L'AMANT VENU DU PASSE d'Elehyn
Disclaimer : Pas à moi. Tout à J. K. Rowling.
Cette histoire est dédiée à Caro à qui je fais d'énormes poutouxes.
NdA : Il s'agit d'un court chapitre (6 pages word) et il y a une scène que je voulais intégrée et qui n'est pas dedans mais j'ai pensé qu'elle serait mieux placée un peu plus tard. Là, j'ai eu une autre idée que je vais exploitée et du coup, j'ai écrit la fin de ce chapitre en fonction de cela. Depuis longtemps, j'avais écrit 3 pages mais je n'avais pas écrit la suite d'où l'impossibilité de le poster. Aujourd'hui, je me suis décidée à le continuer car je suis clouée au lit (non seulement je suis malade mais en plus, j'ai le cou et une partie du dos bloqués. Ca m'arrive de temps en temps. Ca va passer dans un ou deux jours normalement donc j'en profite un peu pour avancer mes fics).
J'ai hésité à continuer le chapitre ou à vous le poster maintenant mais si je l'aurais continué, ça aurait voulu dire ne pas le poster maintenant donc pour vous, avoir une attente encore plus longue qu'elle ne l'est déjà. Là, je pense encore écrire donc, je pense aussi pouvoir poster la suite de cette histoire dans vraiment peu de temps.
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira. Très gros bisous à tous ;)
Chapitre 21 : Il faut savoir perdre pour gagner
Lorsque la sonnette avait retentit plus impatiemment que la première fois, Ron s'était levé croyant que Hermione était derrière le panneau de bois. Il avait donc été totalement déconcerté lorsqu'il avait découvert son ancien maître des potions sur le seuil, le teint plus pâle qu'à l'accoutumée, le maintien très rigide que contredisait une certaine appréhension dans le regard.
« Snape ? » avait-il lâché tandis que l'homme se faisait également à l'idée qu'il n'était pas non plus devant la personne attendue… ce qui lui fit retrouver une verve relative.
« Où est Potter ? » avait-il demandé avec brusquerie, sans se soucier des civilités, rappelant à Ron les douloureuses années qu'il avait passées dans les cachots de Poudlard.
« Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ? » avait contre-attaqué le jeune homme d'un ton tout aussi brusque.
« Il faut que je le vois. J'ai à lui parler ! »
« Je crois plutôt qu'entre vous tout a été dit ! »
« Je ne crois pas Weasley ! » avait grimacé Snape en forçant le passage pour entrer dans l'appartement.
« Hé ! » avait craché l'ex-Gryffondor. « Vous n'avez pas le droit de rentrer chez moi comme ça ! Vous vous prenez pour qui ? Vous n'êtes certainement pas le bienvenu ici après tout ce que vous nous avez fait à Harry et à moi ? »
« Parce que vous pensez tout savoir Wealsey ? » avait sifflé le professeur. « Si vous savez tout alors pouvez-vous me dire ce que j'ai été pour Harry ! Ce que nous avons fait ensemble ! »
Une lueur de défi s'était allumée dans les yeux noirs et Ron avait intercepté quelque chose de profond et de bouleversé en eux mais il n'avait pas su l'interpréter initialement.
« Rien ! Vous n'avez été absolument rien pour Harry… excepté une nuisance ! » avait-il rétorqué avec fiel, sachant sur quel terrain Snape avait voulu l'emmener.
« Ah oui ! Et bien vous qui connaissez tout, vous auriez dû savoir que votre ami et moi-même avions été amants ! »
Même si Ron avait été au courant de toute l'histoire depuis quelques temps et qu'il avait appris à accepter le fait que son meilleur ami avait eu un jeune Severus Snape pour amant, le coup avait été rude pour lui et il lui avait fallu quelques secondes pour accepter ce qui venait d'être dit.
« Non ! Il a eu votre homologue adolescent pour amant mais pas vous ! Je l'ai assez réconforté de la perte de son petit ami pour savoir ça ! Ce n'est pas vous qu'il aime, c'est l'autre ! »
A ces mots, Severus était devenu encore plus blanc et avait serré les poings si fort qu'il s'était rentré les ongles dans ses paumes.
« L'autre, c'est moi ! » avait-il dit d'un ton décomposé. « Il n'y en a jamais eu un autre. Il s'est toujours agi de moi et de moi seul ! Et je l'aime toujours, que ça vous plaise… ou non ! »
La lueur de défi était à nouveau venue enflammer ses prunelles sombres et Ron avait finalement compris le sentiment qu'il avait vu filtrer dans ses yeux un peu plus tôt et il en avait été complètement abasourdi.
Snape souffrait ! Et il souffrait par amour !
Cette provocation volontaire ou non de la part de Snape et ce quelque chose dans ses yeux avaient été dus au désespoir. Tout, en l'homme, avait reflété la possessivité à l'égard de Harry. Une possessivité qu'il savait n'exister que de son côté car Harry ne la partageait pas. Harry s'était détourné de lui, le rejetant définitivement.
Ron n'en était pas revenu.
Tout à coup, Snape lui avait semblé humain. Un être sensible qui n'était pas plus que quiconque à l'abris des affres de la douleur.
A sa grande stupeur, une vague de compassion l'avait envahi. Ron ne s'était alors rappelé que trop lorsqu'il avait pensé avoir perdu Hermione à la suite d'un malheureux quiproquo. Il en avait souffert d'une manière qu'il n'aurait jamais cru possible… et…
… Et il avait eu exactement le même regard que Snape.
Ron avait soupiré, quelque peu perdu, et s'était passé une main nerveuse dans les cheveux.
« Vous l'aimez vraiment ? » avait-il demandé plus pour lui que pour Snape.
« Plus que ma propre vie ! » avait déclaré solennellement le maître en potions.
Ron en avait eu une sueur froide. Que devait-il faire ? s'était-il demandé en balayant vivement l'idée de mettre Snape à la porte mais en étant mal à l'aise vis-à-vis de son ami.
Il avait alors décidé de laisser libre arbitre à son récent colocataire, se disant que l'enseignant voulait le voir pour discuter avec lui donc si Harry ne voulait pas lui parler, il pouvait l'envoyer au diable.
« Asseyez-vous ! » avait donc suggéré poliment Ron en voyant l'homme s'exécuter sur une chaise qui se trouvait dans un des coins les plus sombres de l'appartement. Puis, il avait appelé « Harry ! » d'une voix qui lui avait paru tremblante.
Ron avait entendu le son sec d'une inspiration sifflante brusquement coupée venant de Snape qui avait retenu son souffle avant que la voix de Harry ne retentisse en écho dans le salon tandis qu'il y était entré.
Le brun était sorti à moitié nu de la salle de bain en énonçant « Oui, je sais, vous allez y aller ! Et soit dit en passant : bonjour Hermione ! »
Très pâle, Ron avait alors sorti la première chose qui lui était venue à l'esprit pour détromper son ami tout autant que pour justifier la présence de Snape et son propre malaise.
« N- Non, c-ce n'est pas… C-ce n'était pas Hermione ! »
OOOoooOOOoooOOO
Harry claqua doucement la porte de la chambre qu'il partageait avec Ron et laissa échapper un long soupir.
« Je t'attends » lui avait dit Snape d'un ton qui n'impliquait pas seulement l'instant présent lui avait-il semblé.
Mais pourquoi était-il là ? Pourquoi venait-il encore le tourmenter ?
Conscient de devoir se dépêcher pour ne pas obliger Ron à subir un silence pesant… si le jeune roux ne lynchait pas son ancien maître des potions entre temps à cause de tout ce qu'il leur avait fait endurer, il décolla son corps de la porte sur laquelle il s'était adossé et se dirigea droit vers la petite armoire qui faisait office de dressing.
Tout ce qui composait l'appartement de Ron était petit mais son ami avait utilisé brillamment ses pouvoirs de sorcier pour agrandir l'espace – ayant employé les mêmes méthodes d'élargissement que pour la tente de camping où ils avaient dormi lors de leur quatrième année – ce qui leur conférait beaucoup plus de place que ne l'aurait fait l'appartement originel.
Harry entra donc dans son armoire et regarda rapidement ce qu'il avait avant d'opter pour une longue robe noire en soie. Inconsciemment, il avait choisi la robe qui le mettait le plus en valeur, épousant ses formes masculines comme une seconde peau au niveau de son torse jusqu'à sa taille et la chute de ses reins pour s'évaser élégamment sur ses jambes musclées que le tissu ne cachait pas pour autant. Le col mao qui aurait pu lui conférer un air quelque peu guindé le seyait naturellement et lui donnait même un charme très sexy.
Il enfila des chaussettes noire et chaussa les mocassins en cuir de dragon très discrets qui lui faisaient office de chaussons et sortit de la pièce non sans s'être lancé au passage un regard critique au travers d'un miroir en pied.
Une boule nerveuse qui lui semblait ridicule s'était formée dans sa gorge et il tenta sans succès de l'avaler avant qu'il ne rencontre à nouveau deux yeux d'ébène, remplis de convoitise.
OOOoooOOO
De son côté, Snape attendait en ressassant ses vieux souvenirs et ne fit pas vraiment attention à l'arrivée d'Hermione dans l'appartement ni du départ du couple un instant plus tard.
Tout ce qu'il avait réellement enregistré était la voix de Harry lorsque son ami, Ron, lui avait dit que sa petite amie était arrivée donc qu'il partait avec elle sur le chemin de traverse. La réponse du Survivant avait alors était la plus douce aux oreilles de Severus qui avait réalisé que sous peu, ils seraient tous les deux seuls dans l'appartement.
Plus les minutes s'égrenaient et plus l'homme savait que son ancien amant ne tarderait pas. En effet, sachant qu'il était là, Harry ne pouvait pas définitivement resté cloîtré dans sa chambre.
La confirmation vint quelques secondes plus tard à l'apparition de la silhouette haute et svelte du jeune homme.
Tout en essayant de cacher, sa réaction, Severus le détailla du regard en notant avec avidité que la robe qu'il portait seyait son corps à la perfection. Que n'aurait-il pas donné pour le toucher, l'embrasser, le caresser jusqu'à en avoir les mains douloureuses puis le prendre tour à tour avec tendresse et férocité.
Quelque chose de sauvage déferla dans les veines de Snape et il sera les poings pour ne pas se ruer sur le garçon qui le rendait fou. Il avait une intense envie de le marquer comme sien, de lui montrer qu'il le possédait mais il le fit aucun geste, déployant toute sa volonté à contrôler ses instincts et ses désirs.
Il prit une profonde et lente inspiration avant de se lever de sa chaise et de dire à Harry, « Je suis venu aujourd'hui pour te porter un message provenant du professeur Dumbledore. »
Severus vit Harry froncer les sourcils mais le jeune Elu ne dit rien.
« Il m'a dit t'avoir offert le poste de professeur de Quidditch et aimerait savoir si tu vas l'accepter. Etant donné que Finnegan est déjà parti de son poste, il nous faut un remplaçant au plus vite. Bien sûr, tu peux réfléchir encore pendant quelques jours mais il faudrait au directeur une réponse assez rapide. Aussi… »
Severus s'interrompit un instant, commençant à jouer un rôle que Dumbledore lui avait conseillé d'adopter pour amener Harry à baisser son niveau de méfiance.
« Sache que je ne te… harcèlerai plus… parce que j'ai enfin compris que la relation que j'avais eue avec toi il y a vingt ans est inéluctablement et définitivement morte ! » mentit-il en taisant la douleur qui lui donnait envie de s'insurger devant ce factice état de faits. « J'ai réalisé qu'une majeure partie de moi vivait encore à travers des souvenirs qui ne sont plus que cela à présent. Grâce à toi, Harry… grâce à ta réfraction, j'ai compris qu'il me fallait tourner la page et c'est donc ce que j'ai fait. Maintenant que tu sais cela, tu n'auras plus à décider… peut-être en fonction de mon comportement de ces derniers jours, mais uniquement selon tes désirs et envies pour ta carrière future. De plus, si ce que j'ai fait t'a trop marqué, il faut que tu saches encore que je ne vais plus que travailler à mi-temps au collège ayant trouvé un autre secteur d'emploi intéressant. Enfin, si tu veux revenir à Poudlard, je peux te dire au nom de tous que tu es le bienvenu. »
Harry ne soufflait toujours pas un mot. A vrai dire, il avait l'air plutôt choqué et Severus ne savait pas comment analyser ce choc. Il décida de conclure cet entretien au plu vite et ajouta, « Le directeur te demande de lui répondre par hiboux sous une semaine grand maximum… mais il préférerait avant bien évidemment… A présent, je dois y aller, j'ai beaucoup de copies à corriger. Au revoir, Harry ! »
Severus se dirigea vers la porte et Harry se réveilla de sa stupeur. Comme le maître des potions se dirigeait vers la porte, il le raccompagna et ferma la porte derrière lui.
Il était estomaqué et ne comprenait plus rien.
En arrivant dans le salon après sa douche, il avait parfaitement remarqué la lueur de désir dans les yeux de son ancien professeur. Il lui avait dit l'attendre d'une manière qui suggérait plus que de simples mots dans un moment limité et maintenant… ! Maintenant, il lui disait d'une voix légèrement froide et monocorde qu'il ne ressentait plus rien pour lui ! Devait-il le croire ? C'était tellement étrange et paradoxal !
… Mais en même temps, la façon dont il lui avait dit 'Au revoir' avant de partir faisait penser à un adieu, comme si oui, il avait fait une croix définitive sur leur relation et bizarrement, cela peinait Harry.
Celui-ci secoua la tête, perdu. Il ne savait pas ! Il ne savait plus !
OOOoooOOOoooOOO
Poudlard, juin 1991
Severus Snape suivait discrètement le garçon dans les couloirs. Il savait que le Seigneur des Ténèbres, au travers de Quirrell, voulait prendre la vie de l'enfant qui signifiait tant à ses yeux.
Depuis Halloween dernier, l'ex-mangemort n'avait fait que le pister pour assurer sa sécurité et essayer de coincer le pseudo-professeur. Pour l'instant, il n'était pas encore arrivé à atteindre son deuxième but et le premier n'était pas meilleur.
En effet, Harry avait bien failli mourir à plusieurs reprises depuis la fête des morts à commencer par sa confrontation avec un troll. Severus avait frôlé la crise d'angoisse lors de son premier match de Quidditch en voyant son précieux élève se faire désarçonner par son balai et il avait peur pour lui à chaque secondes du jour et de la nuit.
Harry avait d'ailleurs découvert qu'il était sujet d'une filature et Severus voyait bien le reflet du doute et de la crainte envahir parfois ses yeux verts.
Comment, cependant, aurait-il pu lui dire qu'il ne devait pas être effrayé par lui ? Il y avait autour de lui des dangers bien pire que l'amour qu'il lui portait et il aurait préféré que Harry le regarde autrement qu'en ennemi… mais cela était impossible. Il se l'était répété toute l'année.
Bien sûr, de ne pas pouvoir l'approcher pour apprendre à mieux le connaître, lui parler, le tenir affectueusement dans ses bras lui faisaient mal mais il savait que le manque de désir charnel qu'il éprouvait pour le moment pour ce corps trop jeune l'aidait à contrôler ses émotions. Mais il savait que, plus tard, lorsque l'enfant deviendrait homme, il n'en serait plus ainsi et qu'il devrait également lutter plus ardemment contre lui-même.
OOOoooOOOoooOOO
Poudlard, juin 1995
Severu tremblait de tous ses membres mais il savait qu'il lui fallait reprendre son contrôle. Tout comme cette année scolaire, les dernières heures avaient été cauchemardesques. Harry avait été enlevé par le Seigneur Noir, avait été séquestré, blessé, torturé physiquement et psychologiquement de la pire des façons et venait d'échapper par miracle à la mort tandis que lui été resté toute la oirée assis sur un banc, attendant que les champions du tournoi des trois sorciers réapparaissent du labyrinthe.
Il avait été angoissé pendant toute la durée de l'épreuve, priant qu'il n'arrive rien à Harry, se demandant à chaque vision d'étincelles rouges au-dessus des haies si c'était le jeune Gryffondor qui les avait lancé, espérant tour à tour que ce soit lui ou le contraire. En effet, l'appel à l'aide aurait mis un terme à sa candidature et ainsi à la tourmente de Severus qui se sentait terriblement impuissant. Mais en même temps, un appel au secours signifiait un danger que le sorcier ne pouvait pas surpasser.
Severus avait eu peur. Et plus encore lorsqu'il avait senti sa marque lui brûler affreusement tandis qu'elle devenait parfaitement noir. Alors, il n'avait pas plus longtemps pu rester assis et avait été alerté Dumbledore mais celui-ci avait été tout aussi démuni que lui et, plus tard, ils n'avaient pu plus qu'être spectateurs de l'arrivée de Harry sur l'herbe, inconscient et ensanglanté.
A présent qu'il savait presque tout de ce qu'il s'était passé, il avait terriblement envie de terrasser le mage noir mais il savait qu'il devait y retourner pour entrer à nouveau dans ses bonnes grâces et, pour lui, cela représentait un défi qu'il n'était pas certain de pouvoir assurer.
OOOoooOOOoooOOO
Poudlard, début 1996
Severus ne savait pas s'il devait haïr davantage Dolores Umbridge que Cho Chang mais il comptait bien faire payer les deux femmes pour, respectivement, avoir fait souffrir Harry ainsi qu'avoir contribuer à son discrédit auprès du monde sorcier ; et, avoir embrasser son amant.
OOOoooOOOoooOOO
12 Grimmauld Place, Londres, 27 juillet 1997
Il faisait chaud ce soir-là et tous les sorciers et sorcières présents dans le quartier général de l'Ordre du Phénix avaient adopté une tenue légère. En majorité, les femmes portaient des robes courtes et les hommes, des pantalons de toiles sorciers avec des tee-shirts assortis. Les plus jeunes, cependant, ceux qui avaient côtoyé le monde moldu et leur mode, avaient opté pour un short en jean pour tout vêtement. Seul Severus avait préféré ses sempiternelles robes noires à col montant même si le tissu du trousseau d'été était beaucoup plus léger que celui d'hiver.
Pour cette raison, il sentait régulièrement des regards incrédules, voire compatissants venir sur lui mais il ne pouvait pas dire qu'il souffrait terriblement de la chaleur étant donné qu'il avait inventé une potion pour son usage personnel qui lui permettait de supporter ses robes strictes et ainsi, garder son entière autorité et froideur sur les gens qu'il rencontrait.
Il savait que le dicton populaire « L'habit ne fait pas le moine » était totalement véridique mais pour la plupart des gens, l'apparence physique incluant les vêtements était un excellent juge de la personnalité. Severus savait qu'il n'en était rien mais qui pouvait réfuter que si la population avait vu son ministre en tee-shirt, short et tong faire un discours, il aurait aussitôt perdu de sa crédibilité.
Pour le bon déroulement de sa double mission, Severus conservait donc son austère couverture faciale et vestimentaire.
Et à dire vrai, une certaine partie de lui aimait sentir le regard interloqué des gens en analysant sa tenue car à ce moment-là, leur jugement était clairement inscrit sur leur visage et il comprenait totalement la raison pour laquelle les gens pouvaient croire n'importe quoi. Il suffisait qu'on leur montre ce que l'on désirait qu'il voit pour qu'il s'y raccroche dur comme fer et, pour Severus, cela montrait combien certaines personnes pouvaient être stupides.
Bien évidemment, son comportement injuste et partial, sa verve cassante et ironique, son maintien strict et froid ne pouvaient que le servir dans sa mission et contribuaient à l'ambiguïté de sa personnalité mais lui, savait que pour beaucoup, tout cela n'était que surface, superficialité que seul Dumbledore avait véritablement percées. Les autres ne voulaient pas en voir davantage de Severus Snape mais d'une certaine manière, il les comprenait… tout en le déplorant parfois.
Plus encore concernant Harry…
Harry.
Justement, il était là ce soir-là. Dans une pièce vide qui leur servait au cours de Défense que lui donnait Snape lorsque personne ne pouvait le faire hormis lui, faute de personnes compétentes dans ses domaines de connaissances ou de temps libres des autres sorciers.
En cette chaude soirée d'été, Severus était arrivé au paroxysme de sa souffrance…
… Parce que Harry n'avait pas été prévenu de sa visite et avait été pris de court pour cette leçon.
… Parce qu'il faisait trop chaud et que, ne s'étant pas changé, Harry ne portait qu'un short en jean.
… Parce que la sueur glissait sur son torse tanné, caressant chaque centimètre de sa peau parfumée.
… Parce que sous l'effort et pendant des heures, les muscles de son torse, de son dos et de ses cuisses avaient roulé sous son épiderme dorée.
… Parce que son corps s'était tantôt plié, tantôt arqué suivant les mouvements qu'il faisait pour se protéger des sorts qui pleuvaient sur lui.
… Parce qu'il s'était retrouvé un instant à quatre pattes, haletant bruyamment, fourbu, les yeux un instant plus tôt rageurs et désormais implorants sa clémence comme un amant tourmenté par la passion aurait supplié pour sa délivrance.
… Parce qu'un instant, sa main avait frôlé un de ses mamelons tendre et bruni par le soleil.
… Parce que Harry était devenu un homme et que le corps de Severus y avait répondu.
… Et depuis, Severus Snape n'était plus qu'attente.
A suivre…
