N/a: Retard atrocement abominable! Mais je croyais cette fic oubliée de tous... Merci à Maxine de Hi! Ton message ma fait chaud au coeur! Pour la peine, je poste deux chapitres à la suite!

Chapitre 21: Meurtrier en liberté!

Sely avait été très blessée par l'attitude de Draco, d'autant qu'elle n'avait pas compris pourquoi ce soudain revirement. Mais elle n'avait rien dit. Peut-être aurait-elle dû? C'était trop tard, maintenant.

Elle soupira. Draco Malfoy n'était pas ce qu'il paraissait être. Il avait fait preuve de beaucoup de sollicitude envers elle, alors qu'il n'avait été jusque là que méprisant et hargneux. Pourquoi ce changement? Il avait été visiblement bouleversé par la vision qu'elle avait eue.

Était-ce donc si terrible? Elle-même avait été éprouvée mais elle avait vécu sa vision. Peut-être lui cachait-il des évènements sur lui. De toute façon, ce n'était pas ses affaires. Elle était trop fatiguée pour penser correctement. Elle prit avec réluctance la potion que lui avait concoctée la sorcière infirmière quand elle avait été la voir pour les maux de tête qui la torturaient pendant la nuit, l'empêchant de s'endormir.

Elle avait besoin d'un peu de sommeil avant d'affronter Dumbledore.

°°°

Quand elle se réveilla, les rares rayons du soleil annonçant le crépuscule perçaient à travers sa fenêtre.

La bouche pâteuse, elle se leva et quitta la relative chaleur de son lit et alla s'asperger le visage d'eau froide pour se réveiller.

Puis elle se rhabilla et quitta sa chambre. Elle devait parler à Dumbledore. Elle savait qui était mort. Son devoir était de mettre Dumbledore au courant. Après tout, il s'agissait d'une de ses élèves. Et elle avait la sale impression que ce meurtre ne s'était pas produit dans le passé…

Elle dévala les escaliers, bifurqua et se trouva devant l'immonde gargouille.

« Euh… »

Qu'avait dit Dumbledore, déjà? Elle réfléchit.

« Dragées-surprise! »

La statue ne bougea pas. La moutarde monta au nez de la jeune fille.

« Hé, oh! Là-dedans! » cira-t-elle en toquant sur la tête de la gargouille qui rendit un son creux.

« Je sais que tu m'entends, la chose! Réponds! »

Cette gargouille allait bien lui parler, quand même! Elle n'était pas impolie à ce point!

« La gargouille! Tu vas me laisser passer, oui! Je suis déjà venue, ouvre-moi! » s'énerva-t-elle. « Alleeeeeeeeez! On se réveille! »

Des élèves passèrent à côté d'elle, la regardèrent bizarrement et pouffèrent en repartant. Sely retint son envie de leur brailler de s'occuper de leurs affaires.

Hmm. Peut-être que cette statue-là ne parlait pas. Les armures bougeaient mais elles étaient muettes.

Mais elle avait prononcé le mot de passe! Où était le problème?

« C'est parce que je suis une Moldue, c'est ça? Raciste! »

Bon, d'accord, elle n'était même plus sure de ce qu'elle était. Moldue puis Cracmol. Mais Dumbledore semblait penser qu'elle avait certains pouvoirs. Donc elle n'était pas une Cracmol non plus. Qu'était-elle donc? C'était trop compliqué pour son esprit embrumé par le sommeil.

« Hé! Y a quelqu'un là-dedans! » s'égosilla-t-elle.

Enfin, la gargouille consentit à la laisser passer.

« Ah! C'est pas trop tôt! » râla-t-elle.

Un Dumbledore étonné se tenait derrière la gargouille. Selayne rougit jusqu'à la racine des cheveux.

« Euh… Bonjour. » bégaya-t-elle.

« Bonjour Selayne » fit tranquillement Dumbledore. « J'ai entendu du… bruit venant du couloir, je suis venu voir s'il se passait quelque chose de grave… »

Selayne déglutit.

« Eh bien… En quelque sorte. »

« A vrai dire, je dois t'avouer que je suis heureux de ta présence, Selayne. Je serais bien allé te voir mais Aréthuse m'a indiqué très aimablement que tu dormais et que tu ne tolérerais sûrement aucune visite. » fit-il avec espièglerie.

« Je suppose que vous êtes au courant pour ma vision. »

« Le professeur Rogue m'en a parlé, en effet. » admit Dumbledore.

« Je… Pourrions-nous en parler dans votre bureau? »

Il eut un sourire compréhensif.

« Il serait préférable, effectivement. » l'approuva-t-il en s'effaçant.

Sely hésita puis entra. L'escalier la mena au bureau maintenant bien connu de Dumbledore. Elle entendit la porte se refermer sans grincement. Puis Dumbledore alla s'asseoir, l'invitant à faire de même.

Il attendit qu'elle soit prête à en parler. Selayne fixa son attention sur un point au-dehors. Quelques élèves vêtus de bleu et de jaune voletaient dans l'air sur des balais. Elle suivit un instant les cabrioles de l'un d'eux avant de commencer son récit.

« C'est un peu… (elle chercha un mot) en bazar. »

« Désordonné? » suggéra Dumbledore.

Elle opina du chef puis continua, ses yeux volant avec la silhouette pirouettant.

« Au début, je me suis sentie comme de la guimauve, mon corps devenait tout mou. Puis, j'ai été comme arrachée à moi-même et je me suis transposée. »

Elle hésita, croisa son regard, cherchant confirmation.

« C'est bien comme ça que l'on dit? »

Le vieux sorcier acquiesça.

Elle plissa les yeux.

« Elle avait une peur folle. Elle courait comme si sa vie en dépendait, sur ses petites jambes. Une peur vraiment irrationnelle. J'entendais les pas lourds derrière elle. On allait la rattraper. Il n'y avait qu'elle et la personne qui la pourchassait. Elle avait mal à la tête, je sentais son sang sur ma tempe, elle s'était cognée. L'autre lui a agrippé le bras, lui arrachant presque! J'étais paniquée! Je sentais que j'allais mourir! On m'a plaquée sur le mur! Il y avait un grand miroir en face moi, doré et décoré d'enluminures. Mon reflet m'a fait peur. J'avais l'air d'un animal traqué! J'ai vu des étoiles, noires, explosant derrière mes paupières… »

Sa respiration s'accéléra.

« J'ai été frappée, battue, cognée dans tous les sens! Il n'y avait pas un seul membre auquel je n'avais pas mal! Je sentais tous mes muscles endoloris! C'était terrifiant! On m'a entraînée en m'étranglant pratiquement dans la pièce à côté, blanche, très blanche. Il y avait un fouillis monstrueux. J'ai empoigné une barre torsadée qui s'était détachée d'un cadre de lit et l'ai cachée derrière mon dos, tandis que l'autre refermait la porte. J'étais piégée! Puis, alors qu'il me tournait encore le dos, je l'ai brandie et je l'ai abattue de toutes mes forces! Il y a eu un immonde gargouillis et une tache de sang est née sur sa robe noire. Elle s'est élargie. Au moment où l'autre s'est retourné, j'ai compris que j'avais mal visé. Il m'a asséné une gifle qui m'a quasiment assommée. Le monde s'est mis à tourner. Je perdais du sang. J'ai hurlé quand il m'a envoyé un Endoloris. »

Elle se mit à claquer des dents.

Dumbledore sursauta.

« Le sortilège du Doloris? »

« Ca a recommencé. Puis l'autre a saisi la barre que j'avais utilisée et m'a frappée avec. Je ne sentais plus mon corps, tellement j'avais mal! Puis… »

Elle déglutit.

« Il a serré ma gorge, m'a claquée contre le mur encore, encore, encore et encore. Je voyais trouble. Je n'arrivais plus à bouger. Je ne voyais pratiquement plus rien. Soudain, j'ai vu briller la lame d'un poignard. Il m'a embrochée avec… »

Elle frémit à ce souvenir douloureux. Ça avait fait si mal! Sa main erra jusqu'à sa côte, là où le poignard l'avait blessée fatalement.

« Puis il a dit: Avada Kedavra! Il y a eu un grand éclair vert et… »

Elle baissa les yeux sur ses chaussures.

« …Plus rien. » dit-elle dans un souffle.

Dumbledore resta songeur.

« D'après toi, Selayne, qui était cet homme? »

« Un homme? Qui vous dit que c'était un homme? L'autre avait une robe! »

Elle fixa Dumbledore.

« J'avais oublié que vous en portiez tous… » soupira-t-elle. « Il y a plus de chances que ce soit un homme, effectivement. Il avait une grande force physique. Mais je ne vois pas de qui il peut s'agir. Ça doit être un monstre pour tuer une jeune fille. »

« Une jeune fille? Vous en êtes sûre? » demanda Dumbledore.

« Tout à fait. » dit avec aplomb Sely. « Je sais encore faire la différence entre un homme et une femme. » railla-t-elle. « Quant à juger l'âge, elle devait être à peu près aussi jeune que moi. »

La voix de Dumbledore fut si basse que Sely dut tendre l'oreille.

« Savez-vous… qui vous étiez? »

« Qui j'étais? »

Son regard se fit lointain.

« Pas au début. Il a fallu que je ressasse tout ça et que j'en rêve pour me souvenir de son nom… »

Dumbledore était tout ouïe. Elle ne parut pas s'en rendre compte.

« Vous savez, j'étais avec Draco Malfoy. Il m'a vraiment aidé. C'est un garçon très particulier mais, sans lui, je crois que j'aurais perdu l'esprit. Il était là quand je me suis souvenue du nom de la jeune fille. »

« Draco Malfoy? »

Dumbledore était contrarié.

« Je ne lui ai pas dit son nom. » rajouta rapidement Sely, pour prouver que sa première pensée avait été de venir lui raconter. « Il est parti sans le savoir. »

Dumbledore se détendit.

« Vous avez bien fait. Il vaut mieux laisser les élèves en-dehors de ça, Selayne. »

« Je comprends, Mr. C'est pour ça que j'ai préféré tenir ma langue. Néanmoins, Draco Malfoy a été témoin par deux fois de ces…crises. »

« Vous voulez parler de vos visons? » corrigea Dumbledore d'une vois douce.

« Vous savez exactement à quoi je fais allusion. » répondit-elle sèchement.

Elle ne s'y fera jamais, réalisa Dumbledore.

« Draco n'en parlera que si ça sert son intérêt. » expliqua le directeur. « C'est peut-être un jugement dur à vos yeux, Selayne mais je connais sa famille depuis que je suis directeur de cette école. Des générations de Malfoy sont passées sous ma tutelle à Poudlard. »

Sely se racla la gorge.

« Excusez-moi, monsieur mais je crois que vous avez tendance à le mettre dans une case. Je ne pense pas Draco Malfoy aussi égoïste. »

Dumbledore comprit avec surprise que Selayne et Draco Malfoy avaient tissé des liens, ce qui était fort surprenant, connaissant l'horreur qu'éprouvaient les Malfoy vis à vis des Moldus, des Cracmols, des familles liées aux Moldus et la réluctance de Selayne Hargreaves par rapport aux sorciers.

Il toussa et dévia la conversation, ramenant le sujet à la vision de Selayne.

« Je ne crois pas que ce soit le moment de faire l'apologie de Mr Malfoy. »

Elle parut comprendre.

« Vous voulez savoir qui est mort? »

Les yeux de Dumbledore parlaient pour lui.

« Il s'agit de… »

À ce moment, la porte s'ouvrit sur une McGonagall épouvantée.

« Albus! »

Elle s'aperçut de la présence de Selayne et se tint coite.

« Parlez Minerva, qu'y a-t-il? »

Le professeur hésita.

« Il y a eu un accident. Argus a retrouvé… »

Elle s'interrompit, fixant Selayne. Celle-ci ferma les yeux et une larme coula silencieusement.

« Pansy Parkinson est morte. »

Les deux sorciers la regardèrent avec stupeur.