Point de vue d'Oliver
Elle m'écoutait avec attention, happée par mes mots, réagissant de temps à autres à ce que je lui racontais. La tenir contre moi me donna le courage de continuer à lui raconter ce qui m'était arrivé et l'épreuve que ce fut de pouvoir revenir jusqu'à elle.
*Flashback*
Je flanchais et tombais à genoux au sol, le regard trouble et ma respiration devenant de plus en plus difficile. Je devais sortir d'ici et qui plus est, vivant. Il le fallait, pour elle. J'avais enfin trouver la forcer de m'avouer ce que je ressentais et il fallait que je me batte pour ça, pour cet amour qui prenait tout son sens dans mon cœur, cet amour qui animait chacune de mes pensées, qui alimentait mon quotidien et m'empêchait de l'oublier. Il fallait que je m'en sorte, que je lui montre à quel point vivre sans elle me serait insupportable. Je devais lui parler de tout ça. Peu m'importait qu'elle choisisse d'être avec un autre, il fallait au moins qu'elle sache l'étendue de mes sentiments.
Je rassemblai toutes mes forces pour me relever et partis en direction de la sortie. Peu m'importait dans quel endroit je me trouvais en ce moment, seul le moyen de rentrer m'intéressait. Je mis de longues minutes à arpenter cette usine déserte et à l'abandon. Puis je trouvai enfin une porte derrière laquelle semblait filtrer quelques raies de lumière. La poussant avec force, elle révéla une grande étendue de nature autour et je sus que j'étais à l'écart d'une ville. L'aube se levait et il me fallait avancer, trouver une route. Tel était mon objectif. Je me suis donc mis à marcher, tenant mon flanc de ma main gauche, mes muscles m'élançant de partout. Je ne sus combien de temps je errais ainsi, à la recherche d'une trace de bitume mais mes efforts furent récompensés et je tombai sur une petite route nationale, visiblement aux abords de la ville de Saint-James, à plus de trois cent kilomètres de Starling. Frustré de voir que je n'étais pas prêt de rentrer, je repensai à ses mots.
Tout le monde te croît mort.
Ma mère, Thea, John, Jacob et... Félicity. Je pouvais imaginer la peine que cela devait leur faire. Revivre cela une deuxième fois pour certains, et une première pour d'autres. Peut-être John ne croirait-il pas à ma mort, peut-être Félicity trouverait-elle un indice quant à ma survie ? Mais je savais pertinemment que c'était impossible. Il avait bien trop préparé son coup pour omettre la moindre erreur. Un vrombissement lointain attira soudain mon attention et lorsque je vis un véhicule à quelques kilomètres d'ici, j'eus un regain d'espoir. J'avais enfin une chance de m'en sortir. Jamais je n'aurai pu continuer à marcher ainsi tout en perdant autant de sang. Comme je l'espérais, la voiture s'arrêta et une jeune femme en descendit.
- Est-ce que tout va bien ? Oh mon dieu mais vous êtes blessé !
- Vous serait-il possible de m'emmener à un médecin ?
- Je vous transporte à l'hôpital de la ville voisine de suite !
- C'est trop loin, il me faut des soins d'urgence.
Elle s'apprêtait à répondre mais je la fixai de mon regard sûr et sombre.
- Ne vous en faites pas, j'ai l'habitude.
- Très bien, je vais vous conduire à ma grand-mère, elle était chef infirmière.
Je la gratifiai d'un sourire ou disons une grimace qui se voulait être un sourire et elle m'aida à grimper dans son véhicule. Mon sang tâchait déjà ses fauteuils, imprégnant le tissu de rouge.
- Je vous achèterai une nouvelle voiture.
- Êtes-vous sérieux ? Je crois que tout ce sang vous rend les idées moins claires.
- J'en ai les moyens, répondis-je très sérieusement.
- Je vois… je suppose qu'il ne vaut mieux pas que je vous demande ce qu'il vous est arrivé.
- En effet, c'est… compliqué.
Un long silence s'ensuivit. Elle semblait mesurer l'importance de la situation et se concentrait sur la route.
- Claire, ajouta-t-elle au bout d'un moment. Claire Holt.
- Oliver Queen.
- Votre nom m'est familier. Suis-je censée vous connaître ?
- Ma famille possède de nombreuses entreprises dans tout le pays, dirigées sur différents secteurs et elles portent mon nom.
- Oh. Vous ne plaisantiez donc pas en disant que vous en aviez les moyens, rit-elle doucement.
La voiture s'engagea dans une allée de terre avant de rejoindre une maison visiblement isolée de la petite ville. De style colonial, elle était élégante et fonctionnelle. Une vieille femme était assise sur une balancelle sous son porche et nous observa arriver. Claire m'aida à descendre de son pick-up et nous nous dirigeâmes vers la maison. Lorsque la femme vit mon état, elle se releva et se précipita vers moi. Les cheveux blancs tirés en un chignon et le visage marqué par le temps, elle semblait avoir la soixantaine.
- Je l'ai trouvé sur le bord de la route, il est assez grièvement blessé et…
- Quel est le résumé de vos blessures jeune homme ?
- Une blessure par balles dans l'épaule, les deux sont ressorties et une dans le flanc, sous les côtes. Elle y est encore logée mais c'est moins profond. Aucune perforation n'est à noter du côté des organes.
- Bien, vous semblez en savoir long. Je vais m'occuper de vous. Claire, Emmène-le à l'étage, je vais chercher mon nécessaire.
Elle m'accompagna dans une pièce qui devait autrefois servir à des consultations. Propre, aux allures de petit cabinet médical, elle disposait d'une armoire à pharmacie remplie plus que de nécessaire dans de simples médications mais je fus heureux de me trouver ici à cet instant. La chance me souriait enfin et je me mis à espérer être rentré dès le lendemain. J'avais disparu depuis près de douze heures déjà. L'hôte vint nous rejoindre quelques minutes plus tard et m'administra ce qui me semblait être de l'oxycodone. L'effet se fit vite ressentir mais je restais sain d'esprit, capable d'analyser la situation.
- Étonnant qu'une infirmière de petite ville dispose d'un tel produit. Habituellement le plus puissant que vous possédez est de la morphine.
- Nous avons tous nos secrets, me répondit-elle en me regardant d'un air complice dans les yeux, monsieur… ?
- Queen. Appelez-moi Oliver.
Je grimaçai alors qu'elle sutura ma plaie à l'épaule. Étant donné mon poids, la petite dose injectée n'était pas suffisante à me droguer totalement. Je fus cependant rassuré d'être toujours en éveil, dans un état normal, au cas où j'aurai besoin de mes capacités à me défendre. Toutefois je compris que je pouvais leur faire confiance et elles de même. Lorsqu'elles s'attelèrent à me soigner la seconde plaie, nous discutâmes, me demandant d'où je venais mais jamais elles ne posèrent de questions sur ce qui s'était passé, respectant mon intimité et je les en remerciai. J'en appris davantage sur elles et très vite, je sus que je serai à l'abri et entre de bonnes mains. La grand-mère, du nom d'Élizabeth me fit une transfusion car j'avais perdu énormément de sang. Elle profita de l'absence de Claire pour me raconter qu'elle l'avait élevé seule et que maintenant qu'elle atteignait pratiquement la trentaine, elle vivait au centre-ville. Ses parents étaient décédés des suites d'un accident et soudain elle attira mon attention lorsqu'elle prononça le nom de Keller.
- C'était un type du coin. Il avait un entrepôt désormais abandonné à l'écart de la ville. Lorsqu'il résidait encore ici, il baignait dans des tas d'affaires louches et en prenant la fuite un soir, il a causé l'accident responsable de la mort de ma fille et son mari. On en a plus jamais entendu parler après ça. Il a disparu.
- Rassurez-vous. Vous n'en entendrez plus jamais de ses nouvelles.
Mon regard lui fit clairement comprendre que j'avais connu cet homme et que l'histoire était réglée. Elle fut surprise mais ne posa pas de questions.
- Merci de m'avoir aidé. Maintenant je dois partir. Vous serait-il possible de me prêter un véhicule ?
- Hors de question ! Vous avez perdu trop de sang et des soins sont encore nécessaires avant que je ne puisse vous laisser quitter mon domicile. Je ne pourrais vous laisser partir que d'ici après-demain...
- Je dois rentrer. Tout le monde me croit mort et je… je dois voir quelqu'un. Le plus rapidement possible.
- Oliver, soyez raisonnable. SI vous voulez survivre à ça, revoir cette personne et avoir la chance de lui expliquer la situation, il févaudrait mieux vous laisser un peu de temps pour vous remettre. Je peux vous prêter un téléphone pour passer des coups de fil.
Était-ce une bonne solution que de donner signe de vie par un appel ? Comment expliquerais-je la situation à ma famille ? Ils débarqueraient dans la minute et je ne pourrai justifier mon état. Puis je pensai à Félicity. Un appel ne ferait que la bouleverser John et elle. ce n'était la solution à envisager pour donner signe de vie. Ils méritaient mieux que ça. Il fallait que je lui laisse des indices.
- Auriez-vous internet ?
- Non je suis désolée, vous êtes dans un coin perdu ici. C'est à peine si vous pouvez capter avec un téléphone portable.
Je devais donc renoncer à l'informer et attendre, prendre mon mal en patience.
La journée suivante fut longue à mes yeux, je n'attendais qu'une seule chose, pouvoir rentrer mais Elizabeth avait raison, mon état ne m'aurai pas permis de rentrer. Pris de fièvre, je restai alité toute la journée. En revanche le lendemain, je m'étais stabilisé et était capable de marcher, retrouvant enfin un minimum de forme physique. Claire arriva après le travail, vers dix-sept heures et proposa de me raccompagner chez moi. J'accueillis cette nouvelle avec soulagement. Cela faisait près de 68 heures que j'avais disparu. Je fis mes au revoir à Beth, la remerciant infiniment et lui promettant de revenir la voir un de ces jours.
Sur le chemin du retour, Claire me parla.
- Elle a de la chance.
- Qui ?
- Celle pour qui tu rentres.
Un silence s'abattit avant que je ne me décide à le rompre.
- Félicity. C'est son prénom, ajoutais-je devant son air surpris.
- C'est joli. Le sait-elle ? Que tu l'aimes ?
- Pas encore. Mais cette fois je ne manquerai pas de lui dire.
Elle hocha la tête en souriant.
- Grâce à toi, répondis-je. Tu m'as sauvé, je n'aurai pas survécu sans ton intervention.
- Tâche de passer ùe voir un de ces quatre. Amène-la avec toi, ça me ferai plaisir.
- J'y penserai.
Les heures de routes me permirent de faire le point sur ma vie. Après tout ce que j'avais vécu, le destin n'avait toujours pas réussi à m'avoir. Je ne cessais de survivre à tout ce que la vie m'infligeait. Et c'était pour une raison, je devais jouir de mon existence pour aider les autres et cela voulait aussi dire m'aider moi. M'aider à vivre normalement et être heureux. Pour cela, il ne manquait plus qu'elle. Il me restait qu'une seule chose à faire, tout lui avouer. Voilà pourquoi j'avais une fois de plus survécu. Je ne trouverai le repos que lorsque je serai sûr qu'elle sache tout de moi.
Lorsque nous arrivâmes devant son appartement, Claire m'étreignit doucement.
- Prends soin de toi Oliver.
Je la remerciai encore une fois et quittai la véhicule, la saluant de mon bras valide. Félicity n'étant pas chez elle et sa concierge absente, je passais par l'escalier de secours et crochetai sa fenêtre sans difficultés. Il ne me restait plus qu'à l'attendre, fou d'impatience.
*Présent*
- Tu l'as tué ?
Elle me regardait, les yeux dans les yeux et je ne pus soutenir son regard, de peur d'y lire de la déception.
- Je n'avais pas le choix Félicity. C'était lui ou moi.
Le silence dura, et je ne sus comment l'interpréter. N'y tenant plus, je relevai les yeux vers elle, guettant sa réaction et celle-ci me surpris.
- Tu as fait le bon choix... Il n'y avait pas d'autres alternatives cette fois.
Elle se redressa et prit mon visage entre ses mains.
- Tu es vivant, c'est tout ce qui compte.
Elle se leva du lit et se tourna.
-Viens avec moi.
Avant qu'elle ne quitte la pièce, j'attrapai sa main, l'obligeant à s'arrêter et se retourner vers moi.
- Attends.
Je me levai à mon tour, péniblement, et elle m'observa.
- Il faut que je te dise quelque chose. C'est très important. C'est ce qui fais que je suis encore ici devant toi, ça m'a maintenu en vie, ça m'a poussé à vouloir survivre, à lutter pour rentrer et te retrouver.
- D'abord suis-moi, rétorqua-t-elle simplement. Si tu as pu attendre si longtemps avant de m'en parler, tu dois bien pouvoir attendre cinq minutes, me sourit-elle.
Je ne voulais pas la contrarier, je la suivis donc jusqu'à la salle de bain, sans rien dire. Elle m'assit sur le rebord de la baignoire et s'agenouilla devant moi. Elle attrapa les pans de mon pull et le fit passer au-dessus de ma tête, dévoilant mes pansements imbibés de sang. Elle pris le nécessaire dans sa petite boite à pharmacie et entreprit d'enlever les bandages qui couvraient mes blessures. Tout avec délicatesse, elle nettoya les plaies, sondant mon regard afin de déterminer si elle me faisait souffrir ou non. Elle désinfecta avec précaution, ses doigts effleurant ma peau, accélérant mon rythme cardiaque. Elle se mordit la lèvre lorsqu'elle observa plus longtemps que nécessaire les points qui suturaient ma peau. Elle était si touchante à se faire ainsi du soucis pour moi. Elle découpa de nouveaux pansements, qu'elle colla avec précaution, me prodiguant le plus de douceur possible et lorsqu'elle eut finit, je lâchai de but en blanc :
- Je t'aime, Félicity.
Elle s'immobilisa la tête toujours baissée sur mon torse et je relevai son menton de mes doigts. Des larmes roulaient sur ses joues, noyant ses prunelles azur, me serrant ainsi le cœur. Je pris son visage entre mes mains alors qu'elle fermait les yeux, incapable de s'empêcher de pleurer.
- Je pensais t'avoir perdu… chuchota-t-elle, les lèvres tremblantes.
- Je suis là à présent. Je suis revenu auprès de toi…
Elle hocha la tête tout en sanglotant entre les mains.
- je ne peux pas être sans toi, continuais-je. Je.. j'ai besoin de toi, je t'aime ! Plus que je ne pensais possible d'aimer.
- Je t'aime tellement Oliver... me répondit-elle enfin. Mais je t'en supplie, ne me rejette pas. Ne m'éloigne pas de toi car je ne le supporterai pas une fois de plus.
- Je ne t'éloignerai plus de moi, je ne le peux plus. Tu comptes bien trop pour moi, je ne peux pas envisager d'être sans toi.
Elle sourit de soulagement alors qu'un nouveau sanglot l'agita. Ne pouvant résister davantage, je franchis les derniers centimètres qui nous séparaient et l'embrassai avec passion, m'attaquant à ses lèvres avant de venir baiser chacune de ses larmes, versées par ma faute.
- Je ne te ferai plus jamais de mal, soufflais-je contre son visage, mon front collé au sien.
Je la hissai sur mes genoux et elle crocheta ses bras autour de ma nuque. Je la serrai contre moi, incapable de supporter davantage de distance entre nous. Elle enfouit sa tête dans mon cou et je plongeais mon nez dans ses cheveux, humant son parfum si envoûtant. Elle embrassa le fil de ma mâchoire, m'arrachant un grognement de satisfaction qu'elle étouffa ensuite avec ses lèvres. Elle passa sa langue sur ma lèvre inférieure, me faisant fondre et oublier jusqu'à mon propre prénom, qu'elle prit un malin plaisir à murmurer de sa voix suave et diablement excitante.
Oliver…
Cela résonnait dans ma tête, comme un chant de sirène, m'entrainant à la dérive. Toujours sur sa baignoire, je la soulevai dans mes bras et elle enroula ses jambes autour de mes hanches, accentuant le contact de nos deux corps. La complémentarité était telle que je sus que nous étions faits l'un pour l'autre. La fusion de nos âmes comme de nous corps parlait pour nous et aucun mot ne pouvait décrire l'état dans lequel nous nous trouvions en ce moment même. Le désir brûlait dans ses yeux surement autant que dans les miens. Je la transportai jusque dans sa chambre mais ne la lâchai toujours pas, la gardant prisonnière de mes bras. Sa poitrine reposait contre mon torse, se soulevant au rythme de nos respirations saccadées, me faisant déglutir avec difficulté tant le spectacle qui m'était offert était divin.
Point de vue de Félicity
Il se pencha vers moi et le cœur battant, j'attendais avec soulagement qu'il prenne possession de mes lèvres. Toute la passion contenue depuis longtemps refit surface, explosant en un baiser sensuel et dévastateur, me faisant perdre tout bon sens. Je répondis avec fougue, consumée par un désir identique au sien. Ses mains exploraient chaque parcelle de mon corps, embrasant mes sens au passage et je m'émerveillais de la puissance de son corps athlétique, du dessin parfait de ses muscles tendus. Son corps se ployait sous mes caresses et le mien se domptait sous les siennes. Il resserra son emprise sur moi d'une légère pression dans mon dos et j'entrouvris les lèvres, l'invitant à chérir ma bouche de la sienne. Sa réaction ne se fit pas attendre et tout en grognant contre mes lèvres, il pressa davantage son corps contre le mien, m'empêchant de fuir. Je n'en avais aucunement l'intention. Le cœur prêt à exploser tant il débordait d'amour, je passais ma main dans ses cheveux, rapprochant son visage du mien. Je savourais ses baisers, bouleversée par les sensations qu'il éveillait en moi.
J'étais consciente que j'allais vivre quelque chose de merveilleux et j'aurais voulu que le temps s'arrête. Le contact de nos deux corps, ses lèvres sur ma peau, ses doigts dans mes cheveux, son odeur, la puissance masculine de son corps contre le mien, je m'enivrais de chaque détail. J'étais perdue dans un tumulte passionné, à m'en couper le souffle. Dans cette étreinte sans fin, j'avais l'impression que ses muscles d'acier me communiquaient leur énergie vivifiante et je pris le courage de lui murmurer :
Dans mon lit…
Il me regarda de ses yeux bleus assombris par le désir et il me décocha un sourire en coin qui m'excita plus que je ne le pensais possible. Dieu qu'il était divin… et tout à moi. Tous mes doutes quant à ses sentiments s'étaient envolés alors qu'il m'allongeait doucement sur le lit, se lovant contre moi tout en enfouissant sa tête dans mon cou, son souffle contre ma peau. Il traça ensuite un sillon de baisers depuis l'arrête de mon nez jusqu'à la naissance de ma poitrine. Il déboutonna une à une les attaches qui maintenaient mon chemisier fermé, le tout en ne me quittant pas des yeux. C'était d'un érotisme troublant, me faisant monter le rouge aux joues, m'irradiant d'une chaleur étouffante. L'abandon de ses lèvres contre les miennes était déchirant si bien que je redressai la tête afin de capturer sa bouche et l'embrasser ardemment. Ses mains, de chaque côté de ma tête, étaient comme un rempart, me faisant sentir telle une proie capturée. Sa proie... son regard si carnassier, il semblait prêt à me dévorer mais il n'en fit rien, se contentant de titiller le lobe de mon oreille avec ses dents et sa langue experte. S'il continuait ainsi à me malmener, j'allais y passer. J'en étais certaine. La chaleur qui émanait de son torse me faisait suffoquer tant je brûlais de désir.
Il fit basculer avec ses dents, les bretelles de mon soutien-gorge, et je m'apprêtais à le défaire avant qu'il ne pose ses mains sur les miennes, me stoppant dans ma lancée.
- Ne sois pas pressée… je t'ai attendu depuis des mois, je peux attendre encore un peu. Prendre tout mon temps et bien profiter de toi…
Je retins mon souffle. Il caressa doucement mes bras, écartant les pans de mon haut et du bout de l'index, caressa mon cou pour descendre jusqu'à mon ventre, en passant par mon décolleté. Pouvait-il sentir mon cœur battre contre ma poitrine ? Probablement que oui car celui-ci semblait cogner si fort qu'il pouvait s'échapper à tout moment de ma cage thoracique. Ma peau frémissait au moindre de ses contacts. La puissance virile d'Oliver me prodiguait un sentiment de sécurité et de bien-être qu'aucun homme ne pourrait me faire ressentir.
Galvanisée par la sensation que me prodiguait la fusion de nos deux corps, je me laissais aller, bientôt rejointe par Oliver. Mon corps était loin d'être parfait et je faisais une piètre comparaison face à ses conquêtes mais après ce que nous venions de vivre ensemble, je sus que nous étions fait l'un pour l'autre, l'union de nos âmes et la complémentarité de nos êtres étant un phénomène indiscutable. Aucun homme n'était autant fait qu'Oliver pour être la deuxième part de moi, et c'était de même pour lui. Lovée entre ses bras, allongée contre lui, ma tête reposant contre sa poitrine, je me remettais doucement de cette expérience incroyable, tentant vainement de maîtriser mon rythme cardiaque. Le moindre de mes doutes s'était envolé. La quiétude du moment, l'atmosphère sereine et son cœur battant contre mes oreilles faillirent m'endormir tant j'étais sereine mais il rompit le silence de sa voix suave et charmeuse.
- Je peux te poser une question ?
Je hochai la tête, ma joue frottant contre son torse.
- Le soir de l'incendie, tu as sauvé cette boîte… commença-t-il.
Je me raidis à l'évocation de mon coffre en bois.
- Il y avait une flèche dedans. Une des miennes. Pourquoi l'avoir gardée ? Qu'est-ce qu'elle représente pour toi ?
Je levai la tête vers lui, faisant face à son regard inquisiteur. Il scrutait les traits de mon visage à la recherche d'un indice.
- Cela fait longtemps que mes sentiments pour toi ont dépassés le stade de simple affection, Oliver. Cette flèche est celle que tu as décochée pour tuer le Comte le soir où il m'a enlevée.
Je rougis avant de poursuivre.
- Tu avais cessé de tuer et pourtant pour moi, tu l'as fait. Tu n'as pas hésité une seule seconde à remettre tes principes en question.
- Te perdre n'était pas envisageable.
- Si je l'ai gardée, c'était pour me rappeler qu'au fond, une part de toi m'aimait peut-être… du moins à ta façon. Cela me réconfortait. À défaut de t'avoir, je m'imaginais posséder une partie de ton cœur.
- Je t'aimais, lâcha-t-il d'instinct. Je t'ai toujours aimé, c'était juste trop dur à admettre d'une certaine façon. Trop dur d'envisager le fait d'être faible à cause de quelqu'un et de me laisser aller à aimer cette personne. Je ne m'en donnais pas le droit. Je ne méritais pas d'être heureux et encore moins d'être aimé. Pas après tout ce que j'ai fait.
- Tu es quelqu'un de bien Oliver, rétorquais-je, et tu mérites autant que moi ce qu'il t'arrive. Il faut juste te laisser une chance, t'accorder le droit au bonheur. Ce que tu as pu faire, ne définie pas la personne que tu es, surtout lorsqu'on observe les circonstances. Promets-moi de ne plus fuir les gens qui t'aiment.
Il hocha la tête et je caressai délicatement sa joue avec ma main. Il tourna la tête pour déposer un baiser au creux de ma paume et l'attrapa entre ses doigts. Il entrelaça nos doigts en un contact rassurant, nouant ainsi un lien entre nous.
- Je t'aime, murmura-t-il tout en pénétrant mon regard avec ses yeux bleus orageux.
Ses prunelles se vrillèrent aux miennes et mon cœur loupa un battement.
- Je t'aime aussi, plus que tout...
- Tu es à moi… rien qu'à moi.
- Oui rien qu'à toi, acquiesçais-je. Pour toujours.
Il scella ma réponse d'un baiser, marquant la promesse d'un avenir heureux à mes côtés.
Mes chers lecteurs et lectrices, vous êtes OBLIGÉS de me dire ce que vous pensez de ce grand final ! Que je sache un peu...
Plus qu'un chapitre à venir qui sera donc l'épilogue et FIN !
J'espère en tout cas que celui-là vous aura plu autant que j'ai adoré l'écrire (malgré une perte de sauvegarde où j'ai du recommencer...)
La prochaine fois je vous livre le résumé de ma nouvelle fiction et peut-être un extrait !
Faites moi part de vos avis et critiques,
Je vous dis à très vite,
Lia L.
