N/A: Ceci est la version guimauve de la fin de Anamnèse. Elle est toujours pas très crédible, je l'aime pas des masses, mais elle est déjà mieux que la «version bizarre» de la fin d'Anamnèse que j'avais écrit avant. Ai longtemps hésité sur la version que j'allais poster, mes bêtas ont voté, alors voilà la gagnante!
Pour les adeptes de sad-end, vous pouvez lire «Together in separate Cages» de Pokeitlikejello qui peut aussi faire guise de fin à cette fic.
Merci pour tous vos commentaires et à Tiff pour son aide.
HHHHHHHHHH
Un sourire qui ne la quittait plus sur les lèvres, Cuddy se dirigeait vers le bureau de House. Elle était étonnée qu'il ne soit pas encore venu la voir. Il était déjà trois heures de l'après midi et elle avait libéré sa soirée pour pouvoir être avec lui. Elle ne se souvenait plus de la dernière fois où elle avait été si enthousiasme, si…légère. Pour la première fois depuis des années, elle était pressée de rentrer chez elle. Elle avait plus qu'un travail elle avait…
Elle stoppa ses pas quand son regard traversa les vitres jusqu'au bureau de House. Elle sentit ses muscles se tendre un à un et vacilla sur ses jambes soudain faibles. House était debout au milieu de la pièce, sa canne laissée de côté alors que ses bras entouraient la taille d'une femme. Pas n'importe quelle femme, remarqua Cuddy: Stacy. Elle cligna des yeux plusieurs fois, priant pour que ça ne soit qu'une hallucination, que cette vision disparaisse, que tout ça ne soit qu'un cauchemar. Ils ne disparurent pas, ils restèrent ainsi, dans les bras l'un de l'autre. Ce n'était pas une illusion. Stacy était bien de retour dans la vie de l'homme qu'elle aimait.
Elle fit un pas en arrière, puis un autre. Elle croisa le regard inquiet d'une infirmière et se força à ravaler ses larmes. Elle fit volte face et retourna dans son bureau. Comme si de rien était.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Cuddy était assise à la table de sa cuisine. La tasse devant elle contenait un café qui était froid depuis longtemps, mais qu'elle tournait inlassablement, se concentrant sur les ondulations du liquide, sur tout sauf sur cette vie à laquelle elle avait cru et qui s'écroulait autour d'elle. Elle aurait du s'en douter. Elle savait qu'elle ne devait pas se laisser aller. Pas avec House. Elle avait baissé ses défenses. Elle s'était trompée et elle allait en payer les conséquences. Ça lui apprendra.
House avait eu raison finalement.. Il avait toujours su qu'il finirait par lui faire du mal, qu'il ne fallait pas qu'ils s'accrochent l'un à l'autre. Il avait toujours raison.
Une larme s'écrasa sur la surface brune, se noyant dans le café. Elle soupira et éloigna la tasse. Elle était ridicule. Pleurer sur son sort ne le changerait pas. Elle essuya son visage trempé du dos de la main et l'essuya sur son sweat. Elle baissa les yeux sur ses habits. Elle portait son sweat du Michigan et un pantalon de Jogging. Elle était ridicule. La fac était loin derrière elle, il était temps qu'elle se remette de son béguin pour Gregory House. Il durait depuis vingt ans, il était temps qu'elle passe à autre chose bon sang!
Comme pour lui prouver le contraire, du bois tapa contre le bois de sa porte et elle se laissa tomber la tête entre ses bras sur la table. Elle songea à quel point son geste était mélodramatique, mais ne bougea pas, se bouchant les oreilles pour ne plus entendre l'homme qui frappait à sa porte. Elle savait ce qu'il venait lui dire et n'avait pas envie de l'entendre. Tout ce qu'elle voulait, c'était oublier. L'oublier lui et tout ce qu'il avait pu provoquer en elle, tout ce en quoi il lui avait fait croire.
La table trembla légèrement et elle reconnut le son sourd d'une bouteille qui y était posée. Elle ouvrit un œil et observa la bouteille de Tequila devant elle. C'était pile ce qu'il lui fallait.
«Citron?»
House mit le citron en question sous son nez et elle se redressa. Elle lui jeta un regard de biais.
«Cuddy…»
Elle lui fit signe de se taire d'un geste et se leva brusquement. Elle ouvrit un placard d'où elle sortit deux verres. Elle s'assit et se remplit un verre, lui faisant toujours signe de se taire. Elle vida son verre en grimaçant et baissa sa main.
«Vas-y dis le.»
«Dire quoi?», s'étonna-t-il.
«Ce que tu es venu dire.»
«En fait je comptais économiser un resto en te soulant pour te mettre directement dans mon lit. Citron?», lui répéta-t-il en lui tendant le fruit avec un sourire espiègle.
Elle se passa une main sur le front.
«Tu n'as pas à faire ça.»
«Te souler ou te payer un resto?»
«Arrête!»
Sa voix était montée plus haut qu'elle ne l'avait prévu et il sursauta légèrement, reposant le citron sur la table, l'air soudain sérieux.
«Cuddy, qu'est ce qu'il y a?»
«J'ai juste…»
Elle secoua la tête et se leva, attrapant le fruit avant de s'avancer vers le comptoir. Elle sortit un couteau et commença à couper rageusement le citron.
«Tu veux que j'appelle les urgences tout de suite ou j'attends que tu te sois coupée un doigt?»
Elle sursauta au son de sa voix si proche et se laissa faire quand il retira le couteau de sa main, le posant plus loin sur le comptoir. Elle se retourna vers lui et essuya ses yeux humides. Ses mains étaient pleines de jus de citron et elle grimaça alors que ses yeux la brûlaient encore plus.
«Embrasse-moi», demanda-t-elle soudain.
Il parut surpris, mais s'avança vers elle. Il inspecta les yeux rougis de la jeune femme, hésitant à poser une main sur sa joue, ce n'était pas des gestes auxquels il était habitué. Il décida finalement de ne pas le faire et posa sa main sur le comptoir derrière elle, à côté de sa hanche. Il baissa le menton et chercha son regard. Elle releva soudain les yeux, déterminée.
«Embrasse-moi», répéta-t-elle.
«Je n'aurais pas cru demander ça un jour, mais j'ai l'impression que je dois le faire: Pourquoi?»
Elle se mordit la lèvre, mais ne répondit pas. A la place, elle posa ses mains sur ses épaules et se haussa sur la pointe des pieds. Elle plaça ses lèvres sur les siennes et il y gouta le sel de ses larmes. Elle l'embrassa et il ne put que lui répondre, malgré ses incertitudes. Elle s'éloigna finalement et lui sourit tristement.
«Bonne nuit, House.»
Elle le dépassa et il resta planté sur place un moment. Des millions de questions émergeaient dans sa tête et il n'y trouvait aucune réponse. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il se repassa tous les évènements récents et la lumière se fit. D'une manière ou d'une autre, elle avait du apprendre que Stacy était venue le voir. Elle l'avait vu et...
«Tu ne compteras donc jamais te battre pour moi?»
Il se retourna. Elle était dos à lui, figée dans son pas. Il devinait sa main pressée contre ses lèvres et ses yeux mouillés.
«Tu passe ton temps à te battre contre moi. Tu passe ton temps à résister à tout ce que je peux faire…Sauf quand ça te concerne. Pourquoi est ce que tu me laisse toujours prendre toutes les décisions? Pourquoi est ce que tu ne peux pas juste une fois….»
Il ne sut finir sa phrase, une boule de rage coincée dans sa gorge. Il avait l'impression que leur relation ne faisait que tourner en rond encore et encore sans jamais aboutir à ce qu'ils voulaient vraiment. Chaque fois qu'il faisait un pas en arrière, elle s'éloignait de quatre pas de plus. Elle n'essayait jamais de le retenir.
«Bon sang c'est pas toi ça Cuddy! Tu es censée lutter pour ce que tu veux, tu n'es pas censée me laisser faire! T'es censée être là pour corriger mes erreurs, me forcer à retourner sur le droit chemin, pas m'ouvrirla voie!»
Il s'était approché, abandonnant sa canne derrière lui. Elle ne s'était toujours pas retournée.
«Je ne peux pas te forcer à faire ce que tu ne veux pas.»
«Comme mes heures de consultation?»
Elle lui jeta un regard noir par dessus son épaule par automatisme et il lui sourit légèrement, elle tombait toujours dans ce piège. Il soupira pourtant.
«Pourquoi est ce qu'il faut que ça soit aussi compliqué?»
Elle haussa les épaules et passa ses mains dans la poche centrale de son pull, se tournant à demi vers lui. Il passa un doigt sur les lettres du pull, ignorant le frisson de la jeune femme au même titre que sa raideur.
«Déjà à l'époque, t'étais une sacrée chieuse», déclara-t-il en fixant le nom de leur ancienne université sur son pull.
Elle plissa les yeux dans sa direction, mais le cœur n'y était pas.
«Je ne t'en voudrais pas.»
Il pencha légèrement la tête.
«Si tu la choisissais, elle», précisa-t-Cuddy. «On peut toujours être amis.»
«C'est ce que tu veux? Qu'on soit amis?», questionna-t-il, son expression indéchiffrable.
Elle se mordit la lèvre. Elle avait la sensation d'être une gamine de cinq ans. Elle était soudain impressionnée par sa taille et sa prestance, par le poids de tout ça. Il avait raison, c'était bien trop compliqué et ça devenait ingérable. Ils étaient passés par tant de choses qu'elle ne savait plus vraiment où ils en étaient. Ils avaient été amis, ennemis, collègues, confidents, presque amants…
«Qu'est ce que tu veux, toi?»
Il fit un pas en arrière.
«Nom de Mick Jagger! On s'en fout de ce que je veux ! La question c'est ce que TU veux.»
«Embrasse moi encore. Pour savoir.»
«Non.»
Elle fronça les sourcils.
«Tu sais très bien que j'embrasse comme un dieu. C'est pas la question. La question c'est ce que tu ressens quand on ne s'embrasse pas. Mais merde quoi, c'est censé être moi l'handicapé des émotions, t'as pas le droit de me piquer mon rôle!»
Elle sourit légèrement.
«Si je te réponds que je ne ressens rien tu retourneras avec Stacy?»
«Non, mais mon ami Jack Daniels aura de mes nouvelles.»
«Je vous ai vu».
«Et? T'en as conclu que mon amour pour elle était irrépressible?»
«C'est le cas?»
«Je rectifie: t'es plus agaçante aujourd'hui qu'à la fac. Et plus dure de la feuille aussi. Je t'ai déjà dit que…»
«Tu l'enlaçais.»
«Dis moi, quand t'as revu ce cher Daniel, comment vous êtes vous «accueillis»?»
«Ça n'a rien à voir».
«Pour moi si. Je ne ressens pour Stacy que ce que tu ressens pour Daniel.»
«Je ne ressens rien pour Daniel.»
«Contente de voir que t'as enfin saisi.»
«Alors tu ne compte pas…»
«T'abandonner lâchement comme le salopard que je suis pour devenir l'amant de mon ex à présent heureuse en ménage?»
«Oui.»
«Non.»
«Alors je viens de complètement me ridiculiser.»
«Tu n'as aucune confiance en moi. Je te comprends, j'ai même pas confiance en moi-même. Si tu savais le nombre de fois où je me suis trahi…»
«Tu le veux vraiment?»
«Je te répondrais bien, mais j'ai l'impression de me radoter en ce moment.»
«Je le veux».
«Waouh, va pas trop vite en besogne, y a pas encore de curé!»
«Je suis juive», rappela-t-elle.
«J'ai un sale caractère», répliqua-t-il en haussant les épaules.
Elle se mit face à lui et leva le menton pour l'observer. Elle plongea son regard dans le sien.
«Tu me dois toujours un rencart.»
«Cette bouteille de Tequila coute au moins $10. Dans certains pays, tu peux acheter un restaurant entier à ce prix là. Ça devrait faire l'affaire, nan?»
«Radin.»
«Naïve».
«Je ne suis pas naïve!»
«Pourtant t'as cru que je le pensais là, nan?»
«La ferme.»
«A vos ordres, boss.»
Ils se sourirent un moment.
«Alors c'est bon cette fois? Tu me crois, tu me veux et on peut passer à autre chose?»
«Je crois que c'est bon.»
«T'en seras certaine dans quelques minutes», taquina-t-il en posant ses mains sur ses hanches.
Vantard.
«Réaliste, tu veux une preuve?»
«Pervers», sourit-elle.
«Vingt ans, Cuddy. VINGT A…»
Il fut coupé par les lèvres de Lisa sur les siennes et il sourit contre sa bouche. Ils avaient définitivement attendu assez longtemps, à présent il était plus que temps d'essayer d'être heureux.
FIN
