Pairing Drago Malefoy / Hermione Granger. _ Et oui, enfin... :P _ et y'a toujours quelques couples qui tentent de passer faire coucou d'temps en temps.

Genre Romance/Famille.

Rating T. -non, mais je vous jure, rien ne va plus... D'accord, je l'admets, ça finira par se changer en M.

Disclaimer Le monde & les personnages adultes appartiennent à J.K. Rowling. Je ne prends pas en compte l'épilogue du Tome 7.

Note de l'auteure – Coucou :D Bon, ça va être le post' rapido du jour ! Je suis en retard -la faute à ma bêta nananère -oui, elle a dit que je pouvais l'accuser, alors je ne m'en prive pas. xD et puis bon, il se fait tard (Ok, j'ai envie d'aller retrouver ma lecture du soir donc… Ou écrire tiens :D) ! Donc… Merci, merci, merci & re merci -parce que je vous aime et que j'aime vos reviews (après minuit je fais des déclarations d'amour, pas besoin d'alcool, je suis naturellement ivre.) & je vous laisse lire :D

(Oh & euh… Je décline la responsabilité de toute casse relative à la fin du chapitre. Merci.)


Un Air de Famille

Chapitre 21


Mangemort. Ce mot avait surgi plus de fois que nécessaire au cours des heures passées, tant de fois que Drago n'entendait désormais plus que lui. Mangemort. Mangemort. Mangemort. Son cerveau menaçait d'exploser sous cette dénomination. Il n'avait plus de prénom, de nom, d'identité propre : il n'était qu'un Mangemort, un monstre, un sous-homme. Ou du moins, c'était ainsi qu'il était désormais traité. Il lui semblait que toute l'argumentation de l'avocat Bradley était basée sur ses erreurs de jeunesse. A croire que personne ne changeait. Il avait failli se lever pour leur hurler de se taire un bon millier de fois, mais Blaise l'avait bloqué sur son siège, d'abord à l'aide de regards, puis en pointant sa baguette sur lui, discrètement.

Drago poussa un soupir en comprenant qu'il était condamné à s'entendre critiquer pour tout le reste de ce maudit procès. Il leva les yeux vers le Juge Edgecombe, lequel ébauchait parfois un tout petit sourire en coin dès que Bradley enfonçait le clou. Drago ferma les yeux avec la sensation de revenir dix-huit ans en arrière, à l'époque où son procès pour « participation active aux actions de Lord Voldemort » s'était déroulé. Harry Potter, à la surprise générale, l'avait soutenu : parce qu'il avait eu pitié de lui sans nul doute. Cette fois, personne ne se dressait contre avocats et juges, pour la bonne raison qu'il était impossible de le faire dans ce type de procès.

Alors il s'affaissa un peu plus profondément dans son siège alors que Blaise à côté de lui griffonnait et griffonnait encore, écoutant d'une oreille attentive le discours de Bradley. Drago ne comprenait pas tout à fait ce qu'il y avait à noter. Résumé de la journée : Drago Malefoy est un homme immonde parce qu'il a aidé Voldemort quand il avait dix-sept ans, alors enlevez-lui son enfant, il ne mérite pas le bonheur. C'est fini, merci, bonne soirée.

Il grogna pour évacuer sa rage, avant de jeter un rapide coup d'œil en arrière. Hermione avait fini par s'en aller, sans doute pour travailler, mais Potter était toujours bien présent, installé là, ses sourcils barrant son front. Il paraissait étonnamment soucieux, alors qu'il aurait dû ne rien en avoir à faire. Drago regretta qu'Hermione ait disparu, ne serait-ce que parce qu'il n'avait plus aucune distraction. Il observa donc la salle, à la recherche de quelque chose ou quelqu'un d'intéressant, et remarqua que la plupart des personnes présentes étaient des journalistes, venus là à la recherche d'un potin. Il imaginait déjà très bien les gros titres des journaux du lendemain : Un Mangemort face à un Héros, ou une autre ânerie du même acabit.

Il détourna les yeux, reporta son attention sur l'avocat de Weasley et essaya de chasser cette impression détestable qui lui piétinait le cœur : il avait déjà perdu.


« Miss Granger, vous ne pouvez pas… »

Le garde se poussa brusquement sur son passage en perdant sa voix. De toute façon, elle serait passée quoi qu'il dise et il ne voulait pas risquer d'embêter cette femme là, surtout pas quand elle avait les sourcils aussi froncés –ce n'était pas franchement le bon moment. Alors il la regarda se faufiler dans le couloir menant aux bureaux les plus importants du ministère, là où le Ministre lui même travaillait.

Hermione eut à passer devant plusieurs hommes armés de leurs baguettes, aux visages particulièrement sérieux, mais ne se laissa pas démonter une seule seconde. Elle travaillait là depuis trop longtemps, et connaissait trop bien Kingsley Shacklebolt pour avoir peur de le déranger. Et de toute façon, elle avait à lui parler, qu'il soit en rendez-vous ou non, redoutant déjà que le procès se finisse en une seule journée à cause d'un fichu bureaucrate mal luné. Elle détestait le juge Edgecombe, presque autant qu'elle détestait toutes les autres personnes qui se croyaient tout permis pour la seule raison qu'ils avaient des postes importants.

La secrétaire du Ministre, une petite bonne femme rondouillarde aux traits avenants, écarquilla les yeux en la voyant apparaître sans même se présenter et frapper à la porte du bureau ministériel sans être annoncée. Elle se leva de son siège pour accourir vers Hermione, l'air inquiet : toute personne voulant rencontrer le ministre devait d'abord passer par elle, c'était la règle, une règle dont l'une des stars de leur monde se fichait éperdument à l'instant.

« Miss Granger, je peux vous aider ? » s'enquit-elle timidement au moment même où la porte du bureau s'ouvrait.

Le regard de Kingsley passa de sa secrétaire inquiète à une Hermione pétrie d'angoisse plusieurs fois, jusqu'à ce que l'ancienne Gryffondor le supplie du regard. Il adressa un petit sourire à sa secrétaire pour la rassurer avant de se pousser pour laisser passer Hermione : il la connaissait trop bien pour savoir qu'elle n'entrait pas ainsi dans ce lieu sans une raison valable. Il se devait donc de l'écouter. Ils avaient participé à une guerre ensemble, du même côté, et elle travaillait pour ainsi dire pour lui. Lorsqu'il referma la porte, la jeune femme faisait déjà les cent pas en se mordillant les lèvres et il tenta vainement de savoir ce qui pouvait tant l'angoisser. En désespoir de cause, il finit par marmonner :

« Que se passe-t-il, Hermione ?

- Ce procès n'est pas juste ! »

Kingsley fronça les sourcils. Tous les dossiers des procès arrivaient sur son bureau à un moment ou à un autre : en tant qu'ancien auror il aimait se tenir au courant. Néanmoins, il eut besoin d'une minute au moins avant de comprendre qu'il ne s'agissait pas de l'un de ces procès habituels –ceux qui l'intéressaient– au sujet de sorciers pratiquant la magie noire, ou devenant fou et utilisant de la mauvaise magie… Non, le sujet était bien plus personnel. Il inspira profondément en tentant de se rappeler ce qu'il savait au sujet du procès de Ron contre Malefoy, et finit par froncer les sourcils.

« Edgecombe ? Ronald a une chance incroyable, je pensais que cela vous ferait plaisir à tous.

- Bien sûr que non ! s'emporta Hermione en secouant la tête. C'est injuste et vous le savez très bien ! Edgecombe se fout que Drago soit un bon père, tout ce qu'il veut c'est le punir pour des crimes commis il y a des années… Ce procès n'est pas équitable du tout !

- Hermione… Tu ne veux pas que Ron l'emporte ? Je ne comprends pas très bien, je pensais que vous étiez… Enfin, je ne me suis pas réellement penché sur ce dossier, je dois l'admettre, mais je pensais que vous étiez du même côté.

- Non. Je… Ce juge n'arrivera pas à se charger de ce cas sans en faire une affaire personnelle. Vous devez ordonner un changement. »

Kingsley faillit lui rétorquer qu'elle en tout cas en faisait bien une affaire personnelle, et non dans le sens auquel il s'attendait. Avait-elle réellement appelé Drago Malefoy par son prénom quelques secondes auparavant ? Il ne parvenait pas à y croire tant cela semblait surréaliste, mais apparemment, la Hermione Granger, celle qui défendait les opprimés comme s'il s'agissait de ses propres enfants, s'était rapprochée un peu trop d'un oppresseur confirmé. Il savait pertinemment que la situation était surprenante : les enfants étaient rarement échangés à la naissance, ou du moins, il l'espérait mais de là à unir deux personnes qui n'avaient absolument rien en commun…

« Hermione, me demandes-tu de trouver un juge qui soit du côté de Drago Malefoy ? »

Elle se figea et le regarda comme s'il était tombé sur la tête. Elle n'avait jamais osé penser une telle chose : elle voulait simplement d'un jupe capable de voir le Drago père, et non le Drago adolescent qui faisait des tas de choses affreuses, puisqu'il lui apparaissait clairement qu'ils n'étaient pas la même personne. Elle n'aurait jamais soutenu le Drago adolescent. Elle secoua donc la tête, ne parvenant pas à croire que Kingsley ait imaginé qu'elle –Hermione Granger, justice faite femme– soit capable de faire quelque chose d'illégal : trafiquer un procès n'était en effet pas autorisé, même dans le monde sorcier.

« Non, je veux juste d'une vraie justice, exercée par une personne qui puisse faire la part des choses… L'avocat de Ron a monté un dossier complet sur le Drago de dix-sept ans, et celui-là aurait même pu être condamné à Azkaban et n'aurait certainement pas élevé aussi bien un enfant. Ce Drago, celui d'aujourd'hui, lui mérite…

- Oui ? la pressa-t-il en voyant qu'elle hésitait.

- Lui mérite une réelle chance. »


Drago détourna la tête en entendant la porte de la salle d'audience s'ouvrir pour la deuxième fois en quelques minutes, remarquant enfin que l'ambiance grave s'était transformée en une effervescence encore contrôlée. Il remarqua qu'Hermione s'était réinstallée aux côtés d'Harry et lui débitait un flot ininterrompu de murmures impatients. Puis, elle leva les yeux vers lui et lui décocha un sourire resplendissant, si plein d'espoir qu'il ne put s'empêcher de sourire à son tour alors que sa situation était sans doute désespérée. Harry lui-même paraissait tout à coup bien plus optimiste et Drago se laissa contaminer par les deux Gryffondors, se prenant à espérer… Quelque chose.

Quelque chose qui ne tarda pas à se produire. Un homme en tenue sombre que Drago reconnut comme celle des Aurors, entra dans la salle en transportant un parchemin qu'il tenait comme s'il s'agissait d'une bombe à retardement. Il se hissa sur l'estrade où le juge Edgecombe ne souriait plus, ses sourcils broussailleux formant une barrière que Drago eut envie de cisailler. L'inconnu –ou l'auror ?– murmura quelques mots à l'oreille du juge qui blêmit ostensiblement en saisissant le rouleau de parchemin, puis repartit comme il était venu, sans se soucier apparemment du bazar qui régnait désormais dans la salle.

Edgecombe parcourut le papier d'un bout à l'autre, avant de faire un signe aux deux avocats principaux. Bradley et Blaise se levèrent sans hésiter, l'un un peu moins souriant à mesure qu'il avançait alors que l'autre était à la limite du fou rire hystérique. Blaise savait pertinemment qu'un procès ne pouvait être interrompu ainsi, à moins d'un énorme changement dans l'affaire. Changement qu'il espérait positif pour son ami et client.

Durant quelques minutes d'une attente insoutenable, le juge parla à voix basse avec les deux hommes, l'un s'affaissant de plus en plus à chaque seconde alors que Blaise trépignait, un sourire railleur de Serpentard naissant sur ses lèvres. Drago se retourna à de multiples reprises pour savourer l'air victorieux d'Hermione, laquelle avait le don de le rassurer.

Enfin, Blaise revint à son fauteuil, les lèvres compactes, Bradley faisant de même avec un enthousiasme bien moins flambant qu'une heure auparavant. Drago interrogea son ami du regard, mais celui lui fit signe d'être patient au moment même où Edgecombe se levait de son siège, les traits crispés par ce que Drago estima être de la colère.

« La séance est ajournée jusqu'à nouvel ordre. »

Sans un mot de plus, alors que la clameur des journalistes enflait soudainement, assourdissante, le juge quitta les lieux, sa robe de sorcier d'un rouge sanglant s'enroulant autour de ses chevilles alors qu'il avançait à pas pressés, impatient de s'échapper apparemment. Quelques flashs crépitèrent, saisissant l'instant qui devait être important bien que Drago ne comprenne pas encore pourquoi, puis des Sorciers d'Elite du Ministère arrêtèrent les journalistes, leur demandant de sortir de la salle.

« Tu m'expliques ?! s'impatienta Drago en jetant un dernier coup d'œil en arrière, déçu de ne plus voir les boucles entremêlées d'Hermione qui s'était laissée perdre dans la foule.

- Et bien… Le ministre lui-même a demandé un changement de juge. J'avais très envie de le faire moi aussi, mais personne ne m'aurait écouté. Ils pensent tous que je suis un rapiat !

- Ce n'est pas tout à fait faux.

- Quoi qu'il en soit… grommela Blaise en souriant de plus belle. Edgecombe va être remplacé. Et puisqu'il n'y a pas pire que lui, c'est forcément une excellente nouvelle ! »

Il se leva, ramassant tous ses papiers qu'il froissa sans hésiter, comme si cette journée n'avait jamais existé et Drago le regarda faire, bouche bée. Comment ça pouvait être si simple ? Pourquoi Kingsley, qu'il n'avait rencontré qu'une fois ou deux au cours de sa vie, avait-il plaidé en sa faveur ? Ou peut-être que rien de tout ça ne le concernait finalement ? Peut-être qu'il s'agissait d'un problème causé par Edgecombe, quelque chose qui n'avait rien à voir avec lui ?

Blaise brisa cette idée en une seule phrase, émise avec un petit froncement de sourcils de consternation, comme si ce qu'il disait était incroyable, même pour lui.

« Et je crois que tu pourras chaleureusement remercier ta petite-amie quand tu la verras. »

Petite-amie ?

Drago comprit de qui Blaise parlait en une seconde à peine. Il n'y avait qu'une femme qui méritait un tel pronom actuellement, celle même qui l'obsédait… La seule personne qu'il connaissait qui aurait pu le sauver dans cette situation, grâce à ses relations, grâce à son nom, en dépit du sien. Il se surprit à sourire, un peu plus franchement qu'auparavant. Elle l'avait aidé. Vraiment. Il acquiesça donc à l'adresse de son meilleur ami qui ne l'écoutait même plus désormais.

« Je le ferais. »


Hermione se laissa porter au dehors de la salle par Harry, sans prêter attention aux murmures qui enflaient sur son passage, ne se souciant pas une seule seconde des journalistes qui l'interpelaient ou des crépitements des flashs des appareils photo. Elle se fichait de tout ça : elle avait aidé Drago, cela seul comptait, puisqu'elle avait eu l'impression de faire quelque chose d'important, de nécessaire même. Avec un sourire un peu plus heureux, elle laissa Harry la tirer jusqu'à une salle libre en attendant que la foule au dehors soit mieux maîtrisée.

Au bout d'une dizaine de minutes –durant lesquelles Harry grommela sur ce qu'il adviendrait d'elle si Ron apprenait la vérité– ils finirent par rejoindre le couloir principal. Les Sorciers d'Elite de la Police Magique avaient réussi à contenir les journalistes curieux et à les repousser au dehors. Seuls quelques hommes traînaient encore et dévisagèrent Hermione comme si elle était une mystérieuse créature venue d'une autre planète. Elle baissa résolument les yeux vers le sol alors qu'Harry les fusillait du regard : personne ne savait exactement ce qu'il s'était produit, en dehors d'Hermione, Kingsley et lui, mais tous avaient des soupçons. Harry était bien placé pour savoir que dans le monde sorcier, cela suffisait amplement.

Il se figea brusquement, arrêtant Hermione en la tirant par le coude, et elle releva la tête pour croiser le regard d'acier qu'elle connaissait désormais presque par cœur. Blaise à côté de Drago fronça les sourcils avant d'englober les lieux du regard, à la recherche de quelqu'un qui pourrait intercepter l'échange muet de son client et d'Hermione. Finalement, il acquiesça froidement, non sans inquiétude alors qu'Harry jetait un coup d'œil à l'un des Sorciers d'Elite qui parut sur le qui-vive, conscient de ce que demandait son supérieur. Drago finalement, fit quelques pas de plus en direction d'Hermione avant d'être arrêté par une toux furieuse de Blaise –en tant qu'avocat, comme en tant qu'ami, il n'acceptait pas que ces deux là se fréquentent. Drago resta donc à une limite raisonnable d'Hermione –presque un mètre qui lui faisait ressentir une douleur de frustration trop intense.

« Tu… commença-t-il avant de carrer les épaules, comme pour s'offrir un peu de ce courage qui lui manquait tant. Tu as demandé de l'aide au Ministre ?

- Oui, approuva Hermione en ponctuant sa réponse d'un hochement de tête. J'ai pensé que ce serait plus loyal avec un autre juge, un qui n'aurait pas déjà un avis ferme et définitif à ton sujet sans… Essayer de savoir à quoi ressemble ta vie désormais. »

Sa phrase s'évanouit en un murmure alors que Blaise haussait un sourcil railleur, conscient de ce qu'il se produisait peu à peu devant ses yeux, ne serait-ce que par la faute de cette foutue étincelle qu'il aurait préféré de pas remarquer dans les yeux de son ami. Avec un énième raclement de gorge, il ordonna donc à Drago d'accélérer le mouvement. Ce n'était pas si compliqué quand même : « Granger, chère Sang-de-Bourbe de mes fantasmes d'obsédé, merci d'avoir sauvegardé une petite chance que je puisse garder mon enfant, qui est aussi en partie le tien. ». Blaise était décidé : si Drago ne se bougeait pas dans les dix secondes, il prononcerait ces remerciements lui-même.

N'importe qui pouvait passer dans ce couloir à l'instant, y compris l'un des assistants de l'avocat de Weasley par exemple, l'avocat lui-même, ou pire le Weasley en question. Si tel était le cas, ils seraient accusés de pactiser, Granger prendrait peur et il en serait fini de ce soutien invisible qui leur avait si bien sauvé la mise pour cette fois. Il ne pouvait l'accepter : Granger leur était utile, bien trop pour qu'ils risquent de la perdre. Drago pouvait bien la rendre folle de désir, tous deux se devraient de résister.

« Drago… soupira-t-il, prévenant qu'il fallait se bouger dans les plus brefs délais.

- Laisse-nous deux minutes, grommela l'accusé sans se retourner, rivant son regard à celui d'Hermione pour tenter de trouver une solution à l'envie qui le tiraillait.

- Ce n'est pas envisageable. Pas dans ce couloir. Tu le sais très bien, comme nous tous… Alors, fais marcher ton cerveau du haut une minute, s'il te plait. »

Une teinte rosée presque imperceptible envahit les joues de Drago alors qu'Harry esquissait un sourire face à la gêne flambante d'Hermione. Drago ne se laissa pourtant pas démonter plus de cinq secondes avant de parvenir à une idée plutôt acceptable : pas dans ce couloir peut-être… Mais il n'y avait pas que ce couloir ! Sans hésiter, il franchit le dernier mètre le séparant d'Hermione, saisit sa main dans la sienne en priant pour qu'elle ne réalise pas qu'il tremblait encore –contrecoup de cette matinée infernale– avant de l'attirer vers la porte des toilettes pour hommes. Il n'adressa pas un regard de plus à Blaise qui grogna quelque chose d'impoli, ni à Harry qui se décida plutôt rapidement à les couvrir en s'adossant nonchalamment au mur le plus proche, prêt à arrêter quiconque tenterait d'entrer dans leur nouveau refuge.

Hermione s'arracha à sa poigne, refusant d'entrer dans ce petit jeu une nouvelle fois sans réaliser qu'elle n'en était jamais sortie de toute façon. Drago la laissa s'éloigner et profita d'un instant de silence pour ouvrir toutes les portes des cabines, s'assurant ainsi qu'ils étaient bien juste tous les deux. Il savait pertinemment que Blaise –bien qu'il n'approuve pas ce qu'il était en train de faire– le soutiendrait en refusant l'accès aux toilettes à tous les inopportuns.

« Drago… On ne devrait pas…

- Je voulais juste te remercier, Granger, pas te faire sauvagement l'amour, détends-toi ! »

En vérité, l'idée lui avait effleuré l'esprit : il y avait plus romantique que des toilettes publiques certes, mais au moins ils étaient en sécurité pour un petit moment. Il imagina la tête d'Harry s'il surgissait brusquement en les trouvant dans une position intime et sourit. Puis, il pensa à Blaise et eut envie d'éclater de rire : son meilleur ami ne s'en remettrait jamais. Savoir que son ami avait couché avec la Sang-de-Bourbe Granger et le voir étaient deux choses tout à fait différentes.

« Tu aurais pu me remercier dans le couloir, indiqua-t-elle en s'adossant à un lavabo sans réaliser qu'elle se retrouvait dans la même position que lorsqu'il l'avait embrassée quelques semaines auparavant.

- Peut-être », concéda-t-il en s'approchant si lentement qu'elle eut l'impression qu'il cherchait à la torturer –sans avoir l'idée de penser qu'il voulait juste lui laisser une chance de l'arrêter.

Elle ne le fit pas, attendant qu'il soit à quelques centimètres d'elle pour poser ses paumes contre son torse, dans un simulacre risible de rejet. Il ne se laissa pas prendre et élargit son sourire, de sorte qu'elle oublia Jack une nanoseconde avant de se reprendre. Elle avait jamais été sujette au désir pur jusque là, ou du moins pas au point de perdre à ce point toute morale et toute réflexion. Mais Drago glissa sensuellement ses doigts le long de ses bras, y faisant naitre un filament d'électricité statique qui lui coupa le souffle. L'envie de lui se fit presque douloureuse, trop ardente pour être contrôlée.

« Merci, Granger. »

Souffle contre son oreille. Le nez glacé de l'homme –elle avait remarqué que ses doigts étaient toujours froids également, taquina la courbe de sa mâchoire et elle lui offrit inconsciemment l'accès à sa gorge en basculant la tête en arrière, à la recherche de son intelligence. Mais non, avec lui, elle n'était plus qu'une femme stupide incapable de réfléchir correctement. Adieu Hermione la Miss-je-sais-tout brillante à tous points de vue. Bonjour, Hermione câline qui se laissait caresser dans des lieux publics.

Il baisa sa gorge et elle cessa de se morigéner. Il la remerciait après tout, il n'y avait rien de mal à cela. Certes, sa façon de le faire était peu conventionnelle, mais quelle importance ? Elle laissa ses mains jouer en solo, leur laissant le champ libre pour explorer le torse de Drago, malheureusement trop recouvert avec cette robe de sorcier épaisse. Elle n'eut pas le temps de s'y appesantir davantage que les lèvres de l'homme atteignirent un nouveau terrain – l'échancrure de son chemisier qu'il avait découvert en repoussant sa cape. Un petit bisou de rien du tout pourrait désormais lui faire perdre la tête, elle le savait. Et lui aussi. Avec un sourire, il déposa un nuage de baisers à l'aube de sa poitrine qui se soulevait érotiquement, à la recherche de son étreinte.

Il passa tendrement ses mains contre ses hanches, sous sa cape embarrassante, avant d'attirer ses hanches contre les siennes, sans rompre une seconde son contact avec sa bouche. Il la sentit gémir, mais n'eut pas l'écho de ce son et comprit qu'elle s'était mordu les lèvres pour ne pas laisser en échapper un bruit. Dommage, il aimait l'entendre. Il se tendit alors qu'Hermione glissait ses doigts dans ses cheveux, le rapprochant irrémédiablement de sa poitrine, avide d'un contact plus intime encore. Il ne se fit pas prier et laissa un sillon humide sur sa peau, jusqu'à la mordiller allégrement. Elle se serra contre lui plus férocement.

« Embrasse-moi… »

Il lui obéit sans songer une seule seconde à se refuser à elle. Sa bouche traça une route sinueuse de baisers fiévreux jusqu'à atteindre la sienne, sur laquelle il se rua comme un affamé. Elle entrouvrit ses lèvres, laissant le passage à la langue de Drago qui alla à la recherche de la sienne. Leur étreinte devint plus chaude, leur corps se couvrant peu à peu d'une fine couche de transpiration alors qu'ils se mêlaient davantage à chaque seconde, enchevêtrement de bras et jambes encore vêtus –au plus grand désespoir de l'un.

Finalement, elle chercha son souffle, interrompant leur étreinte et il fit de même en appuyant son front contre son épaule, un sourire idiot collé sur le visage. Elle caressa lentement sa nuque, la respiration haletante, constatant avec dépit qu'elle avait une fois de plus oublié toutes ses bonnes résolutions.

Elle avait réellement besoin de retrouver Jack, intimement , afin de pouvoir potentiellement passer à autre chose, oublier la pression du corps de Drago contre le sien, corps qu'elle commençait par connaître un peu trop. Une petite voix lui rappela qu'avant ces baisers volés, elle pensait déjà à Drago, même en étant avec Jack, et que rien ne pourrait plus changer ça. Elle se refusa à y croire, malgré le plaisir qu'elle ressentait sous l'effet des caresses de l'homme collé à elle. Non, elle ne pourrait jamais vivre quoi que ce soit de plus avec lui. Jack était le bon, elle avait besoin qu'il le soit. Peu importait ses sentiments actuels… Elle devait penser à l'avenir. Un avenir que jamais, même dans ses rêves les plus stupéfiants, elle ne pouvait imaginer avec Drago Malefoy.


Une année entière. Une année entière et elle mettait les pieds dans son appartement pour la première fois. En réalité, ses pieds n'avaient pas réellement touché le sol avant qu'elle ne veuille quitter ses bras, quelques heures avant le crépuscule, puisqu'il l'avait littéralement transportée jusqu'à son matelas. Désormais, Hermione s'étirait, tel un félin assoupi, dans sa complète nudité qu'admirait Jack depuis son lit. Elle ne pouvait s'empêcher d'observer le petit studio avec l'impression de se retrouver chez un étudiant. Du lit aux draps sombres pas repassés, à la boite de pizza sur le bar, tout respirait l'immaturité masculine, chose à laquelle elle ne s'était pas attendue. Jack était si propre sur lui, parfait jusqu'aux bouts des doigts, qu'elle avait imaginé que son lieu de vie serait ainsi.

Elle lui pardonnait amplement –elle avait des erreurs bien plus importantes sur le dos– en se souvenant qu'il était plus jeune qu'elle. Ces quelques années de différence, si elles ne se voyaient pas physiquement, étaient néanmoins perceptibles sur d'autres points. Ce qui l'entourait désormais en était la preuve évidente. Elle préféra donc se laisser retomber sur le lit avant d'embrasser l'homme entièrement nu qui avait tenté de rassasier son appétit insatiable durant les dernières heures. Jack laissa courir ses mains contre son corps, la faisant greloter de plaisir, puis finit par lui soupirer :

« C'était parfait… Tu devrais venir plus souvent. »

Elle avait mille réponses à lui offrir. « C'était parfait, mais pas inoubliable, juste parfait, comme une bonne tarte, mais pas inoubliable comme la tarte à la citrouille couverte de meringues de Madame Weasley. » Ou encore : « Revenir ici ? D'accord, mais tu pourrais changer tes draps et ranger un peu ? » et « Plus souvent ? J'ai une fille, tu te souviens ? Une blondinette qui te déteste ! » … Au lieu de dire l'une de ces phrases, qui étaient à la fois cruelles et inutiles, elle répondit :

« Quand tu veux. »

Il la laissa se recroqueviller contre son torse moite de leur amour en caressant son épaule nue, y dessinant quelques cœurs du bout du majeur. Il n'avait pas été aussi heureux depuis des semaines –il songea « Depuis le retour d'Anaïa » mais trouva cette idée méchante. Pourtant, il devait admettre que la fin de l'année scolaire à Poudlard avait également –lui semblait-il– signé l'arrêt de mort de sa relation avec Hermione. Auparavant, ils étaient toujours fourrés l'un avec l'autre –ou l'un dans l'autre –et ne se quittaient que quelques soirs par mois. Désormais, il devait se battre pour passer plus d'une heure avec elle, sans compter qu'il n'avait même pas pu la voir au travail ce jour là puisque le procès avait commencé. Il avait tenté de lui demander pourquoi elle souhaitait y assister mais elle avait été incapable de réellement l'expliquer. Il avait entendu parler de ce qui s'était passé durant la journée, était impatient de pouvoir en parler avec elle, mais dès qu'il l'avait croisée dans le couloir, il s'était retrouvé les lèvres scellées d'un baiser.

Ces dernières heures avaient été les plus épuisantes de sa vie, sans doute, mais il était réellement heureux d'avoir pu profiter à nouveau de son corps, d'être seul avec elle, sans personne pour lui rappeler que cela ne durerait peut-être pas… Il avait toujours été un garçon plutôt optimiste, mais croire en sa relation avec Hermione était devenu complexe depuis quelques temps. Il avait l'occasion de l'oublier un peu trop souvent, et lorsqu'il songeait à eux deux, il ne voyait que des murs infranchissables : Anaïa était le plus obtus.

Il devait trouver une façon de se raccrocher à elle, de convaincre les gens que leur couple était trop important pour laisser le choix de leur avenir à quiconque d'autre qu'eux deux. Il la sentit s'endormir contre son torse et tenta de l'en empêcher en passant ses doigts contre sa poitrine qui s'érigea en quelques caresses. Elle gémit, à demi assoupie, et il tenta de trouver une solution, une façon de se lier à elle. Le sexe était évidemment un bon moyen de former un couple, mais il attendait tellement plus. Il l'aimait, le lui avait répété à de nombreuses reprises au cours des derniers mois, et avait désormais besoin de le lui prouver.

Finalement, une idée folle lui sauta aux yeux alors qu'un sourire fendait son visage en deux, irrépressible. Il se mut légèrement contre Hermione, jusqu'à lui faire face et elle ouvrit un œil, l'air déjà rêveur.

« Je pourrais venir voir tes parents avec Anaïa et toi ce week-end ? »


Kylian,

Ana m'a demandé de t'écrire, puisqu'elle n'a pas vraiment le droit de le faire elle… Faut bien qu'on échange des nouvelles quand même, surtout qu'on n'a pas eu trop l'occasion de se parler depuis l'anniversaire de Quinn. Si je n'aimais pas autant ma famille, je serais impatient que les trois dernières semaines de vacances passent, mais hélas, toi, Tony, Luce et Poudlard avez beau me manquer, j'apprécie de pouvoir être un fainéant couvé par mes parents. (Et oui, j'assume !)

Ma famille donc. Depuis son anniversaire, Quincy passe ses journées enfermée dans sa chambre parce qu'elle refuse de parler à Logan. J'ai vu plein de hiboux quitter sa chambre, mais ils reviennent les pattes vides à chaque fois… J'en conclu donc que Gideon a définitivement fait une croix sur leur relation, ce que je trouve quand même totalement déprimant ! Ca va être bizarre de le voir à Poudlard, puisqu'il vient quand même de briser le cœur de ma sœur. Bon, d'accord, la faute revient à mon idiot de frère qui lui non plus n'est pas franchement hilarant ces derniers temps. En fait, il est toujours enfermé dans sa chambre lui aussi, ou va rendre visite à des copains de Poudlard ou s'en va simplement sur son balai… Je ne te raconte pas la super ambiance pendant les repas ! Mes parents essaient bien de régler la situation, mais tant que Logan ne se sera pas excusé (et il n'a clairement pas l'intention de le faire) je crois qu'on peut rêver pour que ma sœur lui pardonne.

Ensuite, plus largement… C'est la guerre ! Chez les Weasley, on se retrouve tout le temps tous ensemble. (Et là, tu te dis que tu as eu de la chance d'être échangé parce qu'autrement tu aurais eu à supporter Freddie constamment !) Le fait est que c'est plutôt cool de se voir finalement. On va au Terrier, Mamie Molly cuisine des tas de bonnes choses et on passe nos après-midi à jouer pendant que les grands se disputent. Enfin ça, c'est en temps normal ! Parce que depuis le retour de Poudlard c'est plutôt ça : nous, on se chamaille et les adultes se disputent ! Ils essaient bien de rester courtois et tout ça, mais on voit bien que ça leur pèse sur le haricot toute cette histoire. Mon père s'en prend plein la tête, parce qu'il soutient clairement Hermione (d'ailleurs, Ana et elle ne viennent plus ! Du coup Ron et sa famille, si.) alors les repas sont ponctués de petites piques destinées à l'agacer. Maman lui répète de ne pas y prêter attention, mais il lui arrive de craquer.

Le week-end dernier par exemple. Il aurait voulu qu'Hermione vienne avec Ana, parce qu'on n'a encore rien organisé pour son anniversaire et qu'il comptait les voir pour arranger ça. Elle n'a pas voulu déranger. (Quand tu penses qu'elle a presque vécu là ces vingt dernières années, je trouve ça carrément ridicule !) Du coup, papa a parlé d'elle à table pour dire qu'on pourrait fêter les douze ans d'Ana le dernier week-end avant Poudlard, comme à chaque fois… Et Oncle Ron a clairement déclaré qu'il ne viendrait pas (de toute façon, il ne venait plus depuis des années, alors en quoi c'est un événement, franchement ?) et cet abruti de Freddie a demandé à ses parents si eux étaient obligés de venir puisque (je cite) « Ana de toute façon, c'est plus notre cousine donc elle n'a pas à mettre les pieds là ». C'est juste totalement parti en vrille après ça !

D'abord, en grande partie à cause de moi. J'ai pris ma soupe aux pois et je lui ai versé sur la tête (pas de chance pour lui, il était assis juste à côté de moi.) alors que George se mettait à répliquer –parce que même s'il soutient Ron pour le procès, papa m'a dit qu'il considérait toujours Ana comme sa nièce, quoi qu'il arrive. Mamie Molly s'est énervée contre Ron parce qu'il « se comporte comme un garçon qu'elle n'aurait pas voulu avoir comme fils » (première fois qu'elle le disait à haute voix !) ce qui a fait blêmir ce dernier. Finalement, il a hurlé que de toute façon, elle avait toujours soutenu Hermione avant de partir… Tout le monde s'est mis à donner son avis en criant encore et encore, alors que Gabrielle rattrapait Ron (avec son énorme ventre devant elle) et s'en allait avec lui et Ashton.

Ils ont fini par tous se calmer au bout de quelques minutes (Freddie avait eu le temps de me plaquer au sol, retenu par Logan qui n'avait apparemment pas l'intention de le laisser me cogner) après que maman ait hurlé plus fort qu'eux pour les faire taire. Mamie Molly a fini par proposer à mon père de fêter l'anniversaire d'Ana chez lui cette année, et que seuls ceux qui voudraient y'aller iraient… George, Bill et Percy ont déjà dit qu'ils donneraient leurs cadeaux, mais ne viendraient pas (eux et leurs familles évidemment.) du coup y'aura seulement mes grands-parents.

Ce qui m'amène donc à… toi !

Lorsque j'en ai parlé à Ana, elle a eut l'air de penser que ce serait une bonne idée que tu puisses venir, histoire que tu rencontres tes « vrais grands-parents » et qu'il y'aura aussi les Granger. Je sais très bien que ça peut paraître totalement dingue et que ton père ne sera jamais d'accord, mais tu pourrais lui demander quand même, s'il te plait ? Je crois que Supernaze sera là aussi –malheureusement– mais si ton père veut venir… Bon, je n'ai pas eu le temps (okay, l'envie) d'exposer cette idée à mes parents, mais je pense qu'ils seront d'accord.

Réponds-moi vite !

(Et au fait, les Canons de Chudley ont perdu… non je ne dis pas ça pour me moquer, mais ils sont trop nuls ! et ouais !)

Cameron

PS : mon père vient de rentrer du procès ! J'espère que le prochain juge sera plus impartial… Sinon, Ana pense qu'on pourra partir tous les trois et vivre dans une forêt. Elle a campé deux fois dans sa vie, mais se croit capable de survivre pour toujours… Je lui ai bien dit que je ne manquerais pas la prochaine coupe du monde, mais elle n'en démord pas. Cette fille va me rendre dingue !

A très bientôt j'espère.


Drago nota quelques mots dans un coin de parchemin sans parvenir à leur trouver un autre sens que celui qui se dessinait sous ses yeux. Cheveux. Embrasser. Ressenti. Lorsqu'il pensait aux cheveux, il n'imaginait plus les siens mais ceux d'une autre, une autre si parfaitement imparfaite qu'il en était étourdi. Lorsqu'il écrivit « embrasser » le mot se transforma en mille saveurs contre sa langue, formant une boule de désir brûlant dans son ventre. Et son ressenti… Il ne préférait même pas y penser. Hermione Granger venait de lui renverser le cerveau, définitivement. Ses baisers, ses caresses, tout ce qu'elle avait fait de son corps durant quelques trop courtes minutes ne voulaient plus s'effacer de son esprit. Elle avait laissé sa marque en lui sans le vouloir. Et désormais… Il ne savait plus comment s'en défaire.

Il perçut le regard de Blaise sur sa main qui tenait sa plume et s'efforça à lever les yeux, croisant d'abord le regard de son avocat, avant de découvrir celui de Théodore Nott qui avait été appelé en renfort. Blaise lui avait expliqué toute la scène post-tribunal avec moult détails inventés de toute pièce, allant jusqu'à dire que Drago était ressorti des toilettes, la braguette ouverte. Faux. Hélas. Théo avait écouté attentivement le discours de leur ami commun sans ciller et attendait désormais la version de Drago, lequel s'efforça de rétablir la vérité.

« Nous ne nous sommes pas… Je n'ai pas couché avec Granger dans les toilettes, clair ?! Rugit-il en se sentant comme un enfant pris en faute. Et puis, même si c'était le cas, je ne vois pas en quoi ça vous concerne.

- Tu es mon client, Drago ! Et quand mes clients agissent sans réfléchir, je me dois d'intervenir. Si tu ne veux pas gagner ce procès, dis le moi tout de suite et j'irai trouver quelqu'un d'autre à aider.

- Aider contre rémunération, rétorqua Théo avec un sourire carnassier. Quoi qu'il en soit, Blaise, Drago marque un point : en tant qu'amis, nous n'avons aucune raison de nous sentir obligés de le retenir. S'il a envie de s'envoyer Granger, qu'il le fasse.

- Merci !

- Même si c'est totalement stupide. »

Blaise émit une sorte de grondement de fierté masculine que Drago trouva particulièrement ridicule, puis fusilla son traitre d'autre ami du regard. Théodore avait toujours été celui qui se fichait des distinctions de sang et voilà qu'il le rabrouait de désirer une Sang-de-Bourbe ? Il eut envie de lui demander où étaient passés tous ses beaux discours sur l'égalité, mais se retint. Il préférait lui offrir son mécontentement à l'aide d'un rictus assassin qui renforça le sourire de sa victime. Théo passa tranquillement sa main dans ses cheveux avant de continuer :

« Tu sais que c'est une chose stupide à faire actuellement, n'est-ce pas ? Hermione Granger est peut-être particulièrement belle comme tu le dis…

- Ce n'est pas elle qui est belle, répliqua Drago en levant les yeux au ciel, agacé qu'ils soient si peu attentifs. Ce sont ses fesses qui sont belles. Le reste est… »

Il ne trouva aucun mot correct parce que son désir le rendait visiblement aveugle. Avant, il aurait eu mille choses à dire et le physique d'Hermione aurait été descendu en flèche. Mais en cet instant, il ne voyait que ce qu'il appréciait d'elle et il était surpris de constater qu'il parvenait à lui trouver bien des qualités. Il ferma les yeux en posant ses doigts sur ses tempes, sans percevoir le regard inquiet qu'échangeaient ses deux amis.

« D'accord, Drago, murmura Théodore comme s'il s'adressait à un homme mourant d'une effroyable maladie. Mais ce n'est pas le moment, voilà tout. Tu vas perdre ton fils si tu continues tes bêtises avec elle. Tu ne pourrais pas attendre la fin du procès avant de te remettre à convoler ? Ce n'est pas bon pour toi et pas bon pour Ky actuellement. Sa situation familiale est assez trouble pour que tu te mettes à sortir avec sa mère biologique…

- Je ne pense pas que ça le dérangerait beaucoup, marmonna Drago, son visage caché entre ses paumes.

- Peut-être pas, mais sur le long terme, un psychomage te dirait que c'est une très mauvaise idée. Alors s'il te plait, attends la fin du procès.

- Et même après ! s'écria Blaise qui bouillonnait. Par Merlin, Drago ! C'est une Sang-de-Bourbe et elle n'est pas aussi canon que tu sembles le croire ! L'avoir vue nue t'a fait perdre toute logique de toute évidence.

- Blaise, siffla Théo entre ses dents en le fusillant du regard, peu ravi qu'il ne s'en tienne pas à leur plan original.

- Quoi ? Sois réaliste, toi aussi tu penses qu'il fait une connerie en imaginant qu'il puisse être avec elle ! Cette fille est un nid à problèmes : les Weasley, Potter, tes parents, personne ne te laissera jamais vivre quoi que ce soit avec elle !

- J'ai juste envie de coucher avec elle, pas de l'épouser. »

A cette idée, il n'eut aucune nausée, contrairement à ce qu'il aurait pu vivre en songeant à cette possibilité autrefois –même si jamais au grand jamais il n'aurait voulu s'infliger une telle pensée. En fait, cette idée le fit sourire, méditatif. Non, il n'avait aucune envie de se faire passer la corde au cou, et encore moins par une Granger cinglée avec laquelle il entretenait une relation pour le moins étonnante. Mais c'était assez drôle de l'imaginer. Blaise brisa cette bulle d'humour en une seule réplique, jetée sur un ton cassant :

« Putain, Drake, tu n'as pas juste envie de te la taper ! T'as l'air totalement fou d'elle ! »

Théodore supplia Merlin de faire taire Blaise ou d'empêcher ces mots d'atteindre les oreilles de Drago, mais Merlin n'était pas disponible de toute évidence. Drago leva les yeux, exsangue, une lueur folle animant son regard à mesure qu'il comprenait ce que venait de cracher Blaise. Théodore avait bêtement espéré que Blaise soit capable de garder son idée bien cachée dans un coin de son cerveau, mais non, il n'avait jamais été du genre à taire ce qu'il pensait, il venait encore de le prouver.

Théodore savait pertinemment qu'il avait raison : Drago n'avait été obsédé que par une femme dans sa vie auparavant, une femme qu'il avait épousée. Sinon, les femmes traversaient son existence sans qu'il ne les aime jamais plus de quelques heures. Qu'Hermione Granger l'intéresse tant ne se devait pas qu'au fait qu'elle soit inaccessible : elle lui plaisait réellement. Et même si c'était une belle erreur –pour pleins de raisons- Théo était quand même heureux que son meilleur ami puisse à nouveau ressentir cela.

« Drago, tenta-t-il d'une voix doucereuse. Tu n'as pas besoin d'approuver ou de démentir. Ça n'a pas la moindre importance pour le moment. Le fait est que tu ne peux pas te permettre d'éprouver…

- Je ne l'aime pas ! grommela Drago sans lâcher Blaise des yeux, ne portant pas la moindre attention à Théodore.

- Peut-être pas maintenant, soupira le métis sans sourire. Mais ça vient… Tu n'es juste pas encore assez atteint pour t'en rendre compte. Mais si tu continues à partager de petits moments d'intimité avec elle dans les toilettes publiques, ça ne manquera pas. Evite-la maintenant ! Avant de ne plus pouvoir te la sortir de la tête. C'est une Sang-de…

- On se fiche de ça, polémiqua Théodore en se levant, prêt à partir si Blaise continuait à jouer la carte de la Suprématie des Sang-Purs. Le moment n'est certes pas le bon, mais ça ne signifie pas que la femme ne soit pas la bonne. »

Blaise le regarda comme s'il était fou alors que Drago haussait un sourcil railleur. Evidemment que la femme n'était pas la bonne. Pas juste à cause de son impureté de sang, mais aussi parce qu'ils n'avaient absolument rien en commun en dehors de leurs enfants. Elle travaillait alors que lui se contentait de dilapider sa fortune acquise sans efforts. Elle se liait à des tas de gens alors qu'il se rassasiait continuellement de sa solitude. Ils ne vivaient simplement pas dans le même monde. Il n'y avait eu qu'une femme pour lui et celle-ci était morte. Granger n'était pas la bonne pour lui. Elle n'était qu'une passade, une envie… Une envie qu'il devait peut-être chasser en effet.

Il se préparait à l'effacer de son esprit en demandant à Blaise et Théo de l'y aider, mais la porte de son bureau s'ouvrit d'un seul coup, laissant passer un enfant aux joues roses de sa course. Ky se précipita vers son père sans saluer ses parrains et laissa tomber un rouleau de parchemin devant lui. Drago haussa un sourcil, lui ordonnant en silence d'essayer au moins de paraître bien élevé, et Ky comprit le message.

« Désolé. C'était urgent. Désolé, papa, répéta-t-il se tournant vers Blaise et Théo : Bonjour ! »

Le souffle court il demanda ensuite à son père de lire ce qu'il avait sous les yeux, ce que Drago fit en quelques secondes, survolant la plupart des phrases, jusqu'à comprendre en quoi cela était censé l'intéresser. Il secoua la tête, maugréant à voix basse sur ces « maudits gamins qui voulaient toujours des choses impossibles » puis dit en haussant le ton :

« Non, Ky, tu sais que c'est impossible.

- Mais… S'il te plait, papa ! »

Blaise comprit au ton pressant de l'enfant tant qu'à l'air abattu de Drago que cela avait un rapport avec Hermione. Il lui arracha donc le parchemin des mains sans se soucier du grondement désapprobateur émit par Théo –lequel avait un rapport à la vie privée étonnant pour une personne ayant participé à des orgies. Drago ne chercha pas à l'empêcher de le lire, mais Ky plissa le front et bouda :

« Hey, c'est à moi ça ! »

Blaise finit par soupirer au bout d'une trentaine de secondes et lui rendre la lettre de Cameron avant de fusiller Drago du regard, lui ordonnant silencieusement : « Je te conseille de ne même pas penser à la possibilité de dire oui. ». Ce dernier se tassa un peu plus dans son fauteuil avec la sensation que le monde s'abattait continuellement sur ses épaules, l'enfonçant encore et encore dans le sol. Merlin s'acharnait sur lui avec une passion insoupçonnée de toute évidence, sûrement une question de karma –même s'il ne croyait pas le moins du monde à ces choses là. Blaise finit par grommeler à l'adresse de Kylian qui n'appréciait de toute évidence pas du tout son intervention :

« Ne rêve pas, mon grand. Pas question que vous alliez chez les Potter, à moins que tu ais envie de passer tes week-ends là-bas l'été prochain quand ton nouveau papa t'y accompagnera…

- Par le gland de Merlin, Blaise ! Exulta Théo. Pas la peine de lui faire peur !

- Il devrait avoir peur ! Drago devrait avoir peur ! Parce que vous savez quoi ? Le prochain juge pourrait très bien être un pauvre type lui aussi et dans ce cas, en côtoyant Potter et sa clique, vous offrirez à tous ces gens des armes parfaites pour vous séparer. Sérieusement, Drago, j'avais l'impression que tu étais prêt à tout pour garder Ky, mais si tu n'es même pas capable de garder ta queue dans son pantalon… »

Drago se leva d'un bond, choqué qu'il ait pu dire une telle chose devant son fils qui paraissait pour le moins dubitatif, ne saisissant apparemment pas tout à fait ces derniers mots. Il crut naïvement que Ky ne comprenait pas le sens du terme « queue », avant de se demander si Ky ne soupçonnait pas la vérité, à savoir que cela concernait un peu trop sa mère biologique. Il fut consterné quand l'enfant esquissa un sourire un peu trop mystérieux, ravi de ce qu'il venait d'entendre, et le regard noir de Drago sur Blaise devint encore plus assassin. Blaise leva les mains en signe de reddition, puis soupira :

« Fais comme tu veux, après tout. Mais ne vient pas te plaindre après. »

Il s'approcha de la sortie, les poings serrés, mais fut rapidement arrêté par la voix de Théodore dans son dos, l'interpelant. Il aurait pu jouer les acariâtres jusqu'au bout, au moins pour donner une bonne leçon à Drago, mais se refusa à ignorer Théo qui n'était finalement pas responsable de cet échec futur dans sa carrière. Il se retourna donc en croisant ses bras sur son torse, les yeux fixés sur le néant, et Théodore –après un coup d'œil à Ky qui paraissait à la fois inquiet et triste– se lança :

« Le problème n'est pas qu'ils se voient, Blaise, tu en conviendras. Le problème c'est qu'ils puissent se faire prendre. Tu es d'accord ?

- Qu'est-ce que ça change ? Bougonna Drago sans réaliser que Théodore tentait de l'aider.

- Ce que ça change, c'est qu'il est possible de ne pas se faire repérer… Soyons réalistes, nous avons fait de nombreuses erreurs tous les trois au court des années, et nous avons su comment nous débrouiller pour ne jamais nous faire surprendre, n'est-ce pas ?

- C'est différent, Théo, soupira Blaise en haussant les épaules. Nous sommes des adultes maintenant, des adultes avec des responsabilités. On ne peut pas prendre le risque de…

- Si je trouvais un moyen de nous assurer d'une discrétion totale, est-ce que tu pourrais accepter ? S'enquit Théodore sans lui laisser le temps de conclure. Si je vous promettais qu'il n'y a aucun moyen pour que quiconque n'apprenne jamais la vérité sur cette fête d'anniversaire, seras-tu d'accord pour que Ky passe la journée avec Anaïa et ce Cameron ?

- Je suppose que oui, mais ça ne règle pas le problème des autres. Potter, les Weasley, les Granger…

- On peut leur faire confiance ! promit Ky, les yeux plein d'espoir.

- Blaise, s'il te plait », conclut Drago avec un petit sourire en coin.

Blaise resta silencieux un long moment. Théodore était le plus intelligent de leur promotion à Poudlard, même s'il ne l'aurait jamais admis publiquement : si une personne était douée pour cacher les secrets sans risquer que personne ne les déterre jamais, c'était bien lui. Et Ky semblait si heureux de pouvoir passer une journée avec ses amis. Sans compter Drago qui le regardait comme s'il détenait son avenir entier entre ses paumes. Alors il finit par acquiescer, lentement, avec une réserve évidente.

« D'accord. Mais si quelque chose tourne mal…

- Tu te décharges de toutes responsabilités ! conclurent Drago et Théodore en un chœur savamment orchestré.

- Tant que c'est clair. »

Il ne remarqua pas le sourire complice que partagèrent ses deux amis, trop inquiet à l'idée d'avoir commis une grave erreur en suivant son cœur au lieu de sa tête. Enfin, il s'était déchargé de toutes responsabilités après tout, rien ne pourrait lui arriver de mal. Puis d'un coup, il réalisa que Théodore avait utilisé le mot « nous » au lieu de « vous » pendant son discours, comme s'il devait participer à cette mascarade. Alors il bredouilla, un peu soucieux :

« Tu as bien dis « nous » ?! »


Monsieur et Madame Granger adoraient Jack. Il fallait admettre qu'il avait tout du gendre idéal, autant pour lui –Jack aimait le cricket tout de même !– que pour elle –il lui apportait toujours de jolies fleurs. Hélas pour lui, ils aimaient aussi Anaïa, d'un amour indéfectible, même depuis qu'ils savaient qu'elle n'avait aucun lien de sang avec eux. Et lorsqu'ils se retrouvèrent face à eux deux dans le salon de leur jolie maison de banlieue, Hermione postée en arbitre au milieu du canapé, ils eurent bien du mal à choisir leur camp.

En réalité, Madame Granger se désespérait depuis des années de voir sa tendre Hermione célibataire. Ses cousines étaient toutes mariées et Hermione était rapidement devenue le sujet des commérages –sans compter qu'ils ne savaient absolument rien du monde sorcier et qu'elle leur semblait bien mystérieuse depuis son divorce. L'apparition de Jack dans leur vie avait rassuré Mary Granger qui espérait assister à un mariage et à la naissance d'enfants dans les plus brefs délais.

Monsieur Granger, lui, était plus dur à convaincre : aucun homme ne méritait sa petite fille chérie pour commencer, et l'avis d'Anaïa comptait énormément pour lui. Il estimait qu'elle avait une vie familiale déjà bien compliquée et qu'il ne valait mieux pas l'embrouiller davantage : entre ses parents biologiques, ses parents légitimes dont un père l'ayant définitivement abandonnée, des cousins et cousines qui ne l'étaient pas vraiment et un garçon qui n'était pas son frère mais qu'elle considérait comme tel… Il n'y avait probablement plus de place pour un beau-père.

Pourtant, tous deux étaient d'accord sur un point : c'était à Hermione de décider de sa vie et de prendre ou non en compte les envies d'Anaïa –qui n'était pas très objective. Ils se comportaient donc normalement, autant avec l'un qu'avec l'autre en espérant que la journée ne se terminerait pas en bain de sang. Avec un peu de chance, ils pourraient même finir par réconcilier tout le monde comme l'espérait Mary –ce pendant que Robert s'acharnait à croire que les miracles n'existaient pas. Avec un sourire, Hermione leur envoya un appel de détresse, espérant qu'ils engageraient une conversation sympathique qui ferait rire tout le monde. Son père avait toujours été doué pour raconter des blagues nulles –de celles qui faisaient quand même rire tout le monde. Elle attendait qu'il dévoile son pouvoir pour lui sauver la mise.

« Ana ! lança-t-il soudainement d'un ton trop enthousiaste pour qu'il le soit réellement. Je t'ai déjà raconté la blague des poussins ?

- Au moins mille fois, grand-père, marmonna Anaïa en s'enfonçant plus profondément dans le canapé, les bras croisés sur sa poitrine inexistante.

- Je ne la connais pas, moi ! »

Anaïa adressa une œillade assassine à Jack qui s'efforçait d'être aussi courtois que possible malgré l'air résolument mauvais arboré par la jeune fille. Robert se racla la gorge avec un petit sourire forcé et se lança dans sa blague –celle qui faisait rire Anaïa aux éclats quand elle était toute petite.

« Alors, j'ai trois poussins sur une table. Comment est-ce que je fais pour qu'il n'y en ait plus que deux ?

- T'en pousse un, grommela Anaïa sans laisser à Jack le temps de répondre, ce qui lui valut un soupir exaspéré de la part de sa mère. Pousse un, poussin. »

Jack ne trouva pas moyen de rire –il l'aurait fait dans une autre situation, mais le ton lugubre d'Anaïa noyait les mots et les sons dans sa gorge. Incapable de s'efforcer à un sourire au moins, il passa nerveusement sa paume dans ses cheveux sombres, espérant que quelqu'un trouverait quelque chose à dire. Hermione lança un vague sujet concernant le travail de ses parents qui étaient désormais à la retraite, et ils échangèrent quelques anecdotes qu'Anaïa connaissait par cœur.

Elle ramena ses jambes contre elle sur le canapé, se recroquevillant contre elle-même dans l'espoir de se calmer. Elle adorait rendre visite à ses grands-parents en général, même si son grand-père avait l'affreuse manie de vouloir vérifier sa dentition à chaque fois pour s'assurer qu'aucune « méchante carie ne soit sur le point de lui faire bobo » -oui elle avait douze ans, non il ne s'en était pas encore rendu compte. Mais ce jour là, cela lui donnait envie d'hurler, tout cela à cause de la présence de Jack que ces deux traitres paraissaient apprécier. Tous les adultes aimaient Jack en réalité, sauf Drago mais il avait des raisons valables. Ana n'en avait aucune, si bien que son argumentation visant à l'éjecter était trop faible. Elle aurait donné n'importe quoi pour le voir disparaître sous les roues du Magicobus, mais n'avait pas trouvé un moyen pour que cela se produise.

Elle se tassa encore un peu en fermant les yeux, se laissant bercer par la discussion qui tournait désormais autour d'elle et de Poudlard, sans réussir à s'y accrocher. Elle aurait pu raconter la réalité au lieu de les laisser broder autour de quelques histoires –où sa mère omettait consciemment Ky, comme si parler de lui mènerait inéluctablement à citer Drago ou le procès. Mais elle n'ouvrit pas la bouche, préférant les laisser croire qu'elle était cette gentille fille qui avait eu de bonnes notes alors qu'elle était également celle qui fuyait avec ses meilleurs amis pour boire des Bièraubeurres à Pré-au-Lard sans autorisation.

Finalement, elle sentit le canapé s'alléger et ouvrit les yeux pour découvrir que Jack et son grand-père quittaient la pièce. Elle les imagina en pleine discussion très intense au sujet d'un truc que les hommes aimaient et ravala difficilement sa rage : elle qui espérait que son grand-père la soutenait, elle s'était de toute évidence fourvoyée. Hermione suivit son regard et parut définitivement agacée, comme en témoigna son soupir et sa remarque :

« Pourrais-tu au moins faire un effort, Ana ? Pour moi ? »

Mary grimaça en portant sa tasse de thé à ses lèvres –elle faisait partie de ces Anglais qui pensaient sincèrement que le thé avait des vertus qui frisaient l'héroïsme. Anaïa resta muette, n'osant pas répondre ce qu'elle voulait, auquel cas elle se serait retrouvée punie pour tout le reste des vacances et Hermione poussa un grognement exaspéré.

« Par Merlin, Anaïa, il fait tout pour être gentil… Je ne te demande pas de l'aimer, juste de tenter de le connaître un minimum avant de se faire un avis.

- J'ai le droit de ne pas l'aimer si je veux, bougonna Anaïa en fronçant les sourcils.

- Tu ne le connais pas.

- Tu ne connais pas Drago et tu ne l'aimes pas non plus. »

Hermione faillit répliquer que c'était injuste, qu'elle ne connaissait pas Drago –celui qu'Ana aimait– parce qu'il ne s'était jamais réellement laissé approcher. Puis elle réalisa que c'était faux et que désormais elle l'aimait au moins un peu, pas uniquement parce qu'en embrassant ses lèvres, il embrasait son corps tout entier, mais aussi parce qu'il était un homme bien meilleur que ce qu'il avait fait croire durant des années. Mais elle ne pouvait admettre cette faiblesse devant Ana qui s'en servirait immédiatement pour prouver une fois de plus que Drago et elle seraient heureux ensemble.

Elle se tut donc en espérant que sa mère puisse trouver quelque chose à dire, n'importe quoi qui suffise à briser cette bulle d'angoisse et de colère qui enflait encore et encore dans la pièce, l'englobant toute entière. Mary n'eut pas à ouvrir la bouche. La porte battante entre la cuisine et le salon s'ouvrit à nouveau, laissant passer un Robert un peu blême et un Jack au sourire resplendissant. Hermione releva un sourcil interrogateur, espérant savoir ce qu'ils avaient bien pu se raconter et Anaïa se remit à bouder, telle une enfant qu'elle n'était plus tout à fait.

Jack fit quelques pas jusqu'à se dresser au beau milieu du salon alors que Robert retrouvait son siège, avant de chercher la main de son épouse pour lui serrer les doigts, espérant ainsi lui faire passer un message. Il y associa un rictus un peu crispé, mais elle ne le saisit pas, trop étonnée de voir Jack s'agenouiller en face d'Hermione, comme s'il s'apprêtait à lui nouer ses lacets. Anaïa écarquilla les yeux et se mit à respirer si bruyamment que Robert eut brusquement peur qu'elle explose, alors que Jack saisissait une petite boite dans la poche de son pantalon. Hermione baissa les yeux vers lui, trop choquée pour calmer son cœur, et il lui adressa un immense sourire, qui dévora son visage tout entier, l'enorgueillissant d'un bonheur farouche.

« Jack… murmura-t-elle si bas que personne ne put l'entendre.

- Hermione Granger, accepteriez-vous de devenir ma femme ? »


Cam,

Nouveau plan pour l'anniversaire d'Ana (et le mien au fait) ! Et celui-là, je suis sûr qu'il peut plaire à tout le monde…


Note _ … Je sors.

Petites questions _ 1. On va commencer doucement : On remercie QUI ? Mione ! (Euh… j'réponds toute seule aux questions, rien ne va plus.) Donc, je reprends, qui est l'héroïne parfois nunuche, parfois cruche mais pourtant bien utile ? Vous l'aimez hein ? :P ; 2. Pensez-vous que Drago aurait pu la remercier encore plus chaleureusement ? (XD ça c'est une question poussée par les commentaires de Loufoca-Granger.) ; 3. Alors, qu'avez-vous pensé de mon petit trio d'Argent (et je parle là de Blaise / Théo / Drago.) ? Qui est votre chouchou (Question con en fait, alors faite un classement xD) ? ; 4. Avez-vous l'impression que les sentiments de nos petits personnages évoluent ? Et dans quel sens exactement ? :P ; 5. Et… donc… euh… Jack ? (Je mettrai bien un petit smiley d'Agnès en mode toute mignonne dans Moi, Moche & Méchant, comme possible sur facebook. Je me contenterai de faire ça du coup : *_* Ne me tapez pas s'il vous plait !) ; 6. Ce chapitre vous a plu ? :D

Dans le prochain épisode _ Alors… Une réponse. (Sans déconner. xD) ; des confessions -plusieurs, oui oui, de plusieurs personnages différents & tout & tout ; d'autres lettres ; une histoire de ceinture (mouhahaha. Je suis impatiente de voir ce que vous allez pouvoir me trouver comme explication à ce sujet.) & de piscine.

Non, mais franchement, en fait ce "dans le prochain épisode" sert uniquement à vous torturer, je suis ignoble ! (Je tenterai de me faire pardonner la prochaine fois xD)

Bisous bisous, Review Review

Bewitch_Tales