandes huées et un euphorique brouhaha.
Profitant des pétarades endiablées soulevant une foule de cris joyeux et d'applaudissements, Raphael tira la main de Kessie pour l'aider à se hisser sur le toit opaque recouvrant les tribunes. Se redressant lentement de toute sa taille imposante, sans même se soucier de la poussière qui imbibait son plastron rayé, il tourna ensuite ses yeux ambrés et scintillants de satisfaction en reprenant son souffle, sans pouvoir retenir un sourire goguenard alors qu'il scrutait le paquet de Dragons Pourpres enchaînés à un reverbère, quelques nuits plus loin.
C'était une nuit comme il l'aimait. Une nuit où des crimes crapuleux et sordides avaient été avortés, à coups de poings et de saï. Une nuit dont il pourra attendre le matin avec la satisfaction de savoir leur ville débarrassée de quelques uns de ses parasites meurtriers.
Ainsi, satisfait, alors que les pans déchirés de son masque rouge sang voletaient dans l'air frais de la nuit percée d'étoiles, il hocha brièvement la tête et s'apprêta à sauter sur un toit voisin quand la voix de Kessie l'interpella.
- Hé mais attends, on va pas partir comme ça ! protesta la jeune femme, sa voix rendue sourde par la surface chaude de son masque blanchâtre.
- Et pourquoi pas ? grogna Raphael. On a plus rien à faire ici.
Les yeux écarquillés à travers les trous, Kessie lui désigna le stade où se déroulait le match de baseball. Elle regretta presque à ce moment-là que son masque dissimule son expression scandalisée.
- Mec, c'est un des matchs les plus importants de la saison et on est aux premières loges, sur ce toit ! T'es quand même pas assez con pour rater ça ?!
Raphael haussa un sourcil et un coin de ses lèvres se souleva aussitôt, lançant d'une voix sardonique :
- Et puis quoi encore ? Tu crois quand même pas qu'on va rester ici à pour regarder le match en bouffant des hot-dogs ?
Derrière son masque de hockey, Kessie laissa un petit sourire en coin mordre sa joue droite.
Quelques minutes plus tard, Raphael ne se rappelait même plus de comment il s'était laissé convaincre. Tentant de tenir entre ses trois gros doigts écailleux son hot-dog à moitié emballé de papier sans l'écraser, il observa du coin de l'oeil la jeune fille assise non loin de lui, un sourire triomphant aux lèvres.
Devant leurs yeux, les lumières du stade crépitaient tandis que le match se déroulait devant leurs yeux, non sans créer une euphorisante effervescente en-dessous d'eux. Ainsi, réfugiés l'un contre l'autre sur le toit des tribunes, ils admiraient le match qui se déroulait sous leurs yeux, tous deux secrètement terriblement fiers d'avoir droit aux meilleures places...et gratuites.
Raphael serra les lèvres, à la fois énervé d'avoir cédé au caprice de sa compagne de jeux et en même temps plutôt heureux de s'être laissé convaincre, aimant étrangement le spectacle devant lui, tout autant que Kessie qui, après avoir machouillé son morceau de hot-dog, le masque relevé sur le front, lâcha dans un soupir mélancolique, néanmoins souriante :
- Mon père avait toujours voulu m'emmener avec lui voir un match de baseball...On les regardait ensemble à la télé, mais il voulait me montrer ce que ça faisait d'être sur place...
Très attentif à cette confession qui le surprit, Raphael se contenta de la regarder attentivement.
Sentant le regard du mutant sur elle, Kessie cligna des yeux puis secoua la tête avant de se redresser légèrement.
- C'est sûr, ça vaut pas un match de hockey et une part de pizza, riait-elle en mordant dans son hot-dog. ...Mais ça reste cool, non ?
- ...c'est vrai que c'est pas mal, admit le mutant sincèrement.
Kessie sourit. Même s'il s'exprimait peu, désormais avec Raphael, elle se sentait écoutée.
Et en effet, Raphael aimait ces moments avec Kessie. Tous deux partageaient cette même haine envers le crime et ce même amour pour leur ville et ils le partageaient à leur manière: à coup de poings, de lames et d'explosifs. Leurs combats devenaient des parties de jeux et il n'aurait jamais imaginé un jour que lui, montagne de muscles écailleuses et renfermée dans sa carapace hostile, aurait pu un jour se retrouver à côté d'une si petite humaine.
En réalité, il n'avait jamais eu d'amis dans son enfance. Aucun de ses frères non plus, bien sûr. Toute leur vie, ils avaient vécu reclus avec leur père, sans aucun contact avec le monde extérieur. Seule la famille comptait. Mais l'amitié...Raph n'avait jamais osé y songer.
Est-ce que c'était ça, qu'il était en train de vivre avec cette humaine...?
Les yeux plissés, il regarda ainsi longuement Kessie qui se tourna vers lui, ouvrant un oeil surpris.
- ...tu veux ma photo ? fit-elle d'une voix amusée.
Raphael roula des yeux en secouant la tête, grognant en se moquant intérieurement de lui-même, néanmoins tentant de sauver les apparences.
- ...Rien. Tu m'fais rire avec tous tes pansements sur la tronche. On dirait un meuble mal réparé.
Kessie haussa un sourcil, rétorquant aussitôt :
- Tu peux parler, toi, avec ta carapace rafistolée de partout.
Raphael secoua la tête en souriant. Oui, décidément...ils partageaient tous...des blessures jusqu'au répondant cynique, qui cassait un peu leur voix à tous deux. Pensif, il la regarda longuement du coin de l'oeil avant de baisser les yeux vers son hot-dog qu'il referma légèrement dans son papier, songeur.
- Hé...j'voulais te d'mander...avant de nous rencontrer...t'avais des gens avec qui traîner, genre...des amis ?
Kessie baissa les yeux à cette question et soupira tristement.
- Non. J'ai jamais vraiment été douée pour me faire des amis...et j'ai jamais été douée pour les garder non plus...
Raphael, très attentif, posa son hot-dog à côté de lui pour joindre ses doigts entre eux, les coudes posés sur ses genoux, alors que Kessie, le regard perdu dans le vague, esquissa un sourire sans joie.
- ...Avant, j'avais un ami dans mon équipe de hockey au lycée... on aimait bien passer du temps ensemble mais un jour, pendant qu'on disputait un match contre l'équipe d'un autre lycée...il est passé juste derrière moi au moment où j'allais marquer le point gagnant. J'ai cassé son casque...le visage tuméfié, la lèvre fendue...il m'a plus jamais reparlé.
Elle se gratta la nuque en soupirant, le coeur serré.
- C'est ça mon problème...j'finis toujours par...enfin...j'ai toujours peur...de faire mal aux autres. J'suis un peu un danger public.
Raphael fronça les sourcils, comme d'ordinaire très perturbé de se reconnaître autant dans le discours de cette petite humaine.
- Ouais, je sais c'que c'est. Sauf que moi, j'ai jamais eu de potes...avant toi.
Clignant des yeux, Kessie tourna la tête vers lui en lui souriant doucement. Regrettant aussitôt ces paroles, Raphael se tendit comme un arc et visa le sol du regard comme s'il voulait s'y enterrer.
- ...C'est vrai..? Tu m'considères comme ta pote..?
Les yeux plissés et le coeur serré, Raphael la regarda longuement sans sourire avant de détourner le regard. Dans son regard, Kessie lut de la confusion, de la tristesse...
- ...j-j'devrais pas dire ça, grogna Raphael en se forçant à ne pas la regarder.
- Pourquoi tu dis ça ? demanda Kessie en plissant les yeux, le scrutant attentivement.
Raphael baissa les yeux en soupirant tristement.
- Parce que...on est pas de la même espèce...Toi tu es humaine...et moi je suis...une tortue...un mutant...un monstre...Tu mériterais mieux que d'traîner avec des gars comme moi. Tu mériterais une vie normale.
" Celle que les Dragons et ces deux enflures de Bebop et Rocksteady t'ont enlevé " songea t-il non sans un pincement au coeur.
Kessie fronça pleinement les sourcils à ces mots. Aussi, sans même plus prêter attention à l'euphorie des spectateurs et au match de baseball, elle se leva aussitôt, lâchant son hot-dog pour croiser les bras devant lui et le regarder dans les yeux le plus sérieusement du monde.
- J'm'en fous d'être normale. D'avoir une vie normale. Ma vie, j'la changerai pour rien au monde et certainement pas toi. (Elle soupira en inclinant la tête, les yeux plissés) T'as envie d'une vie normale, toi ?
Raphael baissa les yeux, songeur.
- ...J'suis même pas sûr de savoir c'que ça veut dire, normal.
Il perdit son regard vers les silhouettes des sombres immeubles seulement illuminés par un million de fenêtre et de phares de voitures lointains avant de soupirer, le visage éclairé par un rayon de lune d'une voix sombre :
- Scuse, c'est juste que...J'ai jamais eu de potes avant. J'ai jamais su c'que c'était et... (il grogna avant de regarder la lune ronde et rougeoyante, les yeux plissés)...y'a bien une chose que j'ai appris toute ma vie, c'est qu'on serait jamais rien pour les humains...On est réduits à se cacher dans les ombres...jusqu'à en devenir...Et c'est tout ce que nous serons pour cette ville : des ombres dans la nuit...
Kessie le regarda attentivement avant de poser sa main sur son bras pour le presser doucement.
- C'est déjà ça, non.. ? murmura t-elle avec un petit sourire en coin.
Raphael l'observa du coin de l'oeil, perturbé par ces mots qui néanmoins ramenaient un peu de chaleur dans son coeur meurtri. Puis, le regard rivé vers le ciel d'encre épinglé de tant d'étoiles, il sourit à son tour en coin en pressant la main de la justicière.
- Ouais...
Une délicieuse sensation d'irréel entoura les deux amis alors qu'ils s'infiltrèrent par la bouche d'égout pour rejoindre leur repaire. Cependant, alors qu'ils parcouraient les labyrinthes pestilentiels et humides des sous-sols ombrageux, Raphael remarqua de petites marques noires au niveau du cou de la justicière, des hématomes qu'il n'avait jamais vu auparavant. Les sourcils froncés, soucieux, son visage se froissa alors qu'il demanda :
- ...elles sortent d'où, ces marques ?
A ces mots, Kessie toucha les petites traces noires sur son cou du bout des doigts et rougit intensément, se contentant de remettre correctement le col de son sweat pour les dissimuler.
- C'est rien, lâcha t-elle d'une petite voix.
- ...comment ça "rien"? bougonna Raph. C'est les Dragons qui t'ont fait ça ?
- ...nan, rien à voir avec les Dragons.
- ...mais alors...
- Lâche-moi, rétorqua la justicière, les joues aussi rouges que son masque.
Raphael dévisagea la jeune femme en silence. D'ordinaire, elle était comme lui: du genre à se vanter des cicatrices et des marques sur son corps, comme un prétexte pour raconter ses récits de combats acharnés et héroïques. Mais s'il ne s'agissait pas de combats...croyant comprendre l'origine de ces marques, Raphael brunit intensément alors qu'ils entrèrent tous deux dans le repaire. Sans cérémonie, Kessie se dirigea vers le salon, lâchant un bref "bonne nuit" avant de disparaître.
Les sourcils pleinement froncés, souhaitant confirmer ses hypothèses sur son amie, le mutant au masque rouge se dirigea à grands pas vers le laboratoire où il était sûr de trouver le mutant ingénieur, encore en train de travailler sur ses trucs scientifiques, comme d'habitude. Et en effet, ce fut sans surprise qu'il put entendre depuis derrière la porte le pianotement des doigts de Donatello sur son clavier.
Il ouvrit la porte sans ménagement, témoin de sa douceur légendaire, ce qui fit sursauter le mutant au masque violet qui faillit en perdre ses lunettes tant le bruit de la porte tapant contre le mur manqua de décrocher son coeur.
- Don, j'peux te parler ? lâcha Raphael en tenaillant sérieusement Donatello du regard.
Sans comprendre, Donatello se releva de son siège et déglutit en voyant le visage inhabituellement grave et sérieux de son grand frère.
- ...euh... o-oui ? fit poliment, bien que craintivement.
Raphael se rapprocha de lui, le faisant instinctivement reculer vers le mur. Lorsque Donatello fut acculé contre le mur de son labo contre lequel sa carapace cogna durement, face à Raphael qui avait écrasé son poing à côté de sa tête, son énorme bras musclé et crispé, comme pour l'empêcher de s'enfuir.
Recroquevillant légèrement son cou dans sa carapace, Donatello écarquilla ses yeux terrifiés, sans comprendre ce regard sombre et ce silence grave qui n'était jamais de bonne augure chez Raphael.
- ...alors c'est vrai ? T'es avec elle, maintenant ? Avec Kessie ? grogna lourdement Raphael en poignardant son frère du regard.
Le sang de Donatello se gela instantanément dans ses veines alors que ses yeux s'écarquillèrent au maximum et que sa bouche s'arrondit.
- ...q-quoi ? Elle t-te... elle te l'a dit ?
- ...pas besoin, le génie, grommela Raphael en ricanant bizarrement. Suffit de regarder son cou.
A ce sous-entendu, les joues de Donatello noircirent à toute vitesse et il baissa piteusement ses yeux empreints de honte, terriblement gêné que Raphael ait découvert ces morsures d'amour, si instinctives et si caractéristiques chez les tortues et encore plus chez Donnie qui, ainsi, avait marqué sur Kessie la confirmation de leur rapprochement plus qu'amical.
Monstrueusement embarrassé, le mutant au masque violet aurait à cet instant désiré plus que tout au monde rentrer entier dans sa carapace pour ne plus jamais en ressortir, pâle comme un fantôme.
- ...R-Raphael, bredouilla Donatello d'une voix tremblante et fragile, se sentant soudain misérable et sale au-delà des mots. J-je...
- Ferme-la.
C'est alors que Raphael posa sa lourde main drapée de bandages sur l'épaule de son frère.
Très surpris, Donatello releva inconsciemment son regard vert et brillant vers son grand frère qui le regarda intensément de ses yeux ambrés.
Un long silence s'installa entre les deux frères et Donnie avait l'impression de ne plus respirer...
...jusqu'à ce que la voix rauque de Raphael brise le silence, accompagnant ses mots d'une pression sur l'épaule de son petit frère :
- J'te préviens Donnie : t'as intérêt de prendre soin d'elle. Si tu lui brises le coeur, t'auras à faire à moi.
Complètement ébahi, Donatello cligna des yeux en dévisageant pleinement Raphael avant de sourire maladroitement.
Il fut réellement comblé par la réaction de son grand frère, tellement comblé et tellement soulagé qu'il en rit légèrement.
- Ne t'en fais pas, frangin, lui promit-il du fond du coeur, un sourire enfantin et merveilleux aux lèvres. Je serai toujours là pour elle et je ferai tout pour la rendre heureuse.
And voila. J'espère que ce chapitre vous a plu.
Est-ce que l'histoire vous plaît toujours ? L'histoire ? Les personnages ? Est-ce que vous prenez autant de plaisir à lire cette fic ?
En ce qui me concerne, je prends toujours autant de plaisir à l'écrire et j'espère vraiment vous faire partager de mon mieux cette histoire qui me tient vraiment à coeur.
N'oubliez pas de poster une review si le coeur vous en dit, sachant que ça me fait toujours plaisir de savoir ce qu'on pense de mon travail.
Sur ce, je vous dis à la prochaine !
