Chapitre 21 : Joutes verbales
House se leva soudainement, barrant la route à Cameron.
« Hors de question ! protesta-t-il.
Comment peut-elle faire ça ? On était à deux doigts de franchir une étape mais voilà qu'elle veut tout gâcher ! pensa-t-il.
Comment peut-il s'opposer à moi ? J'étais à deux doigts de pouvoir franchir la troisième étape de ma stupide religion, et j'ai tout gâché... pensa-t-elle. »
Elle fut intimidée par la chemise encore ouverte de House, son torse seulement à quelques centimètres d'elle. Elle se perdit dans ses pensées quand House la fit revenir sur terre en l'enlaçant, la collant sur son torse toujours nu. Elle ne lui avoua pourtant pas qu'elle adorait cela, au risque de gâcher quelque chose d'autre qu'un moment sur le canapé.
« House ! s'exclama-t-elle. »
Elle ne se défendait cependant pas. Son visage s'empourpra aussi vite que sa colère eut fait de disparaître, ce qu'elle n'arrivait malheureusement pas à cacher. Elle fut heureuse que Chase ne soit pas présent, dieu sait qu'elle aurait été sa réaction. En sachant bien évidemment que le dieu en question était House.
« Mais est-ce qu'il est sûr de ce qu'il fait ? se demanda-t-elle en sentant son emprise se refermer. Est-ce qu'il est conscient que je suis… folle de lui et que pour moi ce n'est pas anodin ? »
Elle appuya ses paumes sur le buste de House, cherchant à vain à le repousser. Une partie d'elle lui criait qu'il fallait qu'elle le repousse. Son autre partie, son conscient, se sentait apaisée de ce contact. Elle ne savait toujours pas trancher ses deux parties. Elle décida préférable de se blottir dans les bras de House, essayant tout de même de se contrôler. Elle ne voulait pas succomber à une autre crise qui pourrait lui faire perdre définitivement ce qu'elle considérait comme cher, voire la chose la plus précieuse à ses yeux.
« House… soupira-t-elle sur un ton de reproche, comme pour s'assurer que la chose la plus précieuse à ses yeux l'enlaçait bien.
- Oui ?
- Pourquoi ? »
Étrangement, il comprenait le sens de la question mais ne répondit pas. Il n'avait pas de réponses exclusives à sortir étant donné qu'il ne savait rien en ce moment. D'ailleurs il ne voulait rien savoir, sûrement de peur de devoir agir contre sa volonté et s'obliger ensuite de ne pas culpabiliser.
« D'accord… souffla-t-elle au bout de quelques minutes.
- Désolé. »
Elle se sépara de lui et plongea son regard dans le sien. Elle ne comprenait pas, lui non plus. Tellement de questions sans réponses, autant du côté de House que du côté de Cameron. Même leurs questions en commun se retrouvaient bredouilles. Pourquoi House refusait-il de mener la vie dure à Cameron ? Pourquoi ne le virait-elle pas ? Pourquoi s'enfonçait-elle dans les embrouilles simplement pour le conserver ? Pourquoi ne supportait-il pas la venue de Chase ? Pourquoi ne voulait-il pas qu'elle approche le chirurgien ? Pourquoi préférait-il qu'elle reste avec lui, et pas Chase ? Tellement de « pourquoi » mais si peu de « parce que ». C'était sûrement une des raisons qui expliquaient le fait qu'elle comprenait le refus de répondre de House, ou plutôt son manque de réponses. Tandis qu'il réfléchissait, elle se rapprocha de lui et referma sa chemise, lentement, un bouton par un bouton. Bien qu'elle le faisait malgré elle, elle trouvait ce geste indispensable.
« Chase risquerait de se faire des idées, expliqua-t-elle en réponse au regard interrogateur que House lui posait. »
L'une des rares fois où elle trouvait des réponses. Elle esquissa un léger sourire, adressé à n'importe qui le voudrait. Elle se retourna vers la table et s'empara du portable posé dessus. Elle composa le numéro de Chase et entendit deux tonalités avant qu'il ne réponde.
« Allison, qu'est-ce que tu as ? s'empressa-t-il de demander. »
Elle soupira. Il devait attendre son appel depuis leur dernière conversation. Elle s'imagina un instant à quoi devait ressembler Chase qui n'avait que très peu de pauses dans son travail, et qui attendait impatiemment que sa soi-disant petite amie l'appelle. Elle rejeta cette image et répéta la phrase de Chase qui était déjà sortie de son esprit jusqu'à ce qu'elle décide de se la rappeler.
« Il espère peut-être que House me fait du mal ? Ce serait une bonne excuse pour qu'il s'énerve contre lui, pensa-t-elle. Mais c'est raté ! C'est limite moi qui harcèle House... Même s'il l'avait bien cherché... Et moi aussi, d'ailleurs.
- Allison ? insista l'homme au bout du fil puisqu'elle ne répondait pas.
- Ne t'inquiètes pas je vais très bien.
Pour pas dire que je suis totalement aux anges. Enfin, je l'étais jusqu'à ce que House face des siennes. Ou plutôt jusqu'à ce que je fasse des miennes. Je ne vais tout de même pas mettre ce gâchis sur le dos de House... Ni sur le mien.
- Pourquoi tu m'appelles alors ? demanda Chase.
- Oh je voulais juste te dire que si tu veux venir, tu peux.
- Le film est terminé ? »
Cette réflexion poussa Cameron à regarder l'écran de télévision. Le film y défilait toujours. Elle ne s'était pas rendue compte, trop occupée avec House. Mais ce passage là de sa vie ne devait en aucun cas être connu par quelqu'un d'autre que House et elle.
« Disons que c'est pratiquement la fin et que je la connais déjà, finit-elle par répondre. En réalité, je connais déjà le film du bout des doigts.
- Alors pourquoi est-ce que tu l'as regardé ?
- Eh bien... Je ne me rappelais plus vraiment du début mais ça y est, maintenant je m'en rappelle.
- Je peux venir, donc ?
- Oui, tu peux venir à la seule condition que s'il y a la moindre dispute avec House, je vous vire tous les deux de chez moi. C'est bien reçu ?
- Je crois que c'est plutôt lui qui va me mener la vie dure.
- Je le mettrai en garde qu'à la moindre entourloupe il est mort. Façon de parler, bien sûr.
- Oui, une façon de parler… soupira-t-il, presque dégoûté de cette remarque. Euh… Donc à tout à l'heure ! rajouta-t-il rapidement.
- Tout à fait. »
Il raccrocha avant elle, cette fois-ci. Elle n'y prêta aucune attention, au contraire bien heureuse de ne pas devoir lui raccrocher au nez. Malheureusement un détail lui échappait.
« Oh mon dieu je me suis enfouie sous les décombres d'un beau problème… Et bien évidemment je ne pourrais pas compter sur ces deux-là pour m'aider dans quoi que ce soit... Mais quelle idiote, mais quelle idiote... Et si jamais ça ne marchait réellement pas ? Qu'une relation autre que professionnelle était impossible entre eux ? Je me retrouverai au milieu de deux... abrutis... dont un que je considère à moitié comme tel puisqu'en même temps je ne peux pas l'aimer et l'insulter... »
Elle sentit quelque chose s'appuyer sur son dos. Il ne lui fallait pas plus de trois secondes pour savoir qu'il s'agissait de la main de House.
« Vous le faites exprès ? rétorqua-t-elle après un léger gémissement.
- Je devrais ?
Mais bien sûr qu'il devrait ! Au moins ça voudrait dire... quelque chose... envers moi. Mais je suppose que là je rêve totalement ! Pour ne pas dire que je fais parti d'un autre monde totalement différent celui-là. Le monde des rêves. Avec moi qui aime House totalement et lui qui m'aime totalement aussi... Et bien sûr une absence totale de Chase. Ah c'est beau le monde des rêves, mais qu'est-ce que ça peut être totalement cruel ! »
Elle leva les yeux au ciel, bien qu'il ne pouvait pas le voir.
« Chase va arriver ? demanda-t-il.
Malheureusement, il a raison... pensa-t-elle.
- Oui. En tout cas Cuddy ne va pas être bien contente de voir que trois des médecins de l'hôpital ne travaillent plus.
- Une raison de plus pour ne pas que j'aille bosser.
- Pour embêter Cuddy… soupira-t-elle en faisant la moue.
- Vous êtes jalouse ? »
Elle ne répondit pas. D'une certaine manière elle ne pouvait pas être jalouse puisque sa propre relation avec House se concrétisait petit à petit. Mais elle ne voulait pas nier que les remarques de House sur les formes de la directrice l'agaçaient.
« Mais qu'est-ce qui lui prend ? De toute façon ça lui importe peu que je sois jalouse de Cuddy ou non. Et puis je ne suis pas jalouse, je n'ai aucune raison de l'être puisque dernièrement c'est avec moi qu'il est. Et il vit sous mon toit ! Oh et voilà que je m'énerve toute seule...
- On va dire que vous n'êtes pas jalouse, dit-il quand il vit Cameron se renfrogner.
- Évidemment, puisque je ne suis pas jalouse !
- C'est sûrement pas ce que j'aurais dit, voyez-vous… »
Il tapota une des joues rouges de Cameron.
« Bon, on a compris ! s'emporta-t-elle en se dégageant de House.
Comme si j'étais née de la dernière pluie... Je ne sais jamais pourquoi j'agis comme ci comme ça mais je sais au moins que mes joues sont toujours rouges... Enfin, quand il est dans un rayon de vingt mètres autour de moi, bien sûr. Roh et puis je ne vais pas me prendre la tête avec ce cinglé... Et je deviens cinglée aussi, d'ailleurs. Il me contamine, alors que c'est censé être l'inverse… Tiens, et si mes sentiments le contaminaient ? Il y aurait peut-être une quelconque chance, une issue du moins… Enfin, non, House est et restera House, il ne peut pas m'aimer. Ce n'est pas qu'il ne peut pas m'aimer en particulier mais House n'aime personne, pourquoi est-ce que je ferai exception ? »
Elle alla dans la cuisine et commença à préparer un repas.
« Je peux savoir ce que vous faites ? demanda House. »
Il s'appuyait sur le mur et fixait les moindres faits et gestes de Cameron. Elle se retourna vers lui, et fut étonnée du regard qu'il lui portait. La froideur habituelle avait disparu. Il semblait moins distrait, plus conscient de tous les mouvements d'Allison. Elle détourna les yeux plus rapidement que nécessaire. Il remarqua son malaise et s'approcha d'elle.
« Je peux savoir ce que vous faites ? répéta-t-il. Et aussi la raison de votre gêne, si possible.
- Je cuisine. Et je ne suis pas gênée.
- A cet heure-ci ? Vos joues disent tout le contraire.
- Il est midi. Et mes joues ne parlent pas.
- Ah, ça explique pourquoi j'ai faim alors qu'on vient de manger. Vos joues ne parlent peut-être pas, mais leur teint semble « dire » quelque chose.
- C'est pour ça que je cuisine. Et vous devez assez connaître mes joues pour savoir qu'elle dise toujours la même chose. »
Il soupira. Elle arbora un sourire satisfait. Elle appréciait leurs batailles verbales, surtout quand elle savait qu'elle perdrait quoiqu'il arrive.
« Eh bien continuez de cuisiner ! acheva-t-il. »
Elle lui donna une tape sur le torse.
« Aïe ! s'écria-t-elle.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Non rien… C'est juste ma main… »
Elle examina le bandage enroulé autour de sa patte folle.
« Zut, je l'avais totalement oubliée celle-là… C'est étrange comme je ne l'avais pas du tout sentie pendant ma… mes embrassades avec House… C'est étrange comme c'est plus facile pour moi d'appeler ça ainsi plutôt que de dire que c'est ma crise... Et c'est encore plus étrange que je n'ai plus mal quand je fais... des choses... avec House. Je prie pour mon dieu et en échange j'ai le droit à une faveur sur ma prétendue douleur ? Je pourrais bien faire ma prière quotidiennement, même s'il ne me guérit pas ! Ce serait plutôt pour apaiser ma douleur sentimentale qu'autre chose, et il s'en rendrait compte… »
House lui prit subitement la main et la serra légèrement.
« Aïe ! Mais qu'est-ce que vous faites ?
- Vous apaiserez ma faim plus tard apparemment ! dit-il en guise de réponse, avec le même air mystérieux que les jours où il trouvait la maladie d'un patient. »
Il relâcha son emprise et entraîna Allison sur le canapé dans le but de la soigner. Il alla chercher les instruments nécessaires puis entreprit d'enlever le bandage.
« Ça pouvait attendre, vous savez ? rétorqua-t-elle.
- Le plus tôt sera le mieux. »
Il retira le tissu et découvrit la plaie bien ouverte. Du rouge sur du blanc, ce détail ne pouvait que choquer n'importe qui voyait la plaie.
« Je l'avais totalement oubliée celle-là… soupira-t-il.
- Ne croyez pas être le seul. »
Elle profita du fait qu'il la regardait pour lui adresser un sourire plutôt timide. Il lui rendit furtivement avant de s'attarder sur la main meurtrie de l'immunologiste.
« Chase roule à quelle vitesse d'habitude ? demanda-t-il tout en s'appliquant sur sa manœuvre.
- Bien plus lentement que vous, si telle est votre question.
- Ma vraie question c'est « sera-t-il bientôt ici ? ».
- Je ne pense pas qu'il tardera. »
House poussa un deuxième soupir.
« Le plus tard sera le mieux.
Comme c'est étrange... Il faut traiter ma main rapidement mais il faut que Chase arrive plus tard... Enfin, je ne vais pas me plaindre... C'est agréable d'avoir ma main dans celle de House... Dans celle de mon dieu... D'ailleurs il semble un petit peu gêné de ce contact… Il est bizarre… Qu'est-ce que je raconte moi ? House est toujours bizarre ! songea-t-elle. »
Elle laissa échapper un petit rire semblable à une mélodie, mais s'arrêta aussitôt quand elle entendit des clefs qui s'enfonçaient dans le verrou de la porte. Quelques secondes après, Chase apparut dans le salon.
« On va dire que c'est le bon moment ! pensa Cameron.
- Je dérange, peut-être ? se renfrogna-t-il en voyant House qui soignait Cameron.
- Chase ! gronda Cameron.
- Tu me demandes de venir pour…
- Il ne fait que me soigner ! Tu préfères qu'il me laisse crever ? l'interrompit-elle.
- Vous exagérez un peu quand même, s'incrusta House, toujours concentré.
Je pourrais bien crever parce que je suis dans un certain manque d'affection housessien... se dit-elle néanmoins. »
Chase abandonna la partie. Il ne pouvait se plaindre que House ne s'occupait pas de Cameron en même temps qu'il se plaignait qu'il s'occupait d'elle. Il s'approcha du canapé et se pencha vers la main blessée de Cameron. Bien que le bandage recouvrait une bonne partie de la blessure, on pouvait toujours distingué une jolie tâche rouge, qui ne laissait pas voir la coupure en elle-même toutefois. Chase se demanda quelques instants si House la soigner à l'aveuglette, puis une autre question lui traversa l'esprit.
« Qu'est-ce qui t'es arrivé ? demanda-t-il, faussement intéressé si ce n'est pour ne pas faire comme s'il s'en fichait.
- Oh tu me connais… J'ai fait tombé des bricoles et en voulant les ramasser je me suis coupée.
- Et House te soigne… dit-il non pas sans lancer un regard méprisant à l'intéressé.
- Oui, et crois-moi, je n'aime pas du tout ça.
On pourrait aussi appeler ça un mensonge, d'ailleurs. Je suis totalement sous le charme de la main de House… Et pas que de sa main. Mais ça, je crois que Chase ne le comprendra jamais. »
Suite à cette réplique, Chase n'ajouta rien. De toute façon il n'avait rien à ajouter, surtout que quoiqu'il dirait il se mettrait en tort. House termina son « opération » à ce moment là. Le bandage tout neuf, Cameron secoua la main plusieurs fois.
« Vous vous amusez bien ? demanda House, essayant de ne pas montrer son amusement devant Chase.
- Je vérifiais juste que ça tient bien. Eh bien… c'est génial. Et en plus ça ne me fait plus mal.
- J'ai bien travaillé maman ? »
Cameron eut un hoquet de surprise en entendant ce surnom. L'image de Cuddy lui vint presque automatiquement à l'esprit et elle n'en fut pourtant pas étonnée. Elle se rappelait encore des surnoms que House donnait à la directrice, mais non, elle n'était pas jalouse.
« Ne m'appelez plus jamais comme ça ! se renfrogna-t-elle.
- Roh je plaisantais… Et puis on ne peut pas dire que vous me faites très peur, vous savez ?
- Méchant. »
Elle lui tira la langue comme une gamine de quelques années à peine. Seulement quelques minutes après elle se rappela de la venue de Chase.
« On dirait que ça va bien, entre vous, commenta ce dernier quand l'attention fut apportée sur lui. Il ne semblait d'ailleurs pas ravi de faire cette constatation. »
Les joues de Cameron « s'exprimèrent bien » suite à cette remarque. House fit semblant de le remarquer tandis que Chase la toisait longuement.
« Chase, arrête de t'imaginer n'importe quoi sinon c'est dehors, menaça-t-elle les joues toujours roses.
- Il me semblait que tu virerais aussi House si je faisais des miennes ? répliqua Chase en montrant une mine malicieuse.
- Sauf que Cameron n'aurait pas le cœur à bannir des innocents voyons ! riposta House.
- Peut-être mais elle tient ses paroles.
-Et quand est-ce qu'elle vous a dit pour la dernière fois qu'elle vous aimerait pour toujours alors que c'est absolument faux ?
- Comment est-ce que vous osez me dire ça ? s'offusqua Chase.
- Vous avez peur que ce soit la dure et triste vérité ?
- J'ai surtout peur que vous finissez à la porte !
- Allons, ne vous inquiétez pas pour moi j'ai une défense insurmontable ! répondit House en faisant un petit signe de tête vers Cameron.
- Peut-être mais ça vaut aussi pour moi.
- Ça c'est ce que vous croyez.
- Vous sous-entendez qu'elle vous défendra plus que moi ?
- Peut-être bien oui. J'en suis même quasiment sûr.
- Vous croyez qu'en restant un sale con jusqu'à la fin de vos jours vous réussirez à obtenir quoique ce soit du comportement d'autrui simplement parce que vous le voulez ?
- Je crois surtout que quoique je fasse il y aura toujours des choses chez des gens que je n'arriverais pas à changer. Un caractère par exemple. Des sentiments, aussi.
- Où est-ce que vous voulez en venir ?
- J'ai seulement envie de vous dire d'arrêter de me chercher des noises, parce que ça risque de très mal finir.
- Pour qui ? Vous croyez qu'Allison vous laissera me faire quoi que soit ? »
Ladite Allison lança un regard offusqué vers Chase. Elle espérait du plus profond qu'il ne devine pas qu'elle serait ravie que House s'oppose entre eux bien que ça attirerait des problèmes... Ce serait le monde des rêves.
« Vous croyez que je m'arrêterai simplement parce qu'elle est au milieu ? poursuivit House.
- Vous lui ferez du mal ?
- J'ai dit ça moi ? J'ai surtout prétendu que rien ne m'arrêtera, surtout si c'est pour vous mettre une bonne rouste.
D'une certaine manière il sous-entend qu'il ne me ferait aucun mal... En moins que je rêve, encore une fois, pensa Cameron en réalisant soudainement le sous-entendu.
- Vous ne…
- Stop ! s'écria Cameron. »
Deux pairs d'yeux se tournèrent vers elle.
« Ça suffit avec les joutes verbales ! Si vous continuez c'est tous les deux que je mets à la porte ! prévint-elle. »
Elle se leva brusquement et résista à l'envie de tirer une claque à chacun d'eux.
« Ce n'est pas en répondant à la moindre remarque de l'autre que vous arriverez à cohabiter… soupira-t-elle.
- Mais tu n'avais qu'à pas l'héberger ! rétorqua Chase.
- Je pouvais faire de même avec toi. Arrêtez de vous chamailler, surtout pour des trucs aussi… stupides.
- Vous n'assumez pas ? demanda subitement House. »
Un simple regard dans celui de House fit comprendre à Cameron de quoi il parlait.
« Si, j'assume parfaitement mais évitez de mettre ça en avant… Non pas que ça me retombera dessus mais que ça vous retombera dessus. Et à moi également. »
Elle soupira.
« Comme si c'était facile aussi d'assumer mes sentiments… J'ai déjà mit tellement de temps pour réaliser à quel point je l'aimais alors si maintenant il commence à mettre des bâtons dans les roues…
- De quoi est-ce que vous parlez ? s'incrusta Chase.
- De quelque chose qui ne te regarde sûrement pas ! répondit Cameron, sur la défensive. »
Elle se rendit compte de sa réaction un peu trop brusque au goût des deux hommes. Il lui fallait une excuse pour filer à l'anglaise, alors elle piocha dans ses pensées comme elle pouvait choisir entre plusieurs bonbons qu'on lui tendait. Bien qu'elle n'en aurait peut-être pris aucun, même si House lui aurait fait remarquer qu'elle était au régime... Mais elle ne l'était pas, évidemment.
« Je vais prendre un bain, annonça-t-elle en se dirigeant vers sa chambre – très certainement pour prendre des vêtements.
Eh bien… On peut dire que ça promet, cette cohabitation… »
