B'soir/jour tout le monde !
Voilà le chapitre 21. La présence d'Alec dans le précédent a éveillé bien des soupçons dans vos avis... soupçons qui seront peut-être confirmés ou pas ^^
La fausse couche de Bella était pressentie par un grand nombre d'entre vous. Maintenant, ils vont devoir se relever l'un comme l'autre. Mais rien n'est facile...
Je vous remercie toutes beaucoup, vous êtes supers avec moi, sincèrement ! J'ose espérer que vous prenez du plaisir dans votre lecture. J'en prends beaucoup à écrire cette histoire, je connais bien ces personnages et je les aime tous énormément.
Je remercie ma bêta Marine, pour sa correction =)
Je vous embrasse, et vous souhaite une bonne lecture, ainsi qu'un bon mercredi.
Tiffany.
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Chapitre 21 : Le coeur ne bat plus...
Point de vue de Bella.
« - Le cœur du bébé ne bat plus Mrs Masen…
- Quoi ?
- Je suis désolé, Mrs Masen… On va vérifier que… »
Je m'étais arrêtée à cette information. Le cœur du bébé ne battait plus. Mon bébé est mort… Je porte un enfant mort… J'ai saigné, j'ai eu des crampes, je ne me suis pas affolée davantage… Et mon bébé est mort…
J'ignorais pourquoi je me retrouvais dans le lit de cette chambre d'hôpital. Mais après tout, là où ailleurs qu'importe…
Mon bébé est mort…
.. ::..
Point de vue d'Edward.
Bella était totalement inerte depuis de longues heures. Elle n'avait plus prononcé une parole. Les médecins m'avaient expliqué qu'ils allaient lui effectuer une sorte de curetage pour retirer définitivement ce qu'il restait du bébé en elle…
Elle avait été placé dans une chambre, et semblait totalement… vide… Et ça me tord les boyaux… J'ai fait un aller-retour jusqu'à la maison pour aller chercher les informations médicales que nous n'avions pas amené dans la précipitation.
Je n'ai plus de bébé. Je ne vais plus être papa…
En passant devant la porte du bureau entrouvert que nous étions en train de retaper, j'aperçus les pots de peinture. Et le pinceau. J'ai retapé cet endroit partiellement… pour rien…
Je n'aurais pas de bébé cet été.
Pas.
De.
Bébé.
J'inspirais fortement.
- Votre épouse a été placée chambre 312.
- Merci…
Je la retrouvais effectivement dans cette chambre, allongée dans les draps blancs et le décor aseptisé, la tête tournée la droite, une main sur son ventre. Elle a perdu un bébé… notre bébé… Elle n'y est pour rien… mais nous n'aurons pas ce bébé…
- Bella…
Elle ne bougeait pas, respirant tout juste. Je m'asseyais sur le rebord du lit et prenais sa main. Comment aborder ça ? Comment… qu'est-ce que je dois faire ? Je caressais son visage et lissais ses cheveux vers l'arrière, tenant toujours sa main dans la mienne.
- Ca va aller, Bella…
Mon épouse ne répondait pas. Si ses cils ne battaient pas, je me serai affolé. Elle est en état de choc… permanent…
- J'ai prévenu nos familles… Ca va aller… Ton père va arriver… ta mère aussi… On ne sera pas tous seuls…
Elle fermait les yeux et une larme roulait sur sa joue. Tout mais pas ça… Je réfrénais avec beaucoup de mal la boule dans ma gorge qui augmentait à chaque seconde.
- Bella… Dis-moi… ce que tu ressens…
Je caressais sa peau, effaçant une larme, et soudain ce fut un flot de sanglots qui roulèrent de ses yeux. Je me levais pour tenter de l'étreindre.
- Bella !
- Je porte un bébé mort, Edward…
- Bella… je t'en prie…
Une goutte brulante et translucide me lacérait la peau.
- J'ai tué notre bébé…
Non ! Elle n'y est pour rien…
- Bella… Bella écoute-moi… c'est fini… Tu n'as tué personne… Tu n'es pas responsable… Tu n'es en aucun cas responsable, tu m'entends ?
Je tentais de la réconforter mais elle se débattait dans mes bras, comme en proie à une véritable crise.
- Non ! Laisse-moi !
Je la maîtrisais alors qu'elle serrait fermement ses paupières.
- Bella… Ecoute-moi… Regarde-moi… Tu n'as pas tué ce bébé…
- Arrête Edward !
- Bella ! Non ! J'arrêterai pas ! Tu n'as pas tué ce bébé !
Elle se mettait à pleurer de plus belle.
- J'ai tué ton fils !
Je tentais de ravaler ma fierté, et mes belles paroles.
Bella a mal… Et je ne sais pas ce que je pourrais faire pour réparer ça…
Le médecin arriva rapidement dans la chambre, trouvant mon épouse en pleine crise.
- On va vous enlever ce qu'il reste… Ce que vous avez dans le ventre ne ressemble pas au bébé… Il faut vous calmer…
Elle se mettait à pleurer de plus belle et le docteur se tournait vers moi.
- C'est le choc… Nous allons tout préparer et on procèdera au curetage… Ca ira…
- D'accord… Est-ce qu'il y a des risques de…
- Ils sont extrêmement minimes… Nous procédons à cette intervention pratiquement quotidiennement. Ne vous inquiétez pas Mr Masen… Vous allez me suivre, elle n'est pas en état de signer les papiers…
- Bien sûr…
Il quittait la chambre et je m'approchais de Bella qui était agitée de spasmes.
- Bella… je vais signer des papiers… Je te promets que je reviens vite…
Elle fermait les yeux.
- Laisse-moi…
Laisse-moi… elle a peut-être besoin de temps…
J'embrassais sa tempe et entendais son gémissement étouffé. Je quittais la chambre, tentant de ravaler les larmes qui me menaçaient, mais sans grand succès. Je n'avais pas eu le temps de cogiter sur cette disparition.
Mais maintenant, tout semblait clair… et tout était très clair…
Je ne serai pas papa cet été…
.. ::..
Point de vue de Jasper.
La journée avait décidément pris une sale tournure. Définitivement.
Bella et Edward n'auront pas leur bébé… C'était comme si une malédiction s'était jetée sur notre famille. D'un coup.
Et franchement, je sais même plus trop quoi en penser…
Voir Elisabeth et Esmé pleurer, silencieusement dans cet avion, avait quelque chose d'angoissant. Ces deux femmes, ces deux mères, unies dans un même chagrin… C'est terrible… Carlisle et Eric n'en menaient pas larges non plus et ce trajet qui allait à peine durer trois heures, semblerait soudainement s'étirer…
Sans compter Alice, à mes côtés…
Nous avions pris Karlyne entre nous. Elle ne voulait ni aller contre le hublot, ni contre l'allée. Alors, nous nous étions installés moi au bord de l'allée, elle au milieu et Alice contre la petite fenêtre. Alors que j'aurais pu lui parler… tenter un truc… ou j'sais pas… Non. Elle était omnibulée par le décor sous ses pieds.
Quand on prend l'avion tous les deux, elle s'émerveille toujours des nuages, comme une enfant… son visage pétillant et souriant…
Et là, rien.
Pas une once de bonheur, ni une quelconque manifestation de plaisir. Rien.
Où es-tu, Alice ?
Karlyne caressait les cheveux de sa poupée entre nous, ses pieds ne touchant pas le sol.
- On arrive dans longtemps, Jasper ?
- D'ici 1h30…
Elle soupirait.
- C'est trop long…
- Je sais… Joue avec ta poupée un peu…
Elle l'approchait de son torse.
- Elle s'ennuie ma poupée, et moi aussi !
- Shhh… Karlyne…
- En plus, Emma et Shanna elles viennent même pas…
Et j'aurais préféré que Karlyne ne vienne pas non plus !
- C'est parce que ce n'est pas quelque chose que les enfants doivent voir ça…
Je remarquais qu'Alice nous regardait du coin de l'œil.
- Pourquoi ?
- Parce que Bella sera très triste, qu'elle va sûrement beaucoup pleurer et que ça va faire de la peine à tout le monde… Tu comprends ?
Elle reportait son attention sur sa poupée.
- Vouais… Mais c'est triste quand même…
- Je sais…
Je reportais mon attention sur mes parents. Carlisle et Eric discutaient à voix basse et je crus entendre diverses hypothèses sur les raisons de la fausse couche de la tomate.
A quoi ça sert de vouloir justifier cette fausse couche ? Elle a perdu son bébé et je ne pense pas qu'elle veuille savoir le pourquoi du comment… A sa place, je voudrais juste la paix…
Un peu comme quand j'ai perdu Alice…
Karlyne se tournait vers Alice.
- Alice ?
- Oui ?
- Pourquoi tu parles pas aujourd'hui ?
Ma femme et moi échangions un bref regard, qu'elle détourna aussitôt.
- Parce que je me sens un peu malheureuse…
- Ah… Je croyais que c'était parce que tu veux plus voir mon frère aussi…
Pardon ?
Alice me regardait et reportait son attention sur la petite.
- Non… Même si oui, on ne se parle plus trop avec ton frère, c'est surtout parce que Bella est triste que je me sens triste…
Autrement dit, le mari et la situation, c'est pas aujourd'hui qu'on tentera de tout réconcilier… Karlyne se tournait vers moi.
- Ah… Et toi c'est pareil ?
- De ?
- Ben que tu parles pas ? C'est parce que t'es triste pour Bella ou que t'as pas envie de parler parce que Alice elle est là ?
A ma gauche, Carlisle tournait la tête vers moi.
- Hé ! Mistouflette !
- J'suis pas une mistouflette !
- Tu n'embêtes pas Jasper et Alice, ok ?
- Mais non je les embête pas, papa !
- Bon…
Elle se tut durant quelques secondes et de nouveau, se tournait vers Alice.
- Mais… je comprends pas trop… quand t'as un amoureux ben tu lui parles, pas vrai ?
Alice l'observait, un brin étonnée.
- Oui…
- Alors pourquoi tu parles pas à mon frère ? C'est bien ton amoureux, avant tu lui faisais toujours des bisous et des câlins et que même des fois Emmett il disait que fallait pas aller dans votre chambre à la maison… Alors pourquoi maintenant c'est plus pareil ?
Putain… A quatre ans, elle te pose LA question…
Alice soupirait.
- Demande à ton frère…
Et allez !
- Pourquoi c'est plus pareil, Jasper ?
- Parce qu'Alice et moi, on a des problèmes à régler…
- Ah…
Elle se retournait vers Alice.
- T'as entendu ? C'est parce que vous avez des problèmes à régler…
Alice me foudroyait du regard.
- Ce n'est pas moi qui ais des problèmes à régler, ici…
Putain non mais JE REVE ! Je me levais.
- Ne mêle pas Karlyne à ça, Alice !
Elle levait les mains en signe d'innocence.
- Je ne fais que répondre à ses questions !
- J'crois que non !
Ma petite sœur me regardait.
- T'es fâché Jasper ?
- Pas contre toi…
J'ébouriffais ses cheveux et me dirigeais vers les toilettes.
A défaut de pouvoir aller faire un tour quelque part quoi…
L'avion se posait finalement sans encombres. Sans attendre davantage, nous prenions des taxis direction l'hôpital. Edward avait appelé Carlisle entre temps, pour l'informer d'une petite opération de curetage sous anesthésie de ma sœur.
J'espère juste qu'elle va bien…
A la clinique, nous retrouvâmes Edward dans un couloir, assis sur une chaise, le visage caché dans ses paumes. Elisabeth se remit à pleurer en le voyant et se précipitait sur lui.
- Edward !
Il se laissait étreindre et elle le câlinait comme s'il avait cinq ans.
- Je suis tellement désolée mon chéri…
Il opinait, sans rien ajouter. On dirait que quelqu'un est mort, mais en fait, même si ce bébé n'était pas là, c'est bien ce qui s'était passé : il est mort.
- Comment va Bella ?
Edward reniflait et Esmé vint l'étreindre.
- Elle est en opération… c'est sous anesthésie générale… Ca va faire une demi-heure…
Eric consultait sa montre.
- Elle devrait bientôt remonter alors…
Edward se levait et enlaçait un bref instant son beau-père. Puis, il s'approchait de moi et me prit dans ses bras.
- Merci d'être venu…
- C'est normal…
Il a l'air d'en avoir gros sur la patate…
..
Deux infirmières s'approchèrent environ dix minutes plus tard.
- Ca a été ?
- Très bien... Elle est en salle de réveil Mr Masen... on la remonte bientôt...
- Merci...
Esmé se mouchait discrètement et Carlisle la gardait contre lui. Nous vîmes ma soeur remonter, un peu dans le cirage. Elle semblait si blanche et sans entrain... Esmé se précipitait sur elle.
- Bella... Ma puce...
- Maman...
Bella se remit à pleurer. Les médecins entraînèrent Bella dans la chambre et mes parents y entrèrent immédiatement.
J'peux pas voir ma soeur comme ça... Pas elle !
Emmett et Rosalie arrivèrent à leur tour. Ils étaient partis trouver un hôtel.
- On peut la voir ?
Edward se raclait la gorge.
- Esmé et Carlisle sont déjà rentrés...
Rosalie s'approchait et étreignit Edward.
- Ca va aller...
Il opinait. Il a perdu lui aussi son bébé...
Comment est-ce que tu peux te sentir dans ces moments-là ?
- Comme on peut pas tous rentrer, j'crois que j'vais aller chez moi un peu, préparer les chambres pour les parents...
- Ok...
La petite Karlyne était dans les bras d'Eric. Alice, elle, était assise sur une chaise, sanglotant doucement.
- Karlyne, tu veux venir avec moi ?
- On va où ?
- Chez moi...
- Oh oui j'ai faim !
- Ok ça marche...
Je la prenais dans mes bras.
- Elisabeth, Eric... Vous aurez qu'à venir dormir à la maison, y a deux chambres...
- Merci Jasper...
- Pas de quoi...
Et que ferait Alice ? Elle allait dormir où ? Après tout, c'est chez elle aussi...
- Alice... est-ce que tu veux...
- Quoi ?
- Tu peux venir à la maison si tu veux...
Elle me regardait, et je ne savais quoi lire dans ses yeux. Envie ? Regret ? Haine ?
- C'est chez toi... Tu peux venir aussi...
- Ok... J'arriverai ce soir...
Elle ne vient pas. Pas avec moi en tout cas.
- Ok...
Je préférais voir Bella seul... pour lui dire de s'accrocher...
Mais honnêtement, je ne sais pas comment je vais la retrouver, et c'est ça qui m'angoisse...
- J'vais te suivre, j'ai besoin d'une douche...
- Ca marche !
Emmett, Karlyne et moi rejoignions mon domicile, où je n'étais pas revenu depuis "le clash"...
Alors évidemment...
Emmett sifflait.
- C'est quoi ce bordel ? T'as été cambriolé ou quoi ?
Je me penchais pour ramasser les débris du pot en terre cuite qui avait valsé dans mon élan de colère. Comme mon portable, un cadre, et une lampe.
- C'est quoi ça ?
Karlyne pointait du doigt les morceaux de mon téléphone.
- C'est rien, c'est mon téléphone...
- Oh bah dis donc il est cassé !
- Ouais, je sais...
Emmett me fixait, comme s'il regardait un monstre.
- Ben quoi ?
- C'est toi qui a...
Et bah oui ! C'est pas le chat qu'on n'a pas, tiens !
- Oui... Ca arrive... J'me suis foutu en rogne... Mais j'avais de quoi !
Emmett haussait les épaules.
- Bon, va te doucher, tu sens à trois kilomètres !
Karlyne s'approchait de moi.
- Jasper, j'ai envie de faire pipi !
- Et ben vas-y !
- Beh oui mais je sais pas où c'est !
- Comment ça tu sais pas où c'est ? Tu connais la maison !
- Oui mais en fait j'ai peur toute seule aussi…
- Allez file, j'te suis !
Et me voilà de corvée pipi… Décidément, c'est VRAIMENT une drôle de journée…
.. ::..
Point de vue d'Alice.
Edward était toujours assis sur un fauteuil dans le couloir. Elisabeth et Eric étaient au chevet de ma belle-sœur, Elisabeth ayant demandé à pouvoir lui parler. Carlisle et Esmé étaient partis chez moi… enfin chez nous… et Rose les avait suivi peu de temps après pour retrouver Emmett.
Je m'asseyais près d'Edward et passais ma main sur ses épaules.
- Ca va ?
Il opinait, mais je le savais sans conviction.
- J'arrive pas à y croire…
Que lui répondre ?
- C'est dur…
Il acquiesçait, les yeux dans le vague, et une larme perla sur sa joue.
Pas Edward ! Edward ne peut pas souffrir…
- Edward…
Je l'attirais vers moi et contre mon cou, il éclata en sanglots, entraînant mes pleurs avec les siens.
- Shhh…
- J'ai même pas pu le voir à l'écho… j'étais pas là…
J'avais eu sa place. J'avais vu son bébé. Son bébé qu'il ne verrait jamais.
- Je suis tellement désolée…
Il s'agrippait à moi et qu'aurais-je pu faire d'autre que renforcer mon étreinte ?
- J'ai pas été là pour elle…
- Tout ira bien, Edward… vous aurez un bébé ! J'en suis sûre…
Je caressais ses cheveux et la porte s'ouvrit sur Elisabeth, qui avait les yeux baignés de pleurs. Eric la soutenait.
- Oh Edward !
Elle se jetait sur son fils pour l'accaparer et le serrer contre elle. Eric me regardait, désolé.
- Je peux aller la voir ?
Il opinait. J'entrais dans la petite chambre pour trouver mon amie avachie dans le lit blanc. Elle avait récemment pleuré… elle avait encore le mouchoir dans ses mains.
- Bella…
C'est tellement étrange de regarder son ventre et de se dire qu'il n'y a plus de vie à l'intérieur… Je m'approchais et attrapais sa main.
- Comment tu te sens ?
Son menton tremblait.
- Je sais pas… Tout le monde défile et pleure… et c'est comme si j'avais pas été foutue de garder ce bébé et de le protéger…
Elle se mit à pleurer et je l'attrapais dans mes bras.
- Ca ira, Bella… C'est normal… Mais ce n'est pas de ta faute... Je suis là pour vous deux…
Elle émit un petit gémissement.
- T'as ta vie…
- Je serai là, comme tu l'as été pour moi…
Je quittais tardivement l'hôpital, lorsqu'une infirmière me sortit de la chambre. Edward prit mon relai pour embrasser son épouse. Mais Bella lui demanda de rentrer chez eux. Besoin d'être seule… Edward m'invita à passer la nuit chez eux.
Je n'avais pas envie de rentrer, et encore moins de croiser Jasper même si aujourd'hui, les circonstances font que l'on doit s'oublier pour penser à notre famille… car il s'agissait de notre famille, et j'espérais que Jasper ait encore une quelconque envie d'aider sa sœur…
Edward prit une longue douche et pendant ce temps, je rallumais mon téléphone. Sept appels manqués. Alec. Nous avions prévu de nous voir aujourd'hui… pour discuter… mais je n'ai pas pu… Je le rappelais.
- Alice ? Enfin !
- Salut Alec… Désolée…
- Où es-tu ? Je me suis inquiété !
- Ma belle-sœur a fait une fausse-couche… Je suis rentrée à Los Angeles avec ma famille pour la voir.
- Oh… Je suis désolé… C'est une chose terrible… mais si ce bébé n'est pas né, c'est qu'il n'en était pas la volonté de dieu…
- Ouais… enfin c'est pas ça qui va les consoler…
- Je comprends… comment te sens-tu ?
Je soupirais.
- Honnêtement ?
- Bien sûr ! Je suis à ton écoute…
- Mal… J'ai l'impression que tout s'écroule autour de moi… d'abord Jasper… ensuite Bella… Qu'est-ce qui va se passer d'autre, Alec ?
- Je suis là, Alice ! Tout se passera bien ! Je t'aiderai à ce que ça aille mieux !
Son discours me rassurait. Alec semblait vraiment me comprendre, et m'apprécier. Il savait m'écouter… Je me sentais libre auprès de lui.
- Désolée de t'embêter avec ça…
- Je suis là pour ça… Tu sais, si je ne m'étais pas confié à un moment donné à mes amis, je ne m'en serai pas sorti…
- Merci Alec…
- Je t'en prie… N'oublie pas que nous sommes tous là les uns pour les autres… pour t'aider à trouver une vie meilleure !
- Ouais… merci pour tout…
Je raccrochais, et Edward réapparut en pyjama, les cheveux mouillés. Il s'affalait à mes côtés, Enso venant poser sa tête sur ses genoux. Il le gratouillait sans entrain.
- Merci d'être venu… J'me sentais pas de rester tout seul…
- Tu as été là pour moi il y a trois semaines… Je suis là aussi…
Il opinait, et posait sa tête contre mon épaule. Cette nuit-là, nous ne dormions pas plus l'un que l'autre. Mais nous étions tous les deux, et même si le silence était de rigueur, la compagnie de l'autre agissait sur toutes les plaies.
.. ::..
Point de vue de Jasper.
Je m'étais levé tôt, pour aller voir Bella et être seul avec elle. J'pense qu'elle va avoir besoin de son grand-frère… A la maison, tout le monde avait réussi à trouver le sommeil. Esmé et Carlisle dans notre chambre, Elisabeth et Eric dans la chambre d'amis et Karlyne sur le canapé.
Moi, je n'ai pas dormi mais qu'importe.
Alice n'était pas venue. Partie avec Edward, sûrement ! J'avais attendu, espérant que cet événement nous laisserait peut-être l'occasion de nous rapprocher… du moins de parler… Mais non. Je savais pertinemment que c'était à moi de faire le premier pas. Et honnêtement, face à la peine de ma sœur, je me disais que cette dispute était stérile. Que si aucun de nous deux n'attrapait l'autre pour discuter, rien ne se résoudrait jamais.
On peut tout perdre, à chaque seconde. C'est juste la vie.
Tout perdre, y compris les gens qu'on aime. Et je refuse de perdre Alice !
J'espérais pouvoir la voir aujourd'hui. Lui dire que quoi qu'elle fasse, je serai d'accord avec elle. La serrer dans mes bras et lui dire qu'elle est tout ce dont j'ai besoin.
J'attendais dans la voiture, avec mon cahier et mon stylo, que l'heure de visites soit autorisée.
« Maxime avance jusqu'à l'autel, apercevant le blanc trop blanc de la robe (retouche numérique pour rendre le blanc de la mariée agressif ). Les visages autour de lui deviennent flous et inamicaux (la caméra tremble légèrement).
Flash back sur les dernières semaines en compagnie de Mary, scènes sans dialogue.
Maxime arrive à l'autel, Sandy fronce les sourcils. Maxime se sent oppressé.
- Je ne peux pas faire ça… »
J'avais du mal à écrire ce scénario, mais les idées se posaient toutes seules, et le ressenti aussi.
Je voulais que le personnage de Maxime prenne totalement conscience de sa connerie, sans toutefois copier-coller ce qui s'était passé à mon mariage. Je relevais la tête, à la recherche d'une idée quand une grande silhouette masculine entrant dans l'hôpital attira mon attention.
Ce type… Ce connard était avec Alice l'autre jour !
Qu'est-ce qu'il fait là ?
Je quittais ma voiture, la fermais à clés et rentrais à mon tour. Je n'eus pas de mal à le repérer, à côté du distributeur dans un couloir désert.
Mais c'est lui !
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Il relevait la tête vers moi.
- Oh ! Ce cher Mr Cullen !
- Joue pas au mariole avec moi ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je ne vous connais pas, monsieur ! Je n'ai pas à justifier mon emploi du temps ! Mais si ça vous intéresse tellement, sachez que je suis venu ici pour aider Alice !
Putain ! Il me cherche !
- Ah ouais ?
- Oui ! Elle est dans une grande souffrance actuellement, et je lui apporte ce que vous n'avez pas !
Non mais je rêve !
- Non mais de quoi je me mêle, sérieux ? T'es qui toi, d'abord ?
- Alec, un ami !
- Un ami !
- Je vous demanderai d'ailleurs de laisser Alice tranquille ! Vous êtes la source la plus handicapante dans sa vie…
Connard ! Je l'empoignais par la veste et le poussais contre le mur.
- Ecoute-moi bien espèce de p'tit con, j'sais pas à quoi tu joues, mais tu ne te mêles PAS de ça, c'est compris ?
Il me regardait, et un petit sourire naquit sur son visage.
- Vous ne me faites pas peur, Jasper ! J'ai appris à combattre le mal…
Le mal… mais c'est quoi cette connerie ? Ce type n'a pas un discours normal ! C'est clair !
- Je ne le répèterai pas deux fois espèce de gland ! Tu laisses Alice, tu sors de nos vies, et tu ne te mêles pas de ce que je traverse avec ma femme !
- Sinon quoi ?
Il souriait toujours.
- Sinon je te promets que je vais t'éclater la gueule, te la taillader et te la filer en salade espèce de gros con !
- JASPER !
Je me retournais en entendant Alice.
- Alice…
- MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS ?
- Ce type n'a rien à foutre là !
Elle s'avançait, sourcils froncés, furieuse.
- MAIS DE QUOI TU TE MELES TOI HEIN ? CA TE SUFFIT PAS DE M'AVOIR ETOUFFEE, IL FAUT EN PLUS QUE TU T'EN PRENNES A CEUX QUI ESSAIENT DE M'AIDER ? MERDE A LA FIN !
Elle s'approchait d'Alec et me fit face.
- CASSE-TOI JASPER ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE REVOIR !
Qu…
- TU TE TIRES D'ICI, ET TU ME FOUS LA PAIX !
- Alice…
- BARRES-TOI ! MAINTENANT !
Alice… non !
Ses yeux furieux en disaient bien plus que tous les discours supplémentaires.
Alice ne veut plus me voir.
Jamais…
Elle se tournait vers Alec.
- Je suis désolée… Vraiment… Je ne sais plus quoi faire, il…
Alors, il la prit dans ses bras contre lui, caressant sa nuque.
- Je suis là pour toi Alice… Ce que ce dérangé peut faire ne m'atteint pas…
Alice m'échappe.
Définitivement.
Je tournais les talons, sentant une pluie de briques s'abattre sur mon estomac.
Alice…
Les images de ma femme dans les bras de ce crétin défilaient dans ma tête, sans cesse. J'arpentais les couloirs, guidé par la voix de ma femme qui martelait ce discours infernal. « Barre-toi… Je ne veux plus jamais te revoir… »
Alice… Où est mon Alice ? Ce n'est pas elle. Pas elle auprès de ce type…
J'entrais dans la chambre de ma sœur et la trouvais éveillée, appuyée contre l'oreiller. Blanche et pâle. Fatiguée.
Elle aussi a perdu quelqu'un…
Sans que je ne le prévoie, mon cœur se serrait trop violemment. Je m'approchais de Bella et observais ses yeux marron. Elle me comprend, Bella… toujours… c'est ma sœur, et je pourrai tuer pour elle…
Son menton se mit à trembler et je crois bien que mon visage ne fut que le reflet du sien quand les larmes roulèrent sur ses joues. Je l'attirais dans mes bras et écoutais ses sanglots et toute sa peine.
Et les miens leur répondaient…
