Bêta : Moïra-Chan d'amouuuuur.
Rating : T (Ohhh Karkat on te retrouve !)
Disclamer : Devineeeeeeeez ! Rien à moi sauf l'idée, toussa, toussa... (Vous en pensez quoi, je le vire aussi, le disclamer ? xD)
Résumé : Quand il rentra chez lui ce soir-là, Karkat eut la surprise de trouver un pistolet à eau sur le paillasson et un papier accroché à la porte d'entrée.
Note de l'auteur : Et j'ai toujours pas fini le mémoire. J'ai fini le stage, mais le mémoire je vais continuer à saigner dessus au moins tout ce week-end. Snif. Donc bonne lecture et pensez un peu à moi. Gnuh.
Auto-évaluation : ****
21 - Guerre
Quand il rentra chez lui ce soir-là, Karkat eut la surprise de trouver un pistolet à eau sur le paillasson et un papier accroché à la porte d'entrée. Le petit mot était signé de la main de deux de ses colocataires.
« Chers John et Karkat,
Etant donné que cela fait plus de dix jours que notre grogneur national – Karkat grogna – hurle pour que quelqu'un nettoie le sol du salon et de la cuisine, nous avons décidé de le faire de manière à nous amuser un peu.
Vous trouverez devant la porte un pistolet à eau pour chacun d'entre vous. Votre coéquipier vous attend dans votre chambre. La partie commencera quand tout le monde sera là. Les perdants seront chargés de nettoyer ce qu'il restera de la tache.
Puisse le sort vous être toujours favorable !
Dave & Gamzee »
Karkat haussa un sourcil devant la citation rituelle – qui venait d'un film dont Dave était « ironiquement » fan. Pfff.
Il était presque tenté par l'idée d'entrer et d'aller se terrer dans sa chambre pour s'y endormir directement, tant il était fatigué. Mais deux choses le retinrent. Déjà, les trois autres seraient tout à fait capables d'aller le chercher jusque là-bas et de tremper son lit au passage. Et puis… ce serait l'occasion de noyer Egbert, en vengeance de toutes ses putains de blagues stupides.
Cette dernière pensée l'emporta sur le reste. Avec un soupir, il chargea son sac sur une de ses deux épaules, de manière à pouvoir le poser plus facilement si nécessaire, et attrapa le pistolet à eau de sa main droite, ouvrant la porte d'entrée avec la gauche.
L'appartement où ils vivaient tous les quatre en colocation était plutôt grand pour des étudiants – merci au père de Gamzee pour ça, ce dernier n'en avait pas l'air mais venait d'une parfaite petite famille de riches. Lorsqu'on entrait, on voyait distinctement trois « parties » à l'appartement, sur la droite, la gauche et le centre. À droite comme à gauche s'étendait un couloir menant à deux chambres et à une salle de bain, tandis que la partie centrale s'ouvrait sur un salon et, plus loin, une cuisine et un balcon. Autant dire que Karkat se sentait parfois vernis. Quand il ne devait pas constamment gueuler sur ses crétins de colocataires qui foutaient le bordel partout.
Une fois la porte refermée derrière lui, il se dirigea d'un pas leste vers le couloir de gauche, qui donnait sur sa chambre et celle de Gamzee. Un coup d'œil lui apprit que tout ce qui semblait craindre l'eau avait été déplacé – certainement rangé dans une des chambres.
Il soupira face au bordel entassé dans la pièce devant lui.
Certainement rangé dans sa chambre, ouais.
Bande d'enculés.
Lâchant son sac à terre, il salua son colocataire, étalé à l'envers sur son lit, d'un regard aussi noir et glacial que l'obscurité du cosmos. Et ne récolta qu'un sourire à moitié endormi par les vapeurs que le cerveau de cet abruti devait dégager continuellement. Le temps que Karkat ait retiré ses chaussures et ses chaussettes ainsi que sa veste, Gamzee s'était relevé, chargeant un immense pistolet à eau sur son épaule massive. Un sourire un peu plus réveillé gratifia le plus petit des deux quand il se retourna.
« Prêt, bro ?
- Pour la partie la plus débile de tous les temps, accompagné de trois crétins finis qui n'ont pas trouvé mieux pour nettoyer une tache qui a très certainement été faite par cet enculé de Strider ? J'imagine que je n'ai pas le choix. »
Son meilleur ami lui tapota l'épaule – ou plutôt, tenta de ne pas la lui démettre avec ses mains aussi gigantesques que des battoirs. Il grogna.
« Allez frère, on va bien s'amuser.
- Hmm. Tu prends Strider, je me charge d'Egbert ?
- Ça marche. »
Un dernier hochement de tête, et ils se dirigèrent tous deux vers la porte de la chambre sur la pointe des pieds. Le temps que Karkat se change, il était totalement possible – et même fortement probable – que les deux autres se soient déplacés dans l'appartement.
Ils n'eurent qu'à avancer dans leur couloir pour s'en rendre compte – quand un jet d'eau manqua de peu le nez de Karkat. Au moins l'un des deux se planquait dans le couloir menant au salon. Faisant signe à Gamzee de s'arrêter, il se pencha une seconde – le temps d'éviter un second jet – à l'angle formé par les deux couloirs, pour localiser Dave, situé presque de l'autre côté du couloir. Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres du dernier arrivé.
Avec la délicatesse d'un tank en rut, Karkat s'élança dans le couloir, armé d'un beuglement furieux et de son pistolet pompant à toute vitesse. Dave fut bien obligé de battre en retraite, mort de rire sous l'assaut, un second caquètement que Karkat aurait pu reconnaître entre mille lui faisant écho dans la cuisine.
Il en était sûr – ce crétin était bel et bien planqué là-bas.
Lorsqu'il pénétra dans le salon, il fit signe à Gamzee de prêter attention au couloir juste derrière lui. Si le salon communiquait avec le couloir de leurs chambres, la cuisine était en revanche liée au corridor menant aux places-fortes de ces deux…
- Taïeuuuuuuuuuuuuuut !
… crétins congénitaux.
D'un bond, Karkat se mit à l'abri dans l'angle du mur, tandis qu'il pestait contre Gamzee qui, trop lent à réagir, s'était pris une rasade d'eau dans le dos. Ils devaient faire attention, entre la rapidité de Dave et la créativité de John, ça risquait de se jouer serré. Heureusement, si Gamzee était lent à agir sur le départ, il devenait ensuite assez effrayant en combat. Quant à Karkat, il pouvait compter sur ses capacités de sniper d'élite. Et il n'exagérait même pas.
Bon, peut-être un peu.
Entendant un rire étouffé suivi d'un ou deux grognements, Karkat en déduisit que Gamzee avait riposté – et qu'il avait potentiellement touché une de ses deux cibles. Jetant un coup d'œil, il grinça quand même des dents. Gamzee était déjà sérieusement mouillé. Sourcils froncés, il gesticula dans tous les sens.
« Putain mais va falloir que tu fasses gaffe, espèce de clown décérébré, sinon ils vont pas tarder à nous noyer dans notre inaptitude abyssale ! Tu veux bien regarder cinq minutes où tu mets tes pieds et te concentrer, ouais ?! »
« Derrière le canapé, pas un bruit. Cuisine. »
Parfois, ça avait du bon d'être meilleur ami avec Gamzee.
Surtout quand ce dernier avait un grand frère muet qui ne communiquait que par signes. Parce que du coup, Gamzee avait appris à parler ce langage, enseignant au passage quelques signes à Karkat. La logique faisait le reste, et le message muet qu'il transmit suffit parfaitement à faire comprendre son intention au déglingué qui lui servait presque de presque frère.
D'un pas leste, il tenta de se déplacer en direction de la cuisine en faisant le moins de bruit possible. Une fois assuré qu'on ne voyait pas l'immense carcasse du clown, il se glissa derrière la porte, dans l'ombre que celle-ci projetait sur le mur.
Et le silence se fit.
Il entendait sa respiration effrénée, et celle, plus tranquille, de Gamzee, de l'autre côté du mur. Il entendait le sang battre à ses oreilles, sa salive faire un bruit atroce quand il déglutissait. Il entendait…
Il entendait des pas.
Karkat bloqua son souffle dans sa gorge. Qui que ce soit, il ne devait pas faire le moindre bruit s'il voulait avoir au moins une chance de surprendre l'ennemi.
Les pas se rapprochèrent.
Son cœur accéléra encore plus.
Il sourit – il savait qui c'était.
Il n'y avait que ce crétin pour avoir cette démarche chaloupée, presque bruyante, cette façon d'appuyer sur le devant de ses chaussures pour marcher sur la pointe des pieds, comme dans un mauvais film d'action – de ceux qu'il adorait.
Il ne bougea pas, le laissant passer la porte, les yeux fixés sur la cuisine apparemment déserte.
Il ne bougea pas, le laissant fouiller du regard les murs, les meubles – même le plafond.
Il ne bougea pas, le laissant oublier le plus important.
Et quand, enfin, John se retourna, il était prêt, un sourire carnassier habillant son visage.
« RAAAAAHHHHHHHH ! »
Un véritable cri de guerre barbare aux lèvres, Karkat s'élança à toute allure sur son colocataire, le percutant au passage. Il atterrit avec triomphe sur ce dernier, à moitié agenouillé sur sa poitrine, tandis qu'il vidait son pistolet à eau à toute vitesse sur lui, le trempant jusqu'aux os.
John était à moitié noyé et à moitié mort de rire – jusqu'à ce qu'il s'arrête subitement, fixant un point derrière l'épaule de Karkat.
Celui-ci déglutit bruyamment, se retournant lentement.
Évidemment.
Il avait oublié Dave. Dave, qui s'était faufilé comme un ninja – un vrai, cette fois-ci, il devait lui reconnaître ça – jusque dans son dos. Dave qui pointait son pistolet à eau sur son front.
Dave qui ne… bougeait pas ?
Fronçant les sourcils, Karkat attendit.
Jusqu'à entendre un petit « clic clic clic » répétitif qui lui fit changer d'expression. S'appuyant un peu sur le côté – ouff ! Karkat, c'est mes côtes, ça ! – il se pencha, pour découvrir son sombre crétin de meilleur ami, un immense sourire de débile étalé sur le visage, son propre pistolet à eau braqué sur la nuque de Strider.
Ladite nuque étant déjà inondée – état dans lequel se retrouverait bientôt son t-shirt également, au rythme où ça allait – par les jets répétitifs qu'il déclenchait à l'aide de son doigt.
Dave resta de marbre bien dix secondes, avant que sa voix basse ne résonne dans le silence.
« Pas cool, bro. »
Il ne leur fallut que trois secondes, montre en main, pour exploser simultanément de rire. Et ensuite, plus de deux bonnes minutes pour parvenir à se reprendre, les mains serrées sur les côtes tant ces dernières étaient douloureuses.
Karkat fut néanmoins le premier à se relever, tendant une main à celui qu'il avait mis par terre au passage. Il ébouriffa ses cheveux trempés – autant d'eau que de sueur, berk – et observa son t-shirt pendant une seconde.
Puis, soupirant, il déclara :
« Bon, j'imagine que les perdants sont tout trouvés ? »
Deux grimaces lui répondirent.
Il leva les yeux au ciel.
« Merveilleux. Eh bien si vous permettez, je vais aller fêter ça avec une douche, j'en ai bien besoin. »
Il s'éloigna d'un pas leste, l'attitude du vainqueur pendue à sa démarche chaloupée – même si peu assurée, au vu du parquet glissant sous ses pieds.
Un sourcil relevé si haut qu'il en était presque visible sous ses lunettes, Dave se tourna vers son meilleur ami.
« Tu as très bien pris le fait qu'il t'ait battu à plate couture… et à plat par terre, bro.
- Pfff ! Attends donc de voir quand il sera entré dans la douche ! Je n'ai pas dit mon dernier mot. »
Ils attendirent donc, tous en silence, un sourcil levé pour certains.
Jusqu'à ce que…
« EGBEEEEEEEEEEEEEEEERT ! »
Karkat mit, ce jour-là, presque une heure à se débarrasser de la farine mouillée.
J&K
J'espère que ça vous aura plu ! Pour ma part je me suis bien amusée à faire ce thème. Sachez d'ailleurs que l'univers de cette coloc se retrouvera dans plusieurs autres thèmes, je vous laisserai deviner lesquels ;)
Sur ce, je vais retourner bosser et... potentiellement peut-être également écrire un peu, histoire de reprendre de l'avance. Je vous laisse avec la promesse du thème 22 : Mère, qui sera, je vous le dis d'avance, ATROCEMENT MIGNON. Bon week-end prolongé ! ;)
