Boo-ya ! Vous avez réussi à tenir jusqu'à ce chapitre ? Vous méritez une médaille d'argent ! Nan, pas d'or, la médaille d'or, ce sera pour ceux qui arriveront à lire jusqu'à la fin ! Courage… (fuyons)
Dans ce long chapitre, peu d'action, mais beaucoup de dialogues (j'ai l'impression que c'est ennuyant…), des souvenirs, et des liens qui se resserrent. Pas d'inquiétude, il va y'en avoir de l'action, dans le chapitre 21 ! Je le promets sur mon honneur d'Ayame (pose de héros).
Note : Les points de vue et opinons exprimés sont ceux des intervenants et ne représentent pas forcément ceux d'Ayame(c).
Chapitre 20 : Le manoir du désespoir
« Comme vous êtes loin, paradis parfumé,
Où sous un clair azur tout n'est qu'amour et joie,
Où tout ce que l'on aime est digne d'être aimé,
Où dans la volupté pure le cœur se noie !
Comme vous êtes loin, paradis parfumé ! »
Charles Baudelaire
Moesta et Errabunda, LV, Les Fleurs du mal
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-Ce n'est pas vrai ! lâcha Isyl. Où est-elle partie ?
Sephiroth se dirigea vers le Terminal et examina la neige le recouvrant. Soucieux, il se tourna vers Isyl :
-Nous ferions mieux de retourner sur Gaiya. Il n'y a plus rien à faire, ici.
-Mais, et Fubuki ? Qui sait ce qu'elle prépare ?
-Ce n'est pas en restant ici qu'on le saura, répondit-il. Peut-être s'est-elle rendue là-bas ; quoi qu'il en soit, Aran est toujours en vie et représente une menace plus importante.
Isyl acquiesça. Il avait raison, Aran pouvait s'en prendre aux habitants de Gaiya à tout moment. D'un pas décidé, elle s'approcha de l'édifice, alors que son ami rétractait silencieusement son aile. Aucune marque n'apparaissait à son emplacement, pas même une cicatrice !
-Gaiya ! cria-t-elle. J'espère que les autres s'en sortent…
Une nouvelle fois, la lumière s'activa, entraînant avec elle les deux compagnons. Curieusement, une série d'images surgirent devant les yeux d'Isyl : Une cuve bleue contenant une créature de la même couleur, le sommet d'un immeuble en ruines, une sphère rougeâtre et palpitante comme un muscle, des monstres de la même couleur qui galopaient et volaient au cœur d'un désert… Ces flashes disparurent aussi vite qu'ils étaient apparus, puis Isyl se retrouva dans Ajiit.
Le lieu était désert. Peut-être étaient-ils dans la forêt… La jeune femme s'empressa de remonter à la surface, suivie de Sephiroth qui était plus prudent.
-Attends. Je sens l'odeur du sang et de la mako. Il se passe quelque chose, dehors !
-Alors, ne nous languissons pas ici ! s'exclama-t-elle, sur le qui-vive.
De quoi parlait-il ? Elle ne sentait rien, elle. L'argenté prit les devants, serrant fermement sa lame. L'atmosphère était considérablement lourde, ce qui renforça la tension d'Isyl. A l'extérieur, aucun oiseau ne chantait et pas un seul souffle d'air n'agitait les herbes hautes. Au bord du lac, un individu était assis par terre, les poings crispés.
-Kadaj ! dit Isyl en reconnaissant l'adolescent. Que s'est-il passé ?
-Nous avons été attaqués, répondit-il en ne se retournant pas. Ces choses, là, sont apparues et ont voulu nous massacrer.
Elle s'approcha du cadavre d'un monstre ailé. On aurait dit qu'il ne la reconnaissait pas…
-Y'a-t-il des… morts ? lui demanda-t-elle.
-Non. Par chance, nous les avons tous repoussés sans encombre.
Il tourna son visage fermé vers elle, qui s'éclaira lorsque leurs regards se croisèrent.
-Isyl ! Tu… tu es vivante !?
-On peut dire ça comme ça. Je ne suis pas au mieux de ma forme, mais je devrais m'en sortir.
Il voulut la serrer dans ses bras mais Isyl le repoussa doucement.
-Nous fêterons nos retrouvailles plus tard. Où sont les autres ?
-En train de s'occuper des blessés. Oh, il n'y a rien de grave ; juste quelques égratignures, ajouta-t-il en voyant l'air inquiet de sa sœur.
Sephiroth s'agenouilla près du monstre mort et l'examina.
-On dirait qu'Aran vous a envoyé un de ses présents.
-Que veux-tu dire ?
-Tu vois leur chair à nu, sans peau ? C'est tout à fait son genre ; il aime particulièrement ce qui ressemble plus ou moins à de la chair.
Isyl s'agenouilla à son tour. La créature avait l'air d'un dragon, avec ses excroissances osseuses qui saillaient de son échine et de son crâne.
-Il y en avait une bonne vingtaine, comme ça, déclara Kadaj. Ils ont surgi soudainement, sans qu'aucun de nous ne les ait sentis.
-Pourquoi Aran nous aurait-il envoyé cela ? Il n'est pas au courant de notre existence, si ?
-Marduk… il est avec lui, dit Sephiroth. Il a sûrement informé Aran de votre présence, étant donné qu'il vous a suivi depuis Midgar.
-Et en quoi nous l'intéresserions ?
-Tu te souviens de ce qu'il a dit ? La mako présente dans ton sang peut lui fournir une quantité d'énergie impressionnante. Cela vaut aussi pour tous les Ôkannis présents ici. Aran a probablement voulu tester votre potentiel.
Les autres habitants d'Ajiit s'étaient cloîtrés dans les coquillages, par peur d'un nouvel assaut. Il n'y avait aucun blessé grave, fort heureusement.
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-La première fois que je l'ai amené ici, il les a presque ignorés… dit Kadaj à Isyl.
Sephiroth s'occupait méticuleusement de ses semblables, prodiguant des soins aux uns, donnant des conseils aux autres. Il restait toujours stoïque, comme d'habitude ; malgré cela, Isyl se doutait que quelque chose en lui avait sérieusement changé.
-Je crois… qu'il a compris qu'aider les siens pouvait apaiser sa souffrance intérieure.
-C'est une bonne chose pour nous tous. Tu sais, au début, j'avais peur qu'il nous rejette. Mais c'est grâce à toi qu'il a réussi à s'ouvrir.
Isyl rit doucement, embarrassée par ce compliment. Les ayant entendus, Sephiroth acquiesça, le dos tourné :
-Il y a longtemps, j'ai appris que posséder un fort sens de la camaraderie me permettait de me sentir mieux. J'aimerais retrouver cette sensation.
Il termina de nouer un bandage, et se retourna en direction d'Isyl.
-C'est en effet grâce à toi que je me suis souvenu de tout ça, Isyl.
Kadaj eut un sourire en coin et sortir prendre soin des autres blessés, avant qu'Isyl puisse lui demander ce qu'il avait. Sephiroth et elle sortirent à leur tour, marchèrent quelques instants côte à côte puis s'assirent sur le tronc d'un arbre immaculé, courbé par le temps.
-J'aimerais retourner à Nibelheim, murmura l'argenté.
-Nibelheim ?
-C'est la ville où était conservé le corps de Jenova, où j'ai découvert la… vérité sur mes origine, et c'est là où Aran avait établi ses quartiers. Il y a là-bas des dossiers recensant une bonne partie des expériences réalisées par la Shin-Ra et des informations sur les Cetras. Bien que la plupart soit erronés, je pourrais peut-être en trouver dont on n'a pas modifié le contenu.
Une luciole se posa sur une branche basse. Elle scintillait dans la lumière du crépuscule, irisant de sa lumière les feuilles des arbres. Cette créature à la vie simple mais si lumineuse fascinait Isyl.
-Pourquoi veux-tu lire ces documents ? Ils ne t'ont apporté que douleur par le passé, n'est-ce pas ?
-J'ai besoin d'en savoir plus sur Jenova et les Cetras. Il est fort probable que cela puisse nous être utile dans notre guerre contre Aran. Si la souffrance est le prix à payer, alors je l'accepterai sans soucis.
-Il faut que je vienne avec toi ; moi aussi, j'ai besoin de savoir certaines choses…
-Tu dois te préparer au pire, l'avertit-il. Certains de ces rapports relatent des horreurs indescriptibles.
Isyl descendit du tronc et planta son regard dans celui de Sephiroth :
-Je me sens prête, et je crois que je commence à voir l'habitude. Je veux mettre fin à l'existence d'Aran, mais pour cela, il me faut en découvrir plus sur moi et sur mes dons perdus. Il y a bien un moyen de les retrouver !
Sephiroth acquiesça, puis se laissa tomber au sol.
-Pour l'heure, nous devons enterrer les cadavres des monstres que les Ôkannis ont combattus. Si on les laisse à l'air libre, ils risquent d'attirer d'autres prédateurs.
-Je n'imagine même pas l'odeur que leur décomposition provoquerait… !
Lorsque que les créatures furent enterrées six pieds sous terre, Isyl alla retrouver Kadaj aux abords du coquillage principal. Heureux de retrouver sa sœur, il lui tendit son Souba à la poignée rouge.
-Quand Sephiroth, ou plutôt Jenova, t'a enlevée, j'ai récupéré ton sabre. Ne t'inquiète pas, j'en ai pris soin !
-Je ne pensais pas qu'il serait toujours là, sourit Isyl en prenant l'arme. Normalement, lorsque je quitte une planète, mon arme disparaît et j'en acquiers une nouvelle. Comme je suis désormais incapable d'invoquer cette arme, ça m'étonne qu'il soit là ! Enfin, merci, Kadaj. Il me sera sûrement très utile.
-Comment ça, incapable ? s'inquiéta-t-il. Tu veux dire que tu n'as plus de pouvoirs ?
-Non. Marduk m'a infligé une blessure étrange et j'ai perdu quasiment l'intégralité de mes dons, qui ont été transférés à Aran. Heureusement, je peux toujours me régénérer, sinon je ne serais pas là aujourd'hui !
Kadaj croisa les bras d'un air embarrassé.
-J'ai bien cru que tu étais partie pour de bon…
-Hé ! Tu as oublié qu'il m'en fallait plus pour me mettre au tapis? Bref, pour essayer de retrouver ces dons, je vais aller à Nibelheim avec Sephiroth. Vous allez pouvoir vous en sortir seuls, encore une fois ?
-Ca devrait aller, répondit l'adolescent. J'ai peur que l'on se fasse encore attaquer par ces monstres, mais nous devrions pouvoir les repousser facilement.
Isyl lui assura qu'ils n'en auraient pas pour longtemps et que s'ils avaient un problème, Kadaj avait juste à se concentrer pour atteindre son esprit ; ainsi ils pourraient communiquer. Malgré son calme apparent, Isyl n'avait pas souvent été aussi agitée.. Elle brûlait d'envie de savoir ce qui avait pu se dérouler dans cette ville, Nibelheim ; en même temps, elle craignait de découvrir plus d'horreurs encore.
Elle se vêtit avec des habits de voyages chauds, car le climat n'était pas tous les jours radieux dans cette partie du monde. Elle n'omit pas de prendre Souba avec elle, même si elle ne se sentait plus vraiment capable de le manier avec la même habilité qu'autrefois. Sephiroth et Isyl quittèrent Ajiit deux jour après leur retour sur Gaiya.
Avant de partir, la jeune fille avait proposé à Kadaj de les accompagner, mais il lui avait répondu en souriant qu'il préférait qu'ils trouvent les réponses à leurs questions seuls. Il pensait que cela ne le concernait pas, et pourtant… Nibelheim devait sûrement détenir des informations clés à propos du Projet Jenova, et donc du sien.
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Le voyage fut long et épuisant pour Isyl, qui ne possédait plus la même endurance qu'auparavant. Mais heureusement pour elle, grâce aux nouvelles capacités de vol de l'argenté, cette tâche fut plus aisée, notamment lorsqu'ils durent traverser les montagnes du mont Nibel. Elle lui fut très reconnaissante pour son aide, d'autant plus qu'elle commençait à sérieusement apprécier les phases de vol au-dessus des forêts et des rivières !
Un soir, ils s'arrêtèrent dans une caverne près du réacteur mako du mont Nibel, afin de se reposer. Il n'y avait pas un chat dans les environs, rien qui ait pu prouver l'existence d'Aran. La cavité rocheuse avait été aménagée par la main de l'homme avec, bien évidemment, de nombreux tuyaux et de la ferraille. Les monstres vivant dans les montagnes ne s'aventuraient pas souvent ici, malgré la présence abondante de mako.
-C'est de la mako naturelle, non ? demanda Isyl en désignant de petites mares remplies du liquide lumineux.
-C'est très rare d'en voir, même si le réacteur est inactif. Le prélèvement de mako a desséché toute la chaîne montagneuse, des mares comme celles-ci surgissent du sol de temps à autre.
-Je n'en ai jamais vu… Enfin, pas à l'état naturel. Si des monstres traînent dans le coin, la lumière qu'elles émettent nous avertira bien vite.
Isyl se prépara à dormir quelques heures, tandis que Sephiroth surveillerait le campement de fortune. La nuit passa lentement, sans incident. Durant son tour de garde, Isyl se surprit à fixer la mako en entortillant entre ses doigts une mèche de cheveux de son ami. Riant pour elle-même, elle songea que c'était la seconde fois qu'elle avait ce genre de manie. Depuis qu'elle l'avait retrouvé, elle se sentait plus proche de lui, amicalement parlant, et sa présence à ses côtés la détendait.
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Le village de Nibelheim était aussi froid que les sommets qui l'encerclaient. Toutes les rues sans exception étaient désertes, comme si les habitants avaient peur de sortir de chez eux… ce qui était probablement le cas, au vu des monstres que les deux amis avaient croisé en chemin. Ils ne s'attardèrent pas longtemps en ville, puisqu'ils n'avaient rien à y faire et ne désiraient pas être aperçus. Sephiroth conduisit Isyl vers un bâtiment situé à l'écart du village. C'était un manoir de type classique, abandonné et dont les herbes folles envahissaient le jardin.
-Le manoir Shin-Ra. C'est ici que les scientifiques de cette compagnie ont débuté leurs recherches et leurs expériences. C'est sans aucun doute ici que je suis né…
La porte d'entrée, dont le bois avait gonflé à cause de l'humidité, ne résista pas longtemps à la poussée qu'il exercèrent sur elle. Elle s'ouvrit lentement en grinçant et une odeur insupportable envahit la cour. Laissé à l'abandon, l'édifice se désagrégeait lentement : une partie de l'escalier menant à l'étage s'était disloqué en copeaux de bois et la moisissure proliférait sur les murs.
-Montons à l'étage, il y a une porte secrète aboutissant au laboratoire et à la bibliothèque, expliqua Sephiroth.
Ils gravirent une à une les marches grinçantes de l'escalier. Isyl s'attendait à tout moment à ce qu'il s'écroule sous leur poids, mais il tint miraculeusement le coup. La poussière noirâtre maculant les fenêtres diminuait sensiblement la visibilité, ce qui rendait l'exploration difficile pour la jeune femme. Et la bâtisse avait l'air encore plus glauque…
Après une enfilade de couloirs sombres, Sephiroth entra dans une petite chambre et s'arrêta devant une paroi de pierres. On aurait dit une cheminée… Il chercha un endroit distinct sur le mur ; lorsqu'il appuya sur une pierre, près du sol, la cloison coulissa, révélant un escalier en colimaçon qui plongeait dans les ténèbres.
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-C'était quoi, ça ? lança Isyl en désignant le cadavre de la pointe de sa lame.
Une sorte de zombie à deux têtes avait surgi de l'obscurité du tunnel souterrain pour se jeter sur elle. Il gisait désormais à terre, une plaie béante s'ouvrant sur ce qu'il lui restait de thorax.
-Je suppose qu'il s'agit d'une autre expérience, qui aura mal tourné, soupira son compagnon en rengainant Masamune. Ne traînons pas ici, il pourrait y en avoir d'autres.
Isyl contourna prudemment le cadavre et continua sa route. En chemin, elle remarqua un placard contenant des cercueils… Il fallait être sacrément déséquilibré pour vivre dans un endroit pareil !
-C'est ici, dit Sephiroth en ouvrant une autre porte, au bout du passage.
-C'est un peu lugubre… C'est un laboratoire, non ?
Le lieu semblait avoir été abandonné depuis des siècles : des piles de livres s'entassaient dans tous les coins, recouverts d'une épaisse couche de poussière. Sur des étagères parfois à moitié écroulées s'alignaient des bocaux contenant des substances phosphorescentes, des organes et parfois même… des créatures à l'aspect difforme. Dans la pièce par laquelle ils étaient rentrés, Isyl aperçut dans la pénombre une table d'opération où reposaient encore des instruments médicaux, ainsi que deux cuves à mako au fond de la salle. Sans parler des innombrables machines dont elle n'osait même pas imaginer la fonction.
-C'est beaucoup plus vétuste qu'à Midgar, constata la jeune fille pour elle-même. Qui a pu être assez détraqué pour aménager une pièce pareille ?
-Il ne vaut mieux pas que tu le saches, répondit son ami. Viens, c'est par-là.
Il la conduisit dans la pièce adjacente. C'était une bibliothèque ; du moins, ce qu'il en restait. Là aussi, des livres ouverts, souvent déchiquetés, étaient répandus au sol. Vu les regards fuyants, que leur jetait parfois l'argenté, Isyl ne doutait pas qu'il en connaissait le contenu… Elle en prit un au hasard, épousseta la couche de poussière et en déchiffra l'inscription.
-'Effet de la mako sur les êtres vivants'. Ca alors… c'est ici, que tout a commencé, n'est-ce pas ?
-Exactement. Le Projet Jenova a débuté ici-même, dans ce laboratoire.
Isyl reposa l'ouvrage et s'approcha de son ami.
-Que venons-nous chercher dans cet endroit ? Il n'y a que des fantômes, ici, et ces rapports ne sont que mensonges.
-Pas tous, objecta-t-il. Vois-tu, avant que le maître des lieux ne se livre à toutes ces horreurs, un autre scientifique a fait des recherches. Celles-ci visaient à étudier le corps d'une Cetra conservée dans la glace ; une Cetra nommée Jenova.
-Je vois… Il ne s'est pas dit qu'elle était en fait une créature venue d'un autre monde ? Et lui, réalisait-il ce genre d'expériences ?
-Non ; au contraire, le Professeur Gast condamnait ce genre d'actes. Lorsqu'il a apprit que cela allait aboutir sur autre chose, avec l'appui de la Shin-Ra, il s'est retiré du Projet Jenova. Je ne sais pas grand chose d'autre, mais il était généreux et s'est beaucoup occupé de moi, lorsque j'étais enfant.
Il se dirigea vers l'une des étagères et saisit un dossier qu'il n'avait sans doute pas consulté.
-Il doit y avoir des documents non erronés rédigés de sa main avant son départ. Je n'ai pas eu le temps de tous les consulter ; Jenova avait déjà prit le dessus sur mon esprit.
Isyl acquiesça, puis se mit à examiner les livres éparpillés sur la droite de la bibliothèque. La plupart ne recelaient que des informations sur les Cetras et le lointain passé de Gaiya. Cependant, alors qu'elle passait un doigt hésitant sur les tranches d'un rayonnage, un titre attira son attention : 'Projet Jenova S : rapport numéro un'. S… Comme Sephiroth ? Il y a vraiment de quoi perdre l'esprit, ici, se dit-elle en ouvrant le volume.
« Jour cinq, mois un, an un :
Tous nos tests se sont révélés positifs. Les gamètes mâles humains et les gamètes femelles cetras sont compatible. Nous avons d'ors et déjà trouvé une mère porteuse pour accueillir le futur hybride. Nous procèderons à la fécondation in-vitro d'ici une semaine.
Jour douze, mois un, an un :
Cette expérience est un succès.Nous avons isolé la mère porteuse dans une cuve à mako afin que celle-ci la rende plus réceptive.
Etat stable. La cellule-œuf est actuellement au troisième stade de son évolution.
Jour quarante, mois deux, an un :
L'embryon se développe correctement. Aucun signe de rejet de la part de la mère porteuse, si ce n'est qu'elle souffre régulièrement de nausées.Pour plus de sécurité, nous l'isolons en présence de mako.
Ce serait un désastre si le Projet venait à échouer par la faute de cette incapable.
Jour soixante-deux, mois trois, an un :
Tout se passe bien. Si nos travaux se révèlent être un succès, nous projetterons de créer en masse d'autres hybrides.
Les capacités des Cetras, couplées à celles des Humains, pourraient engendrer une espèce nouvelle, supérieure à l'humanité. »
Isyl referma le dossier et se massa les tempes. Comment pouvait-on commettre un crime pareil avec toute sa conscience ?
-Rassure-toi, fit la voix de son ami dans son dos. Ce n'est qu'un tissu de mensonges. Regarde ce rapport-là.
« Observations concernant la Cetra nommée Jenova.
1.J'ai constaté, en autopsiant ses restes, que son organisme n'était pas en mesure de procréer. Cela conduit à penser que la cause de l'extinction des Anciens fut la stérilité. Ou alors, j'ai commis une énorme erreur, et Jenova ne fait pas partie de ce peuple.Que serait-elle, dans ce cas ?
2. Les cellules de la Cetra sont toutes indépendantes les unes des autres. Ainsi, elle a la capacité de survivre en dehors de son corps d'origine. Si elles peuvent être séparées, ses cellules peuvent-elle être également réunies ? »
-Je vois. Il est donc impossible qu'elle soit la mère de quiconque. Mais pourquoi avoir écrit qu'elle l'était, alors ?
Sephiroth saisit un autre livre, appelé 'Théories sur la Réunion'.
-Dans cet ouvrage, il est décrit qu'un jour ou l'autre, Jenova rappellera à elle toutes ses cellules manquantes, contenues dans notre corps. Cela dans le but de recouvrer sa puissance d'il y a deux mille ans. On appelle cela la Réunion ; elle a déjà eut lieu il y a deux ans, en partie seulement. Pour qu'elle réussisse, il fallait que la calamité dispose d'une aide extérieure, étant donné qu'elle était enfermée au réacteur…
-Et cette aide était toute trouvée, puisque tu avais lu qu'elle était ta mère ! termina Isyl. Je comprends mieux… Mais qui est cette mère porteuse ? Comment a-t-elle pu accepter que l'on fasse des expériences sur son enfant ?
-Je n'ai aucune idée de qui il peut bien s'agir. Je suppose qu'elle est ma vraie mère, mais son nom n'est mentionné dans aucun rapport que j'ai lu jusqu'à présent. J'aimerais beaucoup savoir quel genre de personne elle était, même si je sais que je ne la rencontrerai jamais.
Isyl fit le tour de la pièce en sélectionnant quelques livres au hasard. Ensuite, elle revint s'asseoir par terre, le dos appuyé contre le bureau.
-Peut-être… qu'elle n'a jamais été consentante. On l'a peut-être forcée à participer à ce projet. Quelle mère voudrait que son enfant soit le fruit d'une expérience !?
-Je ne sais pas… Je n'ai jamais eu l'occasion de connaître les sentiments d'une mère vis-à-vis de son enfant, murmura-t-il en rejoignant Isyl.
-C'est vrai, moi non plus, je n'en sais rien. Mais j'ai du mal à concevoir que l'on puisse faire ça impunément. Si moi-même je savais que j'allais être mère, ce serait la dernière chose qui me viendrait à l'esprit !
-Qui sait ce qui vient à l'esprit des Humains ? Nous sommes issus de leur démence, et pourtant j'ai parfois l'impression que nous sommes plus raisonnés qu'eux, sans vouloir me vanter.
Sephiroth avait raison. Ils avaient plus de morale et plus d'honneur que certains être humains, ceux-là même qui les avaient créés. Quel paradoxe !
Isyl jeta un coup d'œil par la lucarne qui apportait une faible lueur dans la bibliothèque. Déjà, le jour laissait place au crépuscule. Il se faisait tard, et le lendemain serait une longue journée. Bien qu'Isyl ne se sente pas particulièrement fatiguée, elle avait envie de dormir. En outre, elle avait de quoi s'occuper avant de s'assoupir, même si les livres qu'elle avait pris lui apporteraient plus de mauvais rêves qu'autre chose.
Pour ne pas éveiller les soupçons des habitants de Nibelheim, Sephiroth décida qu'ils passeraient la nuit dans le manoir. Il y avait plus sain, comme refuge, mais rester dehors, avec la pluie qui tombait sans relâche n'enchantait guère les deux amis. C'est donc au premier étage, dans les chambres les plus saines, qu'ils installèrent leur campement de fortune.
L'averse frappait bruyamment les fenêtres souillées du premier étage. Elle ne s'éloignerait pas avant le lendemain… En attendant, Sephiroth et Isyl seraient à l'abri, quoique l'humidité suintât sur certains murs. Il était près de minuit, et Sephiroth ne trouvait toujours pas le sommeil. Trop de questions se bousculaient dans son esprit ; les mots d'Isyl en avaient soulevé d'autres, auxquelles il ne trouverait sûrement jamais les réponses.
Qui était cette femme à qui on avait inoculé de la mako et greffé des cellules de Jenova ? D'après Isyl, ces deux substances se transmettaient aux enfants de ceux qui les avaient reçues. Cela expliquerait sa naissance, ainsi que son lien avec Jenova. Mais tout cela n'avait aucun sens ! Pourquoi aurait-elle accepté de souffrir autant pour que son enfant naisse différent ? Ou alors, elle n'en était tout simplement pas consciente. On l'avait peut-être dupée et elle n'avait pas conscience de tout cela. Dans ce cas, elle était sûrement décédée…
L'horloge du salon sonna les coups de minuit. Il était déjà tard, et le lendemain serait long… A cet instant, Sephiroth entendit un bruit sourd provenant de la pièce voisine, suivit d'un bruit de pas étouffé par la poussière. Que faisait Isyl dans le couloir à une heure pareille ? Il envisagea de se lever pour aller la voir, mais il ne le fit pas : elle avait peut-être tout simplement des problèmes d'insomnie, comme lui. Tout, de même, le manoir pouvait être dangereux, la nuit ; on ne savait pas quel genre de créatures pouvait s'aventurer à y entrer par les fenêtres brisées.
Cependant, au lieu de s'éloigner, les pas se rapprochèrent de sa propre chambre. Ils s'arrêtèrent devant la porte. La jeune fille hésita un instant avant de tourner lentement la poignée. Elle entra à pas de loup dans l'obscure pièce ; elle pensait sans doute que Sephiroth dormait, et craignait de le réveiller. Il tournait le dos à la porte, et ne voyait donc pas où elle se trouvait. Mais les pas s'arrêtèrent soudain près de son lit. Isyl demeura un instant silencieuse avant de s'asseoir à son chevet.
L'argenté sentit un poids derrière lui, puis une pression tiède contre son dos. Son amie poussa un soupir d'accablement.
-Tu avais raison, murmura-t-elle, c'est plus que difficile à supporter. Je comprends un peu mieux ce que tu as pu ressentir.
Elle remua un peu, comme si elle frissonnait. Comprenait-elle vraiment ? … Après tout, elle et lui étaient pareils…
-Excuse-moi, reprit-elle, est-ce que je pourrais rester ici ? Je n'arrive pas à m'endormir… dans cet endroit.
Pour toute réponse, car il ne savait pas quoi dire, il tendit spontanément la main en arrière, et prit la sienne pour lui enjoindre de rester. Elle déglutit et parut soulagée. Qu'avait-elle bien pu lire pour se trouver dans un tel état ?
-Reste avec moi, dit-il soudain à voix basse. Je sais que c'est dur, mais nous devons être forts… Il le faut…
La jeune fille acquiesça puis, en tenant toujours sa main, elle posa son visage contre la nuque de son ami. Ce dernier se crispa en sentant son souffle sur sa peau ; pourquoi cette proximité soudaine ? Même si c'était inhabituel de la part d'Isyl… elle en avait sûrement bien besoin.
-Qu'est-ce que tu as lu ? lui demanda-t-il.
-Des faits que j'aurais préféré ne jamais connaître, répondit-elle en un souffle. Tu sais, tous ces cercueils, en bas ? Ils servaient à inhumer les expériences… ratées.
-Ratées ?
-Après ta naissance, l'occupant des lieux, dont je ne veux même pas savoir le nom… Il a bien fait de le garder pour lui, sinon je me serais chargée personnellement de son cas. Bref, il s'est livré à toutes sortes d'expérience sur des humains, des animaux… Pour ne pas éveiller les soupçons et éviter d'attirer les monstres des montagnes, il se servait de ces cercueils…
-Quelle délicate attention, ironisa Sephiroth.
-Hm… Mais je m'éloigne du sujet. Dans les rapports que j'ai lus étaient rapportées toutes ces expériences…
Elle s'interrompit, le souffle court.
-Oh… C'est horrible, Sephiroth ! Je n'aurai jamais cru que l'on puisse être aussi… aussi fou !
-Et encore, tu n'as rien vu. C'est doublement pire en vrai.
-Vraiment ? s'étonna-t-elle. Tu as connu ce… cette ordure ?
-On peut dire ça comme ça, oui. Il a « pris soin de moi » à Midgar. Mes premiers souvenirs concrets remontent au premier jour que j'ai passé dans ces laboratoires…
Il rechignait à prononcer ce nom tant haï… Isyl, soupira, affligée. Souffrait-elle, elle aussi, de ses paroles ? Probablement…
-Est-ce que tu veux m'en parler ? demanda-t-elle en serrant sa main.
Sans trop savoir pourquoi, il hocha la tête. Sentant que cela allait lui être difficile, la jeune femme écarta quelques mèches de cheveux de sa nuque avec sa main libre. Elle l'encourageait à se confier…
-Je devais avoir trois ou quatre ans, commença-t-il. Je me souviens m'être réveillé un matin au son d'une porte qui s'ouvre. J'étais allongé dans une petite pièce, pas plus grande qu'un placard à balais, pourvue de murs et d'un lit entièrement blancs. Ce lieu m'était totalement inconnu. Enfin, je suppose. Je ne savais pas comment ni pourquoi je me trouvais ici…
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«C'est alors qu'une silhouette sombre mais vêtue de blanc s'avance vers moi. Je ne peux pas voir son visage, mais je la vois tendre ses mains dans ma direction. Je le sens au plus profond de moi-même : elle me veut du mal ! Je voudrais lui échapper, cependant mes bras et mes jambes ne peuvent pas bouger. J'ai l'impression d'être attaché à ce drôle de lit…
Les mains blanchâtres détachent les liens qui doivent me retenir et me saisissent sans ménagement par les côtes. Le contact de cette peau froide contre mes vêtements trop fins me donne la nausée ; je dois prendre sur moi pour ne pas crier. Mais je sais que cela n'arrangerait pas les choses, au contraire.
Je n'arrive toujours pas à voir le visage de cet homme, ou de cette femme. Je comprends pourquoi : malgré tous mes efforts, je n'arrive pas à lever la tête, c'est comme si un poids pesait sur ma nuque. C'est la même chose pour le reste de mon corps ; j'ai l'impression d'être paralysé.
Laissez-moi partir ! Les mots me viennent à l'esprit mais ne jaillissent pas de ma gorge ; est-ce la peur ou autre chose qui me rend inerte ? Je ne vois rien. Juste de la lumière qui se réverbère sur le carrelage blanc. Quel drôle d'endroit… pourquoi tout est blanc, ici ? Je crois que je n'ai jamais rien vu de pareil. Tout est blanc, et pourtant ce n'est pas joli, ce n'est pas une belle couleur. Ca me fait mal aux yeux, alors, je les ferme, espérant que je vais me réveiller dans la chambre que le Professeur Gast a aménagé pour moi.
Mais le sommeil ne revient pas. Je sens qu'on m'attache par les poignets et les chevilles, à la verticale. Un métal froid mord ma peau et l'écorche douloureusement. J'ai envie de pleurer, de me débattre, mais mes pensées n'atteignent pas mon corps. Comme dans un rêve… n'est-ce pas ? Je n'ose toujours pas ouvrir les yeux. Le silence est insupportable ; j'ai l'impression que l'on m'observe sous toutes les coutures.
Et soudain, j'entends des voix : elles disent qu'il faut commencer ; quoi, je ne sais pas, mais j'ai un mauvais pressentiment. Quelqu'un, d'une voix agitée, répond que tous les dispositifs sont opérationnels. Une piqûre sur mon bras me fait sursauter, et je déglutis difficilement. Une, deuxième, plus bas vers mon poignet, et je sens qu'on fixe quelque chose sur ma bouche et mon nez, quelque chose qui m'envoie de l'air froid.
La première voix, aiguë et désagréable, dit : 'Mettez en marche la cuve à mako'. Qu'est-ce que ça veut dire ? Un bruit électrique résonne, et un liquide glacial inonde mes jambes, puis mes jambes et mon cou et finit par m'immerger complètement. C'est plus froid que de l'eau…
La douleur surgit, fulgurante. Je n'ai jamais une sensation pareille ; mes yeux s'ouvrent de stupeur et je hurle de terreur. J'ai à peine le temps de voir la silhouette floue de deux personne en blanc, à travers une eau verdâtre. Des larmes salées et irritantes s'échappent de mes yeux, et je les referme aussitôt.
Ca me brûle, me pique et s'insinue par tous les pores de ma peau ! Ce n'est pas une simple brûlure, comme du feu, oh non ! Ca me donne le sentiment de me consumer, lentement, comme si un acide me rongeait. Si je bouge, c'est encore pire… Ma peau est-elle brûlée ? Bizarrement, elle est intacte, du moins sur mes doigts.
Je respire encore, mais avec difficulté ; heureusement que le masque est étanche, sinon je me serais déjà noyé. Et je n'imagine même pas ce que ferait le liquide s'il entrait dans ma gorge… Chaque fois que je respire ou que je bouge ne serait-ce qu'un doigt, la douleur augmente. Est-ce qu'elle a des limites ?
Pourquoi m'a-t-on enfermé là-dedans ? Ai-je fait quelque chose de mal pour qu'on me punisse ainsi ? Je ne sais pas… Pourquoi ? Pourquoi ? Si je me détends, est-ce qu'elle partira ? Pourrais-je m'endormir, et me réveiller chez moi ? Faites que ce ne soit qu'un cauchemar…
'Tu seras ma plus belle réussite, une création parfaite.' Cette voix traverse le voile qui obscurcit mon esprit. Déjà, je sais que je haïrai cette voix jusqu'à la fin de mes jours. »
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-Après ce jour, j'ai passé la plus grande partie de mon temps dans ce laboratoire. Gast faisait ce qu'il pouvait pour m'en sortir, mais… j'y ai quand même subi pire que des traitements à la mako.
-Tu t'en souviens vraiment aussi clairement ? C'est horrible… J'ai du mal à imaginer tout cela, bien que je l'aie déjà vécu.
Sephiroth avait narré ses souvenirs en laissant sortir les mots qui lui venaient à l'esprit. Il avait eu l'impression de les revivre ; sa voix était souvent marquée par les douloureuses émotions qui accompagnaient son passé.
-J'ai souvent du mal à me remémorer ce passé, dit Isyl. Mon esprit est morcelé par endroit ; je n'avais aucun souvenir de Gaiya avant de te rencontrer, Sephiroth.
-la Rivière de la Vie… Nos esprits proviennent de là. Elle a effacé certaines parties de notre mémoire pour nous permettre de revivre sans les souvenirs les plus douloureux de notre existence.
-Ca a échoué… Il y en a certains que je voudrais oublier à tout jamais. Mais on n'y peut rien, je suppose. Il faut bien vivre avec, et penser aux plus agréables.
Sephiroth acquiesça silencieusement. Bien sûr, il était impossible de changer le passé ; il en avait fait la douloureuse expérience. Mais maintenant, ils devaient aller de l'avant et se consacrer au futur. On disait qu'être trop porté sur les choses du passé était le chemin de la décadence. C'était malheureusement vrai…
Isyl soupira, et sa main quitte celle de son ami pour se poser sur son bras. Elle, elle savait garder espoir ; son courage poussait Sephiroth à toujours rester à ses côtés pour la protéger. Car à présent, elle était quasiment sans défense, même si son âme se battait aussi férocement qu'un Tigre de Wutaï. Elle avait toujours été là pour lui ; pourquoi n'en ferait-il pas de même ?
L'argenté se retourna et voulut lui parler. Ses yeux étaient clos et sa respiration régulière : elle s'était endormie. Cette journée devait avoir été tellement éprouvante pour elle ! Il replaça une mèche de ses cheveux noirs derrière son oreille et dit :
-Tu as plus de courage que quiconque… Merci de m'avoir sauvé, Isyl.
Elle sourit dans son sommeil ; son visage qui avait longuement été tendu s'apaisa soudain. A son tour, Sephiroth ferma les yeux. S'il voulait être en forme le lendemain, il valait mieux dormir. Cette nuit-là, avec un peu de chance, ses cauchemars le laisseraient en paix.
Merci à tous mes fidèles lecteurs. Comme d'habitude, laissez-moi vos impressions; j'aimerais savoir si je peux faire mieux que ça ou pas. je sais qu'il a y mieux, beaucoup mieux, mais croyez-moi, je fais beaucoup d'efforts pour que cette fic soit agréable à lire !
