Disclamer :
Rien ne m'appartient, à part les idées tordues qui, je l'espère, feront de cette fic une histoire intéressante. La trame de fond (lieux, personnages, termes magiques -sauf les miens !-) est l'entière propriété de Mrs J.K Rowling (la veinarde !), et je ne touche rien pour faire profiter les lecteurs de mon imagination débordante (dommage… éè).
Petites RAR avant de vous laisser découvrir la suite…
Keana, Hmm… Voldemort n'a pas fini de perturber Severus et Fiona. C'est juste qu'il s'y est mal pris la première fois mais tu peux lui faire confiance pour ne pas commettre deux fois les mêmes erreurs... J'en dis pas plus, ce serait trop dommage de gâcher la surprise ! Merci pour ta review !
Violette ou ceresse, de rien chère Violette, c'était un plaisir ! Et puis, non, rien n'est fait au hasard dans ma fic. Tout ce que j'invente peut plus où moins trouver une explication dans ce qu'a déjà écrit Mrs Rowling. Quant à ce que je lui ai pris, j'essaye au maximum de le respecter. Par contre, je reviens sur le tutoiement de Rogue envers Drago : je savais bien que j'avais déjà vu ça quelque part et c'est pour ça que j'ai penser que je pouvais me permettre de le faire. En fait, Rogue le fait dans le tome 5 mais c'est en présence de Harry lorsqu'il lui donne une leçon d'occlumencie. Drago entre dans la pièce pour je ne sais plus quelle raison (Harry expliquera plus tard qu'il prend des cours de rattrapage en potions pour se justifier, ce qui donnera à Drago une raison de plus pour se moquer de lui), et Rogue lui répond bel et bien en le tutoyant. On peut donc supposer qu'en comité restreint, Rogue se permettrait effectivement de tutoyer Drago devant d'autres élèves. Merci pour tes encouragements, ta review, et bisous à toi aussi !
Xyrae, devant de telles menaces, je peux t'assurer que je vais protéger farouchement mon ordi car ce n'est pas « un chapitre de plus » que tu aurais pu avoir en débarquant chez moi avec Violette, mais carrément la fic entière ! lol. Elle est presque finie, j'ai juste un chapitre au milieu de rien à terminer et deux ou trois à faire avant le dernier qui lui, est écrit depuis longtemps (ouais je sais, vu comme ça, ça ressemble à un gros bordel et je dois bien reconnaître que c'est vraiment le cas !). En attendant, voici la suite que tu réclames avec impatience Les deux prochains chapitres sont assez complémentaires l'un de l'autre et j'espère qu'ils te plairont car ils sont pleins de bonnes surprises pour Fiona. Merci pour ta looooongue review et tes encouragements et à une prochaine fois ! (PS : ne joue pas trop avec les allumettes et tout devrait bien se passer… ! lol).
Lessa, moi non plus je ne sais pas d'où je sors toutes mes élucubrations, d'ailleurs je crois bien que le plus tordu reste à venir… lol. Mais tes compliments me vont droit au cœur. Tu n'es pas une si « ancienne » revieweuse que ça, tu as reviewé mon chapitre 18 et ça fait un moment que tu me suis. Merci donc pour ta review et ta fidélité, je n'en demande pas tant mais ça me fait vraiment plaisir. Voici la suite que tu attends impatiemment… !
Orphéana, lol, ouais, je reconnais que j'ai pas été très tendre avec cette pauvre Fiona et ses fameux entraînements. Mais vu le prof que je lui ai mis dans les pattes, elle ne peut pas faire autrement que se donner à fond et obtenir des résultats (j'vois déjà d'ici la tête de Rogue si elle n'arrivait à rien ! -d'ailleurs ça aurait été marrant aussi à écrire vu que la demoiselle a de la répartie-). Pour répondre à ton observation suivante, la période de « trêve » en sera réellement une car j'en ai fait voir de toutes les couleurs à mon héroïne jusqu'à présent et je me sens obligée de me racheter un peu. Voici la suite, chère Orphéana et je te remercie beaucoup pour ta review ! Bisous à toi aussi…
Une petite surprise vous attend dans ce chapitre, je crois que le titre dit tout… !
Chapitre 21 - Deux et un : trois…
(Rien ne rehausse tant le prix d'une bonne nouvelle que la fausse alarme d'une mauvaise - Antoine Hamilton)
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Fiona retrouva le calme de la bibliothèque et la douce routine du collège le lendemain. Cela ne faisait que deux jours qu'elle était de retour et jamais on aurait pu penser que le monde de la magie venait sans doute d'échapper à un renversement dont les conséquences auraient été dramatiques car, aujourd'hui, seules les préoccupations futiles des élèves résonnaient sur les murs du château.
Après avoir pris un solide petit déjeuner, elle suivit un groupe de Gryffondor dont Neville était pour une fois le centre d'attraction.
- Pourquoi faut-il que Madame Millepertuis s'en aille, se lamentait l'adolescent. Moi qui commençais à apprécier les cours de potions…
- C'est vrai que l'ambiance était vraiment différente, compatit Hermione. Et c'est une bonne enseignante.
- Vous avez eu un nouveau professeur de potions ? s'étonna Fiona en retrait du groupe.
- Oui, confirma Harry. Monsieur Rogue a été remplacé pendant votre absence puisqu'il n'a pas été souvent là. On aurait bien voulu que le professeur Millepertuis reste mais on vient d'apprendre que Rogue reprenait ses fonctions aujourd'hui.
- Allons, il n'est quand même pas si terrible que ça, tenta t'elle de le défendre en voyant les mines déconfites.
Des sourires lourds de sous-entendus se dessinèrent sur les visages et tous observèrent Neville avec amusement.
- Bon, j'admets qu'il a sûrement ses têtes, reconnut Fiona en voyant l'air dépité de l'adolescent. Mais dis-toi bien qu'il n'y a aucune raison pour que tu perdes tes moyens, Neville. Tout ce que tu as réussi à accomplir pendant ces quelques jours, tu peux aussi le refaire pour le reste de l'année.
- Facile à dire, se borna t'il. Je me suis dit que ça s'arrangerait avec le temps, mais ça fait six ans maintenant que je n'arrive à rien.
- Et pour les BUSE l'année dernière, comment ça s'est passé ?
- Bien, répondit Neville sans comprendre. Mais nos épreuves se sont déroulées devant des agents du Ministère. C'était plus facile…
- Dans ce cas, essaye de visualiser les visages des sorciers du jour de l'examen ou… Tiens, pense à Monsieur Rogue coiffé d'un énorme chapeau à fleurs, tenta de plaisanter Fiona en évoquant la première image ridicule qui lui vint à l'idée.
Tous les Gryffondor se retinrent de rire trop fort à l'évocation d'un souvenir encore profondément gravé dans les esprits.
- Pour le chapeau, je l'ai déjà fait et ça ne m'a pas tellement réussi à l'époque, avoua Neville. Nous avons étudié les Epouvantards en troisième année et le mien prenait l'apparence de Monsieur Rogue avec les vêtements de ma grand-mère. Je crois que c'est la pire période que j'ai eue à passer dans ce collège.
Ce fut au tour de Fiona d'essayer de garder son sérieux en imaginant la scène.
- Bon alors viens me voir à la bibliothèque quand tu auras un moment. Il y a quelques livres qui pourraient t'aider, suggéra t'elle avec douceur.
Neville sourit enfin et promit à Fiona qu'il suivrait son conseil. Les Gryffondor descendirent vers les cachots tandis que la jeune femme prit le chemin de la bibliothèque. Elle était impatiente de pouvoir enfin reprendre son travail en ce premier jour de classe et longeait les couloirs d'un pas léger en chantonnant un air de son invention.
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Pendant les trois premières semaines de janvier, Fiona vit ses efforts récompensés par des entraînements intensifs mais efficaces. Severus apprenait à faire preuve de patience et les élèves étaient loin de s'en plaindre car il mettait de ce fait moins d'ardeur à leur mener la vie dure.
Même Neville retrouva une certaine confiance en lui. Ça ne l'empêchait pas de commettre encore quelques maladresses qui faisaient le bonheur des Serpentard, mais maintenant Rogue manifestait plutôt de l'indifférence à son égard, ce qui lui permit enfin de voir aboutir de réels progrès et les livres prêtés par Fiona lui furent également d'un grand secours.
Puis, la reprise des entraînements de Quidditch avait très vite occupé les esprits. Le premier match de la deuxième saison du tournoi devait avoir lieu dans une semaine et constituait un évènement très attendu puisqu'il verrait s'affronter les équipes de Gryffondor et de Serpentard pour la première fois depuis la rentrée.
Chaque séance était une des rares occasions que les élèves avaient de pouvoir sortir du château en raison de l'annulation des sorties à Pré-au-Lard depuis la diversion des Mangemorts. Les tribunes regorgeaient maintenant de nouveaux supporters devenus assidus à encourager leur équipe. Fiona en avait profité pour mettre la section des sports magiques à jour à la bibliothèque car c'était de loin celle qui remportait le plus de succès parmi les livres les plus fréquemment empruntés depuis quelques temps.
Cependant, même si elle avait volontiers participé à l'enthousiasme des étudiants les premiers jours, elle voyait aujourd'hui ce nouvel engouement comme une charge de travail supplémentaire et sortait souvent épuisée le soir en se demandant comment elle faisait pour avoir encore la force de suivre efficacement les leçons privées que lui donnaient Hermione et Severus.
L'adolescente fut la première à remarquer l'état de surmenage de Fiona et lui conseilla d'aller voir Madame Pomfresh. Mais celle-ci ne voulut rien entendre et s'obstinait à mettre un point d'honneur à satisfaire tous ceux qui avaient accepté de lui accorder du temps. Pour Fiona, il était hors de question de les décevoir et elle refusait de trahir la confiance qu'ils avaient su placer en elle.
Pourtant, lorsqu'elle s'éveilla le vendredi suivant, elle fut tentée d'envoyer quelqu'un prévenir Madame Pince qu'elle ne viendrait pas aujourd'hui. Elle avait passé une nuit épouvantable à se retourner dans son lit en se sentant malade et, finalement, elle se rua dans sa salle de bain aux premières lueurs de l'aube en étant prise de nausées.
Maintenant qu'elle était debout, Fiona décida de revenir sur sa décision de ne pas aller travailler et descendit prendre un petit déjeuner du bout des lèvres dans la Grande Salle avant de se rendre à la bibliothèque. Rogue s'inquiéta de la voir si pâle. Il la questionna longtemps sur ce qu'elle avait mangé ces derniers jours, mais puisque personne d'autre n'était indisposé et que Fiona n'avait rien pris en dehors des repas, il en vint à observer ses propres élèves par des coups d'œil discrets en redoutant que Malefoy et sa bande aient pu vouloir réveiller de vieilles rancœurs.
Mais les Serpentard s'intéressaient très peu à la table des professeurs. Severus dut se rendre à l'évidence qu'ils n'y étaient sans doute pour rien en comprenant qu'ils étaient plongés dans une conversation intense sur les stratégies qu'ils prévoyaient de mettre en place pour le match du week-end. Il alla donc dispenser ses cours en n'y repensant plus.
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Le soir même, Fiona descendit dans la salle de Salazar Serpentard pour ses entraînements aux sortilèges de défense. Si elle avait eu à choisir, elle aurait préféré se détendre dans les douceurs d'un bon bain chaud mais se résigna à prononcer le mot de passe et entra dans la pièce où Severus l'attendait déjà.
D'un simple regard, il vit que Fiona n'allait pas mieux et, au lieu de la rejoindre, il alla s'asseoir sur un des fauteuils qu'ils avaient fini par ajouter à la salle pour souffler un peu entre deux exercices.
- Tu es sûre de vouloir t'entraîner aujourd'hui ? demanda t'il.
- Oui. Je suis juste un peu fatiguée mais ça va aller, assura Fiona en s'attachant les cheveux.
Severus soupira profondément en gardant son inquiétude.
- Dans ce cas, je te propose quelque chose, reprit-il.
- Quoi…
- On s'accorde une heure ou deux pour travailler aujourd'hui mais dimanche, je t'emmène voir quelque chose que tu n'as jamais vu.
Fiona se fit aussitôt curieuse et s'avança lentement en replaçant une mèche rebelle derrière son oreille. Puis, elle s'accroupit devant Severus, croisa ses bras sur les genoux du professeur et y déposa son menton.
- Tu es prêt à annuler une journée intensive de travail acharné pour m'emmener quelque part ? s'étonna t'elle d'un air mutin. Qu'est-ce que ça peut bien être… ?
Rogue sourit en s'amusant de la voir soudain intéressée. Il prit un malin plaisir à laisser passer quelques secondes avant de répondre.
- L'océan…, avoua t'il enfin en renforçant son expression d'un regard amoureux.
Le visage de Fiona s'illumina d'un large sourire.
- C'est vrai ?! se réjouit-elle en redressant la tête.
- Je te l'avais promis il y a plusieurs semaines, rappela t'il en haussant un sourcil.
- Je sais, mais je ne pensais pas que tu sacrifierais un dimanche pour ça.
- Ça me paraît être le jour idéal. Je ne sais pas ce que te fait faire Madame Pince, mais ça fait déjà plusieurs jours que tu es exténuée, argumenta Severus. Demain c'est impossible puisque je vais devoir apporter mon soutien à l'équipe de Serpentard ; je n'ai pas non plus l'intention d'attendre jusqu'aux vacances de Pâques et je vois bien que tu as besoin de faire une pause. Alors dimanche, ça me semble parfait d'autant plus qu'il parait qu'il fera beau sur les côtes écossaises.
- Si tu veux du soleil tu n'as qu'à le demander, ironisa Fiona.
- Je t'interdis d'influencer les éléments pour repousser les nuages pendant les deux prochains jours, dit-il avec douceur. Ça ne ferait que t'affaiblir davantage. Allez, on s'y met.
Severus lui prit les mains pour l'aider à se relever et ils se mirent en position.
Comme à chaque début de séance, Fiona passa une heure à s'entraîner sur de nouvelles formules qu'elle lançait sur des balles de mousses devenues maintenant familières.
Ils s'affrontèrent ensuite en utilisant les couleurs originelles des sorts mais remplacés par des éclairs fictifs comme ils avaient l'habitude de le faire, pour ne pas se blesser. Pour corser un peu les choses, Rogue avait décidé depuis peu de substituer les balles de la première phase des cours par des moineaux beaucoup moins prévisibles dans leurs déplacements et Fiona devait répondre aux attaques de son adversaire, lui lancer elle-même des sorts, tout en stupéfixant un maximum d'oiseau lorsqu'elle en avait le temps.
Elle enchaîna donc les ripostes et les offensives du mieux qu'elle put mais ne parvint pas à atteindre le moindre volatile.
- Bon, on arrête, décida Severus sans amertume. Tu n'en peux plus et ça m'inquiète. Je veux que tu ailles voir Madame Pomfresh, Fiona. Que tu sois fatiguée, je veux bien mais apparemment il y a autre chose.
- J'irai la voir demain, promit-elle en reprenant son souffle.
- C'est hors de question, tu y vas maintenant, insista t'il. Je viens avec toi si tu veux ?
- Non, c'est bon, capitula t'elle. J'y vais et je te retrouve au dîner ?
- D'accord, mais viens te rafraîchir un peu, avant.
Ils s'arrêtèrent en chemin dans les appartements de Rogue et Fiona se rendit seule à l'infirmerie. Madame Pomfresh l'accueillit à bras ouverts mais s'affola de lui trouver les traits tirés et une mine épouvantable.
- Ça fait une bonne semaine que je suis fatiguée, expliqua la jeune femme en réponse aux questions de l'infirmière. Je ne dors pas très bien et je n'ai pas faim non plus. Ça fait même deux jours que j'ai quelques nausées mais elles ont été plus importantes ce matin.
- De la fièvre… ?
- Non, et je n'ai mal nulle part. J'ai juste l'impression d'avoir mangé quelque chose qui me reste sur l'estomac.
- Vous n'avez rien pris pour faciliter la digestion ?
Fiona démentit un signe de tête en soupirant d'incompréhension.
- Mmm, de toute façon ça aurait dû passer depuis le temps. Venez vous allonger je vais voir ce que je peux faire.
Fiona suivit Madame Pomfresh dans la salle de repos et répondit encore à quelques interrogations pendant que l'infirmière l'auscultait.
- Je ne vois rien d'anormal, annonça t'elle à l'issue de son examen. Par précaution, je vais quand même faire un prélèvement sanguin. Nous n'aurons les résultats que demain mais nous serons fixées.
Elle s'absenta un bref instant et revint avec le matériel nécessaire.
- Et qu'en dit Monsieur Rogue ?
- Rien. Enfin il est inquiet, bien sûr, mais il m'a juste demandé si j'avais mangé quelque chose de particulier que les autres résidents du collège n'auraient pas pris et ce n'est pas le cas.
- Je vois à quoi il pense. Justement, je vais commencer par là.
Elle ouvrit une boîte, en sortit une fine tige de plastique munie d'un embout de coton imbibé, y laissa tomber quelques gouttes de sang et attendit une réaction.
- Bon eh bien, vous pourrez lui dire que vous répondez négativement à un test d'empoisonnement, c'est déjà rassurant. Vous voulez rester vous reposer un moment ?
- Non, ça ne servira à rien, refusa Fiona. Je vais aller manger un peu ça me fera sans doute du bien.
- En tout cas, ça ne peut pas vous faire de mal. C'est même recommandé. Cela dit, si ça ne va pas mieux n'hésitez pas à revenir me voir.
- C'est promis, dit Fiona en se levant. Vers qu'elle heure je peux passer demain pour les résultats ?
- Ils seront prêts vers huit heures mais j'aimerais autant que vous vous reposiez. Rien ne presse et je passerai avertir Monsieur Rogue s'il y a quelque chose.
Fiona resta encore un moment à discuter de choses et d'autres avec son amie et rejoignit les professeurs dans la Grande Salle. Severus était déjà là, elle alla s'asseoir à ses côtés.
- Alors ? demanda t'il, inquiet.
- Tout va bien, le rassura t'elle. Elle n'a rien trouvé mais tient à faire des examens complémentaires dont j'aurai bientôt les résultats.
Elle se servit d'un assortiment de mets variés et retrouva enfin un peu d'appétit.
- Je ne veux pas te laisser seule cette nuit. Viens dormir chez moi, proposa Severus.
- Non. Je n'arrête pas de me réveiller, tu vas passer une nuit horrible.
- Alors laisse-moi au moins rester avec toi jusqu'à ce que tu t'endormes ?
Fiona accepta et termina son assiette qu'elle avait appréciée de déguster finalement. Rogue l'accompagna jusqu'à sa chambre et alluma un feu dans la cheminée en attendant qu'elle sorte de la salle de bain où elle était allée se changer. Puis, ils s'allongèrent l'un contre l'autre en s'enlaçant.
- J'espère que ce n'est pas le contrecoup de tes entraînements, fit Rogue en lui caressant doucement le bras. Nous devrions peut-être revoir notre planning, ça fait presque un mois que nous avons commencé et on a sans doute placé la barre trop haute.
- Madame Pomfresh y a pensé aussi mais, non, je ne pense pas, démentit Fiona. On n'a jamais vraiment forcé et j'ai pris une potion à chaque fois que je ne me sentais pas bien. Ne t'inquiète pas, c'est juste un peu de fatigue, assura t'elle en se calant un peu plus contre lui.
Severus l'embrassa sur le front et attendit qu'elle s'endorme.
Contrairement au souhait qu'avait émis Fiona, il resta encore quelques heures à ses côtés avant de redescendre aux cachots.
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Le lendemain, Fiona s'éveilla en se sentant toujours barbouillée et se maudit en voyant l'heure tardive. Elle se pressa vers la salle de bain, en ressortit une demi-heure plus tard et se dirigea vers l'infirmerie.
Une bonne nuit de sommeil l'avait rendue d'humeur joyeuse et les élèves qu'elle rencontra au fil de son parcours étaient si excités à l'idée d'assister au premier match de la nouvelle année, qu'elle en élargit un peu plus son sourire de voir leur insouciance. Harry en tête, elle croisa les joueurs de l'équipe de Gryffondor un peu plus loin et s'arrêta pour les saluer.
- Tu as quelque chose de changé, remarqua t'elle à l'attention d'Harry après avoir assuré son soutien à l'équipe.
- Ah, vous voulez sans doute parler des lunettes, supposa t'il. J'ai décidé de m'en passer pour le match.
- La prise de potions n'est pas interdite avant une épreuve ? s'amusa Fiona le moins fort possible pour ne pas attirer l'attention de quelques Poufsouffle qui passaient au même moment.
- Il ne s'agit pas de ça. J'ai découvert que je pouvais améliorer ma vue à volonté. Nymphadora Tonks a trouvé plutôt bizarre que j'ai pu faire repousser mes cheveux quand j'avais à peine 6 ans et elle m'a aidé à canaliser mon énergie pour transformer certaines parties de mon visage.
- Tu veux dire que tu es un Métamorphmagus ?
- Ben, je ne le savais pas, mais oui. D'après Nymphadora, il n'y a aucun doute. J'ai même réussi à faire disparaître ma cicatrice une fois mais, finalement, je préfère la garder.
- Tu as raison, elle fait partie intégrante de ta personnalité, approuva Fiona avec douceur. Dis-moi, reprit-elle les yeux brillants de complicité. Les Serpentard vont avoir une sacrée surprise !
- Ron et Neville ont répandu la rumeur qu'Harry avait cassé ses lunettes. Ils sont donc persuadés que nous allons assister au match le plus court de toute l'histoire du Quidditch, annonça Ginny d'un air moqueur.
- Ils ont dû s'en donner à cœur joie pour se laisser aller à quelques sarcasmes dont ils ont le secret, observa Fiona compatissante.
- On les a pas mal encouragés à le faire depuis plusieurs jours, avoua Neville. Maintenant, on a hâte de voir leur tête quand Harry attrapera le vif d'or.
- Ce qui ne manquera pas d'arriver, affirma Fiona avec conviction. Bon, je vous laisse, je dois aller voir Madame Pomfresh.
- Vous venez pour le match ? souhaita Harry avec sincérité.
- Bien sûr. Je ne voudrais rater ça pour rien au monde, promit t'elle en s'éloignant.
Elle arriva enfin à l'infirmerie et trouva l'infirmière occupée à ranger quelques étagères dans le fond de son bureau.
- Ah Fiona, se réjouit-elle en l'apercevant. Rassurez-vous ma chère, vous êtes en parfaite santé, commença t'elle d'emblée.
- Bon. Dans ce cas, ce n'était réellement qu'un peu de fatigue, alors. D'ailleurs je me sens mieux aujourd'hui.
- Oh, je n'en doute pas. Et vous n'allez pas tarder à devenir rayonnante, assura Madame Pomfresh le regard brillant. Venez un peu par ici. J'ai pensé à quelque chose hier soir, ça fait des heures que je cherche un vieux détecteur et je viens enfin de remettre la main dessus. Bien sûr, il ne sert jamais ici et heureusement ! Mais je crois qu'en ce qui vous concerne…
Elle s'interrompit en soulevant un vieux carton et y dénicha un objet poussiéreux représentant des filaments métalliques entrelacés à la manière d'un ressort, enserrés en plusieurs endroits de boules d'argent placées à différentes hauteurs. Fiona s'avança d'un air curieux et le détecteur se mit doucement à vibrer. Madame Pomfresh, qui souriait déjà, le déposa sur une table le plus près possible de la jeune femme. Le résultat ne se fit pas attendre, les vibrations s'intensifièrent jusqu'à se stabiliser en un son mélodieux rappelant étrangement le chant des sirènes. Une des boules d'argents glissa le long de sa spirale et s'arrêta au contact d'une coupelle de bronze qui servait de socle à l'ensemble.
- C'est bien ce qu'il me semblait : vous êtes enceinte, annonça l'infirmière en regardant son amie d'un air attendri.
La première réaction de Fiona fut d'abord de sourire de joie en entendant cette nouvelle. Puis, de s'étonner en cherchant sa respiration tant elle était émue et surprise, mais si heureuse aussi.
- V… vous êtes sûre ? balbutia t'elle finalement.
- Aucun doute, confirma Madame Pomfresh. Et je suis fière d'être la première à vous adresser mes félicitations.
Les deux femmes, les yeux maintenant emplis de larmes de bonheur, s'avancèrent l'une vers l'autre et s'étreignirent affectueusement pendant de longues secondes.
- Je n'arrive pas à y croire…, lâcha Fiona dans un souffle en se reculant lentement.
Elle regarda son ventre qu'elle trouvait soudain arrondi avec un sourire radieux et le caressa doucement en se mordant la lèvre inférieure, comme si elle ressentait déjà cette vie nouvelle qui grandissait au plus profond de sa féminité.
- Ça fait combien de temps ? demanda t'elle en reportant son attention sur l'infirmière.
- Eh bien, d'après cette chose étrange, répondit Madame Pomfresh en observant le détecteur. Je dirais un mois. Mais ne vous attendez pas à ce qu'on remarque un signe visible avant un moment, ajouta t'elle en ayant perçu la fausse impression que Fiona avait éprouvée un instant plus tôt.
- C'est dommage, se désola t'elle. J'avais presque la sensation de voir déjà une évolution.
L'infirmière eut un rire amusé.
- Je crois que les nausées matinales vous suffiront largement dans un premier temps pour vous faire à l'idée que vous allez effectivement être bientôt maman.
Fiona, qui souriait toujours, haussa les sourcils et soupira profondément.
- En effet…, admit-elle. Mais ça ne fait rien. L'aboutissement vaut bien quelques inconvénients.
- Je suppose que vous avez hâte d'annoncer l'heureux évènement à un certain professeur, ironisa Madame Pomfresh pour ramener doucement Fiona à la réalité. Je crois que le match ne va pas tarder à commencer et vous devriez vous dépêcher si vous ne voulez pas avoir à le déloger du fin fond de sa tribune.
- Oh, c'est vrai, se souvint t'elle, impatiente, en se dirigeant vers la porte. J'y vais tout de suite.
- Très bien, mais revenez me voir quand vous aurez un moment. J'ai certains ouvrages à votre disposition que vous ne trouverez pas à la bibliothèque. Ils vous seront utiles pour répondre à quelques questions et vous apporter de précieux conseils, s'empressa t'elle de l'informer en la regardant partir.
- D'accord, je repasse le plus tôt possible ! promit Fiona d'un ton joyeux sans se retourner.
Elle enchaîna les couloirs en espérant que Severus ne soit pas déjà parti pour le stade. Les clameurs qu'elle percevait en approchant certaines fenêtres indiquaient clairement que le coup d'envoi du match était sur le point d'être donné et elle pressa son pas en direction des cachots.
Elle n'eut pas le temps de les atteindre qu'elle croisait effectivement Severus qui s'apprêtait à sortir du château. Il s'immobilisa en voyant Fiona avancer dans sa direction et elle s'arrêta, haletante, devant lui.
- Tu as pleuré ? remarqua t'il, inquiet.
- Oui. Mais tu vois bien que je souris aussi, dit-elle avec douceur. Viens, il faut que je te parle…
Elle lui prit la main, lui fit faire demi-tour en le guidant vers ses appartements où ils s'installèrent sur un des canapés de velours vert du salon. Fiona s'assit sur le côté pour être face à Rogue qui se rassura soudain de déceler une nouvelle étincelle dans ses yeux, à la lueur des torches encore incandescentes.
- Nous allons avoir un bébé, lui annonça t'elle sans attendre tant elle était incapable de garder pour elle cette information plus longtemps.
Severus en resta sans voix mais, comme Fiona l'avait fait avant lui, sa première réaction fut d'esquisser un sourire.
- Tu… Oh, souffla t'il, visiblement heureux. Je vais être père ? Mais c'est impossible… Pas moi…, se rembrunit-il aussitôt.
- Pourquoi pas toi ?
- Je ne le mérite pas, dit-il dans un murmure en détournant un regard sombre vers la pièce. Pas après tout ce que j'ai fait. Le mauvais sort s'est toujours chargé d'anéantir le moindre instant de bonheur chaque fois que j'ai eu l'impression d'avoir enfin une chance de voir la vie me sourire.
Fiona posa son coude sur le dossier du canapé et appuya sa tête sur sa main.
- Je te rappelle que ça fait 17 ans que le mauvais sort, comme tu dis, t'a laissé prendre ta vie en main. Il t'a permis de rencontrer des gens qui t'ont accordé leur confiance, leur hospitalité indispensable à ta liberté. Et qu'est-ce que je devrais dire, moi. Je ne m'attendais pas à être accueillie dans un endroit merveilleux par des êtres capables de tant de générosité. Ni de tomber amoureuse un jour et encore moins avoir le droit de donner la vie à mon tour.
Severus tourna vers elle un visage ébahi mais empreint d'une telle tendresse qu'elle ne put s'empêcher de sourire. Il la prit dans ses bras et la serra dans une longue étreinte amoureuse.
- Tu as raison, chuchota t'il à son oreille. Cela dit, la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, c'est toi…
- Hum… nous, rectifia t'elle dans un toussotement moqueur.
Il relâcha son étreinte, baissa les yeux sur le ventre de Fiona qui se mouvait lentement au rythme de sa respiration et le caressa doucement du revers de ses doigts.
- Toi, elle…ou lui, je ne sais pas lequel des deux je vais le plus aimer mais j'ai l'impression de découvrir tout à coup qu'il est possible de s'éprendre éperdument de plusieurs êtres à la fois. …Je n'arrive pas à y croire, s'étonna t'il encore.
Fiona s'amusa de voir le grand Severus Rogue soudain perdu.
- Moi non plus. Pourtant, dans huit mois il faudra bien se rendre à l'évidence.
- Dans huit mois tu vas me maudire d'être à l'origine des souffrances d'un accouchement, plaisanta t'il.
- Ces souffrances-là, je veux bien les subir à chaque fois que tu me prouveras ton amour, lâcha t'elle d'une voix à peine audible en se rapprochant davantage.
Ils s'embrassèrent tendrement et Fiona se blottit un long moment au creux de ses bras.
- Il va falloir que nous en parlions à Dumbledore assez rapidement, évoqua Severus. Je n'ai aucune idée de la façon dont nous allons nous organiser mais il saura bien nous apporter quelques suggestions, comme toujours…
- On va attendre un peu. Je suppose qu'il est sur le terrain en train d'assister au match ?
- Non. Il avait quelques affaires à régler avant de descendre.
- Alors allons-y maintenant, proposa Fiona en redressant la tête pour voir si Severus approuvait cette idée.
- D'accord.
Ils se levèrent et retrouvèrent les couloirs déserts et silencieux du collège. Enfin, pas si déserts que ça puisqu'ils rencontrèrent Dumbledore à quelques mètres de son bureau. Il époussetait des plumes de hibou sur sa robe, apparemment récupérées à la volière de l'école où il venait de se rendre, et leva un visage enjoué en voyant le couple s'avancer vers lui.
- Monsieur Dumbledore, commença Rogue. Nous souhaiterions vous parler.
- Severus, je vous croyais sur le terrain, fit-il remarquer en s'arrêtant près de la gargouille.
- Euh… non. Nous aurons peut-être le temps d'y aller plus tard si ce fichu Potter n'attrape pas le vif d'or avant.
- Allons, tu n'as pas entendu dire qu'il avait cassé ses lunettes ? se moqua Fiona en réprimant un éclat de rire.
- Non ? fit Rogue, étonné.
Apparemment, Dumbledore n'était pas au courant non plus et Fiona n'insista pas pour ne pas vendre la mèche en évoquant un pouvoir qu'Harry venait de se découvrir.
- Si nous allions nous asseoir, les invita le directeur. Tartempion, prononça t'il avec entrain à l'entrée de son bureau.
Rogue se tourna vers lui d'un air intrigué tandis que Fiona esquissait un sourire.
- Tarte-en-Pion ? répéta Severus. Encore un de vos desserts moldus préférés, je suppose…
- Non, s'amusa le vieux sorcier. Il s'agit d'un nom propre imaginaire qu'ils utilisent pour désigner quelqu'un sans apporter de réelle précision sur son identité, ou quelque chose comme ça. J'ai trouvé que ça sonnait plutôt bien, alors… Dites-moi, vous êtes rayonnants tous les deux, remarqua t'il soudain en changeant de sujet.
Instinctivement, Rogue se fit plus taciturne pour ne pas faillir à la réputation qu'il entretenait depuis trop longtemps déjà et Fiona sourit largement au vieil homme qui l'observait par-dessus ses lunettes. Mais aucun des deux ne répondit.
- Entrez donc, décida Dumbledore en se résignant de devoir attendre pour avoir une explication à son constat.
Les trois sorciers se laissèrent guider sur l'escalier magique et s'installèrent dans le bureau. Severus et Fiona se regardèrent pour savoir lequel des deux allait révéler la raison de leur visite et, finalement, Rogue baissa les yeux en se souvenant de la complicité qu'échangeaient Dumbledore et la jeune femme depuis maintenant quatre mois.
- Ça fait quelques jours que je ne me sens pas très bien, se lança t'elle. Et Madame Pomfresh m'a annoncé ce matin que je suis enceinte.
- Oh ! lâcha brièvement Dumbledore d'un ton joyeux. Voilà une formidable nouvelle que je me réjouis d'entendre. Vous méritez vraiment de partager ce bonheur tous les deux. Il est l'accomplissement de l'amour évident que vous vous portez l'un à l'autre et c'est avec une grande fierté que je vous adresse mes plus sincères félicitations.
- Merci, répondirent Rogue et Fiona d'une même voix.
- Vous aurez tout le temps d'y réfléchir, mais avez-vous une idée de ce que vous souhaitez pour élever cet enfant ?
- Justement non, avoua Severus. Il est bien évident que sa venue va nous imposer une organisation particulière mais nous n'avons rien décidé. D'abord parce que c'est très récent et ensuite, nous vivons tous les deux dans ce collège sans réelle attache extérieure, même en ce qui me concerne.
- C'est indéniable, approuva Dumbledore. Je suis désolé d'être obligé de vous placer devant une réalité un peu austère mais il va aussi être question de la sécurité dont vous allez devoir vous entourer. Nous ne devons pas perdre de vue que cet enfant pourrait être investi de vos pouvoirs, Miss Mandelsen, rappela t'il à son attention. Et il est hors de question que les heures sombres d'un passé encore récent se répètent.
Fiona se rembrunit devant une probabilité à laquelle elle n'avait pas songé.
- Par ailleurs, poursuivit Dumbledore. Un des premiers dangers dont nous devrons nous prémunir est de cacher cette information aux résidents de ce collège. Je le déplore profondément, mais plusieurs élèves sont issus de familles sur lesquelles persiste une grande suspicion quant à leur appartenance aux rangs du Seigneur des Ténèbres, c'est pourquoi je crains que vous ne deviez quitter cette école avant que des signes trop visibles ne trahissent votre état.
Severus et Fiona échangèrent un regard affligé de comprendre qu'ils allaient bientôt devoir se séparer.
- Il y a bien le manoir de mes parents, observa Severus. Mais la plupart de mes anciennes relations en connaissent l'emplacement et il n'offrirait pas de ce fait une sécurité suffisante.
- Ça ne fait rien, assura le vieil homme. Je connais un endroit réunissant les conditions parfaites d'un accueil et d'un suivi de qualité à ce genre de situation. Vous connaissez Angus Figg ? demanda t'il à Rogue.
- Oui.
- Il possède un cottage qu'il n'utilise pas dans le comté du Buckinghamshire. Le domaine est vaste et doté de puissantes protections contre les intrusions mal intentionnées. Il présente également l'avantage d'avoir souvent été utilisé pour héberger certains membres de l'Ordre dans l'urgence et l'efficacité de ses protections n'est plus à prouver. D'autre part, nous pourrions envisager de vous entourer, Miss Mandelsen, de sorciers disponibles que je choisirai parmi mes plus fidèles amis et dont certaines de leurs épouses seront ravies de se voir confier la mission de vous épauler à tour de rôle pour ne pas vous laisser seule. Bien entendu, Severus, rien ne vous empêchera de vous rendre là-bas tous les soirs, si aucun imprévu ne vient corrompre vos intentions, bien sûr... Je vous demanderai simplement de rester à Poudlard pour assister à quelques dîners assez régulièrement de façon à ne pas attiser les curiosités sur vos absences qui pourront être quotidiennes passé une certaine heure. Après tout, que vous corrigiez des copies et prépariez des cours dans votre bureau ou à des centaines de kilomètres de là ne fera pas une grande différence.
Fiona soupira de soulagement devant un compromis qui lui paraissait tout à fait acceptable.
- Miss Mandelsen, reprit Dumbledore. Je sais qu'il va vous être difficile de quitter ce château que vous considérez comme votre maison mais reconnaissez que nous ne pouvons contourner certains impératifs.
- Bien sûr, Monsieur. Je comprends, assura Fiona en renforçant sa sincérité d'un sourire.
- Je vous promets qu'une place vous sera toujours réservée dans cette école et vous n'aurez qu'à décider du jour où vous souhaiterez reprendre votre emploi. …A moins que vous ne préfériez pouponner et voir grandir votre enfant pendant plusieurs années, ce que je conçois tout à fait, plaisanta t'il.
- Oh, on en est pas encore là, s'amusa t'elle. Mais je vous remercie de tout ce que vous faites pour nous, Monsieur Dumbledore.
- Allons, ce n'est rien, assura t'il, gêné. Il me reste encore à savoir qui est dans le secret et je vous laisse partir, promit-il d'un air complice.
- Personne à part Madame Pomfresh, vous et nous, répondit Severus.
- Très bien. Cela me paraît amplement suffisant. Mais peut-être pourriez-vous en informer également Miss Granger puisqu'elle vous consacrait deux soirs par semaines et je crois que vous entretenez avec elle certaines affinités ?
Fiona se tourna vers Severus pour avoir son accord. Il le lui donna silencieusement.
- Je lui en parlerai lors de notre prochaine séance, convint t'elle envers Dumbledore. Mais pourrions-nous ajouter Dobby à la liste et… peut-être aussi Harry ?
Elle risqua un nouveau coup d'œil vers Rogue qui, cette fois, ne cacha pas sa désapprobation.
- Pourquoi Potter ? objecta t'il.
- Parce que c'est grâce à lui que j'ai retrouvé l'elfe de mon enfance et que nous partageons lui et moi beaucoup plus de points communs que tu ne peux l'imaginer. Mais je n'ai pas envie de ternir cet instant en entrant dans les détails.
Severus pâlit en comprenant l'allusion à l'intérêt commun que leur portait Voldemort. Il se contenta d'amorcer un sourire désolé et résolu.
- Si c'est ce que vous souhaitez, je ne m'y oppose pas, l'appuya Dumbledore. J'en ferai de même en ce qui concerne Minerva et nous nous en tiendrons là, conclut-il. Je m'occupe de faire le nécessaire de façon à ce que tout soit prêt pour votre départ et nous règlerons bientôt d'autres détails qui peuvent attendre puisque nous disposons encore de quelques semaines.
Severus et Fiona assurèrent Dumbledore de leur disponibilité pour une prochaine entrevue et réitérèrent leur gratitude à son égard avant de partir.
Ils retrouvèrent les couloirs du collège et avançaient l'un près de l'autre en savourant l'instant précieux de se retrouver enfin seuls. Ils ne parlaient pas mais partageaient maintenant les mêmes pensées tendrement dirigées vers ce petit être qu'ils n'avaient pas prévu et qui allait apporter un sens inattendu à leur relation.
Severus attendit Fiona devant sa chambre, le temps qu'elle prenne une cape. Ils reprirent ensuite leur chemin en direction du terrain de Quidditch. Echangeant enfin quelques mots, Rogue écarta une tenture pour laisser passer Fiona.
- Aaah, Miss Mandelsen, se réjouit Peeves en surgissant soudain de l'autre côté. Je n'ai pas cessé de penser à vous depuis notre dernière rencontre.
Il s'installa en tailleur dans les airs en joignant ses mains sous son menton dans un geste de prière.
- Faites-moi revivre la douce sensation que nous avons partagée il n'y a pas si longtemps, implora t'il d'un air espiègle. Regardez, je suis prêt.
Il réajusta sa position, posa ses mains sur ses genoux et ferma les yeux. Puis, il en rouvrit un en ne voyant rien venir. Fiona, un large sourire aux lèvres, risqua un coup d'œil vers Severus, il tourna vers elle un visage intrigué mais empreint d'une certaine curiosité.
- Pourquoi rien ne se produit ? s'étonna l'esprit frappeur. Voyons voir…, fit-il en feignant la réflexion. Qu'y avait-il de différent la dernière fois… Ah oui, vous étiez en colère. Soit, s'il n'y a que ça pour vous décider…
- Non, non, non, non, non, s'amusa Fiona en secouant la tête. Rien de ce que vous pourrez dire ou faire ne réussira à me faire sortir de mes gonds aujourd'hui, Monsieur Peeves.
- Vraiment ?
- Rien de ce qui s'appelle rien, alors n'insistez pas. Mais je vous promets de renouveler l'expérience un de ces jours, convint-elle pour avoir la paix.
- Dans ce cas, se résigna le fantôme. J'attends ce jour béni avec impatience…
Il tira une révérence ridicule et poussa la tenture avant de disparaître de l'autre côté.
- De quoi parle t'il ? s'intéressa Severus.
- Oh rien. Je l'ai un peu malmené il y a quelques temps et il n'a rien trouvé de mieux à faire que de trouver ça plaisant.
Rogue fronça les sourcils mais ne chercha pas à en savoir davantage. Ils rejoignirent le stade et eurent tout juste le temps assister à la fin du match sous un soleil radieux mais resserrèrent leurs capes pour se protéger d'un vent glacé d'hiver.
Une chance indécente s'était abattue sur l'équipe de Gryffondor qui totalisait déjà 17 buts alors que les Serpentard n'en avaient marqué que 4. « Un record » selon Severus qui remercia le ciel de ne pas avoir été là pour assister à une telle humiliation. Ses élèves ne semblaient même pas s'être aperçus de l'absence de leur directeur tant ils étaient absorbés à proférer des encouragements ou, à l'inverse, des insultes quand par malheur un des joueurs de leur maison commettait une faute ou une maladresse. Ce qui était apparemment souvent le cas depuis le début de la rencontre.
Drago Malefoy était vert de rage : Harry se contentait de couper chacune de ses trajectoires lorsque le vif d'or faisait une apparition et le laissait disparaître volontairement pour permettre à son équipe d'engranger les buts précieux.
Mais il se décida finalement à fondre sur la petite balle dorée et Gryffondor remporta une victoire historique avec 320 points contre 40 pour les Serpentard.
Après avoir dépensé tant d'énergie, les élèves surexcités se portèrent en triomphe jusqu'à la Grande Salle où un déjeuner régénérateur les attendait.
Pour ne pas me retrouver avec une fic de 100 chapitres, vous verrez que les évènements sont assez proches les uns des autres. J'espère que vous ne trouverez pas tout ça un peu précipité car j'ai fait de mon mieux pour insérer des « notions de temps » un peu partout.
Bisous à tous…
