Warning obligé une nouvelle fois : la série noire continue pour Yukki...
4 juin
Au fil du temps, les notes de Yukki en sortilèges se mirent à varier entre Désolant et Acceptable. De plus en plus inquiet suite au maintien fragile de sa moyenne, il se résolut à retourner voir l'enseignant malgré son angoisse. Avec Yume rentrée chez elle pour le weekend et Chûya parti à l'autre bout du pays à cause de son travail dans les relations internationales, Yukki avait du temps libre devant lui.
- Tiens, Awaji ! Que me vaut le plaisir de votre visite ?
- Vous le savez bien, Iwaki-san...
L'homme le jaugea de son habituel regard glacial et montra la chaise face à lui.
- J'ai ma petite idée, acquiesça-t-il. Cela dit, je ne vois pas pourquoi j'accéderais à votre demande.
- ... Qu'est-ce que je dois faire à part... ça... pour que vous soyiez objectif ?
Un silence s'établit tandis qu'ils se dévisageaient. Puis Yukki incapable de soutenir ces yeux froids déclara forfait, à la grande satisfaction de l'autre. Troublé par l'ambiance de plus en plus pesante, le préfet chercha ses mots en se mordant la lèvre, sans remarquer qu'une bosse apparaissait sous le pantalon d'Iwaki.
- D'accord, Awaji, à partir de maintenant je vous donnerai les notes que vous méritez...
Le visage du petit blond s'éclaira d'un coup.
- Merci, c'est sympa de votre part ! Passez une bonne soirée !
Il allait quitter la pièce quand le professeur reprit :
- A une condition.
Le sourire de Yukki s'effaça alors que l'appréhension le gagnait, et il pivota lentement.
- Laquelle ? souffla-t-il.
- Vous voulez un E ? Moi, je veux m'amuser avec vous. Chacun y trouvera son compte.
Paniqué, l'adolescent se précipita vers la porte. Mais avant qu'il ait pu y arriver...
- Collaporta !
Il se mit à secouer la poignée dans l'espoir qu'elle s'ouvre sans penser une seconde à mettre fin à l'enchantement. Une main s'abattit sur sa nuque, l'obligeant à se retourner, et il dut se résoudre à appeler à l'aide.
- Tais-toi !
Yukki refusa d'obtempérer et le poing de l'adulte l'atteignit finalement à la tempe, ce qui l'étourdit et l'empêcha d'éviter le second coup.
- Fais de beaux rêves, Awaji... Et à tout à l'heure.
Ce fut une douleur intense qui le réveilla un peu plus tard. Les premières choses dont il se rendit compte : il était plaqué contre le bureau, les bras attachés dans le dos, et pantalon et boxer se trouvaient au niveau de ses chevilles. Il en comprit la raison l'instant suivant, au moment où le professeur donna un autre violent coup de rein.
- LÂCHEZ-MOI ! hurla-t-il aussitôt.
- Oh non, je ne crois pas. Crie autant que tu le souhaites, aucun risque que quelqu'un t'entende.
La rudesse de ses mouvements fit monter les larmes aux yeux de Yukki. Il ne voulait pas lui donner satisfaction... Mais la souffrance était trop vive, et après de longues minutes il fut incapable de se retenir de pleurer.
- Arrête de geindre, ordonna son agresseur.
- Laissez-moi partir... S'il vous plaît... Je ne dirai rien à personne...
- Tu penses sérieusement que je vais avaler ça ? Ce que tu es naïf !
Par la suite, seuls ses râles se firent entendre dans la pièce. Yukki gémit plaintivement à plusieurs reprises, manifestations qui s'ensuivirent toutes de coups de poing dans le bas de son dos. Vers la fin, Iwaki le retourna brusquement pour l'allonger sur le bureau, lever ses jambes et revenir en lui encore plus brutalement. Complètement impuissant, le pauvre Yukki serrait les dents à chaque fois que l'enseignant donnait un coup de rein qui le blessait un peu plus physiquement.
- Kami-sama, Awaji, ce que tu es bon à baiser ! Ça laisse prévoir d'autres soirées animées entre nous !
- ...
Iwaki se retira juste après l'orgasme, mais le liquide se mélangeant au sang coulant de l'intimité de Yukki lui fit le même effet qu'une brûlure. Pas possible de s'asseoir dans l'immédiat... Sauf qu'Iwaki ne l'entendait pas de cette oreille et l'empoigna par le cou, ce qui eut pour effet de le faire tomber du meuble.
- Alors, on ne tient plus sur ses jambes ?
- Allez vous faire v...
Le poing du professeur le frappa si fort à la tempe qu'il en tourna la tête.
- Je vois que tu ignores ce qu'est la politesse... Encore une chose que je vais devoir t'apprendre.
- Non, ça ira... J'ai compris le message.
- J'espère pour toi. Je n'ai pas le temps de m'en assurer ce soir, on verra la prochaine fois.
La prochaine fois ? Parce qu'il y en aura d'autres ?
Le visage crispé par la peur, Yukki essaya frénétiquement de se débarrasser de ses liens.
- Doucement, "Tenshiko"... Tu vas te faire mal, et ce serait bien dommage.
- Ne... ne m'appelez pas comme ça.
- Et pourquoi pas ? Tu as beau être le petit ange de l'autre, tu n'en restes pas moins ma propriété quand nous sommes ici.
- Non, je ne vous appartiens pas, je serai toujours à Chûya...
Iwaki eut un geste impatient.
- Si ça t'amuse de le croire. En attendant, lorsque tu te trouves dans ma salle de cours, tu es ma chose... Mon adorable petite chose.
Il releva la manche de Yukki, et le petit blond laissa échapper un cri de douleur tandis que les dents de l'adulte s'enfonçaient dans son épaule comme pour marquer un territoire.
- Maintenant, tu es partiellement à moi.
Seules les larmes du préfet lui répondirent. Iwaki lui jeta ensuite quelques sorts qui lui firent récupérer un peu de force et déclara :
- Fiche le camp, ta vue m'insupporte.
La tête basse, Yukki marcha de plus en plus vite vers la délivrance.
- Une dernière chose, Awaji !
- ... Quoi ?
- Histoire que ceci reste entre nous... Oubliettes !
Les yeux du garçon fixèrent soudain un point dans le vide, indiquant à l'adulte qu'il n'avait pas perdu la main. Il modifia la mémoire du blond, ouvrit la porte et le poussa dans le couloir en lui ordonnant de partir se coucher, requête à laquelle Yukki obéit sans protester.
2 juillet
Sans qu'il s'en aperçoive parce que ses souvenirs étaient altérés, Yukki subit plusieurs agressions identiques dans les semaines qui suivirent. A chaque fois qu'il sortait de la classe, Iwaki se chargeait de lui faire oublier ce qu'il venait de vivre, afin de profiter encore de ce garçon sensible qu'il prenait plaisir à blesser sur tous les plans.
Ce soir-là, il eut envie de redécouvrir des sensations éprouvées lors de la première fois, et dès son arrivée l'adolescent se retrouva à genoux.
- Ouvre, ordonna Iwaki.
Yukki devenu tout pâle ignora l'injonction et secoua la tête, ce qui fit soupirer l'adulte. Il pinça le nez du préfet et ne le lâcha plus, l'obligeant ainsi à respirer autrement. Yukki avait à peine ouvert la bouche que le professeur y fit entrer son sexe et se mit à bouger en tenant le petit blond par les cheveux. Après quelques minutes, il retourna l'adolescent à quatre pattes et le pénétra sans ménagement. Un filet de sang se répandit bientôt le long des cuisses de Yukki, ce qui ravit Iwaki et le fit accélérer encore plus.
- Tu as mal, n'est-ce pas ?
- Oui..., souffla Yukki déjà à bout.
- Tant mieux.
- Vous êtes un monstre...
- Merci. Maintenant, tu la fermes. Je n'aime pas être distrait par un élément sans importance. De toute façon, mal ou pas, ce n'est pas ça qui t'évitera de te faire prendre.
L'orgasme l'atteignit peu après, et il força Yukki à se relever pour le ligoter sur une table.
- En fait, c'est bon de t'avoir à ma merci... Je me demande comment tu réagirais si c'était l'élu de ton cœur qui se trouvait là. Peut-être que je devrais l'inviter à se joindre à nous, qu'est-ce que tu en penses ?
Yukki fut immédiatement envahi par la peur. Non, pas Chûya !
- Je vous en prie, contentez-vous de moi ! s'écria-t-il alors que les pires scenarii lui venaient en tête. Laissez-le en dehors de ça, et ne lui faites pas de mal !
- Rassure-toi, tu remplis très bien ton rôle. Ce n'est pas comme si je ne pouvais pas m'amuser autant que je veux avec ta petite personne.
Il s'assura que les nœuds étaient suffisamment serrés et lança un sort au petit blond qui, submergé par la panique, s'apprêtait à crier.
- De cette façon, personne ne t'entendra.
Après un sourire sadique, Iwaki ôta au garçon pantalon et boxer, lui écarta les jambes et s'enfonça brutalement en lui. Sous l'emprise du sortilège de mutisme, Yukki put seulement exprimer sa souffrance par des plaintes silencieuses.
- J'ai changé d'avis : tu vaux quand même quelque chose... en tant que moyen de distraction.
Choqué et anéanti, le petit blond ferma les yeux sans pouvoir retenir ses larmes.
- Ce n'est pas ça qui te fera sortir plus vite, déclara l'adulte entre deux violents coups de rein. Bon sang... tu as beau être un gosse, ce que c'est jouissif !
A la fin de la séance, un Yukki à l'esprit vide fut une fois de plus jeté dans le couloir, et une fois de plus il retourna tranquillement dans sa chambre pour rejoindre Chûya.
5 juillet
- Alors, Nakamura, comment tu vas faire pour que ton équipe passe devant la mienne maintenant que tu es capitaine ? demanda Ueda alors qu'il travaillait avec son homologue dans la pièce attenante à sa chambre.
- J'te signale que t'es dans le même cas ! T'espères quand même pas que je te dévoile ma stratégie ?
- Comment ça, ta stratégie ? Je ne te savais pas capable de réfléchir plus de cinq minutes d'affilée.
- Oh, la ferme, grommela Yume qui perdait patience.
- N'empêche que j'ai raison, et que tu ne remporteras pas la victoire face à moi tant que je jouerai comme attrapeur.
- Tu me fais chier, Ueda.
Le regard du garçon fut éclairé par une lueur amusée.
- A court d'arguments ? Ça commence à devenir une habitude.
De plus en plus furieuse, Yume leva la main pour le gifler, mais il évita le coup sans mal et bloqua ses bras par précaution.
- On dirait que je te tiens encore à ma merci, fit-il remarquer.
- Ce que tu peux être gonflant, soupira-t-elle.
- J'ai déjà entendu ça quelque part... Et je suis convaincu que c'est pour ça que je te plais.
Il la plaqua contre le mur et détacha un à un les boutons de son chemisier. Elle envisagea durant quelques secondes d'offrir à son camarade un coup de genou bien placé, mais Ueda lui fit oublier rapidement son désir de vengeance. Ç'aurait été dommage de le priver de ses atouts alors qu'il allait s'en servir...
Le lendemain, la salle de travail eut droit au même spectacle : les deux adolescents étaient contraints d'effectuer un exposé commun - l'inconvénient de n'être que deux en étude des runes- et depuis l'arrivée de l'attrapeuse, Ueda s'amusait à la provoquer en lui rappelant les évènements de la veille.
- Allez, insista-t-il, je sais que je te plais. Qu'est-ce que tu attends pour le dire ?
- Quand les Veracrasses auront des crocs, marmonna-t-elle entre ses dents serrées.
Le préfet afficha une mine ravie.
- Plus de doute, je sais où aller quand j'aurai besoin de me distraire.
- ... Quoi ?
- Tu es marrante, Nakamura. Pourquoi devrais-je me priver de ta présence ?
- Alors tu me considères comme un objet ?
- Voyons, ne te rabaisse pas à ce point ! Venant de ma part, ce serait petit.
Perplexe, la jeune fille demanda :
- Tu veux quoi au juste ?
- Hum... Ton corps de temps à autre me paraît suffisant. A moins que tu sois trop coincée pour accéder à ma requête.
Yume vit rouge.
- JE NE SUIS PAS COINCÉE !
- Alors prouve-le, déclara l'attrapeur avec un sourire triomphant.
- ... T'es qu'un connard.
- Bien sûr, chérie. Et maintenant, embrasse-moi.
- Va te faire f...
Ueda l'attira contre lui et la fit taire instantanément.
9 juillet
Une semaine depuis leur dernière entrevue... Et il commençait à ressentir un manque. Autant prendre les choses en main avant que cette absence devienne trop pesante.
- Impero, murmura-t-il vers une certaine personne.
"Awaji, viens me voir après le repas, nous discuterons d'un planning pour que tu rattrapes ton retard."
A quelques mètres de là, le préfet leva la tête, rencontra un regard froid et acquiesça en silence.
Après le dîner, Yukki toujours influencé par l'Imperium donna à Yume une nouvelle fausse excuse puis se dirigea vers la salle de sortilèges. Iwaki l'accueillit avec un sourire ne présageant rien de bon, et quelques minutes plus tard il se retrouva solidement maintenu sur une table. Il essaya de résister, mais l'enseignant trop fort pour lui lança un Incarcerem et lui leva les jambes en le tenant par les chevilles. Un autre rictus qui fit pâlir l'adolescent... Et la soirée "intéressante" débuta, le petit blond ne tardant pas à crier intérieurement sa détresse.
L'orgasme s'annonça au bout de quelques minutes à peine, ce qui amena Iwaki à se retirer pour mieux revenir une fois que sa victime fut installée à plat ventre sur le sol. La douleur occasionnée par ses mouvements devenait vraiment difficile à supporter... Heureusement pour Yukki, l'adulte atteignait ses limites. Il installa le blond de façon à ce que ses genoux entrent en contact avec le sol froid, avant de se remettre à bouger toujours plus vite. A partir de ce moment-là, même l'Imperium ne put étouffer les plaintes de l'adolescent. Son agresseur en éprouva une grande satisfaction et déclara :
- Vas-y, Awaji, exprime-toi... Ça me plaît beaucoup.
- ... Pitié... Laissez-moi tranquille...
- Là, tu me déçois. Je ne pensais pas que tu pouvais être idiot à ce point... Et pour te répondre : tu partiras seulement quand j'en aurai envie.
- S'il vous plaît...
Iwaki perdit finalement son calme.
- Arrête de te comporter comme un gosse ! Pas étonnant que tes propres parents en soient venus à ne plus désirer ta présence sous leur toit !
Bouleversé par l'accusation, Yukki laissa échapper un sanglot. Le professeur était dans le vrai... Seules deux personnes se souciaient un minimum de lui, peut-être parce qu'il leur inspirait uniquement de la commisération... Il n'était décidément bon à rien.
- En fait, la seule utilité que tu as, c'est quand tu viens ici.
- Laissez-moi tranquille, répéta Yukki au bord des larmes.
- Oh, il pleure le pauvre petit ? C'est vraiment pitoyable... Et en même temps ça te correspond bien. Quant à ceux que tu appelles "tes amis", un jour ou l'autre ils préféreront aller voir ailleurs parce qu'ils en auront marre.
- ... Vous vous trompez, Chûya et Yume ne feront jamais ça.
- Si j'étais toi, je ne me surestimerais pas autant. Aux yeux des autres, tu n'es qu'une chose insignifiante tout juste bonne à écarter les cuisses. D'ailleurs... Aaaah... Tu te débrouilles à merveille à ce niveau-là, acheva Iwaki sur un dernier coup de rein.
A présent libre de bouger comme il le souhaitait, Yukki s'allongea sur les dalles et se mit à pleurer pour de bon. Il n'avait même pas la force de se rhabiller... Mais Iwaki l'obligea à se relever même si ses jambes ne le portaient plus.
- C'est bien ce que je disais : pitoyable. Regardez-moi ce déchet... Incapable de rester debout après s'être fait baiser. Tourne-toi que je te soigne.
- ... Me soigner ?
- Evidemment, imbécile ! Je ne vais pas te laisser partir dans cet état ! Qu'est-ce que les autres diraient à ton avis ? "Tiens, ce boulet s'est à nouveau fait taper dessus ! "
Yukki baissa la tête et s'appuya sur la table la plus proche.
- Hum, tu as encore saigné... Tu veux que je me retienne la prochaine fois ?
- ... Ça serait bien, oui.
- Dommage, ce n'est pas toi qui décides.
- Vous êtes...
- Horrible ? Je sais. Maintenant, dégage.
11 juillet
- UEDA, ÇA VA ÊTRE TA FÊTE ! s'écria une furie depuis le couloir.
Le garçon leva la tête en essayant de masquer son amusement, puis la porte de sa chambre s'ouvrit et claqua contre le mur opposé.
- Le prof de potions vient de rendre les copies du devoir pour lequel je t'avais demandé un renseignement. Tu peux m'expliquer pourquoi le contenu de ce que j'avais fait a intégralement changé ?
- Hum, je ne sais pas... J'ai peut-être commis des erreurs quand j'ai effectué la correction.
Yume sortit de ses gonds et courut vers son camarade pour le frapper, mais Ueda s'écarta et elle s'étala de tout son long. Magnanime, le préfet-en-chef lui tendit une main secourable et recula afin d'éviter la gifle.
- Bon, j'avoue... Je suis allé voir le prof et je lui ai donné la bonne feuille en disant que tu l'avais oubliée quand on bossait à la bibliothèque.
- ... Je. Te. Hais.
- Mais oui, c'est ça. Bizarrement, tu changes de discours quand on est au lit.
- Ta gueule...
Ueda eut un grand sourire et applaudit.
- Bravo, quel sens de la répartie !
- Tu vas la boucler, oui ? cria Yume en lui sautant à la gorge.
L'instant suivant, elle fit tomber la chaise de Ueda et se retrouva allongée sur lui.
- Et maintenant, on fait quoi ? demanda-t-il, à nouveau sérieux.
- Je...
A court de mots encore une fois, Yume sentit le rouge lui monter aux joues lorsqu'il s'installa au-dessus d'elle et se pencha pour l'embrasser avec fougue. Son regard s'était assombri quand il s'écarta pour l'observer.
- Vas-y, Nakamura, fais-moi ma fête.
Une gifle plus tard, la jeune fille commença à le déshabiller.
19 juillet
Comme à chaque période d'été, une poignée d'étudiants parmi les plus jeunes restaient dehors malgré le couvre-feu, et les deux garçons se séparèrent afin de couvrir plus de terrain. Yukki se changea en loup et chemina le long du sentier en gardant tous ses sens en éveil. Il avait quitté Ueda depuis dix bonnes minutes lorsqu'un faible cri lui parvint aux oreilles. Il s'élança aussitôt dans la direction du bruit et comprit rapidement de quoi il s'agissait : un élève apparemment adepte des promenades nocturnes tentait d'éloigner un ours à collier en lui jetant des branches, sans réaliser qu'il énervait de plus en plus l'animal.
Un bref grondement attira l'attention de ce dernier sur Yukki, permettant au petit de descendre progressivement de l'arbre dans lequel il s'était réfugié.
- Awaji-san ! s'exclama-t-il quand le blond redevint humain.
- Dépêche-toi de retourner à l'école et dis à Yume où je me trouve.
- D'accord, fit l'enfant en se mettant à courir.
L'ours n'apprécia pas cette fuite et se rapprocha de Yukki en montrant les crocs. Il ne devait pourtant pas avoir faim avec le gibier autour d'eux... Son agressivité venait sûrement de l'arrivée involontaire d'humains sur son territoire.
L'adolescent parvint à garder son sang-froid et se transforma à nouveau, ce qui sembla déranger le plantigrade. Déterminé à ne pas attaquer le premier, Yukki se contenta d'observer la bête égarée. Soudain, l'animal se mit debout et donna un violent coup de patte au préfet qui ne fut pas en mesure de l'éviter.
Une plainte lui échappa au moment où les griffes de l'ours s'enfoncèrent dans son flanc en y laissant quatre profondes entailles. Yukki mordit le bras de son agresseur par réflexe, mais la bête effectua un mouvement brusque et il atterrit contre un arbre. A moitié assommé par le choc, il ne put que regarder l'ours qui restait immobile. Sa patte cassée l'empêcha de s'écarter, même en voyant l'autre charger et le frapper à nouveau, au niveau du cou cette fois.
- Hé, le gros ! Fous la paix à mon pote !
Par chance, la seconde attaque n'avait pas atteint la carotide du blond. Yume soupira de soulagement et sauta sur le côté dans le but d'éviter l'ours qui avait changé de cible. Un sort de réduction accompagné d'un Stupéfix, et elle se précipita vers Yukki. Le sang coulait toujours et maculait la fourrure grise du canidé tandis que son amie pressait la blessure.
- Yuchan, s'il te plaît, regarde-moi, implora-t-elle.
Le loup gémit faiblement et posa ses yeux ambrés sur la jeune fille. Il se redressa ensuite et eut juste la force de retrouver sa forme d'origine pour faire quelques pas vers le balai de Yume avant de s'effondrer.
Prompte à réagir comme à l'accoutumée, Yume le conduisit aussitôt à l'infirmerie. Une fois rassurée sur son état, elle quitta la pièce et alla se poster devant un bâtiment. La vue de son regard furieux et de ses dents serrées lui épargna les questions des autres élèves.
- TOI ! cria-t-elle en apercevant une silhouette connue. Explique-moi tout de suite pourquoi t'as laissé Yuchan faire sa ronde seul !
Ueda dévisagea l'attrapeuse en fronçant les sourcils.
- Tu devrais le savoir pourtant. Comme les beaux jours reviennent, c'est plus difficile de faire rentrer ceux qui veulent absolument se balader. On a jugé bon de partir chacun de notre côté.
- J'en ai rien à foutre ! Par ta faute, il s'est fait attaquer par un ours en aidant un mioche ! Si j'étais pas arrivée parce que ce petit con m'a prévenue, Yuchan serait mort !
Visiblement mal à l'aise et à court de mots, Ueda laissa Yume déverser sa colère sur lui. Même si ses raisons étaient bonnes, subir insulte sur insulte le perturbait.
- T'es vraiment qu'un crétin ! Remarque, c'est pas étonnant d'un type terrorisé par un clown fictif ! S'il reste des séquelles à Yuchan, je te ferai ta fête, et pas de la même façon que l'autre jour !
- Ça n'a rien à voir avec ma peur ! protesta-t-il. Et puis, je ne suis pas responsable de ce qui lui est arrivé ! Va plutôt te défouler sur le gamin !
- LA FERME !
Un coup de poing dans la figure du préfet-en-chef, et la petite brune tourna les talons pour aller veiller sur son ami. Derrière elle, Ueda demeura figé sur place en fixant le dos de sa camarade.
