Une explosion au rez-de-chaussée tira Blaise, Drago et Hermione du sommeil de plomb dans lequel ils étaient plongés. Depuis leur dortoir perché au sommet du terrier, ils se redressèrent d'un seul geste dans leurs lits et se regardèrent, épouvantés. Ils étaient sur le qui-vive depuis des semaines, et un bruit aussi retentissant ne pouvait que les plonger dans un état de panique.
"TOUT VA BIEN LES ENFANTS ! hurla la voix de Molly Weasley depuis le rez-de-chaussée du terrier.
- Seigneur... maugréa Blaise en retombant en arrière sur son lit, les bras en croix.
- Qu'est-ce que c'était ? s'inquiéta tout de même Hermione, pas très rassurée malgré les paroles de Molly.
- Va voir, marmonna Drago en enfouissant sa tête sous son oreiller, en quête de silence."
Hermione soupira et rejeta sa couette d'un coup de pied rageur, résignée. Drago était totalement à cran, et même s'il ne disait rien, tous avaient très bien compris qu'il se sentait mal d'avoir abandonné sa mère, seule, dans la tour d'astronomie de Poudlard. Il n'avait pas fermé l'oeil de la nuit, se tournant et se retournant en lâchant des soupirs à fendre l'âme. En temps normal, aucun doute qu'Hermione et Blaise l'auraient rabroué comme il se doit, mais là...
Alors elle chaussa à contre-cœur ses pantoufles difformes confectionnées avec soin par Molly, et descendit. Elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire, surtout en ce moment.
Mais elle n'arriva pas jusqu'en bas, puisque sa curiosité l'arrêta sur le palier du premier étage. La voix d'Arthur se mêlait à celle d'Harry Potter derrière la porte du bureau, et cela l'intriguait considérablement. Qu'est-ce qu'Harry pouvait bien faire là ? Elle décida de remballer sa dignité et colla son oreille contre le battant de la porte. Aux grands maux, les grands remèdes.
"C'est pour quelques jours, elle a besoin d'un peu de repos c'est tout. Bien manger, dormir, du calme... expliquait la voix d'Harry.
- Et pourquoi elle ne peut pas faire ça chez vous ?
- Parce que je n'y suis pas... Elle ne doit pas rester toute seule.
- Comprends moi bien Harry, je suis très content que Ginny revienne à la maison, mais je trouve très bizarre que tu n'aies pas envie de passer un peu de temps auprès de ta femme à sa sortie de l'hôpital... Pourquoi tu ne prends pas quelques jours ?
- J'ai du travail Arthur, j'ai des responsabilités et je suis sur quelque chose de très urgent.
- Plus urgent que la santé de ta femme ?
- Allons Arthur, vous et moi savons très bien que sa santé n'est pas en danger, et qu'ici elle sera entre de bonnes mains. Elle a besoin de sa mère et de son père. De repos. C'est ce qu'ont dit les médicomages, et je les crois !
- C'est très hypocrite d'invoquer la famille pour justifier ta défection !
- Je dois m'assurer que ceux qui ont fait ça à Ginny ne puissent pas recommencer, ils doivent payer. Arthur, Ginny et moi allons très bien aller. Ne vous inquiétez pas. Je ne sais pas qui vous a mis ces idées en tête, mais c'est faux.
- Tu me promets que vous n'allez pas divorcer ?
- Et bien, je ne peux pas vraiment vous promettre une telle chose, mais...
- Ah oui, et pourquoi donc ?".
Cette fois, Harry était vraiment en mauvaise posture, et malgré ses réticences à s'impliquer dans ces histoires de famille, Hermione se senti obligée d'intervenir. Ginny serait d'accord avec ça. Alors elle poussa inopinément la porte du bureau, feignant la surprise. Elle n'était pas à une entrée en fanfare près.
"Arthur, que... Oh, Harry, tu es là ! s'exclama-t-elle en farfouillant dans ses cheveux.
- Hermione... Salut, répondit Harry, soulagé.
- C'est l'explosion qui t'a réveillée ? s'enquit Arthur. Je suis désolée, Molly a encore un peu de mal à maîtriser son nouveau four. Elle s'obstine à utiliser des sorts alors que cela fonctionne avec du gaz, tu sais, comme ceux des moldus.
- Oh, rien de grave alors... Bon, maintenant que je suis réveillée, si on descendait boire un café tous ensemble ? suggéra Hermione du ton le plus enjoué possible.
- Je ne peux pas, je dois retourner au ministère pour... commença Harry, attrapant sa veste.
- Non, tu restes, Harry, insista Hermione en le regardant avec insistance.
- J'étais juste passé pour avertir Arthur et Molly que Ginny sortait de l'hôpital aujourd'hui, et que...
- Ne discute pas. Un café, décréta Hermione en l'empoignant par le bras d'un geste autoritaire.
- Ah... Bon... Pas longtemps alors... abdiqua Harry, hésitant."
Satisfaite, Hermione entraîna un Harry désorienté dans les escaliers, et un Arthur Weasley qui parvenait difficilement à cacher son inquiétude.
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Après avoir discuté un bon quart d'heure avec les parents de Ginny, Harry avait réussi à les rassurer un peu, et Hermione le raccompagna à la porte plus détendu. Arthur et Molly sentaient bien qu'il y avait un malaise dans le couple, c'était même évident : Ginny venait leur rendre visite seule le plus souvent, et elle ne parlait de son mari que du bout des lèvres. Mais Harry avait réussi à les calmer un peu, évoquant leurs métiers respectifs qui leurs prenaient beaucoup de temps, et ce problème récurrent avec Lucius Malefoy.
"Merci... souffla Harry en passant un bras autour du cou de la jeune femme, dans l'entrée exiguë du terrier.
- De rien, Harry. J'ai été un peu dure avec toi ces derniers temps, mais tu es mon meilleur ami, chuchota Hermione en retour. Tout va s'arranger."
Harry lui octroya un sourire sincère, et déposa une bise bruyante sur son front.
"J'espère Hermione, j'espère ! Je dois y aller... Prenez soin de Ginny quand elle arrivera !"
La porte se referma sur lui, et Hermione regarda la vieille pendule des Weasley pour décider si, oui ou non, elle pouvait se recoucher. Elle était légèrement carbonisée sur le dessus, mais avait tout de même survécu à l'incendie et c'était très important pour Arthur et Molly. 8h20. C'était une heure décente pour retourner se coucher, après tout. Elle avait du sommeil en retard.
Elle croisa Blaise dans l'escalier, vêtu d'un short qui avait probablement appartenu à Ron au vu de sa couleur abominablement criarde.
"Où tu vas comme ça ? Il est à peine huit heures... se renseigna Hermione.
- Je vais à le pêche avec Arthur. Tu connais ?
- Qu'est ce que je connais ?
- Le pêche. C'est un sport que font les moldus, ils attrapent des poissons avec des fils, sans jeter de sorts. C'est assez astucieux, non ?
- ... Oui, mais on dit LA pêche. Bonne chance alors !
- Merci ! Ce midi, prépare toi à manger des tonnes de poissons ! chantonna Blaise en sautillant de marche en marche."
Hermione secoua la tête, incrédule, et repris son ascension tant bien que mal. Elle était presque sûre d'avoir des ampoules partout sur les pieds à cause de ces maudits chaussons. Elle poussa le plus doucement possible la porte du dernier étage mais, comme à peu près tout dans la maison des Weasley, elle grinça. Relativement fort, puisque le bruit arracha un grognement à Drago, qui remua sous sa couette.
"Bon sang... Pas moyen de fermer l'œil dans cette bicoque ! pesta le jeune homme."
Même si à première vue Drago n'avait pas l'air d'être dans les meilleures dispositions possibles, Hermione souleva sa couette et se glissa contre lui dans le lit une place. Son corps était tout chaud, et ses cheveux sentaient le savon. Ils devaient avoir une sorte de consistance magique pour dispenser autour d'eux cette odeur en toutes circonstances. Elle glissa son bras autour du torse du jeune homme, et ferma les yeux.
"Est-ce que tu renifles mes cheveux ? demanda Drago, un peu plus réveillé maintenant.
- Pas du tout, fit Hermione en bâillant.
- Je suis sûr que tu mens, décréta Drago en enroulant ses doigts autour de ceux de la jeune femme."
Et sur ces bonnes paroles, ils se rendormirent tous les deux.
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Jusqu'à ce que Molly vienne frapper à la porte quelques heures plus tard, faisant bondir Hermione vers son propre lit comme une petite fille prise en faute.
"On va passer à table les enfants, vous avez 10 minutes pour vous préparer !
- Merci Molly, on arrive tout de suite ! répondit Hermione en s'empressant de rejoindre la salle de bain.
- Vous avez bien dormi ? s'enquit Mrs Weasley, toujours plantée derrière la porte. Arthur a tenu à faire fabriquer les sommiers des lits par un ouvrier moldu du village voisin, mais je ne suis pas sûre de ce que ça donne. Cet homme a mis plusieurs semaines à les fabriquer, il ne devait vraiment pas être très doué. Des semaines ! Il travaille comme une tortue.
- Les moldus doivent utiliser des outils mécaniques Molly, ça prend plus de temps, répliqua Hermione en ouvrant le robinet d'eau chaude.
- Oh c'est vrai, je n'y avais pas pensé... J'oublie toujours à quel point ce doit être dur de ne pas avoir de baguette magique. Drago, tu es réveillé n'est-ce pas ? Je ne t'entends pas...
- Oui, je suis réveillé... marmonna Drago en émergeant à regret de sous sa couette.
- As-tu bien dormi, toi aussi ?"
Drago fronça les sourcils et essaya de déterminer si Mrs Weasley faisait des sous-entendus, mais son esprit était beaucoup trop embrumé.
"Comme un bébé ! répondit-il simplement.
- Parfait ! Dis moi, tu aimes le poulet rôti n'est-ce-pas ? J'ai hésité à faire de la dinde, ou même du veau, mais ensuite je me suis rappelée qu'ils étaient allés à la pêche alors je n'ai rien préparé. Seulement, comme d'habitude, ils sont revenus les mains vides. Je ne sais pas quand Arthur intégrera qu'il n'est pas un moldu et qu'il n'a pas les facultés de réussir à vivre comme eux. Il s'acharne, c'est très triste. Alors, comme il n'y avait pas de poisson, et que je n'avais pas fait les courses, j'ai dû moi même tuer un poulet dans la ferme voisine. J'ai transplanné directement, j'espère que personne ne m'a vue. J'ai laissé quelques gallions en dédommagement, déblatérait Molly. Mais ensuite je me suis souvenu que les moldus n'utilisaient pas de gallions ! Alors j'y suis retournée pour les remplacer par des livres sterling..."
Pendant tout son monologue, Drago avait papillonné des yeux, hébété. Il avait du mal à suivre la pensée de Molly Weasley, qui était bien trop dynamique pour ne pas le perdre en route. Surtout qu'il avait passé une nuit exécrable, parce que ses draps le grattaient, que Blaise respirait trop fort, que des oiseaux étranges avaient piaillé dès le lever du jour, et que de toute façon il était beaucoup trop préoccupé pour dormir. Ensuite il y avait eu des allées et venues, et même une explosion. Alors il se sentait presque plus fatigué qu'avant de s'être couché la veille.
"J'adore le poulet, dit-il très sobrement."
Et cela dû satisfaire Mrs Weasley puisqu'elle s'en alla d'un pas assuré dans les escaliers, laissant le loisir à Drago d'aller rejoindre Hermione sous la douche.
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Assise sur un banc de pierre sous un cerisier, Hermione tournait fébrilement les pages de son livre, à la recherche d'un passage précis. L'inspiration lui était venue pendant le repas, quand Ginny était rentrée à la maison. La jeune femme était à bout de forces, complètement épuisée, et avait peiné à garder les yeux ouverts le temps de saluer ses parents. D'après les docteurs, cet état allait perdurer quelques semaines en s'améliorant au fur et à mesure. Or, Hermione s'en était soudain rappelé : ce sort qui provoquait un genre de narcolepsie permanente, elle en avait déjà entendu parler. C'était un sort rare et très difficile à maîtriser. Il était très ancien, elle en avait un souvenir confus, et c'est d'ailleurs pour ça que les médicomages de Sainte-Mangouste n'avaient pas trouvé d'antidote efficace. Ils se contentaient de conseiller à Ginny d'attendre, un peu dépassés. Mais ce sort, il avait été lancé par Crabbe d'après son compte-rendu de l'attaque. Et ça ne collait pas du tout. Personne ne s'en était formalisé parce que tous les esprits étaient tournés vers Lucius. Et, comme la santé de Ginny n'était pas menacée et que le sort ressemblait à d'autres, plus connus, personne n'avait poussé plus loin les investigations.
Sauf Hermione.
Parce qu'elle se souvenait avoir lu quelque part dans un livre d'où venait ce sort.
"Hermione... Me dis pas que t'es encore en train de lire ? lança Blaise par la fenêtre de la salle de cinéma que Mr Weasley avait installée dans une des multiples pièces biscornues de la maison. Viens, on va regarder un film moldu qui parle de vampires.
- De vampires, vraiment ? grimaça Hermione, peu emballée à cette idée.
- Molly nous l'a recommandé, elle l'a adoré... Allez, viens, tu vas quand même pas passer l'aprem dans un bouquin alors que c'est ton BOULOT. Profite des vacances !
- On n'est pas en vacances Blaise, on est en SURVIE, rectifia Hermione. Commencez sans moi, j'arrive."
Blaise attendit quelques secondes, sondant la jeune femme du regard. Mais il ne trouva rien à dire de plus et referma la fenêtre. Hermione se replongea immédiatement dans sa lecture, à la recherche du sort mystérieux. Mais comme elle ne savait plus où elle l'avait lu, ni même quand, ça allait être très compliqué de le retrouver.
Quelques secondes plus tard, Drago et Blaise arrivaient vers elle à travers le jardin, l'air bien décidés à savoir de quoi il en retournait. Apparemment ils avaient abandonné rapidement l'idée de regarder un film, préoccupés par la soudaine concentration d'Hermione. Ils s'assirent donc de part et d'autre de la jeune femme sur le banc.
"Oui ? demanda Hermione sans daigner lever les yeux de son ouvrage.
- Qu'est-ce que tu lis ? se renseigna Drago en se penchant pour essayer d'apercevoir la couverture. Les sorts oubliés ?
- Mmmm, répondit distraitement la jeune femme.
- Tu connais déjà probablement tous les sorts qu'un cerveau humain peut retenir. Alors qu'est-ce que tu cherches ? poursuivit Drago."
Hermione leva finalement les yeux, agacée d'avoir été percée à jour si rapidement.
"Le sort qu'a reçu Ginny. Vous avez vu comme les effets se prolongent ? expliqua-t-elle en refermant le livre d'un coup sec. C'est un sort très ancien qui provoque ce genre de somnolence à long terme. Je suis sûre d'avoir lu quelque chose là-dessus.
- Mais qu'est ce que ça peut faire, de connaître le sort ? Ginny va bien, il lui faut juste du temps, rétorqua Blaise en lui malaxant l'épaule dans un geste qui se voulait rassurant.
- Crabbe ne peut pas connaître un tel sort. Si c'est bien ce à quoi tu penses, aucune chance pour que cet idiot maîtrise un enchantement rare, lâcha Drago d'une voix blanche."
Il échangea un regard alarmé avec Blaise, semblant enfin prendre la mesure de l'information.
"Qui l'a lancé, alors ? s'inquiéta Blaise. Si ce n'est pas Crabbe, c'est que quelqu'un était avec lui chez Harry et Ginny. Et cette personne a forcément appris, comme Crabbe, où on se cachait.
- Seulement on a vu personne d'autre ! Et Crabbe n'en a jamais parlé, à aucun moment, même quand on l'interrogeait dans la cave. Pourquoi il serait venu tout seul, sans renforts, alors qu'il avait un complice dès le départ ? poursuivit Drago en se levant d'un coup, faisant les cents pas devant le banc, une main nerveusement crispée dans sa chevelure. Tout ça n'a aucun sens.
- Il y a forcément une explication logique. La personne qui a jeté ce sort veut rester dans l'ombre pour une raison, enchaîna Blaise en secouant nerveusement son pied.
- C'est pour ça qu'on doit en savoir plus sur ce sort. Si on comprend par quels moyens on peut l'apprendre, on saura qui est susceptible de le connaître, et on pourra identifier l'agresseur, conclut Hermione. Il n'y a rien dans ce livre ! Il m'en faut d'autres. Beaucoup d'autres."
Drago s'arrêta de gesticuler, et se retourna vers elle avec une expression de panique sur le visage.
"Tu crois pas que c'est plutôt le travail des aurors d'enquêter ? Pourquoi on prévient pas Harry ? Le ministère a des ressources, des bibliothèques, des spécialistes !
- Harry ne connait pas ce sort, je te rappelle que c'est sa femme qui a été touchée, alors il aurait fait le rapprochement, réfuta Hermione. Pour eux c'est un banal sort de sommeil. Et ils ont peut-être raison. Mais si ce n'est pas le cas ? Si Ginny reste dans cet état ?
- Sainte Mangouste aurait pu rater ça ? grimaça Blaise."
Hermione haussa les épaules, ne voulant pas critiquer le travail formidable des médicomages. Mais elle ne pouvait chasser le doute de son esprit.
"Si c'est de la magie noire, et qu'ils sont passés à côté, Rogue est le mieux placé pour nous renseigner... avança Blaise.
- Tu crois que mon père aurait attaqué Ginny ? sursauta soudain Drago. Il pourrait connaître ce sort.
- Attendez, on n'est même pas sûrs que ce soit de la magie noire... temporisa Hermione. Il faut impérativement qu'on en sache plus avant de déclencher la panique.
- Quelle panique ? les interrompit Arthur Weasley, qui sortait du champ de maïs qui bordait la maison avec une fourche à la main.
- Arthur ! s'exclamèrent les trois amis de concert."
Celui-ci s'arrêta, un sourire plaqué aux lèvres, insouciant. Il semblait attendre une explication, mais malheureusement personne ne comptait la lui fournir.
"Ginny va bien ? se renseigna Hermione pour changer de sujet.
- Elle dort, Molly est avec elle. Je ne sais pas quand elle va pouvoir trouver le temps de manger, avec tout ce temps qu'elle passe à roupiller... s'inquiéta Arthur en se laissant tomber sur le banc à son tour.
- Ça va aller Arthur, déclara Hermione d'un ton convaincu."
Elle regarda Blaise et Drago, et nota que cette fois, ils étaient bien décidés à lui prêter main forte dans ses recherches. La détresse d'Arthur et Molly, à elle seule, les aurait convaincus de chercher plus loin que les suppositions des médicomages. Mais il s'agissait de leur amie et, même s'ils avaient tort, et qu'elle se réveillait d'elle-même dans quelques jours, ils se devaient par acquis de conscience d'essayer.
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"Laisse moi reformuler... commença Ron, rouge comme une tomate, debout dans le dortoir du dernier étage. Tu veux que moi, Ron Weasley, je demande dans la plus grande confidentialité un service à Severus Rogue, c'est-à-dire la plus terrifiante et horripilante personne de la Terre ? Tu veux qu'après l'avoir laissé m'humilier pendant des années, lui avoir tiré les cheveux et avoir appris qu'il avait COUCHE AVEC MA SŒUR, je lui pose une question sur la MAGIE NOIRE ? Tu veux que je lui adresse la parole, que je rampe aux pieds de cet ignoble chauve-souris ? Et que je fasse tout ça en SECRET ?"
Hermione, mortifiée par ce bilan, hocha timidement la tête, bien consciente du sacrifice qu'elle lui demandait.
"MERDE ! OK ! JE VAIS LE FAIRE ! brailla Ron, trépignant, et même transpirant déjà à la pensée de ce qui l'attendait. Mais je le fais pour Ginny, parce que croyez moi, après ça je vais vomir mes tripes pendant des mois !
- T'es courageux mon vieux, le félicita Blaise.
- JE SAIS ! s'emporta Ron.
- Je suis désolée que tu aies à faire ça, vraiment... s'excusa Hermione. Et je suis aussi désolée de t'impliquer là-dedans parce que c'est peut-être une idée complètement saugrenue, et que ça concerne ta sœur, et que maintenant on t'a inquiété, et que c'est peut-être pour rien...
- Non, là, tu t'excuses pas. Je suis content que tu m'aies impliqué, comme tu dis. Justement parce que c'est ma sœur, et je crois qu'Harry a assez de mal comme ça à faire la part des choses dans cette histoire. Faut le ménager. Il peut pas traquer Lucius et faire ces recherches, en s'inquiétant pour Ginny en plus. Je dois le faire.
- T'es vraiment un brave type en fait, reconnut Drago en lui mettant une grande claque dans le dos.
- C'est vrai que pour un Serpentard, ça doit être hyper choquant de voir ça, rétorqua Ron en lui rendant sa bourrade.
- Y en a marre de ces clichés là, vous êtes pas les seuls à être courageux quand même ! s'offusqua Blaise.
- Faudra dépasser ces rivalités, un jour, les gars... pouffa Hermione.
- Je sais pas comment je vais pouvoir isoler Rogue pour lui parler sans qu'il ne m'attaque, ou pire qu'il appelle des renforts... réalisa soudain Ron.
- Va falloir la jouer finement... songea Drago à voix haute.
- Merci pour tes conseils, ça m'aide énormément ! grogna Ron.
- Utilise Pansy comme appât, suggéra Blaise, pragmatique.
- Comme appât ? tiqua Hermione.
- Il se méfiera pas, comme ça, elle pourra l'amadouer et PAF ! se défendit Blaise.
- Ouais apparemment il aime bien les jeunettes, gloussa Drago en haussant les sourcils.
- C'est pas vrai... maugréa Hermione en enfouissant sa tête dans ses mains.
- C'est dégueulasse de ressortir ça ! C'est beaucoup trop frais ! s'insurgea Ron.
- Mais sérieusement, Pansy sera ravie de donner un coup de main pour approcher Rogue. Elle aura à cœur d'aider Ginny, se reprit Drago en retrouvant son sérieux."
Ron hocha la tête et se gratta le menton pour réfléchir à un plan d'action qui impliquait Pansy et Rogue, ce qui lui posait quand même quelques problèmes d'imagination. Drago profita de ce moment de répit pour s'admirer dans le miroir, lançant des œillades discrètes à son reflet. Malheureusement pour lui, Hermione le prit sur le fait et secoua la tête, désespérée par tant d'auto-satisfaction.
"Bon, je vais rentrer pour mettre tout ça au point avec Pans'.
- Pans' ? reprirent les trois autres en chœur."
Voyant les oreilles de Ron rougir jusqu'à menacer de prendre feu, Hermione compris immédiatement.
"AAAAAH ENFIN ! s'exclama Drago"
Et apparemment, lui aussi avait compris.
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Hermione entra à pas de loups dans la chambre de Ginny, plongée dans une semi-pénombre. La pièce n'avait pas changé depuis son adolescence, visiblement Molly avait tenu à reconstruire les chambres de ses enfants telles qu'elles étaient avant l'attaque des mangemorts. Le poster des Harpies de Holyhead était à la même place, un peu défraichi, au dessus du lit. Des tirages polaroid étaient épinglés un peu partout, montrant des portraits agités de leurs années à Poudlard. Ginny était couchée sur le dos, les yeux fermés, mais dès qu'Hermione s'assit doucement sur le rebord du lit elle remua.
"Gin' ? C'est moi...
- Hermione... souffla Ginny en ouvrant les yeux avec difficulté.
- Comment tu te sens ?
- Fatiguée...
- Ça va pas un peu mieux ?"
Ginny ferma les yeux quelques secondes, et prit une grande respiration. Parler semblait lui coûter un effort considérable.
"Je crois pas... Je m'endors tout le temps... C'est pas normal..."
Hermione saisit la main de son amie et la serra doucement, lui adressant le sourire le plus rassurant possible. Ginny avait bien conscience que quelque chose n'allait pas. Elle, si énergique de nature, devait particulièrement souffrir de cette situation.
"On s'en occupe Gin', on fait des recherches, on va trouver un truc pour te remettre sur pieds. Tout va très bien aller. Est-ce que tu te souviens d'avoir vu quelqu'un d'autre que Crabbe, quand tu as été attaquée ?
- Je n'ai même pas vu Crabbe... Rien vu. Du tout...
- Et tu ne te rappelle pas du sort ?
- Non... C'est le trou noir, avoua Ginny.
- Bon, c'est pas grave. On va se débrouiller, repose toi. On est là, tes parents aussi, tout le ministère est sur le coup.
- Merci... grimaça Ginny en essayant d'esquisser un sourire."
Elle voulu dire quelque chose mais elle était à bout de force, et sombra de nouveau dans le sommeil. Hermione attendit quelques minutes mais, son amie commençant à respirer de manière très régulière, elle comprit que la conversation était terminée. Alors elle sortit doucement, referma la porte, et s'assit dans l'escalier quelques minutes pour reprendre contenance. Elle devait agir rapidement maintenant, parce que Ginny n'allait pas supporter de rester dans cet état très longtemps.
Elle se leva donc et se mit à la recherche d'une éventuelle bibliothèque. Les Weasley lisaient des livres, ils devaient bien les ranger quelque part. Mais elle doutait fortement de trouver des livres sur des sorts mystérieux au milieu des traités de cuisine ou de mécanique.
Elle gravit donc les marches, ouvrant prudemment les portes. Elle n'avait pas de repères dans cette maison, on reconstruisant les Weasley avait modifié l'agencement des pièces. Elle tomba sur la chambre des jumeaux, pleine d'objets incongrus, et poursuivi son chemin sans se laisser distraire. Enfin, elle poussa la bonne porte, et tomba sur des rayonnages garnis de livres. Pleine d'entrain, elle pénétra dans la pièce et eut la surprise de tomber nez-à-nez sur Blaise et Drago, étalé par terre au milieu d'un océan de bouquins.
"Qu'est ce que vous faites là ? sursauta Hermione."
Les deux garçons levèrent les yeux d'un air innocent.
"On essaye d'apprendre à lire... ricana Drago.
- Désolée de te décevoir Hermione mais y a que des recettes de cuisine et des infos sur les moldus ici... Alors à moins que tu penses trouver le mystérieux sort entre la recette de la tarte au potiron et la définition d'une bombe atomique... grogna Blaise, en repoussant du pied une pile de livres.
- Je m'en doutais... Mais au moins vous avez essayé.
- C'est quoi la suite ? Le ministère a bien une bibliothèque non ? demanda Drago en se relevant, entreprenant de ranger les livres d'un coup de baguette.
- Sûrement... A vrai dire je n'en sais rien. Mais l'accès doit être restreint, répondit Hermione.
- Demandons à Ron d'y aller ! suggéra Blaise, optimiste.
- Ron n'a jamais su retrouver son chemin dans une bibliothèque, il risquerait de rester bloqué et de mourir de faim. Il faut qu'il nous y fasse entrer !
- Tu crois qu'il en a le pouvoir ? s'interrogea Blaise."
Hermione soupira. Tout était très compliqué. Ils n'allaient quand même pas encore une fois s'introduire illégalement dans le ministère, comme dans sa jeunesse. Surtout maintenant qu'Harry y était ministre.
Molly interrompit leur réflexion en pénétrant dans la pièce, un peu surprise de les trouver là.
"Mon dieu, mes enfants ! Mais que faites-vous là ? Personne ne vient jamais ici...
- Oh, on cherchait un peu de lecture, répondit Drago d'un ton évasif."
Molly le regarda d'un air suspicieux.
"Si c'est pour fumer en cachette des plantes étranges comme les jumeaux, j'aime autant que vous alliez dehors ! les avertit-elle. Je ne comprends pas cette manie de venir se cacher ici.
- Peut-être qu'ils cherchent des feuilles, supposa Drago.
- Des feuilles ? Tu penses qu'ils arrachent des pages des livres ? s'étrangla Molly, horrifiée. Je me disais bien aussi que mon livre de soupes avait diminué de volume ! Oh, les freluquets ! Ils vont m'entendre.
- C'était une blague Molly, tenta de se rattraper Drago, qui n'avait pas voulu attirer des ennuis aux jumeaux (pas vraiment du moins).
- Oh je ne crois pas, jeune homme ! s'exclama Molly. Sortez d'ici, hop !"
Mrs Weasley les chassa en agitant son torchon sous leur nez, bien décidée à défendre ses livres de cuisine.
"Je ne doute pas de toi, Hermione, mais je connais les garçons ! Je suis persuadée qu'ils sont comme Ron et ses frères. Quand vous étiez à Poudlard, je suis sûre que tu ne les a jamais croisés à la bibliothèque, n'est-ce-pas ?
- Oui Poudlard, c'est ça ! s'écria Hermione en secouant Drago comme un prunier, toute excitée. Merci Molly, merci !
- Tu as besoin de repos Hermione, toi aussi. Pourquoi n'irais-tu pas faire une petite sieste ? proposa Mrs Weasley, en plaquant une main autoritaire sur le front de la jeune femme.
- Mais non, je vais très bien Molly, la rassura Hermione.
- Hermione est toujours très hystérique quand on lui parle de bibliothèques, expliqua Drago.
- Elle est bookhaolic, you know ? gloussa Blaise.
- Bookaquoi ? gémit Molly.
- Il vient de l'inventer, intervint Hermione.
- Je ne me ferai jamais à toutes ces expressions étranges que vous utilisez... De mon temps on s'exprimait beaucoup mieux, les houspilla Molly. Bon, j'ai des lessives à étendre. D'ailleurs, Hermione, je suis très surprise de la taille de tes sous-vêtements. Si peu de tissus ! C'est normal ?"
Affreusement gênée, la jeune femme choisit de rire d'un air gêné avant de prendre la fuite dans l'escalier.
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Après le dîner auquel Ginny n'assista pas encore une fois, tous se réunirent dans le salon pour boire une infusion. Molly avait vanté les mérites des plantes pendant tout le repas, et malgré une réticence évidente ils étaient bien obligés de goûter. Aussi, parés de leurs somptueuses pantoufles difformes, ils étaient assis dans le canapé pour goûter ce breuvage qui dégageait une odeur étrange.
Mais à la seconde où ils allaient tremper leurs lèvres dedans, Ron pointa le bout de son nez par la cheminée.
"Ronny ! s'exclama Molly en se levant avec précipitation. Une infusion ?
- Une... Euh, non merci, j'ai bu il y a pas longtemps, répondit Ron en remarquant la tête de ses trois amis avec leurs tasses à la main.
- Allons, tu vas goûter pour faire plaisir à ta mère ! insista Arthur."
Ron réalisa qu'il n'avait pas vraiment le choix et entra, rejoignant ses amis sur le canapé.
"Comment va Ginny ? s'inquiéta-t-il en soufflant sur sa tisane pour la faire refroidir.
- Toujours pareil... se lamenta Molly. Elle dort sans arrêt, je suis obligée de la réveiller pour la forcer à se nourrir. Elle s'est endormie dans la baignoire, heureusement que je la surveillais de près, sans quoi elle se serait noyée.
- Pourquoi tu ne lui jettes pas un recurvite ? proposa Ron."
Molly recracha un peu de son infusion sur la table basse, outrée.
"Enfin Ron, tu parles de ta sœur, pas d'une marmite !"
Ron haussa les épaules, ne voyant toujours pas le problème.
"Enfin, je suis venu pour vous parler un peu de mon travail au ministère, de mes collègues, tout ça... coupa le jeune homme en lançant des œillades à ses amis.
- Oh, ça se passe bien ? lui demanda Hermione.
- Un peu mieux que prévu, c'est vrai qu'une présence féminine adoucit les relations de travail.
- Tu as des collègues féminines ? s'intéressa soudain Arthur. Des jolies ?
- Euh, papa... grogna Ron.
- Ron, à ton âge, c'est normal qu'on s'interroge. Tu ne nous présentes jamais de filles, ajouta Molly.
- Il attend la bonne, c'est pour ça, le défendit Hermione."
Elle préférait couper court à cette discussion qui dérivait, alors que Ron était sur le point d'annoncer si oui ou non, Rogue avait donné des informations. Mais au vu de la mine peu réjouie de Ron depuis son arrivée, elle se doutait bien qu'il n'avait aucune bonne nouvelle à partager.
"Alors donc, ta journée ? Tes rapports se sont apaisés avec Rogue ? reprit Hermione.
- Il accepte de me parler mais malheureusement il n'a rien à m'apprendre, leur apprit Ron.
- Ne dis pas ça, Ronny, Rogue est certes un personnage malfaisant, mais il est très doué. Je suis sûre que tu peux apprendre de lui, le contredit Molly qui ne comprenait rien.
- Oui, ta mère a raison. Parfois dans le travail on doit composer avec des gens odieux. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas en tirer des bénéfices, ajouta Arthur, très sage.
- Oui, oui... répondit laconiquement Ron.
- Ne fais pas l'enfant gâté ! insista Molly. Et bois ton infusion.
- Oui maman...
- Si tu nous montrais ta chambre Ron ? On aimerait bien visiter ! s'exclama Drago avec un air idiot plaqué sur le visage."
Ron le remercia intérieurement de toutes ses forces et sauta sur ses pieds pour s'élancer le plus vite possible dans les escaliers, pressé d'échapper à sa mère. Hermione lança un sourire d'excuses aux parents Weasley et parti à la poursuite des trois garçons, qui étaient partis depuis longtemps.
Elle les retrouva quelques secondes après dans la chambre de Ron, pressés d'enfin pouvoir s'entretenir sans utiliser de code.
"J'ai cru qu'elle allait jamais me lâcher ! se plaint Ron en refermant la porte derrière la jeune femme.
- Bon, raconte ! attaqua Hermione en prenant place sur le lit.
- Alors, je tiens à préciser avant toute chose que le plan est de Pansy. Elle a fait semblant de venir me faire une surprise au travail, elle a emmené des photos d'Avorton Poilu et braillait à qui voulait l'entendre que c'était mon cadeau.
- Ooooh mon minou ! gloussa Hermione en plaquant ses deux mains sur son visage, attendrie."
Confier son petit chat à une folle telle que Pansy la gênait un peu, mais elle n'avait d'autre choix. Elle ne pouvait quand même pas le trimballer au grès de leurs multiples déplacements.
"BREF, Rogue qui déteste les chats, comme à peu près tout ce qui respire sur cette Terre, a pris la fuite dans son bureau, comme prévu. Là j'étais censé l'y retrouver en évitant tout geste brusque, sauf qu'Harry m'a devancé ! Il ne parle jamais à Rogue depuis cette affaire de fesses poilues, alors je me suis inquiété de le voir entrer dans le bureau de la chauve-souris. Vu qu'il le hait, je m'attendais à voir passer des éclairs dans tous les sens. Du coup je me suis mis en embuscade derrière la porte, pour intervenir vite.
- Et alors, ils se sont battus ? intervint Drago, qui ne supportait que très peu le suspens.
- Pire ! Harry l'a viré !"
Le public de Ron poussa une exclamation choquée. Hermione n'en revenait pas ! Harry était droit, et il n'allait pas mettre un employé au chômage pour des raisons personnelles... Même Rogue. Il y avait donc fort à parier que Ron ne disait pas tout. D'ailleurs, elle était sure que l'air réjoui du jeune homme était un indice : il faisait un one man show comique.
"Viré ?! répéta Blaise, pour vérifier.
- Viré, confirma Ron. Enfin, pour être exact, il l'a dégagé du service. Il lui a dit qu'il bénéficiait d'une promotion et qu'il était transféré au Ministère de l'éducation magique. J'ai tout entendu ! rapporta Ron, fier de lui.
- Donc Harry ne l'a pas viré... Il l'a juste changé de service. Et Rogue, qu'est ce qu'il a dit ? reprit Hermione, perturbée.
- Oui, bon, j'en ai peut-être fait un peu trop, concéda Ron. Rogue a dit qu'il ne comprenait pas. Il ne s'est même pas énervé ! Il n'arrivait pas à intégrer la nouvelle. Il pensait que c'était une blague ! Alors Harry lui a dit qu'il était trop âgé pour un poste de terrain, ce qui était très mesquin quand même, mais tellement jouissif.
- Ouuuuuh ! brâma Blaise.
- Dit donc Saint Potter il en a sous le capot, nota Drago dans une expression moldue qu'il ne connaissait que depuis peu, et qu'il adorait.
- Donc, Harry est ressorti, et il avait l'air un peu honteux quand il a vu que j'avais rien loupé de la scène. Mais il devait descendre aux auditoriums pour un procès alors on n'a pas vraiment eu le temps de parler, reprit Ron, satisfait d'avoir un auditoire si passionné.
- Et alors, qu'est ce qu'il s'est passé après ? le poussa Hermione.
- Je n'allais quand même pas entrer dans le bureau de Rogue juste après qu'il se soit fait humilier par Harry ! Il m'aurait découpé en rondelles.
- Comment tu sais qu'il ne connait pas le sort qu'a reçu Ginny alors ? s'agaça Hermione.
- Attends, j'y viens ! rétorqua Ron qui voulait ménager le suspens.
- Vu le temps que tu mets, je comprends que Pansy en ait eu marre de t'attendre, ricana Drago en évitant l'oreiller que Ron lui lançait.
- Justement, c'est Pansy qui a sauvé la situation. Elle était en train de glousser avec mes collègues en montrant les photos du chat pendant tout ce temps. Et elle a malencontreusement renversé un pichet de jus de citrouille sur des papiers confidentiels, alors elle a voulu réparer, résultat comme ce sont des dossiers protégés, elle a déclenché un mécanisme de défense.
- Vous ensorcelez vos dossiers ? s'étonna Blaise, admiratif.
- ON S'EN FOUT ! le coupa Hermione, pressée d'en finir.
- Non on s'en fout pas, c'est important ! C'est pour qu'on ne puisse ni les détruire ni les modifier, il faut utiliser des formules spécifiques. Et Pansy ne le savait pas, alors elle a été projetée contre un mur, et ça a déclenché un de ces trucs... Tout le monde criait et courrait dans tous les sens, et...
- C'est rassurant que les responsables de la sécurité réagissent aussi bien face au stress. Professionnels les gars ! remarqua Drago, un brin sarcastique.
- Arrêtez de le couper, on va jamais connaître le fin mot de l'histoire, maugréa Hermione.
- Elle avait rien hein, juste une épaule démise et ça a été réparé en deux secondes. Mais du coup Rogue est sorti de son bureau, et j'ai pu le coincer dans un coin.
- C'est une formule étrange quand même, non ? Coincer dans un coin ? pouffa Blaise.
- FERMEZ LA BON SANG ! s'agaça Hermione. Qu'est ce qu'il t'a dit, alors ?
- D'abord il m'a menacé de faire gicler tout mon sang hors de mon corps par mes oreilles, et ensuite j'ai prononcé le nom de Ginny et il a essayé de partir en courant, il a dit que Potter et moi étions des cinglés et que plus jamais il ne s'approcherait d'une rouquine, parce que c'était beaucoup trop dangereux, et bon finalement il a accepté de me répondre parce que je l'ai attrapé par les cheveux.
- ENCORE ? s'étrangla Hermione.
- Je croyais qu'il fallait pas le couper, remarqua Drago, vexé.
- Il était obligé de m'écouter comme ça ! Tous les moyens sont bons pour faire parler cette chauve-souris sournoise. Malheureusement, il ne connaissait pas ce sort, il me l'a certifié. Il dit que ce n'est pas de la magie noire. Il m'a dit que ça ressemblait à un sort issu d'une vieille légende... Une histoire de princesse qui avait dormi genre cent ans... Mais il l'a probablement inventé."
Hermione devint brutalement rouge, voire cramoisie, et se passa une main moite sur le visage. Les trois garçons la regardaient, soudain inquiets.
"La belle au bois dormant ! lâcha Hermione, à la fois soulagée d'avoir trouvé, et à la fois furieuse contre elle-même de n'avoir pas compris plus tôt.
- Qu'est-ce que c'est cette histoire de bois qui dort ? grogna Drago, qui supportait mal de ne pas comprendre un traitre mot de ce que racontait la jeune femme.
- C'est un conte moldu. Qui puise ses origines en des temps très reculés, on le raconte aux enfants... C'est très populaire, tous les enfants connaissent cette légende, expliqua Hermione."
Drago se renfrogna, vexé de ne pas avoir été mis dans la confidence comme "tous les enfants".
"Comment un conte moldu peut donner naissance à un sort, qui lui est bien réel ? s'interrogea Blaise en se grattant le menton.
- Beaucoup des contes moldus sont très anciens et il est très difficile de définir leur origine. Certains sont inspirés de phénomènes magiques réels, qui ont été transformés, romancés, interprétés par les moldus. C'est fréquent. Si vous aviez suivi les cours d'histoire de la littérature moldue à Poudlard...
- Oh ça va, tu vas pas recommencer à nous donner des leçons hein, maugréa Ron.
- Donc cette princesse là, elle a existé dans le passé, et c'est un sort qui l'a endormie pour cent ans ? demanda Blaise.
- Je ne sais pas si elle a existé, mais le sort lui, existe...
- Attendez... ça veut dire que Ginny va dormir pendant CENT ANS ? s'étrangla Ron, livide.
- Elle a dit que les contes moldus étaient romancés... intervint Drago. Ils inventent des trucs à partir de la réalité. Alors c'est peut-être pas cent ans... Juste dix ans..."
A la vue de l'expression effrayée sur le visage du rouquin, Drago s'empressa d'ajouter :
"Ou un an. Ou un mois. On sait pas.
- Il se passe quoi dans ce conte ? le coupa Ron, aussi pâle que Nick-Quasi-Sans-Tête.
- Il était une fois une princesse. Ses parents régnaient sur un grand royaume paisible. Le jour de sa naissance, trois fées (ses marraines) vinrent se pencher au dessus de son berceau pour lui offrir des envoutements de bonheur, commença à raconter Hermione d'un ton de maîtresse d'école.
- Les moldus trouvent ça normal d'envouter des bébés ? sursauta Drago.
- Quoi, ça te parle pas la grande dynastie familiale qui vit dans un château ? gloussa Blaise en lui donnant un coup de coude.
- Bref. Le problème, c'est que les parents de la princesse avaient oublié de convier une des fées à la réception. Alors, pour se venger de cet affront, elle est venue quand même, et... reprit Hermione.
- Tranquille, elle s'incruste ! s'offusqua Ron.
- Oui, voilà, elle s'incruste. Et elle lance un maléfice à la princesse. A sa majorité, elle sera empoisonnée par un rouet, et tombera dans un sommeil si profond que rien ne pourra la réveiller.
- Ginny a été empoisonnée par un rouet ? la coupa Ron en fronçant les sourcils, désappointé.
- Mais non, c'est un CONTE. Tout ne s'est pas déroulé exactement comme dans la légende enfin... lui expliqua Drago d'un ton condescendant.
- Mais ses parents n'ont rien fait ? Ils n'avaient pas d'antidote ?
- Ses parents n'avaient pas de pouvoirs magiques, répondit Hermione.
- Mais ses marraines les fées, si, objecta Blaise.
- Elle n'ont pas trouvé de contre-sort... Alors elles ont pris le bébé et l'ont caché dans une forêt pour l'élever à l'abri.
- C'est quoi ces fées toutes pourries ! pouffa Ron.
- C'était sûrement des Cracmol, suggéra Drago.
- BREF, s'impatienta Hermione. Voilà. Elle a été piquée, elle s'est endormie, et les fées ont ensorcelé tout le royaume pour qu'il dorme aussi, et qu'ainsi tout soit identique à son réveil.
- Et les moldus racontent ça à leurs enfants ? Mais c'est affreux... songea Blaise. Il n'y a pas de morale.
- Si, il y a une morale ! L'amour triomphe de tout. Parce que la princesse est tirée de son sommeil par le baiser de son prince charmant, qui grimpe au sommet de la tour pour la délivrer.
- BEURK ! grimaça Ron. Elle s'était pas lavée depuis cent ans ! Elle devait être repoussante ! T'imagines la taille de ses ongles, de ses cheveux, de ses sourcils ! Puis l'haleine ! Et la transpiration, et...
- Puis attends y a pire ! Elle avait cent ans de PLUS que le prince... C'était une vieille mémé et lui un petit jeunôt... Hyper glauque... ajouta Drago.
- Il faut que le prince charmant de Ginny vienne l'embrasser, alors ? réalisa soudain Blaise. C'est aussi simple que ça ?"
Sa question sema le doute de l'assemblée. Hermione avait directement eu envie de rejeter cette idée simpliste d'un grand éclat de rire, mais après tout, pourquoi pas ? ça ne coûtait pas grand chose d'essayer.
"C'est quand même un peu facile, non ? nota Drago en quêtant l'approbation d'Hermione.
- Ouais... C'est vrai... Mais pourquoi pas ? répondit Hermione, songeuse.
- Ne l'écoutez-pas, c'est une indécrottable romantique, elle n'est plus raisonnable quand on en vient là, lança Drago en souriant bêtement.
- Je vais chercher Harry tout de suite, on peut essayer non ? déclara Ron en s'élançant vers la porte.
- Qui te dit que c'est lui son prince charmant ? Il faut peut-être faire venir Rogue... souffla Blaise, malicieux.
- Ferme-la tout de suite Zabbini ou je te jure que je t'endors pour cent ans sans utiliser de magie ! s'écria Ron en dévalant les escaliers à toute vitesse."
Ils entendirent vaguement Ron parler à ses parents, puis une petite explosion dans la cheminée du salon leur appris que Ron était en route pour le ministère, où Harry passait absolument tout son temps. Il devait probablement y dormir. Le silence retomba dans la chambre de Ron, les trois amis plongés dans leurs pensées.
"Qu'est ce qu'on fait si le truc du prince charmant ne fonctionne pas ? demanda Blaise, qui rompit le silence le premier.
- Préparez vous à cette éventualité... les averti Drago, peu convaincu.
- Il faut qu'on aille dans la bibliothèque du ministère pour chercher des informations. Maintenant qu'on sait ce qu'on cherche, ça sera plus rapide. Il a forcément des sorciers qui ont écrit sur cette légende, ça ne peut pas avoir laissé de traces que chez les moldus ! décida Hermione.
- Et Poudlard ? suggéra Drago. Les bibliothèque est immense.
- On ira dans la foulée, conclut Hermione.
- C'est bien beau ce plan d'action, mais comment on rentre dans les deux lieux les plus protégés du Royaume-Uni ?".
La question de Blaise eu le mérite de les ramener brutalement à la réalité. Hermione, qui contrairement aux apparences n'avait pas réponse à tout, se mura dans le silence. Et Drago haussa les épaules d'un air dédaigneux, avant de lâcher :
"On demandera poliment, ils diront oui. C'est pas comme si on voulait accéder aux armes ensorcelées ou aux cachots. C'est des foutus bouquins.
- Des bouquins classifiés par le ministère, et étudiés par les aurors. Ou les étudiants de Poudlard. C'est des lieux protégés, il faut des autorisations spéciales pour y aller je suppose... Les personnes lambda n'y ont pas accès, rétorqua Blaise.
- Dans ce cas on se faufilera en douce, pouffa Drago. On n'est PAS des personnes lambda.
- Tu sous-estime les mesures de sécurité mises en place après la guerre mon vieux...
- Hermione Granger, héroïne de guerre, et deux serpentards brillants, tu crois qu'on peut pas passer les barrières ? se flatta Drago.
- On pourrait sans doute entrer. Mais à quel prix ? songea Hermione. Non, il nous faut de l'aide. Il faut qu'Harry nous donne un coup de main, on n'a pas le choix...
- Je croyais qu'on devait le laisser dans l'ignorance, remarqua Blaise.
- On ne peut plus... On a besoin de lui. Il est ministre et sa femme est malade, personne ne s'opposera à ce qu'on farfouille dans la bibliothèque pour la sauver, devina Drago."
Hermione hocha la tête.
"En plus s'il accepte de venir ici pour guérir sa femme d'un baiser, c'est qu'il a admis qu'elle était beaucoup plus malade que ce que Sainte-Mangouste avait diagnostiqué. Ou qu'il est idiot, ajouta le serpentard.
- Ron arrivera à le convaincre de venir, assura Hermione, confiante."
Alors tous les trois décidèrent d'attendre que les deux amis reviennent, assis côte-à-côte sur le lit rouge et or de Ron. Ils entendirent Mr et Mrs Weasley monter se coucher en discutant à voix basse, s'interrogeant sans doute sur les activités secrètes des jeunes qu'ils hébergeaient. Hermione songea qu'ils étaient très patients, et confiants en plus de ça puisqu'ils ne s'inquiétaient pas outre mesure de l'éventuel dangerosité de leurs actes. Pourtant Molly était suspicieuse, et se doutait que quelque chose ne tournait pas rond. Elle fronçait souvent les sourcils sans aucune raison apparente, et observait mine de rien leurs attitudes respectives. Elle avait été à bonne école avec les jumeaux sans doute, et sentait les entourloupes avant les signes avant-coureurs. Mais elle fermait les yeux, probablement parce qu'elle était sûre qu'Hermione était une personne droite et fiable. Pour l'instant, du moins.
"Il y a des pas dans l'escalier, chuchota Blaise quelques minutes plus tard.
- C'est eux, annonça Hermione en se levant sur la pointe des pieds.
- Comment tu le sais ? demanda Drago d'un air dubitatif.
- Je le sais, c'est tout, rétorqua Hermione en ouvrant la porte sur Harry, échevelé et l'air hagard, et Ron, transpirant et passablement irrité."
Ils entrèrent prestement en silence, Ron ferma la porte, et lança un assurdiato.
"Il va falloir que vous m'expliquiez ce que je fais ici, attaqua directement Harry. Ron a perdu l'esprit, il se croit dans un Walt Disney !"
Puis, en baissant la voix, il ajouta :
"Je crois qu'il a été empoisonné, lui aussi.
- Je suis parfaitement sain d'esprit ! s'offusqua Ron. Je comprends pas pourquoi tu refuses de me croire ! Et puis c'est qui ce Walt machin-chose ? Un mage célèbre, non ?
- Ron t'as simplement raconté notre conclusion commune. Il n'est pas fou ! Ou alors, il l'est, et nous tous aussi, expliqua Hermione en faisant signe à Harry de s'asseoir."
Celui-ci obtempéra, à bout de nerfs.
"Bien. Donc, Ginny a été ensorcelée par une méchante fée et elle va dormir cent ans si je ne l'embrasse pas, résuma Harry d'un ton laconique.
- Pas exactement, c'est pas ce que j'ai dit ! réfuta Ron, agacé de ne pas parvenir à se faire comprendre.
- On pense que le sort dont a été victime Ginny apparait dans le conte moldu que tu connais. C'est un sort ancien, il a pu être décrit de manière... disons, imaginative, par les moldus, mais il existe. On en a parlé en cours d'histoire de la littérature moldu en dernière année, j'en suis sûre, répondit calmement Hermione.
- Ton prof de littérature connait ce sort et pas les médicomages ? remarqua Blaise, qui soulevait à chaque fois le point important.
- Il ne connaissait pas précisément la manière dont fonctionnait ce sort, ni même s'il était toujours usité... Ce cours montrait que le monde magique, d'une certaine façon, est connu par les moldus et apparaît dans leurs contes et légendes sans qu'ils n'en aient conscience.
- Alors, ce prof, il ne pourrait pas nous l'expliquer si on allait lui parler ? Nous donner le contre-sort ? grogna Drago. Utile, le mec.
- On peut essayer mais je ne pense pas... C'était pas le but de son cours. Et puis il habite en Écosse, dans un village minuscule, alors...
- Tu connais l'adresse de ton ancien prof ? tiqua Harry.
- Oh... bafouilla Hermione. Oui, on est restés en contact. Il est vraiment cultivé, il connait des tas de... choses."
Elle se racla la gorge, sous les regards pesants des quatre garçons.
"Bon, Harry, va embrasser ma sœur ! s'impatienta Ron en pointant la porte du doigt, autoritaire.
- Vous pensez vraiment qu'elle va se réveiller, comme ça ? couina Harry.
- Non, mais il faut essayer... souffla Hermione en posant une main rassurante sur le bras de son ami."
Harry baissa les yeux sur ses chaussures et se leva pesamment, s'apprêtant à essayer un remède auquel il ne croyait même pas pour sauver sa femme. Sa femme avec qui il était en froid, qui dormait depuis des jours. Mais brutalement, il fit demi-tour et plaqua ses mains sur ses anches. Puis il se mit à faire les cent pas dans la pièce, maugréant des propos inaudibles. Hermione croisa le regard de Ron, qui soupira. Le cerveau du ministre était en train de tourner à plein régime, ce qui était assez ennuyeux.
"Pourquoi quelqu'un lui aurait lancé ce sort inconnu au bataillon ? Crabbe ne peut pas le connaître, c'est un imbécile acculturé, et c'est beaucoup trop poétique pour lui. Il y avait quelqu'un d'autre chez moi ce soir là. Crabbe a menti ! Je dois l'interroger de nouveau. Quel était le but de celui qui a lancé le sort ? Surtout si son contre-sort est aussi simpliste ? Pourquoi quelqu'un de néfaste, qui agresse les gens et les laisse pour mort, voudrait lancer un sort qui délivre un message d'amour ? L'amour triomphe de tout. Même de l'assaillant. C'est ridicule ! Et si l'embrasser ne change rien à son état ? Si elle ne se réveille pas ? Et si je ne suis pas le prince charmant du conte, mais que c'est quelqu'un d'autre ?
- Et si tu la fermais et que tu essayais ? le coupa Drago, ses yeux d'acier vides d'expression."
Harry s'arrêta net, et après quelques secondes de réflexion, hocha la tête et sorti de la pièce.
"Tu vois ! Il faut faire preuve de fermeté. La douceur a une efficacité limitée, fanfaronna Drago en tapotant la main d'Hermione."
Faisant preuve de pudeur, ils attendirent quelques instants qu'Harry revienne. Même si aucun d'eux n'y croyait vraiment, une part infime de leur être souhait que le miracle se produise.
Mais Harry revint avec l'air désespéré, et s'assit en tailleur sur le sol de la chambre de Ron, dans un vieux réflexe de leur adolescence.
"Elle n'a même pas ouvert les yeux, soupira-t-il.
- Tu t'es appliqué, hein ? T'y as mis tout ton cœur, pas vrai ? insista Ron, déçu.
- Tu veux pas savoir si il a mis la langue, tant que t'y es ? ricana Blaise pour détendre l'atmosphère.
- T'y as mis la langue ? répéta Ron, confus.
- Bon ça suffit on arrête là ! les coupa Hermione, volant au secours d'Harry."
Elle s'assit elle aussi en tailleur à côté de lui, et Ron l'imita, reformant leur cercle de discussion des années Poudlard. Blaise et Drago, respectueux des traditions, ne bougèrent pas jusqu'à ce que Ron leur fasse discrètement signe de les rejoindre.
"On dirait une séance de divination ! Qui va chercher une boule de cristal ? pouffa Blaise, avant de s'arrêter net en croisant le regard courroucé de Ron.
- Bon. Il faut qu'on se recentre sur le problème, et qu'on établisse un plan d'action, décréta Harry qui regardait dans le vide.
- On en a déjà un, l'informa Drago."
Puis il se tut, et attendit qu'Harry le presse d'en dire plus. Ce dernier n'en faisant rien, il se décida à développer.
"On doit aller au ministère fouiller dans la bibliothèque pour en apprendre plus sur ce sort. On connaîtra ses origines, comment il se transmet, comment on le contre.
- On pourra remonter à l'agresseur plus facilement ! reconnu Ron, emballé par cette idée.
- Fouillez aussi dans les archives. Peut-être qu'on a déjà dû faire face à ce genre d'agression. Fouillez aussi dans les dossiers des criminels, énuméra Harry.
- On ne met pas d'aurors sur l'enquête ? s'inquiéta Ron.
- On ne peut pas il faut rester discrets ! expliqua Harry. Cette enquête prouve qu'on ne croit pas la version de Crabbe et qu'on sait que l'agression était le fait d'un autre. Laissons le coupable croire qu'il a un temps d'avance sur nous !
- Et puis quand même les gars, on enquête sur un conte moldu... Faut pas se planter sinon bonjour le ridicule ! gloussa Blaise.
- Euh... Je veux bien travailler dans l'ombre mais... Tout ça, c'est légal ? s'inquiéta Hermione.
- C'est une enquête spéciale et confidentielle dès maintenant. Je ne pourrai pas vous fournir d'autorisation officielle, ça ferait trop de bruit. Mais vous aurez accès à tout ! déclara Harry, décidé.
- Waw... souffla Blaise, estomaqué.
- Même moi ? demanda Drago d'un air faussement détaché."
Harry le dévisagea d'un air circonspect, ne comprenant pas la question.
"Drago... maugréa Hermione en posant une main rassurante sur son genou. Tu n'es pas un criminel, arrête de te victimiser."
Semblant enfin comprendre les interrogations de Drago, Harry leva les yeux au ciel.
"Je suis le ministre et j'ai confiance en toi. En plus tu as été blanchi. Tu es aussi légitime que les autres pour entrer au ministère, s'énerva le jeune homme.
- Oui et puis au fond aucun de nous n'est légitime si j'ai bien compris, vu qu'on va y pénétrer en cachette, ajouta Hermione.
- Mais si je tombe sur des dossiers qui concernent mes proches, ou moi ? Qu'on m'accuse d'avoir trafiqué ces dossiers, d'avoir enlevé des choses dedans, je ne sais pas ? Je connais beaucoup de criminels... développa Drago d'un ton presque craintif.
- Personne ne dira quoi que ce soit pour la simple et bonne raison que personne, à part nous cinq, ne sera au courant. Et je sais que tu ne feras rien de tel, assura Harry.
- Non bien sûr que non, répliqua Drago, outré.
- Bon, alors la discussion est close. Demain, au lever du jour, vous entrerez au ministère par un des accès de secours."
