Une éternité, je sais. Et dire que les 3 chapitres suivants sont écrits, et je continue à poster tous les 57 mois. Je m'excuse, vraiment. En tout cas merci pour les reviews que j'ai eu entre temps, ça me touche beaucoup et me pousse à continuer :)
Je pourrai écrire pendant trois ans, je compte mettre une fin à cette histoire, elle me tient trop à cœur.
Voilà donc la suite :) Merci à tous pour votre lecture !
Chapitre 21 : Souvenirs de Nouvel An, croix et vidéos
Azur ouvrit les yeux, puis les referma : on était quand même bien mieux dans le noir. La lumière avait agressé ses pauvres pupilles et avait déclenché une légère douleur dans son crâne, ce qui ne présageait rien de bon. De plus, elle avait un mal de dos horrible, et elle sentait bien que si elle se levait tout de suite, elle allait souffrir.
Elle entendit la voix de Tenten marmonner quelque chose, sentit une main se poser sur son épaule, mais l'ignora. Elle voulait dormir, au moins un petit peu plus ! Mais son amie ne semblait pas de cet avis, car elle lui parla, un peu plus fort. Finalement, elle lui colla une baffe, et Azur fut forcée de se lever.
- Ça va pas ?! s'exclama-t-elle.
- Shut up ! ordonna Tenten.
Elle lui désigna quelque chose derrière elle et Azur se retourna, avant de retenir un cri de stupéfaction : un policier se tenait au-dessus d'elles, et derrière lui des voitures passaient à toute allure sur la route. Azur mit du temps à réaliser qu'elle avait dormi dehors.
- Tu déconnes ? Vous avez dormi dans la rue ?
Temari s'esclaffa avant de grimacer de douleur : elle faisait malheureusement partie de ces personnes qui, le lendemain de cuites, souffraient de migraines épouvantables.
Azur bougonna quelque chose qui ressemblait à un « ouais » et Tenten s'empara de sa guitare.
- J't'en supplie, joue pas, j'ai trop mal à la tête !
- C'est pas parce que miss Temari a la gueule de bois que je vais m'empêcher de jouer de la guitare !
- On sait que toi tu l'as quasiment jamais, mais pense un peu à nos crânes ! supplia à on tour Azur.
Tenten leva les yeux au ciel avant d'obtempérer. Elle reposa sa guitare sur le sol et s'allongea sur son lit.
- Vous vous souvenez de hier soir alors ? demanda-t-elle. J'aimerais bien me rappeler de notre nouvel an pour une fois.
- Pareil, soupira Azur.
- Je me souviens du début, déclara Temari. On a commencé dans ta chambre Azur, avec d'autres filles.
- Et pleins de bouteilles si je me souviens bien, marmonna Tenten.
- Y'avait Sakura aussi, non ?
- Oui, répondit Temari. Mais on l'a perdue de vue quand on est partie pour aller en ville.
- Là où il y avait the big party, continua Tenten. Y'avait tout le lycée là-bas.
- La moitié on va dire, rectifia Temari. Tout le monde était dans un de ces états, c'était assez marrant.
- Un inconnu m'a embrassé, m'a souhaité bonne année et s'est cassé, se rappela Azur.
- Pareil.
- C'est l'ambiance « nouvel an », qu'est-ce que vous voulez, fit Temari, amusée. On a vu pas mal de gens qu'on connaît là-bas.
- Y'avait Suigetsu et ses potes nan ?
- Je m'en souviens, approuva Azur.
Temari lui avait collé une magnifique baffe, mais elle était certainement trop ivre pour s'en être rendue compte. Il y avait aussi Ino et sa bande, mais elles avaient tout fait pour ne jamais les croiser, de peur que leur amie profite de sa dose d'alcool dans le sang pour régler ses comptes avec elle.
- On a vu les mecs, déclara Tenten. Kiba nous a embrassé non ?
- Chacune notre tour, approuva Temari. Je crois qu'il faisait un concours avec Naruto.
- Quels cons, soupira Azur en levant les yeux au ciel. En tout cas, il s'est pris trois belles baffes non ? Et c'est pas là qu'on a perdu Sakura ?
- Ouais je crois, je me souviens plus d'elle après ça.
- Perso, je me souviens de plus rien après ça… bougonna Tenten.
- On est restés jusqu'à 2h, et après ça on a suivi des mecs à une soirée chez eux.
- Soirée merdique ! s'exclama Azur. Tenten et moi on s'est cassées…
- Et toi t'es restée ?
- On va dire que j'ai trouvé un mec sympa, sourit Temari.
- Je me souviens qu'on a rencontré pleins de gens… tenta de se souvenir Tenten.
- On s'est perdues aussi nan ?
- Et c'est pour ça que vous avez fini par dormir dehors ? s'esclaffa Temari. Vous deviez être trop crevées.
- C'est ça, fous toi de notre gueule !
Ce n'était pas possible, c'était un cauchemar ! Elle n'allait tout de même pas à CHAQUE FOIS qu'elle buvait et qu'elle le voyait faire la même connerie ? Comment pouvait-elle être aussi stupide, et ce, deux fois de suite ? Elle se serait bien frappée pour la peine.
« Salut, moi c'est Sakura Haruno, experte dans l'art de me foutre dans la merde, et par la même occasion, de gâcher des amitiés. »
- T'es réveillée ?
- Ouais.
Elle dévisagea un instant le blond à ses cotés, avant de détourner les yeux. Mais quelle idiote ! Elle savait que ce nouvel an n'allait rien lui apporter de bon, TOUS les nouvel ans entraînaient avec eux leur lot de catastrophes, et ça lui tombait toujours dessus, toujours !
- C'est la merde hein ?
- Ouais.
Elle ne voyait pas quoi lui répondre d'autre. Bah oui, c'était la merde, la grosse merde même. A croire qu'ils ne pouvaient pas se tenir. Il devait y avoir un aimant qui les attirait l'un à l'autre, ou plutôt qui attirait leurs sexes l'un à l'autre.
- Tu t'en souviens ?
- Non.
- Moi non plus…
Elle ne savait pas si c'était une chose positive ou non, mais ça ajoutait un peu plus de pathétique à la situation. Ils étaient là, nus dans le lit de Naruto, honteux d'une erreur commise une seconde fois, sans même pouvoir s'en souvenir.
Elle se disait qu'elle avait touché le fond lorsqu'on toqua à la porte. Elle jaillit alors du lit, et sans réfléchir alla s'enfermer dans l'armoire de Naruto. Elle pria pour que ce dernier cache ses habits sous les couvertures avant de tendre l'oreille lorsque quelqu'un entra dans la chambre.
- T'es déjà réveillé ? demanda la voix de Sasuke.
Bah oui, comme si la situation n'était pas assez répétitive, il fallait que ce soit encore lui qui arrive en plein milieu d'un moment embarrassant.
- Ouais… répondit Naruto d'une voix trop rauque pour sembler naturelle. T'es rentré tôt hier, nan ?
- Me suis fait à moitié violer par une fille, et un mec m'a embrassé, alors j'ai préféré rentrer.
Sakura se retint de lancer un « bien fait ! » qui lui aurait coûté son honneur.
- Et toi, poursuivit Sasuke, t'as fini ta soirée comment ?
- Oh baaah, c'était cool, on s'est bien marré, c'était cool.
- T'es rentré tard ?
- Ouais, ouais, c'était cool.
- Euh… tu vas bien ?
Moins convaincant que Naruto, c'était impossible. Sakura voulut sortir afin de le secouer un peu, mais elle ne le fit pas, question d'honneur, toujours.
- Ouais, gueule de bois quoi… lendemain de nouvel an, c'est normal. Tu voulais quoi ?
- Ah, juste te dire que la prochaine fois que tu ramènes une fille, essaie de faire moins de bruit quand je dors. Au fait, salut Sakura !
Elle crut qu'elle allait transpercer la porte de l'armoire et se jeter sur l'adolescent. Naruto n'avait certainement pas caché ses vêtements, ou pire, Sasuke avait reconnu sa voix cette nuit. Cette pensée glaça le sang de l'adolescente et elle se jura de ne plus jamais, non jamais coucher avec Naruto.
Lorsqu'elle fut certaine que Sasuke était sorti de la chambre, elle sortit de l'armoire ( non sans avoir ordonné à Naruto de fermer les yeux auparavant ) et se rhabilla en vitesse.
- On a fait une énorme connerie, déclara-t-elle.
- Oui…
- On en parle plus !
- Ça marche.
- Plus jamais ! Je suis vraiment trop conne, c'est pas possible !
- Sakura…
Mais elle ne l'écoutait plus, se lançant dans une tirade sur sa connerie et sa faculté à toujours s'attirer toutes les merdes du monde. Le visage d'Hinata lui vint alors à l'esprit et elle ragea de plus belle. Naruto l'interrompit alors d'une voix plus dure que d'habitude.
- T'es pas la seule, moi aussi j'ai foiré. Mais on était bourrés, alors t'inquiète pas, on va faire comme la première fois, on va oublier tout ça et faire comme si de rien n'était.
- On peut pas toujours fait semblant ! Regarde à quoi ça nous a mené la première fois, on a recommencé !
- Bah on commence à être habitués quoi… sourit Naruto en haussant les épaules.
Le regard incendiaire de Sakura lui fit ravaler son semblant de bonne humeur. Il l'observa sans retenue, après tout ils ne pouvaient pas tomber plus bas. Elle avait la peau un peu plus mate que lui, et ses yeux verts contrastaient avec ses cheveux roses. Elle avait un corps plutôt bien proportionné, et son visage n'avait rien d'extraordinaire, mais elle lui semblait différente de n'importe quelle autre fille. Et ce n'était pas dû à la couleur de ses cheveux, il le savait. Elle aurait pu être brune, ça n'aurait rien changé.
- Naruto, arrête de me regarder comme ça… ordonna-t-elle, gênée.
- 'Scuse-moi…
Finalement, elle partit, lui faisant promettre de tout oublier et de n'en parler à personne. Lorsqu'il se retrouva seul dans sa chambre, quelques souvenirs lui revinrent à l'esprit. Il se perdit dans ses flashs flous, rêveur, avant de se reprendre subitement. Le sourire sur ses lèvres disparut immédiatement et il enfonça sa tête dans son coussin, avant de se retirer vivement : il sentait son parfum.
L'odeur de Sakura lui remua un peu l'estomac, et il crut qu'il allait se baffer lorsqu'il comprit ce qui était en train de se passer.
« En fait, j'ai fait que me voiler la face tout ce temps… »
Shikamaru venait de passer une demi heure au téléphone avec Naruto à lui expliquer ce dont il se souvenait de la soirée, et voilà que Kiba l'appelait à présent. C'était toujours comme ça : comme il buvait peu, il devait rappeler à tous les détails qu'ils avaient oublié… détails parfois essentiels.
Ainsi, il avait raconté à Naruto comme lui et Sakura s'étaient subitement rapprochés durant la soirée ( l'alcool aidant ) avant de s'embrasser à l'écart, et comme ils l'avaient envoyé valser lorsqu'il était venu les avertir qu'ils partaient avec Kiba. Il n'eut pas besoin des explications de Naruto pour deviner que le tout avait du finir dans un lit.
« Irrécupérables … »
A présent, c'était Kiba qui le suppliait de lui raconter sa soirée, et surtout de lui annoncer qui était le gagnant de son stupide concours avec Naruto.
- C'est toi. T'as embrassé toutes les filles que t'as croisé, on comptait même plus au final.
- Yes ! jubila Kiba. Et Naruto, il en a fait combien ?
- Pas beaucoup, il s'est plutôt focalisé sur une si tu vois ce que je veux dire, expliqua Shikamaru en baillant.
- Sakura nan ? Il se l'est faite?
- Sûrement
- Joli. Perso j'ai testé les toilettes du mac do avec …
- Ouais, ouais, je sais, je t'ai attendu dehors avec les mecs qui voulaient fermer, c'était 2h passées.
Kiba avait passé toute sa soirée avec différentes filles, Lee à chasser les garçons, Naruto à aspirer la salive de Sakura… si bien que Shikamaru avait passé plus de temps avec d'autres ados dont il était moins proche qu'avec eux. Il commençait à en avoir marre de ce genre de soirées, ça ne l'amusait même plus un peu de les observer draguer.
- Sinan y'a d'autres trucs que j'ai oublié ? demanda Kiba.
- Nan, j'pense pas.
C'était faux. Mais Shikamaru ne pensa pas que cela intéresserait son ami de savoir qu'il avait passé une partie de la soirée à discuter tranquillement avec Azur. Ça n'avait rien d'extraordinaire, évidemment, et Kiba s'en fichait d'ailleurs certainement, mais Shikamaru n'avait pu s'empêcher d'être étonné de voir que son ami était capable de parler avec une fille sans que ce fut dans le but de coucher avec.
Il se rappela la scène : alors qu'il tentait de canaliser un Lee survolté, les filles étaient arrivées. Kiba les avait embrassées une à une, et s'était pris baffe sur baffe. Sakura avait disparu avec Naruto, et Azur avec Kiba. Ils n'avaient rien fait, ils s'étaient simplement posés à l'écart et avaient parlé. Plus tard, ils étaient revenus vers Shikamaru, papotant comme deux grands amis. Puis il avait dit une connerie, elle lui avait hurlé dessus, ils avaient ri, elle avait désigné une fille qui le matait et il était parti se la faire. Shikamaru, qui avait observé la scène d'un œil sceptique s'était approché d'elle et elle lui avait lancée joyeusement :
- En fait il est pas si con ! Je te dis ça pas'que j'suis bourrée, mais il est quand même chouuu ton pote ! J'ai pris des trop belles photos de lui l'autre jour !
Elle était plus qu'ivre, Shikamaru pouvait parier que peu de temps après ça elle avait du vomir quelque part. Il la trouva pathétique, puis réalisa que tous autour de lui étaient dans cet état. A quoi bon ?
Finalement, Azur et ses amies étaient parties. Temari ne lui avait pas adressé un regard, ce qui ne l'étonna pas. Sakura resta avec Naruto, Kiba se trouva pleins de nouvelles amies, et bientôt tout rentra dans l'ordre.
Kiba à Azur : Alor cé photo ?
Azur arqua les sourcils : où avait-il appris à écrire ? Elle soupira , elle avait prévu de quitter facebook à l'instant où il lui avait envoyé le message.
Azur à Kiba : J'ai pas trop le temps
C'était vrai : elle avait pris un retard considérable dans son travail et avec les fêtes elle n'avait pas eu le temps de retoucher les photos de Kiba.
Kiba à Azur : Jen ai bientôt besoin.
Azur à Kiba : Quand ?
Kiba à Azur : Fevrié
Azur à Kiba : T'appelles ça bientôt ? -.-
Kiba à Azur : Le ten passe vite !
Azur leva les yeux au ciel. Ce don qu'il avait d'avoir réponse à tout l'insupportait parfois.
Azur à Kiba : J'vais m'en occuper, tkt pas.
Kiba à Azur : C pa tou.
Elle voulut lui écrire « APPRENDS L'ORTHOGRAPHE ! » mais se retint au dernier moment, préférant attendre plutôt ce qu'il allait lui dire.
Kiba à Azur : Ma mere veut kjprenne un repetiteur d'esp.
Azur à Kiba : Bah c'est cool…
Que voulait-il qu'elle lui dise de plus ?
Kiba à Azur : Ca coute dla tune, g pas envi quma mere paye
Ca devenait de plus en plus dur à déchiffrer et Azur commençait à sérieusement désespérer.
Kiba à Azur : Jconai pad mec bien en esp apar shika mai il explik mal. Et lé filles jvai pa bossé.
Azur à Kiba : J'ai mis une minute à te lire… et comment ça tu vas pas bosser avec les filles ?
Kiba à Azur : … :D
Ah bah oui, mettre Kiba avec une fille, qui plus était avec une fille censée lui apprendre quelque chose, c'était comme le mettre directement dans un lit avec elle, tout en lui offrant un préservatif. Rien de mieux qu'un « prof » pour réveiller ses instincts de dragueur.
Azur à Kiba : J'ai pigé. Bref, tu veux quoi, j'suis une fille, j'peux pas t'aider.
Kiba à Azur : Wé mai toi c pa pareil.
Azur à Kiba : ?
Kiba à Azur : Toi ya aucun risk. Jsui sur de bosser.
Azur à Kiba : Je sais pas comment j'dois le prendre ça…
Elle aurait bien traversé l'écran pour lui coller une baffe, tiens.
Kiba à Azur : :D Alor ? just un cour de ratrapage avant ma prochain epreuve.
Azur à Kiba : Pas payé ?
Kiba à Azur : Na.
Azur à Kiba : Alors rève .
Non mais, après ce qu'il lui avait dit, s'il croyait qu'elle allait accepter aussi facilement !
Kiba à Azur : Et j'te foutrai la pai au licé. Jte frai plu chier.
Ah, ça devenait intéressant. C'était vrai qu'à chaque fois qu'il la croisait à Inuchi, il se sentait obligé e lui glisser une remarque souvent déplaisante.
Azur à Kiba : Et tu me laisses aller à mon rythme pour les photos ?
Kiba à Azur : Wé.
Azur à Kiba : Et tu me laisseras te prendre en photo de nouveau si je le veux ?
Kiba mit du temps à répondre, mais elle savait qu'il allait accepter. Et elle, elle avait gagné un nouveau modèle disponible quand bon lui semblait !
Kiba à Azur : Tfai chié. Wé.
Azur à Kiba : Ca marche alors ? Dis-moi quand t'as besoin de moi, on se verra à Inuchi après les cours. Ciao ciao.
Kiba à Azur : ++
Elle quitta facebook, éteignit son ordinateur et se remit à ses devoirs, ignorant totalement ce que cette discussion allait entraîner. C'était ainsi, un simple « Ca marche alors » pouvait avoir des conséquences terribles, tout comme le moindre acte que ces adolescents faisaient. Accepter de vendre de la drogue pour se faire de l'argent, se mêler des problèmes des autres, coucher avec un ami, devenir celle d'une fille qui nous méprisait à la base, avouer ses sentiments, se les cacher à soi-même, se rapprocher de la future victime de son frère, envoyer des photos dénudées de son ennemie… dire oui alors qu'il aurait fallu refuser.
Tout a une conséquence.
La rentrée fut difficile, pour les élèves, comme pour les professeurs. Alors que les premiers pouvaient s'affaler sur leurs pupitres, les seconds, eux, se devaient de faire classe, debout, devant une foule d'endormis qui leur rappelaient leur propre manque de sommeil.
La semaine passa lentement, tous n'attendaient que le week-end pour pouvoir se reposer. Etonnement, même Naruto avait décrété qu'il ne sortirait pas, et Kiba semblait d'accord avec lui. Lee fut déçu d'apprendre que personne autour de lui ne souhaitait faire la fête. Il décida donc qu'il sortirait seul, il y avait bien quelques bars gays où il n'avait pas mis les pieds depuis longtemps et, sortir sans ses amis lui ferait du bien. Mais en attendant, il devait se rendre au cours de gym, afin de prouver à son professeur préféré, Gai, à quel point il était le meilleur de la classe.
Il adorait ce cours, mais en particulier Gai, car c'était certainement le seul homme qui l'avait soutenu depuis son entrée au lycée. Il l'avait pour ainsi dire pris comme modèle, et espérait un jour devenir comme lui : un prof de gym fort et respectable, apprécié de ses élèves et assez humain pour s'attacher à certain. Il prendrait lui aussi un adolescent rejeté par ses camarades sous son aile, et l'aiderait à avoir confiance en lui, afin qu'il devienne comme lui.
Lee se souvenait encore les moqueries sur son physique et son comportement en première année. Les maltraitances d'adolescents comme Kankuro avaient failli lui faire perdre sa personnalité, mais son doublage lui avait permis de rencontrer d'autres élèves bien plus ouverts comme Naruto, et il avait par la même occasion réalisé son homosexualité. Mais c'était grâce à Gai qu'il en était arrivé à là, car si durant sa première année le professeur ne l'avait pas soutenu, il ne serait certainement jamais devenu le garçon jovial qu'il était désormais.
C'était encore Gai qui avait été à ses cotés lorsque ses parents l'avait définitivement abandonnés pour voyager dans le monde entier, et lui qui l'avait aidé à les convaincre de lui fournir de quoi se payer une chambre à Inuchi. Enfin, c'était lui qui lui avait fait comprendre qu'il pouvait être celui qu'il voulait, qu'il n'avait pas à avoir honte ni de son physique, ni son caractère, ni de son homosexualité, car l'avis des autres importait peu, seul son bien-être à lui et à ceux qu'il aimait était important.
Toutes ces valeurs étaient symbolisées par « la fleur de la jeunesse » que Gai lui avait expliqué à maintes reprises. Lee était certain d'en avoir saisi le sens premier, mais il sentait qu'il se cachait autre chose là-dessous. Le professeur de gym lui avait assuré qu'il comprendrait le jour venu.
Le cours de karaté allait commencer. Ils avaient enfilé les kimonos qu'ils avaient trouvés dans les vestiaires, et Lee dut enfiler le vêtement blanc, à regret. Son professeur lui aussi en portait un, et il ne put s'empêcher de se sentir trahi de le voir ainsi porter une autre couleur que du vert. Mais alors qu'ils s'avançaient tous sur les tatamis, Gai poussa un puissant cri et attacha un bandeau vert autour de son front. Lee afficha un sourire ravi.
- Bonjour à tous ! Tout d'abord, mettez vous en ligne devant moi… Voilà ! Maintenant, nous allons nous saluer. Inclinez-vous !
Ils s'exécutèrent avec plus ou moins de conviction, mais Lee lui y mit tout son cœur. Il avait pratiqué les arts martiaux lorsqu'il était petit et avait dû arrêter pour faute de moyens, mais il avait toujours adoré ça. Il espérait bien que son professeur remarquerait qu'il possédait déjà un certain talent dans cette discipline.
Cependant, plus le cour avança, plus il s'avéra que Sasuke disposait de plus grandes facultés dans ce sport qu'il n'avait pourtant jusque là jamais pratiqué. Il reçut même des félicitations de Gai, ce qui acheva de rendre jaloux Lee. Il se planta alors devant son désormais rival, décidé à en découdre.
- Tu es désormais mon adversaire, montre-moi ce que tu sais faire !
Shikamaru poussa un profond soupir. A coté de lui Naruto et Kiba s'approchaient de leur ami, l'air plutôt amusés. Le Nara observa la scène. Sasuke avait l'air aussi blasé que lui, cependant il n'eut pas le temps de répondre que Lee lui assenait une violent coup de pied qu'il eut tout juste le temps d'éviter.
- T'es fou ?! ne put-il s'empêcher de s'exclamer.
Shikamaru vit Sakura ricaner à coté de lui, l'air ravi. Gai n'intervint étrangement pas, il semblait curieux de savoir comment tout ça allait finir.
Lee continua d'attaquer Sasuke qui évitait ou contrait du mieux qu'il pouvait, visiblement révolté de se faire attaquer ainsi alors qu'il n'avait rien fait. Naruto applaudissait à chaque joli coup, mais aussi à chaque contre, si bien qu'il était difficile de savoir qui il soutenait. Les autres se contentaient d'observer le « combat » en commentant la scène avec amusement. Finalement, Sasuke, las de ce petit jeu, tenta de stopper Lee, mais il se prit son pied dans le visage. Alors que tous s'étaient attendus à ce qu'il vole en arrière, le nez brisé, il ne poussa même pas un cri de douleur et ne bougea pas d'un poil. Lee avait arrêté son coup juste à temps pour qu'il ne fasse que frôler le nez de son adversaire.
- Joli, admit Sasuke. T'as gagné.
Il s'en alla s'en demander son reste, sous l'air déçu de Lee.
- C'est tout ? Tu ne viens même pas te battre ? Lâche !
Il lança cependant un sourire victorieux aux autres élèves qui l'applaudirent sans trop savoir pourquoi. Gai lui adressa même ses félicitations, ce qui acheva d'exaspérer Shikamaru. Plus ridicule comme scène, c'était impossible.
Il se sentait de plus en plus étranger à tous ceux qui l'entouraient. Il avait parfois l'impression de ne pas faire partie du même monde qu'eux. D'ailleurs, il avait parfois l'impression de ne faire partie d'aucun monde, comme si tout ce qui se passait autour de lui n'était qu'une scène de théâtre dans laquelle il ne pouvait pas intervenir. Bien sûr, il avait essayé quelque fois, d'aider ses amis, de leur parler, de leur apporter son soutien et d'où de leur faire comprendre qu'ils ne prenaient pas le bon chemin, mais c'était comme souffler de fausses répliques à un acteur : il pouvait bien répéter ce qu'il lui avait dicté, le scénario n'en resterait pas moins le même. La vérité, c'était qu'au final il était impuissant.
Il sortit du vestiaire sans rien dire et entreprit de se diriger vers l'arrêt du bus : il n'avait pas pris sa voiture aujourd'hui, sa mère avait subitement décidé de s'intéresser à l'écologie et lui avait juré que s'il se rendait encore en cours autrement qu'en bus, elle lui crèverait ses pneus. Naruto le rejoignit avant qu'il n'ait fait trois pas.
- Shika, attends, faut trop que je te parle !
Il n'eut pas le temps de parler que derrière eux la plupart des élèves sortaient à leur tour. Sakura et une autre troisième rejoignirent Shikamaru et Naruto, tandis que Lee se dirigeait vers Sasuke qui était visiblement sorti en même temps que le blond.
- J'espère que notre combat n'affectera pas notre amitié Sasu-chou ! Malgré ta défaite je te garde en très haute estime !
Sasuke lui jeta un regard blasé, l'air de dire « mais je m'en fous tu sais ? ».
- Quel phénomène ce Lee, rit Sakura.
- Toujours survolté ! ajouta la troisième année.
- Tu l'as dit, soupira Shikamaru. Trop des fois.
Ils discutèrent un moment, alors que Lee s'était lancé derrière eux dans un discours sur les valeurs qu'il défendait, ce qui exaspéra Sasuke. Naruto ne dit rien jusqu'à ce que Sakura et la fille s'en aille, ce qui fit deviner à Shikamaru qu'il comptait lui parler d'une des deux. Il n'eut pas besoin de réfléchir plus longtemps pour comprendre ce que son ami allait lui annoncer.
- J'ai passé toute la semaine à me prendre la tête à cause de ça, mais là j'suis sûr… c'est trop la merde ! J'sais pas comment te l'dire…
- T'as couché avec Sakura, bailla Shikamaru.
- Comment tu sais ? s'étouffa presque Naruto.
- Je suis intelligent, fit Shikamaru en haussant les épaules. Mais c'est pas tout ce que tu voulais me dire nan ?
- Nan, approuva Naruto, gêné.
- T'es amoureux d'elle.
Naruto afficha une expression des plus étranges : yeux écarquillés, sourcils haussés à l'extrême, bouche en cœur, narines dilatés… Shikamaru ne put retenir son sourire.
- Ca se voit, expliqua-t-il.
- Nan !
- Et si ! s'incrusta Kiba en entourant les épaules de ses deux amis de ses bras.
- Si Kiba l'a remarqué, c'est que t'es vraiment pas discret, ricana Shikamaru.
- Faut dire que tu passes ton temps à la mater avec une de ces têtes, et dès qu'elle s'approche de toi tu passes en mode « j'ai plus de voix, j'ai plus de couilles ».
- Je suis foutu, pleurnicha Naruto.
- C'est sûr, tomber amoureux c'est horrible, soupira Kiba. J'espère que tu vas vite guérir.
- T'es con, déclara Shikamaru en levant les yeux au ciel. Naruto, t'as le droit de l'aimer, c'est bon.
- Nan nan nan j'ai pas le droit !
- Je confirme ! lança Kiba.
Il se lança dans un débat à sens unique, expliquant tous les inconvénients de l'amour à son ami blondinet qui se plaignait sans cesse. Shikamaru préféra ne plus intervenir, comprenant que c'était inutile. Il remarqua Hinata qui passait avec Ino à coté d'eux et qui lança un regard à Naruto avant de lever les yeux vers les siens. Elle les détourna automatiquement mais le Nara continua de l'observer un moment. Elle non plus ne savait pas cacher ses sentiments.
Ça avait été une journée normale, jusque là. Elle s'était ennuyée en cours, avait passé la pause avec ses amis, avait mangé avec eux puisque Gaara s'était enfin trouvé de la compagnie pour midi( en l'occurrence, Sasuke et Naruto, qu'elle avait envie d'embrasser à chaque fois qu'elle les voyait avec lui ) , était retournée en cours, s'était encore ennuyée, puis était sortie lorsque cette merveilleuse sonnerie avait enfin retenti. Le week-end se dressait devant elle, plein de promesse.
Elle avait croisé Shikamaru puisqu'il prenait désormais le bus, et il s'était mis en tête de discuter avec elle, ce qui (évidemment) avait fini par tourner au défi. Pour une fois elle était sortie du bus avant qu'il ne puisse répliquer quelque chose à ses dernières paroles, si bien qu'elle estimait qu'elle avait eu le dernier mot. Ca commençait plutôt bien donc.
Kankuro avait séché les cours de l'après midi pour sortir avec ses potes, et Gaara avait gym, elle était donc la première à arriver. Elle fut donc la première à se trouver face à l'énorme croix rouge sang qui avait été inscrite sur la porte de sa maison. Elle se figea, sentit le sang quitter rapidement son crâne, si bien qu'elle était certaine d'être désormais aussi pale que son plus jeune frère. Mais c'était le cadet de ses soucis, autant le dire.
Elle ignora les regards méfiants de ses voisins et entra dans sa maison, alla chercher une éponge et du produit nettoyant dans sa cuisine. Elle ressortit et entreprit de laver la croix de la porte.
Elle eut beau frotter, encore et encore, la peinture déteignit à peine, si bien qu'elle entra à nouveau, balança l'éponge et la bouteille de nettoyant qui répandit la moitié de son contenu sur le sol et se laissa tomber contre la porte. Elle enfouit son visage dans ses mains, et les yeux perdus dans le vide, la bouche tordue dans une grimace horrifiée, le corps parcouru de tremblements elle se répéta :
- C'est pas possible, c'est pas possible, je deviens folle !
Elle se leva finalement, alla s'asseoir sur le canapé et alluma la télévision pour se changer les idées. Lorsque Gaara arriva, il s'approcha d'elle, l'air inquiet, s'apprêtant à lui demander ce qu'était cette croix dehors, mais lorsqu'il réalisa que sa sœur fixait une émission racontant la vie des orangs-outans, les bras entourant ses jambes qu'elle avait serré contre son corps comme pour se protéger, il comprit qu'il valait mieux se taire.
- Je vais acheter de la peinture, déclara-t-elle finalement en se levant.
Kankuro arriva quelques temps plus tard, alors que Temari avait déjà mis la table et attendait qu'ils viennent manger. Son sang se glaça lorsqu'il vit la croix rouge sur la porte, puis lorsqu'à l'intérieur il découvrit l'éponge et le produit nettoyant sur le sol, et un pot de peinture blanche à coté de la porte, attendant d'être utilisé.
- Je sais pas ce que c'est, déclara Temari lorsqu'il leva les yeux vers elle. Peut-être Ino, mais ça m'étonnerait qu'elle s'acharne comme ça sur moi. Les vitres pétées, les appels la nuit, et maintenant ça…
- Les vitres c'était à cause des voisins, mentit Kankuro. Je te l'ai déjà dit.
- J'en ai rien à foutre, le coupa Temari. J'en ai plus rien à foutre. Celui qui s'amuse à faire ça peut continuer, c'est pas grave. Il nous appelle ? Je changerai de numéro. Il pète nos vitres ? J'en installerai des nouvelles, blindées s'il le faut. Il inscrit des croix de merde sur ma porte ? Je les repeindrai.
Elle s'interrompit. Kankuro sentit la culpabilité augmenter un peu en lui. Il aurait voulu se frapper, se blesser assez fort pour que ce soit équivalent à ce qu'il faisait subir à sa famille.
Cette croix aurait pu n'avoir aucune signification, après tout, ce n'était que deux traits rouges qui se croisaient, deux simples traits. Mais il savait ce que ça signifiait : c'était un avertissement de plus pour lui, et une manière de faire définitivement comprendre à sa famille qu'il se passait quelque chose qu'ils ne pouvaient pas maîtriser. Ils étaient les victimes, mais ne savaient ni de qui, ni pourquoi, ni jusqu'à quel point.
Au fond, cette croix, c'était une cible. La tracer là, c'était comme écrire « c'est ici qu'on va frapper, c'est vous nos victimes ». Et ça, il était presque sûrs que Temari et Gaara commençaient à le comprendre.
Les menaces faisaient peur, bien sûr. Mais Kankuro remboursait lentement, trop lentement. Il savait que ce n'était qu'une question de temps pour que bientôt ses créanciers se lassent et passent aux choses sérieuses.
Azur eut à peine le temps d'ouvrir la porte de sa chambre que Kiba entrait dedans et allait s'asseoir sur son lit, sous le regard stupéfait de l'adolescente. Il la reluqua quelques secondes avant de déclarer :
- Ton training te fait de grosses cuisses. J'ai besoin de toi pour l'espagnol.
Elle en resta muette quelques secondes, hésitant entre le jeter dehors ou le garder là afin de le torturer jusqu'à qu'il se mette à chialer devant elle.
- On est dimanche, dit-elle enfin.
- Et ?
- Dimanche, je porte des trainings. Et dimanche, je n'aide pas les pauvres cons en espagnol.
- J'ai une épreuve demain matin, j'ai besoin d'aide, expliqua Kiba.
- Demain ? Et tu crois que je vais pouvoir t'aider en aussi peu de temps ?
- Ah ça c'est ton boulot hein…
A nouveau, elle ne trouva pas quoi répondre. C'est qu'il était culotté !
- J'ai des problèmes avec le subjuntivo.
- Quoi exactement dans le subjuntivo ?
- Tout.
- Y'a plus de dix règles ! T'en connais aucune ? s'emporta Azur.
- Aucune.
Elle poussa un profond soupir : elle n'avait aucune envie de se lancer dans un répétitoire maintenant, elle avait prévu de se plonger dans une recherche de modèles potentiels via facebook, histoire de remplir un peu plus son dossier rempli d'inconnus qui la faisait passer pour une vraie malade.
- J'avais prévu de faire un truc, désolé.
- Quoi ?
Elle n'allait tout de même pas lui expliquer qu'elle cherchait des photos sur Internet et qu'elle les stockait dans ses documents !
- Bah…
- C'est bien s'que j'pensais, tu peux m'aider ! Merci, t'es vraiment stylée quand tu veux.
Elle s'avoua vaincue et alla chercher ses affaires d'espagnol.
- Tu veux savoir quoi ? demanda-t-elle.
- Bah les règles du subjuntivo…
- Tu les as pas écrite quelque part ? Ton prof a du te les dire, t'as pas un cahier d'espagnol ?
- Bah nan, répondit Kiba comme si c'était logique.
- Alors un classeur ?
Il lui lança un regard qui signifiait clairement « tu te fous de moi là ? » et elle comprit que c'était peine perdue.
- En fait, tu fous rien en cours.
Il hocha la tête, l'air presque fier de lui, et elle dut résister à l'envie de lui coller une baffe. Il ne travaillait pas et venait demander de l'aide après, elle l'aurait bien secoué tiens.
- Bon bah prends mon cahier, et écris ce que je vais te dire ok ? Me regarde pas comme ça, tu croyais peut-être que j'allais écrire pour toi ?
Tenten était parvenue à entraîner Neji avec elle pour faire un tour en ville, pour la première fois depuis des mois : il avait horreur de l'accompagner, car elle finissait toujours par le traîner dans des boutiques de tissus ou de musique.
Cette fois-ci elle lui avait juré ne vouloir acheter que des livres, et comme il devait trouver un cadeau pour l'anniversaire d'Hinata qui approchait il était venu avec elle. Ils étaient d'abord passés à la banque et elle avait attendu à ses cotés qu'il retire l'argent à la borne. Il avait sortit son I phone dans lequel il avait écrit son code. Elle lui avait assuré que mettre le code de son compte bancaire dans « brouillon » n'était pas l'idée la plus brillante qui fut, et il avait approuvé, avant de créer un faux numéro avec ce dit code, ajoutant quelques chiffres au début pour que cela rende plus crédible. Il avait ensuite enregistré le numéro sous le nom de « Jil ».
Il avait récupéré son argent, avant rangé sa carte dans son porte monnaie, et ils étaient partis faire leurs achats.
Depuis qu'elle était rentrée dans sa chambre, ces images se répétaient sans cesse dans son esprit. Elle avait beau se maudire d'avoir de pareilles pensées, elle ne pouvait s'en empecher.
Les Hyuugas étaient extremment riches. Les jeunes de la famille possédaient une petite fortune malgré leur jeune âge. S'ils allaient à Inuchi et pas dans une école privée, c'était uniquement parce que leur famille subventionnait l'école.
Neji possédait moins d'argent qu'Hinata, puisque son père avait un rang moins élevé que celui de sa cousine, mais elle savait que son compte était tout de même bien rempli.
Ça aurait été si simple. Prendre son porte monnaie, son natel, se rendre à une borne, composer son code après avoir inséré sa carte, retirer de l'argent et aller le donner… à Kankuro. Elle ne savait pas exactement combien d'argent il possédait, ni quelle somme il était possible de retirer au maximum, mais dans tous les cas ça aurait été une grande aide…
Elle se reprit soudainement, honteuse d'avoir osé même songé à une chose pareille. Elle se leva, se dirigea vers le mannequin sur lequel elle était en train de coudre une robe, s'empara d'une aiguille et de fil et se mit à coudre rageusement, chassant cette idée de sa tête.
- Euh… salut.
Sakura se figea en même temps que Naruto. Ils se dévisagèrent une seconde, aussi gênés l'un que l'autre.
- Salut, répondit-elle. Euh, j'vais voir Tenten.
- Moi j'vais voir Kiba…
Elle ne répondit pas que Kiba ne se trouvait pas dans le couloir qui menait à sa chambre, mais il dut comprendre qu'elle était sceptique car il ajouta :
- Il est chez Azur, elle l'aide en espagnol.
- Ah, d'accord ! Bah… je te laisse alors.
Naruto la regarda s'éloigner, l'estomac noué. C'était définitif : il devenait une véritable larve lorsqu'elle était en face de lui. Il avait besoin de parler à Kiba, c'était urgent. Il fallait qu'ils sortent, qu'ils rencontrent d'autres filles, qu'ils fassent quelque chose qui l'aiderait à se chasser Sakura de l'esprit. Il n'avait pas le droit de tomber amoureux d'elle car il lui avait promis qu'ils resteraient de simples amis. Il ne pouvait quand même pas gâcher ça !
Azur cria un « entrez ! » lorsqu'il toqua, si bien qu'il s'exécuta. Il réprima un rire lorsqu'il vit Kiba entouré de feuilles de papiers, et Azur tranquillement allongée sur le sol, sa tête accoudée au rebord de son lit, énumérant ce qui semblait être des règles d'espagnol.
- Euh… salut ?
- Hola Naruto ! lança Azur avant de continuer : Para que mas subjuntivo, mais pas dans les questions !
- Kiba, je voulais te parler.
- J'ai pas trop le temps là vieux.
- Il s'est trompé sur la moitié des règles, pour la 6 ème fois au moins, expliqua Azur. Alors je lui ai fait tout recopier.
- Ca fait 6 fois que je me tape les 12 règles du subjonctif, râla Kiba. Cette fille c'est une tortionnaire.
- N'empêche que t'obéis.
Naruto examina la scène quelques instants, avant d'éclater de rire. Kiba lui lança un regard courroucé, comprenant qu'il se moquait ouvertement de lui.
- Excuse moi, mais te voir soumis à une fille, c'est trop rare !
- Mais j't'emmerde connard ! répliqua Kiba en se redressant.
- Continue à écrire ! Verbos de persepción fisíca…
Kiba se pencha à nouveau sur sa feuille, ce qui augmenta les rires de Naruto. Azur lui lança un sourire amusé avant de lui demander de sortir.
- Ouais, je bosse MOI, déclara fièrement Kiba.
- Pour une fois, fit Naruto. Bon, viens me voir quand t'auras fini.
- A ce rythme là c'est pas prêt d'être le cas, ricana Azur.
Kiba sembla vexé ce qui amusa un peu plus Naruto. Il sortit de la chambre, ne comprenant pas comment Azur était parvenue à le faire travailler avec autant d'acharnement. Lorsqu'il raconta la scène à Shikamaru au téléphone, ce dernier lui expliqua que c'était évident :
- Azur a choppé le truc depuis un moment : c'est impossible de pousser Kiba à faire un truc qu'il refuse de faire, sauf si t'arrives à toucher son point faible.
- Quoi ?
- Sa fierté. C'est un mec quoi. Elle a du le mettre au défi ou un truc du genre, ça m'étonnerait pas.
Et Shikamaru avait tout à fait raison. La technique d'Azur marcha à merveille, même un peu trop, car le cours dura plus longtemps que prévu, et à 22 heures elle lui expliquait encore les deux dernières règles qu'il n'arrivait pas à retenir. Il s'était passé quelque chose qu'elle ne pouvait expliquer, et il semblait soudainement décidé à réussir cette épreuve. Elle devinait cependant qu'il ne faudrait pas lui en demander plus, s'il parvenait à avoir une bonne note pour ce travail, il se reposerait automatiquement sur ses lauriers. Enfin, ce serait déjà ça…
Kiba n'était pas si mauvais que ça. Il assimilait plutôt vite, mais comme le sujet n'était pas facile, il lui avait fallu pas mal de temps pour rattraper son retard. Elle ne doutait pas que s'il fournissait un travail normal, il s'en sortirait avec une moyenne tout à fait respectable, il lui aurait juste suffi de fournir quelques efforts. Mais il se foutait totalement des cours, de ses notes, de son avenir même. Ca se voyait à sa façon de parler lorsqu'elle lui demandait pourquoi il ne travaillait pas tout simplement en cours au lieu de se retrouver la veille à stresser à 22h du soir.
La vérité, c'était que Kiba se sentait trop bien dans son rôle pour oser en sortir. Il était capable d'obtenir de bonnes notes, mais ne s'en donnait pas les moyens, par manque d'envie ou de courage, ou les deux. Elle supposa qu'il fonctionnait comme ça à tous les niveaux, il pouvait certainement évoluer, mais était tout bonnement incapable de se bouger.
Elle trouva ça triste, sans savoir réellement pourquoi. Elle commençait à entrevoir en Kiba quelque chose de bon, mais qu'il enfermait si profondément qu'il était incapable de le voir si on ne passait pas un peu de temps avec lui. Elle avait l'impression qu'en fait ça lui plaisait, de passer pour un connard pervers.
- Je suis prêt, déclara-t-il.
Cette fois-ci il récita les 12 règles par cœur, les unes après les autres. Elle lui lança un immense sourire plein de fierté, et ne put s'empêcher d'applaudir. Il lui sortit son sourire « I'm the best, oh yeah ! » et se leva, prêt à affronter l'épreuve de Kurenai.
- T'as intérêt à cartonner avec tout le temps que j'ai passé à t'aider.
- Je vais tout péter, ouais !
Elle s'amusa de le voir aussi fier de lui, comme un gamin qui apprenait à écrire et le racontait à sa maman.
- Essaie de continuer à bosser… tenta-t-elle.
Elle comprit à son regard que c'était hors de question pour lui. Elle leva les yeux au ciel et laissa tomber : après tout, elle l'avait aidé en espagnol, elle avait rempli sa part du contrat. Après, c'était à lui de se débrouiller.
Il sortit de sa chambre en la saluant et ne la remercia pas. Lorsqu'elle réalisa cela, et qu'il était 23 heures, elle sentit une bouffée de colère monter en elle.
- Connard ingrat va !
De temps en temps, le père d'Ino ressortait de vieilles vidéos, s'installait au salon et contemplait ses souvenirs brisés. Il se remplissait de chaque sourire, chaque rire venu du passé, avant d'éteindre la télévision et de retourner à sa vie sans couleur. Parfois, sa fille s'asseyait à coté de lui et ils regardaient ensemble leur passé, sans un mot. Ce soir là, elle l'avait rejoint. Il ne l'avait pas regardé, mais il l'avait deviné, sentant sa présence à ses cotés. Devant eux, une petite noiraude fêtait ses 5 ans, entourée de plusieurs gamins. L'un d'eux, plus gros que les autres, se faisait gronder par la mère de la petite fille, parce qu'il avait mangé une part du gâteau avant l'heure. Un autre, un petit maigrichon aux cheveux longs, somnolait dans un coin. Les souvenirs défilèrent en accéléré, jusqu'à ce que le père d'Ino arrive au moment qu'il souhaitait voir. Il reposa alors la télécommande.
Il ne restait plus que trois enfants. La petite qui fêtait ses 5 ans, le gamin un peu enveloppé, et le maigrichon. Leurs parents saluaient la caméra, lançaient des blagues plus ou moins drôles, serraient leurs enfants dans leurs bras ou embrassaient leur conjoint. La petite fille dansait innocemment sur l'air que son père jouait au piano, sous le regard émerveillé des deux autres enfants.
- Ino ! Viens faire un bisou à la caméra ! s'écria une voix de femme derrière la caméra.
La gamine s'exécuta, avant d'éclater de rire.
- J'ai bavé sur la caméra !
La femme gronda sa fille sans l'air de trop y croire, puis la caméra se tourna vers la gauche. Un homme aux cheveux clairs ramenés en une couette entourait les épaules d'une fine noiraude. La caméra resta fixée là un long moment.
Puis le noir emplit l'écran. Le père d'Ino se leva et changea de cassette. Lorsqu'il retourna s'asseoir sur le canapé, sa fille était partie.
A l'étage supérieur, dans la salle de bain voisine de sa chambre, Ino avait retiré ses bijoux et ses vêtements, s'était démaquillée et avait enfilé un vieux tee shirt qu'elle mettait pour dormir. Elle resta là quelques secondes à contempler son visage. Puis elle retira ses lentilles, dévoilant des yeux d'un brun sombre. Aussi sombre que les racines de ses cheveux teints.
Elle secoua ses cheveux et se regarda à nouveau. Non. Elle pouvait retirer tout les artifices qu'elle portait, ça n'y changeait rien : elle ne ressemblait plus en rien à cette gamine sur la vidéo.
Il y a quelques passages dans ce chapitre qui me plaisent bien, notamment celui avec Temari et celui avec Ino, à la fin, que j'ai adoré écrire. Le reste euh... voilà quoi. Ça a été écrit il y a si longtemps. Le problème est que si je veux avancer un jour l'histoire, il faut bien poster hein. Je m'excuse donc pour ce chapitre moyen et qui en plus, arrive tardivement. Gros bisous à tous, merci pour votre lecture ! :)
