Notes : tout plein de mercis pour vous, chères lectrices, qui continuez à lire et à suivre cette fic...

Et spécialement les revieweuses ^^ qui m'épatent énormément...

Une altercation entre Minerva et Severus. Où l'on reparle de l'Armée de Dumbledore et une réunion qui tourne mal pour Hermione, très mal...

lucie34 : pour répondre à ton commentaire pour lequel je te remercie, Hermione tombera enceinte mais pas de suite, elle est si jeune...

Mary12 : oui, la Pierre de Lune aura une importance...

Excellente lecture à toutes !

Avertissement : aucun

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Chapitre XXI - Retour de l'Armée de Dumbledore

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On était déjà en octobre. Hermione étudiait dans le salon des appartements privés du Directeur. Elle effectuait des recherches en Potions pour Slughorn sur le Philtre de la Trompette des Anges, et avait déjà rempli deux parchemins lorsque des éclats de voix se firent entendre derrière la porte et la tirèrent de sa concentration. Elle reconnut aussitôt la voix haut perchée de Mc Gonagall.

"Je ne te reconnais plus, Severus. Comment peux-tu accepter que les élèves de Poudlard soient traités de cette manière ? Je n'ai jamais vu aucun enseignant agir de telle façon depuis que j'enseigne ici. Tes adjoints sont d'une absolue cruauté et prennent plaisir à rabaisser et à sanctionner tous les élèves qui ne sont pas des Sangs-Purs. Hormis Hermione, et j'en suis fort contente pour elle, aucun élève Né-Moldu n'a pu poursuivre ses études cette année..."

Hermione avait appris par Severus que la Commission d'Enregistrement des Nés-Moldus, dirigée par Dolores Ombrage et sous couvert de faire des recherches sur ces derniers, était en fait un instrument de discrimination mis en place par Voldemort depuis qu'il contrôlait le ministère de la Magie. Les Nés-Moldus recevaient des invitations à venir se présenter d'eux-mêmes à la Commission mais lorsqu'ils refusaient, le ministère envoyait des Rafleurs sur leur traces. C'était l'une des raisons pour lesquelles de nombreux sorciers avaient pris la fuite. Le but des entretiens était d'envoyer au final les Nés-Moldus en prison ou de détruire leur baguette et de leur retirer leur emploi, les laissant démunis.

Les Nés-Moldus devaient remplir un questionnaire sur leurs antécédents familiaux avant d'être envoyés dans une cellule du Ministère, dans l'attente de leur procès. Ils étaient gardés par des Détraqueurs et on les menaçait de recevoir leur Baiser s'ils résistaient. La plupart des sorciers ne pouvant prouver leur patrimoine génétique étaient jugées coupables d'avoir « volé » la magie et condamnés à Azkaban. Les autres étaient libérés, sans leur baguette et sans emploi. S'ils s'enfuyaient, ils étaient alors poursuivis par des Rafleurs qui avaient l'autorisation de les tuer, et lorsqu'ils mouraient, leur mort passait inaperçue dans La Gazette du sorcier.

À Poudlard, cette année, les élèves, afin de pouvoir étudier, avaient été obligés de prouver leur Statut de Sang. Ainsi, les élèves ne pouvant le faire, comme Dean Thomas, dont le père sorcier avait abandonné sa mère quand il était enfant, avait dû s'enfuir.

Hermione tendit l'oreille, ayant du mal à entendre la suite car Minerva poursuivait sur un ton plus bas et suspicieux :

"D'ailleurs, je me pose des questions sur la disparition de Charity cet été... Et je sais par des sources sûres qu'elle ne s'est pas enfuie... Mais peut-être que toi, tu sais ce qu'il lui est arrivé, n'est-ce pas ?"

Le visage d'ordinaire pâle blêmit plus encore, ses mâchoires se contractèrent et il accusa le coup difficilement. Il fit de son mieux pour afficher un air désinvolte, mais il était profondément touché par l'accusation à peine déguisée de l'Ecossaise. Cette dernière avait toujours su appuyer là où cela faisait mal, il fallait bien lui reconnaître cette qualité digne de Serpentard. Pourtant il répondit de sa voix traînante :

"Je ne vois pas de quoi tu parles... Mais si tu détiens des informations sérieuses, tu devrais en faire part aux Aurors..."

La vision de sa collègue torturée et tuée par le Seigneur des Ténèbres hantait toujours ses nuits, et il ne comptait plus le nombre de fois où il s'était réveillé transpirant, les cheveux collés par la sueur, le cœur battant à tout rompre. Heureusement, Hermione avait un sommeil profond et ne connaissait rien de ses cauchemars nocturnes.

N'y tenant plus, Hermione décida d'intervenir. Elle se précipita vers la porte de communication qu'elle ouvrit précipitamment pour découvrir son mari debout, les bras croisés, l'attitude faussement nonchalante, faisant face à une Minerva bien remontée. Ses narines pincées et ses joues empourprées le prouvaient sans conteste.

Sa venue interrompit l'invective de cette dernière qui la toisa d'un air surpris et furibond, alors que Severus se contenta de hausser un sourcil interrogateur. La jeune sorcière se plaça aux côtés de son époux, comme pour signifier à sa Professeure de quel côté elle était. Fébrile, elle déclara, pleine de fougue :

"Vous n'avez pas à parler comme cela à Severus ! Il fait de son mieux pour éviter que les élèves ne soient torturés par les Carrow, il a même aidé Ginny quand elle a reçu des Doloris par Alecto !"

"Comme c'est touchant ! La jeune épouse volant au secours de son mari !" déclara la Directrice de Gryffondor sur un ton mi-acerbe mi-moqueur, tandis que Severus posait une main apaisante sur l'épaule d'Hermione.

"Y a-t-il autre chose dont tu souhaiterais m'informer, Minerva ?

- Non, ce sera tout... pour l'instant !"

Elle fit demi-tour non sans jeter auparavant un regard désabusé sur l'un et l'autre en ajoutant, la voix pleine de sous-entendus :

"Je m'en vais mais je n'en resterai pas là, Severus. Trop de questions restent en suspend...

- Au revoir, Minerva." répondit le sorcier sur un ton doucereux. Dès que la porte se referma sur l'Ecossaise, le sorcier se tourna vers son épouse :

"Hermione, je t'interdis de débouler dans mon bureau et de prendre part à une conversation qui ne te concerne pas !

- Mais... je n'ai pas pu supporter qu'elle puisse te critiquer, répondit la jeune femme, piquée au vif.

- C'est dans la nature des choses, il faut qu'elle croie que je suis un traître afin que ma couverture reste intacte, même si c'est un rôle difficile à jouer..."

Les yeux rougis, d'une voix à peine audible, la jeune femme rétorqua :

"Je n'arrive pas à l'accepter, c'est plus fort que moi, c'est tellement injuste...

- Il faut pourtant que nous en prenions notre parti, sinon nous courons droit à la catastrophe."

Hermione réprima un frisson

de peur en imaginant ce qui arriverait à son mari si Voldemort apprenait qu'il avait toujours été fidèle à l'Ordre...

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HG SR HG

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Hermione, Neville, Luna et Ginny s'étaient retrouvés dans la serre, sous le prétexte de s'occuper des puisque toute réunion estudiantine était interdite. La Rouquine, volubile, informait son aînée des dernières informations dont elle disposait :

"Une radio dissidente a été créé par des résistants. Elle diffuse une émission qui s'appelle Potterveille. Les animateurs essaient de soutenir et d'encourager ceux qui sont contre Tu-Sais-Qui et ils fournissent également des renseignements sur les sorciers qui disparaissent. Pour l'écouter il faut un mot de passe pour se connecter, et avant de l'interrompre, ils en donnent un nouveau pour éviter que des personnes mal intentionnées ne puissent intercepter les infos.

- Et tu connais les sorciers qui s'en occupent ?

- Oui bien sûr : il y a Lee Jordan, Kingsley, Remus et mes frères, Georges et Fred...

- Ah ! Cela ne m'étonne pas d'eux !" s'exclama Hermione, admirative.

- Evidemment, ils utilisent un surnom pour ne pas être repérés par les Mangemorts.

Neville intervint à son tour :

"C'est la seule radio qui ose annoncer haut et fort le nom des morts et disparus, car tu te doutes bien que La Gazette du Sorcier ou le Daily Prophet n'en parlent pas, ou falsifient la réalité... Il y a bien Le Chicaneur, le journal édité par le père de Luna, mais il paraît qu'il a reçu des menaces, alors il se fait plus discret..."

Le sorcier poursuivit :

"Hermione, l'Armée de Dumbledore est toujours présente, bien entendu on compte sur toi pour en faire partie à nouveau...

La jeune femme ferma les yeux brièvement et déclara d'une voix hésitante :

"Hélas, je ne peux pas... Ne me demandez pas pourquoi... Je ne peux pas vous le dire mais... je vous soutiens et je ne vous trahirai jamais ! Vous pouvez me faire confiance...

- Mais Hermione, nous avons besoin de toi, de ton intelligence, de ta bravoure et... tu es la plus douée pour lancer des Sorts !

- Oh oui, renchérit Ginny, sans toi, l'AD ne peut fonctionner, tu dois revenir avec nous !"

Finalement, la jeune femme céda et accepta de se rendre à la prochaine réunion du groupe qui devait avoir lieu le soir-même dans la Salle Sur Demande. Quand elle pénétra avec Neville dans la pièce, elle eut l'impression de revenir deux ans plus tôt : une immense bibliothèque occupait tout un pan de mur, remplie de livres spécialisés dans la lutte contre les forces du mal ; elle put voir des coussins par terre, les blasons de chaque maison qui figuraient sur chaque paroi, et il lui sembla même apercevoir des hamacs et une vaste baignoire, comme si des personnes vivaient dans ce lieu. Un espace était dédié aux entraînements : les duels entre sorciers et les lancers de Sortilèges.

Tous les élèves membres de l'AD étaient déjà présents, formant un demi-cercle ; la grande majorité en faisait déjà partie en cinquième année. Aussitôt le silence se fit, qui dura quelques secondes puis quelques chuchotements hostiles parcoururent l'assistance avant qu'une réflexion ne jaillisse, la faisant sursauter.

"Qu'est-ce qu'elle fait là, on n'en veut pas ! C'est la putain de Rogue ! hurla Lavande, aussitôt encouragée par quelques murmures approbateurs.

- Ne dites pas n'importe quoi ! Nous parlons d'Hermione Granger, la meilleure amie de Harry Potter ! s'emporta Ginny.

- Non non, c'est Hermione Rogue - elle cracha le nom de famille - elle l'a assez clamé sur les toits, d'ailleurs tous les profs l'appellent Madame Rogue maintenant !"

Plusieurs hochements de tête semblaient montrer un certain consensus chez de nombreux étudiants.

- Mais enfin, vous avez tous oublié que c'est elle qui a eu l'idée de reformer l'AD, il y a deux ans ? coupa violemment Neville, et se plaçant à la droite de la brune, ainsi que Luna à sa gauche, comme pour la protéger. Les faux Gallions enchantés qui permettent que nous nous retrouvions, c'est elle qui les a inventés, elle ! Si vous êtes ici, c'est pour lutter contre Vous-Savez-Qui, ne vous trompez pas de cible !"

Lavande ricana méchamment :

"Oui, mais c'était avant qu'elle n'épouse le Bâtard des Cachots ! Elle a changé, on ne peut plus lui faire confiance, elle nous trahira, c'est certain..."

L'on pouvait lire dans le regard de la majorité des élèves qu'ils approuvaient la remarque acerbe de leur camarade, ceux-là mêmes qui l'encensaient deux ans en arrière. Les yeux emplis de larmes brûlantes, Hermione sortit de la pièce sans voir où elle allait. Neville lui emboîta aussitôt le pas et la rejoignit dans le couloir, alors que l'on entendait Ginny hurler aux participants :

"Vous n'êtes que des imbéciles !"

"Hermione ! Hermione ! Attends-moi !"

Mais la jeune femme poursuivit son chemin en courant, mais Neville la rattrapa aisément au détour du couloir. Au moment où il prenait la jeune femme dans ses bras pour la consoler, une voix pleine de fiel s'éleva dans le silence :

"Eh bien, Severus sera ravi d'apprendre que son épouse fricote avec un camarade..."

Les deux amis étaient pétrifiés. Les yeux agrandis d'Hermione mangeaient son visage alors qu'elle se dégageait de l'étreinte de son ami. Amycus Carrow les regardait, le regard chafouin, un vilain sourire sournois sur les lèvres. Ce fut Neville qui répondit le premier :

"Nous ne faisons rien de mal... Nous... nous sommes juste disputés...

- Comme des amoureux ? Intéressant...

- Non ! C'est faux ! Neville est juste un ami ! interrompit la jeune femme fougueusement.

- Je ne crois pas que Severus verra les choses de cette manière, lorsque je lui raconterai ce que j'ai vu... susurra le Mangemort sur un ton triomphant.

- Mais il ne s'est rien passé !

- Ce n'est pas l'impression que j'ai eue..." objecta Amycus, sûr de lui. Se tournant vers le jeune sorcier avec un air mauvais :

"Je ne sais pas à quel petit jeu vous jouez, Londubat, à traîner dans les couloirs tard le soir, mais je finirai bien par le découvrir... En attendant, vous écopez d'une semaine de retenue avec moi ! Maintenant rejoignez votre dortoir ! Quant à vous, Madame, je vous raccompagne moi-même chez votre mari..."

La tenant par le coude, le sorcier entraînait Hermione alors que Neville, totalement désemparé, les regardait partir sans pouvoir intervenir.

"Ah, enfin seuls... Il y a longtemps que j'attendais ce moment..." avoua le Mangemort, son regard brillant d'une lueur mauvaise.

Une sourde angoisse étreignit Hermione qui se saisit discrètement de sa baguette.

"Lâchez-moi, je suis assez grande pour retourner à mes appartements, je n'ai pas besoin de vous !

- Oh, mais c'est qu'elle me ferai presque peur, la Sang-de-Bourbe ! Je crois que nous allons passer un accord, ma jolie... se moqua le sorcier en entraînant irrémédiablement la sorcière dans une alcôve, en la faisant trébucher.

- Un accord ? Mais pourquoi ?

- Je pense que si tu te montres extrêmement gentille avec moi, je ne dirai rien de ta liaison avec ce benêt de Londubat à Severus, cela restera entre toi et moi... lui murmura-t-il sur un ton libidineux dans le creux de l'oreille, et elle pouvait sentir son souffle chaud, alors qu'il se collait contre elle.

- Vous me dégoûtez, et de tout façon je n'ai rien à me reprocher ! Je refuse de vous écouter !

- Tout doux ma belle, déclara l'homme en se serrant plus encore contre le corps souple de la jeune femme qui sentit la bile monter dans sa gorge, crois-moi, je sais être très convaincant quand je le veux, ton mari me croira... Et puis, ajouta-t-il doucereusement, il ne se gêne pas lui, pour prendre du bon temps avec les femmes...

- Non... Non... je ne vous crois pas... Il ne ferait jamais ça...

- Oh que si..., insista le Mangemort en l'interrompant, la belle Septima Vector est sa maîtresse. Ils sont amants depuis plusieurs mois, alors pourquoi ne pas lui rendre la monnaie de sa pièce ? Nous pourrions même faire un trio, et pourquoi pas un quatuor en demandant à ma sœur de se joindre à nous, elle est attirée par les jeunes filles elle aussi..."

Après avoir eut l'impression de recevoir un coup de poignard dans le cœur, Hermione se sentait prise de nausées. Comment cet homme pouvait-il lui faire pareille proposition ? Elle n'en revenait pas du gré de perversité qu'il pouvait exister chez l'homme.

Une voix dangereusement calme demanda :

"Puis-je savoir ce que tu fais avec mon épouse, Amycus ?

- Eh bien, je me contentais simplement de la réprimander après... l'avoir surprise dans les bras de... son amant !

Juste après un fugace soulagement à la vue de son époux, le visage d'Hermione reflétait l'horreur absolue, et celui de Severus un froid mortel, avec ses yeux qui lançaient des éclairs, ses doigts crispés sur sa baguette. La jeune femme tenta de s'échapper de l'étreinte de Carrow, mais ce dernier resserra son emprise, malgré la présence de Rogue.

Le Mangemort reprit, le ton affable :

"Apparemment ta femme ressent une attirance pour l'un de ses camarades, ce crétin de Londubat...

Hermione nota un raidissement quasi imperceptible dans la posture de son mari dont les lèvres se retournèrent sur ses dents inégales. Il ricana :

"Je ne pense pas avoir quelque chose à craindre de ce cornichon. Maintenant que je suis là, tu peux la laisser aller...

- Allons Severus, ne sois pas égoïste, si Antonin l'avait épousée, il nous aurait déjà laissés goûter à ses charmes, tu le sais bien..."

Mais l'interpellé grommela sur un ton sarcastique :

"Je te l'ai déjà dit, je n'aime pas partager, ce n'est un secret pour personne que je sois d'une nature plutôt... possessive..."

Tendant le bras vers Hermione, il poursuivit :

"Ma réponse est 'Non'. Viens Hermione, ajouta-t-il sur un ton n'admettant aucune réplique.

Tremblante, la sorcière se dégagea de son geôlier qui cette fois la laissa aller à contrecœur. Nul besoin d'être devin pour comprendre que son époux était empli d'une rage froide, la lueur dans les yeux d'onyx était plus que révélatrice.

Elle voulut faire une pause pour prendre une longue inspiration, les yeux humides, mais elle fut tirée impitoyablement dans le couloir par une main qui l'agrippa comme un oiseau de proie, et Hermione sut qu'elle garderait longtemps l'empreinte des doigts sur sa peau. Elle n'eut d'autre choix que d'accompagner son mari, appréhendant la discussion qui allait s'ensuivre. Il l'entraînait si vite qu'elle avait du mal à suivre ses longues enjambées et bien qu'elle trébuchât plusieurs fois, il ne ralentit pas avant qu'il ne fussent dans leur salon, enfin seuls.

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SR HG SR

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Aussitôt arrivés dans leurs appartements, Severus se tourna vers son épouse, le regard brûlant de rage. Sa colère était palpable, et la jeune femme, apeurée, ne put se retenir de faire un pas en arrière.

"Oh non, Hermione, tu ne vas pas me jouer le rôle de la jeune femme innocente et craintive..."

Le sorcier grinçait des dents en parlant, mais son épouse tenta de se justifier. Elle répliqua avec plus de force dont elle aurait pu se croire capable :

"Je n'ai rien à me reprocher, rien, je te le jure..."

L'homme ricana méchamment en s'approchant d'elle :

"On dirait que tu prends un malin plaisir à te faire surprendre dans les bras de cet idiot de Londubat pour la deuxième fois en quelques semaines..."

Il se sentait envahi d'un fort sentiment de jalousie qui se mêlait à la colère. Non seulement Hermione s'était à nouveau retrouvée dans une posture équivoque avec un étudiant, mais de plus c'était Amycus qui l'avait découverte, et il ne doutait pas une seconde que le Seigneur des Ténèbres en serait informé, alors qu'il avait affirmé à ce dernier que la jeune fille lui mangeait dans la main, qu'il en faisait ce qu'il voulait, la façonnant comme de la pâte à modeler, la tenant éloignée de ses amis en fuite qui ne tarderaient pas à être pris sans le cerveau du Trio d'Or...

Il poursuivit âprement, en la secouant rageusement :

"Et en plus tu ne trouves rien de mieux que de te faire attraper par Amycus !"

La jeune femme baissa la tête, mortifiée de peur et de honte.

"Pourquoi t'es-tu retrouvée avec... l'autre crétin ? Regarde-moi dans les yeux, ne me cache rien !"

Hermione hésita quelques instants, mais sachant qu'elle ne pourrait lui dissimuler la vérité bien longtemps et que sa fureur serait plus terrible, elle leva son regard lentement et balbutia faiblement :

"Je... sortais d'une réunion de... l'AD... mais...

- L'AD ? qu'est-ce que c'est ? Par la barbe de Merlin ! Ne me dis pas que tu parles de... l'Armée de Dumbledore ?"

La voix dangereusement basse du sorcier l'épouvanta bien plus que ses accès de colère, et un long frisson de peur la parcourut. Il comprit immédiatement qu'il avait visé juste car il lisait son visage comme dans un livre ouvert. Elle tenta de se justifier, détestant le regard empli de fureur qui la mettait si mal à l'aise :

"Je voulais t'en parler..."

Il la coupa brutalement, d'une voix sifflante :

"Tu imagines ce qu'il arrivera si l'un des Carrow découvre la vérité ? As-tu une idée de qu'il adviendra de tes amis, de toi ou de moi ?"

C'était surtout à elle qu'il pensait, n'osant imaginer le traitement que lui réserverait son Maître s'il apprenait qu'un groupe d'élèves de son collège formait une armée à son nez et à sa barbe, dont sa femme faisait partie. Sa gorge s'assécha et il déglutit avec difficulté. Pourtant, il voulait qu'elle entende la suite, si horrible fut-elle :

"Tu veux que je te raconte dans les moindres détails ce que les Mangemorts font aux Nés-Moldus et surtout aux femmes, qui ne sont souvent encore que des enfants ? Les tortures et les viols qu'elles subissent durant de longues heures, en implorant qu'on abrège leurs souffrances par la mort qui, bien entendu, ne leur ait accordé que lorsqu'elles ont été rendues méconnaissables et souillées abominablement ? Et ensuite leur corps offert à Greyback qui se délecte de les croquer comme si elles n'étaient que de vulgaires morceaux de viande ?

- C'est horrible, laisse-moi", se plaignit la sorcière en cherchant à couvrir aussitôt ses oreilles avec ses mains, choquée parce qu'elle venait d'entendre. Mais Severus enfonçait le clou :

"Non, non, tu ne feras pas l'autruche, je crois que je t'ai trop protégée, et que tu ne te rends pas compte de ce qu'implique le règne du Seigneur des Ténèbres ! Sais-tu seulement ce que je suis obligé de faire pour ne pas trahir ma couverture ? Avant-hier, une jeune fille de quinze ans a été enlevée, amenée au Manoir et là, nous avons arraché ses vêtements puis j'ai dû...

PAF !

Hermione venait d'asséner sur la joue de son mari une claque magistrale pour le faire taire. Aussitôt, un silence pesant s'installa entre les époux. Severus crispa douloureusement ses mâchoires et ses mains, et l'on eut dit qu'il allait à son tour employer la force, tellement ses yeux virèrent au noir d'encre. La jeune femme regrettait déjà son geste, l'empreinte de ses doigts marquait déjà le visage émacié de traces rouges, et un fort sentiment de culpabilité l'écrasa, d'autant plus qu'elle ne possédait aucune once de violence en elle, et n'avait jamais frappé quelqu'un de toute sa vie, sauf quand elle avait asséné à Ron une gifle le lendemain de son anniversaire l'année précédente quand il l'appelait "Mione" alors qu'elle le lui avait interdit.

Ses bras redescendirent le long de son corps et de chaudes larmes tombèrent de ses yeux sans qu'elle arrivât à les contenir, mouillant ses vêtements. Quiconque l'eut regardée en cet instant, aurait pris en pitié la jeune femme dont toute l'attitude corporelle indiquait une réelle détresse. Mais le sorcier était empli d'une telle rage qu'il ignora son désarroi et les sanglots déchirants qui la secouaient.

Quand Hermione leva une main implorante dans sa direction, il l'ignora ostensiblement en se reculant et lui déclara abruptement, en prenant bien soin de ne pas la toucher, reprenant un masque impassible :

"S'il te reste un tant soi peu de jugeote, tu n'intègreras pas ce groupe, tu en resteras à l'écart ainsi que de... Londubat..."

Il fit demi-tour dans son envol de cape coutumier et disparut. La sorcière se sentit abandonnée dans leurs vastes appartements, totalement anéantie, misérable. Il ne vint pas pour le dîner que lui apporta Winky, et dont elle ne put rien avaler, se contentant de sangloter, son ventre serré par une sourde angoisse, un vide immense. La jeune femme se coucha seule dans le grand lit froid, ne cessant de rejouer dans sa tête leur altercation, continuant à pleurer des ruisseaux de larmes. Elle ne trouva le sommeil que lorsqu'elle fut totalement épuisée par son chagrin.

Pour la première fois depuis des mois, Severus ne la rejoignit pas dans la chambre, et les cauchemars qui commençaient à s'estomper reprirent de plus belle durant son sommeil, avec des visions terribles de tortures et de viols sur de très jeunes filles qui lui ressemblaient, tandis que le rire démoniaque de Voldemort résonnait, exhortant ses disciples à toujours plus de violence.

Au milieu de la nuit elle l'entendit rentrer, mais il resta dans le salon, et elle en déduisit qu'il dormirait sur le canapé. Mortifiée, Hermione n'osa se lever pour lui demander de se coucher avec elle, car elle savait pertinemment qu'il la rejetterait et cela la rendait malade...

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