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Oups, chapitres intervertis. Désolée mais ce n'est pas encore la réunion avec l'ancienne équipe mais il arrive bientôt, promis.

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Ce chapitre se centre rapidement sur l'arrivée de Grant et introduit l'enquête commune et quelques explications sur le passé de Tony avec l'équipe de Gibbs.

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Bonne lecture et à vos commentaires, comme d'habitude.

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Chapitre 20 : Passé dévoilé

Durant la semaine suivante, plusieurs changements intervinrent dans l'équipe du NCIS. Comme convenu, Maria déposa son arrêt maladie et commença les préparatifs pour son départ qui devait intervenir le mois suivant. Vance lui envoya un mail l'informant qu'un nouvel agent serait affecté à son équipe sous peu, son arrivée prévue pour pallier l'absence de l'Agent Parker.

Ce qui étonna Tony fut qu'il ne lui donna aucune information sur cet agent et ne lui adressa pas le dossier. Simplement, une petite note précisant qu'il serait certainement satisfait par la personne qui viendrait en renfort. Le chef d'équipe espérait que le Directeur ne lui avait pas envoyé un ancien collègue, bien qu'il doute que ce soit le cas.

Il attendit patiemment que cet agent se présente n'ayant aucune idée précise sur le délai qu'il lui faudrait pour déménager. Alors qu'il spéculait encore sur son identité, la personne qui se présenta laissa Tony tout ébahi. Il se figea d'un bloc et mit quelques instants à assimiler la réalité. Il ne s'attendait pas à revoir son ancien bleu et ex amant dans ces conditions. Tony ignorait si Grant avait espéré ainsi renouer leur liaison ou s'il avait un autre motif.

« Grant… » s'exclama-t-il d'un ton surpris. « Qu'est-ce qui t'amène à Honolulu ? »

« Agent DiNozzo, je suis votre nouvel agent » annonça Grant d'un ton formel.

Puis sans façon, il s'avança vers Tony et l'étreignit avant de déposer un chaste baiser sur sa joue puis de s'écarter et de river son regard sur celui de son chef d'équipe. Encore sous le choc de la surprise, l'italien se laissa faire sans protester et sans se dérober. Il sentait les regards curieux de ses subordonnées lui brûler le dos mais il était trop… hébété pour se tourner vers eux.

Il tenta de se reprendre alors que Grant ne lâchait pas son regard, les yeux rieurs et un sourire étirant ses lèvres. Le bâtard se moquait gentiment de lui et il adorait le voir être embarrassé, apparemment. Tony lui adressa une grimace avant de prendre une profonde inspiration.

« Ok, les gars, voici l'Agent Grant Giordano, il a été mon 'bleu' durant quelques semaines à DC » précisa-t-il à son équipe. « Grant, voici les agents John Mitchell, mon bras droit Paul Carter, notre informaticien et Colin Webster, notre agent junior. »

« Enchanté de vous connaitre tous » les salua Grant. « J'espère m'intégrer rapidement et travailler en bonne entente. Je ne pense pas être un poids mort, j'ai eu une solide formation. Tony… l'Agent DiNozzo a été un mentor formidable et j'ai beaucoup appris avec lui. »

« Bienvenue parmi nous, Grant » dit John. « Ici, pas de chichi, les prénoms sont d'usage à part si vous souhaitez utiliser votre nom. »

« Vous pouvez appeler DiNozzo par son prénom ou bien par Chef » souligna Paul en lui serrant la main. « Mieux vaut éviter Patron cependant, il a horreur qu'on l'appelle ainsi. »

« Dûment noté » approuva le bleu qui connaissait la raison de cette restriction.

« Et si le chef vous a formé, vous devez être opérationnel immédiatement, c'est formidable » renchérit Colin en échangeant une poignée de mains. « Nous n'aurons pas besoin de nous pencher sur des enquêtes non résolues plus longtemps » plaisanta-t-il.

Tony observa d'un œil amusé ses agents faire connaissance tranquillement, échanger quelques informations tout en dégustant café et pâtisseries. Il comprenait maintenant la raison du silence de Vance sur le nouveau membre de son équipe. Et il se promettait à l'occasion de revenir sur le sujet. Non pas qu'il soit fâché si la venue de Grant ne générait pas de perturbation dans son équipe mais surtout dans sa vie.

« Grant, si tu veux bien me rejoindre dans mon bureau » demanda-t-il en interrompant la discussion amicale entre ses subordonnés.

Giordano s'excusa auprès de ses nouveaux collègues et suivit Tony dans le bureau individuel, son supérieur ferma la porte et alla prendre place dans le fauteuil. Grant s'installa sur la chaise qui lui faisait face et attendit que Tony lance la conversation. Mais Tony tentait encore d'assimiler son adjonction dans son équipe.

« Il semble que mon arrivée n'était pas à l'ordre du jour » nota tranquillement Grant.

« A vrai dire, le Directeur m'a annoncé la venue d'un nouvel agent sans me préciser le nom ou m'envoyer le dossier » précisa Tony pour lever tout doute. « Je ne savais pas que tu souhaitais quitter DC. Tu n'as pas fait mention de cette éventualité lors de nos échanges de mail. »

Grant comprit que Tony se posait des questions sur la raison de son transfert et qu'il se demandait s'il souhaitait renouer leur liaison.

« A vrai dire, je n'étais pas spécialement attiré par Hawaï mais quelqu'un m'a fait changer d'avis » expliqua l'ex Seal. « Quelques semaines après ton départ, j'ai rencontré quelqu'un. Il s'appelle Josh Ryan, il est restaurateur. Il va ouvrir un établissement ici à Honolulu et puisque je connaissais déjà le chef d'équipe du bureau et sachant que je n'aurais aucune difficulté à travailler avec lui, j'ai demandé un transfert au Directeur. »

« Hum, heureux de savoir que tu as quelqu'un dans ta vie, Grant » dit Tony en se passant la main dans le cou. « Je n'ai pas été très présent pour toi et Jimmy, ces derniers temps mais entre les enquêtes et… ma vie privée, j'ai été pleinement occupé. Je me suis également chargé de trouver une maison pour Tobias et Emily, ce qui a encore réduit mon temps libre. »

« Comment ça se passe ici ? Le travail, ta vie ? » s'enquit Grant.

« Je n'ai pas à me plaindre, j'ai une bonne équipe, très bonne même » avoua Tony avec sincérité. « Aucun de mes agents ne se comporte comme s'il était meilleur que son collègue, mes ordres sont suivis, commentés si besoin mais non rejetés ou carrément ignorés. Nous déplorons le départ de la seule femme qui part pour une très bonne cause. Ce qui fait que mon équipe sera composée entièrement de mâles. »

« Et cette situation te dérange ? »

« Non, pas du tout, aucun de mes subordonnés n'a la grosse tête, chacun connait son rôle dans l'équipe » affirma Tony en secouant la tête. « Je répartis les tâches en fonction de l'utilité de chacun par rapport aux besoins de l'enquête, j'utilise les compétences de chacun là où elles sont nécessaires. Et personne ne retient contre moi le fait que je sois plus jeune que tous mes subordonnés » ajouta-t-il en esquissant un petit sourire.

« Le fait que tu sois notre cadet ne doit pas être retenu contre toi, tu as assez d'expérience en tant qu'enquêteur qui justifie ton poste et le Directeur a jugé que tu étais capable de devenir chef d'équipe, c'est suffisant pour des agents qui ne portent pas de jugement inconsidéré » nota simplement l'ex Seal. « Tu as également mis en place une bonne organisation, tu peux diviser l'équipe et travailler sur deux fronts. »

« Oui, c'est la raison que j'ai exposée au Directeur pour l'inciter à me doter d'un autre agent de façon à pouvoir traiter deux affaires simultanément » spécifia l'italien.

« Et tes relations avec les forces policières de l'ile ? »

« Très bonnes » déclara son supérieur en souriant légèrement. « Il a suffi qu'une de nos enquêtes permettent au HPD de clôturer une douzaine des leurs pour remporter leur adhésion. Une autre nous a associés à l'équipe spéciale du Gouverneur, le 5.0 et notre entente a été simple et réussie. Notre première rencontre officielle a permis de définir les règles de notre coopération, ce qui a facilité nos relations. »

« En somme, Tony DiNozzo est passé par là et les difficultés se sont aplanies » résuma Grant en souriant largement. « Vance a misé sur le bon cheval en t'envoyant ici. J'ai entendu parler de l'arrestation de Kadri comme tout un chacun à DC et je suis persuadé que l'agent qui a permis son arrestation se tient devant moi. Ai-je raison ? »

Tony l'observa durant quelques instants avant de s'autoriser à lui répondre.

« Le lieu de son arrestation et le nom de l'agent responsable sont confidentiels » indiqua Tony d'un ton sérieux. « Le transfert a eu lieu sous le couvert de la Marine pour éviter d'ébruiter cette information. Je me doute que Vance ne l'a pas dévoilée à dessein. »

« Il n'a pas eu besoin de dire grand-chose lorsqu'il a annoncé la nouvelle, juste que la vie de l'agent pouvait être en danger, pour que personne ne tente de connaitre le fin mot. »

« Bonne initiative » approuva le chef d'équipe.

« Ce qui n'empêche que je suis persuadé que tu es responsable de cette arrestation » gronda Grant en pointant un doigt vers Tony. « Mais je ne vais pas tenter d'en savoir plus, ni cuisiner tes agents pour confirmation. Il suffit de connaitre la façon dont son arrestation s'est déroulée pour se faire une idée. Tu as toujours saisi les opportunités lorsqu'elles se présentaient à toi et celle-là était une qu'il ne fallait pas rater. Félicitations pour ton initiative et pour cette capture. »

« Grant, tu es impossible » grogna Tony en lui adressant un franc sourire. « Je ne confirme, ni ne dénie. Dans un cas comme dans l'autre, tu serais capable d'y voir la vérité. »

« C'est de bonne guerre mais je ne mettrais jamais ta vie en danger en dévoilant ce 'secret', promis, juré, Tone » déclara l'ex Seal en levant la main droite comme s'il jurait.

« Je sais que tu ne serais pas assez mesquin ou pire pour jouer avec ma vie, je n'ai aucun doute à ce sujet, Grant » répondit Tony.

« Et ta vie personnelle, si la question n'est pas indiscrète ? » demanda son agent d'une voix calme. « A te voir ainsi, je dirais que tu n'es pas… ou plus seul. Tu parais plus posé, plus… hum… heureux serait le mot juste. »

Son expression faciale était juste amicale, curieuse mais pas invasive. Tony connaissait assez son ex amant pour savoir qu'il s'inquiétait sans doute pour lui mais qu'il ne pousserait pas plus loin s'il ne désirait pas répondre. Et sa damnée intuition était toujours aussi vive surtout lorsqu'il s'agissait de Tony apparemment.

« Comme toi » se résolut-il à dire. « J'ai rencontré quelqu'un. »

« Quelqu'un de bien, j'espère parce que tu mérites de trouver un mec qui non seulement te comprenne, te soutienne mais t'aime pour qui tu es et non pour qui tu pourrais devenir selon ses désirs » spécifia Grant.

« Aucun souci de ce côté, nous n'essayons pas de changer la personnalité de l'autre » stipula Tony. « Nous exerçons tous deux des métiers prenants et dangereux, nous connaissons les impératifs de nos professions et donc nous profitons au maximum des moments que nous pouvons partager. »

« J'espère faire sa connaissance et lui expliquer qu'il a tout intérêt à prendre soin de toi » déclara Grant. « Et si tu nous invitais tous à diner avec Tobia et Emily, ce serait l'occasion de te faire rencontrer Josh » proposa-t-il avec un grand sourire. « Vous pourriez rivaliser pour nous concocter un repas. »

« On verra ça dans quelque temps, mon homme et moi avons un pari en cours avec un barbecue à la clé » lui apprit Tony. « Mais pour l'instant, il est temps de se mettre au travail et pour toi, de te familiariser avec l'équipe. Et Grant, je suis content que tu sois ici et je serai honoré de faire la connaissance de ton homme. »

Sur ce, Tony se leva et fit signe à Grant de le suivre. Il était temps de reprendre le travail et de voir si la nouvelle addition fonctionnerait.

Le reste de la journée se passa donc à évaluer l'interaction entre ses agents et à mettre Grant au courant de leurs enquêtes, de la routine établie depuis son arrivée à la tête de l'équipe, de la manière de traiter avec les forces de police de l'ile.

Tony omit délibérément de mentionner sa relation personnelle avec le chef du 5.0, elle ne devait pas influencer quiconque d'une manière ou d'une autre. Et il fallait que son nouvel agent se fasse sa propre opinion pour éviter de fausser son jugement.

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La semaine suivante fut également assez occupée, Vance avait finalement pris acte de sa demande de lui octroyer un agent supplémentaire et après l'arrivée de Grant, le bureau venait d'accueillir un nouveau membre, l'Agent Charles Reynolds. Veuf et père d'un adolescent, ex Marine, agent depuis 10 ans mais ne souhaitant pas devenir chef d'équipe, il complétait ainsi son équipe pour une organisation fonctionnelle.

En fonction de la nature des enquêtes qui se présentaient, Mitchell et lui se partageraient la gestion des agents suivant les besoins du moment. De plus en plus d'enquêtes – parfois mineures – les obligeaient à repousser l'instruction. Désormais, avec deux équipes de trois agents, ils pourraient traiter plus d'affaires. En tant que chef d'équipe, Tony se réserverait le droit de partager ses agents en dernier ressort.

La configuration de leur espace de travail fut modifiée pour contenir les six bureaux, Tony ayant décrété qu'il n'émigrerait pas dans la pièce qui servait de bureau occasionnel pour des rencontres particulières. L'italien n'avait aucune envie de se trouver coupé du reste de son équipe comme Barnett l'avait fait.

Il ne fallut que quelques jours pour que tous s'adaptent les uns aux autres et que la machine tourne sans heurt. Grant et Charles avaient vite pris leurs marques et s'étaient adaptés avec facilité non seulement à la vie de l'ile mais aussi au travail de l'équipe, les enquêtes n'étaient pas toutes aussi intéressantes ou vitales que celles traitées par les équipes de DC.

Elles étaient cependant suffisamment variées pour ne pas être ennuyeuses et Tony veillait à ce qu'une tournante soit assurée afin que chaque agent puisse travailler sur différents types d'affaires pour conforter leur expérience et augmenter leur chance de les résoudre. Ils pouvaient ainsi exercer leur mode de réflexion et envisager toutes sortes de scénario qui les aidaient à résoudre les enquêtes.

Tony avait la satisfaction de constater que ses références cinématographiques avaient permis de conclure certaines affaires avec succès. Son équipe avait alors commencé à imiter son mode de raisonnement et rivalisait pour trouver des mobiles plausibles aux crimes commis et découvrir les coupables.

Certes, ses agents n'avaient pas sa vaste culture cinématographique et il suppléait donc parfois leur lacune en la matière. Aucun ne lui en tenait rigueur dans la mesure où souvent, il se référait à de vieux films que ses subordonnés ne connaissaient pas et n'avaient donc jamais visionnés.

En toute honnêteté, Tony pouvait dire qu'il était satisfait de ce que sa vie était devenue depuis son départ de DC et son installation à Honolulu. Non seulement par rapport à son équipe qui lui était dévouée et le respectait mais aussi par rapport à sa relation professionnelle avec Vance qui s'était nettement améliorée après le départ de Shepard.

Vance avait pris le temps d'analyser le travail de ses équipes et compris le fonctionnement de celle que Tony dirigeait après le départ de Gibbs pour Mexico. Entre jalousie, irrespect et insubordination puis le manque de soutien de Gibbs à son retour et son comportement erratique vis-à-vis de son second, Tony avait eu bien du mal à ne pas jeter l'éponge et quitter l'agence.

En bon manageur, Vance avait su temporiser en intégrant Grant à l'équipe pour tenter de modifier la dynamique de groupe mais son initiative n'avait pas remporté le succès qu'il espérait. En dernier ressort, il avait finalement décidé qu'il valait mieux éloigné son agent en lui octroyant au passage une promotion bien méritée pour montrer à ses anciens collègues en quelle estime il tenait l'italien.

Désormais, Tony savait pouvoir compter sur ses subordonnés pour assurer le travail quotidien dans tous ses aspects. Aucune jalousie, insécurité ou autre ne venait entraver la relation qu'il avait réussie à instaurer avec chaque membre de son équipe. Et ce n'était pas l'arrivée de Grant ou celle de Reynolds qui pourrait changer ce point.

D'une part, Grant avait demandé que son mentor soit Tony et leur courte collaboration avait été harmonieuse et fructueuse pour chacun d'eux. D'autre part, Reynolds avait demandé son affectation dans l'équipe de Tony sur les recommandations de plusieurs autres agents lorsqu'il avait souhaité s'éloigner de la capitale après la tragédie qu'il avait éprouvée.

Quant au chapitre de sa vie personnelle, il pouvait dire que tout allait pour le mieux. Sa relation avec Steve était bien différente de toutes celles qu'il avait connues jusqu'ici et notamment celle avec Gibbs. Les deux hommes apprenaient à se connaitre un peu plus chaque jour, aucun d'eux ne cherchait à contrôler l'autre ou à le dominer, ni à tenter de le faire changer.

Malgré les aléas de leur profession et les inconvénients liés aux horaires, ils parvenaient à passer plusieurs nuits ensemble par semaine. Certes, certaines étaient écourtées plus que d'autres mais les quelques heures qu'ils arrivaient à être ensemble étaient précieuses. Trouver un juste équilibre entre son poste d'agent fédéral et celui de Steve était difficile et relevait d'un exploit permanent.

Et pourtant, Tony ne songeait pas à changer quoi que ce soit à sa vie actuelle, il était bien n dans son esprit et dans son corps. Il avait perdu du poids, ses poumons fonctionnaient mieux et ne le limitaient plus autant qu'à DC. L'air chaud et sec de l'ile avait fait des miracles et Brad était satisfait de leur état stationnaire.

Il avait un seul souhait… un peu pervers sans doute, celui que son ancienne équipe puisse le voir aujourd'hui entouré d'une équipe compétente et amicale et dans un rôle de chef d'équipe qui surpassait celui de Gibbs. Son ancien patron ne gérait que trois agents tandis que désormais, Tony avait cinq agents sous ses ordres.

L'avenir dirait si un jour, ce désir se réaliserait.

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Deux semaines après l'arrivée de ses nouveaux agents, une enquête particulièrement complexe leur échoua, le meurtre de deux Marines. Très vite, Tony suspecta qu'elle avait des allures de 'contrat' à la mode mafieuse même si la mafia locale ne semblait pas y être mêlée. La méthode d'exécution de leur victime rappelait celle employée pour servir d'exemple au sein de la mafia, victime agenouillée sur le sol, les mains liées dans le dos et une balle logée à la base du crâne.

Trois jours après la découverte macabre, Steve écopa d'un homicide avec le même mode opératoire. Et comme pour l'enquête fédérale, aucun indice ne permettait d'avancer dans leur investigation. Le lieu où les corps avaient été découverts n'était pas la scène de crime originelle. Aucun témoin visuel pour leur fournir une piste, du moins aucun qui ne se soit manifesté volontairement.

L'enquête était une de celles qui allait demander un effort surhumain, l'équipe du NCIS et celle du 5-0 étaient sur le pied de guerre depuis plusieurs jours et rien n'avançait. Tony et Steve étaient les premiers au bureau et les derniers partis, ils accumulaient les heures de boulot mais dormaient peu, trop peu selon leurs collègues.

Tony voulait rendre justice aux deux victimes qui laissaient une veuve et plusieurs orphelins. Et son instinct lui disait que plus le temps passait et plus le nombre de victimes pourrait s'accumuler.

Ce soir-là, Steve décida que c'était assez et qu'il fallait qu'ils prennent du repos. Sachant que Tony était encore pire que lui, il assigna une permanence tournante entre les membres de leurs équipes respectives. Deux membres, un de chaque équipe, assureraient une garde de nuit à compter de ce jour afin de permettre aux autres de se reposer. Il entraîna un Tony récalcitrant avec lui, les conduisit jusque chez l'italien, gara la voiture sous l'abri, guida son compagnon dans la maison et l'installa sur le canapé.

Il se rendit dans la cuisine, inspecta le réfrigérateur, sortit un plat préparé par le propriétaire des lieux et le mit à réchauffer. Il dressa ensuite la table, jeta un coup d'œil dans le salon et sourit tristement. Tony était toujours là, dans la même position, les yeux ouverts mais semblant ne rien voir. La sonnerie du four le ramena à la réalité, il sortit le plat, le déposa sur la table et revint dans le salon.

« Allez, Tony, le repas est prêt » dit-il doucement comme s'il s'adressait à un enfant. « Viens manger et après, au lit. Une bonne nuit de sommeil nous apportera peut-être des idées. »

Tony ne dit rien mais le suivit, s'installa à table, s'empara de ses couverts et commença à manger. Le repas fut silencieux, Steve n'avait jamais vu son compagnon aussi muet alors qu'il se restaurait. L'italien semblait toujours avoir quelque chose à dire durant ces moments-là et le voir ainsi lui serrait le cœur. Il soupira discrètement et termina son assiette, se réjouit intérieurement de voir que Tony avait vidé la sienne.

L'ex Seal se leva, débarrassa la table, rangea la cuisine et revint vers son ami. L'agent n'avait pas bougé et Steve lui posa une main sur l'épaule pour attirer son attention.

« Viens » ordonna-t-il sobrement en lui tendant la main.

Tony le regarda, lui sourit et prit la main tendue. Une fois debout, il fit face à Steve, se pencha et lui déposa un bref baiser sur les lèvres.

« Merci » déclara l'italien en lui serrant la main.

Steve comprit, rendit l'étreinte et lui sourit en retour.

« Les amis sont fait pour ça, s'épauler dans les moments difficiles » répliqua l'ex SEAL d'un ton sincère.

« Et j'apprécie d'autant » affirma Tony. « J'ai peu de vrais amis et je suis heureux de te compter parmi eux, tu es même en tête de liste. »

« Encore heureux » s'esclaffa-t-il. « En tant qu'amant, je serais navré d'apprendre que j'occupe une place moins envieuse. Allez, viens, allons nous reposer, j'ai besoin de te serrer dans mes bras » ajouta-t-il sans honte.

« Juste me serrer » bouda Tony.

Steve éclata alors de rire, il était toujours stupéfait de voir l'effet que cet homme avait sur lui. Il savait que lorsque tous deux étaient dans un lit, ce n'était jamais simplement pour un câlin, ils avaient toujours envie de plus et il était étonné de vouloir encore et encore plus après ces quelques mois ensemble. Il n'était pas prêt d'être rassasié de cet homme et il espérait ne jamais l'être.

Il lui semblait qu'il ne passait jamais assez de temps avec l'italien, il n'était pas prêt à le laisser s'éloigner de lui, il était… comme un assoiffé qui aurait passé plusieurs jours dans le désert, un affamé qui n'aurait pas mangé depuis une semaine. Il ne serait jamais comblé, il avait besoin de Tony pour se sentir vivre et cette constatation l'amena à considérer l'avenir sous un nouveau jour.

Les deux hommes se dirigèrent vers la chambre main dans la main, Tony inconscient des pensées qui se bousculaient dans l'esprit de son amoureux. Une fois dévêtus, ils s'allongèrent et comme Steve l'avait dit, Tony s'installa confortablement entre ses bras. Et malgré leur désir, le sommeil les prit rapidement et Steve sourit juste avant de sombrer, tant pis pour la bagatelle, elle devrait attendre.

Le lendemain matin, les deux hommes entamèrent leur routine en prenant une douche commune qui tourna court après avoir satisfait leur désir mutuel. Ils finirent de se laver, se séchèrent, se rasèrent, se brossèrent les dents avant de repasser dans la chambre. Tandis que Tony sélectionnait soigneusement sa tenue et ses accessoires, Steve se contenta d'enfiler un pantalon de treillis, un tee-shirt et un blouson.

« Très sexy » souligna Tony en le regardant.

« T'es pas mal non plus mais je te préfère nu comme un ver » rit le chef du 5-0.

« Cesse de faire ce genre de remarque si tu tiens à arriver à l'heure à ton bureau » suggéra Tony en riant malgré lui.

Steve s'avança jusqu'à lui, le regarda avidement avant de se pencher pour l'embrasser passionnément. Il était toujours stupéfait de réaliser que, désormais, Tony ne se raidissait plus lorsqu'il envahissait son espace personnel, il était devenu coutumier du fait et acceptait plus volontiers que son amant n'hésite plus à le faire sans l'avertir. Cependant, Steve était toujours prudent et annonçait clairement son intention en attendant quelques secondes avant d'amorcer son geste, histoire de ne pas surprendre l'italien.

Lorsqu'ils se séparèrent, il sourit à l'italien qui lui rendit la pareille, un sourire sincère qui illuminait les prunelles émeraude de son propriétaire. Ce sourire était destiné uniquement à Steve, il lui montrait que Tony était heureux avec lui, il était synonyme d'amour pour lui. Il savait que l'homme hésitait à prononcer le mot mais il ne doutait pas qu'il soit aimé. Les actions de Tony étaient plus explicites que les mots qu'il pouvait dire mais il serait enchanté lorsqu'il les entendrait.

Steve agrippa la main de son compagnon et l'entraîna dans la cuisine où l'odeur du café frais délivré par la machine préprogrammée les accueillit. Un détail qui avait fait sourire l'ex Seal et lui avait fait comprendre pourquoi son homme s'était un jour pointé chez lui et s'étant rendu compte qu'aucune cafetière digne de ce nom n'était disponible dans la maison, il avait maugréé. Le lendemain, il arrivait avec un modèle récent programmable qui permettait de faire différentes boissons et tout un stock de dosettes. Steve avait secoué la tête avant de le remercier proprement par un baiser.

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Une fois parvenue dans les locaux du 5.0, Tony reçut un appel de la base indiquant que DC cherchait à le joindre. L'agent demanda donc à Steve de se mettre en communication avec le bureau de la capitale pour éviter de faire un aller-retour entre Pearl et le quartier général du 5.0.

La conférence entre le directeur du NCIS, son équipe locale et le 5-0 prit une tournure que personne à Hawaï n'aurait pu envisagée. Vance leur annonça que son équipe première était concernée par l'enquête étant donné que deux de ses affaires étaient directement reliées à la leur. Dans la perspective d'une enquête conjointe, l'équipe principale de Washington - autrement dit celle de Gibbs - serait dépêchée sur place pour se joindre à eux.

Vance savait que cette décision pouvait engendrer des tensions, aussi prit-il la précaution de préciser que Tony était en charge de l'investigation et qu'il avait mentionné ce fait à l'Agent en charge de l'équipe de la capitale. Leur arrivée était prévue dans 4 heures, il préconisa qu'un membre de l'équipe les attende à l'aéroport pour les conduire au quartier général du 5-0 que Tony avait choisi comme point d'attache. Le directeur lui souhaita bonne chance et lui rappela qu'il était disponible en cas de besoin ou si la situation devenait conflictuelle.

Lorsque la communication fut coupée, Tony s'empressa de quitter le bureau, il avait besoin d'air frais, la prochaine arrivée de son ancienne équipe n'était pas pour le réjouir. Il n'avait aucune envie de se coltiner ses anciens collègues et un Gibbs furieux de se voir reléguer au rang de second couteau. L'ancien Marine serait certainement plus enclin à vouloir mener la barque tout seul justifiant sa décision par le fait qu'il avait deux affaires similaires en cours.

Une main se posa sur son épaule le tirant de ses réflexions.

« Quelque chose te chiffonne » nota simplement Steve.

Le commandant avait bien compris, aux propos énoncés par le Directeur Vance, que la venue de l'équipe de Washington pouvait être problématique.

« En effet » opina Tony. « Je vais devoir vous expliquer ce qu'il en est, vous devez savoir à quoi vous attendre avec cette équipe. »

« On est tous là avec toi, Tony » rappela le chef du 5-0 en posant un bras autour des épaules de son compagnon. « Ton équipe, mon équipe et les membres du département de police. Tu peux compter sur nous tous si besoin. Allez, viens donc nous faire un topo sur tes collègues et nous prendrons ensuite une pause avant de les recevoir » conseilla-t-il en les ramenant dans la salle.

« Les explications risquent de prendre du temps, mieux vaut prévoir de se restaurer pendant que je vous mets au courant de certains choses. »

« Ok, j'envoie l'équipe nous chercher ça et pendant ce temps, tu te relaxes un peu » conseilla Steve. « Va au gymnase, je t'y rejoins dans cinq minutes. »

Steve alla donner ses instructions et les deux équipes choisirent de faire les emplettes ensemble. Steve sourit et se réjouit de voir qu'au fil des mois, les deux groupes étaient parvenus à travailler main dans la main, ces hommes et femmes avaient réussi à mettre en commun leurs compétences pour résoudre leurs enquêtes conjointes. Les deux chefs d'équipe étaient heureux que leurs subordonnés soient devenus presque des amis qui se respectaient et se serraient les coudes au besoin.

Il descendit au gymnase et trouva Tony qui tapait dans un sac. Pieds nus et mains gantées, il expulsait la tension qui l'habitait. Le Commander savait que son compagnon choisissait toujours de se défouler en pratiquant un sport quelconque, une sorte d'exutoire pour l'italien. Il le laissa donc décompresser durant plusieurs minutes en admirant le spectacle.

Tony était toujours un régal pour les yeux, il avait une grâce de mouvements qui ne cessait de surprendre Steve. L'homme qu'il avait rencontré presque six mois plus tôt avait changé, il était moins triste, souriait plus souvent. Il avait définitivement changé de mode de vie, son corps en attestait, la pratique intensive de différents sports avait porté ses fruits, les muscles étaient maintenant bien définis et la graisse qui s'était accumulée avait fondu.

Les abdominaux étaient désormais parfaitement dessinés et le ventre plat était un atout de plus qui attirait le regard. La taille avait repris une forme avantageuse, les pectoraux étaient mis en valeur par la toison brune, les cuisses étaient longues et musclées. En un mot, l'homme était à croquer et faisait tourner bien des têtes sur son passage.

Il laissa l'agent se dépenser encore quelques minutes avant de l'inciter à stopper, se doucher et venir rejoindre leurs groupes pour partager repas et révélations. Il fut heureux de constater que Tony ne lui opposa pas un refus mais lui dédia un sourire auquel Steve répondit en l'embrassant langoureusement.

Quelques minutes plus tard et après une douche rapide, l'italien était fin prêt à se mettre à nu dans l'intention de prévenir chaque membre impliqué dans les enquêtes de ce qui les attendait avec l'arrivée de Gibbs et sa cohorte.

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Les deux chefs virent les membres de leurs équipes les dévisager dans l'espoir de comprendre. Eux aussi avaient bien saisi le double sens des propos du Directeur du NCIS ; ils savaient donc que les prochaines heures, sinon les prochains jours, seraient stressants. Tony et Steve échangèrent un regard et d'un signe de tête, le second encouragea le premier à se lancer.

« Bien, je pense que le mieux serait de s'installer confortablement et je vous ferai un topo sur ce qui nous attend » déclara l'italien d'un ton posé. « Mon équipe, tout comme la tienne, Steve, n'est pas informée de ce que je vais vous dévoiler… à moins que l'un de nos experts informaticiens ne se soit parjuré en fouillant dans mon dossier » ajouta-t-il en esquissant un petit sourire indulgent.

Tony savait qu'il allait devoir expliquer certaines choses et même sans entrer dans le détail, il lui fallait les prévenir. Il était temps qu'il s'ouvre un peu et leur dévoile qui était Anthony DiNozzo.

« Vance nous envoie l'équipe première du bureau de Washington, c'est sa meilleure équipe, celle dont le taux de réussite est proche des 97% d'affaires résolues. Du moins, c'était le score lorsque… » débita Tony avant de s'arrêter brutalement. « Commençons par le début, ce sera mieux. Vous ne savez pas grand-chose à mon sujet au point de vue professionnel et c'est une des conditions que j'avais exprimées lors de mon transfert ici il y a maintenant presque un an. J'étais un des membres de l'équipe première, en fait, j'étais le bras droit de l'Agent Leroy Jethro Gibbs, le chef d'équipe. C'est lui qui m'a recruté lorsque j'étais détective. J'appartenais alors aux forces de police de Baltimore, je faisais partie du département des Affaires Criminelles. »

« Oh, je le savais ! » s'écria alors Danny. « Dès nos premières rencontres, je me suis douté que tu avais été flic, c'était évident dans la façon dont tu te comportais avec les collègues ici, tu ne les sous-estimais pas, tu ne les rabaissais pas comme d'autres peuvent le faire. »

Tony lui sourit et serra la main que Danny venait de lui tendre, un geste qui signifiait tant pour l'italien, un remerciement tacite qui n'avait pas besoin de mots pour se faire comprendre. Steve approuva en remerciant Danny d'un signe de tête et d'un bref sourire.

« J'ai fait partie de plusieurs départements avant Baltimore, notamment Peoria et Philadelphie. Je suis devenu détective un an après avoir obtenu mon diplôme et ma plaque. J'ai travaillé pour les Stups et la Criminelle. Mais cette partie de ma carrière n'est pas ce qui nous intéresse aujourd'hui. C'est le meurtre d'un Marine qui a amené Gibbs à collaborer avec nos services ou je devrais dire que nous avons été amenés à collaborer avec lui, le NCIS avait la priorité sur cette affaire. Cependant, dans la mesure où mon capitaine avait horreur qu'on vienne marcher sur ses plates-bandes, il était hors de question de céder l'enquête sans négocier. Comme mon partenaire et moi étions en charge de l'affaire, il était logique que nous soyons de la partie. L'Agent Gibbs ne voyait pas les choses de la même manière, il voulait la mainmise totale et rien d'autre. Il a fallu près d'une heure à mon capitaine pour le convaincre de partager la juridiction puisque la mort du Marine était liée à une de nos propres affaires et que nous détenions des informations vitales pour la résoudre. C'est ainsi que j'ai collaboré avec lui et laissez-moi vous dire que ce ne fut pas facile. »

Tony regarda son auditoire et remarqua que chacun était attentif à ce qu'il racontait. Les membres de sa propre équipe avaient certainement entendu des rumeurs mais n'étaient pas certains que toutes étaient véridiques, Grant n'avait jamais parlé de son bref passage sous les ordres de Gibbs. Il avait juste mentionné avoir eu Tony comme formateur. L'équipe du 5-0 allait découvrir ce qu'impliquait de travailler avec Gibbs.

« Voyez-vous, Gibbs est un ancien Marine, un sniper et il prend la mort de tout Marine très à cœur. Il n'a de cesse de trouver les meurtriers et d'apporter des réponses aux familles des victimes, il fait tout ce qui est en son pouvoir pour mener chaque enquête à sa conclusion logique, l'incarcération – ou la mort – du ou des coupables. »

« Il agit comme nous, il ne diffère pas de tout policier qui se respecte » approuva Chin.

« Sans doute mais ses méthodes ne sont pas toujours… légitimes. Je ne dis pas qu'il agit illégalement mais parfois, il interprète la loi ou la contourne pour rendre ses actions justifiables. Bref, nous avons résolu notre enquête commune à sa grande satisfaction. Dans le même temps, je me suis rendu compte que mon partenaire était un flic ripoux qui n'aurait pas hésité à me vendre pour sauver sa peau. Et ma fiancée a choisi de me déclarer au pied de l'autel qu'elle ne pouvait pas honorer l'engagement de m'épouser parce que si je n'étais pas loyal envers mon partenaire lorsqu'il avait le plus besoin de moi, je pouvais aussi bien la trahir sans hésiter. »

« Ouch ! Dur, dur » s'exclama son second, l'Agent Mitchell.

« J'étais en plein dilemme, devais-je envisager de quitter la police ou simplement changer de ville ? Devais-je plutôt chercher à travailler dans une autre branche ? J'avais reçu plusieurs propositions de la part d'Interpol, de la NSA, du FBI et de la CIA au cours de mes années dans la police, j'étais sollicité plusieurs fois par an pour rejoindre leurs rangs mais je n'étais pas intéressé. Le FBI avait failli me faire tuer lors d'une opération sous couverture et la CIA et ses magouilles politiques ne me tentaient pas plus que ça » expliqua Tony sans fioriture.

Les deux équipes échangèrent des regards perplexes, l'homme avait eu la possibilité de travailler dans deux agences prestigieuses et il avait décliné. N'importe quel flic aurait sauté sur l'occasion sans aucune hésitation.

« Bon sang, Mec » dit soudain Danny. « T'es extraordinaire, tu le sais. Tu te vois offrir des postes intéressants et tu leur dis d'aller se faire foutre ! C'est le rêve de pas mal de flics de faire partie de ces agences, y en a qui donnerait cher pour les intégrer et toi, tu les envoies se faire voir. C'est proprement hallucinant » poursuivit-il, exprimant tout haut ce que les autres devaient penser tout bas.

« Non, simplement, je ne travaille pas avec des imbéciles qui font capoter la couverture d'agents ou de flics en mission sous couverture. Et le FBI l'avait déjà fait à deux reprises, je ne voulais pas leur donner la chance d'y parvenir la troisième fois » expliqua Tony en souriant au détective. « Et non content de faire ça, il m'a également accusé d'un meurtre que je n'avais pas commis il y a un peu plus d'un an. »

« Donc, tu as choisi d'accepter l'offre de l'Agent Gibbs pour leur faire un pied de nez » devina Steve en éclatant de rire. « Comme le dit Danny, t'es incroyable. »

« A vrai dire, il a été le seul à utiliser les mots qu'il fallait pour me convaincre » dévoila l'italien. « Il ne m'offrait pas des avantages invraisemblables mais plutôt la promesse de ne jamais m'ennuyer. Les enquêtes étaient variées, je serais amené à voyager, je serais mal payé mais à la fin d'une enquête, j'aurai la satisfaction d'avoir mis les coupables sous les verrous. »

« Et c'est tout ce qu'il a fallu pour vous faire signer, Tony ? » s'étonna son second.

« C'était le challenge qui m'intéressait, pas le reste » dit Tony en haussant simplement les épaules. « Je n'étais pas devenu flic pour le fric, chacun sait qu'on est mal payé. Je voulais avoir la possibilité de résoudre des enquêtes, de mettre mon cerveau au service de quelque chose qui valait vraiment le coup. Je n'avais aucune envie de devenir ce que mon père voulait que je sois. Etre policier était une façon de me rebeller contre son autorité, j'ai foncé. Je ne l'ai jamais regretté. »

« Les propos du Directeur Vance nous laissent penser que nous pourrions rencontrer des difficultés avec l'Agent Gibbs. Dans quelles mesures sont-ils exacts ? » voulut savoir Kono.

« Mon transfert ici à Hawaï résulte de circonstances qui risquent de refaire surface durant cette enquête. Non pas qu'elles soient liées à notre affaire mais tous les protagonistes seront réunis en ce lieu et les différends qui nous opposaient n'ont jamais été clos. Mes anciens collègues, Gibbs mais aussi l'Officier du Mossad David et l'Agent McGee sont à l'origine de mon départ de Washington et ils ignorent où je travaille désormais. Je doute qu'ils soient enchantés de me rencontrer aujourd'hui. »

« Tu veux dire qu'ils ne savent pas que tu es l'Agent en charge du bureau d'Hawaï ? » s'étonna Steve qui entrevoyait bien des réponses aux questions qu'il se posait depuis sa rencontre avec l'italien.

« Si mon dossier a été verrouillé, c'est simplement parce que McGee est un geek, un informaticien qui est sorti de MIT avec un diplôme qui en fait un as en informatique, du moins à l'époque, c'est ce qu'il ne cessait de clamer. Il a souvent piraté les fichiers du FBI ou de la CIA pour nous. Il était tout à fait capable d'accéder à mon dossier personnel en un clin d'œil. Vance a simplement pris les devants en choisissant de lui en interdire l'accès à ma demande expresse. Il ne l'aurait pas fait de son propre chef, qui je suis ne l'intéresse pas assez pour qu'il songe à le faire. Mais Gibbs aurait pu lui demander d'y jeter un œil, il n'a pas digéré le fait que Vance me soutienne et m'offre ma propre équipe. »

« Il refusait que tu prennes du galon » dit Danny d'un ton dégoûté. « Mec, c'est mesquin de sa part de t'interdire de monter les échelons. »

« A vrai dire, les circonstances qui ont précédé ma promotion sont en partie la cause de mon transfert. La mort d'une partenaire consécutive à la traque d'un terroriste, l'intégration de la sœur de ce même terroriste au sein de notre équipe, une accusation de meurtre à mon encontre par un ancien laborantin que j'avais contribué à faire virer, l'explosion d'une bombe qui a plongé Gibbs dans le coma puis l'a rendu amnésique, sa demande de mise en retraite et son départ pour Mexico me laissant à la tête de l'équipe, la demande d'aide de la part de Miss Mossad et d'un Agent du FBI directement à Gibbs, son retour inattendu aux commandes de l'équipe » énuméra Tony sans fioriture. « Tout ça a contribué à fragiliser les relations qui nous unissaient. Gibbs est un agent exceptionnel, il a toujours pris soin de ses subordonnés, il les défend contre ceux qui les attaquent, il est là quand on a besoin de lui et l'Officier David l'avait bien compris puisque c'est lui qu'elle a appelé lorsqu'elle a eu des ennuis. Il considère notre scientifique, Abby Sciuto comme sa fille, Miss Mossad le voit comme un père de substitution et a une emprise sur lui : elle a tué son demi-frère pour le sauver. McGee, pour lui, Gibbs est presque un saint, il ne peut concevoir qu'il soit faillible. Et notre légiste, le Dr Donald Mallard est un de ses plus vieux amis. »

« Ca fait pas mal de raisons d'être en froid avec votre ancienne équipe, Chef » lança doucement l'un des subordonnés de Tony, l'Agent Webster. « Et vous pouvez compter sur nous pour ne pas les laisser vous importuner. »

« Merci, Webster mais je n'ai qu'un conseil à vous donner à vous mais également à toute l'équipe du 5-0 : ne laissez pas Gibbs vous embarquer dans une discussion me concernant, il sait mener des interrogatoires comme personne et n'a pas son pareil pour faire parler les suspects. Il ne ferait qu'une bouchée de vous ou du moins de certains d'entre vous. Méfiez-vous également de l'Officier Ziva David. Elle a été entraînée par le Mossad, c'est vous dire que c'est plus un assassin qu'autre chose, elle sait rester maîtresse d'elle-même et cacher ses émotions, du moins c'est ce qu'elle croit. Elle me déteste et se fera un plaisir de vous le faire savoir d'une façon ou d'une autre. »

« Pour quelles raisons cette aversion contre toi ? » demanda Steve qui voulait être prêt en cas de besoin à défendre efficacement son amant contre ceux qui avaient été ses collègues.

« Elle a souvent pensé que je n'étais qu'un clown, pas assez bon pour être le bras droit de Gibbs. Elle a fait fi du fait que je suis le seul véritable enquêteur professionnel de l'équipe. Tous les autres membres ont appris le métier sur le tas, y compris Gibbs et certains après être passé par le centre de formation. Miss Mossad n'a jamais suivi le cursus. J'ai toujours eu des doutes sur la raison de sa présence dans l'équipe et je n'ai jamais mordu à l'hameçon quant à ses bonnes relations avec Shepard. Il y avait autre chose qui me gênait, elle a dû le sentir, elle a tenté de flirter avec moi pratiquement dès le premier jour pensant que ma réputation jouerait en sa faveur et oblitérerait mes soupçons. Utiliser la méthode contre moi pour me distraire de ses véritables objectifs. »

« Que voulait-elle exactement ? » s'enquit Chin.

« Mademoiselle a toujours cru qu'elle ferait un bien meilleur second que moi mais en oubliant qu'elle n'était qu'un agent de liaison, qu'elle n'était pas américaine et n'était pas agent fédéral puisqu'elle ne faisait pas partie du personnel du NCIS. Elle ne pouvait - dans ces conditions - prétendre occuper un poste à responsabilité où le degré d'autorisation qu'elle aurait possédé lui aurait donné accès à des informations ultra sensibles. Bien que les relations entre les USA et Israël soient amicales, elles ne sont pas suffisamment proches pour que le Secrétaire de la Marine lui accorde un tel privilège » expliqua Tony. « Elle a pensé qu'en éliminant un membre de l'équipe, en l'occurrence laisser Ari tuer un agent de Gibbs, libérerait une place. Ce qui évidemment s'est révélé exact. Elle a simplement pensé que son frère choisirait la cible qu'elle lui avait désignée, moi. Mais il a préféré notre collègue féminine, Kate Todd. En tuant un agent féminin, il savait que Gibbs en serait affecté bien plus que si c'était un mâle. »

« Elle avait étudié votre équipe » remarqua Mitchell.

« C'est le mode opératoire des officiers du Mossad, déstabiliser pour conquérir plus efficacement » appuya Steve qui avait côtoyé certains d'entre eux. « Elle a cependant manqué de clairvoyance quant à la cible. »

« Supprimer l'obstacle que j'étais lui semblait ainsi plus simple et plus rapide pour prendre ma place » déclara Tony en ricanant. « Elle a assumé que son frère suivrait son plan, elle a oublié qu'elle n'était pas profileuse et par conséquent, elle a mésestimé certains aspects de la dynamique de l'équipe. De plus, Haswari avait envie de démontrer qu'il menait la danse et a donc changé la cible désignée par sa sœur. Une manière de se rebeller contre l'autorité paternelle qui faisait de lui un agent double au sein du Hamas pour le compte du Mossad. »

« Un agent double ? » s'étonna Danny.

« Haswari est le fils d'Eli David, le directeur du Mossad et le père de Ziva David » expliqua obligeamment Tony. « Il a eu une liaison avec un médecin du Hamas et lorsqu'il a su qu'elle était enceinte, il l'a abandonné tout en réclamant de suivre l'éducation de son futur rejeton. Il l'a envoyé faire des études de médecine en Angleterre avant de l'obliger à retourner près de sa mère et d'espionner pour lui. »

« Drôle de famille que celle-là » résuma Danny. « Le jeu d'espions à l'échelle internationale qui rend dingue. »

« Et quand est-il du dernier agent, McGee ? » demanda Paul.

« Ah, McGee ! » soupira l'italien. « J'ai expressément poussé Gibbs à l'engager mais j'aurais mieux fait de m'abstenir. C'était juste un informaticien basé à Quantico qui avait pour ambition de devenir agent de terrain. Un corps découvert sur la base lui a permis de nous donner un coup de main pour l'enquête. Il a prouvé qu'il était compétent en informatique et j'ai pensé qu'il serait un atout pour l'équipe. Je l'ai pris sous mon aile pour le former mais tout comme l'Agent Todd avant lui, il a estimé qu'il était plus compétent que moi alors qu'il n'avait jamais participé ou été formé pour l'investigation pure. Il a un gros problème outre un égo démesuré, il se laisse facilement manipulé par une forte personnalité surtout si elle est féminine. Todd et David ne se sont pas gênées pour profiter de cette faiblesse, il n'a eu de cesse de les suivre dans leur campagne d'humiliation me concernant. Je lui ai sauvé la vie en lui évitant de partir en fumée avant l'explosion d'une voiture piégée et je n'ai jamais eu de reconnaissance pour mon geste alors que je venais juste de reprendre mon poste après mon arrêt suite à l'épisode de l'Y-Pestis pour ceux qui sont au courant. »

« Sacré brochette d'agents » nota Williams. « Nous avons intérêt à ne pas nous laisser distraire par leurs tactiques ou leurs commentaires ou ils pourraient bien nous diviser rapidement. »

« Voilà, vous savez désormais ce qui a motivé mon transfert et ce à quoi vous attendre de la part de certains membres de mon ancienne équipe » conclut Tony. « L'équipe sera là dans quelques heures et je tenais à vous mettre en garde pour que vous ne soyez pas pris au dépourvu par leur attitude à mon égard. »

« Merci pour ces explications et ces éclaircissements, Tony » approuva Steve. « Il me semble qu'il était en effet nécessaire d'être prévenus. »

« Bien, nous collectons toutes les informations pour qu'elles soient prêtes dès leur arrivée » annonça l'italien. « Gibbs a horreur de perdre du temps et aime par-dessus tout commander, il préfère avoir le contrôle sur tout plutôt que de laisser quelqu'un lui marcher sur les pieds. Mitchell, je vous laisse le privilège d'aller accueillir nos visiteurs si vous êtes d'accord. »

« Aucun problème, Tony, je me charge de ça » indiqua son second sans hésitation.

« Ok, tout le monde, on se prépare à recevoir cette équipe » dit Steve en tapant dans ses mains. « On se montre courtois, poli et affable mais on ne se laisse pas mettre au tapis. »

Dans un bel ensemble, les deux équipes s'activèrent pour l'arrivée de l'équipe intruse.

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On se rapproche enfin de l'enquête commune entre les deux équipes du NCIS.

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Gibbs et compagnie ignorent qui dirige l'équipe. Comment vont-ils réagir ?

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A bientôt

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Chtimi