-1Pitti voyage temporel

Alors là, mes petits gars, je vous ai gâté. Ça doit être le plus long chapitre de cette fic jusqu'à présent. Enfin bon, profites bien, ça va chier, huhuhu… mwahahaha.

Chapitre 19 : Nightmare.

Maison de Remus Lupin, 1996.

"Oh Merlin ! C'est Bellatrix Lestrange !"

Harry et Tonks se rapprochèrent sensiblement pendant que Fred fixait toujours Bellatrix à travers la fenêtre, aussi pâle que les deux autres. Remus, quant à lui, n'était pas terrorisé. Ce n'était pas la peur qui le tenait, mais un sens plus aigu des choses. Les respirations saccadées de ses trois amis, le bruit que faisait la mangemorte au dehors ainsi que les incantations qu'elle lançait. Mais son cerveau semblait marcher au ralenti, ne se rendant compte des implications que lorsqu'il était trop tard.

"Qu'est-ce qu'elle fait ?" demanda Harry à voix basse, paniqué.

"Elle prépare le terrain." répondit calmement Remus en passant une main sur son visage. "À première vue, je dirais que nous ne pouvons plus transplaner ni utiliser de portoloin."

"Bon sang Remus, comment peux tu être aussi calme ?" cria presque Tonks.

"Je n'en ai aucune idée. Et je n'arrive même pas à réfléchir correctement." répondit il, visiblement en état de choc. Harry secoua la tête tout en ayant conscience que ça ne ferait pas disparaître ses entrailles gelées et il fut plus que surpris en constatant qu'il était moins tétanisé. Et en même temps que cette constatation, ses réflexes datant de l'époque de l'AD refirent surface et une question lui vint à l'esprit de manière quasi spontanée.

"Qui d'autres est avec elle ?" demanda-t-il d'une voix tremblante. Fred sursauta sur le coup et plissa les yeux pour essayer de deviner d'autres silhouettes mais il n'y avait que Bellatrix qui semblait faire les cents pas devant la maison.

"Elle est seule." chuchota-t-il, rassurant un peu Harry. Sa voix trembla donc un peu moins lorsqu'il reparla.

"Nous avons l'avantage." tout le monde se tourna vers lui, les yeux exorbités comme s'il avait prouvé qu'il possédait une pierre philosophale.

"Qu'est-ce que tu racontes ?" bredouilla Tonks.

"Réfléchissez. Elle est seule et elle croit qu'il n'y a que toi et Remus dans cette maison. Elle ne s'attend donc pas à se retrouver en face d'au moins trois sorciers en pleine forme. Mais il faut quand même trouver un moyen de prévenir du secours." se renfrogna-t-il pendant que Fizzy refaisait des siennes en lui décochant une droite sur l'oreille. "Aïe, saloperie de fée !" s'écria-t-il en l'attrapant par la hanche. "Si tu continues, je vais t'envoyer sur… orbite… Hé, regardes moi ! Est-ce que tu es capable de transmettre des souvenirs ou quelque chose dans le genre ?" demanda-t-il en serrant le poing si fort qu'il lui aurait brisé la hanche si elle ne l'avait pas mordue pour le faire lâcher. Une fois libre de ses mouvements, elle se mit hors de portée du Survivant et lui lança un regard assassin tout en acquiesçant presque à contre cœur. Remus, lui, avait compris ce que comptait faire Harry et était déjà en train d'extraire le souvenir. Pas trop long sinon la fée serait trop lente mais pas trop court ou personne ne s'en inquiéterait. Du bout de la baguette, il tendit le fil argenté à la fée qui sembla l'absorber en elle-même. Elle vola une dernière fois au dessus des quatre sorciers, embrassa Fred sur le bout du nez puis fonça au dehors. Bellatrix tenta bien d'arrêter la boule lumineuse qui était sortie à une vitesse hallucinante de la maison mais elle allait beaucoup trop vite et la rage que la mangemorte ressentait ne l'aidait pas à viser précisément. Quand la boule ne fut qu'un point lumineux qui s'éloignait en direction de Poudlard, elle laissa échapper un hurlement de frustration et entreprit d'enfoncer la porte.

Quand il entendit le corps de la femme se jeter contre la porte, Fred sembla reprendre ses esprits et se précipita en bas d'un air déterminé.

"Fred ! Reviens !" cria Harry alors que le rouquin disparaissait dans les escaliers.

"Elle va savoir ce que c'est que d'affronter un Weasley !" cria-t-il à personne en particulier. Harry jura en serrant les poings et s'élança à sa suite après avoir dit à Remus de rester près de Tonks. Celui-ci, toujours un peu sous le choc, bougea comme un automate et s'assit près de l'ex-auror.

Quand Harry atteignit le rez de chaussée, il vit Fred appuyé contre la porte à moitié fissurée. Visiblement, Bellatrix avait de l'expérience pour enfoncer les portes. Ne perdant pas une seconde, Harry se précipita à côté de Fred et se jeta lui aussi contre la porte, repoussant la mangemorte de quelques pas.

"Tu ne crois tout de même pas que tu vas l'affronter tout seul ?" railla t'il en poussant de toutes ses forces.

"Tu te mets en danger !"

"Pas plus que toi… Qu'est-ce qu'elle fait ?" demanda Harry en ne sentant plus la mangemorte se jeter contre la porte. Par mesure de sécurité, il resta appuyé contre la porte tandis que Fred y appliquait des sorts de protection. Quand il fut assuré que la porte était plus dure encore qu'un mur d'acier, Harry se recula un peu et se rendit aussi compte qu'il avait retenu sa respiration pendant un petit moment, assez pour lui faire tourner la tête. Fred, de son côté, ne perdait pas un instant et disséminait les échantillons de farces qu'il avait amené pour Remus. Certains n'étaient pas franchement handicapant voire même totalement inoffensifs mais ça, Bellatrix ne le savait pas. Il venait de terminer de poser le dernier quand la mangemorte passa à travers la fenêtre et débarqua dans le salon. La première chose qui sauta aux yeux des deux jeunes sorciers, ce fut les deux traînées humides qui continuaient de couler sur les joues de Bellatrix, Bellatrix qui ne sembla pas les remarquer et qui continua d'hurler.

"TOOONNKS, JE VAIS TE TUER, TOI ET LUPIN ! VOUS PAIEREZ TOUS !"

"Pour se faire, il faudra me passer sur le corps d'abord !" s'écria Fred en tirant sa baguette, rapidement imité par Harry. La mangemorte sembla enfin les remarquer et les toisa d'un regard mauvais et toujours humide.

"Regardez moi ça, bébé Potter et un de ces lapins de Weasley. Pathétiques." dit elle d'une voix bizarrement tremblante. "Je ne suis pas venue pour vous et, pour l'instant, vous êtes les dernières de mes priorités alors fuyez la queue entre les jambes comme les petits chiots apeurés que vous êtes et peut être que j'aurais pitié de vous le moment venu."

"J'ai peut être peur de vous, mais il y a quelque chose d'autre qui me fait encore plus peur que vous." intervint Harry. "C'est d'abandonner mes amis alors je ne les laisserais pas, même si je devais y perdre un bras." s'écria-t-il en pointant sa baguette vers la mangemorte qui sembla un instant surprise avant de soupirer et de les toiser à nouveau d'un regard mauvais mais moins effrayant que d'habitude car embué de larmes.

"On dirait que tu as choisi ton chemin, Potter. Il est maintenant trop tard pour regretter !" s'écria-t-elle en lançant un sort d'asphyxie, ce à quoi Fred répondit d'un stupéfix qui éclata la soupière derrière la mangemorte. Tandis qu'il lançait un sort de jambencoton, Harry se mit à prier pour que Fizzy arrive rapidement à destination et pour que les secours se ramènent encore plus vite. Tout à ses pensées, il ne vit pas que Bellatrix avait fait voler une chaise et que celle-ci lui fonçait dessus. Ce fut seulement quand il se la prit en pleine mâchoire qu'il se souvint que c'était un vrai combat. Pas un des duels de l'école où, même si les serpentards lançaient pas mal de coups bas, ça restait assez fair-play. Ici, c'était exactement comme dans le département des mystères, le chaos.

En s'écrasant sur le sol, Harry sentit quelque chose de dur sur sa langue et ne sut ce que c'était qu'en sentant un vide plutôt désagréable dans sa dentition : il venait de se casser quelques dents. D'un geste rageur, il cracha les morceaux avant de se relever et de renvoyer la chaise à son tour contre Bellatrix, mais à main nue. La mangemorte, occupée à éviter un reducto, ne vit pas revenir le meuble et se le prit dans l'épaule, l'envoyant contre le sol.

"Joli coup, Harry."

"Merchi." crachota celui-ci en restant concentré sur la mangemorte qui se relevait furieusement. Malheureusement, il avait sous estimé ses réflexes et avant que Fred ait pu le prévenir, le sort de bloclangue le frappa en plein visage. Il jura en silence et sursauta quand sa langue passa, même furtivement, sur ses nerfs à vifs (c'est du vécu!). Attrapant un verre proche, il le lança sur la femme et comptait bien recommencer l'opération tant qu'il aurait quelque chose à jeter. Il ne pouvait plus lancer de sorts, ses informulés n'étaient pas encore au point mais rien ne l'empêchait d'utiliser ce qui lui passait sous la main, dut il se battre à mains nues. Il venait de lancer une marmite remplie de ce qui semblait être du bœuf carotte, dommage, quand il réalisa avec effroi qu'il avait mal calculé son coup et que la marmite allait passer devant la mangemorte sans aucun effet. Pire, elle absorba même le sort de Fred à la place de Bellatrix qui en profita pour plonger sur le côté et se jeta sur lui. Avant d'avoir pu jurer en bonne et due forme, il se retrouva face contre terre avec le talon de Bellatrix qui appuyait douloureusement contre sa gorge. Heureusement, il avait toujours sa baguette dans la main.

"Lâches ta baguette !" hurla Bellatrix à Fred qui semblait estimer ses chances de la prendre de vitesse. Harry de son côté, voyait bien que le Weasley ne pourrait jamais le sortir de là sans aide. Il positionna sa baguette dans un angle qu'il espérait bon et se concentra du mieux qu'il put. Ses informulés n'étaient pas vraiment au point, d'ailleurs il aurait dû s'entraîner ce soir, mais Bellatrix avait toute son attention dirigée sur Fred et ne s'attendait certainement pas à ce qu'il sache lancer un informulé. Quand il fut sûr que l'angle était bon et que Fred ne pouvait plus attendre plus longtemps, il se concentra de toutes ses forces et hurla mentalement "electro". Le sort qui en résultat ne fut qu'un petit éclair, dix fois inférieur à ce que Harry aurait pu lancer de vive voix mais l'important, c'était que personne ne s'y attendait et que le sort frappa Bellatrix au nez. La mangemorte tituba quelques pas en arrière, libérant Harry qui se précipita à côté de Fred qui, lui, profitait de l'occase pour essayer de la stupéfixer. Mais Bellatrix s'était déjà ressaisie et avait érigé un bouclier qui absorba le stupéfix sans aucun problème.

Dire que la mangemorte était furieuse n'était qu'un euphémisme et ses sortilèges se ressentirent. Si les sorts qu'elle avait lancé avant pouvait être qualifié de "gentils" dans le sens où ils ne causaient pas trop de dégâts, là elle était visiblement passé au stade ultime, envoyant des sortilèges qui feraient hurler Mrs Pomfresh si jamais ils s'en prenaient un. Ils passèrent tous les trois dix bonnes minutes au jeu du chat et de la souris jusqu'à ce que Fred se prenne un éclat de plâtre près de l'oeil quand un doloris s'écrasa sur le mur à quelques centimètres de son visage. Ainsi déconcentré, il ne vit pas venir les cinq éclairs rouges des sortilèges de lacération et le bouclier qu'avait lancé Harry ne tint bon que le temps d'absorber un sort et la moitié d'un autre. Le Weasley se prit donc trois sorts de lacération et demi au même endroit : l'épaule droite et ne put que hurler en sentant sa peau et ses muscles se taillader profondément. Quand les effets du sort s'arrêtèrent enfin, son bras ne répondait plus, il n'avait plus aucune sensation jusqu'à l'épaule et sa vue tournait dangereusement. Tout juste eut il conscience de s'être écrasé en travers du chemin qui menait à la chambre de Tonks et d'avoir eu une vue directe sur quelque chose de blanc en regardant son épaule avant d'être happé par le trou noir de l'inconscience.

Salle de cours, Poudlard, un peu plus tard.

La salle de cours était exceptionnellement vidée de ses meubles, le sol était couvert de coussin et au centre se tenaient Pansy et Kamina, toutes deux en position de combat. La jeune serpentarde respirait rapidement pour récupérer son souffle, contrairement à la vampire qui n'en avait pas besoin. Brusquement, Pansy plongea en avant et tenta de frapper la coréenne au ventre mais celle-ci avait déjà reculé. Après quelques coups dans le vent, la serpentarde sortit sa baguette et envoya une flopée de sorts qui n'atteignirent malheureusement pas leur cible mais qui créèrent l'ouverture dont elle avait besoin. Sans que la vampire ne la remarque, elle lui fonça dessus et mit toutes ses forces dans le poing qui s'écrasa dans le ventre de la jeune femme. Celle-ci vacilla légèrement sous le coup de la surprise mais attrapa le poignet de Pansy, la fit tomber d'un mouvement rapide et plaça ses canines contre sa carotide. Soupirant, la jeune fille tapa deux fois contre le sol et la vampire relâcha la pression pour s'asseoir à côté d'elle.

"Eh bien, tu t'es amélioré depuis la dernière fois, mais je sens une certaine rage chez toi quand tu te bats." dit Kamina.

"Oui. À chaque fois, je vois mes… mes parents et j'ai envie de tout casser, comme s'ils vraiment là."

"Hmm, je vois. C'est l'envie de te venger qui te motive. Il faut que tu changes de motivation car une fois que tu te seras vengée, si toutefois tu te venges, tu devras reconstruire ta vie et crois moi, ça sera dur."

La jeune fille acquiesça et se releva, aidant la vampire à faire de même. Une fois relevées, elles commencèrent à ranger toute la salle.

"Où est-ce que vous appris à vous battre ?"

"À ton avis ? J'ai un maître qui vit en Chine et qui m'a appris la majeure partie de ce que je sais."

"Euuh, vous voulez dire aviez, non ?" demanda Pansy en fronçant les sourcils.

"Non, non. Je sais pas comment mais il est toujours vivant, grâce à la magie sans doute." expliqua Kamina en se frottant le menton. "À l'époque, j'étais de passage au Vietnam…"

"Wouah, mais vous avez beaucoup voyagé, comme ça ?" s'exclama Pansy.

"Bof, juste de courts passages, histoire de voir du monde, apprendre de nouveaux trucs bref avant le Vietnam je faisais surtout du tourisme sanguin. J'avais entendu une vieille légende débile qui disait que le sang n'avait pas le même goût selon l'endroit où on vivait. Manque de bol, j'étais tombée en pleine guerre donc question discrétion, ça fluctuait à mort."

Flash-back

Le Vietnam en hiver 1966, la guerre dévastait les rues de la ville et les troupes américaines avançaient lentement. Parmi toutes ces troupes éparpillées se trouvaient le colonel Joseph Tierson et ses hommes. Ils formaient une petite équipe de reconnaissance rapide et avaient pour mission de repérer les positions ennemies et, si possible, nettoyer la zone avant l'arrivée des troupes. Pour cette nuit, ils s'étaient arrêtés dans une cave suffisamment en bon état pour offrir un abri sûr et il était en train de discuter de la route à prendre avec son bras droit quasiment, le sergent Nick Landry qui avait pour habitude légèrement agaçante de faire tout le temps référence à la Bible et de se considérer un peu comme un saint venu chasser les démons païens. Ils venaient de décider le chemin qu'ils allaient prendre pour traverser la ville quand le reste de la troupe arriva plutôt bruyamment, ce qui était inhabituel venant de leurs parts. Les deux hommes sortirent de la cave et retrouvèrent face au reste de la troupe qui traînait derrière eux une jeune femme ligotée et presque recouverte de sang. Mike Cleese, une sorte de brute qui n'était bien que dans les fusillades, et Luke Allan, un homme à la gâchette un peu facile et qui ne perdait jamais une occasion de tirer sur tout ce qui bougeait.

"Allan, Cleese, que signifie ce débordement ?" s'exclama Tierson, peu enthousiaste à l'idée que des viet-congs puissent les avoir suivis.

"Mon colonel, nous avons trouvé cette viet..." commença le dénommé Cleese avant d'être interrompu par ladite viet.

"Eh ! Faut le répéter combien de fois, bande d'abrutis ! Je suis pas vietnamienne, je suis coréenne !" s'écria Kamina.

"T'es une niak, c'est la même chose ! Donc je disais, on était en train de vérifier les alentours quand on est tombé sur elle qui était tout simplement en train de dévorer un des cadavres dans la rue." dit de cette façon, une réaction était à prévoir et elle arriva effectivement.

"Un démon !" s'écria Landry en courant chercher sa bible. Heureusement, il n'y avait que lui qui avait des réactions de ce genre.

"Bon et alors ? C'est une cannibale mais je ne vois pas en quoi ça nous concerne."

"Ouais moi non plus je vois pas bien alors si vous me laissiez gentiment repartir dans mon coin, hein ?" demanda Kamina sans pour autant arrêter de se débattre contre ses liens.

"Eh bien en fait, elle pourrait nous être utile, regardez." dit Allan en dégainant son pistolet et en le pointant sur la tempe de Kamina. Avant que quiconque ait pu réagir, il avait déjà tiré et la jeune femme s'effondrait au sol.

"Non mais ça va pas la tête ? Qu'est ce qui vous a pris de la tuer ?" cria Tierson, oubliant complètement la possibilité d'une attaque vietnamienne.

"Tout simplement parce qu'elle n'est pas morte, regardez." expliqua Allan en prenant le crucifix en bois que portait Landry. Il se baissa à côté de la jeune femme-qui-semblait-morte-mais-pas-tant-que-ça-en-fait et lui posa le crucifix sur la joue. Si le colonel ne voyait pas très bien en quoi ça pouvait ramener quelqu'un à la vie, il fut littéralement ahuri en voyant la peau se mettre à fumer et la jeune femme se mettre à hurler en se débattant.

"Oh mon dieu, mais qu'est-ce que ça veut dire ?"

"Ça veut dire que nous avons avec nous un authentique vampire." dit Allan en appuyant encore plus le crucifix. "Et comme une balle en pleine tête ne la tue pas, on pourrait se servir d'elle pour repérer d'éventuels tireurs."

"Quoi ? Mais c'est un démon !" hurla Landry en serrant sa bible contre lui.

"Et comment vous comptez faire ?" demanda Tierson d'un air intrigué tandis que Kamina se débattait furieusement en balançant des noms d'oiseaux dans sa langue natale.

"On la fringue en soldat de notre cher pays, sans arme, et on la fait marcher cinq mètres devant. Les viets tireront à vue sans aucun effet, on fera le ménage et on recommencera."

"Sauf qu'il y a une variable que vous avez pas retenu, bande de connards !"

"Et quoi donc, démon ?"

"Comme vous l'avez si bien annoncé, je suis une vampire. Ce qui implique que je brûle à la lumière du jour alors, si vous voulez réellement vous servir de moi comme bouclier humain, vous ne pourrez le faire que la nuit. Alors tas d'enfoirés, toujours partant à l'idée de devenir noctambules ?"

"Je vais te clouer le bec à ma manière, tu vas voir !" dit Cleese en débouclant sa ceinture. La vampire se remit à se débattre avec beaucoup plus de force mais le colonel eut le temps d'apercevoir une certaine lueur dans ses yeux : celle de la peur panique. Quoi qu'elle soit, cette chose avait peur de se faire violer.

"Cleese, Stop."

"Mais, mon colonel, je veux juste la faire taire." expliqua t'il avec un peu d'espoir dans la voix, quitte à la faire taire, autant y prendre son pied.

"Vous l'avez déjà fait, elle est complètement terrorisée. Donnez lui un uniforme, qu'on parte le plus tôt possible."

"Très bien, je vais la surveiller." dit Cleese en prenant un uniforme de rechange et en poussant Kamina dans la cave maintenant vide. Tierson acquiesça mais glissa discrètement à son ami de le surveiller pour empêcher un éventuel débordement. Dans la cave justement, Kamina se changeait, rouge de honte sous le regard appréciateur de Cleese.

"Prends ton temps, j'aime bien le spectacle que j'ai sous les yeux."

"Tu me paieras ça. Je te jure que tu me paieras ça."

"Et toi, je te jure que j'assouvirais mes fantasmes sur toi. Il n'y a vraiment rien de plus délicieux que d'humilier une femme qui se croit forte. Je peux déjà t'entendre pleurer."

"Ah, maintenant je suis une femme, je suis plus un démon ?"

"Ta gueule et habilles toi, avant que l'envie ne me prenne de te défoncer ton joli petit minois."

Kamina ne répondit rien qui aurait pu raccourcir son espérance de vie, finit de s'habiller et sortit de la cave. Neuf heures passèrent pendant lesquelles la vampire se fit tirer dessus une bonne trentaine de fois, dont une quinzaine où elle se fit atteindre à la tête. Et les rares fois où elle restait à terre pour calmer la migraine que provoquait une balle en pleine tête, les charmants soldats américains la forçait à se relever à coups de rangers dans la mâchoire, sans oublier les fois où elle se faisait tabasser par les trois tarés pour un motif quelconque. Seul le colonel restait à l'écart de ça, mais ne faisait rien pour l'empêcher non plus. Quand la troupe s'arrêta dans un immeuble environ une heure avant que le soleil ne se lève, Kamina se plaça d'office entre Tierson et Landry, là où elle était sûre de ne pas se faire agresser sexuellement, elle dégoûtait bien trop Landry pour que l'idée ne l'effleure et le colonel y était complètement indifférent. Bien évidemment, ça ne plut pas aux deux autres qui avaient bien l'intention d'abuser d'elle mais ils ne purent rien dire sans paraître louches. Deux heures plus tard, alors que tout le monde dormait profondément, Kamina se "réveilla", c'est-à-dire qu'elle arrêta de faire semblant de dormir. Pioncer un bon coup l'aurait sans doute aidé à chasser cette migraine atroce, mais elle devait agir maintenant et elle n'était sûre de rien avec les autres enfoirés. Utilisant un de ses ongles suffisamment durs, elle coupa silencieusement la corde qui lui liait poignets et répéta l'opération sur ses chevilles. Une fois complètement libre de ses mouvements, elle enleva ses chaussures pour éviter de faire trop de bruit et s'approcha de Cleese, les yeux fixés sur sa carotide et l'oreille tendue au cas où quelqu'un se réveillerait. Elle s'agenouilla près du soldat et lui mordit rapidement le cou après l'avoir bâillonné. Il gigota un peu mais cela ne suffit pas à réveiller ses camarades, puisque Landry ronflait assez fort.

Quand elle eut finit d'aspirer tout le sang, elle se sentait en pleine forme. Ça faisait quatre jours qu'elle ne s'était pas nourri et elle s'était en conséquence affaiblie, en comptant le cadavre qu'elle n'avait pas pu entamer à cause de l'arrivée impromptue des soldats. Sa migraine n'était plus qu'un souvenir, ses perceptions étaient revenues au seuil habituel et elle pouvait de nouveau les tuer à mains nues. Quand elle vit la manche d'Allan encore recouverte de sang frais à cause d'une balle qu'il s'était pris, d'ailleurs il l'avait beaucoup cogné au sujet qu'elle aurait dû prendre la balle à sa place, elle eut une moue dubitative avant de hausser les épaules et de le mordre aussi. Seulement, il était plus proche de Landry et ses gigotements finirent par le réveiller, tout en sachant que le catho avait sur lui une bouteille d'eau bénite. Laissant derrière elle le soldat à moitié vidé de son sang, donc ne représentant plus aucune menace, elle se jeta sur Landry et planta les ongles de sa main droite dans sa gorge pendant que sa main gauche l'empêchait de se faire asperger d'eau bénite. L'étouffer ne fut pas une mince affaire mais elle y parvint tant bien que mal, surtout après lui avoir brisé une cervicale. Quand elle fut assuré qu'il était bel et bien mort, elle se releva et constata que le colonel s'était complètement réveillé et la toisait avec pas mal de sentiments dans les yeux, de la colère qu'elle ait tué son équipe, de l'incompréhension sur la manière dont elle avait réussi à se libérer et aussi de la résignation car il savait que toutes les chances étaient contre lui.

"Tu les a empêché de me violer, au début. En conséquence de ça, je te laisse la vie sauve." dit elle en enfilant vêtements sur vêtements.

"Et pourquoi t'as tué Landry ? Allan et Cleese je pourrais comprendre, ils voulaient abuser de toi mais pourquoi Landry ?"

"T'es aveugle toi, c'est pas possible. Il ne se retenait uniquement parce que je pouvais vous être utile mais dès qu'il aurait pu, il m'aurait mis un pieu dans le cœur. Bon, je me tire, n'essaye pas de me suivre et tu survivras… peut être."

"Et qu'est-ce qui te dit que je ne vais pas informer mes supérieurs de ton existence ?"

"Hihi, tout simplement parce que personne ne te croirait. Réfléchis une seconde : tu as perdu toute ton équipe et si tu dis la vérité, tout ce que tu diras aux autres, c'est qu'ils ont été tués par une créature dont tout le monde pense qu'elle n'existe que dans les romans de Bram Stoker. Donc au mieux, ils penseront que la perte de tes amis t'a rendu fou, au pire, ils penseront que c'est carrément toi qui les a tué mais ça, je m'en contrefous donc, adieu." dit Kamina en s'engouffrant dans la ruelle baignée par les faibles rayons du soleil, protégée par de nombreuses couches de vêtements.

Fin du flash back

"Voilà, j'ai plus entendu parler de lui et suite à ça, j'ai cherché à mieux savoir me défendre, ce qui m'a amené à rencontrer un vieux chinois qui m'a mis une raclée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire et qui a accepté de faire de moi son élève et… c'est quoi ce truc ?" demanda-t-elle en voyant un point lumineux apparaître à l'horizon. Pansy se retourna à son tour et constata qu'effectivement, quelque chose qui ressemblait à une boule de lumière se rapprochait à grande vitesse. La chose se rapprocha, se rapprocha encore, passa à travers la vitre et percuta Pansy en plein front, lui transmettant par la même occasion le souvenir. Kamina ne savait pas trop ce qu'il se passait, mais à voir la façon dont la serpentarde avait pâli, elle devina que ça n'allait pas être une partie de plaisir. Et effectivement, quand la jeune fille finit de visionner le souvenir, laissant la fée tomber au sol exténuée, elle était complètement paniquée.

"Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu…"

"Hé ho, qu'est-ce qu'il se passe ?"

"Merlin, Merlin, Merlin…"

CLAC

"Tu vas me dire ce qui se passe, oui ?"

"… Lupin est attaqué… par Lestrange !"

Kamina pâlit à son tour et se précipita vers le bureau du directeur, piquant le plus grand sprint de sa vie. Arrivée devant la gargouille, elle ne perdit pas de temps à chercher le mot de passe qu'elle avait oublié et tapa sur l'œil droit de la gargouille, le seul autre moyen d'ouvrir le passage avec le mot de passe et qui n'était réservé qu'aux cas extrêmes. Quand elle défonça la porte d'un bon coup de pied, les occupants du bureau, à savoir Max et Dumbledore, sursautèrent violemment.

"MAX ! CHEZ REMUS !" hurla-t-elle. Le français sauta de son fauteuil et blêmit à son tour. Dumbledore, de son côté, s'était aussi redressé et s'appliquait à abaisser les barrières anti-transplannage.

"Transplannez, je préviens l'Ordre !" Le jeune homme disparut immédiatement dans un pop sonore… avant de réapparaître vingt kilomètres plus loin. Il fronça les sourcils un instant puis jura en se mettant à courir. Kamina avait bu sa dose de sang et avait absorbé une partie de ses pouvoirs qui allaient avec son sang, apparemment. Juste au moment où il risquait d'en avoir le plus besoin… putain, encore la chance. De son côté, Kamina s'assit toute tremblante dans le fauteuil qu'occupait Max il y a quelques instants.

"Merde… on avait pas prévu ça."

"Vous n'aviez pas prévu quoi ?" demanda Dumbledore en se détournant un instant de la cheminée, les sourcils froncés. La coréenne réfléchit un instant puis céda à la petite voix qui lui disait de tout déballer.

Maison de Remus, même moment.

Bellatrix montait les marches de l'escalier d'un pas raide, le souffle court. Le bébé Potter lui avait donné pas mal de fil à retordre, en particulier lorsqu'il avait déclenché les pièges du jumeau Weasley. Le temps qu'elle se rende compte qu'elle ne craignait rien, lui en avait déjà profité pour essayer de la désarmer et de la stupefixer. Mais elle n'était pas une mangemorte pour rien et ses réflexes valaient mieux que toute l'adresse du morveux. Elle avait ensuite réussi à le faire tomber, mais ça ne le rendait pas moins violent au vu du poing qu'il lui avait mis dans la mâchoire. Finalement, sa patience ayant été épuisée, elle lui avait envoyé quelques estafilades dans le dos et lui avait fracassé un vase sur le crâne. Restait encore Lupin à combattre mais elle n'eut pas à tergiverser plus longtemps que ce dernier apparut dans son champ de vision. Au bout d'un combat qui commença à la faire fatiguer, elle réussit à le stupéfixer et enjamba le corps. Elle comptait bien évidemment le tuer, mais elle voulait faire les choses dans l'ordre. D'abord sa nièce, ensuite Lupin puis le Weasley pourquoi pas et enfin ramener le bébé Potter auprès du maître.

Au moment où elle entra dans la pièce, Tonks sortit de son lit et s'écroula par terre dans un bruit sourd. Pendant que les deux élèves s'étaient battus contre la mangemorte en bas, elle avait essayé de sortir de son lit pour les aider mais Remus l'en avait empêché, sans parler de ses blessures qui s'étaient un peu rouvertes à cause de la peur. La métamorphomage tenta d'envoyer quelques sorts mais fut vite réduite à l'immobilité par un coup de pied de Bellatrix dans le ventre. Elle hurla de douleur mais ce ne fut pas le seul coup qu'elle reçut, Bellatrix voulait chasser la douleur ou tout du moins faire qu'elle ne soit plus la seule à souffrir autant. Quand elle s'arrêta de frapper, Tonks avait le visage tuméfié, le ventre en sang et était à la limite de l'inconscience, conscience maintenue à cause ou grâce à la douleur qui fusait depuis la moindre parcelle de son corps meurtri. La mangemorte leva de nouveau le poing pour recommencer, elle se sentait un peu mieux quand elle cognait sa nièce, quand un hurlement suivi immédiatement d'une lumière rouge surpuissante brisa le silence.

"APERIRE !" la voix qui avait meuglé l'incantation n'avait rien de féminin, ni quoi que ce soit de charmant. C'était une voix rauque, grave à l'extrême et très déplaisante à l'oreille : en effet, ce n'est pas très plaisant de parler avec quelqu'un qui peut vous coller des sueurs froides juste en parlant. L'instant d'après, la porte vola en éclat -en tout cas, c'était le son qui correspondait- et une personne d'une carrure assez importante apparemment s'engouffra dans la maison en prenant son temps. Bellatrix tendit l'oreille quelques instants, au cas où l'envie viendrait à la personne en bas de faire un tour à l'étage, puis haussa les épaules en ne l'entendant pas monter et retendit son poing.

"Vous l'avez… tué. Vous avez tué la seule personne que j'aimais alors je vais te tuer, toi et tous ceux dans cette maison mais avant ça, tu vas souffrir. Vous allez tous souffrir. Autant que j'ai souffert sinon plus."

Elle se fichait bien que Tonks l'entende ou pas, ce n'est pas ça qui allait changer sa destinée, ni à la façon dont son seul œil non boursouflé clignait de moins en moins vite. Non, elle se fichait de tout ces petits détails et n'avait plus qu'une envie : la battre jusqu'à la mort.

"Crève !"

"COUCOU !" Bellatrix sursauta violemment en laissant échapper un petit cri de surprise : depuis combien de temps ce mec était il là ? Si le mot qui définissait le mieux la mangemorte était folle, pour lui c'était sans nul doute psychopathe car ce n'était vraiment son mètre quatre-vingt quinze ni le fait que ses bras soient aussi larges qu'un ballon de foot qui faisaient le plus peur, même si ça entrait sans doute en ligne de compte. Non, ce qui faisait le plus peur chez cet homme, c'était son grand sourire ainsi que ses yeux écarquillés avec ses iris blanches.

"Vous êtes qui vous ?" s'exclama Bellatrix en laissant s'écrouler sa nièce et en pointant sa baguette sur le nouveau venu, nouveau venu dont le sourire s'agrandit encore plus.

"Moi ? Mais je veux m'amuser pardi ! Il paraît que les mangemorts sont bien amusants !" répondit il comme si c'était une évidence. Bellatrix resserra la prise sur sa baguette et porta toute son attention sur son nouvel adversaire, adversaire qui semblait jubiler. Puis le combat commença brutalement, violent mais inégal. Bellatrix envoyait tout les sorts les plus noirs de sa collection mais l'autre cinglé en face ne faisait que les éviter avec des commentaires idiots du genre "Ouh, il doit faire mal, celui la.", "Jolie couleur." ou même "Est-ce qu'on peut s'en servir pour la cuisine ?". Cependant, au bout de cinq minutes à esquiver, le type semblait commencer à s'ennuyer. Finalement, ce n'était pas si amusant que ça, un mangemort. Seulement, quand son bras fut touché par un puissant sort de tremblement, son sourire recouvrit un peu de son éclat. Lentement, tout en continuant d'admirer les tremblements de son bras et d'éviter les sorts de la mangemorte, il sortit un petit canif de son pantalon et, sous les yeux médusés de Bellatrix, se planta la lame dans l'épaule. Les tremblements s'espacèrent jusqu'à disparaître complètement.

"Eh, bien. Je dois avouer que j'ai eu quelques doutes sur ton efficacité mais il semblerait que tu ne sois pas totalement incompétente. Je vais donc te faire l'honneur de te montrer ce que je vaux vraiment." dit il en écarquillant un peu plus ses yeux.

L'instant d'après, il s'était mis à courir dans la chambre en beuglant. Bellatrix fut un instant désappointée et elle ne le fut pas moins quand il commença à la frapper. Trois côtes cassées par un seul coup de poing sur le côté, six dents par un coup de pied et un avant bras brisé net, sans compter l'entorse à la cheville. En un minute de temps, elle était passée du stade de mangemorte très dangereuse et en furie à celui de à ramasser à la cuillère. Sans pouvoir arrêter l'avalanche de coups qui tombaient sur elle et qui provoquaient presque à chaque fois un craquement glauque, elle recula autant qu'elle put tout en protégeant son ventre.

Max courrait un sprint sur les cinquante derniers mètres qui l'empêchaient de voir la maison de Remus. Priant pour qu'il ne soit pas trop tard, il gravit le sommet de la colline avant d'avoir enfin le contact visuel. Il resta un instant sans réactions avant de se détendre largement et de marcher normalement vers la maison en reprenant son souffle, le visage baigné de lumière rouge et verte. La marque des ténèbres flottait toujours au dessus de la maison, mais dans une proportion réduite. En effet, une autre apparition du même type l'avait littéralement dévoré aux trois-quarts. Ronde, rouge et menaçante, tels étaient les trois mots qui collaient le mieux à cette lune rouge, l'emblème de l'unité d'élite de la Parade Noire, l'unité composée de trente hommes issus des pires tueurs qui savaient ce que le mot fidélité voulait dire, chargés principalement d'assurer la sécurité du Chef et de continuer là où toutes les autres divisions s'arrêtaient. Ils opéraient toujours seuls, rarement avec d'autres Corbeaux et encore moins avec d'autres comme eux, et si l'envie prenait à l'un d'eux de s'attaquer à un endroit peuplé, comme le Chemin de Traverse, ils auraient toute les peines du monde à l'arrêter, l'empêcher n'était même pas envisageable. Encore heureux que le Chef se faisait toujours obéir sinon ça ferait un moment que l'Akatsuki foutrait un beau bordel dans le monde magique.

En entrant dans le jardin de devant, Max se demanda tout de même ce qu'un Corbeau de l'Akatsuki venait faire ici. Sûrement pas pour venir tuer Remus, Tonks, Fred ou Harry : c'était contraire à la première règle d'or, alors c'était plutôt l'attaquant qui l'intéressait. Dans ce cas au moins, il était assuré de ne pas devoir combattre un ou des mangemorts, l'occasion était trop belle pour que le Corbeau qui était à l'intérieur la laisse passer. Ce qui l'inquiétait déjà plus, c'était les éventuels dommages collatéraux que ce genre de taré pouvait faire en se laissant aller. Au moment où il posa sa main sur le trou béant qui constituait l'entrée, (comprenez par là qu'il pose sa main sur le mur) la fenêtre à l'étage vola en éclat et Bellatrix Lestrange s'écrasa au sol dans un bruit sourd. Il accourut malgré lui à côté d'elle et commença à juger son état de santé. Il avait juré magiquement de ne pas la tuer, ce qui impliquait toute l'agence, et à cause du couillon en haut, il avait bien failli y passer lui aussi (1). Il fut néanmoins rassuré de voir qu'elle n'était pas en danger de mort, bon nombre d'os cassés mais rien qui ne menaçait sa vie ou celle de son enfant. Il put donc soupirer de soulagement et s'engouffrer dans la maison, histoire d'aller toucher deux mots au guignol qui empiétait dans sa mission.

À l'étage justement, ça allait un peu moins bien. Tonks avait recouvert une bonne partie de ses esprits pour voir sa tante passer à travers la vitre mais ça ne voulait pas dire qu'elle accueillait le nouveau venu avec enthousiasme. Celui regardait la vitre éventrée, pensif et se tourna vers elle. Comment avait il su qu'elle avait reprit conscience, mystère.

"Franchement, vous êtes une belle bande de lopettes. Même pas foutu de latter ça, ni même de le toucher. Vous l'avez même pas suffisamment chauffée pour que je puisse réellement m'amuser, il va bien falloir que je m'amuse avec autre chose." dit il en se frottant le menton, pensif. La jeune lycanthrope crut apercevoir une sorte de mouvement argenté dans ses yeux pendant qu'il la regardait mais elle n'eut pas le loisir de se poser des questions dessus qu'il s'était vivement retourné et traînait Remus au centre de la pièce. Tonks le vit avec horreur sortir un poinçon en argent et le tendre pile au dessus du cœur de Remus.

"Alors, je fais quoi ? Je lâche ou je lâche pas ? Oh, ça serait très amusant ça, je me suis toujours demandé si l'argent continuait de brûler les loups-garous après leur mort." murmura-t-il, les yeux écarquillés en fixant le poinçon qui se balançait paresseusement au dessus du loup-garou. Tonks tenta de le supplier de toute ses forces, de crier, d'attirer son attention mais Bellatrix lui avait défoncé la gorge, l'empêchant d'émettre n'importe quel son.

"Hmm ? T'as dit quelque chose ? Non, hein ? Bon ben, let's go !" le poinçon s'enfonça d'un coup sec dans le cœur de Remus et Tonks écarquilla les yeux, la bouche grande ouverte en état de choc. Il ne pouvait pas, n'est ce pas ? Il ne pouvait pas l'avoir tuer, comme ça, juste par envie ? Mais le liquide carmin qui perçait à travers le tissu était bel et bien du sang, son sang. Les larmes coulèrent à flots et, comme Bellatrix, elle hurla à s'en déchirer les poumons, malgré sa gorge en piteux état. Chaque son qui sortait de sa bouche semblait accompagné d'une dizaine de lame de rasoirs mais ce n'était rien en comparaison de son cœur. Le psychopathe s'amusait comme un dingue jusqu'à ce qu'une voix d'enfant ne résonne dans la pièce.

"Nightmare !" l'intéressé se retourna vivement, mal à l'aise, pour apercevoir une sorte de poupée qui le regardait avec les boutons qui lui servaient d'yeux. Tonks, de son côté, avait la sensation de se réveiller en sursaut d'un cauchemar. Remus était toujours vivant, aucun poinçon en argent n'était dans son cœur ni au dessus et l'autre malade semblait bien moins fier. La poupée continua de fixer l'homme pendant une longue minute avant de se remettre à parler au travers de sa bouche en fermeture éclair, toujours avec cette voix de petit fille et il semblait que le malade tremblait à chaque mot prononcé.

"Pourquoi tu viens ici embêter mes copains ?"

"Ben… ben quoi ? J'ai bien le droit de m'amuser." balbutia-t-il.

"Oui mais pas ici, ou alors tant que ça m'amuse aussi. Quand t'as tapé la drôle de femme, ça c'était rigolo. Mais j'aime pas quand tu fais pleurer les filles. Alors tu t'en vas ou je dis tout à Papa !"

"C'est pas juste, j'ai jamais le droit de m'amuser."

"Alors arrête de casser tout le temps mes jouets." répliqua la poupée avant de disparaître au moment où Max entrait dans la pièce.

"Putain, Nightmare. J'aurais dû m'en douter. Qu'est-ce tu viens foutre ici ?" Nightmare se tourna vers Max, tout sourire comme s'il n'avait jamais eu de discussion avec la poupée.

"Tiens, tiens, Davy Jones. On vient chialer encore une fois ?"

"C'est toi qui va chialer si le Chef apprend que t'as encore foutu le bordel dans ma juridiction ! Dégages de cette maison maintenant et je passerais ton débordement dans une de mes missions sous silence !"

Les deux hommes se regardèrent un moment en chien de faïence, bien que Nightmare faisait une tête de plus que Max, puis le dérangé de la cafetière secoua les épaules et redescendit les escaliers. Max le suivit du regard jusqu'à ce qu'il soit hors de son champ de vision, puis se précipita près de Tonks.

"Tonks ? Tonks ! Ça va ? Où est-ce que t'as mal ?" Pour toute réponse, l'ex-auror pointa du doigt Remus, toujours étendu au centre de la pièce. Le français fit rapidement le lien entre l'état de choc de Tonks, la façon dont elle ne quittait plus Remus des yeux et l'apparition de cet enfoiré de Nightmare. Il prit le pouls du loup-garou et se contenta d'annuler les effets du sort.

"Va voir Tonks pendant que je m'occupe des garçons. Elle est en état de choc." dit il tandis que Remus remettait de l'ordre dans ses idées. Puis il redescendit en bas et examina les deux élèves. Si Harry n'était pas trop amoché, ses coupures dans le dos avaient arrêté de saigner, l'état de Fred était bien plus inquiétant puisque son épaule était tailladée jusqu'à l'os et baignait dans une marre de sang. Il déchira sa manche en lambeaux et serra du mieux qu'il put le bandage de fortune pour arrêter le saignements, aidé par quelques sortilèges médicaux. Il venait de stabiliser l'état du Weasley quand plusieurs membres de l'Ordre, dont Fol-Oeil, débarquèrent dans la maison.

"Il faut amener Fred à Ste-Mangouste et Tonks aussi quand elle se sera un peu calmée."

"Où est elle ?" grogna Maugrey en regardant les blessures de Fred avec son oeil magique.

"À l'étage, dans les bras de Remus à s'assurer qu'il n'est pas mort." expliqua Max en envoyant un patronus en forme de chauve-souris à Poudlard. L'auror monta les escaliers de sa démarche claudicante et pénétra dans la chambre. Tonks était affalée à terre et pleurait sur l'épaule de Remus tout en vérifiant continuellement qu'il n'avait pas de trou au niveau du coeur.

"Dora ? Ça va ?" demanda t'il du ton le moins agressif qu'il pouvait, Max sur ses talons.

"Je... je l'ai vu. Il... il avait tué Remus."

"Une illusion. Nightmare ne se bat que de deux manières, soit il attaque au corps à corps, soit il s'attaque directement au mental grâce à des illusions. Tu n'aurais pas remarqué une sorte de mouvement argenté quand il te regardait ?"

"S... si."

"Bien, alors oublie ce qu'il t'a montré, n'y penses plus."

"Qui est Nightmare ?" grogna Maugrey, assez désireux de mettre une raclée à celui qui avait osé faire ça à sa protégée.

"Un collègue, dirons nous." cracha Max qui, lui non plus, n'aimait pas le cinglé.

"C'est lui qui a mis tout le monde dans cet état ?"

"Non, bien sur que non ! C'est Bellatrix Lestrange qui a attaqué la maison." précisa le mercenaire.

"Lestange ? Où est elle ?" rugit Maugrey, s'attirant la curiosité du mercenaire.

"La dernière fois que je l'ai vu, elle avait fait un vol plané depuis cette fenêtre pour atterrir sur le sol. Dois je en conclure qu'elle a disparue ? Simple question rhétorique."

"... Il ne faut pas que Tonks et Lupin restent ici ou y reviennent. Si Lestrange a pu les retrouver, d'autres mangemorts le peuvent aussi."

"Je pense aussi. Dommage qu'elle se soit enfuie, on aurait pu l'interroger pour savoir comment elle avait fait. Bref, où vont aller Tonks et Remus ? Square Grimmauld ?" demanda Max. Maugrey acquiesça d'un signe de tête et commença à prendre le plus d'affaire possible. En une heure de temps, la maison fut vidée de ses effets et Max retourna à Poudlard en prenant Harry avec lui.

Et voilà, enfin fini. Allez avouez que je vous ai quand même gâté avec un chapitre deux fois plus long que la normale. Ça mérite bien des reviews ça

(1) : oui alors donc, je voulais dire par là que quand Max a fait le serment magique, ça impliquait qu'aucun membre de l'agence n'essaie de tuer Bellatrix sinon il en mourrait lui aussi.