(c'est l'un de mes préférés celui-ci) -
Résum :
Severus et Harry ont été obligés de se séparer car une nouvelle année scolaire vient de commencer. En pleine cérémonie de la Répartition, Severus a quitté la Grande Salle.Si vous êtes prêt : advienne que pourra.
Chapitre trois : le paradis perdu.
Contrairement à ce que l'on croit, les moldus arrivent eux aussi à faire de la magie. Cela s'appelle la distillation. Dieu les bénisse pour ça.
Dans certaines situations, l'esprit a désespérément besoin de se vider peu à peu et d'effacer graduellement toute pensée trop complexe. Dans ces cas-là, la liqueur moldue convient parfaitement. Cependant, pour les autres situations, il est préférable de pouvoir réfléchir avec rapidité, efficacité, voire imprudence, ce qui ne put se faire qu'avec un esprit de sorcier.
J'ai opté pour le Whisky ce soir, sans me soucier des conséquences que cela va entraîner, à savoir les mêmes qu'avec n'importe lequel des autres délicieux liquides de mon buffet à liqueur. En fait, la notion de conséquence représente exactement ce que je cherche à supprimer. Et le Whisky est un médicament on ne peut plus efficace pour ça.
Le premier verre, avalé cul sec, m'aide à oublier les échos de la voix de MacGonagall appelant « Mercer, Abri. » Sous l'influence de l'alcool, je cesse de me demander comment diable j'ai pu vieillir au point d'avoir vu passer deux générations dans ma classe. Je suis assez vieux pour donner cours à la deuxième génération et qui plus est, mon amant adolescent m'envoie des sourires secrets de sa table remplie de gamins abrutis avec lesquels je préférerais encore être bouilli vivant plutôt que de partager la moindre forme d'intimité. Car je hais les enfants.
Je vide un deuxième verre, espérant que cela m'aidera à effacer la réalisation qu'ici, dans mes appartements, il ne semblait pas aussi jeune que dans la grande Salle tout à l'heure. Je suis forcé de voir ce qu'il est réellement : un ado de seize ans, fragile et vulnérable, qui s'est accroché à la seule personne disponible. Et cette personne aurait du savoir qu'il y avait mieux à faire que le toucher. J'aurais du savoir. Au moins une fois. J'ai perdu le contrôle de moi-même, ce qui mérite une punition extrême. Même si c'était entièrement sa faute. Et celle de Dumbledore.
Et la mienne.
Mais surtout la mienne.
Putain
.Je termine le deuxième verre et entame le troisième.
J'ai voulu fuir la réalité évoquée par MacGonagall et je me suis réfugié dans la silencieuse quiétude de mes donjons, juste pour découvrir que dans ces murs résonnent encore l'écho de sa voix si jeune, ses cris de plaisir dont j'étais le responsable. Cette froide humidité parvenait autrefois à estomper la moindre émotion que j'aurais pu ressentir – que ce soit la rage, la tristesse, ou dans des circonstances extraordinaires, la joie. A présent, mon refuge semble faire partie de ces choses auxquelles j'essaie d'échapper.
Maudit soit Dumbledore.
C'est lui qui a créé ce petit paradis et qui m'y a jeté avec le gosse. On regarde, mais on ne touche pas. On ne mange pas de ce fruit-là. Et j'en ai mangé.
Sans arrêt.
Je ferme les yeux pour le voir me fixer, ses yeux verts et implorants. Il a joué son rôle, essayant de convaincre les autres qu'il était sincèrement heureux de les revoir. C'est seulement lorsque son regard s'est tourné vers moi que son sourire leur a vraiment semblé sincère. Cette couleur verte était magnifique. Je le regardais, tentant désespérément de refouler mes regrets, me disant en moi-même que ce que nous avions fait dans notre monde secret n'avait rien à voir avec les rôles que nous jouions dans la Grande Salle. Il avait besoin de moi. Et j'étais là pour lui.
Mais à l'extérieur, je dois moi aussi respecter mon propre rôle. Le professeur Rogue était assis à sa table, observant ses étudiants – un mélange d'adolescents ricaneurs ou maussades pour la plupart – fixant avec menace un garçon qu'il traiterait de la même façon que les autres si ce n'était que le goût du garçon en question était encore imprimé sur sa langue.
Le fruit défendu.
De même que ces lèvres qui s'étirent en un sourire secret et dans son regard, cette lueur de passion, de confiance et …d'amour, je me rappelle, avalant une autre longue gorgée pour effacer la terreur que je ressens. Il a oublié son rôle et je suis aussitôt sorti de scène. Je me suis échappé vers mes donjons où je pensais être capable d'oublier tout, si ce n'est la présence de son fantôme qui hante ces murs.
C'est peut-être ridicule, mais je n'arrive même pas à décider ce qui me dérange le plus : que j'ai touché et perverti un gamin de seize ans ou que je sache parfaitement que je le ferai encore. Et le seul moyen pour m'empêcher de m'étendre dans ces raisonnements, ce serait de me résigner à tout abandonner, de laver ma conscience et d'en accepter les conséquences. Mais je sais que je ne pourrais pas faire ça non plus. Tout simplement parce que ça le tuerait. Ce n'est qu'un gosse. Et accessoirement mon amant.
L'alcool n'agit pas encore assez vite.
Je suis le point de boire directement à la bouteille lorsque j'entends le bruit familier de quelqu'un qui vient d'atterrir dans ma cheminée. Mes lèvres se retroussent et je cale ma baguette entre mes genoux pour m'empêcher de stupefixer le gosse dès le moment où il est ejecté hors de l'âtre. Il réussit cependant à ne pas tomber et reprend son équilibre. Il sourit. Pas moi.
« Salut », me dit-il d'un air mal assuré.
« Qu'est-ce que vous foutez ici ? Je croyais vous avoir dit que je vous verrai demain, » je grogne avec une rancœur mal dirigée, due au whisky.
« Tu as l'air…bizarre. Tu es sûr que ça va ? » Sa voix tremble. Ses yeux se tournent vers la bouteille puis se posent à nouveau sur moi. Ma main se resserre sur mon verre, presque comme un réflexe défensif.
« Je vais bien. Foutez le camp. »
Il se rapproche, me coinçant dans ma propre chaise.
« Potter, est-ce que vous êtes sourd ? »
« Qui était cette fille ? »
Je le hais soudainement plus que je n'ai jamais haï qui que ce soit. Qui était cette fille ? Une prise de conscience, fichu gamin. « Personne. La fille d'un ancien étudiant que j'ai eu en classe. » J'avale à nouveau une gorgée en souhaitant de toutes mes forces qu'il parte. Ca ne marche pas.
« Oh. » Il fronce les sourcils puis se laisse tomber par terre juste devant moi. « Et…l'ancien élève...est-ce qu'il…je veux dire, est-ce que tu as…tu sais. »
Non, je ne sais pas. « Quoi ? » Il baisse les yeux et ses joues rosissent légèrement. Oh. « Bon dieu non », je m'étrangle. « Potter, contrairement à ce que vous avez pu tirer comme conclusions de mon comportement ce mois dernier, j'avais autrefois des principes. »
Il soupire avec ce qui semble être du soulagement. Mon estomac se retourne à la pensée qu'il a osé être jaloux.
« Et même si j'avais fait vous savez quoi, de toute façon ce ne sont pas vos affaires, » j'ajoute avec méchanceté.
Et voilà. Il est fâché. Je me sens beaucoup mieux. Je sirote mon verre à petites gorgées.
« D'accord…mais alors, pourquoi est-ce que tu es comme ça? Je veux dire...ça a commencé avec cette fille. Tu as paniqué. Et ce sont mes affaires quand quelque chose te détourne de moi. »
Maudite soit la foutue logique de ce petit merdeux.
« Je ne panique pas », je réplique. C'est vrai. Je suis assis ici, me détruisant calmement les cellules du cerveau qui permettent cette douloureuse constatation possible. « J'ai tout simplement retrouvé ma place. Et vous feriez bien d'en faire de même. Nous avons eu notre petit été de folie, et à présent c'est terminé. Si vous parvenez à vous rappeler ça, il n'y aura aucun problème .»
Je me lève brusquement, pour aller je ne sais où – du moment que lui n'y est pas. Ma chambre.
Il se lève aussi. Il me poursuit. Il me piège. Merde.
« Et si je n'y arrive pas ? » Il se rapproche de moi, ses yeux brillant avec défi. Ou détermination. Y a-t-il une réelle différence avec ce gosse ?
Je réprime une envie de tomber à genoux et de l'implorer de me laisser en paix. Comme s'il était encore possible d'être paix. Comme si ça avait jamais été le cas.
« Ce que tu es en dehors de cette pièce ne compte pas. En dehors d'ici, rien n'est important. Ta place au-dehors n'a rien à faire avec nous. Et --»
« Nous? » je ricane. « Il n'y a pas de « nous », espèce d'imbécile. »
La douleur qui apparaît sur son visage me force à détourner les yeux. Je suis écoeuré par sa fragilité, sa transparence. Je déverse le reste de ma cruauté vers un mur de pierre. Ce qui serait une oreille bien plus acceptable, je réalise. « Et il n'y en a jamais eu. Au plus tôt vous réaliserez ça, au plus tôt vous pourrez vous chercher quelqu'un de votre âge avec qui vous pourrez fêter ce qui reste de votre adolescence. » Et accidentellement, de ta vie.
Un long silence s'installe après ma subtile annonciation de rupture et malgré ce que j'estimais être le meilleur à faire, je me tourne vers lui. Ses yeux me fixent à travers son masque impénétrable. « Severus », dit-il calmement.
Son obstination à rester familier me force à reculer. « Ne m'appelez pas comme ça ». Il y a plus de désespoir dans ma voix que je ne l'aurais voulu.
Peu importe, il ignore de toute façon ce que je viens de dire. « Alors voilà le problème ? Ca n'a rien à voir avec le fait que tu sois professeur, n'est-ce pas ? Tu te sens vieux. C'est ça ? Parce que je me fous bien de ton âge. »
Comment ose-t-il lire entre les lignes ?! Je crispe ma mâchoire. « Potter, vous êtes trop crédule. »
« Et toi tu es impossible ! » crache-t-il. « Arrête de décider de ce que tu crois être le meilleur pour moi. Je ne pense pas que tu aies envie que tout ça finisse. Tu fais ça juste parce que --»
« Parce que c'est la seule chose à faire, espèce de tête de mule ! » Je m'écarte de lui, cherchant autour de moi une issue. Mais il n'y a aucun moyen de lui échapper. Sa présence se fait sentir dans chaque coin de ce foutu château. Chaque coin de mes appartements. Si je dois m'enfuir, il faudra que j'aille encore plus loin.
Azkaban, peut-être.
« Et qui a dit ça ? Parce que ça n'est pas aussi facile. Tout ça...dehors. Ca me rend malade. Et…tu ressens la même chose. Je le sais. »
« Oh, s'il vous plait, Potter. Vous êtes un bon coup à tirer, rien de plus. »
« Stop. Je sais ce que tu essaies de faire. Ca ne marchera pas. »
Je me retourne vers lui pour voir qu'il a de nouveau cette expression neutre sur son visage. Si je dois me débarrasser de lui, ça devra faire mal. Aussi longtemps qu'il gardera ce masque, je serais capable de le blesser sans regrets. Malgré mon cœur qui bat la chamade, je ricane avec froideur. « Croyez-vous que je sois tombé amoureux de vous, Potter ? Etes-vous à ce point débile pour croire que je m'attacherais à un gosse de seize ans ? Pour quel genre d'imbécile me prenez-vous ? »
Parmi tout les réponses possibles à ma cruauté, un large sourire est probablement la moins appropriée. Tout à fait le genre de Harry Potter de faire tout à l'envers.
« Tu es tellement prévisible », dit-il avec un soupçon de tendresse.
Je reste sans voix face à son désintérêt total pour mes tentatives de le repousser puis l'indignation s'installe. Je ne suis PAS prévisible ! Je veux protester, mais il m'embrasse avant que j'aie pu retrouver ma voix.
Pour la première fois en vingt ans de beuverie, je prends pleinement conscience des avertissements sur les bouteilles de liqueur moldues. Attention : la consommation d'alcool peut altérer l'esprit et diminuer la rapidité des réflexes. J'aurais aimé qu'ils ajoutent « affaiblissement de la volont » à cette liste.
Après un moment bien trop long, je réussis à me reprendre suffisamment pour avoir la présence d'esprit de le repousser et lui crier de dégager. Cependant, mes efforts sont réduits à néant lorsqu'un coup retentit faiblement contre la porte, me forçant à rester silencieux. Il me regarde pendant un instant puis se précipite dans ma chambre. Je lui aurais bien dit de partir, mais il n'aurait de toute façon pas obéit.
Je me dirige furieusement vers la porte, me préparant à me trouver face à Dumbledore, qui aurait amplement mérité de subir mon courroux étant donné la petite surprise qu'il m'a gentiment faite au souper. Ce vieux taré savait que mon obstination à garder le contrôle de moi-même et à rester professionnel m'empêcherait de les ensorceler en public, lui et son loup-garou apprivoisé.
Ma colère s'estompe assez rapidement lorsque je vois le préfet de ma maison me fixer le plus naturellement du monde.
« Mr Malfoy. » J'ai l'impression de redevenir sobre, ce qui est presque un réflexe défensif. Je sens tous mes nerfs se tendrent d'un seul coup.
« Bonsoir, monsieur. Puis-je entrer ? » Poli, bien élevé et respectueux, ce garçon est tout le contraire de Harry Potter.
Je ne fais aucun mouvement pour le laisser passer. Même si ce ne serait pas inhabituel de permettre à l'un de mes étudiants, surtout un préfet, de rentrer dans mes quartiers, ce gosse fait partie de ceux à qui ça ne déplairait pas de me voir mort. Je ne suis vraiment pas pressé d'accepter son invitation. Et puis il y a aussi le petit détail d'un certain garçon caché dans ma chambre.
Je prends un petit moment pour me concentrer sur cette gigantesque farce qu'est ma vie.
« Que puis-je faire pour vous ? », je dis d'un air tendu.
« Je dois vous parler, monsieur ». L'irritation se fait légèrement entendre dans sa voix. Ce n'est pas dans ses habitudes de se voir refuser quelque chose.
« Est qu'est-ce qui pourrait être à ce point important pour ne pas pouvoir attendre demain ? »
Ses yeux semblent me fusillent pendant un instant, puis il reprend aussitôt le contrôle de lui-même. Un soupçon d'arrogance s'affiche sur son habituel sourire moqueur. « C'est à propos de vous et Harry Potter. »
« Moi et Harry Potter », je répète lentement, accentuant chaque syllabe avec le mépris qui convient. Je ne panique pas. Ce gosse ne peut rien savoir d'autre que le fait que je m'occupais de Potter au moment où il a été capturé. Et ce qu'il aurait pu découvrir d'autre aurait été plus horrible pour lui que pour moi. Je lui souris avec amusement. « Allons, par quel miracle Harry Potter et moi pourrions nous être placés comme sujet dans la même phrase ? »
« Puis-je entrer ? » dit-il avec satisfaction. Je fais un pas de côté pour le laisser passer. Il reste debout, attendant que je l'autorise à s'asseoir. On peut accuser les Mangemorts de beaucoup de choses, mais certainement pas d'être impolis. Ils savent comment feindre le respect. Je fais un geste vers une chaise. Ca ne m'aiderait sûrement pas qu'il s'installe dans la chaise et dise « Harry ». Et pour atteindre mon but, j'ai bien l'intention de le mettre aussi mal à l'aise que possible.
L'intimidation, c'est tout un art.
Je reste debout.
« Et bien », je dis avec impatience.
« Je sais ce qui c'est passé cet été, monsieur. Et je ne suis pas le seul. » Il me regarde droit dans les yeux. Un défi.
« Pourriez-vous être plus précis, Mr Malfoy ? Ou suis-je censé deviner ce qui s'est passé exactement ? » Je le défie silencieusement de continuer sur le sujet qu'il a abordé sans aucune subtilité.
Il soupire avec impatience. Je songe un instant à le réprimander pour son insolence temporaire, mais je préfère l'ignorer et me concentrer sur jeu que nous sommes sur le point de débuter. Cela fait une éternité que je n'y ai plus joué. Je m'attends cependant à ce que ça me revienne très vite.
« Je sais que le Mage Noir a découvert Potter. Et je sais que vous étiez avec lui à ce moment-là. »
Je prends mon expression la plus désintéressée et je souris avec malveillance. « Vous semblez être bien informé. Puis-je rappeler, Mr Malfoy, que la connaissance de certaines choses qui n'ont rien à voir avec vos affaires peut vous entraîner dans des situations qu'il vous serait grandement préférable d'éviter ? A moins, bien sûr, que vous ne soyez venu ici pour me révéler la source de votre information ? » Ma voix n'est plus qu'un murmure. S'il doit tendre l'oreille pour m'entendre, il ne se sentira plus aussi sûr de lui. Le truc, c'est de savoir avec qui il faut crier et avec qui il est plus efficace de parler à voix basse.
Son regard fléchit peu à peu, ce qui me soulage. « Non », je dis calmement. Je sens les coins de ma bouche tressaillir et je redresse le menton pour le regarder par-dessus le bout de mon nez. « Je ne m'y attendais pas. Très bien, Mr Malfoy, si ce n'est dans le seul but de me faire rire, dites-moi donc ce que vous comptiez tirer de cette information plutôt inutile ? »
« Je suis juste venu vous mettre en garde, monsieur. Il va y avoir des rumeurs. »
« Des rumeurs ? » je grogne. « Vous n'êtes quand même pas venu jusqu'ici pour me menacer de répandre des commérages sur mon compte, n'est-ce pas ? »
« Je ne suis ici pour vous menacer, monsieur. » Il s'est sorti de mon piège avec un calme admirable. Il a été bien entraîné. Seize ans d'expérience en fourberie. « Je pensais juste que vous aimeriez savoir qu'il y a un plan qui vise à vous faire renvoyer. »
Je ne suis pas surpris par cette nouvelle, mais je reste méfiant. Je crois qu'il est plus probable qu'il ait été envoyé ici pour voir si j'étais capable de démissionner par crainte de salir ma réputation. Ce que mes anciens collègues ont du mal à comprendre, c'est que j'ai abandonné ma dignité il y a bien longtemps.
« Je vois. Et, vais-je être renvoyé pour avoir obéi aux ordres de Dumbledore ? Ou est-ce que mes intelligents petits étudiants auraient inventé de nouveaux règlements que je n'aurais pas respectés ? »
Un sourire sinistre s'affiche sur son visage – une copie exacte de celui de son père. Pourtant, ce sourire est encore plus maléfique lorsqu'il se trouve sur le visage anguleux de Narcissa. Pendant un bref moment, je suis presque impressionné. Puis je me rappelle que ce n'est qu'un enfant qui joue avec ses armes d'enfants à un jeu auquel je jouais alors qu'il n'était encore qu'une vague possibilité dans les testicules de son père.
Il ouvre la bouche pour dire quelque chose, puis se ravise. Au lieu de ça, il hausse les épaules.
« Vous pourriez peut-être me donner une raison pour ne pas vous expulser de l'école dans la seconde? »
Son sourire s'élargit et cela ne fait qu'accentuer les impulsions violentes que je ressens. « Je n'ai rien fait de mal. J'ai simplement informé un professeur d'un complot envers lui – c'est mon rôle, en tant que préfet, non ? » L'innocence qu'il met dans son expression est presque risible.
Et je ris. Sans joie, mais c'est tout de même un rire.
Je place mes mains sur les bras de la chaise. Je peux l'entendre ravaler sa salive et il se penche en arrière pour essayer de garder son sang-froid. « Ne jouez pas à ça avec moi, Draco Malfoy », je dis d'une voix basse et menaçante. Je me penche un peu plus au-dessus de lui. « Pourquoi m'avez-vous dit tout ça ? »
Il expire avec appréhension puis se reprend avant de répondre. « Si c'était moi, j'aimerais être au courant. »
J'étudie son expression, cherchant à découvrir la véritable explication. Même si c'est possible qu'il soit venu ici de lui-même dans le seul but de m'avertir, c'est improbable. Et je ne peux pas me permettre de considérer cette mince possibilité comme la cause de sa venue. Mieux vaut se tromper en se préparant au pire.
Je me penche en arrière. « Dans ce cas, je devrais vous remercier. Vous pouvez retourner à votre dortoir, maintenant. »
Il se lève et marche jusqu'à la porte avant de se retourner à nouveau vers moi. « Puis-je vous poser une question, monsieur ? »
Je hausse un sourcil.
« Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas revenu ? »
La question ne me surprend pas autant que la sincérité que je lis dans ses yeux. Je prends un petit moment pour composer une réponse appropriée. Bien sûr, j'avais quitté le seigneur des Ténèbres bien avant qu'il ne disparaisse. Ma trahison, bien que connue de très peu de personnes, l'était suffisamment pour que je sois certain d'être tué si je répondais à l'appel du Mage Noir après ses treize années d'absence. Sans parler de ma brève bataille avec lui lorsqu'il avait pris possession du corps de Quirrel il y de cela cinq ans. Mais je ne vais pas lui raconter tout ça.
Alors, pourquoi est-ce que je l'avais déjà quitt ?
« Avez-vous embrassé l'ourlet de la robe du Mage Noir, Mr Malfoy ? » Son visage se relâche. Ce qui est déjà une réponse. « L'avez-vous fait par respect ou par peur ? »
Il cligne des yeux.
« Voyez-vous, je n'ai pas besoin de faire ce genre de choses à Dumbledore. » Enfin, pas au sens littéraire. Mais c'est un mensonge suffisant pour porter un coup à l'arrogance de ce gosse.
Il hoche la tête d'un air sombre. Je peux le voir réfléchir à ma réponse. J'espère seulement qu'il continuera à y réfléchir plus tard.
Il se tourne vers la porte avant de regarder par-dessus son épaule. « Ce serait gentil à vous de ne dire à personne que je suis venu ici. Mon père me tuerait s'il l'apprenait. » Il sourit avec ironie avant d'ouvrir la porte. J'ai bien envie de l'attraper et de lui foutre une gifle pour lui faire comprendre. Il ne réalisera pas ce qu'il en coûte de jouer à ce jeu jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
« Bonne nuit, professeur Rogue », dit-il avant de fermer la porte.
« Bonne nuit, Mr Malfoy. » Ma phrase retombe sur les dalles de pierres, personne ne l'ayant entendue. Une brusque bouffée d'affection pour les étudiants de ma maison, telle que je n'en ai jamais eue, me submerge paradoxalement et me fait frissonner.
Qu'ils aient un plan pour essayer de mettre fin à ma carrière ne me fait pas peur. Dumbledore ne serait pas assez fou pour être berné par leurs petits mensonges. Même s'ils sont vrais. Rien de ce qui pourra lui être rapporté ne suffira à le convaincre que j'ai été autre chose qu'un homme vertueux.
Ce n'est pas la peur qui m'empêche d'aller directement chez le directeur et de lui déballer toute la vérité à propos des relations entres son petit héros et moi. C'est la fierté. Je ne les laisserai pas gagner. Je ne leur donnerai pas ce qu'ils veulent. Ce qu'ils attendent. J'ai bien l'intention de me battre avec eux par tous les moyens, et de les atteindre là où ça fait vraiment mal : leur précieuse progéniture, qui est encore sous ma protection. Mon contrôle. Et qui seront capables, si je réussis à les convaincre, de trouver la volonté de résister à leurs parents.
Il va falloir que j'aille souhaiter la bienvenue à mes petits serpentard de retour à l'école.
Je note mentalement de dire à Malfoy de réunir toute la maison demain soir pour un petit discours. J'attrape mon verre de Whisky et avale ce qui reste. Je suis le point de m'affaler dans la chaise lorsque je me rappelle qu'il y a encore une autre affaire que je dois régler et qui est en ce moment cachée dans ma chambre. Je me dirige vers celle-ci en priant mentalement pour qu'il ne se soit pas mis en tête de m'attendre complètement nu. Ce qui ne me surprendrait pas, cela dit.
Ce qui me surprend, par contre, c'est que je le découvre assis derrière la porte, tremblant de tous les côtés, ses genoux ramenés contre sa poitrine. Apparemment, sa réputation lui tient à cœur. D'accord, des rumeurs comme quoi il aurait fait des choses pas très catholiques avec le directeur des Serpentard haï de tous lui causerait bien plus de dégâts qu'à moi. Mes collègues sont suffisamment matures pour ne pas prêter attention à ces commérages. Et j'ose même dire qu'aucun ne serait assez fou pour penser ne serait-ce qu'une seconde que je couche avec l'un de mes étudiants – surtout celui pour lequel je voue une haine bien connue. Pour eux, des ragots de ce genre seraient totalement absurdes.
Mais pour un gamin qui serait considéré comme mon amant, de telles rumeurs seraient désastreuses. Evidemment, il serait traumatisé par le fait que tout le monde sache qu'il s'est fait sauter par l'odieux salopard aux cheveux gras qui hante les donjons. Je mets de côté mon ego blessé.
« Je ne m'inquiéterai pas si j'étais toi. Je vais faire tout pour que l'on n'ait aucun doute quant à mes véritables sentiments envers toi, » je ricane. »
Il se contente de grogner et lève ses yeux, rouges et humides. Je suis momentanément stupéfait par sa réaction exagérée. Aussi agaçant que ça puisse être, ça ne vaut certainement pas la peine de pleurer. Je me rends compte que ses tremblements et ses yeux rougis n'ont peut-être rien à voir avec les mises en garde de Malfoy.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Rien », ment-il.
« Je vois. » Je me détourne et retourne au salon.
Il me suit quelques instants plus tard et passe à côté de moi pour se placer devant la cheminée. « Il vaut mieux que j'y aille, maintenant », murmure-t-il rapidement, juste avant de se tourner vers moi, sortant le pot de poudre de Cheminette de sa poche.
Je suis étonné par sa brusque précipitation. Il y a quelques minutes, il était obstiné à rester ici jusqu'à ce que j'accepte de replonger ave lui dans notre univers immoral. Enfin, je devrais plutôt dire amoral. En effet, la morale qui gouverne la société en dehors de ces murs me semble à des kilomètres de ce que nous avons fait ici. Nous étions bien moins une partie de ce monde que d'un autre qui n'aurait appartenu qu'à nous.
Merde.
Je cesse de penser à tout ça avant de que je n'arrive à me convaincre que c'est vrai.
« Je te verrai demain, alors ». Il sourit doucement. Je détecte quelque chose qui ressemble à de la panique dans son expression et cela provoque une brusque frayeur en moi. Je me demande ce qui l'a à ce point retourné. Je cède à mon soudain besoin de le réconforter.
« Potter… »
Je le vois se raidir à cause de la formalité de ma voix. Je soupire avec impatience. « Harry, tout ira bien. »
« Je l'espère », murmure-t-il avant de jeter la poudre dans le feu puis de faire un pas dans les flammes. Ses yeux sont fermés lorsqu'il se retourne vers moi. Il énonce sa destination à voix basse puis disparaît, me laissant totalement perplexe et submergé par une vague d'appréhension.
&&&&&&&&&
D'accord en bon français ce serait "Harry Potter et moi" mais Rogue ne fait que répéter -
Tiayel
: Pour les fics en latin/grec, j'ai cherché, mais…impossible de trouver !! lol En tt cas, pour avoir tt lu félicitations, je pense souvent que les gens se lassent des fics très vite et que les alertes et les chapitres c'est donc une bonne idée…mais bon, je me suis qnd même tapée tt l'histoire l'année dernière (et en anglais en plus, me demande encore cmt j'ai fait pour caler qq chose oO) donc les lecteurs peuvent bien faire ça ! sort sa mitraillette Gyaaahhaaa alors les pitits lecteurs comme ça on ose se lasser ?!?! Sinon pour Norbert ça m'a fait rire, pcq le jour où j'ai eu mon ordi (bon le nouveau ça fait 5 jours en fait) j'ai eu un flash et il m'a dit qu'il s'appelait Basile…bon c'est sûr j'aurais préféré qu'il me dise qu'il s'appelait Severus ou même Tenebrus, mais hélas non…. :'(Miya
: Enfin qqn qui connaît les vieux Starwars !! alleluyaEmeline
: moui, heureusement qu'y a les dicos surtout…. - J'ai essayé les traductions automatiques, et c'était pas ça…au départ, c'était la traduc d'un résultat de catch que je faisais, et tous les « match » étaient remplacés par « allumettes »…donc je me suis dit que c'était ptet pas une bonne idée…oO Rien ne vaut un bon vieux bouquin !Minerve
: trois jours ? Lol ds le genre persévérante...tu es sûre que tu ne tiens pas des gryffondor, toi ?? )Gros bisous à tout le monde et merci aux autres pour vos reviews !! -
