Au Temps des Légendes

Interlude III

Disclaimers : On pourrait croire qu'ils sont à moi, mais non... J'en suis navrée, je ne suis pas JKR.

Avant propos: Cette fic est toujours dédicacée à One Ring, ma ch'tite Sam. Vous trouverez la musique à télécharger ici autempsdeslegendes.free. fr/ ATLinter3. zip

Relecteur : Julilaby

Le front de Godric contre le mien déclencha une averse d'images qui m'entraîna comme l'avait faite alors que je n'avais que 8 ans la pierre de divination de Morgane. Mais contrairement à cette époque, j'étais assez exercée pour ne pas tout à fait m'y noyer.

Des images jaillirent dans mon esprit d'adolescente. Des lieux familiers et pourtant inconnus, recouverts d'une brume fantomatique dans laquelle toute lumière semblait prisonnière, apparurent. Un froid glacial et humide se répandit en moi, et des souvenirs que j'avais voulu enfouir au plus profond de moi ressurgirent.

Ceux de déplacements furtifs dans la brume, et des pas résonnant sur la pierre humide. Ceux d'un village en flamme et des cris des habitants ne comprenant pas ce qui leur tombait littéralement dessus. Ceux plus récents d'une traque, l'odeur et le goût du sang obnubilant mes sens. Et tout à coup, je sus que depuis tant d'années je connaissais cet ennemi invisible.

Je l'avais vu prendre d'assaut un petit village de Brocéliande et tuer la Dame du Lac. Je l'avais traqué, combattu alors que je retrouvais mes frères et partais en croisade contre le roi d'Angleterre. Et je l'avais regardé impuissante mettre à sac une Abbaye.

La Vassalerie des Unseelies.

Viviane m'avait souvent parlé des Fées et de leur organisation en cours alors que je n'étais qu'un petit enfant. Je croyais encore être un garçon quand j'avais pour la première fois appris que les fées aussi étaient divisées. La Tribu des Daoine Sidhe ou cour des Seelies, et la Vassalerie des Unseelies.

Il ne m'avait pas fallu très longtemps pour me rendre compte que si les Seelies étaient enchanteurs et joyeux compagnons, les Unseelies n'étaient pas aussi amicaux, même envers leurs cousins les plus proches qu'étaient les Faëriens.

« Essentiellement constituée d'êtres maléfiques, la Vassalerie des Unseelies, et plus particulièrement ceux de ses membres que l'on appelle 'la Horde' parcourent l'air nocturne et s'emparent des mortels qui ont le malheur de croiser leur route. Les infortunées victimes sont alors entraînées, battues et forcées à participer aux actes odieux de leurs bourreaux, comme par exemple harceler les troupeaux égarés.»

« Et c'est tout ? Ils ne doivent pas être bien méchants ces Unseelies. » Avais-je déclaré à l'époque, assise en tailleur sur la couverture près de la cheminée, les bras croisés sur mon torse et mordillant l'ongle de mon pouce.

« C'est tout ? » S'était emportée Viviane. « C'est tout ? Laisse moi donc terminer avant de m'interrompre. Je disais donc, que la Vassalerie d'origine était composée d'une grande variété de monstres étranges et terrifiants, souvent attachés à des lieux particuliers, tels les Facheux qui se trouvent au nord ouest, ou bien les Gouivres au sud de la Grande Bretagne. Mais ceux qui ont été détournés du chemin sont à jamais transformés. Pas tout à fait fée, mais plus tout à fait humain. Ce qu'ils cherchent, personne ne le sait, mais ils attaquent les villages isolés et détruisent tout sur leur passage, entraînant avec eux les survivants. »

Je n'avais pas compris tout ce qu'avait voulu dire Viviane ce soir là, jusqu'à ce que le village soit attaqué et que je la retrouve décapitée dans la chaumière qui avait été notre maison. Mais ce n'est que lorsque je vis le carnage de l'Abbaye, que je compris ce qu'elle entendait par 'entraîner' 'participer' et 'transformer'.

Le nombre de disparus avait été effrayant, malgré tous ceux que Godric, Helga et Alfred avaient recueillis. Sven, le frère jumeau de Salazar, était à présent lycanthrope, de même que Charles, son fils, et quelques autres. Les adultes ayant survécu à leur première pleine lune avaient généralement fui, rejetant toute appartenance à l'humanité, mais les enfants trop faibles pour survivre dans les meutes avaient été protégés par Helga.

J'avais dû faire une crise d'épilepsie, j'avais le goût du sang sur mes lèvres quand enfin je repris conscience de la réalité. Je me trouvais dans les bras de Godric qui me maintenait fort contre lui. J'avais les yeux secs de les avoir gardés ouverts trop longtemps et je dus prendre plusieurs longues aspirations avant que Godric ne se décide à retirer ses doigts de ma bouche.

Après cet échange plus que brutal d'informations, la réunion fut rapidement menée. Godric exposa la situation dans laquelle nous nous trouvions, déchiré entre la traque de la Vassalerie et la protection des rescapés. La solution me paraissait évident : il fallait nous séparer, un groupe de chasseurs et un groupe de protecteurs.

Helga protesta violemment, ne supportant manifestement pas d'être mise à l'écart, se sentant diminuée par son état typiquement féminin, ce que moi-même, je n'aurais pu supporter. Mais à force de paroles et surtout avec l'arrivée d'un hibou grand duc, chargé d'un message de l'Emrys, la décision fut prise. Les protecteurs nous quitteraient le plus rapidement possible.

Maëlwys Kaï, dit l'Emrys et ancien chef des Druides de Grande Bretagne, avait sécurisé une partie de l'Irlande ces derniers mois, et rejeté hors de l'île d'Eire la branche locale de la Vassalerie. Ceci expliquait en parti la recrudescence des combats sur l'île des Forts, mais nous offrait un havre de paix pour les enfants et les blessés.

Nous voyageâmes pendant les jours cléments que nous accordait la fin de l'hiver 1033 après la naissance du Christ, tous ensemble. L'ambiance était à l'image de l'humeur d'Helga, morose. Je compris alors que la rouquine, malgré son apparence calme et mesurée, était, en plus d'être la guérisseuse en charge, le cœur des Seelies, comme certains nous appelaient.

Là où j'étais une oreille compréhensive et silencieuse, Helga écoutait et remettait sur pied, aussi bien physiquement que mentalement, et secouant ceux qui s'apitoyaient sur eux-même plutôt que de voir la chance qu'ils avaient d'être toujours en vie.

Mais bientôt je devinais que c'était aussi un moyen de préparer les âmes blessées à partir pour l'autre monde. Helga était une Valkyrie, ces femmes guerrières qui chevauchaient les champs de bataille pour guider les âmes des morts. Je lui demandais un jour comment elle pouvait vivre en sachant à chaque instant qui succomberait dans les heures qui suivaient. Elle me répondit simplement d'un sourire mélancolique et chassa les larmes qui mouillèrent ses cils.

Je ne devais plus jamais lui parler de son talent. C'était ce même don qui avait permis jusqu'à présent aux Seelies de suivre le sillage de mort laissé par la Vassalerie. Un instant, Salazar s'inquiéta du comment nous allions poursuivre leur piste. Mais la réponse s'imposa d'elle-même, alors que nous regardions les deux vaisseaux pris dans un port voisin de Caer Alclyd, quand je m'effondrai dans les bras de Salazar, foudroyée par le présage néfaste et les hurlements du vent.

Combien de temps dura notre combat ? Je ne le sais pas, pas plus que je me souviens des batailles qui suivirent. Toujours est-il que parmi ces sorciers guerriers, entourée de Salazar, l'élémentaire de l'Eau, et Godric, l'élémentaire de Feu, je retrouvais un peu de ma foi en ce combat que j'avais fait mien le jour où j'avais quitté Avalon.

Mais les cicatrices que m'avaient faites ces deux années enfermée à la cour d'Angleterre ne s'effaceraient sans doute jamais. J'avais changé de nom, d'apparence, j'avais l'impression que quelque chose de moi m'avait été arraché en plus de mon identité. Et ce ne sont pas les rêves, de plus en plus fréquents à l'approche de ma seconde transformation, qui me rassurèrent sur mon état mental, ni ma peur de ne pas être à la hauteur.

Poudlard me semblait à l'époque si éloigné alors que nous étions si proches... Et pourtant rien n'aurait été possible si nous n'avions pas mené cette guerre avant de réaliser...

Notes de l'Auteur:

Qu'ajouter de plus? Comme me l'a reproché Julilaby, je fais quelques révélations qui poussent un peu plus loin les réflexions des lecteurs, mais je ne donne pas assez... Il y'a une raison à tout ça, mais vous le saurez d'ici quelques chapitres.

en parlant de chapitres, je sais, c'est inhumain de vous faire attendre un mois pour seulement 2 pages... J'en suis bien consciente, mais étant donné que je travaille en même temps avec Shiri sur le spin-off de la jeunesse de Salazar, auquel j'apporte autant de soins, si ce n'est plus que pour ATL (raisons de cohérence entre les deux fics).

Et comme malheureusement, je reprend mes études, le temps consacré aux fanfictions risque d'être bien diminué. Je m'en excuse d'avance, je sais, ça ne vous aide pas trop. Je suis prête à répondre à la plupart de vos questions/insultes par mail.

Réponses aux reviews

One Ring - bah euh... oui effectivement, on a une sacrée collection de zic, avec mes frangins et parents.

Ambre 15 - Puis-je compter sur toi pour me soutenir maintenant? Bienvenue parmi les lecteurs de cette foutu fic ;;;

BastetAmidala - juste pour dire que si ils se reconnaissent pas, c'est peut-être qu'il n'y a rien à reconnaitre - Merci pour les corrections, c'est noté pour la relecture.

Didi - Une histoire d'amour qui commence par les baisers, le garçon disparaît, la fille est fiancée au prince, mais se fait enlever, et toute l'histoire raconte la force d'un véritable amour. (très drôle ce film) toi aussi tu as une petite voix?

Comme quoi on est pas un cas désespéré

Tait toi Angsth! Bref, pour les mises à jour mensuelles, et bien soit aller sur le forum TWWO partie fanfiction et me poser les questions. Soit m'écrire un petit mail -

Lu7ine - lol - les réponses, confirmées dans le prochain chapitre.

tête de boufone- tu l'assumes un pseudo pareil? OO!! Merci pour le compliment.

Miya- Lol - moi aussi je la déteste, surtout quand tu vas en cours et le truc "super nouveau que tu ne peux pas zapper" et bien tu l'a appris y'a 3 ans, t'as les nerfs TT bon courage!

Angharrad - 1er Octobre 2004